Attentat d'Action Directe contre les locaux de la DST

Locaux de la DST

En mars 1980, Action directe n'a qu'un an d'existence. Le groupe armé d'extrême gauche, fondé en 1979 autour de Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, multiplie les attentats contre des cibles symboliques : ministères, organismes liés à l'immigration, puis institutions répressives. La Direction de la Surveillance du Territoire — la DST, contre-espionnage intérieur — entre naturellement dans sa ligne de mire.

Le 14 mars 1980, une bombe explose contre l'immeuble du 16 rue Rembrandt, dans le 8e arrondissement, où la DST occupe des locaux. L'attentat ne fait pas de victimes. Il s'inscrit dans une séquence fulgurante : quatre jours plus tard, un commando mitraille le ministère de la Coopération avenue des Invalides ; le 28 mars, des explosifs visent les locaux du GIGN à Maison-Alfort ; le 15 avril, c'est une roquette antichar qui s'abat sur le ministère des Transports.

En 1980, les cibles d'Action directe sont des sociétés immobilières impliquées dans des expropriations, des institutions policières comme la DST, ou des sièges du pouvoir politique. La logique est celle de l'affrontement direct avec l'État, avant qu'AD ne bascule, à partir de 1984, dans les assassinats ciblés et la coordination avec la RAF allemande.

Rouillan et Ménigon seront arrêtés le 13 septembre 1980, rue Pergolèse, après une fusillade avec la police — six mois à peine après l'attentat de la rue Rembrandt.

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