L'attentat du restaurant Goldenberg, rue des Rosiers, fait six morts et vingt-deux blessés dans le Marais

Restaurant Goldenberg

La façade du restaurant Jo Goldenberg, à l´angle de la rue Ferdinand-Duval et de la rue des Rosiers dans la partie juive du quartier du Marais, à Paris.

C'était un lundi de plein été, le quartier juif du Marais animé de ses habitués, et en quelques secondes la rue des Rosiers devint un lieu de deuil.

Le 9 août 1982, vers la mi-journée, deux hommes s'approchèrent du restaurant Jo Goldenberg, au 7 de la rue des Rosiers, dans le Marais. L'un lança une grenade à l'intérieur ; tous deux ouvrirent ensuite le feu à la mitraillette sur les clients et les passants. Six personnes furent tuées, vingt-deux blessées.

La rue des Rosiers est le coeur du quartier juif parisien. Les boutiques de charcuterie d'Europe centrale, les libraires hébraïques, les restaurants fondés par les vagues d'immigration des XIXe et XXe siècles, d'Alsace après 1871, de Russie et de Pologne après les pogroms, de l'Europe entière après la Shoah, en faisaient un lieu de mémoire vivante et quotidienne. Le restaurant Goldenberg, fondé en 1920 par un immigré juif d'Europe centrale, en était l'un des symboles les plus visibles.

L'attentat fut attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire, organisation de Abou Nidal qui avait rompu avec l'OLP de Yasser Arafat en 1974 et multipliait les opérations terroristes en Europe. L'instruction judiciaire, menée notamment par le juge Jean-Louis Bruguière, s'appuya sur des douilles et des armes d'origine polonaise fournies à des groupes palestiniens. L'affaire resta sans jugement pendant plus de quarante ans, le ou les auteurs n'ayant pas été traduits devant un tribunal français.

Une plaque commémorative est apposée au 7 rue des Rosiers.

Bibliographie