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Couverture — Les Hommes de la liberté
Bibliographie

Les Hommes de la liberté

MANCERON Claude
Robert Laffont, 1979.
Livre
224 Fiches citant cet ouvrage
1979 Édition

Fiches citant cet ouvrage

224 fiches
Événement
1658
1658 — Cabaret de l'Épée de Bois (une des origines de l'Opéra)
t1 p 257
Académie royale de danse, puis opéra ; lieu d'orgies mémorables sous Law, avec les "Mississippiens", possesseurs des actions du Mississippi. Premier bal public, mais en fait très fermé.
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Événement
1658
1658 — Cabaret de l'Épée de Bois (une des origines de l'Opéra)
t1 p 257
Académie royale de danse, puis opéra ; lieu d'orgies mémorables sous Law, avec les "Mississippiens", possesseurs des actions du Mississippi. Premier bal public, mais en fait très fermé
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Événement
1776
9 octobre 1776 — Hôtel Amelot de Bisseuil/Hôtel des Ambassadeurs de Hollande/Demeure de Beaumarchais
t1 p 398-399
L'auteur du Barbier de Séville monte une entreprise fictive au nom portugais pour livrer des canons français à des républicains américains, sans que le roi de France n'ait à en répondre. Pierre-Augustin Caron de Beaumarc …

L'auteur du Barbier de Séville monte une entreprise fictive au nom portugais pour livrer des canons français à des républicains américains, sans que le roi de France n'ait à en répondre.

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais a quarante-quatre ans en 1776. Horloger de formation, musicien, spéculateur, agent secret, dramaturge, il est l'un des personnages les plus insaisissables du siècle. Il a écrit Le Barbier de Séville, joué l'année précédente ; il écrira Le Mariage de Figaro, dont la représentation en 1784 fera dire à Napoléon qu'elle fut "la Révolution déjà en action."

En 1775 et 1776, il est en mission à Londres pour Louis XVI. Il y rencontre des émissaires des colonies américaines révoltées et devient un partisan enthousiaste de leur cause. Il bombarde Vergennes, ministre des Affaires étrangères, de mémoires expliquant que la France a tout intérêt à soutenir les insurgés pour affaiblir l'Angleterre.

Le problème est diplomatique. La France n'est pas en guerre contre l'Angleterre et ne veut pas l'être encore. Un soutien officiel serait un casus belli. Il faut donc un montage.

Beaumarchais obtient un million de livres du Trésor français, auquel s'ajoute un million espagnol. Il crée une société commerciale entièrement fictive quant à son objet réel, sous le nom portugais de Roderigue Hortalez et Compagnie, et en installe les bureaux dans sa demeure de l'hôtel Amelot de Bisseuil, dit hôtel des Ambassadeurs de Hollande, 47 rue Vieille-du-Temple dans le 4e arrondissement.

L'entreprise achète officiellement des marchandises et livre en réalité des fusils, des canons, de la poudre, des uniformes, sortis des arsenaux royaux. Le premier convoi part du Havre en décembre 1776 ; seul l'Amphitrite parvient à appareiller, avec quarante-neuf militaires à bord.

L'aide de Hortalez et Cie sera décisive pour la victoire américaine de Saratoga en 1777, qui déterminera l'entrée officielle de la France dans la guerre. Beaumarchais ne sera jamais remboursé de son avance. Ses héritiers la réclameront encore à Washington au XIXe siècle. Le monarque le plus absolu d'Europe avait financé une république.

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Événement
1763
1763 — Demeure de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
t1 p 158-164
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Événement
1776
1776 — Petit Arsenal/Hôtel de la régie des Poudres/Laboratoire d'Antoine Laurent de Lavoisier
t1 p 247
Constitution d'un groupe de jeunes chimistes autour de Lavoisier, auquel s'intéressent des scientifiques renommés
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Événement
1770
24 juin 1770 — Hôtel du Grand Esprit ou du Saint-Esprit/Demeure de Jean-Jacques Rousseau (avec Thérèse Levasseur)
t1 p 383
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Événement
1774
28 décembre 1774 — Demeure de Jean-Jacques Rousseau
t1 p 383
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Événement
Événement
Événement
1763
1763 — Demeure et salon de Mme de Lespinasse/Demeure de Jean le Rond d'Alembert
t1 p 321
Julie de Lespinasse s'installe aux second et troisième étages après sa rupture avec Mme du Deffand. Elle sous-loue une chambre à d'Alembert. Elle meurt ici le 23 mai 1776
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Événement
1775
23 février 1775 — Palais des Tuileries/Salle des Machines/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la quatrième)
t1 p 158-164
La première du "Barbier de Séville" de Beaumarchais est un échec. Mais les représentations suivantes seront un triomphe après qu'il ait transformé la pièce
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Événement
1777
mai 1777
t1 458
Le séjour de Piccinni à Paris déclenche une querelle entre piccinistes, les encyclopédistes partisans de l'opéra italien, et gluckistes
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Événement
1771
1771
t1 p 465
Lieu d'amusement célèbre au 18ème siècle, où la bourgoisie vient se mêler à la noblesse
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Événement
1778
1778 — Demeure de Mme Denis (dans une maison ayant appartenu à Voltaire)
t1 p 607
Maison achetée par Voltaire juste avant sa mort et léguée à sa nièce
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Événement
1780
1780
t1 p 508 & 514
Marat, nommé médecin des gardes du comte d'Artois, transforme en salle de dissection une partie de son appartement. Il installe dans cette même rue un cabinet de physique
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Événement
1775
juin 1775 — Collège de Louis-le-Grand
t1 p 226 & 562
Maximilien de Robespierre, qui a alors 17 ans, doit lire sous la pluie le compliment en latin de son école à Louis XVI qui vient d'être sacré roi à Reims
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Événement
1778
30 mai 1778 — Hôtel de Villette
t1 p 579-588
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Événement
1789
23 décembre 1789 — Demeure de l'abbé de l'Épée
t1 p 479
Mort de l'abbé de l'Épée, initiateur en 1760 de l'enseignement des jeunes sourds-muets
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Événement
1774
19 avril 1774 — Seconde salle du Palais Royal (salle provisoire de l'Opéra de Paris contenant 3000 places)
t1 p 46-50
Marie-Antoinette applaudit, Rousseau pleure, Sophie Arnould chante. Ce soir-là, personne ne sait encore ce que « révolution » va bientôt vouloir dire à Paris. Le mardi 19 avril 1774, la foule se presse devant l'Académie …

Marie-Antoinette applaudit, Rousseau pleure, Sophie Arnould chante. Ce soir-là, personne ne sait encore ce que « révolution » va bientôt vouloir dire à Paris.

Le mardi 19 avril 1774, la foule se presse devant l'Académie royale de musique, dans la seconde salle du Palais-Royal, au 202 rue Saint-Honoré. Il faut tripler la garde pour contenir les spectateurs qui poussent aux guichets. Trois mille places, et pas une de trop. On donne la première d'Iphigénie en Aulide, opéra en trois actes de Christoph Willibald Gluck, sur un livret du bailli Du Roullet d'après la tragédie de Racine. La cour est là.

Au premier rang, Marie-Antoinette. Elle a vingt-huit ans, elle est dauphine — Louis XV mourra dans un mois, le 10 mai, et elle deviendra reine. C'est elle qui a fait venir Gluck à Paris. Il avait été son professeur de musique à Vienne, quand elle s'appelait encore Maria Antonia. Elle l'a imposé à l'Académie royale contre l'establishment musical français, qui voyait d'un mauvais œil ce compositeur allemand venu bousculer un siècle de tradition lyrique. Ce soir, elle applaudit pendant tout le spectacle. Elle écrira à sa sœur Marie-Christine : « Le 19 nous avons eu la première représentation d'Iphigénie : j'en ai été transportée, et l'on ne peut plus parler d'autre chose. »

Sur scène, Sophie Arnould crée le rôle d'Iphigénie. Elle est la plus grande soprano de l'époque — aussi célèbre pour sa voix que pour ses bons mots, qu'on se répète dans les salons. Ce soir, elle incarne la fille d'Agamemnon qui marche vers le sacrifice, et la salle retient son souffle.

Dans le public, Jean-Jacques Rousseau — philosophe, musicien, auteur du Devin du village, théoricien de la musique comme « langage de l'âme ». Rousseau n'aime pas l'opéra français tel qu'on le pratique depuis Lully : trop de conventions, trop de ballets, trop d'ornements, pas assez d'émotion vraie. Or ce soir, pour la première fois, il entend exactement ce qu'il a toujours réclamé. Gluck a subordonné la musique au drame. Les airs ne sont plus des vitrines pour chanteurs virtuoses — ils expriment les sentiments des personnages. L'orchestre ne décore plus, il raconte. Rousseau dira que Gluck a réalisé « le langage du cœur ».

Ce qui se joue au Palais-Royal ce soir-là dépasse la musique. Gluck ne réforme pas seulement l'opéra — il pose un principe : l'art doit toucher, pas éblouir. La vérité dramatique prime sur la convention formelle. L'idée paraît simple ; elle est en fait révolutionnaire. Elle nourrira la querelle des Gluckistes et des Piccinistes, qui divisera le monde musical parisien pendant cinq ans — Gluck contre Piccini, les partisans de l'expression contre ceux de la mélodie italienne, la reine contre une partie de la cour. Première d'une longue série de guerres culturelles parisiennes.

Louis XV meurt trois semaines plus tard. Marie-Antoinette devient reine. Gluck composera encore quatre opéras pour Paris, dont Iphigénie en Tauride (1779), considéré comme son chef-d'œuvre. Sophie Arnould quittera la scène la même année, ruinée et oubliée. Rousseau mourra en 1778.

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Événement
1775
3 mai 1775 — Halle aux Blés
t1 p 194
Répression de l'émeute dite de la "guerre des farines" provoquée par la crise frumentainre et la libéralisation du commerce des grains par Turgot
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Événement
1640
1640 — Palais du Louvre/Imprimerie royale (future Imprimerie nationale)
t1 p 480
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Événement
1777
10 février 1777
t1 p 420
Début février 1777, le marquis de Sade revient à Paris après plusieurs années d’errance et de poursuites judiciaires. Il s’installe avec son épouse Renée-Pélagie de Montreuil au 33 rue Jacob, dans l’hôtel du Danemark, au …

Début février 1777, le marquis de Sade revient à Paris après plusieurs années d’errance et de poursuites judiciaires. Il s’installe avec son épouse Renée-Pélagie de Montreuil au 33 rue Jacob, dans l’hôtel du Danemark, au cœur du faubourg Saint-Germain. Ce retour n’a rien de clandestin : Sade cherche au contraire à se réinstaller officiellement dans la capitale, à renouer avec une existence stable et mondaine, sans pour autant se délaisser du  libertinage, plus discrètement ça va de soi.

La rue Jacob est alors un espace aristocratique et résidentiel, éloigné des marges où Sade a longtemps vécu. L’installation à l’hôtel du Danemark semble marquer une tentative de normalisation après les scandales et les condamnations qui ont jalonné sa vie depuis la fin des années 1760. Mais cette accalmie est trompeuse.

Trois jours seulement après son installation, le 13 février 1777, Sade est arrêté à Paris sur ordre de sa belle-mère, Madame de Montreuil, par le biais d’une lettre de cachet. Il est immédiatement incarcéré au château de Vincennes, inaugurant une nouvelle et longue période de détention. Ce retour à Paris se transforme ainsi en piège, refermant sur lui l’appareil répressif de l’Ancien Régime.

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Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
t1 p 287-288
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Événement
1776
1776 — Demeure de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
t1 p 287-288
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Événement
1776
1776 — Demeure de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
t1 p 287-288
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Événement
1772
29 août 1772 — Brasserie d'Antoine-Joseph Santerre ("À l'Hortensia")
t1 p 594-597
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Événement
1689
18 avril 1689 — Jeu de paume de l'Étoile (ou de l'Estoile, de 1547)
t1 p 159
Chassés par leurs voisins trop studieux du futur Institut de France, les Comédiens du Roi prennent leurs quartiers dans un ancien jeu de paume — en face d'un petit café qui n'a pas encore son heure de gloire. Le 18 avril …

Chassés par leurs voisins trop studieux du futur Institut de France, les Comédiens du Roi prennent leurs quartiers dans un ancien jeu de paume — en face d'un petit café qui n'a pas encore son heure de gloire.

Le 18 avril 1689, la troupe de la Comédie-Française inaugure sa nouvelle salle au 14 de la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Au programme : Phèdre de Racine et Le Médecin malgré lui de Molière — les deux auteurs tutélaires de la maison, associés pour l'ouverture comme un double parrainage. La troupe elle-même est jeune : elle n'a que neuf ans. Louis XIV l'a créée en 1680 par fusion autoritaire des comédiens de l'Hôtel Guénégaud et de ceux de l'Hôtel de Bourgogne, avec pour mission de « rendre les représentations des comédies plus parfaites ».

Le déménagement n'a rien d'un choix artistique. Depuis 1680, la troupe joue à l'Hôtel de Guénégaud, rue Mazarine. Juste à côté, sur le quai de Conti, s'élève depuis peu le Collège des Quatre-Nations — fondation posthume de Mazarin ouverte en 1688, le bâtiment conçu par Le Vau face au Louvre, qui abrite aujourd'hui l'Institut de France. Les académiciens, les enseignants et les étudiants supportent mal le voisinage des comédiens : les entractes bruyants, les carrosses dans les rues étroites, la fréquentation peu recommandable qui encombre le quartier aux heures de spectacle. Les plaintes remontent. Dès juin 1687, Louis XIV tranche : la troupe doit déguerpir de l'Hôtel Guénégaud.

On cherche un lieu de repli. Le choix se porte, à quelques centaines de mètres de là, sur un ancien jeu de paume — celui de l'Estoile, construit en 1547 — rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. L'emplacement est bon : faubourg animé mais encore à l'écart des grands flux, suffisamment éloigné du Collège pour ne plus gêner personne. La troupe achète le bâtiment et confie la transformation à François d'Orbay le Jeune, neveu et collaborateur du d'Orbay qui a travaillé avec Le Vau à Versailles et — précisément — au Collège des Quatre-Nations. Les travaux durent près de deux ans. Pendant ce temps, la troupe joue où elle peut, dans des salles provisoires. La nouvelle salle ouvre enfin le 18 avril 1689. Et pas n'importe laquelle : c'est la première salle italienne de Paris, à plan semi-elliptique, avec des galeries sur deux niveaux — une révolution architecturale qui servira de modèle aux théâtres français pendant un siècle.

La salle fonctionnera pendant exactement quatre-vingt-un ans. Quatre-vingt-un ans pendant lesquels elle voit passer à peu près tout ce que le théâtre français compte d'auteurs et d'acteurs : Regnard, Lesage, Marivaux, Voltaire, Beaumarchais. En face, au 13, un Italien nommé Francesco Procopio dei Coltelli a ouvert dès 1686 un établissement qui sert un produit encore nouveau — du café. La proximité est immédiate : les comédiens traversent la rue, les spectateurs aussi. Le Procope devient le vestibule informel du théâtre. Au XVIIIe siècle, on y croisera Voltaire, Diderot, Rousseau, Benjamin Franklin. Plus tard, Marat, Danton, Desmoulins. Le café deviendra un foyer révolutionnaire — mais c'est une autre histoire, qui commence précisément par cette adresse voisine et par cette installation d'avril 1689.

En 1770, la troupe part une fois encore. Les lieux sont jugés trop étroits, la salle vieillie, et l'on construit pour elle un théâtre neuf au faubourg Saint-Germain — le futur Odéon, qui ne sera achevé qu'en 1782. En attendant, la Comédie-Française se réfugie provisoirement dans la salle des Machines des Tuileries. La rue, elle, prend alors son nouveau nom : rue de l'Ancienne-Comédie. Les Parisiens préfèrent toujours nommer les choses par ce qu'elles ont été.

On passe aujourd'hui devant le 14 sans soupçonner qu'un théâtre s'y est tenu. Seule la plaque commémorative, et le nom de la rue, en gardent la trace.![[Plaque de l'Ancienne Comédie Française|Ancienne comédie rue de l' 14 Comédie française plaque 01 web.jpeg]]

Plaque de l'Ancienne Comédie Française,

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Événement
1778
1778 — Noviciat des jésuites/Loge des Neuf Sœurs/Grand Orient de France (dans ce local depuis le 12 août 1774)
t1 p 605
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Événement
1780
18 avril 1780 — Hôtel d'Aligre (dans la grande salle)
t2 p 253 & 255
Avant l'Ami du peuple, il y eut l'ami du feu. Le 18 avril 1780, dans la grande salle de l'hôtel d'Aligre, au 121-125 rue Saint-Honoré, un médecin de trente-sept ans nommé Jean-Paul Marat donne un cours public d'expérienc …

Avant l'Ami du peuple, il y eut l'ami du feu.

Le 18 avril 1780, dans la grande salle de l'hôtel d'Aligre, au 121-125 rue Saint-Honoré, un médecin de trente-sept ans nommé Jean-Paul Marat donne un cours public d'expériences sur la nature du feu. Il a préparé son matériel, ses protocoles, ses conclusions. L'assistance est choisie : des savants, des curieux instruits, et parmi eux Benjamin Franklin, ambassadeur des États-Unis en France, qui fréquente assidûment les cercles scientifiques parisiens depuis son arrivée en 1778. L'abbé Fillassier, disciple de Marat et futur député à l'Assemblée législative, organise la démonstration.

Le sujet est loin d'être anodin. Le feu, en 1780, est l'une des grandes questions de la physique et de la chimie. Lavoisier vient de révolutionner la chimie en démontrant le rôle de l'oxygène dans la combustion, et il est en train de renverser la théorie du phlogistique qui dominait depuis un siècle. Marat propose une théorie concurrente : le feu n'est pas un élément matériel, ni un processus purement chimique, mais un fluide igné — une substance physique qui se déplace, se concentre et se dissipe selon des lois mécaniques. Il a mené cent soixante-six expériences entre juin 1779 et janvier 1780, en partie devant des commissaires de l'Académie des sciences.

Les résultats sont consignés dans ses Recherches physiques sur le feu, publiées cette même année 1780. L'Académie, invitée à se prononcer, commente favorablement la méthode — mais refuse d'endosser les conclusions. Marat publie malgré tout en laissant entendre qu'il a reçu l'approbation de l'Académie. Le malentendu, ou la provocation, ne sera jamais pardonné.

C'est le début d'une rupture qui façonnera le personnage. Marat continuera ses recherches — sur l'électricité, sur la lumière — avec le même résultat : un travail expérimental sérieux, des théories hétérodoxes, et un refus systématique de l'institution scientifique dominée par Lavoisier et ses alliés. Marat y verra un complot de l'establishment académique contre un esprit libre. L'amertume du savant rejeté nourrira, une décennie plus tard, la rage du journaliste révolutionnaire.

Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday poignardera dans sa baignoire l'homme qui, treize ans plus tôt, faisait des expériences sur la nature du feu devant Benjamin Franklin, dans une belle salle de la rue Saint-Honoré.

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Événement
1792
Événement
Événement
Date imprécise — Palais du Louvre/Demeure et atelier de Jean-Baptiste Greuze
t2 p 122
Greuze dispose d'un appartement dans le caravansérail d'artistes qu'est devenu le palais du Louvre abandonné par la royauté après l'installation de la cour à Versailles
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Événement
1766
1766 — Hôtel d'Hallwyll/Banque Thellusson Vernet et Necker/Demeure de Jacques Necker/Maison natale Mme de Staël
t2 p 320
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Événement
1773
22 octobre 1773 — Folie Titon (propriété du duc de Chartres construite en 1673)
t2 p 34
Le futur Philippe Égalité est intronisé grand maître de la Grande Loge de France
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Événement
1662
1662 — Palais du Louvre
t2 p 122
Le Louvre, avant de devenir un musée public, a longtemps servi de résidence à des artistes et académies, notamment l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dès le XVIIe siècle et jusqu’à la Révolution française, de …

Le Louvre, avant de devenir un musée public, a longtemps servi de résidence à des artistes et académies, notamment l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dès le XVIIe siècle et jusqu’à la Révolution française, des artistes bénéficiaient d’ateliers et de logements dans le palais, souvent attribués par le roi. Cette occupation informelle a donné à la Cour carrée une atmosphère animée, parfois comparée à celle d’un caravansérail, où se côtoyaient peintres, sculpteurs et artisans, travaillant en relative liberté.

Dès 1725, les "salons" s'élargissent à un public plus vaste. Les bases d'un musée émergent avec la première exposition régulière le 18 août 1737 et la constitution progressive d'un répertoire officiel. En 1793, la Convention abolit les académies, créant une "Commune générale des arts", et ouvre au public le "Museum central des Arts" dans le salon Carré aménagé par Le Vau.

Malgré le climat révolutionnaire tendu, comme le note Jules Renouvier : "Il semblera peut-être étrange à d'austères républicains de nous occuper des arts, quand l'Europe coalisée assiège le territoire de la Liberté", le lieu sert d'abord d'exposition temporaire pour les artistes vivants qui logent encore au Louvre.

C'est Napoléon qui les expulsera pour récupérer ces espaces muséaux. Selon Pierre Rosenberg, il se serait exclamé : "Qu'on me foute tous ces bougres à la porte ! Ils finiraient par brûler mes conquêtes, mon Musée !" Les vingt-six logements autour de la Cour Carrée abritaient alors des maîtres illustres comme Chardin, Boucher, Greuze, Fragonard, Hubert Robert et David.

Ce mode de vie artistique a perduré jusqu’à la transformation du Louvre en musée national à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les artistes ont progressivement été relogés ailleurs pour permettre l’ouverture au public et l’organisation des collections.

Sources

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Événement
Événement
1778
1778 — Hôtel Bouret (ou Bourret, ancien Hôtel Moufle)/Cabinet de Mesmer
t2 p 328
Mesmer installe son cabinet de magnétisme, à son arrivée à Paris, dans l'Hôtel des frères Bouret
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Événement
1746
1746 — Église St Sulpice
t2 p 356-362
Nomination comme vicaire du futur auteur officiel, en fait directeur de publication, de "l’Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes"
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Événement
1781
février 1781 — Palais du Louvre/Imprimerie du Cabinet du Roi
t2 p 322
Panckoucke qui dirige l'imprimerie du Cabinet du Roi publie le "Compte Rendu au Roi" de Necker qui révèle l'état des finances de la France
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Événement
1786
1786 — Pavillon de Chartres/Rotonde de Chartres/Parc Monceau
t2 p 33-34
Poste d'observation du mur des Fermiers généraux transformé en salon, lieu des parties fines de Philippe d'Orléans, futur Philippe Égalité
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Événement
1777
Événement
1785
7 mars 1785 — Prison de St Lazare
t3 p 390
Beaumarchais est enfermé quelques jours à St Lazare, afin de l'humilier, par rancune de Louis XVI à propos du Mariage de Figaro. Le bruit courra qu'il a été fouetté. Beaumarchais en sort brisé La veille, le 6 mars 1785, …

Beaumarchais est enfermé quelques jours à St Lazare, afin de l'humilier, par rancune de Louis XVI à propos du Mariage de Figaro. Le bruit courra qu'il a été fouetté. Beaumarchais en sort brisé

La veille, le 6 mars 1785, Beaumarchais a commis une imprudence. Dans une lettre publiée par le Journal de Paris, il évoque les « lions et tigres » qu'il a dû vaincre pour faire jouer sa comédie. La formule est colorée, un brin fanfaronne. Louis XVI, que le succès du Mariage de Figaro irrite depuis des mois, y voit une attaque personnelle — aidé en cela par le comte de Provence, qui orchestre la cabale dans l'ombre.

La riposte royale est immédiate et calculée pour blesser. Sans quitter sa table de jeu, le roi griffonne l'ordre d'arrêt au crayon, dit-on, sur un sept de pique. Mais le choix de la prison est, lui, parfaitement délibéré : ce ne sera pas la Bastille, honorable pour un homme de lettres, ni For-l'Évêque, ordinaire prison pour dettes. Ce sera Saint-Lazare, rue du Faubourg-Saint-Denis — la maison de correction des jeunes débauchés, des vagabonds, des filles de mauvaise vie. Y envoyer l'auteur le plus célèbre de Paris, c'est l'humilier, le ridiculiser, lui ôter sa dignité.

Le bruit court aussitôt dans les salons que Beaumarchais y a été fouetté. La rumeur est presque certainement fausse, mais elle dit quelque chose de vrai sur l'intention royale. La capitale, qui l'encensait, ricane un moment, avant de se reprendre. L'auteur de Figaro sort de Saint-Lazare quelques jours plus tard, libre mais brisé — et convaincu, plus que jamais, que les puissants ne lui pardonneront pas d'avoir eu raison trop tôt.

Quatre ans plus tard, la Révolution lui donnera spectaculairement raison.

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Événement
1785
1 février 1785 — Joaillerie Bœhmer et Bassange
t3 p 391
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Événement
1794
1794 — Demeure de Pierre Choderlos de Laclos
t3 p 95-99
Auteur des "Liaisons dangereuses" en 1782 ; partisan de Philippe Égalité, auteur des "Instructions" pour les cahiers de doléances
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Événement
1789
1789
t3 p 262-271
Demeure du futur général Rossignol, Vainqueur de la Bastille, héros du Fbg St Antoine, un des artisans du 10 août 1792, général de l'armée de l'Ouest en Vendée, membre de la Conjuration des égaux
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Événement
1783
15 octobre 1783 — Folie Titon/Manufacture de papiers-peints Réveillon (de 1763)/Lieu du premier vol humain (vol captif)
t3 p 305-320
Fabrication de la Montgolfière, et essais par Jean-François Pilâtre de Rozier en vol captif ; dans la manufacture de papiers peints Réveillon, qui comptait alors 350 ouvriers
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Événement
1781
1781
t3 p 245
En 1781, à Paris, Jean-Pierre Blanchard, inventeur et aéronaute français, réalise des essais d’un des premiers hélicoptères, appelés alors « vaisseau volant ». Son appareil, conçu pour s’élever verticalement grâce à des …

En 1781, à Paris, Jean-Pierre Blanchard, inventeur et aéronaute français, réalise des essais d’un des premiers hélicoptères, appelés alors « vaisseau volant ». Son appareil, conçu pour s’élever verticalement grâce à des ailes rotatives actionnées manuellement, est exposé à l’Hôtel de la rue Turenne. Ces expérimentations n’aboutissent pas à un vol contrôlé, mais elles témoignent des premières tentatives de vol vertical avant l’essor des ballons à gaz. Blanchard poursuivra ensuite ses recherches sur les aéronefs plus légers que l’air, devenant célèbre pour ses vols en ballon, notamment la première traversée de la Manche en 1785.

Sources 

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Événement
1782
1 mai 1782
t3 p 245
En 1782, bien avant les ballons des frères Montgolfier, l'inventeur Jean-Pierre Blanchard captivait Paris avec son audacieux projet de "vaisseau volant" . Cet aéronaute visionnaire, né aux Andelys en 1753, avait depuis d …

En 1782, bien avant les ballons des frères Montgolfier, l'inventeur Jean-Pierre Blanchard captivait Paris avec son audacieux projet de "vaisseau volant". Cet aéronaute visionnaire, né aux Andelys en 1753, avait depuis douze ans développé l'obsession de conquérir les airs par la force mécanique.

Le 1er mai 1782, Blanchard programma sa démonstration publique pour "deux dimanches suivants". Cependant, l'expérience tant attendue fut successivement ajournée. L'astronome Jérôme de Lalande, de l'Académie des sciences, critiqua sévèrement le projet, calculant qu'il faudrait des ailes de "douze à quinze mille pieds" pour soulever un homme.

Malgré l'échec de son vaisseau volant, Blanchard ne perdit pas sa passion pour l'aviation. L'invention des ballons [[Montgolfier|doc:joseph-de-montgolfier.WebHome]] en lui offrit une nouvelle voie. Le 2 mars 1784, il réalisa sa première ascension publique au Champ-de-Mars à Paris, adaptant son système d'ailes à un ballon gonflé à l'hydrogène. Cette fois, le succès fut au rendez-vous, inaugurant une carrière d'aéronaute qui le mènerait à traverser la Manche en 1785.

L'éditeur Martinet, convaincu par les expériences de Blanchard, publia des gravures colorées de son vaisseau volant en juillet 1782, affirmant dans le Journal de Paris : "Il s'élèvera, il volera et tout incrédule dira : je ne l'aurais pas cru".

Sources

La voiture volante de Blanchard, gravure 1782

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Événement
1792
11 août 1792
t3 p 281
La statue équestre de Louis XIV est abattue comme symbole de la monarchie ; elle sera fondue pour fabriquer des canons. Le socle symbolisait Allemagne, Espagne, Hollande et Piémont vaincus
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Événement
1783
1783 — Café du Caveau
t3 p 282
Le duc de Chartres installe Faujas de Saint-Fond au Palais Royal afin de promouvoir la fabrication de ballons, en particulier celui de Jacques Charles
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Événement
1783
1783 — Palais du Louvre/Demeure de Jacques Charles
t3 p 276
Le physicien Jacques Charles occupe un appartement au Louvre et y donne des cours publics sur l'électricité
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Événement
1783
21 novembre 1783
t3 p 317
Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arl …

Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arlandes.WebHome]], à bord d’un ballon à air chaud conçu par [[Joseph|doc:joseph-de-montgolfier.WebHome]] et [[Jacques-Étienne Montgolfier|doc:jacques-etienne-montgolfier.WebHome]], décollent du château de la Muette. Le ballon, d’un volume d’environ 2 200 à 2 800 m³, est chauffé par un foyer alimenté en paille et en laine. Après un vol d’environ 20 à 25 minutes, couvrant près de 9 à 10 kilomètres et atteignant une altitude d’environ 900 à 1 000 mètres, ils atterrissent sans encombre sur la [[Butte aux Cailles|doc:rue-de-la-butte-aux-cailles.WebHome]], marquant la première traversée aérienne humaine de l’histoire. Cet exploit, réalisé devant des membres de l’Académie des sciences et de nombreux témoins, consacre la montgolfière comme la première machine volante capable de transporter des personnes, ouvrant la voie à l’aérostation.

Sources

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Événement
1783
21 novembre 1783 — Lieu de l'atterrissage de la Montgolfière
t3 p 317
Lieu approximatif de l'atterrissage du premier vol humain avec la Montgolfière, selon les notes du marquis d'Arlandes, à égale distance du moulin des Merveilles et du moulin Vieux
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Événement
1783
1783 — Second magasin à l'enseigne du "Grand Mogol" (après celui de la rue St Honoré)
t3 p 83
Magasin de la couturière de Marie-Antoinette, un véritable gouffre financier qui participa au discrédit de la monarchie ; Rose Bertin immigra en Angleterre en 1793
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Événement
1740
6 juin 1740
t3 p 150
Maison natale de Louis-Sébastien Mercier, auteur du "Tableau de Paris", paru en 1781
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Événement
1784
1784 — Demeure de Jean-Paul Marat
t3 p 305
Marat retombe dans l'anonymat après ses déboires scientifiques. Il a 41 ans
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Événement
1784
mars 1784 — Hôtel de Coigny/Cabinet de Mesmer
t3 p 370
Mesmer, de retour à Paris, installe son cabinet de "magnétisme animal" à l'Hôtel de Coigny
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Événement
1778
1778 — Pavillon de Chartres/Pavillon de Bellechasse/Salon de Mme de Genlis
t3 p 31
Mme de Genlis tient un salon très couru, dans un couvent privé que lui a offert son amant, le duc de Chartres, pour y élever leurs enfants respectifs
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Événement
1784
31 juillet 1784 — Hôtel de Bezons/Demeure de Denis Diderot (14 jours avant sa mort)
t3 p 342-353
Catherine II, la tsarine de Russie lui avait loué un appartement plus accessible pour lui épargner l'escalier de la rue Taranne. Il y mourut quatorze jours après s'y être installé. L'auteur de l'Encyclopédie finissait sa …

Catherine II, la tsarine de Russie lui avait loué un appartement plus accessible pour lui épargner l'escalier de la rue Taranne. Il y mourut quatorze jours après s'y être installé. L'auteur de l'Encyclopédie finissait sa vie dans une location payée par un despote éclairé.

Denis Diderot était arrivé à Paris en 1728, fils d'un coutelier de Langres, pour y suivre des études de philosophie. En 1784, il en était à sa cinquante-sixième année de vie parisienne. Il avait coordonné vingt-huit volumes de l'Encyclopédie, passé trois mois à Vincennes sous les verrous, rompu avec Rousseau, correspondu avec Voltaire, Grimm et d'Alembert. Les portes de l'Académie française lui étaient restées fermées, bloquées par les dévots qui n'avaient pas pardonné l'Encyclopédie.

En 1765, Catherine II de Russie avait racheté sa bibliothèque pour quinze mille livres, lui laissant la charge d'en rester le conservateur jusqu'à sa mort, avec un traitement de bibliothécaire. Diderot était allé la remercier à Saint-Pétersbourg en 1773-1774. À son retour, il vivait rue Taranne, dans ce qui est aujourd'hui le 6e arrondissement, dans un appartement dont les escaliers devenaient difficiles à gravir pour le vieux philosophe.

Le baron Grimm, représentant de Catherine à Paris, fit louer à l'été 1784 un appartement de plain-pied plus commode, au 39 rue de Richelieu, non loin de la Bibliothèque royale. L'hôtel de Bezons, comme on l'appelait, était dans l'actuel 1er arrondissement. Diderot s'y installa autour du 17 juillet 1784.

Le 31 juillet, à table, il mourut. Il avait soixante-dix ans.

Il fut inhumé en l'église Saint-Roch, rue Saint-Honoré. Ses restes furent dispersés à la Révolution. L'Encyclopédie, elle, survécut.

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Événement
1784
22 février 1784
t3 p 351
Mort du grand amour de Denis Diderot, avec lequel elle entretint une importante correspondance
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Événement
1783
21 novembre 1783 — Moulin des Merveilles/Moulin à vent
t3 p 317
Moulin près duquel se posa la Montgolfière lors de son premier vol libre
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Événement
1783
21 novembre 1783 — Moulin Vieux de la Butte aux Cailles (emplacement probable)
t3 p 317
Moulin près duquel se posa la Montgolfière lors de son premier vol libre
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Événement
1782
mai 1782 — Hôtel Lévis/Résidence de l'ambassadeur de Russie
t3 p 92
Première lecture publique clandestine de "La Folle Journée", qui prendra le titre de "Mariage de Figaro" chez l'ambassadeur de Russie
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Événement
1782
mai 1782 — Hôtel Lévis/Résidence de l'ambassadeur de Russie
t3 p 92
Première lecture publique clandestine de "La Folle Journée", qui prendra le titre de "Mariage de Figaro" chez l'ambassadeur de Russie
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Événement
1783
26 août 1783
t3 p 283
Premiers essais du ballon à gaz de Jacques Charles construit par les frères Robert
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Événement
1782
23 mars 1782
t3 p 96
Publication semi anonyme, signée M. C... de L..., des "Liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos. Leur dénonciation des mœurs de l'aristocratie va faire grand bruit. Le 23 mars 1782, la librairie À la Sagesse, rue Gal …

Publication semi anonyme, signée M. C... de L..., des "Liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos. Leur dénonciation des mœurs de l'aristocratie va faire grand bruit.

Le 23 mars 1782, la librairie À la Sagesse, rue Galande — adresse incertaine — met en vente un roman épistolaire signé M. C... de L... Le titre : Les Liaisons dangereuses. L'auteur est Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos, officier d'artillerie de trente-six ans, jusqu'alors inconnu du monde des lettres.

Le livre fait scandale immédiatement. Deux libertins de l'aristocratie, le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil, s'écrivent pour coordonner leurs conquêtes, leurs vengeances et leurs manipulations sentimentales — le tout au détriment de victimes innocentes, dont une jeune fille qu'on mène délibérément à sa perte. La forme épistolaire, qui prétend n'être qu'une compilation de lettres authentiques, rend l'ensemble d'une vraisemblance troublante.

Le scandale est double. D'un côté, le contenu : jamais la séduction aristocratique n'avait été décrite avec une telle lucidité froide, comme un pur exercice de pouvoir. De l'autre, l'identité de l'auteur — un militaire de province, pas un homme de lettres parisien — qui donne à l'ouvrage un caractère de pamphlet social autant que de roman.

Laclos ne s'en cachera pas longtemps. Mais le roman lui vaut une réputation sulfureuse qui le suit toute sa vie, au point que Napoléon, qui l'emploiera pourtant comme général, hésitera longtemps avant de le faire. Marie-Antoinette, dit-on, possédait un exemplaire dont elle avait dissimulé la couverture.

Deux siècles et demi plus tard, le livre n'a pas vieilli d'une ligne.

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Événement
1785
6 août 1785 — Demeure de la comtesse de la Motte-Valois
t4 p 71
Arrestation du personnage central de l'affaire dite du collier de la reine, en 1782
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Événement
1785
1785 — Église St Eustache (église de la branche cadette, les Orléans)
t4 p 164-165
Claude Fauchet est nommé prédicateur officiel de la chaire de St Eustache, suite à la disgrâce de l'abbé Maury
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Événement
1792
1792 — Hôtel de Lionne-Pontchartrain/Ministère des Contributions et des Revenus publics/Demeure d'Étienne Clavière !!!
t4 p 200
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Événement
1784
1784 — Hôtel de Rohan-Strasbourg/Demeure du cardinal de Rohan
t4 p 84
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Événement
1793
1793
t4 p 136-142
Demeure d'un des rédacteurs de la Déclaration des droits ; guillotiné avec Danton. Il correspondait ave l'Autriche et la Prusse entre autres par l'intermédiaire de Mallet du Pan et la Suisse
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Événement
1786
1786 — Demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord
t4 p 181-183
Demeure de Talleyrand qui organise les "déjeuners de Bellechasse" réunissant les soutiens de Calonne, essentiellement des banquiers libéraux qui orienteront la Révolution au gré de leurs intérêts
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Événement
1771
1771 — Demeure de Georges Louis Leclerc de Buffon
t4 p 138-141
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Événement
1795
1795 — Demeure de Jacques-Nicolas Billaud-Varenne
t4 p 367
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Événement
1787
5 juin 1787 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)
t4 p 228-240
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Événement
1676
10 janvier 1676 — Église St Eustache
t4 p 165
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Événement
1786
15 septembre 1786
t4 p 321
Dix-neuf ans, deux pistolets, l'argenterie maternelle et Paris : c'est avec cet équipement romanesque que Louis Antoine de Saint-Just entame sa carrière. En septembre 1786, Louis Antoine de Saint-Just a dix-neuf ans. Il …

Dix-neuf ans, deux pistolets, l'argenterie maternelle et Paris : c'est avec cet équipement romanesque que Louis Antoine de Saint-Just entame sa carrière.

En septembre 1786, Louis Antoine de Saint-Just a dix-neuf ans. Il est né à Décize, dans la Nièvre, le 25 août 1767, fils d'un officier de cavalerie mort en 1777 et d'une mère obstinée qui s'est réinstallée à Blérancourt, en Picardie, avec ses trois enfants. Le jeune homme a fait ses études au collège de Soissons chez les Oratoriens, dans cette institution qui formait la petite noblesse de province et la bourgeoisie aisée. Il est rentré à Blérancourt avec des ambitions que la province ne peut pas nourrir.

L'histoire ne dit pas clairement ce qui déclenche la fugue du 15 septembre. Déception amoureuse, conflit familial, sentiment d'étouffement : les sources divergent. Ce qui est certain, c'est que Saint-Just quitte Blérancourt sans prévenir, emporte une partie de l'argenterie familiale et deux pistolets, et prend la route de Paris. Il descend à l'Hôtel Saint-Louis, place du Palais-Royal, dans ce quartier qui est alors le centre nerveux de la vie parisienne : librairies, cafés, théâtres, salons, pamphlets, tout le bruit du monde qui pense se concentre autour des galeries du Palais-Royal.

Sa mère alerte les autorités. Après que Saint-Just eut séjourné quelques jours dans la capitale, un ordre de la famille le fait conduire à la maison de correction de Picpus, au faubourg Saint-Antoine, où les familles bourgeoises internaient leurs enfants difficiles sous le régime des lettres de cachet. Il y restera six mois, de septembre 1786 à mars 1787. C'est durant cet enfermement qu'il écrit l'essentiel de son poème satirique Organt, une épopée libertine et anticléricale en vingt chants, publiée en 1789.

La fugue de Blérancourt est un épisode mineur dans une biographie qui finira sur l'échafaud à vingt-six ans. Mais elle révèle quelque chose d'essentiel dans le caractère du futur conventionnel : l'impatience, le sentiment d'une destinée hors des cadres ordinaires, la violence tranquille avec laquelle il tranche les liens. Ce jeune homme qui prend l'argenterie de sa mère et descend sur Paris avec deux pistolets n'a pas encore une pensée politique, mais il a déjà un style.

Sept ans plus tard, il siégera à la Convention, rédigera les Institutions républicaines, enverra les Hébertistes puis les Dantonistes à la guillotine, et mourra avec Robespierre le 10 thermidor an II. L'Hôtel Saint-Louis du Palais-Royal est le premier chapitre d'une trajectoire dont la vitesse n'aura pas cessé de surprendre ses contemporains.

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Événement
1472
1472 — Première faculté de Médecine à Paris
t4 p 127
Installation de la faculté de Médecine, fondée en 1331 suite à une injonction papale datant de 1163 interdisant au clergé d'étudier la médecine sous peine d'excommunication. L'amphithéâtre est de 1604
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Événement
1766
1766 — Hôtel des Ambassadeurs de Hollande/Chapelle de l'Hôtel de Rieux (vouée au culte protestant)
t4 p 2
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Événement
1786
janvier 1786
t4 p242
Manifestation des savoyards de Paris, ramoneurs et commissionnaires, contre les "perroquets du marquis de Breteuil" qui leur faisaient concurrence ; en fait une émeute de la faim
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Événement
Événement
1785
1785
t4 p 149-156
Necker loue un appartement à Paris qu'il peut habiter "à condition de ne pas recevoir". Sa femme et sa fille tiennent à St Ouen un salon d'inspiration libérale, le "salon conspirateur de Mme Necker"
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Événement
1782
1782
t4 p 113
Perregaux, en voie de faire rapidement fortune, déménage sa banque depuis la rue St Sauveur
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Événement
1784
1784 — Couvent de la communauté de Ste Aure/Demeure de Renée-Pélagie de Sade
t4 p 19
Refuge de l'épouse du marquis de Sade durant l'incarcération de ce dernier à Vincennes puis à la Bastille
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Événement
1789
4 juillet 1789 — Prison de la Bastille
t4 p 21-22
Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte …

Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte loin. Il crie que l'on égorge les détenus à l'intérieur. Le quartier s'agite. Les passants s'arrêtent. Le gouverneur Bernard-René Jordan de Launay, affolé, écrit dans la journée au ministre : il faut transférer « cet être qu'on ne peut soumettre » sans délai.

Le 4 juillet, Sade doit partir. Il est à la Bastille depuis cinq ans, transféré là depuis Vincennes en 1784 par lettre de cachet signée de Louis XVI, sur plainte de sa belle-mère. Cinq ans qu'il a mis à profit : des centaines de volumes dans sa cellule, des manuscrits, des cahiers. Et dissimulé dans une fente du mur, un rouleau de papier d'une douzaine de mètres : Les Cent Vingt Journées de Sodome, rédigé en minuscules caractères sur des feuilles collées bout à bout.

On lui laisse peu de temps pour rassembler ses affaires. Le rouleau reste dans le mur.

Sade est conduit à Charenton, maison de santé tenue par les frères de la Charité, au bord de la Marne. Il écrira plus tard avoir pleuré « des larmes de sang » sur ce manuscrit qu'il croit perdu à jamais. Il passera vingt-cinq ans à Charenton, où le père de Coulmiers, directeur bienveillant convaincu des vertus thérapeutiques du spectacle, lui laissera organiser des représentations théâtrales avec les pensionnaires — des mises en scène qui feront scandale dans tout Paris.

Dix jours après le transfert, le 14 juillet, la Bastille tombe. La foule envahit les cellules, pille les salles, fouille les recoins. Dans la cellule du sixième étage, quelqu'un trouve le rouleau. Launay, lui, est tué par la foule dans la journée — celui qui avait signé l'ordre de transfert.

Le manuscrit passe de mains en mains — collectionneurs, marchands, bibliophiles à travers l'Europe — avant d'être publié pour la première fois en 1904, à Berlin, par un psychiatre allemand. Sade était mort en 1814 en demandant dans son testament que les traces de sa tombe « disparaissent de dessus la surface de la terre ». Les Cent Vingt Journées, elles, ne disparaissent pas.

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Événement
1793
5 octobre 1793 — Demeure de Fabre d'Églantine
t5 p 311-315
Adoption du calendrier révolutionnaire. Il sera utilisé jusqu'en décembre 1805, Napoléon rétablissant le calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806
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Événement
1787
1787 — Demeure de Georges Jacques Danton (donnant alors sur la rue Marat)
t5 p 84
Après son mariage, Danton emménage dans un appartement de la cour du Commerce St André donnant sur la rue des Cordeliers. Il signe alors "d'Anton", histoire de s'anoblir à bon compte
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Événement
1794
31 mars 1794 — Demeure de Georges Jacques Danton (donnant alors sur la rue Marat)
t5 p 84
Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers" Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du …

Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers"

Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du 130 boulevard Saint-Germain — la rue s'appelait alors rue des Cordeliers, puis rue Marat. Georges Danton dort encore. Sa jeune femme Louise Gély est à ses côtés. Les agents du Comité de sûreté générale sont là pour l'arrêter.

Il ne s'enfuit pas. On lui en avait donné l'occasion — des amis l'avaient prévenu, des chevaux de poste étaient disponibles. Il avait refusé, avec cette phrase que Philippe avait notée dans sa fiche : "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers."

Danton était l'un des hommes de la Révolution. Il avait contribué à renverser la monarchie, à organiser la défense nationale en septembre 1792, à fonder le Tribunal révolutionnaire — l'instrument qui allait maintenant le juger. Depuis plusieurs mois, il appelait à modérer la Terreur, à clémence, à en finir avec les exécutions en masse. Robespierre et Saint-Just y voyaient une trahison.

Le procès est une mascarade — Danton le transforme en tribune, rugit, domine la salle au point que le Tribunal finit par suspendre les débats pour le faire taire. Il est guillotiné le 5 avril avec Camille Desmoulins et leurs amis. Sa dernière parole au bourreau, selon la tradition : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine."

Dix semaines plus tard, Robespierre passait à son tour sous la lame.

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Événement
1795
28 janvier 1795 — Demeure de Gracchus Babeuf/Bureaux du journal "Le Tribun du Peuple"
t5 p 101-106
Arrestation de Gracchus Babeuf suite à son appel à l'insurrection dans le Tribun du Peuple ; il y opposait deux partis en présence : le "peuple doré" et le "peuple Sans-culotte"
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Événement
1795
7 février 1795
t5 p 101-106
Arrestation et incarcération de Gracchus Babeuf alors dans la clandestinité, le 19 pluviôse an III. Sa femme avait été emprisonnée auparavant afin de faire pression sur lui pour qu'il se rende. Le 7 février 1795, corresp …

Arrestation et incarcération de Gracchus Babeuf alors dans la clandestinité, le 19 pluviôse an III. Sa femme avait été emprisonnée auparavant afin de faire pression sur lui pour qu'il se rende.

Le 7 février 1795, correspondant au 19 pluviôse an III, marque une étape décisive dans l’histoire du mouvement égalitaire issu de la Révolution française. Ce jour-là, Gracchus Babeuf est arrêté à Paris et incarcéré à la prison des Orties, alors qu’il vit dans la clandestinité.

Ancien journaliste du Tribun du peuple, Babeuf s’est imposé comme l’une des figures les plus radicales de l’opposition populaire après la chute de Robespierre. Dans un contexte de disette, de hausse des prix et de répression accrue contre les sans-culottes, il dénonce sans relâche l’abandon des idéaux de 1793, en particulier l’égalité réelle et le droit à l’existence. Pour Babeuf, la Révolution n’est pas achevée tant que subsistent la misère et l’accaparement des richesses.

Son arrestation s’inscrit dans la volonté du gouvernement thermidorien de neutraliser les courants révolutionnaires les plus avancés, jugés dangereux pour l’ordre social rétabli. La prison des Orties devient ainsi l’un des lieux de mise à l’écart des militants égalitaires, surveillés de près par la police.

Loin de réduire Babeuf au silence, cette incarcération renforce sa détermination. À sa libération, il reprend son activité politique et théorique, contribuant à structurer ce qui deviendra, quelques mois plus tard, la Conjuration des Égaux. Celle-ci proposera pour la première fois un projet cohérent de société fondée sur la communauté des biens et l’égalité sociale, anticipant des formes de socialisme révolutionnaire du XIXe siècle.

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Événement
1788
5 mai 1788 — Hôtel d'Éprémesnil/Demeure de Jean-Jacques d'Éprémesnil
t5 p 210
Arrestation manquée de d'Éprémesnil suite à son opposition au remplacement du parlement par une cour plénière et à son insistance à demander une réunion rapide des états généraux
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Événement
1788
5 mai 1788
t5 p 210
Arrestation manquée de Goislard de Montsabert suite à son opposition pourtant pusillanime aux édits royaux à son insistance à demander une réunion rapide des états généraux
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Événement
1796
1796
t5 p 101-106
Arrestation manquée de Gracchus Babeuf, sortant sans doute de l'ancien couvent de l'Assomption, qui se réfugie chez un charron près de chez Duplay
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Événement
Date imprécise — Église du couvent des Mathurins/Atelier de Jacques-Louis David
t5 p 177-184
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Événement
1789
12 juillet 1789
t5 p 430
Bachmann fait traverser la Seine à ses troupes sur des bacs, ce qui donne à son intervention l'allure d'un débarquement, alimentant les craintes des parisiens d'une répression militaire
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Demeure et cabinet des figures de cire de Curtius
t5 p 429
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Événement
1789
1789 — Club des Amis de la Constitution monarchique/Club des Monarchiens
t5 p 240
Club des défenseurs de la prérogative royale à l'Assemblée, appelés les Monarchiens, ancien Club des Impartiaux ; union de la droite
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Événement
1787
1787 — Hôtel des Monnaies/Demeure de Nicolas de Condorcet
t5 p 206
Condorcet, inspecteur général des Monnaies, discute avec Franklin sur le texte de la Constitution ; il sera un des premiers à se revendiquer républicain, dans un premier temps de façon anonyme
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Hôtel de Ville
t5 p 431
Le 13 juillet 1789, Paris décide de s'armer — mais seuls prendront le fusil ceux qui ont de quoi se le payer. Depuis la veille, la ville est à cran. Necker renvoyé, les régiments du roi campent aux portes de la capitale, …

Le 13 juillet 1789, Paris décide de s'armer — mais seuls prendront le fusil ceux qui ont de quoi se le payer.

Depuis la veille, la ville est à cran. Necker renvoyé, les régiments du roi campent aux portes de la capitale, on pille les armuriers, on force les barrières de l'octroi. À l'Hôtel de Ville, sur la place de Grève, le comité permanent des électeurs — avocats, marchands, notables du Tiers — siège sans désemparer. Ce 13 juillet, il décrète la levée d'une milice bourgeoise : quarante-huit mille hommes, huit cents par district, pour les soixante districts de Paris.

Le mot n'est pas choisi au hasard. On n'y enrôle pas n'importe qui. La milice se recrute parmi les citoyens domiciliés, connus, solvables — ceux qui peuvent s'équiper à leurs frais. Les gens sans aveu, les vagabonds, les pauvres qui ont justement grossi les émeutes de la veille en sont écartés. Car cette force doit parer deux dangers à la fois : l'armée du roi, certes, mais aussi la rue elle-même. Il s'agit de tenir Paris, de protéger les propriétés, d'empêcher le pillage. La bourgeoisie s'arme autant contre le trône que contre le peuple qui vient de lui entrouvrir les portes du pouvoir.

Reste à se reconnaître entre soi. La veille, au Palais-Royal, Camille Desmoulins avait épinglé une feuille verte à son chapeau — le vert de l'espérance, vite abandonné : c'était aussi la livrée du comte d'Artois, frère du roi. On lui préfère le rouge et le bleu, les couleurs de la ville. Deux jours plus tard, le 15 juillet, La Fayette est acclamé à l'Hôtel de Ville commandant de cette force, rebaptisée Garde nationale ; le même jour, Bailly devient maire. Le 17, quand Louis XVI vient à l'Hôtel de Ville reconnaître la Révolution, La Fayette glisse le blanc royal entre les deux couleurs parisiennes : la cocarde tricolore est née.

L'adjectif, lui, restera collé à l'institution. Garde bourgeoise elle naît, garde bourgeoise elle reste. En juin 1848, sur les barricades des faubourgs de l'est, cette même Garde nationale — la bourgeoisie sous les armes — marchera contre les ouvriers parisiens insurgés, épisode que Marx analyse dans Les Luttes de classes en France. Le fusil que 1789 avait réservé aux propriétaires n'avait pas changé de camp.

Quant au vieil Hôtel de Ville Renaissance de la place de Grève, où tout s'était décidé, il flamba le 24 mai 1871, incendié pendant la Semaine sanglante par les fédérés de la Commune — c'est-à-dire par la Garde nationale elle-même, passée cette fois du côté du peuple. Le bâtiment que l'on voit aujourd'hui n'en est que la reconstruction, relevée la décennie suivante.

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Événement
1833
14 septembre 1833 — Demeure d'Antoine Merlin de Thionville
t5 p 173-177
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Événement
Événement
1792
10 août 1792 — Hôtel de la Liberté
t5 p 311-315
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Événement
Événement
1783
1783 — Demeure de Jean-Sylvain Bailly
t5 p 410-414
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Événement
Date imprécise — Hôtel d'Auvergne/Demeure de Gabriel Bonnot de Mably
t5 p 93
Demeure de l'abbé de Mably, un des philosophes les plus avancés et pourtant les moins connus du siècle des Lumières, partisan de la loi agraire dénonçant la propriété privée
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Événement
1796
1796 — Demeure de Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre
t5 p 190
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Événement
Événement
Date imprécise — Demeure de Jean-Bon Saint-André
t5 p 152-159
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Événement
Date imprécise — Palais du Louvre/Cour du Louvre/Demeure de Jacques-Louis David
t5 p 179
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Événement
1788
27 août 1788
t5 p 269
Des manifestants obligent les habitants du quartier à illuminer leurs fenêtres en l'honneur du rappel de Necker et brisent les vitres de ceux qui n'obtempèrent pas
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
t5 p 427-428
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1784
1784 — Demeure d'Adrien Duport
t5 p 112-118
Duport organise à son domicile des réunion regroupant des "libéraux" qui réclament l'établissement d'une constitution et la réunion des états généraux. Les frères Lameth, Mirabeau père, Étienne Clavière (banquier), Isaac …

Duport organise à son domicile des réunion regroupant des "libéraux" qui réclament l'établissement d'une constitution et la réunion des états généraux. Les frères Lameth, Mirabeau père, Étienne Clavière (banquier), Isaac Panchaud (banquier)

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Événement
1788
janvier 1788 — Demeure d'Adrien Duport/Siège de la Société des Trente
t5 p 287-288
Élaboration de modèles de cahiers de doléances pour Paris par les Libéraux réunis dans le premier club de la Révolution, la Société des Trente fondée par Duport
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Événement
1775
3 mai 1775 — Quai de la Grève
t5 p 48-49
Émeute populaire suite à l'augmentation du prix des grains, qui prendra le nom de "Guerre des Farines", devant laquelle les autorités sont impuissantes
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Opéra de Paris
t5 p 429
Un dimanche soir de juillet 1789, le plus jeune théâtre de Paris — bâti en deux mois pour distraire la cour — éteignit ses lustres sur l'injonction de la rue. Sur le boulevard Saint-Martin, au numéro 18, se dresse depuis …

Un dimanche soir de juillet 1789, le plus jeune théâtre de Paris — bâti en deux mois pour distraire la cour — éteignit ses lustres sur l'injonction de la rue.

Sur le boulevard Saint-Martin, au numéro 18, se dresse depuis huit ans une salle qui n'aurait jamais dû exister si vite. En 1781, l'incendie de l'opéra du Palais-Royal avait laissé l'Académie royale de musique sans toit. On rebâtit alors, jour et nuit, en deux mois à peine, une salle de dix-huit cents places sur les plans de Nicolas Lenoir. Le 27 octobre 1781, l'Opéra y donnait déjà Adèle de Ponthieu de Piccinni. C'est là, sur les Grands Boulevards, que la cour venait applaudir Gluck, Sacchini et Salieri.

Le samedi 11 juillet 1789, Louis XVI renvoie Necker, le ministre populaire. La nouvelle atteint Paris le lendemain matin, un dimanche. Au Palais-Royal, Camille Desmoulins monte sur une table du café de Foy et harangue la foule. On court alors chez Curtius, le montreur de figures de cire de la galerie de Montpensier. On y saisit les bustes de Necker et du duc d'Orléans, qu'on drape de noir et qu'on promène en cortège, tête nue, à travers la ville.

Le deuil, ce jour-là, se veut public — et il n'admet pas de spectacle. Dans l'après-midi, des groupes vont d'un théâtre à l'autre faire cesser les représentations. Sur les boulevards, l'Opéra du numéro 18 n'y échappe pas. La foule en ferme les portes ; les carrosses des courtisans venus pour la soirée sont hués, refoulés. Le graveur Jean-Louis Prieur en fixera la scène pour ses Tableaux historiques de la Révolution française : sous les colonnes de la salle, le peuple baisse le rideau à la place des machinistes. On ne joue pas quand Necker s'en va.

Pendant ce temps, à l'autre bout de Paris, la journée tourne au sang. Place Louis XV — l'actuelle Concorde —, le Royal-Allemand du prince de Lambesc charge les manifestants ; les bustes de cire sont les premières cibles, avant les hommes. Le soir même, cavaliers et gardes-françaises s'affrontent sur les boulevards. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Le théâtre, lui, survécut à la Révolution qu'il avait vue commencer sur son perron. L'Opéra quitta le boulevard Saint-Martin le 9 thermidor an II — le jour même de la chute de Robespierre — pour la rue de Richelieu. La salle prit alors le nom de Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Incendiée pendant la Semaine sanglante, le 25 mai 1871, elle fut rebâtie deux ans plus tard sur le même emplacement. Vous passez aujourd'hui devant le 18, boulevard Saint-Martin sans y penser : c'est là, sous d'autres pierres mais au même endroit, que le public de l'Opéra fut prié, un soir, de rentrer chez lui.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Hôtel de Nevers/Palais Mazarin/Bourse des valeurs
t5 p 430
Fermeture de la bourse des valeurs, en même temps que 40 barrières sont incendiées. Les banquiers s'enrôlent avec leur personnel dans la garde bourgeoise ; cette révolution est évidemment la leur
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Événement
1790
21 février 1790 — Cirque du Palais Royal/Cercle social/Club des Amis de la Vérité
t5 p 170
Fondation du Cercle social, mélange de club politique révolutionnaire, de loge maçonnique et de salon littéraire. Bonneville publie après Varennes, et de nouveau après le 10 août "De l'esprit des religions", qui prône la …

Fondation du Cercle social, mélange de club politique révolutionnaire, de loge maçonnique et de salon littéraire. Bonneville publie après Varennes, et de nouveau après le 10 août "De l'esprit des religions", qui prône la loi agraire

Le 21 février 1790 est fondé à Paris le Cercle social, également connu sous le nom de Club des Amis de la Vérité. Installé au cirque du Palais-Royal, ce lieu singulier se situe à la croisée de plusieurs traditions : club politique révolutionnaire, loge maçonnique et salon littéraire. Il incarne l’un des espaces les plus originaux de la sociabilité révolutionnaire des premières années de 1789-1791.

Le Cercle social se veut un lieu de réflexion et de diffusion des idées nouvelles, ouvert à un public élargi. On y débat de souveraineté populaire, de droits naturels, d’éducation, de religion et de réforme sociale. Parmi ses animateurs figurent Claude Fauchet, prédicateur et futur évêque constitutionnel, Nicolas de Bonneville, écrivain et éditeur, ainsi que Jean-Baptiste Charles Chabroud, juriste et député. Tous partagent l’ambition de lier la Révolution française à une transformation morale et universelle de l’humanité.

Contrairement aux clubs plus strictement politiques, le Cercle social revendique une dimension philosophique et presque mystique. Bonneville y joue un rôle central, notamment par ses publications. Après la fuite de Varennes, puis de nouveau après le 10 août 1792, il publie De l’esprit des religions, texte radical qui prône une régénération sociale profonde et évoque la loi agraire, inscrivant le Cercle dans une critique frontale des inégalités économiques.

Le Cercle social apparaît ainsi comme un laboratoire d’idées avancées, parfois en décalage avec la Révolution institutionnelle. Il témoigne de la richesse, mais aussi des tensions, d’un moment où Paris est le foyer d’expérimentations politiques, sociales et intellectuelles dont certaines annoncent les radicalités à venir.![[Le Cirque du Palais Royal en 1794, BnF|Le_cirque_semi-enterré_du_Palais-Royal_en_1794, BnF.jpeg]]

Le Cirque du Palais Royal en 1794, BnF

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Événement
1792
1792 — Hôtel Chantereine/Demeure de François-Joseph Talma et Julie Careau
t5 p 51-55
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Événement
1794
30 janvier 1794 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
t5 p 101-106
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Pavillon d'octroi de la barrière d'Italie
t5 p 430
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Événement
1785
2 avril 1785 — Église St Roch/Tombe de Gabriel Bonnot de Mably
t5 p 91
Inhumation de l'abbé de Mably, philosophe considéré comme un précurseur du socialisme utopique, partisan de la loi agraire dénonçant la propriété privée
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Événement
Événement
1788
18 septembre 1788 — Église St Roch
t5 p 274
Inhumation du juriste Charles Marguerite Jean-Baptiste Mercier Dupaty, un des derniers philosophes des Lumières. Il venait de refuser le poste de ministre de la Justice sous Necker
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Événement
1796
janvier 1796 — Hôtel de Juigné/Ministère de la Police
t5 p 122-125
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Événement
1792
2 novembre 1792 — Demeure de René Vatar/Siège du journal "Le Républicain" (puis "Journal des Hommes libres")
t5 p 299
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Événement
1792
1792 — Jardin des Plantes/Ménagerie d'animaux rares
t5 p 190
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Événement
Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
t5 p 432-437
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1788
8 mai 1788
t5 p 219
Le marquis d'Agout est pris à partie par une centaine de jeunes gens pour avoir arrêté le 6 deux parlementaires qui s'étaient opposés aux édits royaux, d'Espréménil et Goislard de Montsabert
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Événement
1752
1752 — Hôtel du président Lamoignon de Malesherbes/Cité Malesherbes
t5 p 141 & 251
Le président Malesherbes, censeur de la bibliothèque royale, protège les philosophes et entrepose chez lui les œuvres de Diderot
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Jardin du Palais Royal
t5 p 429
Ce dimanche-là, la foule qui descend vers les Tuileries ne brandit ni reliques ni portraits de saints : deux mannequins de cire empruntés à un montreur de curiosités du boulevard du Temple. La veille, samedi 11 juillet 1 …

Ce dimanche-là, la foule qui descend vers les Tuileries ne brandit ni reliques ni portraits de saints : deux mannequins de cire empruntés à un montreur de curiosités du boulevard du Temple.

La veille, samedi 11 juillet 1789, Louis XVI a renvoyé Jacques Necker, son ministre des Finances, le seul homme du gouvernement en qui le peuple de Paris veuille encore croire. La nouvelle atteint la capitale le dimanche 12 dans la matinée et s'y répand comme une traînée de poudre. Au Palais-Royal, un jeune avocat bègue nommé Camille Desmoulins saute sur une table du café de Foy, pistolet au poing, et appelle aux armes. Il faut à cette colère un emblème. On le trouvera en cire.

Car la foule songe aussitôt à Curtius. Philippe Mathé Curtius, Allemand installé à Paris, tient sur le boulevard du Temple le cabinet de figures de cire le plus couru de la ville — le même où travaille la future Madame Tussaud, Marie Grosholtz. Chez lui trônent, grandeur nature, les portraits des deux hommes que la Cour vient d'écarter : Necker le renvoyé, et Philippe d'Orléans, le cousin frondeur du roi. Curtius cède ses effigies — de mauvaise grâce, selon les uns ; volontairement, selon la propagande d'estampes qui le montre bientôt « délivrant » lui-même ses portraits au peuple.

Voilés de crêpe noir, précédés de bannières sombres et de tambours voilés, les deux bustes s'ébranlent en une étrange procession funèbre — un enterrement pour deux vivants. Le cortège grossit à mesure qu'il gagne le Palais-Royal, la rue Saint-Honoré, puis la place Vendôme. C'est là que tout bascule. Un détachement de cavalerie barre le passage ; un dragon abat l'homme qui porte le buste de Necker. Selon les récits contemporains, c'est le premier sang versé de la Révolution — et il coule pour défendre une tête de cire.

Le cortège reflue vers la place Louis XV — notre place de la Concorde. Là stationne le Royal-Allemand du prince de Lambesc. Vers le soir, Lambesc reçoit l'ordre de dégager le jardin des Tuileries et lance ses cavaliers sabre au clair. Les premières cibles ne sont pas des hommes : ce sont les bustes. On les jette à terre, on les piétine, on les taille. Paris apprend, ce 12 juillet, qu'on peut mourir pour une image.

Les deux effigies furent pourtant retrouvées. Celle du duc d'Orléans revint intacte ; celle de Necker ne reparut que six jours plus tard, rapportée par un Suisse, les cheveux roussis, la face marquée de coups de sabre. Une tête de cire balafrée comme un blessé de guerre — peut-être la première image vraie de ce que la Révolution s'apprêtait à devenir.

Curtius sut retourner l'épisode à son profit : dans un mémoire de 1790, pour faire valoir ses états de service de « vainqueur de la Bastille » et écarter les soupçons sur ses origines, il écrivit que le premier acte de la Révolution avait commencé chez lui. Marie Grosholtz, elle, quitterait Paris pour Londres avec ses moules et ses souvenirs, et bâtirait sur ces têtes de rois et de révolutionnaires l'empire de cire qui porte encore son nom d'épouse.

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Événement
1789
13 juillet 1789 — Place de Grève
t5 p 431
Les insurgés saisissent 35 barils de poudre sur un bateau amarré devant la place de Grève
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Événement
1788
15 septembre 1788
t5 p 275
Les manifestants obligent les passants à crier : "Vive Henri IV ! Au diable le foutu bougre de Lamoignon". Ce dernier vient d'être renvoyé par Louis XVI sous la pression populaire
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Événement
1789
30 juin 1789 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Prison militaire (à l'extérieur de l'enceinte)
t5 p 429
Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer. Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes frança …

Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer.

Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes françaises, fait emprisonner onze de ses soldats à l'Abbaye Saint-Germain. Leur crime : insubordination. Ces hommes ont fraternisé avec la foule du Palais-Royal, refusé de se tenir prêts à charger les civils, participé aux discussions politiques qui remplissent chaque soir les cafés du jardin depuis que l'Assemblée nationale s'est constituée contre la volonté du roi.

Le Palais-Royal est en juin 1789 le centre nerveux de la contestation parisienne. Propriété du duc d'Orléans — cousin du roi, libéral, en rupture avec la Cour — son jardin est le seul espace de Paris où la police royale ne peut intervenir. Les soldats qui y circulent, qui y écoutent les orateurs, qui boivent avec des bourgeois et des artisans, violent le code militaire. Du Châtelet tranche : la prison.

Parmi les soldats emprisonnés se trouvent des noms que l'histoire retiendra. Lazare Hoche a vingt et un ans : grenadier entré dans les Gardes françaises à quinze ans, il est incarcéré pour avoir fraternisé avec le peuple du Palais-Royal. François-Joseph Lefebvre est sous-officier au même régiment. Pierre-Augustin Hulin, ancien sergent aux Gardes suisses reconverti en bonnetier, est l'un de ceux qui vont organiser la libération depuis le jardin.

Le 30 juin au soir, la foule quitte le Palais-Royal et marche sur la prison de l'Abbaye — le bâtiment pénitentiaire attenant au couvent de Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement de l'actuel boulevard Saint-Germain. Les portes cèdent. Les onze soldats sont libérés, promenés en triomphe dans les rues, escortés sous les acclamations jusqu'au Palais-Royal.

C'est le premier coup de force populaire de la Révolution. Du Châtelet n'ose pas reprendre ses hommes. Quatorze jours plus tard, ce sont ces mêmes soldats — Hoche, Lefebvre, et d'autres du régiment — qui rejoindront la colonne de Hulin devant la Bastille. La prison qui symbolise l'arbitraire royal tombera le 14 juillet ; l'Abbaye aura été la répétition générale.

Les Gardes françaises sont dissoutes en juillet 1789. Leurs hommes forment le noyau de la future Garde nationale. Lazare Hoche mourra général de division en 1797, à vingt-neuf ans. François-Joseph Lefebvre deviendra duc de Danzig sous l'Empire. Du Châtelet sera guillotiné en 1793, condamné par ce même peuple qu'il avait voulu faire charger.

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Événement
1787
19 novembre 1787 — Grande Chambre du Palais de Justice
t5 p 160-168
Lors d'une séance plénière du Parlement, plusieurs parlementaires et le duc d'Orléans réclament l'ouverture rapide des états généraux et s'opposent à l'enregistrement des décrets royaux
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Événement
1759
24 février 1759 — Maison natale d'Adrien-Jean-François Duport
t5 p 112-118
Maison natale d'Adrien Duport, futur constituant membre des feuillants, participant à la Société des Trente. Rédacteur de l’article 17 de la Déclaration des Droits de l'Homme, sur le droit de propriété. Il émigrera après …

Maison natale d'Adrien Duport, futur constituant membre des feuillants, participant à la Société des Trente. Rédacteur de l’article 17 de la Déclaration des Droits de l'Homme, sur le droit de propriété. Il émigrera après le 10 août 1792

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Événement
1788
28 août 1788
t5 p 269
Manifestation contre le ministre Brienne, qui est brûlé en effigie ; Biron fait ouvrir le feu ; Louis XVI doit rappeler Necker
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Événement
1787
14 juin 1787 — Café du Parnasse
t5 p 82-83
Mariage de Danton avec la fille du patron du café qu'il fréquentait à son arrivée à Paris
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Événement
1789
14 juillet 1789
t5 p 436
Massacre du gouverneur de Launay et de ses officiers ; lors de son arrivée à l'Hôtel de Ville par l'Arcade St Jean selon Michelet
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Événement
1831
28 mai 1831 — Demeure de l'Abbé Grégoire (depuis 1820)
t5 p 253-258
Mort de l'abbé Grégoire, chef de l'Église constitutionnelle ; il défend les droits des juifs et milite pour l'abolition de l'esclavage
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Événement
1842
22 mars 1842 — Hôtel meublé de Nantes/Demeure de Stendhal
t5 p 227
Mort de Stendhal ; victime d'une attaque d'apoplexie rue des Capucines Le 22 mars 1842, vers sept heures du soir, Henri Beyle — dit Stendhal — s'effondre sur le trottoir de la rue des Capucines. Apoplexie foudroyante. Il …

Mort de Stendhal ; victime d'une attaque d'apoplexie rue des Capucines

Le 22 mars 1842, vers sept heures du soir, Henri Beyle — dit Stendhal — s'effondre sur le trottoir de la rue des Capucines. Apoplexie foudroyante. Il est transporté inconscient à son domicile de la rue Danielle Casanova, alors rue Neuve-des-Petits-Champs, dans l'hôtel meublé de Nantes où il logeait. Il meurt dans la nuit, à cinquante-neuf ans, sans avoir repris connaissance.

La veille encore, il dînait en ville et parlait avec entrain. C'est la mort qu'il avait toujours annoncée pour lui-même — soudaine, sans agonie, dans la rue. Il avait écrit un jour qu'il ne voulait pas mourir dans son lit, entouré de médecins et de prêtres. Il fut exaucé à moitié : il mourut dans la rue, mais transporté dans son lit.

Stendhal n'était pas reconnu de son vivant à la hauteur de ce qu'il méritait. Le Rouge et le Noir (1830) et La Chartreuse de Parme (1839) avaient été lus par quelques-uns, admirés par Balzac, ignorés du grand public. Il l'avait prévu lui aussi, avec cette lucidité caractéristique : il écrivait pour les happy few, pour une postérité qui ne lirait ses livres qu'en 1880 ou 1900. Il avait sous-estimé — ce sera plutôt 1870, et depuis lors on ne l'a plus lâché.

Son épitaphe, qu'il avait rédigée lui-même en italien : Arrigo Beyle, Milanese. Visse, scrisse, amò. Henri Beyle, Milanais. Il vécut, écrivit, aima.

Il est enterré au cimetière de Montmartre.

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Événement
1814
1814 — Demeure de Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre (1801)
t5 p 190
Mort du disciple de Jean-Jacques Rousseau, tenant de la "Philosophie naturelle"
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Événement
1820
1820 — Demeure de Constantin-François Volney
t5 p 192 & 399
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Événement
1760
12 juin 1760
t5 p 37
Naissance de Jean-Baptiste Louvet, dont le père est papetier. Il sera prote avant de devenir écrivain et journaliste
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Événement
1736
15 septembre 1736 — Palais du Louvre/Maison natale de Jean-Sylvain Bailly
t5 p 411
Naissance de Jean-Sylvain Bailly dans l'appartement dont disposent ses parents en tant que représentants d'une dynastie de peintres
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Événement
1786
1786 — Demeure de Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre
t5 p 190
Pavillon habité à deux reprises par l'auteur de "Paul et Virginie" qu'il écrivit ici
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Maison de St Lazare
t5 p 430
Pillage de la Maison de St Lazare par le peuple suite au bruit qu'il s'y trouvait stocké du blé ; on y trouve de quoi remplir 52 voitures de grain
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne (salle des armes)
t5 p 431
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
t5 p 373-383
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Pont-levis de l'Avancée (1er des deux ponts-levis à l'entrée de la Bastille)
t5 p 435
Premier pont-levis, dit de l'Avancée, donnant accès à la Bastille ; lieu des combats pour la prise de la prison
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Événement
1787
8 juin 1787 — Seconde salle du Palais Royal (salle provisoire de l'Opéra de Paris contenant 3000 places)
t5 p 70-74
Première de "Tarare", opéra de Salieri sur un livret de Beaumarchais. Très attendu après les deux "Figaro", mais succès mitigé
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jean-Paul Rabaut-Saint-Étienne
t5 p 139-148
Rabaut-Saint-Étienne propose d'introduire la liberté de conscience dans la Déclaration des droits
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Événement
1787
1787 — Hôtel du président Lamoignon de Malesherbes/Cité Malesherbes
t5 p 141 & 251
Rabaut Saint-Étienne rencontre Malesherbes à maintes reprises afin d'obtenir la légalisation des membres de la "religion prétendue réformée", les protestants
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Événement
1793
30 octobre 1793 — Conciergerie/Chapelle des Girondins
t5 p 188
Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir. Les Girondins …

Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir.

Les Girondins ont été arrêtés le 2 juin 1793, quand les sections parisiennes en armes ont encerclé la Convention et exigé leur exclusion. Le conflit qui les oppose aux Montagnards porte sur la place de Paris dans la Révolution, sur la guerre, sur la Terreur, sur le contrôle de l'économie. Le procès s'ouvre le 24 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Il est écourté par décret quand la Convention constate que les accusés se défendent trop bien.

Le verdict tombe le 30 octobre : mort pour vingt et un d'entre eux. Parmi eux Brissot, Vergniaud, l'un des plus grands orateurs de la Révolution, Gensonné, Ducos, Carra, l'abbé Fauchet, Boilleau, Lacaze. Dufriche-Valazé se poignarde à l'énoncé de la sentence dans la salle même du tribunal.

La nuit du 30 au 31, ils sont réunis à la Conciergerie, quai de l'Horloge, dans une salle qui était l'ancienne chapelle de la prison, utilisée comme cellule collective en raison de la surpopulation. Elle porte depuis le nom de chapelle des Girondins.

La tradition rapporte qu'ils y tinrent un banquet, buvant, chantant, discutant de l'immortalité de l'âme jusqu'à l'aube. Cette scène est l'un des morceaux les plus célèbres de l'histoire républicaine. Elle a été fixée par Lamartine dans son "Histoire des Girondins" en 1847.

Les historiens sont réservés. Les sources contemporaines ne confirment pas l'existence d'un festin. Le contexte de pénurie alimentaire et de surveillance stricte rend l'épisode improbable dans les termes où on le raconte. Ce qui est certain, c'est qu'ils passèrent la nuit ensemble et qu'ils furent nombreux à écrire.

Le 31 octobre, ils sont guillotinés place de la Révolution. Le cadavre de Valazé est conduit avec eux dans une charrette et décapité aussi. L'exécution dure trente-six minutes.

La scène du dernier repas a servi à toutes les époques. La République bourgeoise du XIXe siècle y a vu la dignité des modérés face aux fanatiques. C'était une manière de choisir son camp dans la Révolution.

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Événement
1788
19 février 1788 — Siège de la Société des Amis des Noirs
t5 p 184-194
Le 19 février 1788, dans un Paris encore monarchique, se tient l’une des réunions de la Société des Amis des Noirs, fondée quelques semaines plus tôt pour attaquer de front l’esclavage colonial et la traite négrière. Dan …

Le 19 février 1788, dans un Paris encore monarchique, se tient l’une des réunions de la Société des Amis des Noirs, fondée quelques semaines plus tôt pour attaquer de front l’esclavage colonial et la traite négrière. Dans ce cercle, où se croisent nobles libéraux, savants, magistrats et hommes d’Église, l’enjeu est de faire entrer la question des esclaves dans le champ du débat public, encore dominé par les intérêts des colons.

Parmi les figures présentes ou proches, on trouve l’[[abbé Henri Grégoire|doc:henri-gregoire.WebHome]], curé lorrain devenu théoricien de l’égalité des races et défenseur des « hommes de couleur », [[Nicolas de Condorcet|doc:nicolas-de-condorcet.WebHome]], philosophe des Lumières convaincu que l’esclavage est incompatible avec les droits de l’homme, [[La Fayette|doc:la-fayette.WebHome]], héros des deux mondes, ou encore [[Lavoisier|doc:antoine-laurent-de-lavoisier.WebHome]], symbole de la science appliquée à la réforme sociale. D’autres, comme le jeune Valady ou Chaumette, oscillent entre radicalité politique et sensibilité humanitaire.

Les réunions de la Société ont un double objectif : produire des textes – mémoires, projets de loi, brochures – pour influencer l’opinion et, surtout, préparer le moment où des États généraux, puis une Assemblée nationale, devront se prononcer sur le statut des colonies et des esclaves. On y lit des rapports sur la situation de Saint‑Domingue ou de la Martinique, on y discute statistiques, théologie, économie, en cherchant à démontrer que l’abolition est non seulement juste mais possible.

Minoritaire et très contestée, la Société des Amis des Noirs n’en contribue pas moins à fissurer le consensus esclavagiste. Ses réunions de 1788 préfigurent les batailles politiques de 1791‑1794, où certains de ces mêmes acteurs – Grégoire, en première ligne – joueront un rôle décisif dans l’abolition de l’esclavage votée par la Convention.

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Événement
1776
1776 — Hôtel de Lionne-Pontchartrain/Contrôle général des Finances/Demeure de Jacques Necker
t5 p 266
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Événement
1788
6 mai 1788 — Grande Chambre du Palais de Justice
t5 p 212-213
Seconde tentative d'arrestation, par le marquis d'Agout, de Duval d'Espréménil et de Goislard de Montsabert qui s'étaient opposés aux édits de Louis XVI ; repoussée par le parlement qui les protège
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Événement
Événement
1833
14 septembre 1833 — Cimetière du Père Lachaise (29ème division)/Tombe d'Antoine Merlin de Thionville
t5 p 173-177
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Événement
Événement
1788
16 septembre 1788
t5 p 275
Un mannequin représentant Lamoignon est brûlé en place de grève. Les manifestants lui associent l'abbé de Vermond, une façon détournée de s'attaquer à Marie-Antoinette
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Place Louis XV
t5 p 429
Une manifestation contre le renvoi de Necker est violemment réprimée par le prince de Lambesc, à la tête du royal-allemand, sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1793
2 août 1793 — Conciergerie
p 191
Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, Marie-Antoinette quitta le Temple pour la Conciergerie. Elle avait trente-sept ans et soixante-seize jours à vivre. Marie-Antoinette était prisonnière au donjon du Temple depuis le 13 …

Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, Marie-Antoinette quitta le Temple pour la Conciergerie. Elle avait trente-sept ans et soixante-seize jours à vivre.

Marie-Antoinette était prisonnière au donjon du Temple depuis le 13 août 1792, avec le roi, leur fils et leur fille. Louis XVI avait été guillotiné le 21 janvier 1793. Elle était restée au Temple avec ses enfants, soumise à une surveillance croissante, privée de toute nouvelle du monde extérieur.

Le Comité de salut public décida au début de l'été 1793 de la transférer à la Conciergerie, sur l'île de la Cité. La Conciergerie avait une réputation bien établie dans le Paris de la Terreur : on l'appelait l'antichambre de la guillotine. Depuis mars 1793, les condamnés du Tribunal révolutionnaire y transitaient avant l'exécution. Y entrer était, pour presque tous, le signe que la mort était proche.

Le transfert eut lieu en secret, dans la nuit du 1er au 2 août 1793. Marie-Antoinette fut conduite de la rue du Temple à l'île de la Cité, au 1-7 quai de l'Horloge. On lui avait aménagé, à la hâte, une cellule dans l'ancienne salle des gardes : un espace étroit, humide, où deux gardes demeuraient en permanence, y compris la nuit.

Elle y resta jusqu'au 14 octobre 1793, date de l'ouverture de son procès devant le Tribunal révolutionnaire. Le procès dura deux jours. Le 16 octobre 1793, elle fut guillotinée place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde).

Sa cellule à la Conciergerie est aujourd'hui conservée et visitée. Le bâtiment, dont les tours médiévales sont visibles depuis le quai de l'Horloge, abrite aussi la Sainte-Chapelle et le Palais de justice. C'est l'un des rares endroits de Paris où l'on peut encore se tenir dans l'espace exact qu'occupait un acteur de la Révolution.

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