Gracchus Babeuf en prison
Arrestation et incarcération de Gracchus Babeuf alors dans la clandestinité, le 19 pluviôse an III. Sa femme avait été emprisonnée auparavant afin de faire pression sur lui pour qu'il se rende.
Le 7 février 1795, correspondant au 19 pluviôse an III, marque une étape décisive dans l’histoire du mouvement égalitaire issu de la Révolution française. Ce jour-là, Gracchus Babeuf est arrêté à Paris et incarcéré à la prison des Orties, alors qu’il vit dans la clandestinité.
Ancien journaliste du Tribun du peuple, Babeuf s’est imposé comme l’une des figures les plus radicales de l’opposition populaire après la chute de Robespierre. Dans un contexte de disette, de hausse des prix et de répression accrue contre les sans-culottes, il dénonce sans relâche l’abandon des idéaux de 1793, en particulier l’égalité réelle et le droit à l’existence. Pour Babeuf, la Révolution n’est pas achevée tant que subsistent la misère et l’accaparement des richesses.
Son arrestation s’inscrit dans la volonté du gouvernement thermidorien de neutraliser les courants révolutionnaires les plus avancés, jugés dangereux pour l’ordre social rétabli. La prison des Orties devient ainsi l’un des lieux de mise à l’écart des militants égalitaires, surveillés de près par la police.
Loin de réduire Babeuf au silence, cette incarcération renforce sa détermination. À sa libération, il reprend son activité politique et théorique, contribuant à structurer ce qui deviendra, quelques mois plus tard, la Conjuration des Égaux. Celle-ci proposera pour la première fois un projet cohérent de société fondée sur la communauté des biens et l’égalité sociale, anticipant des formes de socialisme révolutionnaire du XIXe siècle.