Le 10 mars 1980, une bombe explose au siège de la SEMIREP, société d’économie mixte chargée de la rénovation du secteur Plaisance, au 6 rue Bardinet, dans le 14ᵉ arrondissement. L’engin est attribué à Action directe, qui vise alors symboliquement les institutions publiques et para‑publiques impliquées dans les politiques urbaines et sociales de la Cinquième République.
L’attentat s’inscrit dans la première séquence d’actions d’Action directe, marquée par des attaques contre des ministères, des entreprises publiques et des organismes liés à l’aménagement du territoire ou à la répression. En visant la SEMIREP, les auteurs désignent la rénovation urbaine de Plaisance – opérations de démolition‑reconstruction et de relogement – comme un instrument de « restructuration capitaliste » des quartiers populaires.
L’explosion provoque d’importants dégâts matériels dans les locaux de la société et dans l’immeuble, sans faire de victime, mais contribue à installer durablement la rue Bardinet et le secteur Plaisance–Porte de Vanves dans la cartographie parisienne de la violence politique des années 1980.