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Couverture — Almanach de Paris
Bibliographie

Almanach de Paris

Encyclopédia Universalis
Encyclopédia Universalis, 1990.
Livre
876 Fiches citant cet ouvrage
1990 Édition

Fiches citant cet ouvrage

876 fiches
Événement
Événement
1650
18 janvier 1650 — Palais Royal
t1 p 211
Arrestation des princes de Condé et de Conti et du duc de Longueville décidée par Mazarin
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Événement
1572
24 août 1572 — Hôtel de Ponthieu/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 150
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Événement
1407
23 novembre 1407 — Allée aux Arbalétriers/Hôtel Barbette/Hôtel de la Reine
t1 p 93
Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à p …

Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à proximité du 38 rue des Francs-Bourgeois, alors qu’il rentre de l’Hôtel Barbette où il avait rendu visite à la reine Isabeau de Bavière. L’attaque, menée par une quinzaine d’hommes sous la direction de Raoul d’Anquetonville et orchestrée par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, est soigneusement préparée. Thomas Courteheuse, valet du roi, joue un rôle dans la conspiration en prévenant le duc d’un faux appel du roi. Louis d’Orléans est tué à coups de hache après avoir été jeté à bas de sa monture. Cet assassinat marque le début d’une guerre civile entre les factions des Bourguignons, menés par Jean sans Peur, et des Armagnacs, partisans de la famille d’Orléans. Ce conflit, alimenté par la folie du roi Charles VI et la rivalité pour le contrôle du royaume, durera environ trente ans et déstabilisera profondément la France en pleine guerre de Cent Ans.

Sources

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Événement
1590
10 septembre 1590 — Porte Papale/Porte Ste Geneviève
t1 p 167
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Événement
Événement
Événement
1544
14 février 1544 — Parvis de Notre-Dame
t1 p 130
Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et r …

Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et royales. L’objectif est clair : montrer que les textes réformés n’ont pas leur place dans le royaume et que ceux qui les impriment ou les diffusent s’exposent à des sanctions.

Étienne Dolet n’est pas un simple exécutant. Humaniste, imprimeur, il a choisi de publier des ouvrages qui participent à la diffusion des idées de la Réforme. En s’attaquant à ses livres, le pouvoir vise aussi sa personne et, au-delà, la liberté de l’imprimerie. L’atelier typographique, capable de multiplier rapidement les textes et de les faire circuler, devient un enjeu politique et religieux majeur.

Le choix du parvis de Notre-Dame renforce le message. On ne détruit pas ces ouvrages dans un lieu discret, mais au centre symbolique de la capitale religieuse, devant tous. Ce type d’autodafé sert à rappeler que l’orthodoxie catholique reste la norme officielle et que toute contestation, qu’elle soit théologique ou portée par le livre imprimé, sera traitée comme une menace directe à l’ordre du royaume.

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Événement
1724
1724 — Cabaret À l'Image St Pierre
t1 p 247
Borne en façade marquant la limite de construction autorisée ; une interdiction de bâtir au-delà qui sera rarement respectée. 35 bornes indiquent les limites de Paris en 1674. La première numérotation des quartiers date …

Borne en façade marquant la limite de construction autorisée ; une interdiction de bâtir au-delà qui sera rarement respectée. 35 bornes indiquent les limites de Paris en 1674. La première numérotation des quartiers date de 1702

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Événement
1610
14 mai 1610 — Boutique à l'enseigne du Cœur couronné (percé d'une flèche)
t1 p 177-178
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Événement
1715
1715 — Cabaret des Marronniers (créé par Ruelle)/Cabaret du Tambour Royal
t1 p 267
Cabaret de la Courtille du Temple, devenu en 1758 le Tambour Royal de Ramponneau ; si fameux que "ramponner" était devenu synonyme de "faire la fête" ; il est repris par le fils Ramponneau en 1760
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Événement
1715
1715 — Cabaret des Marronniers (créé par Ruelle)/Cabaret du Tambour Royal
t1 p 267
Cabaret de la Courtille du Temple, devenu en 1758 le Tambour Royal de Ramponneau ; si fameux que "ramponner" était devenu synonyme de "faire la fête" ; il est repris par le fils Ramponneau en 1760
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Événement
885
885
t1 p 34
Camp Normand près de St Germain le Rond appelé "lower", qui aurait donné le "Louvre"
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Événement
1304
1304 — Collège de Navarre
t1 p 68
Collège fondé par Jeanne de Navarre, le plus prestigieux de Paris
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Événement
1830
28 juillet 1830 — Église St Gervais-St Protais (6ème siècle)
t1 p 279
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Événement
1588
12 mai 1588
t1 p 160
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1588
12 mai 1588
t1 p 160
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1130
1130 — Église des Saints-Innocents
t1 p 278 & 298
Construction de l'église et du charnier des Saints-Innocents ; elle était équipée de reclusoirs, cellules d'enfermement volontaire
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Événement
1635
1635 — Porte Montmartre/Enceinte de Louis XIII
t1 p 193
Construction de la 3ème porte Montmartre de l'enceinte dite des Fossés Jaunes
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Événement
1356
1356 — Porte St Antoine/Enceinte de Charles V
t1 p 224
Construction de la 3ème porte St Antoine, faisant partie de l'enceinte de Charles V
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Événement
1634
1634 — Porte St Honoré/Enceinte de Louis XIII
t1 p 193 & 249
Construction de la 3ème porte St Honoré, élément de l'enceinte de Louis XIII
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Événement
Événement
1602
2 janvier 1602
t1 p 172 & 282
Construction de la pompe de la Samaritaine alimentant le palais du Louvre. Elle sera détruite en 1780
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Événement
1633
1633 — Porte Gaillon/Enceinte de Louis XIII
t1 p 193
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Événement
1643
11 octobre 1643 — Palais Mazarin/Bibliothèque Mazarin
t1 p 200
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Événement
1643
11 octobre 1643 — Palais Mazarin/Bibliothèque Mazarin
t1 p 200
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Événement
1578
31 mai 1578
t1 p 157 & 175
Construction du premier pont de Paris sans maisons ; Henri III pose la première pierre alors qu'il est en deuil de deux de ses mignons, tués en duel ; il sera inauguré en 1603 par Henri IV
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Événement
1313
1313
t1 p 69
Construction du premier quai à Paris à la demande de Philippe le Bel
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Événement
1190
1190 — Château fort du Louvre
t1 p 50 & 52
Construction du “Vieux Louvre” pour protéger l'enceinte vers l'Ouest ; son nom pourrait venir de "lovel", le loup, ou de "lupara", palais royal, ou encore de "lower", place forte en germanique
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Événement
1767
1767 — Halle aux Blés/Bourse du commerce
t1 p 273
Construction majeure à l'époque ; détruite par un incendie en 1802
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Événement
1375
1375 — Chapelle du collège de Dormans-Beauvais
t1 p 87
Construction par Raymond du Temple d'une chapelle aujourd'hui vouée au culte orthodoxe roumain
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Événement
1257
septembre 1257 — Petite Sorbonne/Collège de Calvy ou de Calvi (dont on peut voir le tracé dans la cour de la Sorbonne)
t1 p 60 & 65
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Événement
1670
1670
t1 p 258
Création de l'hospice des Enfants Trouvés, d'abord dans 3 maisons sur l'emplacement de Ste Geneviève des Ardents et St Christophe ; Il est reconstruit en 1746
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Événement
Événement
Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
t1 p 247
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Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
t1 p 247
En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle. La spéculation financière n'attend pas …

En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle.

La spéculation financière n'attend pas les institutions pour exister. Avant 1724, les opérations de bourse se tiennent à Paris dans les rues, les cafés et les galeries couvertes. Les affaires de Law — la banqueroute du Système en 1720, qui avait ruiné des dizaines de milliers de Français et ébranlé la confiance dans les finances du royaume — ont laissé des traces profondes. Le pouvoir veut encadrer, réguler, contrôler.

Le 24 septembre 1724, un arrêt du Conseil du roi crée officiellement la Bourse des valeurs de Paris. Elle s'installe dans les locaux de l'Hôtel de Nevers, rue Vivienne, dans l'actuel 2e arrondissement. L'arrêt institue le monopole des agents de change : seuls des officiers royaux assermentés et nommés par le roi peuvent effectuer des transactions sur les effets publics et les actions de compagnie. Tout opérateur non agréé est un colporteur illégal.

Ce monopole crée immédiatement une caste. Les agents de change sont à la fois fonctionnaires du roi et opérateurs du marché, rémunérés par des commissions sur chaque transaction. Leur nombre est fixé à soixante par l'arrêt fondateur. Ils sont propriétaires de leur charge, qu'ils peuvent revendre à prix d'or. Cette superposition d'une institution publique et d'intérêts privés constitue l'ADN de la finance parisienne pendant deux siècles et demi.

La Révolution suspend la Bourse en 1793, au moment même où la spéculation sur les assignats bat son plein hors de toute institution. Elle réouvre sous le Directoire. Napoléon lui offre son temple : le Palais Brongniart, commandé en 1808, achevé en 1825. Le monopole des agents de change ne sera aboli qu'en 1988, lors de la grande réforme libérale de la Bourse, qui transforme les opérateurs en sociétés commerciales concurrentes. La charge d'agent de change, trois siècles d'aristocratie financière, disparaît alors définitivement.

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Événement
1644
1 janvier 1644 — Salle de Gallois du Mestayer (emplacement de l'entrée)/Salle des Métayers
t1 p 240
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Événement
1707
27 décembre 1707 — Palais abbatial de St Germain (1586)
t1 p 242
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Événement
Événement
1763
18 novembre 1763 — Hôtel de Beauvais (construit avec des pierres provenant du Louvre)
t1 p 283
Demeure de Mozart, alors âgé de 7 ans, avec sa sœur Nannerl et leur père, lors de son premier séjour à Paris pour une tournée européenne.
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Événement
1588
12 mai 1588 — Carrefour St Séverin/Journée des Barricades
t1 p 160
Départ de la Journée des Barricades, qui verra la victoire d'Henri de Guise et la fuite du roi ; 1 200 "barricades" dans Paris ; le vocable est inventé ce jour-là
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Événement
1651
Événement
1594
2 mars 1594 — Couvent des Carmes déchaussés (ou déchaux)
t1 p 168
Le 2 mars 1594, le couvent des Carmes déchaussés accueille l’un des derniers sursauts de la Ligue catholique parisienne, déjà à bout de souffle. À cette date, Henri IV a abjuré à Saint‑Denis (juillet 1593) et a été sacré …

Le 2 mars 1594, le couvent des Carmes déchaussés accueille l’un des derniers sursauts de la Ligue catholique parisienne, déjà à bout de souffle. À cette date, Henri IV a abjuré à Saint‑Denis (juillet 1593) et a été sacré à Chartres en février ; la cause ligueuse se délite, les élites parisiennes négocient, et une partie du clergé commence à se rallier au roi « très chrétien ».

C’est dans ce contexte qu’un ultime rassemblement de ligueurs se tient aux Carmes, plus par inertie et fidélité au vieux mot d’ordre « la Ligue, le roi de Rome et l’Inquisition » que par réelle capacité d’action politique. Les orateurs y dénoncent encore la « fausse conversion » d’Henri IV et appellent à résister, mais le mouvement est miné par les divisions internes, les ralliements successifs et l’usure d’une population lassée de la guerre civile. Quelques semaines plus tard, l’entrée d’Henri IV dans Paris, le 22 mars 1594, scelle de fait la fin de la Ligue : le couvent des Carmes, qui avait servi de cadre à ce dernier baroud d’honneur, ne sera plus qu’un lieu parmi d’autres de la normalisation religieuse et politique de la capitale.

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Événement
1751
Événement
1562
5 avril 1562 — Temple de Popincourt (lieu de culte protestant toléré)
t1 p 142-143
Le 5 avril 1562, la foule détruit le temple protestant de Popincourt, rue Popincourt, aux abords du faubourg Saint-Antoine. C'est l'acte fondateur de la première guerre de religion — la première d'une série de huit qui e …

Le 5 avril 1562, la foule détruit le temple protestant de Popincourt, rue Popincourt, aux abords du faubourg Saint-Antoine. C'est l'acte fondateur de la première guerre de religion — la première d'une série de huit qui ensanglantera la France pendant trente-six ans.

Le temple n'était pas une église à proprement parler — c'était un lieu de culte toléré, établi sur des terres appartenant à la famille Popincourt, à la lisière de Paris. La régente Catherine de Médicis avait accordé aux protestants le droit de se réunir hors des murs de la ville par l'édit de janvier 1562. L'assemblée était nombreuse, plusieurs milliers de fidèles s'y retrouvaient régulièrement.

Six semaines plus tôt, le 1er mars 1562, le duc de Guise et ses hommes avaient massacré à Wassy, en Champagne, une congrégation protestante réunie dans une grange — entre vingt-trois et soixante morts selon les sources, des centaines de blessés. Le massacre de Wassy avait mis le royaume en feu. Les huguenots s'armaient. Le connétable Anne de Montmorency, catholique intransigeant, encourageait la destruction des lieux de culte protestants dans Paris.

Ce 5 avril, la foule catholique parisienne rase le temple de Popincourt. Les protestants en armes occupent Orléans trois semaines plus tard. La guerre commence.

Elle durera jusqu'à l'édit de Nantes en 1598 — avec entre-temps la Saint-Barthélemy, en 1572, qui fera plusieurs milliers de morts à Paris en une seule nuit.

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Événement
1562
5 avril 1562 — Temple de Popincourt (lieu de culte protestant toléré)
t1 p 142-143
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Événement
1302
10 avril 1302 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t1 p 68
Deux premières réunions des états généraux, l'une pour condamner le pape Boniface VIII en conflit avec le roi, l'autre pour décider si les femmes pourraient accéder à la royauté
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
t1 p 288
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
Événement
1565
8 janvier 1565 — Porte St Denis/Enceinte de Charles V
t1 p 145
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Événement
1644
Événement
1644
Événement
1582
1582 — Embarcadère du coche d'eau de Fontainebleau/Cabaret de la Tour d'Argent
t1 p 286-287
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Événement
Événement
1750
23 mai 1750 — Parvis de l'église St Roch
t1 p 260
Émeute contre les enlèvements d'enfants, perçus comme étant perpétrés par la police pour fournir la cour en sang humain ; faux bruit, mais véritable haine des "grands"
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Événement
1775
3 mai 1775 — Quai de la Grève
t1 p 280
Émeute populaire suite à l'augmentation du prix des grains, qui prendra le nom de "Guerre des Farines", devant laquelle les autorités sont impuissantes
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Événement
1571
16 décembre 1571 — Croix des Gastines (pyramide surmontée d'une croix érigée en 1571)
t1 p 149
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Événement
1588
Événement
Événement
1358
31 juillet 1358 — Bastide St Antoine/Chastel St Antoine/Enceinte de Charles V
t1 p 83
La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueu …

La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueurs.

Étienne Marcel était prévôt des marchands de Paris depuis 1355. Dans une France désorganisée par la capture du roi Jean II à Poitiers (1356) et la dévastation des campagnes par les routiers anglais, il avait fait de Paris le centre d'une résistance inattendue : non pas contre les Anglais, mais contre la royauté elle-même. En alliance avec les États généraux, il avait arraché la Grande Ordonnance de mars 1357, qui imposait au Régent un véritable contrôle de ses comptes. Le Régent, le futur Charles V, n'oublierait pas.

La Jacquerie de mai-juin 1358 avait finalement tourné contre Marcel. Les paysans révoltés furent massacrés ; Marcel se retrouva isolé à Paris, sans alliés extérieurs. Pour tenir tête au Régent, il se rapprocha de Charles de Navarre, dit le Mauvais, rival déclaré de la couronne. Alliance risquée, mal assurée.

Dans la nuit du 31 juillet 1358, Marcel fut tué à la porte Saint-Antoine par Jean Maillart, riche marchand parisien, et ses compagnons, Philippe Giffart et Simon Le Paonnier. La version que les chroniqueurs royaux allèrent ensuite imposer est la suivante : Marcel avait conduit un groupe jusqu'à la porte Saint-Denis, puis jusqu'à la porte Saint-Antoine, pour remettre les clefs de la ville aux soldats de Charles de Navarre ; Maillart l'aurait surpris en flagrant délit de trahison et tué pour défendre Paris.

Cette version repose presque entièrement sur des sources rédigées après coup, par des auteurs acquis à la cause royale. Ce que les faits établissent sans ambiguïté : Jean Maillart, partisan résolu du Régent, était prêt à agir ce soir-là. Marcel fut tué. Le Régent entra dans Paris le lendemain.

Trois semaines plus tard, Charles de Navarre signa la paix avec le Régent. La trahison qu'on prêtait à Marcel n'avait donc servi qu'à lui nuire, à lui seul.

Le Régent devint Charles V, dit le Sage. Étienne Marcel entra dans l'histoire comme un traître au service d'un étranger. Il avait porté toute sa vie les couleurs de la prévôté : le rouge et le bleu. Paris les porte encore.

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Événement
1546
3 août 1546
t1 p 131
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
1569
30 juin 1569 — Maison des Cinq croix blanches/Demeure de Philippe de Gastine
t1 p 148
Exécution de Philippe de Gastines pour célébration du culte réformé ; destruction de la maison et construction à sa place d'une pyramide surmontée d'une croix
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Événement
1377
Événement
1314
19 mars 1314
t1 p 69
L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel f …

L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel fait dresser le bûcher.

Les deux hommes qu'on y conduit ont passé sept ans dans les geôles royales. Jacques de Molay, grand maître de l'ordre du Temple, et Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, ont avoué sous la torture les crimes dont on les accuse — hérésie, sodomie, reniement du Christ — puis s'y sont rétractés, puis ont avoué de nouveau, au gré des pressions et des procédures. Leur sort est réglé depuis longtemps. Le pape Clément V a dissous l'ordre au concile de Vienne en 1312. Il ne reste plus qu'à en finir.

Le légat du pape les condamne à la prison perpétuelle. Mais de Molay, à l'énoncé du jugement, fait quelque chose d'inattendu : il se lève et nie tout. Hérésie, trahison, imposture — rien de tout cela n'est vrai. L'ordre du Temple est pur. Geoffroy de Charnay l'imite aussitôt. Les deux hommes viennent de signer leur arrêt de mort en se rétractant une dernière fois.

Philippe IV n'attend pas le lendemain. Le soir même, le bûcher est allumé sur l'île aux Juifs. De Molay y monte, dit-on, avec calme. La légende lui prête une malédiction lancée depuis les flammes contre le roi et le pape, promis à le rejoindre avant l'année. Clément V mourra le 20 avril. Philippe IV le 29 novembre.

Le Temple, dont la puissance financière et militaire avait inquiété les têtes couronnées d'Europe, disparaît avec ses derniers chefs. Ses archives sont dispersées, ses commanderies confisquées, ses membres absous ou condamnés selon les royaumes. Sur l'île aux Juifs, il ne reste que des cendres.

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Événement
1636
1636 — Vieille porte du Roule/Fausse porte St Honoré/Enceinte de Louis XIII
t1 p 193
Il s'agissait en réalité de la barrière du Roule ou vieille Porte du Roule, qui ne faisait pas partie de l'enceinte de Louis XIII.
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Événement
1691
1691 — Première École de Chirurgie/Confrérie des Barbiers-Chirurgiens (fondée en 1655)
t1 p 61
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Événement
Date imprécise — Guinguette "Le Grand Salon"
t1 p 265
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Événement
1579
1 janvier 1579 — Couvent des Grands Augustins
t1 p 157
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Événement
Date imprécise
t1 p 228
Île utilisée comme lieu de duels, puis cimetière pour malades contagieux et pour les huguenots massacrés pendant la Saint Barthélemy ; on suppose qu'y fut construit l'éphémère hôpital de Grenelle
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Événement
1781
Événement
1770
31 mai 1770 — Cimetière de la Madeleine
t1 p 274
Inhumation des victimes de la panique provoquée par un incendie, lors des fêtes du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette, qui fit 132 morts. Certains y virent un funeste présage...
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Événement
1718
1718 — Hôtel de Beaufort/Banque de Law
t1 p 247
Installation de la banque générale de John Law, expert en agiotage ; l'Hôtel deviendra par la suite un bordel ; un lieu décidément voué à des activités peu honorables
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Événement
1472
1472 — Première faculté de Médecine à Paris
t1 p 110
Installation de la faculté de Médecine, fondée en 1331 suite à une injonction papale datant de 1163 interdisant au clergé d'étudier la médecine sous peine d'excommunication. L'amphithéâtre est de 1604
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Événement
1472
1472 — Première faculté de Médecine à Paris
t1 p 110
Installation de la faculté de Médecine, fondée en 1331 suite à une injonction papale datant de 1163 interdisant au clergé d'étudier la médecine sous peine d'excommunication. L'amphithéâtre est de 1604
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Événement
1580
1580 — Hôtel de La Rochepot/Église St Paul-St Louis
t1 p 199
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Événement
Événement
1199
Événement
1794
28 juillet 1794 — Hôtel des Barres/Hôtel de Charny
t1 p 279
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Événement
1429
8 septembre 1429 — Porte St Honoré/Enceinte de Charles V
t1 p 102 & 163
Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les …

Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les Anglais; le duc de Bedford, régent du roi Henri VI, en a fait le coeur du dispositif anglais en France. Depuis la victoire d'Orléans en mai et le sacre de Charles VII à Reims en juillet, Jeanne pousse vers la capitale; le roi la suit de loin, prudent, réticent.

Le 7 septembre, elle a campé à Monceau, village situé à l'emplacement de l'actuelle place de Lévis dans le 17e arrondissement. Le 8 au matin, accompagnée du duc d'Alençon, de Gilles de Rais et du maréchal de Boussac, elle porte ses troupes devant la porte Saint-Honoré, à l'emplacement approximatif de l'actuelle rue de l'Échelle. Des couleuvrines ont été installées sur la butte Saint-Roch pour appuyer l'assaut. Les fossés remplis d'eau qui protègent la porte sont larges et profonds; pour en mesurer la praticabilité, Jeanne s'avance elle-même jusqu'au bord et sonde la profondeur avec sa lance.

C'est là qu'un carreau d'arbalète la frappe à la cuisse. Elle refuse d'abord d'être emportée, continue d'exhorter ses troupes, ordonne de poursuivre l'assaut. Son porte-étendard est tué à ses côtés. Ce n'est qu'à la tombée du soir que ses capitaines la contraignent à se retirer; elle est soignée à la maison à l'enseigne des Genêts, près de l'actuelle place André Malraux, puis Gilles de Rais la ramène dans la nuit au village de La Chapelle, au nord de Paris, où elle avait établi son quartier général.

Le lendemain, Charles VII ordonne la retraite. Il refuse de recommencer l'assaut et rappelle ses troupes vers la Loire, faisant détruire le pont de bateaux pour ne pas laisser à Jeanne la possibilité d'agir seule. L'occasion de reprendre Paris est perdue. Jeanne, clouée au lit par sa blessure, ne peut qu'obéir au roi qu'elle a sacré deux mois plus tôt.

Paris restera sous domination anglaise et bourguignonne jusqu'en 1436, sept longues années après la blessure de la porte Saint-Honoré. Ce délai, Charles VII le devait à sa propre timidité. Il en fallait un peu moins pour comprendre ce que la prudence d'un roi peut coûter à ceux qui se battent pour lui.

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Événement
1572
Événement
1357
7 juillet 1357
t1 p 80
Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison. Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridicti …

Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridiction municipale dans la Maison aux Piliers, sur la place de Grève. Le bâtiment doit son nom à ses arcades au rez-de-chaussée. Il devient la première Maison Commune de Paris — ancêtre direct de ce qui sera l'Hôtel de Ville.

L'acte est banal en apparence. Il ne l'est pas. Depuis le milieu du XIIIe siècle, le prévôt des marchands siégeait au parloir aux bourgeois — un bâtiment discret, dont les pouvoirs restaient strictement encadrés par la couronne. En acquérant la Maison aux Piliers au nom de la municipalité, Marcel transforme une institution de commodité en une institution de pouvoir, enracinée dans la pierre, au cœur de la ville.

Paris en juillet 1357 est une ville en crise. Le roi Jean II le Bon, capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers en septembre 1356, est prisonnier à Londres. La rançon — quatre millions d'écus — exige des impôts massifs. Les grandes compagnies de mercenaires démobilisés pillent les campagnes. Le dauphin Charles, dix-huit ans, assure une régence fragile. C'est dans ce vide politique qu'Étienne Marcel a trouvé sa place.

Prévôt des marchands depuis 1354, drapier de son état, Marcel n'est pas un révolutionnaire au sens moderne. Il cherche à instaurer une monarchie contrôlée — un régime où les états généraux superviseraient les finances royales, nommeraient et révoqueraient les conseillers du roi. En mars 1357, il obtient la promulgation de la Grande Ordonnance, vaste plan de réforme administrative. L'installation dans la Maison aux Piliers, quatre mois plus tard, est son acte institutionnel le plus durable.

La place de Grève n'est pas un lieu quelconque : c'est là que la Seine dépose ses sables, là que les bateliers et les journaliers s'assemblent chaque matin pour offrir leurs bras, là que le bois et le blé arrivent dans Paris. C'est le poumon économique de la ville. Marcel le sait.

Sa chute est à la hauteur de son ambition. Le 22 février 1358, ses hommes assassinent deux maréchaux devant le dauphin, le couvrent de leur sang et lui font coiffer le chaperon rouge et bleu des couleurs de Paris. L'affrontement avec la couronne devient inévitable. Marcel s'allie successivement à la Jacquerie paysanne, à Charles de Navarre et aux mercenaires anglais — perdant chaque fois une partie de la rue parisienne. Le 31 juillet 1358, l'échevin Jean Maillard rassemble les bourgeois contre lui. Étienne Marcel est massacré à la porte Saint-Antoine, ses clefs en main.

La Maison aux Piliers lui survit cent soixante-seize ans. Elle tombe en ruines au XVIe siècle. En 1529, François Ier accepte de la remplacer par un palais municipal de style Renaissance, dessiné par l'architecte italien Boccador. La première pierre est posée en 1533. C'est ce bâtiment — agrandi, remanié, incendié par la Commune en 1871 et reconstruit sous la IIIe République — qui occupe aujourd'hui la même place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville.

Charles V, traumatisé par la journée du 22 février 1358 au cours de laquelle Marcel l'avait couvert du sang de ses conseillers, fit ériger la Bastille pour couvrir la porte Saint-Antoine — exactement là où Marcel avait été tué — et s'assurer une retraite vers Vincennes en cas de nouvelle insurrection parisienne.

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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (dépendance du couvent des Jacobins)/Municipalité de Paris
t1 p 60
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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (à cheval sur l'enceinte de Charles V)/Municipalité de Paris
t1 p 60
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Événement
1763
1763 — Palais des Tuileries/Salle des Machines/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la quatrième)
t1 p 266 & 274
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Événement
1918
29 mars 1918 — Église St Gervais-St Protais/Bombardement aérien de la première guerre mondiale
t1 p 279
La chute d'un obus allemand de la "Grosse Bertha" fait 200 victimes, dont 91 morts, surtout des femmes et des enfants ; le poète Saint-Pol Roux en réchappe. Le 29 mars 1918 est un Vendredi saint. À l'église Saint-Gervais …

La chute d'un obus allemand de la "Grosse Bertha" fait 200 victimes, dont 91 morts, surtout des femmes et des enfants ; le poète Saint-Pol Roux en réchappe.

Le 29 mars 1918 est un Vendredi saint. À l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, rue des Barres, l'office de l'après-midi bat son plein. Des centaines de fidèles sont rassemblés sous les voûtes gothiques — en majorité des femmes et des enfants, les hommes étant au front.

À 16h30, un obus de la Grosse Bertha frappe la clé de voûte de la nef. La pierre s'effondre sur l'assemblée. On dénombre 91 morts et plus de 200 blessés. C'est le bilan le plus lourd d'un seul obus dans tout le bombardement de Paris.

Six jours plus tôt, le 23 mars, les premiers obus avaient surpris la ville. Paris avait appris depuis à se méfier, à ne pas s'attarder dans les lieux publics, à guetter le son de la sirène. Mais on ne ferme pas une église le Vendredi saint.

Le poète symboliste Saint-Pol Roux se trouvait dans l'église ce jour-là. Il en réchappa. Dans ses carnets, il décrit la stupeur des survivants, la poussière blanche qui recouvre tout, les corps sous les pierres. Ce n'est pas la guerre telle qu'il l'avait imaginée — pas de tranchées, pas de champ de bataille. Un lieu de prière, un jour saint, un obus tiré depuis une forêt à 120 kilomètres.

L'église Saint-Gervais fut restaurée après la guerre. Une plaque commémorative rappelle le drame. La voûte reconstruite porte encore, si l'on sait regarder, les cicatrices du 29 mars 1918.

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Événement
1655
1655 — École de Médecine (amphithéâtre anatomique)/Confrérie des chirurgiens de St Côme
t1 p 61
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Événement
1572
24 août 1572 — Porte de Buci/Petite Genève/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 150
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Événement
1561
28 décembre 1561 — Maison des Patriarches (lieu de culte protestant toléré)/Tumulte de St Médard/Vacarme de St Médard
t1 p 142-143
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Événement
1770
30 mai 1770
t1 p 274
La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains... Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des f …

La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains...

Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des festivités organisées pour célébrer le mariage du dauphin Louis-Auguste (futur Louis XVI) et de Marie-Antoinette d’Autriche. Un grand feu d’artifice est tiré sur la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), conçu notamment par le pyrotechnicien Petronio Ruggieri. Lors du bouquet final, une fusée dévie et provoque un incendie, embrasant la structure centrale, le Temple de l’Hymen, et la paille disposée pour le spectacle.

La panique s’empare de la foule, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes. Beaucoup cherchent à fuir par la rue Royale, alors étroite et encombrée de carrosses et de fossés dus à des travaux. La bousculade devient meurtrière : 132 morts sont officiellement recensés, principalement écrasés ou piétinés, et plusieurs centaines de blessés. Les victimes sont inhumées au cimetière de la Madeleine. Cet événement, survenu sous le règne de Louis XV, est perçu par certains contemporains comme un mauvais présage pour le nouveau couple royal.

Sources

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Événement
1572
30 juin 1572 — Hôtel de Ponthieu/Demeure de Gaspard de Coligny
t1 p 149
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Événement
1671
1671 — Vestiges de la Porte Saint-Antoine
t1 p 204
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Événement
1792
11 août 1792
t1 p 272
La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris. Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 a …

La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris.

Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 août la défit dans l'espace de la ville.

Dans les heures qui suivirent la prise des Tuileries, les insurgés s'attaquèrent systématiquement aux statues royales qui ornaient les grandes places. Place de la Concorde, rebaptisée "place de la Révolution" ce même jour, la statue équestre de Louis XV, oeuvre de Bouchardon et Pigalle, fut abattue : elle serait remplacée par une statue de la Liberté. Place des Victoires, la statue de Louis XIV fut renversée et envoyée à la fonte pour y fabriquer des canons. Son socle portait les représentations symboliques de l'Allemagne, de l'Espagne, de la Hollande et du Piémont vaincus sous le Roi-Soleil : toutes ces gloires furent fondues avec lui. Une seconde statue de Louis XIV disparut le même jour place Vendôme. Place des Vosges, la statue équestre de Louis XIII, en bronze depuis 1639, fut détruite. Pont Neuf, la statue d'Henri IV fut abattue à son tour.

En quelques heures, Paris vidait ses places publiques d'un siècle et demi de statuaire royale. Le mouvement n'était pas coordonné depuis un centre : il était simultané, dans plusieurs quartiers à la fois, conduit par des groupes d'insurgés, de fédérés et de sans-culottes agissant de leur propre initiative.

Ces destructions n'étaient pas un accident. La statue royale, depuis Louis XIV, était un instrument politique précis : elle occupait l'espace public pour y affirmer la permanence et la gloire d'un pouvoir personnel qui se voulait l'État même. L'abattre, c'était prendre l'espace, retirer à la monarchie sa présence visible dans la ville. La République n'était pas encore proclamée, mais elle commençait à occuper le terrain.

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Événement
1615
1615 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne
t1 p 192 & 226
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Événement
1733
1733 — Cabaret de Magny/Cabaret de la Grande Pinte/Cabaret des Porcherons
t1 p 265
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Événement
1572
24 août 1572 — Massacre de la St Barthélemy
t1 p 150
Le duc de la Force, compagnon d'Henri IV alors enfant, échappe à la St Barthélemy
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Événement
1773
22 octobre 1773 — Folie Titon (propriété du duc de Chartres construite en 1673)
t1 p 278
Le futur Philippe Égalité est intronisé grand maître de la Grande Loge de France
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Événement
1314
1314 — Parvis de Notre-Dame
t1 p 69
Le Grand maître du Temple et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux, arrachés sous la torture
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Événement
1633
21 février 1633 — Jardin des Plantes
t1 p 193-194
Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, desti …

Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes

En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, destiné d’abord à fournir des plantes aux apothicaires et à l’enseignement de la médecine. Confié au médecin‑botaniste Guy de La Brosse, ce jardin s’inscrit dans un double projet : renforcer le prestige scientifique de la monarchie et encadrer plus strictement la pratique pharmaceutique, en imposant des drogues « bien identifiées » et contrôlées.

Aménagé hors les murs, sur des terres encore en partie maraîchères, le jardin rassemble progressivement collections de simples, parterres d’acclimatation, serres et un petit cabinet de curiosités naturelles. On y expérimente, on y classe, on y enseigne, dans un esprit encore très marqué par la médecine galénique, mais déjà ouvert à une observation plus systématique des végétaux.

Le 21 février 1633, puis surtout avec les lettres patentes de 1635, l’institution change de dimension : le Jardin Royal des herbes médicinales devient véritablement le Jardin des Plantes, lieu d’étude de l’histoire naturelle au sens large. Le monopole des seuls usages médicinaux recule au profit d’un champ plus vaste où botanique, anatomie comparée et, plus tard, zoologie trouvent leur place.

Ce glissement, voulu par La Brosse et entériné par la monarchie, prépare ce que deviendra, au fil des siècles, le grand établissement scientifique du faubourg Saint‑Victor : un espace où se rencontrent médecine, botanique, exploration du monde et curiosité populaire, bien avant la création officielle du Muséum national d’Histoire naturelle à la Révolution.

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Événement
1787
1 octobre 1787
t1 p 296
Le ministre Calonne, contrôleur général des finances, condamné symboliquement par la Basoche, est brûlé en effigie
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Événement
1783
21 novembre 1783
t1 p 288
Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arl …

Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arlandes.WebHome]], à bord d’un ballon à air chaud conçu par [[Joseph|doc:joseph-de-montgolfier.WebHome]] et [[Jacques-Étienne Montgolfier|doc:jacques-etienne-montgolfier.WebHome]], décollent du château de la Muette. Le ballon, d’un volume d’environ 2 200 à 2 800 m³, est chauffé par un foyer alimenté en paille et en laine. Après un vol d’environ 20 à 25 minutes, couvrant près de 9 à 10 kilomètres et atteignant une altitude d’environ 900 à 1 000 mètres, ils atterrissent sans encombre sur la [[Butte aux Cailles|doc:rue-de-la-butte-aux-cailles.WebHome]], marquant la première traversée aérienne humaine de l’histoire. Cet exploit, réalisé devant des membres de l’Académie des sciences et de nombreux témoins, consacre la montgolfière comme la première machine volante capable de transporter des personnes, ouvrant la voie à l’aérostation.

Sources

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Événement
1716
18 mai 1716 — Salle de l'Opéra de Paris (la troisième)/Académie royale de Musique
t1 p 244
Les Italiens font un retour triomphal à l'Opéra du Palais Royal
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Événement
1589
30 janvier 1589 — Palais de Justice/Cour du Mai
t1 p 161
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Événement
1561
27 décembre 1561 — Église St Médard/Tumulte de St Médard/Vacarme de St Médard
t1 p 142-143
Les protestants pénètrent dans l'église pour perturber la messe en riposte à une provocation des catholiques
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Événement
1561
27 décembre 1561 — Église St Médard/Tumulte de St Médard/Vacarme de St Médard
t1 p 142-143
Les protestants pénètrent dans l'église pour perturber la messe en riposte à une provocation des catholiques
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Événement
1617
24 avril 1617 — Cour carrée du Louvre (partie Sud-Est)/Pont-levis à l'entrée du vieux Louvre
t1 p 185
Un roi de quinze ans fait tuer le favori de sa mère à l'entrée de son propre palais. Le peuple de Paris achèvera le travail. Le lundi 24 avril 1617, vers dix heures du matin, Concino Concini, marquis d'Ancre et maréchal …

Un roi de quinze ans fait tuer le favori de sa mère à l'entrée de son propre palais. Le peuple de Paris achèvera le travail.

Le lundi 24 avril 1617, vers dix heures du matin, Concino Concini, marquis d'Ancre et maréchal de France, franchit le pont-levis du Louvre par la porte sud-est. Il rentre d'une promenade et lit distraitement une lettre. Le baron de Vitry, Nicolas de L'Hospital, capitaine des gardes du corps, l'attend avec une poignée d'hommes. Il le saisit par le bras : « De par le roi, je vous arrête. » Concini porte la main à la garde de son épée. Trois coups de pistolet claquent. Le maréchal s'effondre sur le pont, la tête en sang.

Au premier étage du Louvre, Louis XIII attend. Il a quinze ans. Il a ordonné le coup. Quand on vient lui annoncer que Concini est mort, il s'écrie — selon la légende soigneusement construite — : « Grand merci à vous ! À cette heure, je suis roi. » Puis il se montre à la fenêtre, et les gardes crient : « Vive le roi ! »

Le Florentin Concini est un aventurier florentin arrivé en France dans les bagages de Marie de Médicis en 1600. Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, la régente en fait son homme de confiance. Les charges et les honneurs pleuvent : gouverneur de Normandie, puis de Picardie, marquis d'Ancre, maréchal de France en 1613 — sans avoir jamais commandé un régiment. Sa femme Leonora Galigaï, sœur de lait de la reine, exerce sur Marie de Médicis un ascendant que Paris attribue à la sorcellerie.

L'arrogance du favori exaspère la noblesse française. Les princes du sang se révoltent, négocient, se soumettent, se révoltent encore. Le jeune Louis XIII, tenu à l'écart du pouvoir par sa propre mère, ronge son frein. Autour de lui, un petit cercle de fidèles — Vitry, Déageant, le duc de Luynes — prépare le coup. Le roi donne l'ordre : arrêter Concini, et s'il résiste, le tuer. Personne ne doute de l'issue.

Louis XIII a quinze ans. En ordonnant la mort de Concini, il prend le pouvoir d'un coup, sans effusion de sang — du moins dans la cour du Louvre. Car dans les rues de Paris, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre et le peuple exulte. L'homme le plus haï de la capitale est mort. On tire des coups de feu en l'air, on allume des feux de joie. Le soir même, le corps est transporté en secret et enterré à la hâte dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Précaution inutile : dès le lendemain, la foule ira le déterrer.

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Événement
1358
22 février 1358 — Prieuré St Éloi (ex abbaye St Martial)
t1 p 81
Lieu de réunion des bourgeois parisiens d'où partit l'insurrection contre le Dauphin
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Événement
1358
22 février 1358 — Prieuré St Éloi (ex abbaye St Martial)
t1 p 81
Le 22 février 1358, Paris bascule. Depuis des mois, la ville gronde : [[guerre de Cent Ans|doc:guerre-de-cent-ans.WebHome]], rançon du roi Jean le Bon prisonnier en Angleterre, impôts écrasants, disette. Au cœur de cette …

Le 22 février 1358, Paris bascule. Depuis des mois, la ville gronde : [[guerre de Cent Ans|doc:guerre-de-cent-ans.WebHome]], rançon du roi Jean le Bon prisonnier en Angleterre, impôts écrasants, disette. Au cœur de cette crise, le prévôt des marchands [[Étienne Marcel|doc:etienne-marcel.WebHome]] prend la tête d’une opposition bourgeoise au dauphin Charles, futur [[Charles V|doc:charles-v-le-sage.WebHome]], soupçonné de protéger les grands seigneurs et de faire payer au « menu peuple » le prix de la défaite.

Ce jour‑là, les représentants des métiers et des quartiers se rassemblent près du Palais de la Cité, autour du prieuré Saint‑Éloi / Saint‑Martial, qui sert de point de rencontre aux notables parisiens. De là part la colonne des bourgeois en armes, reconnaissables à leurs chaperons aux couleurs de la ville. Ils pénètrent dans le Palais, forcent l’accès au dauphin et font irruption dans la salle où se tient le conseil.

La scène est brutale : sous la pression de Marcel et des siens, deux proches du prince, les maréchaux de Champagne et de Normandie, sont massacrés sous ses yeux. Le dauphin, terrorisé, est contraint d’endosser le chaperon parisien, signe de sa soumission momentanée à la ville insurgée. Pour Marcel et ses partisans, il s’agit de briser l’entourage jugé coupable de la banqueroute du royaume et d’imposer une monarchie contrôlée par les États et par la capitale.

Cette journée marque l’apogée mais aussi le début de la chute d’Étienne Marcel. En s’attaquant directement au dauphin et à son conseil, il franchit un seuil que beaucoup de Parisiens hésiteront ensuite à assumer. Quelques mois plus tard, le retournement d’alliance et l’assassinat de Marcel aux portes de Paris mettront fin à cette première révolution urbaine manquée.

[L’église Saint‑Martial n'existant plus, l'emplacement est approximatif; on mentionne aussi 3 boulevard du Palais]

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Événement
1787
1787 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris (salle laissée vacante après son départ rue Ste Avoie)
t1 p 283
Lieu de réunions de la loge maçonnique des Neuf-Sœurs, référence aux 9 muses
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Événement
1393
28 janvier 1393 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
t1 p 91
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Événement
1393
28 janvier 1393 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
t1 p 91
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Événement
Événement
1648
15 janvier 1648 — Grand'Chambre du Parlement de Paris/Palais de Justice
t1 p 203
Lit de justice qui détermina le début de la Fronde parlementaire
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Événement
1338
1338 — Réfectoire du collège des Bernardins (architecture cistercienne)
t1 p 58
Logis du Pape, vestige médiéval du collège des Bernardins, fondé en 1244
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Événement
1655
13 avril 1655 — Grand'Chambre du Parlement de Paris/Palais de Justice
t1 p 217
Louis XIV musèle le Parlement lors d'une séance dite "de la flagellation"
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Événement
Événement
1561
28 décembre 1561 — Maison des Patriarches (lieu de culte protestant toléré)
t1 p 142-143
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Événement
1788
28 août 1788
t1 p 296 & 299
Manifestation contre le ministre Brienne, qui est brûlé en effigie ; Biron fait ouvrir le feu ; Louis XVI doit rappeler Necker
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Événement
1634
1634 — Manufacture royale des glaces/Manufacture des glaces à miroirs
t1 p 223
Manufacture royale des glaces, concurrente de Venise, transférée ensuite à St Gobain
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Événement
1418
12 juin 1418 — Grange St Éloi (transformée en prison)
t1 p 98
Massacre des Armagnacs capturés à l'entrée des Bourguignons dans Paris. Villiers de l'Isle-Adam et Guy de Bar tentent en vain de s'interposer
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Événement
1358
22 février 1358 — Palais des rois capétiens/Palais de Justice/Conciergerie
t1 p 81-82
Massacre des conseillers du dauphin par les hommes d'Étienne Marcel. Étienne Marcel coiffe le Dauphin du chaperon rouge et bleu
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Événement
1673
17 février 1673 — Théâtre du Petit Cardinal (créé par Richelieu en 1639)
t1 p 199 & 240
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Événement
Date imprécise — Collège de Clermont/Lycée Louis-le-Grand
t1 p 233
Molière, Chapelle, Pierre Gassendi, Voltaire, Sade, font leurs études à Louis-le-Grand, collège tenu par les jésuites
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Événement
1662
19 août 1662 — Maison à l'enseigne du Lion d'Or/Demeure de Blaise Pascal (chez sa sœur)
t1 p 220
Quelqu'un déchire la doublure d'un vêtement et trouve un parchemin cousu là depuis huit ans. Blaise Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand. À seize ans, il avait rédigé un Essai sur les coniques qui stupéfia le …

Quelqu'un déchire la doublure d'un vêtement et trouve un parchemin cousu là depuis huit ans.

Blaise Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand. À seize ans, il avait rédigé un Essai sur les coniques qui stupéfia les mathématiciens. À dix-neuf ans, il construisit la Pascaline, première machine à calculer mécanique. À vingt-trois ans, il conduisit les expériences de Torricelli sur la pression atmosphérique et démontra l'existence du vide contre les aristotéliciens. À trente-neuf ans, il mourait dans la maison de sa sœur Gilberte Périer, au 67 rue du Cardinal Lemoine, dans le 5e arrondissement, après des semaines d'agonie.

L'autre Pascal, celui des Pensées et des Provinciales, avait commencé le soir du 23 novembre 1654. Ce soir-là, entre dix heures et minuit, il connut ce qu'il appellera simplement dans ses notes : « Feu. » Une expérience mystique dont il rédigea immédiatement le compte rendu sur un parchemin, qu'il transcrivit ensuite sur du papier, et qu'il cousit dans la doublure de son manteau pour le porter sur lui jusqu'à la mort. Ce parchemin, le « Mémorial », ne fut découvert qu'après son décès : ses serviteurs, dépliant ses habits, sentirent quelque chose de dur dans la doublure. Il commençait par le mot : « FEUX. »

À partir de cette nuit de 1654, Pascal abandonna progressivement les sciences et se consacra à la polémique religieuse et à la réflexion sur la condition humaine. Les Provinciales (1656-1657), dix-huit lettres satiriques contre la casuistique des jésuites, furent l'une des œuvres de prose française les plus lues du siècle. Les Pensées, fragments d'une apologétique du christianisme jamais achevée, furent publiées après sa mort : elles comptent parmi les grandes œuvres de la philosophie française.

Pascal est mort à trente-neuf ans. Les médecins avaient identifié une « vapeur » au cerveau, probablement un cancer ou une méningite tuberculeuse. Il était épuisé, douloureux, mais lucide. Il refusa les secours religieux pour lui-même tant qu'un pauvre n'en aurait pas bénéficié d'abord. La nuit du 18 au 19 août 1662, il dit : « Que Dieu ne m'abandonne jamais. » Il mourut quelques heures plus tard.

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Événement
1683
6 octobre 1683 — Hôtel Vanel/Demeure de Jean-Baptiste Colbert
t1 p 233
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Événement
1684
1 octobre 1684 — Demeure de Pierre Corneille (en 1682)
t1 p 233
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Événement
Date imprécise — Moulin de la Monnaie/Moulin à eau
t1 p 162-163
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Événement
1781
11 décembre 1781
t1 p 284
Le 11 décembre 1781, [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] ouvre un musée scientifique dans le quartier du Marais à Paris, où il réalise des expériences de physique et propose de …

Le 11 décembre 1781, [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] ouvre un musée scientifique dans le quartier du Marais à Paris, où il réalise des expériences de physique et propose des démonstrations à un public composé notamment de nobles. Ce musée, d'abord situé [[rue St-Avoye|doc:passage-sainte-avoie.WebHome]] puis transféré [[rue de Valois|doc:rue-de-valois.WebHome]], est une institution privée d'enseignement supérieur qui attire rapidement un large public et des membres éminents du monde académique. Pilâtre de Rozier y mène des recherches sur les gaz et invente notamment un respirateur. En 1785, [[Jean-François Cailhava de L'Estandoux|doc:jean-francois-cailhava-de-l-estandoux.WebHome]] reprend la direction et les activités du musée, alors situé [[rue Dauphine|doc:rue-dauphine.WebHome]]. Parmi les personnalités associées à cette période figurent également [[Joseph|doc:joseph-de-montgolfier.WebHome]] et [[Jacques-Étienne Montgolfier|doc:jacques-etienne-montgolfier.WebHome]], pionniers de l’aérostation, avec lesquels Pilâtre de Rozier collabore lors des premières expériences de vol en ballon.

Sources

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Événement
1675
16 janvier 1675 — Demeure de Louis de Rouvroy de Saint-Simon
t1 p 228
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Événement
558
décembre 558
t1 p 27
Nécropole des rois mérovingiens où se trouvait le plus vieux gisant conservé aujourd'hui à St Denis
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Événement
1465
9 septembre 1465 — Porte St Antoine/Enceinte de Charles V
t1 p 109
Négociation du roi avec la Ligue du bien public et les bourguignons
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Événement
1788
16 septembre 1788
t1 p 299
Nouvelle émeute sur le Pont Neuf ; la répression fait plusieurs morts ; prémices de la Révolution française
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Événement
1407
24 novembre 1407 — Église du couvent des Célestins
t1 p 93
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Événement
1407
24 novembre 1407 — Église du couvent des Célestins
t1 p 93
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Événement
1680
1680 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne/Salle des Confrères de la Passion (reconstruite en 1548)
t1 p 192 & 230
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Événement
1763
20 juin 1763
t1 p 272
Pancarte : "Les Vertus sont à pied, le Vice est à cheval"
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Événement
1647
23 septembre 1647 — Hôtel de Roannès ou Roannez
t1 p 202
Pascal présente sa machine arithmétique chez son ami le duc de Roannès
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Événement
1634
1634
t1 p 238
Péage d'un double tournois pour les cavaliers ayant donné son nom au pont
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Événement
1275
1275 — Pilori de l'abbaye de St Germain des prés
t1 p 65 & 84
Pilori des abbés de St Germain des Prés qui avaient droit de basse et de haute justice
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Événement
1631
30 mai 1631 — Plaque "Au Grand Coq"/Siège du journal "La Gazette de France"
t1 p 193
Plaque délocalisée, le bureau d'adresses de la Gazette étant en fait rue de la Calandre. Il faisait également office de dispensaire
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Événement
Date imprécise — Théâtre du Boudoir des Muses
t1 p 240
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Événement
Date imprécise — Théâtre du Boudoir des Muses
t1 p 240
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Événement
1648
27 août 1648
t1 p 205
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1648
27 août 1648
t1 p 205
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1209
1209 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte Papale/Porte Ste Geneviève (murée en 1556 lors du creusement d'un fossé)
t1 p 315
Porte de l'enceinte de Philippe Auguste modifiée sous Charles V, puis à nouveau remaniée
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Événement
1593
1593
t1 p 136 & 193
Porte de la Conférence de l'enceinte de Louis XIII, ainsi nommée en souvenir de la première négociation entre Henri IV et la Ligue ; plan sur le mur de la terrasse du Bord de l'Eau
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Événement
1370
22 avril 1370 — Forteresse de la Bastille
t1 p 87
Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite. Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrag …

Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite.

Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrage fortifié à la porte Saint-Antoine, sur l'ordre de Charles V le Sage. La guerre de Cent Ans ravage le royaume. Les Anglais tiennent Calais et menacent Paris. Douze ans plus tôt, la révolte d'Étienne Marcel a montré que la capitale pouvait se retourner contre son roi — Charles V, alors dauphin, a failli y laisser la vie. Le nouveau souverain veut une ville close et docile. Il fait renforcer l'enceinte, creuser des fossés, et confie à Aubriot le soin de verrouiller l'accès oriental de Paris, le plus vulnérable.

Au départ, la Bastille n'est qu'une simple bastide — deux tours massives encadrant une porte, un verrou de pierre sur la route de Vincennes. Mais le chantier ne s'arrête pas là. On ajoute deux tours en arrière, puis deux au nord, deux au sud. Le rectangle se ferme. Quand les travaux s'achèvent, vers 1382-1383, sous le règne de Charles VI, la Bastille est une forteresse de huit tours reliées par des courtines, entourée de fossés profonds. Elle n'a jamais été conçue comme prison — c'est un bastion militaire, une porte fortifiée dans l'enceinte de la ville. La prison viendra plus tard, par glissement d'usage.

Le prévôt bâtisseur Aubriot n'est pas seulement le maçon de la Bastille. C'est un administrateur hors pair, nommé par Charles V en 1367 pour reprendre en main une ville turbulente. Il fait paver des rues, construire les premiers égouts maçonnés de Paris, réorganise le guet royal, achève le Petit-Pont en pierre. C'est aussi un laïc convaincu, qui résiste aux empiétements de l'Université et de l'Église sur la juridiction royale — et un protecteur des juifs de Paris, qu'il défend contre les violences populaires, allant jusqu'à faire restituer à des familles juives leurs enfants enlevés pour être baptisés de force.

Le premier prisonnier Charles V meurt le 16 septembre 1380. Aubriot perd son protecteur. L'Université et l'évêché, qui le haïssent, passent à l'attaque. Le procès est instruit par l'officialité épiscopale : hérésie, sodomie, protection des juifs — un cocktail de charges qui relève autant de la vengeance que de la justice. Le 17 mai 1381, Aubriot est conduit sur un échafaud dressé devant le portail de Notre-Dame, contraint de s'agenouiller devant l'évêque et condamné à la prison perpétuelle « au pain de tristesse et à l'eau de douleur ». On l'enferme dans la forteresse qu'il a bâtie de ses mains.

Il n'y reste pas longtemps. Le 1er mars 1382, les Maillotins — artisans et petit peuple de Paris révoltés contre les taxes — enfoncent les portes de la Bastille et libèrent Aubriot, espérant en faire leur chef. L'ancien prévôt, qui a compris que Paris ne pardonne jamais deux fois, s'enfuit dans la nuit vers la Bourgogne. On perd sa trace. Il meurt probablement peu après, oublié de tous.

La Bastille, elle, vivra encore quatre siècles — jusqu'à ce qu'un autre 14 juillet vienne l'abattre.

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Événement
1589
1589
t1 p 165
Position d'une batterie de canons d'Henri de Navarre qui assiège Paris
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Événement
1786
1786 — Pavillon de Chartres/Rotonde de Chartres/Parc Monceau
t1 p 276-277
Poste d'observation du mur des Fermiers généraux transformé en salon, lieu des parties fines de Philippe d'Orléans, futur Philippe Égalité
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Événement
1171
1171
t1 p 49
Premier collège à Paris hébergeant des étudiants en contrepartie de services religieux
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Événement
1139
1139 — Maison des Templiers/Le Vieux Temple
t1 p 46
Premier établissement à Paris de l'ordre des Templiers, fondé à Jérusalem en 1118 ; la date de leur installation à Paris est incertaine : 1132, 1139, 1152...
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Événement
1139
1139 — Maison des Templiers/Le Vieux Temple/Hôtel des Garnisons
t1 p 46
Premier établissement des Templiers à Paris ; il s'étendait jusqu'à la rue de Lobau ; la date de leur installation à Paris est incertaine : 1132, 1139, 1152...
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Événement
1643
18 mai 1643 — Grand'Chambre du Parlement de Paris/Palais de Justice
t1 p 200
Premier lit de justice de Louis XIV ; le testament de Louis XIII est cassé
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Événement
1523
8 août 1523 — Marché aux pourceaux
t1 p 122
Il avait la langue coupée. Il ne pouvait plus réciter les prières que ses juges exigeaient de lui. On le brûla quand même. Le 8 août 1523, au Marché aux pourceaux, à l'angle de la rue de l'Échelle et de la rue Saint-Hono …

Il avait la langue coupée. Il ne pouvait plus réciter les prières que ses juges exigeaient de lui. On le brûla quand même.

Le 8 août 1523, au Marché aux pourceaux, à l'angle de la rue de l'Échelle et de la rue Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement, un moine augustinien du nom d'Augustin Vallière fut brûlé vif. Avant l'exécution, on lui coupa la langue. C'était la procédure habituelle pour les hérétiques condamnés par le Parlement : priver le condamné de parole pour qu'il ne puisse ni haranguer la foule ni proférer des blasphèmes au moment de mourir.

Vallière avait été touché par les idées de Luther, diffusées en France depuis 1517. Franciscains et augustiniens avaient été parmi les premiers à débattre de la réforme de l'Église, et quelques religieux avaient franchi la ligne de la dissidence. Vallière était de ceux-là. Il est traditionnellement considéré comme le premier martyr de la Réforme en France : d'autres suspects avaient été poursuivis avant lui, mais lui fut le premier à périr sur le bûcher pour ses convictions protestantes.

Le règne de François Ier présentait alors une ambiguïté qui ne durerait pas : le roi était curieux des nouvelles idées, protégeait des humanistes, tolérait un certain évangélisme de cour. Mais la machine judiciaire du Parlement et de la Sorbonne ne tolérait pas la contestation dogmatique. Vallière fut brûlé trois ans avant que les placards luthériens n'inquiètent véritablement la monarchie.

Luther, apprenant sa mort, lui consacra un texte. Les historiens protestants en firent l'acte fondateur d'une longue série de martyres. La rue de l'Échelle, dont le nom rappelait l'instrument d'exécution, disparut au XIXe siècle lors des travaux haussmanniens.

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Événement
1261
1261
t1 p 60
Premier prévôt royal de Paris, qui instaura le "Livre des métiers", recensant et réglementant les corporations
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Événement
1263
avril 1263
t1 p 60
Premier siège de la municipalité de Paris, contrôlée par la hanse des marchands de l'eau, à partir de 1263 ; elle se réunissait dans la chapelle St Leufroy voisine
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Événement
1559
25 mai 1559 — Auberge du Vicomte
t1 p 138
Premier synode protestant, qui aboutit à la constitution de l'Église Réformée de France par les huguenots (de l'allemand eldgenossen)
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Événement
1659
18 novembre 1659
t1 p 226 & 240
Première des "Précieuses ridicules" par la troupe de Molière. Il créera également là son "Sganarelle ou le Cocu imaginaire" le 28 mai 1660
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Événement
1776
10 août 1776
t1 p 281 & 283
Première entreprise d'eau forte, dite eau de javel, à Épinay puis à Javel ; d'où son nom
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Événement
1310
31 mai 1310
t1 p 254-255
Première exécution en place de Grève, de Marguerite Porete dite "la Porette" ; au pied de la croix érigée sur 8 marches devant la Maison aux Piliers
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Événement
1590
8 août 1590 — Palais de Justice/Cour du Mai
t1 p 167
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Événement
1796
1 septembre 1796 — Église Ste Catherine (la place du Marché était la cour du couvent)
t1 p 162-163
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Événement
1635
27 janvier 1635 — Académie française
t1 p 195-196
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Événement
1794
1794 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur (actuel)
t1 p 291
Prince allemand devenu capitaine de la Garde nationale ; il réunit chez lui un club révolutionnaire turbulent que l'on appelait le "Salmigondis" ; il fut décapité place du trône en 1794
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Événement
1664
14 novembre 1664 — Arsenal de Paris/Hôtel du Grand maître de l'artillerie/Chambre de justice
t1 p 220
Procès de Fouquet, de l'Affaire des poisons et du chevalier de Rohan
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Événement
1544
19 août 1544 — Collège de Sorbon (collège de théologie fondé en 1253)/La Sorbonne
t1 p 130
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Événement
1815
1815 — Café de Chartres
t1 p 288-289
Quartier général royaliste pendant la première Restauration ; il devient le "Grand Véfour" en 1820
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Événement
1425
août 1425
t1 p 101
Réalisation de la “Danse macabre”, fresque célèbre du charnier des Saints-Innocents, commencée en août 1925 selon le "Bourgeois de Paris"
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Événement
1407
Événement
1585
1 janvier 1585 — Collège de Fortet (de 1394)/Caves remarquables
t1 p 158
Refondation de la "Très Sainte Ligue" par 80 personnes ; réunions du conseil des Seize
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Événement
1630
10 novembre 1630 — Petit Luxembourg/Demeure du cardinal de Richelieu
t1 p 193
Refuge de Richelieu qui pense alors avoir été évincé par Marie de Médicis et le parti dévot lors de la Journée des Dupes
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Événement
1588
12 mai 1588
t1 p 160
Repère de la Ligue où se déroulent de violents combats lors de la Journée des Barricades ; peut-être la première apparition de cette "spécialité" très parisienne
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Événement
1136
1136 — Chapelle St Hilaire
t1 p 43
Reprise de l'enseignement d'Abélard dans une chapelle dépendant de St Marcel
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Événement
1716
1 juin 1716 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne
t1 p 244
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Événement
Événement
1382
1 mars 1382 — Hôtel du Boccador/Hôtel de Ville
t1 p 88
e 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les denr …

e 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les denrées de base – vin, pain, viande – après les avoir un temps abolies, et la colère gronde dans les rues. Aux Halles, la dispute entre une marchande et un percepteur dégénère : des collecteurs d’impôts sont pris à partie, certains tués, et la foule se met à scander « Liberté ! Liberté ! Aux armes ! ».

Très vite, l’émeute prend une tournure insurrectionnelle. Les manifestants se ruent vers l’Hôtel de Ville, alors installé dans l’hôtel du Boccador : ils enfoncent les portes, s’emparent des maillets de plomb ou de fer que le prévôt Hugues Aubriot avait fait entreposer pour armer la milice bourgeoise en cas d’attaque ennemie. C’est de ces armes improvisées que vient leur surnom de « Maillotins ». Armés de ces maillets, ils se répandent dans la ville, frappent des percepteurs, brûlent des registres fiscaux, ouvrent les prisons, et s’en prennent aussi, dans un climat de haine religieuse, aux communautés juives, accusées d’usure.

Le jeune roi Charles VI n’est pas encore en mesure de réagir directement : ses oncles – notamment le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, Louis de Naples étant lui aussi impliqué dans les affaires financières du royaume – tentent d’abord la négociation, puis se retirent avec la cour à Vincennes, laissant Paris en effervescence. Hugues Aubriot, quant à lui, est libéré par les insurgés des prisons ecclésiastiques où il était détenu, ironie de l’histoire pour celui qui avait organisé les défenses de la ville quelques années plus tôt.

La répression viendra plus tard. Après avoir vaincu la révolte des Gantois à Roosebeke, le roi rentre à Paris en 1383 et, sous l’influence de ses oncles, fait pendre ou décapiter de nombreux Maillotins, sans toujours distinguer coupables et simples notables compromis. La ville perd pour des décennies sa municipalité autonome : prévôt des marchands et échevins sont supprimés, au profit d’un contrôle direct par le prévôt du roi.

La révolte des Maillotins reste dans l’histoire parisienne comme l’un des premiers grands soulèvements antifiscaux urbains : un mouvement parti du marché, armé d’outils détournés en armes, qui vise autant la misère provoquée par les impôts que les désordres et le luxe ostentatoire de la cour.

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Événement
1444
1444 — Le Pet au Diable
t1 p 279
Rixe entre sergents de la prévôté et "écoliers" de l'Université à propos du Pet au Diable que les étudiants avaient transporté de St Jean en Grève à la Montagne Ste Geneviève
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Événement
1146
1146 — Rue Massacre-Moyenne/Siège de la corporation des Bouchers
t1 p 46
Rue qui, comme son nom l'indique, était vouée à la boucherie et où se tenait la première organisation corporative à Paris : le "Magister carnificum", Maître des bouchers
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Événement
1634
Événement
Événement
Événement
Événement
1572
24 août 1572 — Cloche de l'église St Germain l'Auxerrois (sonnerie des Matines)/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 150
Il n'y a pas eu de folie dans les rues de Paris ce 24 août : il y a eu une organisation, un signal, des listes, des armes distribuées, et une ville qui a découvert ce qu'elle était capable de faire. Le tocsin de Saint-Ge …

Il n'y a pas eu de folie dans les rues de Paris ce 24 août : il y a eu une organisation, un signal, des listes, des armes distribuées, et une ville qui a découvert ce qu'elle était capable de faire.

Le tocsin de Saint-Germain-l'Auxerrois résonne à deux heures du matin. C'est le signal convenu. Dans les quartiers, les bourgeois catholiques qui ont reçu des armes et des instructions sortent dans les rues. Les capitaines de quartier ont des listes. La ville s'organise pour tuer.

L'amiral Gaspard de Coligny dort dans son logis de l'Hôtel de Ponthieu, sur ce qui sera un jour appelé la rue de Rivoli. Il a soixante-deux ans. Depuis l'attentat du 22, ses doigts blessés ont été pansés, il est sous la protection d'une garde royale que le roi lui a affectée en promettant justice. Cette garde, dans la nuit, ouvre la porte. Henri de Guise commande le détachement qui monte. Jean Yanowitz, soldat d'origine polonaise au service des Guise, entre le premier dans la chambre. Il frappe Coligny d'un coup d'épée. Le corps est jeté par la fenêtre dans la cour. Henri de Guise se penche, reconnaît le visage de celui qui a tué son père, et donne l'ordre de continuer.

Dans Paris, le carnage dure plusieurs jours. On estime entre deux et trois mille morts dans la ville en quelques jours, peut-être dix mille dans tout le royaume dans les semaines qui suivent. Hommes, femmes, enfants portant l'étiquette protestante. Certains voisins dénoncent, d'autres cachent. La porte de Buci est fermée par Henri de Guise lui-même, sauvant ainsi les protestants du faubourg Saint-Germain qu'il connaît personnellement. Le duc de la Force, compagnon d'enfance du jeune Henri de Navarre, échappe en se faisant passer pour mort sous les cadavres.

Charles IX, que l'histoire a voulu croire horrifié, paraît aux fenêtres du Louvre et, selon certains témoins, tire lui-même à l'arquebuse sur les fuyards. Il mourra deux ans plus tard, à vingt-trois ans, en répétant dans ses cauchemars les mots "tous ces morts."

Le massacre de la Saint-Barthélemy restera, pour des siècles, le symbole de ce que l'intolérance religieuse organisée par le pouvoir peut produire dans une grande ville.

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Événement
1528
11 juin 1528 — Église St Gervais-St Protais (d'origine très ancienne)
t1 p 124
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Événement
1528
Événement
1528
Événement
1687
30 janvier 1687 — Hôtel de Ville/Statue Louis XIV (située dans la cour)
t1 p 235
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Événement
Événement
1727
1 mai 1727 — Cimetière de l'église St Médard
t1 p 248
Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lie …

Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu"

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Événement
Événement
1636
décembre 1636 — Second Théâtre du Marais/Troupe du Roi du Maretz
t1 p 198
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Événement
1610
1610 — Jeu de Paume transformé en théâtre
t1 p 226
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Événement
Événement
1470
1 février 1470 — Collège de Sorbon (collège de théologie fondé en 1253)/Première imprimerie à Paris/La Sorbonne
t1 p 110
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Événement
1675
1675
t1 p 49 & 112
Un arménien nommé Pascal ouvre un établissement qui sert un nouveau breuvage, le café ; il sera repris par un de ses employés, Francesco Procopio Cutò, qui s'installera en 1686 à quelques pas de là pour fonder le café Pr …

Un arménien nommé Pascal ouvre un établissement qui sert un nouveau breuvage, le café ; il sera repris par un de ses employés, Francesco Procopio Cutò, qui s'installera en 1686 à quelques pas de là pour fonder le café Procope

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Événement
1721
14 octobre 1721 — Cabaret du Pistolet/Cabaret de la Grande Motte !!!/Cabaret des Trois Entonnoirs
t1 p 247
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Événement
1727
29 décembre 1727 — Borne limite de Paris (déplacée)
t1 p 247
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Événement
Événement
1202
1202
t1 p 52 & 107
L'Université de Paris émerge au tournant du XIIIe siècle comme une corporation privilégiée de maîtres et étudiants. En 1200, Philippe Auguste confirme le privilège des maîtres et étudiants de ne dépendre que de la justic …

L'Université de Paris émerge au tournant du XIIIe siècle comme une corporation privilégiée de maîtres et étudiants. En 1200, Philippe Auguste confirme le privilège des maîtres et étudiants de ne dépendre que de la justice de l'évêque, marquant l'émergence officielle de l'institution. Les statuts de l'Université sont donnés en août 1215 par le légat pontifical Robert de Courçon.

Les cours se tenaient notamment rue du Fouarre, dans le quartier de la Sorbonne du 5e arrondissement. Cette rue tire son nom de la paille (fouarre en ancien français) sur laquelle les écoliers s'asseyaient pour écouter les leçons de leurs maîtres en plein air. Les écoles, d'abord limitées à la place Maubert, s'étendirent progressivement jusqu'à cette rue.

L'enseignement couvrait le trivium et le quadrivium, le droit canon et civil, la médecine et surtout la théologie. Dès 1210, Guillaume le Breton témoigne d'une affluence extraordinaire d'étudiants, comparable aux grandes écoles d'Athènes ou d'Égypte. La rue du Fouarre est devenue célèbre dans les écrits de Dante, Pétrarque et Rabelais. En 1535, le Parlement ordonna d'y installer deux portes pour empêcher le passage des voitures pendant les leçons.

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Événement
1778
30 mars 1778 — Palais du Louvre/Académie française
t1 p 283
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Événement
Événement
1792
21 septembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 17
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Événement
Événement
1793
5 octobre 1793 — Demeure de Fabre d'Églantine
t2 p 20
Adoption du calendrier révolutionnaire. Il sera utilisé jusqu'en décembre 1805, Napoléon rétablissant le calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806
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Événement
1944
5 octobre 1944 — Palais Bourbon
t2 p 246
Il aura fallu cent cinquante-cinq ans depuis la marche sur Versailles pour que les femmes qui firent les révolutions françaises obtiennent le droit de voter dans la République qu'elles avaient contribué à fonder. Le suff …

Il aura fallu cent cinquante-cinq ans depuis la marche sur Versailles pour que les femmes qui firent les révolutions françaises obtiennent le droit de voter dans la République qu'elles avaient contribué à fonder.

Le suffrage universel masculin date de 1848. Le mot "universel" excluait alors la moitié de l'humanité sans que cela parût contradictoire. Le combat pour le droit de vote des femmes traverse toute la Troisième République : Hubertine Auclert dépose des bulletins illégaux dans les urnes dès 1880, la Chambre des députés vote le suffrage féminin à plusieurs reprises entre 1919 et 1936, et le Sénat, dominé par les radicaux qui craignent le vote clérical des femmes, le rejette systématiquement.

C'est la guerre qui débloque la situation. Le 24 mars 1944, à l'Assemblée consultative provisoire d'Alger, le député communiste Fernand Grenier dépose un amendement accordant aux femmes le droit de vote et l'éligibilité. Il est adopté par cinquante et une voix contre seize. L'ordonnance du 21 avril 1944, signée par le général de Gaulle au nom du Comité français de libération nationale, en fait un texte de droit. Son article 17 est d'une brièveté remarquable : "Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes."

L'ordonnance du 5 octobre 1944, adoptée à Paris libéré, confirme et organise l'application de ce droit dans le cadre de la refonte du système électoral français. Le Gouvernement provisoire de la République française siège alors au Palais-Bourbon, quai d'Orsay.

Les femmes votent pour la première fois le 29 avril 1945, aux élections municipales. Puis en octobre 1945 pour l'Assemblée constituante. L'absence de deux millions et demi de prisonniers, déportés et requis du STO fait que le corps électoral de ce scrutin est majoritairement féminin.

Trente-trois femmes sont élues à la première Constituante, dont dix-sept communistes. Parmi elles, Marie-Claude Vaillant-Couturier, survivante d'Auschwitz et de Ravensbrück, qui viendra témoigner à Nuremberg. La République a mis un siècle et demi à reconnaître comme citoyennes celles qui avaient marché sur Versailles en 1789.

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Événement
Événement
1908
4 juin 1908 — Le Panthéon
t2 p 181
Alfred Dreyfus est blessé par Louis-Anthelme Grégori pendant la cérémonie houleuse de transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon ; Grégori sera acquitté Le 4 juin 1908, une cérémonie officielle a eu lieu pour transfé …

Alfred Dreyfus est blessé par Louis-Anthelme Grégori pendant la cérémonie houleuse de transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon ; Grégori sera acquitté

Le 4 juin 1908, une cérémonie officielle a eu lieu pour transférer les cendres d'Émile Zola au Panthéon à Paris. Cette cérémonie a été marquée par une tentative d'assassinat contre Alfred Dreyfus, qui a été légèrement blessé par deux coups de feu tirés par Louis-Anthelme Grégori, un journaliste nationaliste. Grégori a été arrêté mais acquitté par la suite. La cérémonie était tendue, reflétant les divisions politiques et sociales de l'époque, notamment en raison de l'affaire Dreyfus.

La décision de panthéoniser Zola a été le résultat d'une initiative parlementaire soutenue par des figures comme Georges Clemenceau, malgré l'opposition de certains nationalistes qui critiquaient le rôle de Zola dans l'affaire Dreyfus.

Sources

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Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
t2 p 92
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
1894
15 mars 1894 — Parvis de l'église de la Madeleine
t2 p 159
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Événement
1871
26 mai 1871 — Caves du théâtre de Cluny/Cachette d'André Gill et d'Ernest Pichio
t2 p 213
André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où …

André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où il mourra

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Événement
1870
11 janvier 1870 — Siège et imprimerie du journal "La Marseillaise" (à partir du 19 décembre 1869)
t2 p 123
Appel aux armes de Rochefort dans un article de son journal La Marseillaise sur l'assassinat de Victor Noir
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Germain l'Auxerrois
t2 p 24
Après Thermidor, l'église St Germain l'Auxerrois abrite le culte théophilanthropique et devient sous le Directoire "Temple de la Reconnaissance”
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Événement
1853
5 juillet 1853 — Salle Favart/Opéra Comique
t2 p 94
Ils avaient prévu de tuer l'Empereur pendant un concert. La police les attendait. Le 5 juillet 1853, douze personnes sont arrêtées à Paris dans le cadre de ce que la police appelle « le complot de l'Opéra Comique ». Le p …

Ils avaient prévu de tuer l'Empereur pendant un concert. La police les attendait.

Le 5 juillet 1853, douze personnes sont arrêtées à Paris dans le cadre de ce que la police appelle « le complot de l'Opéra Comique ». Le projet : assassiner Napoléon III lors d'un concert à la Salle Favart, rue Favart. Il avait été découvert avant toute exécution.

La France est sous Empire depuis dix-neuf mois. Le coup d'État du 2 décembre 1851 a balayé la Deuxième République ; l'Empire a été proclamé le 2 décembre 1852. L'opposition républicaine est pourchassée, ses journaux fermés, ses militants surveillés ou exilés. Des groupes de jeunes républicains, souvent étudiants ou intellectuels à peine sortis du lycée, tentent d'organiser une résistance — avec les moyens qu'ils ont.

Parmi les douze arrêtés ce 5 juillet : Jules Vallès et Arthur Ranc. Vallès a vingt et un ans. Il est né au Puy-en-Velay, arrivé à Paris pour préparer l'École normale, déjà bien rompu à l'opposition républicaine — il avait participé aux journées de 1848 à Nantes et, après le coup d'État, tenté de mobiliser les étudiants parisiens. Ranc a vingt-deux ans, même profil : jeune homme de province, républicain convaincu. Les deux sont conduits à la prison Mazas, établissement pénitentiaire du boulevard du même nom, ouvert en 1850, conçu pour l'isolement cellulaire.

L'affaire se dénoue rapidement. Le père d'un des conjurés — un certain Collinet — intervient auprès des autorités. Les « conspirateurs » sont relâchés. Complot éventé avant tout attentat, conjurés libérés après intervention familiale : le Second Empire traite cette affaire de jeunes gens comme ce qu'elle est — une tentative désespérée, sans grande profondeur.

Mais les hommes arrêtés ce jour-là n'en sont qu'au début. En 1871, Jules Vallès siégera à la Commune de Paris, fondera Le Cri du Peuple, sera condamné à mort par contumace. Il passera neuf ans en exil à Londres. Arthur Ranc deviendra sénateur, l'une des voix de la gauche républicaine sous la Troisième République.

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Événement
1892
30 mars 1892 — Lieu de l'arrestation de Ravachol
t2 p 154-155
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Événement
1804
9 mars 1804 — Lieu de l'arrestation de Georges Cadoudal
t2 p 30
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Événement
1793
22 août 1793 — Section des Gravilliers (fief des "Enragés")
t2 p 19
Arrestation de Jacques Roux, libéré le 27, mais arrêté de nouveau le 5 septembre ; appuyé par la Section des Gravilliers mais lâché par les Cordeliers, il se suicide en février 1794 en se poignardant
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Événement
1836
2 juin 1836 — Atelier clandestin de la Société des Familles
t2 p 73
Arrestation de membres du complot de la Société des Familles, créée par Barbès et qu'il dirigeait avec Blanqui, en train de fabriquer des balles
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Événement
1912
7 avril 1912 — Cachette de Raymond Callemin
t2 p 189
Arrestation de Raymond la science, l'intellectuel de la bande à Bonnot. Le 7 avril 1912, Raymond Callemin est arrêté dans sa cachette du 48 rue de La Tour d'Auvergne. Les policiers trouvent sur lui plusieurs revolvers et …

Arrestation de Raymond la science, l'intellectuel de la bande à Bonnot.

Le 7 avril 1912, Raymond Callemin est arrêté dans sa cachette du 48 rue de La Tour d'Auvergne. Les policiers trouvent sur lui plusieurs revolvers et des faux papiers. Il a vingt-deux ans. La presse l'appelle "Raymond la Science" — surnom qu'il portait déjà dans les milieux anarchistes de Bruxelles, où il avait grandi.

Callemin était l'intellectuel de la bande à Bonnot. Lecteur de Kropotkine et de Stirner, végétarien, athée intransigeant, il avait théorisé — avant de pratiquer — l'idée que le vol et le crime pouvaient être des actes de révolte légitime contre la société bourgeoise. Il n'avait aucune pitié, aucun remords apparent. Lors de son procès, il refusera de plaider sa cause.

La bande à Bonnot avait terrorisé Paris depuis fin 1911 — premiers gangsters motorisés de l'histoire criminelle française, ils attaquaient les banques en automobile, semant la panique dans une police encore à cheval. Bonnot lui-même sera tué le 28 avril dans un siège à Choisy-le-Roi. Callemin sera guillotiné le 21 avril 1913 avec deux complices, place de la Roquette.

Avant de mourir, il dit qu'il ne regrette rien — sauf peut-être d'avoir eu vingt ans dans un monde qui ne lui laissait pas d'autre choix que la révolte ou la résignation.

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Événement
1955
29 mars 1955 — Siège du journal "France Observateur"
t2 p 257
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Événement
1941
Événement
1812
23 octobre 1812 — Quartier général de l'état-major
t2 p 37
Arrestation du général Malet par Doucet et Laborde lors de sa tentative de prise du pouvoir
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Événement
1944
24 août 1944 — Hôtel de Ville
t2 p 242
Les premiers soldats à libérer Paris avaient perdu leur propre pays cinq ans plus tôt : ils sont entrés dans la ville avec "Guadalajara" et "Guernica" peints sur leurs blindés. Il est 21h22 lorsque les premiers half-trac …

Les premiers soldats à libérer Paris avaient perdu leur propre pays cinq ans plus tôt : ils sont entrés dans la ville avec "Guadalajara" et "Guernica" peints sur leurs blindés.

Il est 21h22 lorsque les premiers half-tracks atteignent la place de l'Hôtel de Ville. La foule qui les attend depuis des heures éclate. Mais les soldats qui en descendent ne sont pas français : ce sont des Espagnols. Cent trente hommes, presque tous républicains exilés, anciens combattants de la guerre civile espagnole — anarchistes de la CNT, communistes du PCE, militants du POUM — qui ont rejoint les Forces françaises libres après la défaite de la République en 1939 et la traversée des Pyrénées dans la neige.

Ils appartiennent à la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, intégrée à la 2e Division blindée du général Leclerc. C'est le capitaine Raymond Dronne qui a reçu l'ordre de Leclerc de foncer en avant-garde, de ne pas attendre, d'entrer dans Paris quoi qu'il arrive. Le lieutenant Amado Granell commande la pointe. Leurs half-tracks portent les noms de leurs batailles perdues : "Guadalajara," "Teruel," "Guernica," "Brunete," "Santander," "Ebro." Les noms d'une guerre que l'Europe démocratique a refusé de gagner avec eux.

Ils ont traversé la ville de nuit, depuis la porte d'Italie, remontant le boulevard de l'Hôpital, passant devant la Salpêtrière, longeant les quais. À chaque carrefour, des Parisiens surgissent, crient, pleurent, grimpent sur les blindés. Les soldats espagnols, qui ont appris le français dans les camps de réfugiés du Languedoc ou dans les rangs de l'armée, répondent en souriant.

La France officielle organisera dans les semaines et les années suivantes une mémoire de la Libération qui fera large place à de Gaulle, à Leclerc, à la 2e DB — mais pas spécialement aux Espagnols de La Nueve. Ils rentreront pour la plupart en Allemagne et en Autriche avec l'armée française, puis dans l'exil de l'après-guerre, attendant un retour en Espagne qui ne viendra que pour quelques-uns d'entre eux, et trop tard.

Ce 24 août au soir, sur la place de l'Hôtel de Ville, c'est la défaite de Franco qui a libéré Paris.

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Événement
1816
29 mars 1816
t2 p 42
Le 29 mars 1816, un bateau entre dans Paris par la Seine depuis la mer. Il n'a pas de voiles. Sur les quais, les Parisiens s'arrêtent pour regarder cette chose étrange qui avance contre le courant sans rames, dans un bru …

Le 29 mars 1816, un bateau entre dans Paris par la Seine depuis la mer. Il n'a pas de voiles. Sur les quais, les Parisiens s'arrêtent pour regarder cette chose étrange qui avance contre le courant sans rames, dans un bruit de ferraille et de vapeur — la cheminée crache une fumée noire, les roues à aubes brassent l'eau. C'est l'Élise, commandée par le capitaine Pierre Andriel, qui vient de traverser la Manche depuis l'Angleterre.

C'est la première fois qu'un bateau à vapeur remonte la Seine jusqu'à Paris. Le trajet depuis le Havre a duré plusieurs jours. L'Élise accoste au port du Louvre, aux abords des Tuileries, sous les yeux d'une foule intriguée.

La technologie vient d'Amérique — Robert Fulton avait fait naviguer le premier bateau à vapeur commercial sur l'Hudson en 1807, puis était venu en France tenter, sans succès, de convaincre Napoléon d'utiliser ses bateaux. Fulton est mort un an plus tôt, en 1815, sans voir sa technologie conquérir l'Europe. L'Élise est l'héritière directe de ses travaux.

La navigation à vapeur va transformer le rapport de Paris à la mer — et plus largement, révolutionner le commerce, les voyages, la guerre navale. Mais ce 29 mars 1816, sur les quais du Louvre, ce n'est encore qu'un spectacle : une machine bizarre venue d'ailleurs, qui fait du bruit et avance toute seule sur l'eau.

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Événement
1834
Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
t2 p 194
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
1976
Événement
1972
8 décembre 1972 — Demeure de Mahmoud Al Hamchari
t2 p 284
Assassinat de Mahmoud Al Hamchari par le Mossad israélien à l'aide d'un téléphone piégé, en représailles à l'attentat de Munich ; il mourra le 10 janvier 1973
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
t2 p 19
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
Événement
1890
18 novembre 1890 — Hôtel de Bade
t2 p 153
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Événement
1944
28 juin 1944 — Ministère de l'Information et de la Propagande
t2 p 242
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Événement
1977
2 décembre 1977 — Locaux de l'Amicale des Algériens en Europe
t2 p 294
Assassinat par un commando fasciste et raciste "Charles Martel", dit commando "Delta", de Laïd Sebaï, gardien des locaux de l'Amicale des algériens en Europe
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Événement
1942
1 mars 1942 — Poste de garde n° 328 de la Wehrmacht
t2 p 241
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Événement
1794
9 novembre 1794 — Chapelle du couvent des Jacobins/Bibliothèque du couvent des Jacobins
t2 p 22
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Événement
1946
18 juin 1946 — Siège du Parti communiste français (depuis 1937)
t2 p 248
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Événement
1952
16 mai 1952 — Théâtre de l'Ambigu
t2 p 255
Attaque fasciste contre une représentation de la pièce de Frédéric O'Brady "Le colonel Foster plaidera coupable", soutenue par le PCF, qui entraîne une interdiction préfectorale
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Événement
1975
Événement
1983
Événement
Événement
1986
14 septembre 1986 — Pub Renault des Champs-Élysées
t2 p 306
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Événement
1985
27 avril 1985 — Siège du Fonds Monétaire International à Paris
t2 p 303
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Événement
1892
10 mars 1892 — Domicile du juge Benoît
t2 p 154-155
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Événement
1892
27 mars 1892 — Domicile du substitut Bulot
t2 p 154-155
Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Cl …

Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Clichy en 1891. Bulot est absent. Les dégâts sont matériels. L'auteur est un certain François Claudius Koenigstein, dit Ravachol.

C'est le deuxième attentat en moins d'une semaine — le 11 mars, une bombe avait déjà visé le domicile du président du tribunal qui avait jugé la même affaire. Ravachol revendique une logique de représailles : la justice bourgeoise frappe les anarchistes, les anarchistes frappent les juges. La propagande par le fait dans toute sa rigueur.

Ravachol est arrêté quelques jours plus tard, trahi par un garçon de restaurant qui l'avait reconnu. Au moment de son arrestation, il chantait. Son procès devient une tribune. Condamné à mort pour ces attentats et pour plusieurs meurtres commis avant de venir à Paris, il monte à l'échafaud en juillet 1892 en criant ses convictions. Le mouvement anarchiste en fait aussitôt un martyr — on "ravacholise" pour désigner l'acte révolutionnaire par excellence.

L'affaire Ravachol marque le début d'une vague d'attentats anarchistes qui secoue Paris jusqu'en 1894 — Vaillant à la Chambre, Émile Henry au café Terminus, puis l'assassinat du président Carnot à Lyon. La IIIe République répond par les lois scélérates, qui restreignent la liberté de la presse.

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Événement
1982
22 avril 1982
t2 p 298
Une Opel orange garée devant un journal libanais. Un minuteur. Une femme de trente ans qui passait par là. Le 22 avril 1982, à 9h01, une voiture piégée explose devant le 33 rue Marbeuf, à quelques mètres des Champs-Élysé …

Une Opel orange garée devant un journal libanais. Un minuteur. Une femme de trente ans qui passait par là.

Le 22 avril 1982, à 9h01, une voiture piégée explose devant le 33 rue Marbeuf, à quelques mètres des Champs-Élysées. L'Opel Kadett, immatriculée en Autriche, était stationnée au pied de l'immeuble qui abrite au troisième étage la rédaction d'Al Watan Al Arabi — « La Patrie arabe » —, un hebdomadaire libanais connu pour ses positions pro-irakiennes en pleine guerre Iran-Irak. La déflagration tue une passante, Nelly Guillerme, trente ans, enceinte, et blesse soixante-trois personnes. Les vitrines du quartier volent en éclats sur toute la longueur de la rue.

Le journal dans la ligne de mire Al Watan Al Arabi n'en est pas à sa première alerte. Le journal, dirigé par Walid Abou Zahr, publie des informations gênantes pour Damas : le régime de Hafez el-Assad, allié de l'Iran, voit d'un très mauvais œil cette tribune pro-irakienne installée en plein Paris. Des lettres piégées ont déjà été envoyées à la rédaction. Le personnel vit sous la menace.

Le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre réagit vite : un attaché de l'ambassade de Syrie est déclaré persona non grata et expulsé de France. La piste syrienne est la première retenue par les enquêteurs.

Carlos, Kopp et Bréguet Mais l'attentat a une autre dimension. Le jour même de l'explosion, le tribunal correctionnel de Paris juge Bruno Bréguet et Magdalena Kopp, deux membres du réseau d'Ilich Ramírez Sánchez — Carlos. Arrêtés en février 1982 à Paris avec des explosifs dans le coffre de leur voiture, ils sont les compagnons les plus proches du « Chacal ». Kopp est sa compagne.

Pour l'accusation, reconstituée lors du procès de 2011, la série d'attentats qui frappe la France entre avril 1982 et décembre 1983 — rue Marbeuf, TGV Marseille, gare Saint-Charles, Maison de France à Berlin — est un chantage : Carlos fait pression sur Paris pour obtenir la libération de Kopp et Bréguet. Le directeur d'Al Watan Al Arabi résume la situation d'une formule : « Toute menace venant de Carlos est une menace syrienne. Les deux sont les deux faces d'une même pièce. »

Carlos, jugé en 2011 puis en appel, nie toute implication dans l'attentat de la rue Marbeuf. Il rejette la responsabilité sur les services syriens, agissant de leur propre chef contre un journal hostile. Le tribunal le condamne néanmoins à la réclusion à perpétuité pour l'ensemble des quatre attentats.

Rue Marbeuf, rien ne signale plus l'explosion. Le 8e arrondissement a refermé ses façades.

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Événement
Événement
1892
16 mars 1892 — Caserne Lobau/Attentat anarchiste
t2 p 155
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Événement
1894
12 février 1894 — Hôtel Terminus (de 1889)/Attentat anarchiste
t2 p 152 & 159
L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'È …

L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'Ère des attentats (1892-1894), il est connu pour être l'un des premiers attentats de terrorisme de masse et modernes de l'histoire et pour la déclaration que fait Henry lors de son procès, considérée comme un élément fondateur de cette forme de terrorisme.

À la suite du vote des lois scélérates, la répression de janvier et février 1894 et l'exécution d'Auguste Vaillant sans qu'il soit gracié par Sadi Carnot, ce dernier devient un ennemi symbolique de l'ensemble du mouvement anarchiste, qui voit en lui le principal responsable des persécutions les touchant.

Le 12 février 1894, vers neuf heures du soir, Émile Henry, un jeune homme de 21 ans, entre dans le café de l’hôtel Terminus, tout près de la gare Saint-Lazare. Il porte dans la poche de son pardessus une bombe à main. L’établissement est plein : on y dîne, on y boit, on écoute l’orchestre, on profite de la chaleur et de la lumière avant de reprendre un train ou de rentrer chez soi.

Henry a renoncé à s’en prendre au président de la République, Sadi Carnot, l'Élysée est trop bien gardé, et a choisi ce lieu précisément parce qu’il y a du monde. Il allume la mèche avec son cigare, lance la bombe vers les musiciens et sort aussitôt. L’explosion fracasse glaces et boiseries, renverse les tables, blesse une quinzaine de personnes et en tue une. Dans la panique, un garçon de café et des passants se lancent à sa poursuite ; il tire au revolver, mais il est rapidement maîtrisé et arrêté non loin de là.

L’attentat du café Terminus s’inscrit dans ce que la presse appellera l’« ère des attentats », une vague d’actions violentes menées par des anarchistes contre une société jugée corrompue et inégalitaire. Lors de son procès, Émile Henry revendique pleinement son geste, visant non plus des responsables identifiés, mais la foule elle‑même, symbole à ses yeux d’un ordre social à abattre. Cet épisode marque l’un des premiers attentats de masse de l’histoire contemporaine et frappe durablement les esprits par son caractère froidement indiscriminé.

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Événement
1919
Événement
1886
5 mars 1886 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs/Attentat anarchiste
t2 p 145
Le 5 mars 1886, en plein après‑midi, un jeune anarchiste breton de 23 ans, Charles Gallo, décide de frapper « au cœur du capitalisme » : la Bourse de Paris, au palais Brongniart. Monté dans les galeries supérieures, il j …

Le 5 mars 1886, en plein après‑midi, un jeune anarchiste breton de 23 ans, Charles Gallo, décide de frapper « au cœur du capitalisme » : la Bourse de Paris, au palais Brongniart. Monté dans les galeries supérieures, il jette au milieu de la corbeille une bouteille remplie d’un mélange d’acide prussique censé exploser comme une bombe, puis dégaine un revolver et tire en direction de la coulisse de la rente, où se traitent les valeurs d’État.

L’attentat est techniquement raté. La « bombe » n’explose pas : le flacon se brise au sol, répandant une flaque nauséabonde qui affole les agents de change sans en blesser aucun. Gallo tire cinq coups « au jugé », tous manqués ; seule une balle, par ricochet, érafle la jambe d’un courtier. Très vite, des agents de change et des banquiers se jettent sur lui, le rouent de coups de canne avant que la police ne l’arrête dans la cohue.

Pour le mouvement anarchiste naissant, l’action de Gallo s’inscrit dans la logique de la « propagande par le fait » : frapper un symbole plutôt que faire des discours, montrer que la violence de la Bourse – spéculation, crises, misère – peut recevoir un écho direct. Son geste, malgré son fiasco matériel, fait grand bruit et ouvre la séquence des attentats anarchistes qui marqueront les années 1890. Condamné à de lourdes peines, Gallo deviendra l’une des premières figures de cette galaxie d’« illégalistes » que la presse bourgeoise s’emploiera à transformer en repoussoir, tandis que les milieux libertaires en feront, un temps, un exemple de révolte individuelle contre l’ordre capitaliste.

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Événement
1980
15 avril 1980 — Bureaux de la librairie Hachette (4ème étage)/Annexe du ministère des Transports (5ème étage)
t2 p 296
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Événement
1841
Événement
1980
26 juin 1980 — Siège du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (le MRAP)
t2 p 297
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Événement
1836
25 juin 1836 — Guichet des Tuileries
t2 p 73
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Événement
1982
19 août 1982 — Siège de l'hebdomadaire "Minute"
t2 p 303
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Événement
Événement
Événement
1962
4 janvier 1962 — Siège du Parti communiste français
t2 p 266
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Événement
1982
9 août 1982 — Restaurant Goldenberg
t2 p 298
C'était un lundi de plein été, le quartier juif du Marais animé de ses habitués, et en quelques secondes la rue des Rosiers devint un lieu de deuil. Le 9 août 1982, vers la mi-journée, deux hommes s'approchèrent du resta …

C'était un lundi de plein été, le quartier juif du Marais animé de ses habitués, et en quelques secondes la rue des Rosiers devint un lieu de deuil.

Le 9 août 1982, vers la mi-journée, deux hommes s'approchèrent du restaurant Jo Goldenberg, au 7 de la rue des Rosiers, dans le Marais. L'un lança une grenade à l'intérieur ; tous deux ouvrirent ensuite le feu à la mitraillette sur les clients et les passants. Six personnes furent tuées, vingt-deux blessées.

La rue des Rosiers est le coeur du quartier juif parisien. Les boutiques de charcuterie d'Europe centrale, les libraires hébraïques, les restaurants fondés par les vagues d'immigration des XIXe et XXe siècles, d'Alsace après 1871, de Russie et de Pologne après les pogroms, de l'Europe entière après la Shoah, en faisaient un lieu de mémoire vivante et quotidienne. Le restaurant Goldenberg, fondé en 1920 par un immigré juif d'Europe centrale, en était l'un des symboles les plus visibles.

L'attentat fut attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire, organisation de Abou Nidal qui avait rompu avec l'OLP de Yasser Arafat en 1974 et multipliait les opérations terroristes en Europe. L'instruction judiciaire, menée notamment par le juge Jean-Louis Bruguière, s'appuya sur des douilles et des armes d'origine polonaise fournies à des groupes palestiniens. L'affaire resta sans jugement pendant plus de quarante ans, le ou les auteurs n'ayant pas été traduits devant un tribunal français.

Une plaque commémorative est apposée au 7 rue des Rosiers.

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Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
t2 p 104
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1846
29 juillet 1846 — Palais des Tuileries
t2 p 85
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Événement
1835
28 juillet 1835 — Appartement loué par Giuseppe Fieschi
t2 p 71-72
Attentat manqué de Fieschi contre Louis-Philippe à l'aide d'une machine infernale ; il fait 19 morts. Fieschi avait travaillé comme indicateur pour le préfet Baude
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Événement
1938
7 novembre 1938 — Hôtel de Beauharnais/Ambassade d'Allemagne/Bureau d'Ernst Vom Rath
t2 p 234
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Événement
Événement
1932
6 mai 1932 — Hôtel Salomon de Rothschild
t2 p 222-223
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Événement
1956
15 février 1956 — Palais Bourbon
t2 p 260
Le 15 février 1956, des incidents violents éclatent à l'Assemblée nationale, au Palais Bourbon. Ces affrontements mettent aux prises les députés poujadistes, fraîchement élus le 2 janvier 1956 avec 52 sièges, et les autr …

Le 15 février 1956, des incidents violents éclatent à l'Assemblée nationale, au Palais Bourbon. Ces affrontements mettent aux prises les députés poujadistes, fraîchement élus le 2 janvier 1956 avec 52 sièges, et les autres groupes parlementaires, en particulier les communistes. Les tensions, qui couvaient depuis plusieurs semaines, éclatent lors de débats sur l'invalidation de certains élus poujadistes dont les mandats sont contestés.

Depuis leur arrivée à l'Assemblée, les députés poujadistes, issus du mouvement de Pierre Poujade fondé en 1953 sur la défense des petits commerçants contre la fiscalité, dérangent l'ordre parlementaire établi. Souvent commerçants, artisans ou agriculteurs eux-mêmes, ils incarnent une contestation antiparlementaire virulente. Parmi eux figure Jean-Marie Le Pen, qui s'impose rapidement comme la figure politique majeure du groupe.

Lors de ces débats et confrontations du 15 février, la violence éclate dans l'hémicycle. Selon les témoignages de l'époque, les tabourets volent, symbole de la rupture des convenances parlementaires habituelles. Ces incidents témoignent du choc provoqué par l'intrusion d'une force contestataire d'extrême droite dans les institutions, remettant en cause les équilibres politiques de la IVe République. La majorité républicaine, de centre-gauche, avait justement cherché à faire bloc contre la montée du poujadisme lors des élections de janvier 1956.

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Événement
Événement
1950
27 février 1950 — Caserne de Clignancourt
t2 p 252
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Événement
1896
13 juillet 1896 — Cimetière du Père Lachaise
t2 p 161
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Événement
1891
17 septembre 1891 — Opéra Garnier
t2 p 153
Vingt ans après Sedan, Paris n'est pas encore prêt à écouter Wagner sans se souvenir du Kaisermarsch. Richard Wagner est mort en février 1883, mais sa musique reste en France un sujet politique. La guerre franco-prussien …

Vingt ans après Sedan, Paris n'est pas encore prêt à écouter Wagner sans se souvenir du Kaisermarsch.

Richard Wagner est mort en février 1883, mais sa musique reste en France un sujet politique. La guerre franco-prussienne de 1870-71 a laissé des blessures que vingt ans n'ont pas cicatrisées : la perte de l'Alsace-Lorraine, le siège de Paris, Versailles, le Traité de Francfort. Wagner lui-même, en janvier 1871, avait célébré la victoire allemande en composant le Kaisermarsch pour l'entrée de Guillaume Ier. Dans les milieux nationalistes français, son nom reste associé à l'humiliation.

En France pourtant, la génération des symbolistes vénère Wagner. Baudelaire l'a célébré dès 1861. La Revue wagnérienne, fondée en 1885, rassemble Verlaine, Mallarmé, Huysmans. Le wagnérisme est devenu une esthétique et une philosophie, distincte de la politique. Mais la Ligue des Patriotes de Paul Déroulède ne fait pas cette distinction.

En septembre 1891, Charles Lamoureux présente à Paris les premières représentations de Lohengrin. La Ligue des Patriotes a mobilisé ses membres. Dès le début de la soirée du 17, des sifflets et des cris s'élèvent dans la salle du Palais Garnier. Des rixes éclatent entre partisans de Wagner et manifestants nationalistes. La police intervient. La soirée tourne au scandale. Les journaux consacrent leurs premières pages à l'événement : certains défendent le droit de la musique à franchir les frontières, d'autres saluent les perturbateurs comme de bons patriotes.

La polémique dépasse la musique. Elle pose une question politique : vingt ans après la Commune et la défaite, la France peut-elle entretenir des échanges culturels avec l'Allemagne ? La droite nationaliste répond non. Les républicains libéraux et les internationalistes répondent oui. Cette fracture anticipe les divisions qui éclateront au grand jour lors de l'Affaire Dreyfus, six ans plus tard, dans ce même Palais Garnier où Lucie Dreyfus attendra des nouvelles de son mari.

L'Opéra Garnier, inauguré en 1875, est l'institution culturelle la plus prestigieuse de la République. Que ses soirées soient perturbées par des bagarres politiques dit quelque chose sur la France de 1891 : une démocratie fragile, hantée par sa défaite, où la scène lyrique est aussi un champ de bataille.

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Événement
1889
27 août 1889 — Cirque Fernando (construit en 1874)/Futur cirque Médrano
t2 p 152
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Événement
1951
1 mai 1951
t2 p 253
Bagarres entre militants algériens et la police venue arracher deux drapeaux du MTLD lors du défilé du 1er mai ; 1 600 militants algériens seront arrêtés et une centaine de flics blessés
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Événement
1830
31 mai 1830 — Palais Royal
t2 p 62
Bal en l'honneur du roi des Deux-Siciles, qui fit dire à Salvandy s'adressant au duc d'Orléans "Voilà, Monseigneur, une fête toute napolitaine : nous dansons sur un volcan !”
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Événement
1845
17 mars 1845 — Palais Brongniart/Grande salle de la Bourse/Chambre de commerce de Paris
t2 p 84
Six mois plus tôt le banquet, le 14 août 1844, Bugeaud avait écrasé à la bataille d'Isly l'armée marocaine venue au secours d'Abd el-Kader. La victoire fut totale — vingt mille hommes mis en déroute, le Maroc contraint d …

Six mois plus tôt le banquet, le 14 août 1844, Bugeaud avait écrasé à la bataille d'Isly l'armée marocaine venue au secours d'Abd el-Kader. La victoire fut totale — vingt mille hommes mis en déroute, le Maroc contraint de signer la paix, Abd el-Kader privé de son dernier refuge extérieur. Louis-Philippe en avait fait le duc d'Isly. C'est ce héros triomphant que Paris reçoit à la Bourse le 17 mars 1845.

Le banquet est fastueux, la grande salle du Palais Brongniart pavoisée pour l'occasion. On célèbre le « pacificateur de l'Algérie » — le titre dit tout du récit que la monarchie de Juillet construit autour de sa conquête : une œuvre de « civilisation » menée à son terme, une résistance enfin brisée. Bugeaud, gouverneur général depuis 1840, a effectivement transformé la guerre. Ses colonnes légères et mobiles, ses razzias systématiques, la destruction des récoltes et des troupeaux, ont épuisé les tribus là où les opérations classiques échouaient. C'est ce qu'on fête ce soir-là, sans sourciller.

Ce que le banquet ne dit pas : la même année 1845 verra les enfumades du Dahra — des centaines de femmes, d'enfants et de vieillards asphyxiés dans des grottes sur ordre du colonel Pélissier, un massacre exécuté sur les instructions de Bugeaud. Ce dernier avait écrit en juin : « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéahs ; fumez-les à outrance, comme des renards. » L'affaire fera scandale jusqu'à la Chambre. Bugeaud ne sera pas inquiété. Il mourra en 1849, comblé d'honneurs. Paris lui a une avenue dans le 16e.

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Événement
1830
1 avril 1830 — Restaurant "Aux vendanges de Bourgogne"
t2 p 62
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Événement
1831
9 mai 1831 — Restaurant "Aux vendanges de Bourgogne"
t2 p 66
Banquet républicain organisé par la Société des Amis du Peuple en l'honneur des acquittés du 15 avril ; Galois porte un toast "à Louis-Philippe, s'il trahit" avec un couteau dans la main
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue de la Chanverrerie (Chanvrerie)/Barricade en 1832/Cabaret du père Hucheloup
t2 p 68
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Événement
1870
23 septembre 1870
t2 p 123
Dans Paris cerné depuis quatre jours, une seule route reste ouverte vers la France libre : le ciel ; et c'est depuis la butte Montmartre que le premier ballon postal s'envole le 23 septembre 1870. Paris est encerclée dep …

Dans Paris cerné depuis quatre jours, une seule route reste ouverte vers la France libre : le ciel ; et c'est depuis la butte Montmartre que le premier ballon postal s'envole le 23 septembre 1870.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Les Prussiens ont bouclé tous les accès terrestres. Le gouvernement de la Défense nationale est enfermé avec deux millions de Parisiens. Les courriers ne passent plus. Les nouvelles du reste de la France n'arrivent plus.

L'idée vient de Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar : photographe, caricaturiste et aéronaute, pionnier de la photographie aérienne depuis les ballons depuis 1858. Il convainc le directeur des Postes, Germain Rampont, d'organiser un service de ballons postaux pour rompre le blocus. Des ateliers de construction et de gonflement seront aménagés dans les deux grandes gares : la gare du Nord et la gare d'Orléans (l'actuelle gare d'Austerlitz).

Le premier ballon, le Neptune, est un vieux ballon captif d'observation amarré depuis plusieurs jours place Saint-Pierre à Montmartre. Le pilote est Jules Duruof, aéronaute professionnel. Dans la nacelle : deux sacs de dépêches, cent vingt-cinq kilogrammes de courrier adressé à toute la France. Le 23 septembre 1870, le Neptune décolle et passe au-dessus des lignes prussiennes. Duruof atterrit après trois heures de vol, sans incident, en zone non occupée. L'expérience est concluante.

Entre septembre 1870 et janvier 1871, soixante-six ballons s'envoleront depuis Paris. Cinquante-huit atterriront hors du siège, dont certains en Norvège, en Espagne ou aux Pays-Bas, emportés par des vents contraires. Deux seront capturés par les Prussiens. Deux se perdront en mer. Plus de deux millions de lettres traverseront le blocus par les airs. Le service sera complété par les pigeons voyageurs : portés à l'aller par les ballons jusqu'en zone libre, ils reviendront à Paris avec des microfilms de dépêches miniaturisées sur film de soie, technique mise au point par le photographe René Dagron.

La poste aérienne du siège de Paris est une prouesse technique improvisée dans l'urgence, sur fond de désastre militaire. Elle annonce, à sa façon très XIXe siècle, l'aviation postale du siècle suivant.

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Événement
1789
22 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
t2 p 12-13
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Événement
1799
6 novembre 1799 — Hôtel Chantereine/Hôtel Bonaparte/Demeure de Joséphine de Beauharnais
t2 p 26
Bonaparte a épousé Joséphine de Beauharnais le 9 mars 1796 ; il prépare le coup d'État du 18 Brumaire ; la rue a été rebaptisée en l'honneur de ses razzias en Italie
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Événement
Événement
1902
1902 — Café La Petite Maison Rose
t2 p 219
Café fréquenté par de nombreux artistes ; maison peinte tant de fois, dont une toile de 1919 qui fit connaître Maurice Utrillo. La Maison Rose est un petit restaurant situé au coin de la rue de l’Abreuvoir et de la rue d …

Café fréquenté par de nombreux artistes ; maison peinte tant de fois, dont une toile de 1919 qui fit connaître Maurice Utrillo.

La Maison Rose est un petit restaurant situé au coin de la rue de l’Abreuvoir et de la rue des Saules, à Montmartre. Sa façade rose et ses volets verts sont reconnaissables parmi les bâtiments du quartier. Le lieu existe depuis la fin du XIXe siècle. En 1905, le peintre catalan Ramón Pichot devient propriétaire et, trois ans plus tard, son épouse Germaine Gargallo, amie et modèle de Picasso, décide au retour d’un voyage en Catalogne de le peindre en rose. Elle ouvre un restaurant qui attire rapidement les artistes locaux, dont Picasso, Modigliani, Suzanne Valadon et Maurice Utrillo. Utrillo immortalise la Maison Rose sur l’une de ses toiles. L’histoire de Germaine inspire aussi Casagemas et Picasso, marquant le début de sa période bleue.

Après la Seconde Guerre mondiale, Béatrice Miolano, originaire d’Italie du Nord, rachète le restaurant. Le lieu reste fréquenté par de nombreux artistes et écrivains, parmi eux Piaf, Camus, Barbara, Aznavour, Dalida, Jacques Brel et Alain Delon. Depuis 2017, la petite-fille de Béatrice assure la gestion, en préservant le décor et la terrasse.

L’essor du tourisme et les réseaux sociaux, amplifiés par la série Emily in Paris, font de la Maison Rose l’un des endroits les plus photographiés de Montmartre, avec une affluence constante devant l’entrée.![[La Maison Rose, par Moonik CC BY-SA 3.0, Wikimedia|Maison Rose, par Moonik CC BY-SA 3.0.jpeg]]

La Maison Rose, par Moonik CC BY-SA 3.0, Wikimedia![[La Maison Rose en 1910, Agence Meurisse, Wikimedia|Maison_du_peintre_Pitschot_(Montmartre) Agence Meurisse.jpeg]]

La Maison Rose en 1910, Agence Meurisse, Wikimedia

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Événement
1910
1910 — Cabaret Le Lapin Agile (tenu par Frédé puis par Paulo)
t2 p 293
Canular de Roland Dorgelès, qui fait peindre une toile "excessiviste", signée Boronali, anagramme d'Aliboron, par l'âne Lolo avec sa queue ; les critiques d'art vont s'entre-déchirer...
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Événement
1794
4 mars 1794 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
t2 p 20
Carrier appelle à la "sainte insurrection” contre la Convention ; les participants seront arrêtés le 13 mars
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Événement
1885
31 mai 1885 — Arc de triomphe de l'Étoile
t2 p 144
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Événement
1794
8 juin 1794
t2 p 20
Célébration de la Fête de l'Être Suprême, apothéose de Robespierre ; les bancs de marbre en sont des vestiges
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Événement
1792
Événement
1917
5 avril 1917 — Rue d'Alésia
t2 p 198-199
Chute d'un avion devant le 155 rue d'Alésia ; par bonheur il n'y eut pas de blessé
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Événement
1792
1792 — Cimetière protestant
t2 p 176
Cimetière réservé aux protestant depuis de 1762, où fut inhumé John Paul Jones
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Événement
1802
23 septembre 1802
t2 p 28-29
Commencement des travaux du canal de l'Ourc ; il servira entre autres à transporter les ordures parisiennes dans la forêt de Bondy
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Événement
1832
4 janvier 1832 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t2 p 67
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Caserne Popincourt (de 1770 à 1885)
t2 p 37
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Événement
1868
20 mars 1868 — Palais de Justice/Tribunal correctionnel
t2 p 120
Condamnation des membres de la première Commission de l'Association Internationale des Travailleurs ; dissolution de la Première Internationale, l'A.I.T. Le 20 mars 1868, le tribunal correctionnel du Palais de Justice co …

Condamnation des membres de la première Commission de l'Association Internationale des Travailleurs ; dissolution de la Première Internationale, l'A.I.T.

Le 20 mars 1868, le tribunal correctionnel du Palais de Justice condamne les dirigeants de la commission parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs. Tolain, Chemalé, Héligon et leurs camarades écopent d'amendes et de peines de prison. La section française de l'AIT est dissoute.

C'est le troisième procès intenté à l'Internationale en France depuis sa fondation à Londres en 1864. Napoléon III ne s'y était d'abord pas trompé — une organisation ouvrière internationale, structurée, capable de coordonner des grèves et de diffuser des idées socialistes à travers les frontières, représentait une menace d'un genre nouveau. Les deux premiers procès, en 1866 et 1867, n'avaient pas suffi à briser l'organisation. Celui-ci est plus sévère.

Mais la répression produit l'effet inverse de celui escompté. Les condamnés deviennent des figures du mouvement ouvrier. Tolain, ciseleur sur métaux, sera élu à l'Assemblée nationale en 1871 — avant de voter contre la Commune et d'en être exclu. Héligon continuera le combat syndical. Et l'Internationale, malgré la dissolution de sa section française, poursuit son activité clandestine jusqu'à la Commune, où plusieurs de ses membres — Varlin, Frankel, Malon — joueront un rôle central.

Napoléon III avait voulu étouffer l'organisation dans l'œuf. Il lui avait surtout offert trois procès retentissants.

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Événement
1970
20 octobre 1970 — Palais de Justice
t2 p 281
Il a été l'une des voix de Mai 68 ; deux ans plus tard, l'État le juge non pour ce qu'il a fait mais pour ce qu'il appartient, et Sartre publie les minutes du procès. Alain Geismar a trente et un ans en 1970. Physicien, …

Il a été l'une des voix de Mai 68 ; deux ans plus tard, l'État le juge non pour ce qu'il a fait mais pour ce qu'il appartient, et Sartre publie les minutes du procès.

Alain Geismar a trente et un ans en 1970. Physicien, maître-assistant à la faculté des sciences de Paris, il a été en mai 1968 secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur, l'un des trois dirigeants avec Cohn-Bendit et Sauvageot que la presse a désignés comme les meneurs du mouvement.

Après le reflux de Mai, il rompt avec le syndicalisme et rejoint la Gauche prolétarienne, organisation maoïste fondée en 1968 par Benny Lévy, qui prône l'établissement des militants en usine, l'action directe et la "résistance populaire" contre l'État qualifié de fasciste. La GP publie La Cause du peuple.

Le ministre de l'Intérieur Raymond Marcellin, spécialiste de la répression des mouvements gauchistes, fait dissoudre la Gauche prolétarienne en mai 1970 en application de la loi de 1936 sur les ligues. Les directeurs successifs de La Cause du peuple sont arrêtés. Jean-Paul Sartre en prend alors la direction, calculant que le gouvernement n'osera pas emprisonner l'auteur de La Nausée. Le calcul est juste : Sartre vend le journal dans la rue sans être inquiété, tandis que des militants anonymes sont condamnés.

Geismar est arrêté en juin 1970. Le procès se tient les 20, 21 et 22 octobre 1970 au Palais de Justice. Le chef d'accusation est la reconstitution de ligue dissoute. Il est condamné le 20 octobre à dix-huit mois de prison, puis de nouveau le 24 novembre devant la Cour de sûreté de l'État à deux ans. Il subira quatre procès entre septembre 1970 et mai 1971.

Sa défense est un manifeste politique. Ses déclarations sont publiées chez Maspero sous les titres "Pourquoi nous combattons" et "Le Prix de la liberté." Sartre préface les minutes du procès.

Geismar quittera la politique révolutionnaire après la dissolution de la GP en 1973. Il deviendra inspecteur général de l'Éducation nationale, puis directeur de l'enseignement scolaire sous le gouvernement Jospin.

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Événement
1883
22 juin 1883
t2 p 142
Dans le box de la Cour d'assises de la Seine, une femme en noir se lève : elle ne plaide pas l'innocence, elle revendique le pillage. Le 9 mars 1883, l'esplanade des Invalides accueille un rassemblement de sans-travail o …

Dans le box de la Cour d'assises de la Seine, une femme en noir se lève : elle ne plaide pas l'innocence, elle revendique le pillage.

Le 9 mars 1883, l'esplanade des Invalides accueille un rassemblement de sans-travail organisé par la chambre syndicale des menuisiers. Plusieurs centaines d'ouvriers au chômage s'y pressent dans le froid. Louise Michel est là, comme toujours quand la misère déborde dans la rue. Depuis la Commune, depuis la déportation en Nouvelle-Calédonie et le retour triomphal de 1880, elle est devenue la figure la plus visible du mouvement révolutionnaire parisien — et la plus surveillée.

Ce jour-là, elle improvise un geste qui va marquer l'histoire du mouvement ouvrier : elle fixe un vieux jupon noir sur un manche à balai et brandit ce drapeau de fortune à la tête du cortège. C'est la première apparition du drapeau noir dans une manifestation en France. Le symbole, qui deviendra l'emblème de l'anarchisme international, naît ainsi d'un chiffon et d'un manche à balai dans les mains d'une ancienne institutrice.

Le cortège s'ébranle. Les manifestants descendent vers le faubourg Saint-Germain. La colère et la faim font le reste : trois boulangeries sont pillées, rue du Four, rue des Canettes, boulevard Saint-Germain. Les vitrines volent, le pain est distribué. Aux côtés de Louise Michel, Émile Pouget — futur fondateur du Père Peinard — participe à l'action. L'affaire tourne à l'émeute de la faim, brève et brutale.

Les arrestations suivent. Louise Michel est inculpée d'« excitation au pillage ». Son procès s'ouvre le 21 juin 1883 devant la Cour d'assises de la Seine, au Palais de Justice. L'accusée refuse tout avocat. Elle assure elle-même sa défense et transforme le box en tribune. Elle ne nie rien, ne regrette rien. Elle interpelle les jurés : « Ce n'est pas nous qu'on poursuit, c'est le parti anarchiste que l'on poursuit en nous. » Elle explique que le vrai crime est la misère, que les affamés qui prennent du pain ne sont pas des voleurs mais des victimes d'un ordre social qui les condamne à crever.

Le 22 juin, le verdict tombe : six ans de réclusion et dix ans de surveillance de haute police. La sévérité de la peine confirme ce que Louise Michel proclame — c'est bien un procès politique. Le pouvoir républicain, qui se veut héritier de 1789, envoie en prison celle qui a pris la misère au mot. Les boulangeries pillées de la rue du Four n'étaient qu'un prétexte ; ce que la République ne supporte pas, c'est cette femme debout qui refuse de courber la tête et qui dit tout haut ce que la rue pense tout bas.

Louise Michel entre à la prison de Saint-Lazare, puis sera transférée à Clermont. Elle ne sortira qu'en janvier 1886, graciée par le président Grévy sous la pression de l'opinion. Elle reprendra aussitôt ses activités militantes, comme si ces trois années de cellule n'avaient été qu'une parenthèse.

Sur le manche à balai de l'esplanade des Invalides, le jupon noir claque encore.

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Événement
1905
23 avril 1905 — Salle du Globe (chez Favre)
t2 p 176
Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans. Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de …

Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans.

Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de Strasbourg, pour fonder ce que la France attend depuis vingt ans : un parti socialiste unifié. Ils viennent de trois organisations rivales qui se sont combattues avec une férocité dont seule la gauche a le secret. Le Parti socialiste de France de Jules Guesde, marxiste orthodoxe, partisan de la lutte de classes sans compromis. Le Parti socialiste français de Jean Jaurès, tribun, humaniste, ouvert à l'alliance républicaine. Et le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane, ouvriériste, méfiant envers les intellectuels et les parlementaires.

L'ordre d'Amsterdam L'unification ne vient pas de Paris — elle vient d'en haut. Au congrès d'Amsterdam de l'Internationale ouvrière, en août 1904, les socialistes du monde entier ont mis les Français au pied du mur. La motion dite « de Dresde-Amsterdam », portée par Bebel et soutenue par Guesde, condamne le « révisionnisme » et le « ministérialisme » — comprendre : l'entrée de Millerand dans un gouvernement bourgeois en 1899, que Jaurès avait défendue. L'Internationale exige l'unité des socialistes français dans un parti de classe, et Jaurès s'incline.

Le congrès de Rouen, en mars 1905, règle les questions préparatoires. Le Globe, un mois plus tard, scelle la fusion. La Section française de l'Internationale ouvrière — SFIO — naît le 25 avril, avec ses 35 000 adhérents, ses fédérations départementales, son journal (L'Humanité, fondé par Jaurès un an plus tôt), et une doctrine de compromis : révolutionnaire dans les textes, parlementaire dans la pratique.

L'unité fragile La salle du Globe résonne de vivats — « Vive l'unité socialiste ! » — mais les fractures n'ont pas disparu. Guesde et Jaurès ne sont d'accord sur presque rien : ni sur la guerre, ni sur la colonisation, ni sur la participation gouvernementale, ni sur le rapport à la République bourgeoise. L'unité tient parce que l'Internationale l'impose et que personne n'ose la briser.

Elle tiendra quinze ans. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité du parti votera l'adhésion à la IIIe Internationale de Lénine et fondera le Parti communiste. La minorité gardera le sigle SFIO et le nom de Jaurès — tué entre-temps, le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à quelques rues d'ici.

Boulevard de Strasbourg, la salle du Globe a disparu. Le socialisme unifié aussi.

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Événement
1949
20 avril 1949 — Salle Pleyel
t2 p 251
Sur l'affiche, une colombe dessinée par Picasso. Dans la salle, deux mille délégués venus construire la paix — celle de Moscou. Le 20 avril 1949, la Salle Pleyel, 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, accueille l'ouverture d …

Sur l'affiche, une colombe dessinée par Picasso. Dans la salle, deux mille délégués venus construire la paix — celle de Moscou.

Le 20 avril 1949, la Salle Pleyel, 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, accueille l'ouverture du premier Congrès mondial des partisans de la paix. Deux mille délégués représentant plus de soixante-dix pays s'installent dans la grande salle Art déco. Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de chimie et haut-commissaire à l'énergie atomique, préside les travaux. La séance inaugurale est filmée par Louis Daquin pour les actualités.

Le congrès se veut un appel universel contre la guerre, contre la bombe atomique, pour le désarmement. Pendant quatre jours, les discours se succèdent. Paul Robeson, dont la voix de basse fait trembler les murs, bouleverse l'assistance. Aragon est là, en terrain conquis. L'écrivain soviétique Alexandre Fadeïev tonne contre l'impérialisme américain. W.E.B. Du Bois, venu des États-Unis, apporte la caution du combat anticolonial et antiraciste. Le meeting de clôture, le 24 avril, déborde la Salle Pleyel : c'est au stade Buffalo, à Montrouge, que les partisans de la paix se rassemblent en masse.

L'affiche du congrès est une lithographie de Picasso — une colombe blanche, simple et nue, qui deviendra l'un des symboles graphiques les plus reproduits du XXe siècle. Picasso, qui a adhéré au PCF en 1944, l'a dessinée dans son atelier de la rue des Grands-Augustins. La colombe fera le tour du monde.

Prague, l'autre congrès

Mais la paix de la Salle Pleyel a un angle mort. Les autorités françaises ont refusé les visas aux délégués des pays de l'Est — un congrès parallèle se tient donc à Prague, sous la houlette des partis communistes au pouvoir. Le mouvement, présenté comme « au-dessus des blocs », est en réalité piloté depuis Moscou. Le Kominform, créé en 1947, en a fixé la ligne : mobiliser les intellectuels occidentaux contre le plan Marshall et le pacte Atlantique, signé huit jours plus tôt, le 4 avril 1949.

Le PCF, qui fournit l'essentiel de l'infrastructure en France, ne s'en cache qu'à demi. Joliot-Curie, tout prix Nobel qu'il soit, sera démis de ses fonctions de haut-commissaire à l'énergie atomique un an plus tard, en avril 1950, pour avoir déclaré au congrès de Stockholm qu'il ne fabriquerait « jamais » la bombe. Les partisans de la paix récolteront des millions de signatures pour l'Appel de Stockholm — mais la paix qu'ils proposent coïncide, trait pour trait, avec les intérêts stratégiques de l'URSS.

L'épisode illustre l'une des grandes ambiguïtés de la Guerre froide à Paris : des causes justes — le refus de la bombe, le désarmement, l'anticolonialisme — instrumentalisées par un appareil d'État qui, au même moment, maintient des millions de personnes dans les camps du Goulag. La colombe de Picasso, elle, a survécu à tout cela. Elle orne encore des murs, des timbres, des affiches — détachée, désormais, de la salle où elle est née.

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Événement
1906
14 juin 1906
t2 p 178
Congrès du Conseil International des Femmes ; il compte 70 000 adhérentes en France ; la présidente atteste "l'inanité du principe socialiste de la lutte de classe"
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Événement
1800
10 octobre 1800 — Théâtre Montansier/Salle Louvois (alors Opéra de Paris)
t2 p 26
Conspiration des poignards, projet d'assassinat du 1er consul ; peut-être une provocation policière
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Événement
1854
1854 — Pavillons des Halles
t2 p 92 & 117
Construction des pavillons des Halles, seconde construction à Paris réalisée en métal. Les "Forts des Halles" étaient la plus ancienne corporation parisienne, fondée par Louis IX en 1250. "Le Ventre de Paris" selon Émile …

Construction des pavillons des Halles, seconde construction à Paris réalisée en métal. Les "Forts des Halles" étaient la plus ancienne corporation parisienne, fondée par Louis IX en 1250. "Le Ventre de Paris" selon Émile Zola

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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
t2 p 26
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
t2 p 26
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1968
30 mai 1968 — Avenue des Champs-Élysées
t2 p 277-279
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Événement
1946
19 juin 1946 — Siège du Parti communiste français (depuis 1937)
t2 p 248
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Événement
1797
4 septembre 1797
t2 p 24
Coup d'État antiroyaliste du 18 fructidor ; Augereau arrête le général Ramel, soupçonné de sympathies royalistes
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Événement
1957
15 juin 1957 — Ministère du Sahara
t2 p 261
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Événement
Date imprécise — Maison St Marcel/Hospice Ste Anne
t2 p 118
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Événement
1828
11 avril 1828
t2 p 61 & 189
Création de la 1ère ligne d'omnibus à chevaux à Paris. Dérivé du latin "Omnes Omnibus". Viendront ensuite les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises et les Tricycles. Le 11 avril …

Création de la 1ère ligne d'omnibus à chevaux à Paris. Dérivé du latin "Omnes Omnibus". Viendront ensuite les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises et les Tricycles.

Le 11 avril 1828, place de la Madeleine, part le premier omnibus parisien — une grande voiture à chevaux pouvant transporter quatorze voyageurs, tirée par trois chevaux, desservant la ligne Madeleine-Bastille toutes les quinze minutes. Le prix du trajet : vingt-cinq centimes, quelle que soit la distance. Le mot vient du latin omnibus, datif pluriel de omnis : « pour tous ». C'était l'idée — un véhicule accessible à tous, pas seulement aux riches qui pouvaient se payer un fiacre.

L'inventeur s'appelle Stanislas Baudry, ancien colonel de l'Empire mis en demi-solde sous la Restauration. Il exploitait une minoterie et des bains publics à Nantes, et avait organisé une navette pour amener les clients depuis le centre-ville jusqu'à son établissement. Il remarqua que ses voitures prenaient des passagers en cours de route, qui n'allaient pas aux bains mais voulaient simplement se déplacer. Il abandonna les bains, obtint l'autorisation du préfet de police De Belleyme en janvier 1828, et vint à Paris monter son Entreprise Générale des Omnibus avec dix lignes simultanées.

Le succès fut foudroyant — entre avril et octobre 1828, plus de deux millions et demi de voyageurs empruntèrent les omnibus parisiens. En quelques mois, une quinzaine de compagnies concurrentes envahirent le pavé, portant des noms charmants : les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises, les Hirondelles, les Gazelles. Chacune avait ses couleurs, ses itinéraires, sa clientèle. Paris se dotait d'un réseau de transport en commun — précurseur de la future Compagnie Générale des Omnibus, ancêtre de la RATP.

Baudry, lui, ne vit pas son succès prospérer. Laminé par la concurrence et criblé de dettes, il se suicida en mars 1830 en se jetant dans le canal Saint-Martin. Le dernier omnibus hippomobile circula à Paris le 11 janvier 1913 — à corriger sur la fiche, qui indique 1912.

L'omnibus à chevaux circula jusqu'en 1912, progressivement supplanté par le tramway électrique puis par l'autobus. Baudry, lui, ne vit pas son succès durer : criblé de dettes malgré la popularité de ses véhicules, il se suicida en 1830, deux ans après son invention.

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Événement
Événement
Événement
Événement
1792
11 décembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 17
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Événement
1958
31 mai 1958 — Hôtel Lapérouse/Bureaux de Charles de Gaulle (avant 1958)
t2 p 263
Déclaration du général Charles de Gaulle, désigné par René Coty comme président du Conseil ; il utilise la menace d'un coup d'État militaire pour se faire accorder les pleins pouvoirs
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Événement
1795
5 octobre 1795 — Batterie de canons le 13 Vendémiaire
t2 p 20
Barras cherche un général disponible ; il tombe sur un Corse de vingt-six ans sans emploi, qui fait tirer au canon dans la rue Saint-Honoré : la carrière de Napoléon commence là. L'automne 1795 est le moment où la Révolu …

Barras cherche un général disponible ; il tombe sur un Corse de vingt-six ans sans emploi, qui fait tirer au canon dans la rue Saint-Honoré : la carrière de Napoléon commence là.

L'automne 1795 est le moment où la Révolution se referme. La Convention thermidorienne a écrasé les sans-culottes en germinal et en prairial an III. Elle a voté une nouvelle Constitution, celle de l'an III, et le décret des deux tiers, qui impose que les deux tiers des membres des futurs Conseils soient choisis parmi les conventionnels sortants. La droite royaliste et modérée, qui espérait reprendre le pouvoir par les urnes, se voit confisquer sa victoire annoncée.

Les sections parisiennes se soulèvent. Le noyau de l'insurrection est la section Le Peletier, autour de la Bourse, milieu de banquiers et de rentiers, noyautée par des agents royalistes dont le baron de Batz. Le mouvement rassemble une trentaine de milliers d'hommes des sections bourgeoises de l'Ouest et du centre.

La Convention n'a que cinq mille hommes. Barras est nommé commandant des forces de l'intérieur. Il cherche un officier capable ; Joubert, son premier choix, vient d'être tué. Il fait appeler un général corse de vingt-six ans, sans affectation depuis sa disgrâce post-thermidorienne : Napoléon Bonaparte, qui loge à l'auberge du Cadran Bleu, rue de la Huchette.

Bonaparte agit vite. Il envoie Murat chercher au camp des Sablons quarante canons, qu'il fait mettre en batterie aux abords des Tuileries : rue Saint-Honoré, rue Saint-Roch, rue de l'Échelle, rue de Rohan, place du Palais-Royal.

Le 5 octobre 1795, 13 Vendémiaire an IV, les colonnes insurgées avancent. Bonaparte fait tirer à la mitraille dans les rues étroites. Les marches de l'église Saint-Roch, où les insurgés se sont retranchés, portent encore aujourd'hui des impacts. Le combat dure quelques heures. Environ deux cents morts dans chaque camp. Le Palais-Royal et le Théâtre Français sont pris d'assaut à la tombée de la nuit.

Bonaparte est nommé général de division, puis commandant de l'armée d'Italie six mois plus tard. Le régime a été sauvé par un militaire : il vient d'apprendre qu'il dépend de lui. Quatre ans plus tard, le 18 Brumaire, il n'y aura plus besoin de canons.

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Événement
1938
17 janvier 1938 — Cache d'armes du Comité secret d'action révolutionnaire (la Cagoule)
t2 p 234
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Événement
1959
30 décembre 1959 — Marcadet Palace/Paris-Cocktail
t2 p 264
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Événement
1973
3 décembre 1973 — Siège du journal "Le Canard enchaîné"
t2 p 285
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Événement
Événement
Événement
1874
19 janvier 1874 — Théâtre national de l'Opéra/Salle Ventadour/Salle de l'Opéra de Paris (la douzième, salle provisoire)
t2 p 130
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Événement
1859
Événement
1907
10 juin 1907 — Hall du journal "L'Illustration"
t2 p 180
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Événement
1908
22 janvier 1908 — Salle du théâtre Fémina (dans les sous-sols)
t2 p 181
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Événement
1896
Événement
1979
2 novembre 1979 — Demeure de Jacques Mesrine
t2 p 296
Dernière cachette de Jacques Mesrine avant d'être abattu Porte de Clignancourt ; un "héros" dont le seul mérite était d'avoir ridiculisé la police, qui lui fit payer cher
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Événement
1848
25 juin 1848 — Chantier de l'hôpital Louis-Philippe/Chantier de l'hôpital Lariboisière
t2 p 88
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Événement
1790
14 juillet 1790
t2 p 14-15
Des délégations des départements viennent prêter serment de fidélité à la Nation. Talleyrand, chargé de dire la messe sur "l'Autel de la Patrie", aurait demandé à son assistant : "surtout, ne me faites pas rire"
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Événement
1871
16 mai 1871
t2 p 127-128
Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant abse …

Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant absents

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Événement
1972
28 novembre 1972 — Prison de la Santé (dernier lieu d'exécutions capitales à Paris)
t2 p 284
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Événement
1930
6 mars 1930
t2 p 220
Échauffourées entre la police et des militants communistes lors d'une journée internationale de lutte contre le chômage, appelée le "Jeudi rouge" du fait d'affrontements sanglants à New York
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Événement
1980
6 mars 1980 — Institut de France/Académie française
t2 p 296-297
En ce jeudi 6 mars 1980, les quarante fauteuils de l'Académie française basculent dans une ère nouvelle. Réunis quai de Conti, les Immortels élisent Marguerite Yourcenar au fauteuil n° 3, vacant depuis la mort de Roger C …

En ce jeudi 6 mars 1980, les quarante fauteuils de l'Académie française basculent dans une ère nouvelle. Réunis quai de Conti, les Immortels élisent Marguerite Yourcenar au fauteuil n° 3, vacant depuis la mort de Roger Caillois. Elle est la première femme à franchir ce seuil en trois cent quarante-cinq ans d'existence de la vénérable institution.

L'événement n'allait pas de soi. Depuis sa fondation par Richelieu en 1635, l'Académie avait toujours su trouver des raisons — parfois grotesques — d'écarter les femmes de lettres, fussent-elles George Sand ou Colette. La candidature de Yourcenar, portée avec constance par Jean d'Ormesson, fit sauter ce verrou séculaire, non sans résistances.

L'autrice des Mémoires d'Hadrien et de L'Œuvre au Noir vivait depuis des décennies dans l'île des Monts-Déserts, dans le Maine américain, loin des salons parisiens. Cette distance géographique — et symbolique — n'empêcha pas la consécration. Sa réception solennelle sous la Coupole aura lieu le 22 janvier 1981, devant un parterre ébloui et une presse mondiale.

Pour Paris, pour le 6e arrondissement, pour ce quai de Conti dont les pierres ont vu passer tant d'académiciens en habit vert, cette journée marque une rupture irréversible. Désormais, l'Académie ne pourra plus prétendre incarner la langue française en ignorant la moitié de ceux qui la parlent.

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Événement
Événement
1792
20 juin 1792
t2 p 16
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1795
20 mai 1795
t2 p 22-23
Émeutes de Prairial ; dernière insurrection des Sans-culottes qui occupent, avec le soutien des derniers députés Montagnards de "le Crête", la Convention et l'Hôtel de Ville
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Événement
1795
21 mai 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 22
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Événement
1892
8 novembre 1892 — Commissariat de Police de la rue des Bons Enfants
t2 p 156
Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enf …

Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enfants

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Événement
1930
26 janvier 1930 — Rue Oudinot
t2 p 220 & 221
Enlèvement de l'ex général Koutiepoff, président de la Fédération des anciens combattants russes, anticommuniste, comptant environ 60 000 membres ; sans doute par les services soviétiques
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Événement
1965
29 octobre 1965 — Brasserie Lipp
t2 p 274
Deux inspecteurs de la police française l'embarquent en plein boulevard Saint-Germain à midi ; on ne l'a jamais revu. Mehdi Ben Barka a quarante-cinq ans. Mathématicien, ancien précepteur du jeune Hassan II, il a été l'u …

Deux inspecteurs de la police française l'embarquent en plein boulevard Saint-Germain à midi ; on ne l'a jamais revu.

Mehdi Ben Barka a quarante-cinq ans. Mathématicien, ancien précepteur du jeune Hassan II, il a été l'un des dirigeants du mouvement pour l'indépendance du Maroc, puis président de l'Assemblée consultative après 1956. Passé à l'opposition, fondateur de l'Union nationale des forces populaires, il rompt avec la monarchie et s'exile en 1963 après avoir été condamné à mort par contumace.

Il est devenu une figure du tiers-mondisme international. Il prépare pour janvier 1966 à La Havane la Conférence tricontinentale, qui doit réunir les mouvements révolutionnaires d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Il en est le principal organisateur. Cette fonction fait de lui une cible pour plusieurs services : marocains, français, israéliens, américains.

Le 29 octobre 1965, vers midi, il arrive devant la brasserie Lipp, 151 boulevard Saint-Germain dans le 6e arrondissement. Il croit se rendre à un rendez-vous concernant un projet de film documentaire sur la décolonisation, monté de toutes pièces comme appât.

Deux hommes l'abordent et lui présentent une carte de police. Ce sont Louis Souchon et Roger Voitot, inspecteurs de la brigade des stupéfiants de la préfecture de police de Paris. Ils l'emmènent dans une voiture. Antoine Lopez, agent du SDECE et employé d'Air France à Orly, est de l'opération.

Ben Barka est conduit dans une villa de Fontenay-le-Vicomte, où le général Oufkir, ministre de l'Intérieur marocain, et Ahmed Dlimi seraient arrivés. Il disparaît. Son corps n'a jamais été retrouvé.

L'affaire provoque une crise majeure. De Gaulle, furieux d'avoir été joué sur son propre territoire, rompt avec le Maroc et déclare que l'affaire est "vulgaire et subalterne." Deux procès aboutissent à des condamnations mineures. Oufkir, condamné par contumace, mourra en 1972 après un putsch manqué.

L'instruction judiciaire est toujours ouverte, soixante ans après. Les archives des services français restent en partie classifiées.

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Événement
Événement
1937
22 septembre 1937 — Bouche du métro Jasmin/Lieu probable de l'enlèvement du général Miller
t2 p 234
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Événement
Événement
Événement
1968
5 juillet 1968 — Faculté des sciences de Jussieu
t2 p 277
Ce matin-là, il n'y avait plus grand monde à évacuer. Le 5 juillet 1968, les forces de l'ordre évacuent la faculté des sciences de l'université de Paris, place Jussieu, dans le 5e arrondissement. C'est l'un des derniers …

Ce matin-là, il n'y avait plus grand monde à évacuer.

Le 5 juillet 1968, les forces de l'ordre évacuent la faculté des sciences de l'université de Paris, place Jussieu, dans le 5e arrondissement. C'est l'un des derniers bâtiments encore occupés à Paris. Mais le campus est presque vide. Le mouvement qui avait paralysé la France pendant six semaines s'est éteint bien avant cette matinée de juillet.

Tout avait commencé en mai. La Sorbonne occupée, la nuit des barricades du 10 au 11 mai dans le Quartier latin, la grève générale du 13 — des millions de travailleurs, les usines bloquées, la France entière à l'arrêt. Le 29 mai, de Gaulle disparaît, rejoignant en secret le général Massu à Baden-Baden. Le pays croit la République vacillante. Le lendemain, il revient, prononce à la radio un discours de quatre minutes, annonce des élections. Le 30 mai, une foule immense défile en sa faveur sur les Champs-Élysées.

Les élections des 23 et 30 juin donnent à la majorité gaulliste un triomphe sans précédent sous la Ve République. Les Français ont eu peur, et la peur a voté. Le 16 juin, la police avait déjà repris la Sorbonne sans résistance notable. Les grandes centrales syndicales avaient accepté les accords de Grenelle fin mai. Les usines avaient repris. La grève s'était défaite d'elle-même.

Il reste quelques dizaines d'étudiants à Jussieu, dans des salles décorées d'affiches, où traînent des tracts et des journaux de comités d'action. Le 5 juillet, les policiers entrent. Il n'y a pas de heurts.

La séquence avait duré sept semaines. Elle avait semblé tout remettre en question — l'université, le travail, le pouvoir, les mœurs. Elle se conclut par une opération de police ordinaire sur un campus d'été déserté.

Pourtant, la loi Edgar Faure d'orientation de l'enseignement supérieur est votée dès novembre 1968. Autonomie universitaire, participation des étudiants aux conseils, pluridisciplinarité : les réformes réclamées depuis des années sont adoptées dans les mois qui suivent la défaite. Ce que la révolution n'avait pas obtenu, la défaite l'accorde.

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Événement
1793
16 octobre 1793
t2 p 20
On l'accusa d'espionnage, de dilapidation, puis d'inceste : le tribunal savait qu'il jugeait moins une reine qu'une femme étrangère, et la foule le savait aussi. Marie-Antoinette d'Autriche a été transférée de la prison …

On l'accusa d'espionnage, de dilapidation, puis d'inceste : le tribunal savait qu'il jugeait moins une reine qu'une femme étrangère, et la foule le savait aussi.

Marie-Antoinette d'Autriche a été transférée de la prison du Temple à la Conciergerie le 2 août 1793. Son mari a été guillotiné le 21 janvier. Son fils lui a été arraché en juillet et confié au cordonnier Simon. La France est en guerre contre l'Europe coalisée, la Vendée est soulevée, la Convention a instauré la Terreur en septembre.

Le procès s'ouvre le 14 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Les chefs d'accusation sont politiques : intelligence avec les puissances étrangères, transmission de plans militaires à l'Autriche, dilapidation du Trésor. Elle a effectivement correspondu avec Vienne et Bruxelles, transmis des informations, appelé de ses vœux l'intervention étrangère contre la Révolution. Ces faits sont établis.

Puis Hébert, procureur de la Commune, ajoute une accusation d'inceste avec son fils de huit ans, sur la foi d'une déclaration extorquée à l'enfant. Marie-Antoinette refuse d'abord de répondre, puis lance à l'assemblée : "J'en appelle à toutes les mères qui se trouvent ici." La salle frémit. Robespierre lui-même jugera cette manœuvre imbécile et désastreuse. Elle révèle ce que le procès contenait d'autre chose que du politique : la haine de l'Autrichienne, accumulée depuis vingt ans par les libelles pornographiques qui la représentaient en débauchée, en dévoreuse, en étrangère corruptrice.

Le verdict tombe le 16 octobre à quatre heures du matin : mort. À midi, elle traverse Paris debout dans une charrette, les mains liées derrière le dos, les cheveux coupés. David la croque au passage, vieillie, hautaine. À douze heures quinze, elle est guillotinée place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Elle a trente-sept ans.

Son corps est jeté dans une fosse commune du cimetière de la Madeleine. Louis XVIII le fera exhumer en 1815 pour l'inhumer à Saint-Denis. La chapelle expiatoire, rue Pasquier, marque l'emplacement de la fosse.

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Événement
1793
31 octobre 1793
t2 p 20
Ils étaient les orateurs les plus brillants de la Révolution ; ils meurent en chantant, à raison d'une tête toutes les cent secondes. Ils étaient de la Révolution depuis le premier jour. Brissot avait fondé la Société de …

Ils étaient les orateurs les plus brillants de la Révolution ; ils meurent en chantant, à raison d'une tête toutes les cent secondes.

Ils étaient de la Révolution depuis le premier jour. Brissot avait fondé la Société des amis des Noirs et lancé la guerre contre les rois. Vergniaud avait prononcé les discours qui firent tomber la monarchie. Carra dirigeait les Annales patriotiques. Fauchet, évêque constitutionnel, prêchait un christianisme égalitaire au Cercle social.

Ils ont perdu contre la Montagne pour des raisons qui tiennent à la fois à la politique et à la géographie. Ils voulaient contenir Paris, dont les sections armées faisaient la loi ; ils s'opposaient au maximum des prix et aux mesures économiques réclamées par les sans-culottes ; ils avaient soutenu la guerre puis dénoncé la Terreur. Le 2 juin 1793, les sections encerclèrent la Convention et obtinrent leur arrestation.

Le procès s'ouvre le 24 octobre. Ils se défendent si efficacement que la Convention vote un décret permettant au président du tribunal de clore les débats. Le verdict tombe le 30 : vingt et un condamnés à mort. Dufriche-Valazé se poignarde à l'annonce.

Le 31 octobre 1793, ils sont conduits en charrettes place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Le corps de Valazé est transporté avec eux et décapité comme les autres. Les témoins rapportent qu'ils chantent La Marseillaise, et que le chant faiblit à mesure que les voix disparaissent.

L'exécution des vingt et un dure trente-six minutes. Sanson opère à une cadence de moins de deux minutes par condamné.

La guillotine parisienne fera au total deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-huit victimes, dont mille cent dix-neuf sur cette seule place. Neuf mois plus tard, ceux qui les ont envoyés à la mort y monteront à leur tour.

La Gironde n'était pas un parti mais un ensemble d'affinités et de réseaux. Sa chute laisse la Convention aux Montagnards, et les Montagnards seuls face à eux-mêmes.

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Événement
1913
21 avril 1913 — Guillotine à l'angle de la prison de la Santé (à partir de 1899)
t2 p 190
La guillotine est montée depuis trois heures du matin. Les badauds affluent. Trois hommes qui avaient déclaré la guerre à la société vont découvrir ce qu'elle réserve aux vaincus. Le 21 avril 1913, aux premières lueurs d …

La guillotine est montée depuis trois heures du matin. Les badauds affluent. Trois hommes qui avaient déclaré la guerre à la société vont découvrir ce qu'elle réserve aux vaincus.

Le 21 avril 1913, aux premières lueurs du jour, le bourreau Anatole Deibler et ses aides dressent la mécanique au croisement du boulevard Arago et de la rue de la Santé, face à la prison du même nom. C'est ici, depuis 1899, que Paris exécute ses condamnés — le dernier emplacement en plein air d'une pratique qui durera encore vingt-six ans avant d'être reléguée dans les cours de prison.

Trois hommes sont tirés de leurs cellules : Raymond Callemin, vingt-trois ans, dit « Raymond la Science » ; André Soudy, vingt et un ans ; Étienne Monier, dit « Simentoff ». Tous les trois sont membres de la bande à Bonnot, le groupe d'anarchistes illégalistes qui a terrorisé Paris et sa banlieue de décembre 1911 à avril 1912. L'exécution des trois hommes dure à peine deux minutes.

L'illégalisme en automobile La bande à Bonnot, c'est d'abord une rupture technique : pour la première fois, des braqueurs utilisent l'automobile. Le 21 décembre 1911, Jules Bonnot et ses complices attaquent un garçon de recette de la Société Générale rue Ordener, à bord d'une Delaunay-Belleville volée. La presse s'enflamme — les « bandits en auto » deviennent l'obsession de la France entière. S'ensuivent des mois de braquages, de fusillades et de cavales, avant que Bonnot lui-même ne soit abattu lors du siège de Choisy-le-Roi, le 28 avril 1912, et Garnier et Valet tués à Nogent-sur-Marne quelques semaines plus tard.

Les survivants — Callemin, Soudy, Monier, Dieudonné et une quinzaine d'autres — sont jugés en février 1913. Le procès est un spectacle. Callemin, brillant et provocateur, revendique l'illégalisme au nom de l'anarchisme individualiste : puisque la propriété est un vol, le vol est une restitution. Soudy, phtisique, à peine majeur, a l'air d'un enfant égaré. Monier se tait. Quatre condamnations à mort sont prononcées. Dieudonné, qui clame son innocence, obtient la grâce présidentielle — il sera envoyé au bagne de Cayenne, d'où il ne reviendra qu'en 1927, réhabilité.

Le boulevard et la lame Boulevard Arago, la foule est considérable. Les exécutions publiques attirent toujours du monde — c'est d'ailleurs ce scandale du spectacle qui finira par provoquer leur suppression. Les trois têtes tombent dans un silence relatif. Callemin, dit-on, aurait lancé un dernier mot — les témoignages divergent sur ce qu'il fut.

La guillotine continuera de fonctionner au même endroit pendant encore un quart de siècle. Aujourd'hui, cinq dalles de granit, à l'angle du boulevard et de la rue de la Santé, marquent l'emplacement exact où se dressait l'échafaud. On passe devant sans les voir.

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Événement
1816
6 juillet 1816
t2 p 43
Ce matin de juillet 1816, les Parisiens voient quelque chose qu'ils n'ont pas vu depuis des décennies : un bourreau trancher un poing avant de faire fonctionner la guillotine. Jacques Pleignier est corroyeur. Nicolas Car …

Ce matin de juillet 1816, les Parisiens voient quelque chose qu'ils n'ont pas vu depuis des décennies : un bourreau trancher un poing avant de faire fonctionner la guillotine.

Jacques Pleignier est corroyeur. Nicolas Carbonneau, maître d'écriture. Edmé Tolleron, ciseleur. Trois artisans du Paris populaire qui n'ont pas fait leur deuil de la Révolution. La monarchie restaurée va les traiter en régicides.

Quelques mois plus tôt, un homme a fait son apparition dans leurs cercles. Il se nomme Scheltein — indicateur de la police du ministre Élie Decazes. Pendant deux mois, il les observe, les encourage, participe à leurs réunions clandestines, les aide à distribuer des cartes de reconnaissance et à rédiger une proclamation appelant au renversement du gouvernement royal. Puis, quand les preuves sont suffisantes, il dénonce tout.

Le 27 juin 1816, vingt-huit accusés comparaissent devant la cour d'assises de la Seine. Le juré Flacon Rochelle, avocat à la Cour de cassation, réclame une instruction plus minutieuse — il pressent la manipulation. La cour refuse. Après quelques jours de débats, Pleignier, Carbonneau et Tolleron sont condamnés pour complot et crime de lèse-majesté à la peine des parricides : le poing droit coupé et la tête tranchée dans le mode prescrit par la Loi. Huit autres accusés écopent de la déportation.

Le supplice du poing coupé est une relique de l'Ancien Régime. Personne ou presque ne l'avait vu appliqué depuis des décennies. La Restauration l'exhume pour trois artisans dont la conspiration a été organisée de bout en bout par un indicateur de police.

L'opération répond à une double logique. Afficher la fermeté de la monarchie face à toute velléité républicaine ou bonapartiste. Et surtout, justifier l'arsenal répressif que la Chambre introuvable — la majorité ultra-royaliste sortie des urnes en août 1815 dans un climat de Terreur blanche — accumule depuis un an : loi de sûreté générale suspendant les libertés individuelles, loi sur les écrits séditieux, rétablissement des cours prévôtales sans jury ni appel. Pour cela, il fallait un complot. La police en a fabriqué un.

Place de Grève, devant la façade de l'Hôtel de Ville, trois artisans paient de leur main et de leur tête la politique répressive de la Seconde Restauration. Un corroyeur, un maître d'écriture, un ciseleur — gens de peu, que le pouvoir a traités comme des Ravaillac.

La place de Grève servira encore de théâtre aux exécutions publiques jusqu'en 1832. Après elles, la guillotine se déplacera vers d'autres rues, d'autres quartiers. Mais le mécanisme restera le même : un État qui fait fabriquer les complots dont il a besoin.

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Événement
1822
21 septembre 1822
t2 p 53
Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui. Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raou …

Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui.

Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin. Vingt à vingt-six ans. Sergents dans le 45e régiment d'infanterie de ligne, cantonné à La Rochelle en janvier 1822. Dans le secret de leur caserne, ils ont fondé une "vente" de la Charbonnerie, société secrète d'inspiration jacobine qui milite contre la Restauration. Leur rêve : renverser le régime de Louis XVIII, rétablir les libertés de 1789.

Le complot est éventé. Le procès se tient du 21 août au 5 septembre 1822. Les quatre sergents refusent de trahir leurs complices, dont plusieurs siégeront un jour dans les rangs du libéralisme et du républicanisme français. Ils sont condamnés à mort. La cour royale rejette le pourvoi en cassation.

Le 21 septembre 1822, à l'aube, ils sont conduits en place de Grève, devant l'Hôtel de Ville. La foule est dense. La guillotine fonctionne. Bories, le premier, embrasse ses camarades avant de monter à l'échafaud. Les témoins rapportent qu'ils gardent une dignité calme, comme des hommes qui savent pourquoi ils meurent.

Dans cette foule se trouve un lycéen de dix-sept ans, Louis-Auguste Blanqui, fils d'un ancien fonctionnaire de la République. Il a suivi le procès dans les journaux ; il est venu voir mourir ces hommes. Selon son biographe, il repart de la place de Grève avec une résolution qui ne le quittera plus jamais : venger les martyrs de la liberté. Dès 1823, il adhère à la Charbonnerie. Il passera la majeure partie de sa vie en prison pour activité révolutionnaire, au total plus de trente-trois ans de détention.

L'émeute éclate au moment de l'exécution. Des étudiants, des ouvriers, des républicains tentent de s'interposer. La garde les disperse. L'Europe libérale pleure les Quatre Sergents. Un monument leur est dédié au cimetière du Montparnasse. Les générations suivantes de républicains sauront leurs noms. Ce sont les martyrs qui forment les révolutionnaires.

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Événement
1794
28 juillet 1794
t2 p 20
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette. À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient i …

Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.

À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.

Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.

Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.

Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.

Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.

La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.

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Événement
1792
21 août 1792
t2 p 16
Exécution du chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux. Il avait constitué une importante organisation de provocateurs qui infiltraient les manifestations publiques révolutionnaires pour les faire dérape …

Exécution du chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux. Il avait constitué une importante organisation de provocateurs qui infiltraient les manifestations publiques révolutionnaires pour les faire déraper

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Événement
1812
29 octobre 1812 — Barrière de Grenelle
t2 p 37
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Événement
1794
5 avril 1794
t2 p 20
Exécution, place de la Révolution, des “Indulgents”, dits aussi les "citra", mêlés à des fripons compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes. Le 5 avril 1794, dix hommes montent sur l'échafaud pl …

Exécution, place de la Révolution, des “Indulgents”, dits aussi les "citra", mêlés à des fripons compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes.

Le 5 avril 1794, dix hommes montent sur l'échafaud place de la Révolution. Parmi eux : Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles, Westermann, Fabre d'Églantine. On les appelle les Indulgents — les citra, ceux qui sont allés trop loin dans la modération. Robespierre et Saint-Just ont décidé de leur mort.

Le tour de force de l'accusation fut de mélanger dans le même procès des hommes politiques qui réclamaient la fin de la Terreur et des corrompus compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes — Chabot, Basire, Delaunay, qui avaient touché des pots-de-vin pour truquer une loi financière. L'amalgame était délibéré : il permettait de salir les Indulgents par association et d'interdire toute défense cohérente.

Le procès avait été une mascarade — Danton rugissait si fort que le Comité de salut public avait fait voter un décret autorisant l'exclusion des accusés perturbateurs. Desmoulins avait déchiré ses actes d'accusation devant les juges. Rien n'y fit.

Danton monta le dernier. Sa dernière parole au bourreau : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine." Il avait quarante-quatre ans.

Desmoulins, qui avait lancé la Révolution au Palais-Royal en juillet 1789, qui avait réclamé la clémence dans son journal Le Vieux Cordelier, mourut à trente-trois ans. Sa femme Lucile, arrêtée peu après pour avoir tenté de le sauver, fut guillotinée huit jours plus tard.

Dix semaines après, Robespierre passait à son tour sous la lame.

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Événement
1896
12 janvier 1896 — Hôtel Scribe/Café Le Grand café Capucines (salon Indien au sous-sol)
t2 p 160
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Événement
1894
5 avril 1894 — Restaurant Foyot
t2 p 159
Le 5 avril 1894, une bombe explose au restaurant Foyot, 33 rue de Tournon, établissement bourgeois face au Sénat où se retrouvent parlementaires et gens de lettres. Plusieurs clients sont blessés. L'un d'eux, le poète sy …

Le 5 avril 1894, une bombe explose au restaurant Foyot, 33 rue de Tournon, établissement bourgeois face au Sénat où se retrouvent parlementaires et gens de lettres. Plusieurs clients sont blessés. L'un d'eux, le poète symboliste Laurent Tailhade, perd un œil.

L'ironie est cruelle. Un an plus tôt, le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant avait lancé une bombe dans l'hémicycle de la Chambre des députés — sans faire de morts. Tailhade avait alors déclaré à un dîner : "Qu'importent les victimes si le geste est beau !" La formule avait fait le tour de Paris.

Le voilà maintenant victime du geste beau. La presse s'empressa de noter la coïncidence. Tailhade, lui, ne renia pas ses convictions anarchisantes — mais perdit effectivement un œil dans l'explosion, dont l'auteur ne fut jamais identifié avec certitude.

Le Foyot était l'un des restaurants les plus fréquentés du quartier latin depuis le Second Empire. Zweig y dînera plus tard, Radiguet aussi — ce lieu qui sentait le Sénat et le pouvoir, juste en face du Luxembourg, attirait autant les politiques que les écrivains qui les observaient.

L'attentat du Foyot survient dans le contexte des années anarchistes : depuis 1892, Ravachol, puis Vaillant, puis Émile Henry ont ensanglanté Paris de leurs bombes. En juin 1894, le président Carnot sera assassiné à Lyon. La série prendra fin avec les lois scélérates qui musèlent la presse anarchiste.

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Événement
1894
20 février 1894 — Hôtel meublé/Attentat anarchiste
t2 p 159
Explosion d'une bombe dans une chambre où Rabardy a attiré la police, la tenancière seule est blessée ; action qui entraîne de nombreuses arrestations
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Événement
1961
4 avril 1961 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
t2 p 265
Le 4 avril 1961, à 14h40, une charge explosive d'environ 500 grammes explose dans les toilettes du premier étage de la Bourse de Paris. La sonnerie de fin des transactions avait retenti dix minutes plus tôt — les auteurs …

Le 4 avril 1961, à 14h40, une charge explosive d'environ 500 grammes explose dans les toilettes du premier étage de la Bourse de Paris. La sonnerie de fin des transactions avait retenti dix minutes plus tôt — les auteurs de l'attentat avaient peut-être délibérément attendu que la salle se vide. Quatorze personnes sont blessées, cinq hospitalisées à l'Hôtel-Dieu. Aucune vie n'est en danger.

Les dégâts sont importants. Les murs épais de trente centimètres sont soufflés, la porte projetée à cinq mètres, la verrière du plafond détruite, toutes les vitres de la façade nord brisées sur le trottoir. Dans la "coulisse" — la salle des courtiers en valeurs mobilières — les blessés ramassent des éclats de verre.

À 15h20, Maurice Papon arrive sur les lieux. Le préfet de police, qui depuis trois ans organise la répression des Algériens à Paris, sort de l'immeuble et déclare à la radio : "Je ne puis rien dire tant que l'enquête n'est pas terminée. Mais dans ce siècle, je ne m'étonne de rien."

L'enquête ne permettra pas d'identifier rapidement les auteurs — l'entrée de la Bourse était libre pour tous. Trois semaines plus tard, le putsch des généraux algérois tentera de renverser de Gaulle. Il échouera en quatre jours. Les plasticages parisiens, eux, continueront.

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Événement
1982
17 septembre 1982 — Attentat contre un diplomate israélien
t2 p 298
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Événement
1819
6 juillet 1819 — Chute du ballon de Sophie Blanchard
t2 p 46
Le 6 juillet 1819, à quarante et un ans, Sophie Blanchard s’élève une dernière fois dans le ciel de Paris depuis les jardins de Tivoli, alors situés près de la rue de Provence. Elle prévoyait d’illuminer la nuit d’un feu …

Le 6 juillet 1819, à quarante et un ans, Sophie Blanchard s’élève une dernière fois dans le ciel de Paris depuis les jardins de Tivoli, alors situés près de la rue de Provence. Elle prévoyait d’illuminer la nuit d’un feu d’artifice aérien, spectacle qu’elle maîtrisait depuis des années. Son ballon, gonflé à l’hydrogène, s’élève lentement au-dessus des arbres tandis que la foule acclame la frêle figure vêtue de blanc qui agite un drapeau lumineux.

Mais une fusée mal orientée met feu à l’enveloppe du ballon. L’aérostat, en flammes, dérive et vient heurter le toit d’un immeuble au coin des rues Chauchat et de Provence. La nacelle se renverse, projetant la courageuse aéronaute dans la rue. Retrouvée vivante, mais grièvement blessée, Sophie succombe quelques minutes plus tard, la nuque brisée.

Ainsi s’achève, à l’âge de 41 ans, la vie de celle que Napoléon appelait « l’aéronaute des fêtes impériales ». Sa mort spectaculaire bouleverse tout Paris. On la pleure comme une héroïne de l’ère nouvelle, figure de passion et de témérité dans la conquête du ciel. Elle repose aujourd’hui au cimetière du Père-Lachaise, division 13, sous une stèle ornée d’un ballon en flammes — symbole d’un destin consumé par la gloire.![[Mort de Sophie Blanchard|Sophie-Blanchard-Mort 1819.jpg]]

Mort de Sophie Blanchard, 1819

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Événement
1907
26 juillet 1907 — Couvent des Oiseaux (transformée en prison en 1794)
t2 p 180
Le 26 juillet 1907, les dernières religieuses du Couvent des Oiseaux furent expulsées de leurs bâtiments. C'était la deuxième fois que ce couvent devenait une prison. La première, c'était en 1794. Le Couvent des Oiseaux …

Le 26 juillet 1907, les dernières religieuses du Couvent des Oiseaux furent expulsées de leurs bâtiments. C'était la deuxième fois que ce couvent devenait une prison. La première, c'était en 1794.

Le Couvent des Oiseaux occupait les 84-88 de la rue de Sèvres et les 59-67 du boulevard des Invalides, dans le 7e arrondissement. Les Dames des Oiseaux y tenaient depuis des décennies une pension pour jeunes filles « de bonne famille » — une maison d'éducation choisie par l'aristocratie et la haute bourgeoisie catholiques. On y apprenait la piété, les langues, les arts.

En 1794, le couvent avait une première fois été converti en prison. Les religieuses revenues après la Révolution avaient repris leurs activités, reconstruisant à l'intérieur du régime laïque une enclave d'éducation confessionnelle qui traversa la Restauration, la Monarchie de Juillet et le Second Empire.

La loi de 1901 sur les associations, puis celle de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, mirent fin à ce monde. Sous le gouvernement Clemenceau, l'application des lois fut rigoureuse. Le 26 juillet 1907, les dernières religieuses furent expulsées. Les bâtiments furent transformés en prison — exactement comme en 1794.

Il est rare qu'un même bâtiment subisse deux fois la même transformation, sous deux régimes opposés, avec cent treize ans d'écart.

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Événement
1906
17 décembre 1906 — Hôtel de l'archevêché/Ministère du Travail
t2 p 178
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Événement
1959
16 octobre 1959
t2 p 264
Il saute la haie du square, sept balles crèvent sa voiture, et la France se demande depuis soixante-cinq ans s'il fut victime d'un piège ou complice d'une mise en scène. La nuit du 15 au 16 octobre 1959, François Mitterr …

Il saute la haie du square, sept balles crèvent sa voiture, et la France se demande depuis soixante-cinq ans s'il fut victime d'un piège ou complice d'une mise en scène.

La nuit du 15 au 16 octobre 1959, François Mitterrand rentre de la brasserie Lipp. Il a quarante-trois ans, il est sénateur de la Nièvre, ancien ministre de la Quatrième République, opposant au général de Gaulle revenu au pouvoir l'année précédente. La guerre d'Algérie déchire le pays ; l'OAS n'existe pas encore mais les partisans de l'Algérie française menacent ouvertement les hommes politiques favorables à la négociation.

Vers minuit et demi, avenue de l'Observatoire, Mitterrand gare brusquement sa Peugeot 403, franchit la grille du square et se jette dans les jardins. Une rafale d'arme automatique crible sa voiture de sept balles. Il court se réfugier sous le porche du 5 avenue de l'Observatoire.

L'émotion est nationale. Puis, une semaine plus tard, Robert Pesquet, ancien député poujadiste lié à l'extrême droite, déclare que l'attentat était une mise en scène convenue avec Mitterrand lui-même, destinée à redonner à celui-ci une stature de victime. Il produit une lettre qu'il s'était adressée à lui-même en poste restante avant les faits, décrivant le scénario par avance.

Mitterrand reconnaît que Pesquet l'avait averti d'un projet d'attentat le visant, et qu'il n'a pas prévenu la police. Il nie toute complicité et affirme avoir voulu confondre les commanditaires. Le Sénat lève son immunité parlementaire. Il est inculpé d'outrage à magistrat. L'affaire sera close par l'amnistie de 1966 sans jamais être jugée au fond.

Les deux versions restent défendables. Ou bien Mitterrand a monté sa propre agression, ce qui serait d'une légèreté suicidaire. Ou bien il est tombé dans un piège tendu par des adversaires qui connaissaient sa faiblesse pour les manœuvres secrètes.

Sa carrière semblait détruite. Il sera élu président de la République vingt-deux ans plus tard, en 1981.

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Événement
1796
28 février 1796 — Abbaye Ste Geneviève/Lycée Henri IV
t2 p 22
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Événement
1793
10 novembre 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de la Raison
t2 p 20
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Événement
1790
19 septembre 1790
t2 p 15
Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République. En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régime …

Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République.

En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régiment suisse de Châteauvieux, mal payé et gagné par l'esprit révolutionnaire, se soulève contre ses officiers, s'empare de la caisse régimentaire et emprisonne ses commandants. Deux autres régiments rejoignent le mouvement. Mais le Gouvernement constitutionnel tremble : permettre l'insubordination militaire serait reconnaître que la Révolution peut remettre en cause la hiérarchie de l'armée. Le marquis de Bouillé reçoit ordre d'intervenir. La Fayette, commandant de la Garde nationale, cautionne.

La répression est sévère. Vingt-deux soldats sont pendus. Quarante et un autres sont condamnés aux galères : trente ans de bagne à Brest, enchaînés parmi les forçats de droit commun, astreints au bonnet rouge distinctif des galériens du roi. Pour les Jacobins de gauche, les Cordeliers, les clubs populaires de Paris, ce verdict est un scandale : ce sont des soldats révolutionnaires que l'on traite comme des criminels.

Le 19 septembre 1790, une cérémonie funèbre se tient au Champ de Mars pour honorer les condamnés. La solennité est politique autant que symbolique. Dans la foule des sections et des clubs, un geste s'accomplit : par solidarité avec les galériens de Châteauvieux, des militants parisiens commencent à arborer le bonnet rouge. Ce bonnet de bagnard, coiffure infamante aux yeux de l'Ancien Régime, devient ce jour-là le bonnet de la liberté.

Le détour par l'Antiquité viendra ensuite. Les érudits de la Révolution reconnaissent dans ce bonnet l'héritier du pileus des affranchis romains, coiffure des esclaves libérés dans le monde gréco-romain. Le rapprochement avec le bonnet phrygien des représentations allégoriques s'impose. L'objet populaire et subversif se charge d'un prestige antique, qui en fait un symbole acceptable jusque dans les allégories officielles. En 1792, quand les galériens de Châteauvieux survivants arrivent à Paris après vingt-cinq jours de marche depuis Brest, graciés après la chute des Feuillants, la ville entière les accueille en triomphe avec leur bonnet rouge. Ce symbole coiffera désormais les bustes de Marianne.

Le déclin de La Fayette commence ici. L'homme de la Fête de la Fédération perd progressivement crédit auprès des sections. Il commandait la Garde nationale qui cautionnait la répression de Nancy ; il commandera la Garde nationale qui tirera sur le peuple au Champ-de-Mars en juillet 1791. Entre ces deux dates, une continuité politique que les sans-culottes ne lui pardonneront pas.

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Événement
1960
1 octobre 1960 — Palais de Justice
t2 p 265
Vingt-quatre prévenus, dont des Français ordinaires qui transportaient l'argent du FLN dans des valises : le procès devient la tribune où la France entend qu'on peut refuser cette guerre. Le réseau Jeanson a été fondé en …

Vingt-quatre prévenus, dont des Français ordinaires qui transportaient l'argent du FLN dans des valises : le procès devient la tribune où la France entend qu'on peut refuser cette guerre.

Le réseau Jeanson a été fondé en 1957 par Francis Jeanson, philosophe, ancien compagnon de Sartre et des Temps modernes. Sa fonction est logistique : transporter les fonds collectés par le FLN auprès des travailleurs algériens de la métropole, héberger des militants clandestins, fabriquer des faux papiers, faire passer les frontières. On les appelle les "porteurs de valises." Ce sont des intellectuels, des étudiants, des prêtres, des employés, des femmes au foyer. Ils agissent par conviction anticolonialiste, contre l'opinion majoritaire de leur pays et contre la loi.

Le procès s'ouvre le 5 septembre 1960 devant le tribunal permanent des forces armées de Paris, boulevard du Palais, pour "atteinte à la sécurité extérieure de l'État." Vingt-quatre inculpés : six Algériens et dix-huit Français, de vingt-deux à cinquante-neuf ans. Cinq métropolitains sont en fuite, dont Jeanson lui-même, qui donne une conférence de presse clandestine pendant que son procès se tient.

Le lendemain de l'ouverture, Jérôme Lindon publie aux Éditions de Minuit la "Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie," dite Manifeste des 121. Sartre, Beauvoir, Duras, Blanchot, Nadeau, Vercors, Simone Signoret et cent quinze autres affirment le droit de refuser de prendre les armes contre le peuple algérien et le droit d'aider ceux qui le combattent. Les signataires sont poursuivis, interdits d'antenne, révoqués de la fonction publique.

Le procès devient une tribune. La défense, conduite notamment par Roland Dumas et Jacques Vergès, appelle à la barre des témoins qui transforment l'audience en réquisitoire contre la torture et la guerre coloniale. Sartre envoie une lettre lue à l'audience.

Le 1er octobre 1960, le verdict tombe : quatorze condamnations à dix ans de prison, dont quatre par contumace ; plusieurs acquittements. La guerre d'Algérie durera encore dix-huit mois. Les accords d'Évian seront signés en mars 1962. Les condamnés seront amnistiés.

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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
t2 p 15 & 26
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Événement
1940
23 janvier 1940 — Ambassade de Pologne
t2 p 237
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Événement
1848
24 février 1848 — Souterrain des Tuileries/Terrasse du Bord de l'Eau
t2 p 87
Au matin du 24 février 1848, la monarchie de Juillet a encore l’air en place, mais tout est déjà en train de se défaire. Les barricades se multiplient, la Garde nationale ne sait plus de quel côté se mettre, et une parti …

Au matin du 24 février 1848, la monarchie de Juillet a encore l’air en place, mais tout est déjà en train de se défaire. Les barricades se multiplient, la Garde nationale ne sait plus de quel côté se mettre, et une partie de la bourgeoisie préfère désormais la République à un roi devenu encombrant. Louis‑Philippe tente un dernier numéro d’équilibriste : il abdique en faveur de son petit‑fils, avec la duchesse d’Orléans comme régente. Mais ni la rue ni les députés ne se contentent de ce bricolage dynastique. La Chambre est envahie, les insurgés marchent vers les Tuileries : le pouvoir lui échappe.

C’est là qu’intervient le fameux souterrain de la terrasse du Bord de l’Eau. Plutôt que de sortir par les grandes portes du palais, Louis‑Philippe s’éclipse par un passage discret sous la terrasse qui longe la Seine, pour déboucher du côté de l’actuelle place de la Concorde. Habillé comme un bourgeois ordinaire, il grimpe dans une voiture louée et prend la route de Saint‑Cloud, puis de l’exil anglais. Pendant qu’il disparaît par en dessous, les insurgés montent par les escaliers officiels, envahissent les salons, renversent le trône, s’approprient les symboles de la monarchie. Au‑dessus, le peuple occupe le décor du pouvoir ; en dessous, le roi sort par la trappe.

Vu avec les lunettes de Marx, cette scène n’est pas qu’une bonne histoire. Elle résume le rôle et la fin de la monarchie de Juillet. En 1830, Louis‑Philippe avait été installé par la bourgeoisie comme un roi « raisonnable », chargé de protéger les intérêts des possédants dans un cadre plus libéral. En 1848, la même bourgeoisie accepte de se débarrasser du roi pour sauver l’essentiel : ses positions économiques et son influence politique, qu’elle espère prolonger sous forme républicaine. Le souterrain incarne ce mouvement : on laisse filer la couronne, à condition que l’ordre social tienne. En surface, les ouvriers et les petits gens, eux, commencent à imaginer une République qui toucherait aussi à la propriété et au travail. Entre la fuite discrète de Louis‑Philippe et la prise bruyante des Tuileries, on voit se dessiner le conflit à venir entre République bourgeoise et aspirations populaires.

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Événement
1870
7 octobre 1870
t2 p 123
Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus. Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement …

Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement de la Défense nationale, formé le 4 septembre après la chute de l'Empire à Sedan, est enfermé dans la capitale avec deux millions d'habitants. Une délégation gouvernementale a été envoyée à Tours pour administrer le reste du pays, mais elle est présidée par Crémieux, âgé et peu porté à la guerre à outrance. Il faut y envoyer quelqu'un qui organise la résistance.

Léon Gambetta a trente-deux ans. Avocat républicain, député de Belleville et de Marseille, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, il incarne la ligne de la guerre poursuivie jusqu'au bout contre les partisans d'un armistice rapide. Il décide de partir. Le seul chemin est le ciel.

Le 7 octobre 1870, en fin de matinée, il monte place Saint-Pierre à Montmartre dans la nacelle de l'Armand-Barbès, ballon baptisé du nom du révolutionnaire républicain mort l'année précédente en exil. Le pilote est Alexandre Trichet. Eugène Spuller, son secrétaire, l'accompagne. Un second ballon, le George-Sand, part en même temps, emportant deux Américains dont l'objet du voyage n'a jamais été établi. La foule assemblée sur la butte acclame le départ.

Le ballon passe au-dessus des lignes prussiennes. Les fantassins allemands tirent. Gambetta est légèrement blessé à la main. L'appareil poursuit sa route et atterrit vers quinze heures dans le bois de Favières, sur la commune d'Épineuse, dans l'Oise. Par Montdidier et Rouen, Gambetta rejoint Tours le 9 octobre.

Ce qu'il y accomplit tient de l'improvisation forcenée. En quatre mois, il lève, arme et met en ligne plusieurs armées nouvelles, dont l'armée de la Loire, avec des conscrits sans instruction et des officiers sans expérience. Ces armées seront battues, mais elles prolongeront la guerre jusqu'en janvier 1871 et donneront à la République naissante une légitimité militaire. La délégation quittera Tours pour Bordeaux le 9 décembre, devant l'avance prussienne.

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Événement
1882
1882 — Cirque Fernando (construit en 1874)/Futur cirque Médrano
t2 p 142
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Événement
1914
8 janvier 1914 — Fabrique d’agglomérés des plâtres Courlack (toit d’un hangar)
t2 p 191
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Événement
Événement
1827
24 août 1827 — Cimetière du Père Lachaise (28ème division)/Tombe de Jacques-Antoine Manuel
t2 p 61
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Événement
1825
30 novembre 1825 — Première église Notre-Dame de Lorette (ex chapelle St Jean Porte Latine)
t2 p 56
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Événement
1898
26 septembre 1898
t2 p 165
Pendant que Paris prépare la plus grande vitrine de sa puissance industrielle, les ouvriers qui la bâtissent refusent les conditions dans lesquelles ils la bâtissent. L'Exposition universelle de 1900 doit célébrer l'entr …

Pendant que Paris prépare la plus grande vitrine de sa puissance industrielle, les ouvriers qui la bâtissent refusent les conditions dans lesquelles ils la bâtissent.

L'Exposition universelle de 1900 doit célébrer l'entrée de la France dans le XXe siècle. Elle couvre le Champ de Mars, le Trocadéro, les bords de la Seine, le Grand Palais, le Petit Palais, le pont Alexandre III. Des centaines de chantiers s'ouvrent simultanément ; des milliers d'ouvriers de tout corps de métier — terrassiers, maçons, charpentiers, peintres, électriciens — travaillent sous la direction des entrepreneurs généraux, dans des délais fixés par une date impérative que rien ne peut reculer.

Le 14 septembre 1898, la grève éclate sur les chantiers. Les terrassiers ont obtenu quelques améliorations, mais les disputes sur les tarifs et les conditions de travail demeurent. La grève s'étend à d'autres corps de métier. Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition, ne cache plus son inquiétude : si le mouvement dure, les délais ne pourront plus être tenus. L'inauguration, fixée au 15 avril 1900, est en danger.

La tension politique est vive. La France est en plein milieu de l'Affaire Dreyfus : l'arrêt Cour de cassation qui annulera la condamnation initiale a eu lieu deux mois plus tôt (août 1898). Le monde ouvrier regarde avec méfiance cette bourgeoisie républicaine qui construit une exposition-vitrine tout en maintenant des conditions de travail que les syndicats dénoncent depuis des années.

La grève dure jusqu'au 23 octobre 1898. Des affrontements éclatent sur le chantier. Les entrepreneurs font appel à des travailleurs non-grévistes ; les piquets de grève tentent de les en dissuader. La préfecture de police surveille, intervient. Finalement, des concessions partielles sur les taux de rémunération permettent la reprise du travail.

L'Exposition ouvre bien en 1900, avec quelques mois de retard sur le calendrier initial mais dans les délais globaux. Cinquante millions de visiteurs la parcourront. Les ouvriers qui l'ont bâtie n'y figureront pas, sauf comme allégories dans les fresques des palais.

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Événement
1917
15 mars 1917 — Café de Flore/Quartier général de la revue "Nord-Sud"
t2 p 198
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Événement
1794
22 février 1794 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers/Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen
t2 p 20
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Événement
1790
30 novembre 1790 — Demeure de Jacques-René Hébert
t2 p 15
Hébert commence la publication du Père Duchesne, initié par Lemaire qui publiait "Les lettres bougrement patriotiques du père Duchesne" et "La trompette du père Duchesne"
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Événement
1986
Événement
Événement
1896
6 novembre 1896 — École Coloniale
t2 p 161
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Événement
Événement
1893
12 avril 1893 — Montagnes russes/Olympia
t2 p 156
Le 12 avril 1893, au 28 boulevard des Capucines, Joseph Oller inaugure l'Olympia — deux mille places, une salle en acier et en velours, et pour l'ouverture, des acrobates, des travestis, La Goulue qui danse le cancan. To …

Le 12 avril 1893, au 28 boulevard des Capucines, Joseph Oller inaugure l'Olympia — deux mille places, une salle en acier et en velours, et pour l'ouverture, des acrobates, des travestis, La Goulue qui danse le cancan. Tout le Paris qui compte est là. On vient voir ce que cet homme a encore inventé.

Car Oller est un inventeur compulsif. Catalan de naissance, arrivé à Paris enfant, il a fondé le pari mutuel aux courses, ouvert les Montagnes Russes boulevard des Capucines — à cet emplacement même —, puis le Moulin Rouge en 1889 avec Charles Zidler, au pied de la Butte. L'Olympia est son projet le plus ambitieux : le premier music-hall de Paris au sens moderne du terme, un lieu où tous les genres se côtoient dans la même soirée — chanson, danse, cirque, spectacle de variétés.

L'architecte Léon Carle a construit la salle sur les fondations en acier des anciennes Montagnes Russes, fermées l'année précédente par le préfet de police qui craignait l'incendie. Le bâtiment est moderne, fonctionnel, conçu pour le spectacle de masse. L'entrée, sous la grande enseigne lumineuse du boulevard des Capucines, deviendra l'une des images les plus reconnaissables de Paris.

Le succès est immédiat puis décline. Dans les années 1920, l'Olympia se convertit en cinéma. Il faudra attendre 1954 et Bruno Coquatrix pour que la salle retrouve sa vocation musicale. Brel, Piaf, les Beatles, les Rolling Stones, Dalida — le music-hall d'Oller deviendra le temple de la chanson française et du rock international. Son nom reste au fronton, boulevard des Capucines, à l'endroit exact où un Catalan de Paris a eu l'idée, en 1893, de mettre des acrobates et La Goulue sur la même scène.

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Événement
1887
3 février 1887 — Bourse du Travail
t2 p 147
Le 3 février 1887, Gustave Mesureur, président du Conseil municipal de Paris, inaugure la première Bourse du travail de France dans l'ancienne salle de la Redoute, au 35 rue Jean-Jacques Rousseau. Cette institution, voté …

Le 3 février 1887, Gustave Mesureur, président du Conseil municipal de Paris, inaugure la première Bourse du travail de France dans l'ancienne salle de la Redoute, au 35 rue Jean-Jacques Rousseau. Cette institution, votée par le Conseil municipal en 1884 après la légalisation des syndicats par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, marque une étape majeure dans l'histoire du mouvement ouvrier français. Mesureur expose devant 172 syndicats représentés que la Bourse mettra à disposition des locaux, des services de placement et une publicité régulière des offres d'emploi, sans ingérence administrative.​

Dès l'ouverture, une ambivalence structure le fonctionnement de la Bourse. Pour la municipalité radicale, il s'agit de réguler le marché du travail et de faciliter les rencontres entre offre et demande. Mais pour les syndicats, la Bourse devient rapidement un outil d'organisation collective et de lutte contre le patronat. Au sein du comité général, qui regroupe un représentant de chaque syndicat membre, toutes les tendances du mouvement ouvrier parisien cohabitent : modérés, anarchistes, blanquistes, guesdistes et possibilistes.​​

Dans un premier temps, ce sont les possibilistes, membres de la Fédération des travailleurs socialistes de France, qui dominent la direction de la Bourse. Courant socialiste réformiste animé par Paul Brousse depuis la scission avec les guesdistes au congrès de Saint-Étienne en 1882, le possibilisme prône une transformation progressive de la société par le bulletin de vote et le municipalisme, refusant la stratégie révolutionnaire de Jules Guesde. Les possibilistes, alors appelés « parti possibiliste » car ils pensent « parvenir au communisme sans révolution par le simple bulletin de vote », constituent le plus important groupement ouvrier parisien avec 30 000 adhérents.​

Mais cette domination est de courte durée. En 1891, les groupes socialistes anti-possibilistes renversent la direction possibiliste et impriment à la Bourse une ligne beaucoup plus radicale.​

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Événement
1840
28 juillet 1840
t2 p 77 & 84
Inauguration de la colonne de Juillet, surmontée du "Génie de la Liberté brisant ses chaînes" ; 504 morts de 1830, 196 de 1848, plus des momies égyptiennes qui s'étaient dégradées au Louvre
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Événement
1900
Événement
1898
12 mars 1898 — Grand Cercle Républicain
t2 p 165
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Événement
1927
18 juillet 1927 — Prison de la Santé
t2 p 216
Deux communistes arrêtés ensemble pour les mêmes raisons — ils n'iraient pas dans la même direction. Ce 18 juillet 1927, deux hommes entrent à la prison de la Santé. Marcel Cachin, soixante-deux ans, directeur de L'Human …

Deux communistes arrêtés ensemble pour les mêmes raisons — ils n'iraient pas dans la même direction.

Ce 18 juillet 1927, deux hommes entrent à la prison de la Santé. Marcel Cachin, soixante-deux ans, directeur de L'Humanité, figure du communisme français depuis ses débuts. Jacques Doriot, trente et un ans, député de Saint-Denis, l'une des étoiles montantes du Parti communiste. On les arrête pour antimilitarisme et anticolonialisme : le parti a mené campagne contre la guerre du Rif et la politique coloniale française — position que le gouvernement Poincaré juge intolérable. Le matin même, la police avait perquisitionné les bureaux et l'imprimerie de L'Humanité, rue Montmartre. Les dirigeants du parti ont été raflés.

Ils se retrouvent donc dans le même établissement, pour la même cause. La ressemblance s'arrête là.

Marcel Cachin ne quittera jamais le Parti communiste. Jusqu'à sa mort en 1958, à quatre-vingt-quatre ans, il restera fidèle à la ligne de Moscou, traversant les purges staliniennes sans broncher, soutenant le pacte germano-soviétique en 1939, puis la Résistance en 1941.

Jacques Doriot prendra un autre chemin. Exclu du PCF en 1934 pour avoir voulu une politique d'union de la gauche que le parti refusait alors, il bascule vers le nationalisme, fonde en 1936 le Parti populaire français — ouvertement fasciste —, et collabore avec l'Occupation. Il meurt en février 1945 sur une route d'Allemagne, mitraillé par un avion allié, en uniforme de la Wehrmacht.

En 1927, ils partageaient la même maison d'arrêt. L'histoire les a mis dans des camps opposés — au sens le plus littéral du terme.

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Événement
Événement
1873
28 octobre 1873 — Salle Le Peletier/Opéra de Paris
t2 p 130
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Événement
1897
4 mai 1897 — Bazar de la Charité
t2 p 164
Incendie du Bazar de la Charité, aménagé dans un hangar en bois et toile, lors d'une projection de cinéma dont le projecteur s'enflamme. Il fait 126 victimeset 250 blessés. La chapelle de la Consolation est construite su …

Incendie du Bazar de la Charité, aménagé dans un hangar en bois et toile, lors d'une projection de cinéma dont le projecteur s'enflamme. Il fait 126 victimeset 250 blessés. La chapelle de la Consolation est construite sur l'emplacement

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Événement
1839
3 mars 1839 — Premier Diorama de Bouton et Daguerre (construit en 1822)
t2 p 75-76
Incendie du Diorama de Daguerre qui, contrairement à une idée reçue n'inventa pas la photographie, mais sut l'améliorer et surtout la faire "fructifier" Le 3 mars 1839, le Diorama de Daguerre, installé depuis 1822 près d …

Incendie du Diorama de Daguerre qui, contrairement à une idée reçue n'inventa pas la photographie, mais sut l'améliorer et surtout la faire "fructifier"

Le 3 mars 1839, le Diorama de Daguerre, installé depuis 1822 près de la place du Château‑d’Eau, part en fumée en quelques heures. Le feu, parti des coulisses, dévore la grande salle circulaire où Louis Daguerre et Charles‑Marie Bouton faisaient défiler leurs immenses toiles peintes sur les deux faces, animées par des jeux de lumière qui donnaient au public l’illusion d’un paysage qui change de saison, d’heure ou de temps. Toutes les toiles parisiennes disparaissent dans l’incendie, ne laissant subsister qu’un seul diorama de Daguerre, celui qu’il avait installé plus tard dans le chœur de l’église de Bry‑sur‑Marne.

Pour Daguerre, le choc est financier et matériel, mais il intervient à un moment charnière. Depuis plusieurs années déjà, Daguerre travaille à partir des expériences de Nicéphore Niépce, avec qui il a mis au point le physautotype, puis perfectionné l’usage de l’iodure d’argent et des vapeurs de mercure pour faire apparaître et fixer une image sur une plaque métallisée : le daguerréotype. Contrairement à la légende, il n’« invente » donc pas la photographie à partir de rien : Niépce a obtenu les premières images durables dès les années 1820, mais Daguerre sait accélérer le procédé, le rendre montrable, reproductible… et vendable.

L’incendie du Diorama arrive au moment où François Arago présente justement le procédé au monde savant et négocie avec l’État l’achat de l’invention. Ruiné par la catastrophe, Daguerre obtient une rente viagère en échange de la cession de ses secrets : une pension pour lui, une pour Isidore Niépce, héritier du pionnier oublié. Assez vite, le vieux spectacle du Diorama sera éclipsé par le nouveau médium, la photographie, que Daguerre, plus habile entrepreneur que véritable inventeur solitaire, aura réussi à faire fructifier à une échelle sans commune mesure avec les essais de Niépce.

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Événement
1929
18 octobre 1929
t2 p 219
Cinq députés en prison à la Santé, cent cinquante-quatre inculpés, un dossier de complot bâti sur des manifestations contre la guerre : la Troisième République expérimente la judiciarisation de l'opposition. L'année 1929 …

Cinq députés en prison à la Santé, cent cinquante-quatre inculpés, un dossier de complot bâti sur des manifestations contre la guerre : la Troisième République expérimente la judiciarisation de l'opposition.

L'année 1929 est celle où la République engage l'épreuve de force avec le Parti communiste. Le PCF applique alors la ligne "classe contre classe" imposée par le Komintern : refus de toute alliance avec les socialistes, dénonciation de la "social-démocratie" comme ennemi principal, agitation antimilitariste et anticoloniale. Cette ligne l'isole électoralement et le rend vulnérable.

Le prétexte est la journée internationale de lutte contre la guerre du 1er août 1929, organisée par l'Internationale communiste. Le gouvernement Poincaré puis Briand y voit une opération dirigée depuis Moscou. Des militants sont arrêtés, transférés, inculpés. L'accusation retenue est "complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l'État," formulation qui permet d'englober des activités politiques légales dans une qualification criminelle.

Le 18 octobre 1929, trente-deux nouveaux inculpés s'ajoutent au dossier, dont Marcel Cachin, André Marty, Jacques Duclos et Jacques Doriot. Le nombre total d'inculpés atteint cent cinquante-quatre. Cachin, Marty, Duclos, Doriot et Cornavin sont détenus à la prison de la Santé, alors qu'ils sont députés. La question de leur libération provisoire pour participer aux travaux parlementaires est posée à la Chambre.

Le montage judiciaire est révélateur d'une méthode. Il ne s'agit pas de sanctionner des actes précis mais de paralyser une organisation en emprisonnant ses cadres, en épuisant ses finances dans les frais de procédure, en occupant ses militants avec la solidarité aux détenus.

Le destin ultérieur de ces cinq hommes dessine la fracture du siècle. Cachin dirigera L'Humanité jusqu'à sa mort en 1958. Duclos sera l'un des principaux dirigeants du PCF et candidat à la présidentielle de 1969. Marty organisera les Brigades internationales avant d'être exclu en 1952 comme "policier." Doriot, exclu en 1934 pour avoir prôné l'unité antifasciste avant que Moscou ne l'autorise, fondera le Parti populaire français, deviendra le principal collaborationniste français et mourra en uniforme allemand en 1945.

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Événement
1791
4 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
t2 p 15
Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries. Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la …

Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries.

Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la Chaussée d'Antin, Mirabeau est inhumé au Panthéon. Il en est le premier occupant — le temple républicain vient d'être créé pour lui. Les obsèques sont nationales. Paris entier est dans la rue.

Il y reste deux ans et demi. Le 27 novembre 1793, en pleine Terreur, les sans-culottes font irruption dans le Panthéon et exigent son expulsion. La raison : on vient de découvrir dans "l'armoire de fer" des Tuileries — une cache secrète murée dans les appartements royaux — des centaines de lettres compromettantes. Mirabeau y apparaît comme un conseiller rémunéré de Louis XVI, percevant une pension mensuelle en échange de ses avis politiques. Le tribun de la Révolution était en réalité un agent double.

La Convention vote l'expulsion à l'unanimité. On sort le cercueil du Panthéon sans cérémonie. Mirabeau est réinhumé au cimetière Sainte-Catherine, dans une fosse commune avec d'autres victimes de disgrâce révolutionnaire. Sa famille ne réussit jamais à retrouver ses restes avec certitude.

La fiche de Philippe note que ses lettres étaient adressées à "Louis XIV" — c'est Louis XVI bien sûr, coquille à corriger sur le site.

Ce que le Panthéon avait donné en deux jours, il le reprit en un après-midi. Le premier "grand homme" de la République avait été le premier à en être chassé. L'histoire, parfois, a le sens du symbole.

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Événement
1972
4 mars 1972 — Cimetière du Père Lachaise (59ème division)/Tombe de Pierrot Overney
t2 p 284
Le 4 mars 1972, Paris voit sans doute la plus grande manifestation de gauche depuis Mai 68. Le cercueil de Pierre « Pierrot » Overney, ouvrier et militant maoïste de la Gauche prolétarienne, assassiné le 25 février par l …

Le 4 mars 1972, Paris voit sans doute la plus grande manifestation de gauche depuis Mai 68. Le cercueil de Pierre « Pierrot » Overney, ouvrier et militant maoïste de la Gauche prolétarienne, assassiné le 25 février par le vigile Jean‑Antoine Tramoni devant la porte Émile‑Zola de Renault Billancourt, est porté à dos d’hommes de la place Clichy au cimetière du Père‑Lachaise. Pendant plus de trois heures, un cortège long de plusieurs kilomètres – 18 000 personnes selon la police, entre 120 000 et 200 000 selon la plupart des estimations – accompagne la dépouille jusqu’à la 59ᵉ division, drapeaux noirs et rouges mêlés.

Pour beaucoup de militants, Overney incarne la tentative d’implanter durablement l’extrême gauche dans la « forteresse ouvrière » Renault, contre la direction patronale mais aussi contre l’hégémonie de la CGT et du PCF. Son meurtre, survenu lors d’une distribution de tracts appelant à commémorer le massacre de Charonne de 1962, est vécu comme la preuve d’une « violence patronale » qui répond par les armes à l’agitation politique. Autour du cercueil se pressent intellectuels et artistes – Jean‑Paul Sartre en tête – mais aussi de nombreux anonymes venus des usines, des universités, des quartiers populaires.

Les obsèques d’Overney donnent à la Gauche prolétarienne son martyr et un moment de puissance symbolique rare, mais beaucoup d’anciens maoïstes y verront aussi, rétrospectivement, l’enterrement de leurs illusions révolutionnaires. La tombe du jeune ouvrier, au Père‑Lachaise, rejoindra peu à peu le « parcours » militant qui mène des murs des Fédérés aux sépultures des grandes figures de la gauche française, comme un maillon tardif entre la Commune et les luttes ouvrières des années 1970.

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Événement
1848
27 février 1848
t2 p 87
Inhumation des 196 morts de la révolution de Février. Proclamation de la République au pied de la Colonne de Juillet au cours d'une grande fête patriotique
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Événement
1794
7 août 1794 — Théâtre des Arts/Théâtre National/Salle Richelieu/Salle de l'Opéra de Paris (la huitième)/Théâtre de l'Opéra du Peuple (en 1802)
t2 p 49
L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820. Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la …

L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820.

Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la salle du 69-71 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, sous le nom de Théâtre des Arts. Le moment n'était pas anodin : on était en pleine réaction thermidorienne, les prisons s'ouvraient, les fêtes de la Terreur prenaient fin, et la vie culturelle reprenait ses droits dans un Paris encore sous le choc.

Sous la Terreur, les théâtres avaient été placés sous étroite surveillance. Pierre-Gaspard Chaumette, procureur de la Commune, et Jacques-René Hébert avaient encadré la politique culturelle révolutionnaire avec une sévérité qui mêlait patriotisme républicain et méfiance des arts jugés aristocratiques. Marguerite Brunet, dite la Montansier, grande entrepreneuse de spectacles qui avait fait fortune sous l'Ancien Régime, avait même été emprisonnée en 1793 : Hébert l'accusait d'avoir ouvert un théâtre voisin de la Convention pour espionner les députés. Chaumette et Hébert furent guillotinés au printemps 1794. La Montansier sortit de prison après thermidor.

Le Théâtre des Arts changea plusieurs fois de nom : Théâtre de l'Opéra, Théâtre National, Académie Nationale de Musique. Il resta au 69-71 rue de Richelieu pendant vingt-six ans, au cœur de la vie parisienne, traversant le Directoire, le Consulat, l'Empire et le début de la Restauration.

Le 13 février 1820, à la sortie d'une représentation, le duc de Berry, second fils du futur Charles X et dernier espoir de la lignée directe des Bourbon, fut poignardé par Louvel, un sellier bonapartiste. Il mourut dans la nuit. Les Ultras exploitèrent l'assassinat pour faire passer des lois réactionnaires. Et l'on rasa la salle, comme si le bâtiment portait le malheur.

L'Opéra de Paris, né dans la révolution, périt dans la réaction. L'édifice suivant fut l'Opéra Le Peletier, rue Le Peletier, qui brûla en 1873. Celui de Garnier n'ouvrit qu'en 1875.

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Événement
Événement
1859
16 février 1859 — Conservatoire national de Musique
t2 p 106
Le 16 février 1859, un arrêté officiel institue en France un diapason musical uniforme, fixant la hauteur du « la » à 435 Hz pour les institutions musicales financées par l’État et la fabrication des instruments. L’étalo …

Le 16 février 1859, un arrêté officiel institue en France un diapason** musical uniforme, fixant la hauteur du « la » à 435 Hz pour les institutions musicales financées par l’État et la fabrication des instruments. L’étalon physique de ce diapason est installé au Conservatoire de **musique de Paris, situé au [[2 bis rue du Conservatoire|doc:2-bis-rue-du-conservatoire.WebHome]]. Ce modèle sert de référence : tout nouveau diapason mis en circulation doit être vérifié et poinçonné par un physicien du Conservatoire. Cette mesure vise à résoudre l’instabilité des hauteurs musicales, chaque orchestre ou ville utilisant jusque-là des diapasons différents, ce qui compliquait la pratique musicale collective et la fabrication des instruments.

La commission chargée de cette réforme est composée de personnalités musicales et administratives, parmi lesquelles [[Bernard Sarrette|doc:bernard-sarrette.WebHome]] (fondateur du Conservatoire), [[Luigi Cherubini|doc:luigi-cherubini.WebHome]], [[Daniel-François-Esprit Auber|doc:daniel-francois-esprit-auber.WebHome]], [[Ambroise Thomas|doc:ambroise-thomas.WebHome]], [[Théodore Dubois|doc:theodore-dubois.WebHome]] et [[Gabriel Fauré|doc:gabriel-faure.WebHome]]. L’adoption du « diapason normal » français influence durablement la standardisation internationale du diapason, jusqu’à l’accord de Vienne en 1885 et la conférence de Londres en 1939, qui fixera le « la » à 440 Hz.

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Événement
1792
13 août 1792 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t2 p 16-17
Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud. Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dau …

Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud.

Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dauphin Louis-Charles, et Madame Élisabeth, sœur du roi, furent conduits au Temple, dans le 3e arrondissement. L'enclos du Temple était un vaste domaine qui avait appartenu à l'ordre des chevaliers du Temple puis aux chevaliers de Malte. Il comprenait un palais et une tour médiévale massive.

La famille fut d'abord logée dans le palais du prieur, jugé trop confortable. Quelques semaines plus tard, elle fut transférée dans la tour du Temple elle-même, dite le donjon : un édifice austère, aux fenêtres barricadées, entouré d'un mur supplémentaire que Pierre-François Palloy, l'homme qui avait démoli la Bastille, fut chargé de construire. Santerre commandait la garde.

Louis XVI fut exécuté place de la Révolution le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette fut transférée à la Conciergerie en août 1793, jugée par le Tribunal révolutionnaire, et guillotinée le 16 octobre 1793. Madame Élisabeth fut guillotinée le 10 mai 1794. Le dauphin Louis-Charles, emprisonné seul dans sa cellule à partir de juillet 1793, mourut de maladie à la tour du Temple le 8 juin 1795, à dix ans. Sa sœur Marie-Thérèse fut la seule à survivre.

La tour du Temple fut démolie en 1811 sur ordre de Napoléon, qui craignait qu'elle ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste.

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Événement
1793
25 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 19
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Événement
1793
4 septembre 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 19
On ne demande pas du pain à une assemblée nationale ; on vient en chercher, par milliers, avec des piques. Le 4 septembre 1793, les faubourgs de Paris sont en mouvement depuis l'aube. Des milliers d'ouvriers, de petits a …

On ne demande pas du pain à une assemblée nationale ; on vient en chercher, par milliers, avec des piques.

Le 4 septembre 1793, les faubourgs de Paris sont en mouvement depuis l'aube. Des milliers d'ouvriers, de petits artisans, de gardes nationaux se rassemblent dans les rues du Marais et du Faubourg Saint-Antoine. Les Hébertistes, qui réclament depuis des semaines une politique sociale plus radicale, ont donné le signal. Le lendemain, la foule envahit le Palais des Tuileries qui abrite la Convention nationale et lui impose ses exigences : du pain, des salaires, et la mise à l'arrêt des ennemis de l'intérieur.

La Convention cède. Elle vote en quelques jours la loi du maximum général des prix et des salaires, qui fixe par décret les tarifs des denrées de première nécessité. Elle décide la création d'une armée révolutionnaire chargée de réquisitionner les grains dans les campagnes et de poursuivre les accapareurs. Elle inscrit officiellement la Terreur à l'ordre du jour comme méthode de gouvernement.

La journée des 4-5 septembre 1793 est l'un des grands tournants de la Révolution. Elle marque la victoire momentanée des sections populaires sur les tendances modérées et bourgeoises de la Convention. Mais cette victoire a un prix immédiat : le 6 septembre, Jacques Roux, le curé rouge qui avait été le porte-parole le plus intransigeant des sections pauvres, est arrêté. La Convention, qui vient de lui arracher ses concessions, entend reprendre la main sur un mouvement qu'elle a utilisé mais qu'elle craint.

Pour Marx et Engels, qui étudieront de près cet épisode, la journée de septembre 1793 illustre la contradiction fondamentale de tout processus révolutionnaire bourgeois : la bourgeoisie jacobine a besoin du peuple pour renverser l'Ancien Régime et défendre la République contre ses ennemis extérieurs, mais elle recule dès que ce peuple formule des revendications qui menacent la propriété. Les concessions du 5 septembre sont réelles, mais elles n'entament pas le principe de la propriété privée qu'exigeaient les enragés les plus radicaux.

L'armée révolutionnaire sera dissoute cinq mois plus tard. Le Maximum sera abrogé par les thermidoriens en décembre 1794, et sa disparition provoquera dans les semaines suivantes une flambée des prix qui précipitera la misère des faubourgs. Mais pendant quelques semaines à l'automne 1793, dans les marchés parisiens, le prix du pain fut contrôlé, et les riches durent payer leurs denrées au même prix que les pauvres.

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1830
29 juillet 1830 — Caserne de Babylone/Caserne de gardes-françaises
t2 p 64-65
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1900
2 août 1900
t2 p 170
Des bateleurs persans avaient été refoulés aux barrières de Paris tandis que leur souverain défilait avenue de Malakoff au milieu des honneurs. Pour François Salson, c'était suffisant. L'été 1900 était celui de l'Exposit …

Des bateleurs persans avaient été refoulés aux barrières de Paris tandis que leur souverain défilait avenue de Malakoff au milieu des honneurs. Pour François Salson, c'était suffisant.

L'été 1900 était celui de l'Exposition universelle. Paris accueillait les chefs d'État du monde entier, et Mouzaffer-ed-Dine, chah de Perse, figurait parmi les hôtes de marque. Il était arrivé en France avec sa suite, reçu avec tous les égards dus aux souverains amis de la République. Le 2 août, son carrosse défilait avenue de Malakoff, dans le 16e arrondissement, entre Porte Dauphine et la plaine Monceau, escorté et acclamé.

François Salson attendait dans la foule. Il avait vingt-quatre ans, était né à Montlaur dans l'Aveyron, et fréquentait les milieux anarchistes parisiens. Ce qui l'avait décidé à agir, apprit-on plus tard, n'était pas un calcul politique abstrait : il avait été frappé par le contraste entre le traitement réservé au chah, accueilli comme souverain ami, et celui infligé à de simples sujets persans, des montreurs d'ours, refoulés aux barrières de Paris comme des indésirables.

Au passage du carrosse, il écarta les gardes, sauta sur le marchepied et pointa son revolver contre la poitrine du chah. Il pressa la détente. Le coup rata : le percuteur frappa l'étui de la cartouche au lieu de l'amorce. Le chah de Perse n'était pas blessé.

Salson fut arrêté sur le champ. Il garda le silence deux jours avant de décliner son identité. L'enquête judiciaire, conduite sur deux mois, établit qu'il avait agi seul : sa compagne Augustine Coadet ignorait tout du projet, et son ami Auguste Valette, chansonnier anarchiste, ne portait aucune responsabilité dans la tentative.

Il fut condamné à la transportation et déporté aux Îles du Salut, en Guyane française. Il y arriva vers la mi-juin 1901 et mourut le 19 juillet 1901, de fièvre et de diarrhée. Il avait vingt-cinq ans. Son revolver avait refusé de tirer ; la Guyane fit le reste.

Quelques jours avant l'attentat de Salson, le 29 juillet 1900, l'anarchiste Gaetano Bresci avait assassiné le roi d'Italie Umberto Ier à Monza. Le mois d'août 1900 avait commencé ainsi, entre coups de feu réussis et coups de feu ratés.

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Événement
1789
19 octobre 1789
t2 p 13
Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris. Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et rame …

Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris.

Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et ramené la famille royale aux Tuileries. L'Assemblée nationale constituante ne peut pas rester seule dans un château vide, à vingt kilomètres de la ville qui fait la Révolution. Elle vote son transfert.

Le 19 octobre 1789, elle tient sa première séance parisienne dans la salle synodale du palais épiscopal, l'Archevêché, adossé au flanc sud de Notre-Dame, sur l'actuelle place du Parvis dans le 4e arrondissement. L'installation est improvisée, la salle trop petite, mal disposée pour un débat. Le 26 octobre, une tribune surchargée de spectateurs s'effondre.

L'Assemblée n'y restera que jusqu'au 8 novembre, avant de gagner la salle du Manège des Tuileries, longue bâtisse où elle siégera pendant toute la Révolution et où la royauté sera abolie en 1792.

Ces vingt jours à l'Archevêché ne sont pas anodins. C'est dans cette salle que sont discutés les décrets qui nationalisent les biens du clergé, adoptés le 2 novembre sur la proposition de Talleyrand, évêque d'Autun : "Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation." Les députés votent la confiscation de l'Église dans le palais de l'archevêque de Paris.

Le déménagement de l'Assemblée à Paris a une conséquence politique durable que les modérés mesureront trop tard. À Versailles, les députés délibéraient à l'écart. À Paris, ils siègent au milieu d'une population armée, organisée en sections et en clubs, qui remplit les tribunes, hue, applaudit, et vient parfois en armes. L'Assemblée est désormais sous la surveillance directe du peuple parisien. Cette proximité fera toute la dynamique révolutionnaire, et fera dire aux provinces que Paris confisque la Révolution.

L'ancien palais archiépiscopal sera saccagé lors de l'émeute anticléricale de février 1831 puis démoli.

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Événement
1849
13 juin 1849 — Conservatoire des Arts et Métiers
t2 p 90
L'émeute contre la déclaration de guerre à la République Romaine étant réprimée, les chefs républicains se réunissent au Conservatoire des arts et métiers
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Événement
1899
8 décembre 1899 — Salle Japy/Congrès général des organisations socialistes
t2 p 167
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Événement
1781
27 octobre 1781 — Théâtre de l'Opéra (1791)/Théâtre des Arts (1793)/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la 7ème)
t2 p 52
L'Opéra s'installe à la Porte St Martin ; la salle est construite en 65 jours pour satisfaire un caprice de Marie-Antoinette ; une des origines de son surnom : "Madame Déficit". Futur théâtre de la Porte St Martin
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
t2 p 11
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1815
19 août 1815 — Barrière de Grenelle
t2 p 42
Il avait vingt-neuf ans, une épouse qui pleurait, et une conviction que la Restauration lui reprochait d'avoir eue. Charles de La Bédoyère est né le 17 mai 1786. Aide de camp de Napoléon, il avait servi les campagnes de …

Il avait vingt-neuf ans, une épouse qui pleurait, et une conviction que la Restauration lui reprochait d'avoir eue.

Charles de La Bédoyère est né le 17 mai 1786. Aide de camp de Napoléon, il avait servi les campagnes de l'Empire avec distinction. Quand Napoléon débarqua à Golfe-Juan le 1er mars 1815 avec mille hommes pour reconquérir la France, La Bédoyère commandait le 7e régiment d'infanterie de ligne, stationné à Grenoble.

Le 7 mars 1815, à Laffrey, l'avant-garde de Napoléon se retrouva face aux régiments royaux envoyés pour barrer la route. La Bédoyère commanda à ses soldats de présenter les armes. Au lieu d'ouvrir le feu, il traversa seul le no man's land, rejoignit Napoléon et fit défiler son régiment derrière lui. Ce fut le premier retournement militaire de masse des Cent Jours : Napoléon entra à Grenoble sans un coup de feu, et continua vers Paris à la tête d'une armée qui grossissait à chaque étape.

Après Waterloo (18 juin 1815) et la seconde abdication de Napoléon (22 juin), la Restauration reprit le pouvoir et chercha à punir les défections les plus spectaculaires. La Bédoyère essaya de fuir, fut arrêté, traduit devant un conseil de guerre et condamné à mort. Son épouse Georgine de Mosbourg se démena sans relâche pour obtenir sa grâce : lettres, démarches, audiences. Louis XVIII resta sourd.

Le 19 août 1815, La Bédoyère fut fusillé à la Barrière de Grenelle (actuel boulevard de Grenelle, 15e arrondissement). Il avait vingt-neuf ans. Il fut l'un des premiers exécutés de la Restauration dans la « Terreur blanche » qui suivit le retour des Bourbons. Le maréchal Ney suivrait en décembre 1815, fusillé au jardin du Luxembourg.

La Restauration voulait faire des exemples. Elle en fit. Et les donna à ses adversaires.

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Événement
1793
10 mai 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 18
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Événement
1793
2 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 18-19
La Convention est assiégée par 80 000 hommes. Les émeutiers obtiennent l'arrestation de 22 députés Girondins, de membres de la Commission des Douze et des ministres Clavière et Lebrun-Tondu
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Événement
1793
17 janvier 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 18
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Événement
Événement
Événement
1789
6 octobre 1789 — Palais des Tuileries (de 1564)
t2 p 13
Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi. Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les …

Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi.

Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les Champs-Élysées sous la pluie, armées de piques, de couteaux de cuisine et de quelques canons traînés à bras. Reine Audu marche en tête, Stanislas Maillard négocie, Théroigne de Méricourt est de la partie. La Garde nationale de La Fayette a suivi, contrainte par ses propres soldats.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, la foule force les grilles du château de Versailles. Des gardes du corps sont tués. Marie-Antoinette fuit ses appartements par un passage dérobé. Au matin, la foule réclame le roi au balcon. Louis XVI paraît. Puis la reine, seule, sous les huées, qui s'incline longuement. La Fayette lui baise la main : le geste calme la place.

Puis vient la demande de fond : que le roi vienne à Paris. Louis XVI accepte. Le 6 octobre 1789, dans l'après-midi, le cortège reprend la route en sens inverse. Devant, les femmes portent des pains au bout de leurs piques et chantent qu'elles ramènent "le boulanger, la boulangère et le petit mitron." Derrière suivent les carrosses royaux, la Garde nationale, cent chariots de blé pris aux réserves de Versailles.

À l'Hôtel de Ville, Bailly, maire de Paris, accueille la famille royale. La réception est enthousiaste. On croit encore possible une monarchie constitutionnelle réconciliée avec son peuple. Le roi prononce quelques mots aimables.

Puis la famille royale gagne le palais des Tuileries, inhabité depuis Louis XIV, poussiéreux, mal chauffé. Elle y sera de fait assignée à résidence. Le roi ne quittera plus Paris que pour la fuite manquée de Varennes en juin 1791, qui achèvera de ruiner sa crédibilité.

Le pouvoir a changé de lieu. Versailles était le château où le roi convoquait la France ; les Tuileries sont le palais où Paris surveille le roi. En un jour et une nuit, des femmes qui réclamaient du pain ont déplacé le centre politique du royaume. L'Assemblée constituante suivra le mouvement et s'installera à Paris quelques jours plus tard.

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1888
14 novembre 1888 — Institut Pasteur/Laboratoire de Louis Pasteur/Crypte de la tombe de Louis Pasteur
t2 p 149
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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
t2 p 13
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1937
11 septembre 1937 — Siège du Groupe des industries métallurgiques
t2 p 234
Le fascisme a parfois besoin de se déguiser en communisme pour accomplir ses projets. Le 11 septembre 1937, deux bombes explosent dans le quartier de l'Étoile. La première rue Boissière, au siège du Groupe des industries …

Le fascisme a parfois besoin de se déguiser en communisme pour accomplir ses projets.

Le 11 septembre 1937, deux bombes explosent dans le quartier de l'Étoile. La première rue Boissière, au siège du Groupe des industries métallurgiques; la seconde rue de Presbourg, au siège de la Confédération générale du patronat français. Double attentat contre deux organisations patronales: absurde, en apparence. Car ce n'est pas la gauche qui frappe. C'est la Cagoule.

L'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale, connue dans la presse sous le surnom de "Cagoule", est une organisation terroriste d'extrême droite fondée par Eugène Deloncle, ingénieur maritime passé par l'Action française. Elle regroupe des militaires, des industriels, des aristocrates, des nostalgiques du coup d'État et des admirateurs de Mussolini, qui la finance partiellement. Son programme: renverser le gouvernement de Front populaire, éliminer les communistes, instaurer un régime autoritaire.

La stratégie de ce 11 septembre est cynique et calculée. En bombardant à la fois les industries métallurgiques et le patronat, la Cagoule espère créer l'apparence d'une guerre civile imminente et pousser l'armée à intervenir pour "rétablir l'ordre". La culpabilité doit être attribuée aux communistes. Quand la police arrive sur les lieux du premier attentat, une deuxième charge explose: deux policiers sont tués. C'est une technique militaire.

Jean Filliol, dit "Fifi", est l'un des opérateurs. Le même Filliol avait, en juin 1937, assassiné les frères Rosselli, deux intellectuels antifascistes italiens réfugiés en France, dans un bois de Normandie, sur ordre probable de Mussolini. La Cagoule n'est pas seulement une organisation nationale: c'est aussi un instrument de la politique extérieure fasciste italienne sur le sol français.

La machination échoue. L'armée n'intervient pas; le gouvernement ne tombe pas. Mais la Cagoule continue : en novembre 1937, des stocks d'armes sont découverts dans des immeubles parisiens. Deloncle est arrêté. Plusieurs de ses lieutenants rejoindront la collaboration après 1940 : Pucheu deviendra ministre de l'Intérieur de Vichy et sera fusillé en 1944. D'autres, bizarrement, rejoindront la Résistance. Le procès de la Cagoule ne s'ouvrira qu'après la Libération.

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Événement
1937
11 septembre 1937 — Siège de la Confédération du patronat
t2 p 232-234
Le CSAR, la Cagoule, pose une bombe contre le siège Confédération générale patronat français
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Événement
1902
12 mai 1902 — Lieu de l'accident du dirigeable "Pax"
t2 p 171
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Événement
1889
27 janvier 1889 — Restaurant Durand
t2 p 150-152
Le général Boulanger est élu député de la Seine, ce qui donne lieu à des manifestations
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Demeure du général Hulin
t2 p 37
Le général Hulin est blessé à la mâchoire en déjouant la tentative de putsch du général Malet
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Maison de santé du docteur Dubuisson
t2 p 37
Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien. Claude-François de Malet est un général républic …

Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien.

Claude-François de Malet est un général républicain, hostile à l'Empire depuis le Consulat. Déjà compromis dans un complot en 1808, il est détenu sans jugement depuis des années, puis transféré pour raisons de santé dans la maison du docteur Dubuisson, 303 rue du Faubourg-Saint-Antoine, où il vit sous une surveillance très relâchée. Il y prépare son affaire avec l'abbé Lafon et quelques complices royalistes.

Napoléon est en Russie depuis juin 1812. Moscou a été prise en septembre, incendiée, évacuée. La Grande Armée a entamé sa retraite. Les nouvelles mettent des semaines à parvenir à Paris, et le régime repose entièrement sur la personne d'un homme absent à deux mille lieues.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, Malet passe à l'action. Il sort de la maison de santé en uniforme de général, muni de faux documents fabriqués par ses soins : un prétendu sénatus-consulte annonçant la mort de l'Empereur sous les murs de Moscou, l'abolition de l'Empire et l'établissement d'un gouvernement provisoire.

Il se présente à la caserne Popincourt, dans l'actuel 11e arrondissement, lit son décret devant les officiers de la 10e cohorte de la garde nationale. Personne ne vérifie. La troupe le suit. Il fait libérer de la prison de la Force les généraux Lahorie et Guidal, également détenus pour opposition. Lahorie va arrêter le ministre de la Police Savary et le préfet de police Pasquier, qui se laissent prendre sans résistance. Un nommé Boccheciampe est installé préfet de Paris.

L'affaire s'effondre place Vendôme. Malet se présente au quartier général de l'état-major pour destituer le général Hulin, gouverneur de Paris, celui-là même qui avait pris la Bastille en 1789. Hulin demande à voir les ordres. Malet lui tire au visage et lui fracasse la mâchoire. Les colonels Doucet et Laborde reconnaissent alors l'imposture et l'arrêtent.

Douze hommes sont fusillés le 29 octobre à la plaine de Grenelle. Napoléon, apprenant l'affaire, sera surtout frappé qu'aucun de ses fonctionnaires n'ait songé à proclamer son fils. L'Empire n'avait aucune légitimité en dehors de lui.

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Événement
1911
1911 — Siège du journal "Le Temps"/Siège du journal "Le Monde"
t2 p 110
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Événement
1848
26 février 1848 — Palais National/Palais Royal (rebaptisé)/Club des Droits de l'homme
t2 p 87
Le Palais Royal devient Palais National ; s'y installe le Club des Droits de l'homme
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Événement
1986
17 novembre 1986 — Demeure de Georges Besse
t2 p 306
Le PDG de Renault est exécuté par Action Directe devant son domicile
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Événement
1839
12 mai 1839 — Poste de la préfecture de police
t2 p 76
Le poste de police est assailli lors de l'insurrection organisée par la Société des Saisons ; le lieutenant qui le commandait est tué
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Événement
1968
13 mai 1968
t2 p 277
Le service d'ordre de la CGT empêche les étudiants de poursuivre la manifestation jusque-là commune vers le Champ de Mars ; l'affrontement est violent
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Événement
1936
13 février 1936 — Siège de la Ligue féminine d'action catholique
t2 p 230
Léon Blum, blessé, protégé par des ouvriers du bâtiment, se réfugie dans l'immeuble de la Ligue féminine d'action catholique
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Événement
1936
13 février 1936 — Boulevard St Germain (cortège des obsèques de l'historien royaliste Jacques Bainville)
t2 p 230
Le 13 février 1936, boulevard Saint‑Germain, Léon Blum manque de peu d’être lynché. Alors que se déroule le cortège funèbre de Jacques Bainville, historien royaliste et figure de l’Action française, Blum tente de travers …

Le 13 février 1936, boulevard Saint‑Germain, Léon Blum manque de peu d’être lynché. Alors que se déroule le cortège funèbre de Jacques Bainville, historien royaliste et figure de l’Action française, Blum tente de traverser en automobile la foule massée sur le parcours. Mauvais endroit, mauvais moment : pour les ligueurs, le chef de file du socialisme parlementaire, artisan du Rassemblement populaire, est l’ennemi absolu, déjà désigné comme futur président du Conseil.

Reconnu, son véhicule est aussitôt encerclé. Les insultes fusent, puis les coups. On brise les vitres, on arrache les portières, on frappe Blum au visage. Il échappe au pire grâce à l’intervention de quelques passants et de policiers qui parviennent à l’extraire, blessé, mais vivant. L’épisode, d’une violence nue, illustre le climat d’hystérie politique qui règne à Paris quelques mois à peine après les émeutes du 6 février 1934.

Cette agression n’est pas un « dérapage » isolé : elle condense la haine d’une extrême droite royaliste, antisémite et antiparlementaire contre un dirigeant socialiste juif, symbole, à ses yeux, de tout ce qu’elle exècre. Elle agit aussi comme un révélateur : pour une large partie de l’opinion de gauche, voir Blum frappé au milieu de la rue confirme l’urgence de serrer les rangs face aux menaces fascistes. Quelques semaines plus tard, le Front populaire remportera les élections, et Blum formera le gouvernement que ses agresseurs de février rêvaient déjà d’empêcher.

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Événement
1816
21 mars 1816 — Académie française
t2 p 42
Les académies sont rétablies ; 22 membres sont écartés sur les 4 académies
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Événement
1814
31 mars 1814 — Campement des cosaques
t2 p 38
Le 31 mars 1814, les cosaques campent sur les Champs-Élysées. Leurs feux de bivouac brûlent entre les arbres. Leurs chevaux paissent là où les Parisiens se promenaient la veille. Alexandre Ier de Russie, Frédéric-Guillau …

Le 31 mars 1814, les cosaques campent sur les Champs-Élysées. Leurs feux de bivouac brûlent entre les arbres. Leurs chevaux paissent là où les Parisiens se promenaient la veille. Alexandre Ier de Russie, Frédéric-Guillaume III de Prusse et le prince de Schwarzenberg, commandant des armées coalisées, font leur entrée dans Paris en vainqueurs.

La veille, Joseph Bonaparte avait signé la capitulation au Château Rouge à Montmartre. Paris n'avait pas eu à subir un assaut en règle — les défenseurs, polytechniciens et gardes nationaux en tête, avaient résisté aux barrières du Trône et de Clichy, mais la partie était jouée depuis le matin. Marmont avait commis sa ragusade — cet armistice honteux qui lui vaudra d'être maudit par les bonapartistes et de donner son titre de duc de Raguse à la langue française comme synonyme de traîtrise.

C'est la première fois depuis Henri IV, en 1594, qu'une armée étrangère occupe Paris. Napoléon était à Fontainebleau, à moins de cent kilomètres, avec des troupes. Il avait refusé de croire que la capitale capitulerait aussi vite.

Les cosaques resteront plusieurs semaines. Ils se baigneront dans la Seine, boiront le vin des caves parisiennes, et crieront bystro ! dans les cafés de Montmartre — si l'on en croit la légende. Napoléon abdiquera le 6 avril. Louis XVIII entrera dans Paris le 3 mai. L'Empire est fini.

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Événement
1832
5 juin 1832
t2 p 68
Les funérailles du général Lamarque sont le prétexte de l'insurrection de 1832
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Événement
1815
19 août 1815 — Conciergerie
t2 p 42
Les généraux Ney et La Bédoyère sont emprisonnés pour s'être ralliés à Napoléon ; ils seront tous deux exécutés
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Événement
1795
Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries (péristyle du pavillon central au pied du grand escalier)
t2 p 16
Les Marseillais entrent les premiers aux Tuileries ; la prise du palais marque la fin de la monarchie
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Événement
1890
6 septembre 1890 — Charnier de la Révolution française
t2 p 153
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
t2 p 124
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1789
30 juin 1789 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Prison militaire (à l'extérieur de l'enceinte)
t2 p 11
Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer. Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes frança …

Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer.

Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes françaises, fait emprisonner onze de ses soldats à l'Abbaye Saint-Germain. Leur crime : insubordination. Ces hommes ont fraternisé avec la foule du Palais-Royal, refusé de se tenir prêts à charger les civils, participé aux discussions politiques qui remplissent chaque soir les cafés du jardin depuis que l'Assemblée nationale s'est constituée contre la volonté du roi.

Le Palais-Royal est en juin 1789 le centre nerveux de la contestation parisienne. Propriété du duc d'Orléans — cousin du roi, libéral, en rupture avec la Cour — son jardin est le seul espace de Paris où la police royale ne peut intervenir. Les soldats qui y circulent, qui y écoutent les orateurs, qui boivent avec des bourgeois et des artisans, violent le code militaire. Du Châtelet tranche : la prison.

Parmi les soldats emprisonnés se trouvent des noms que l'histoire retiendra. Lazare Hoche a vingt et un ans : grenadier entré dans les Gardes françaises à quinze ans, il est incarcéré pour avoir fraternisé avec le peuple du Palais-Royal. François-Joseph Lefebvre est sous-officier au même régiment. Pierre-Augustin Hulin, ancien sergent aux Gardes suisses reconverti en bonnetier, est l'un de ceux qui vont organiser la libération depuis le jardin.

Le 30 juin au soir, la foule quitte le Palais-Royal et marche sur la prison de l'Abbaye — le bâtiment pénitentiaire attenant au couvent de Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement de l'actuel boulevard Saint-Germain. Les portes cèdent. Les onze soldats sont libérés, promenés en triomphe dans les rues, escortés sous les acclamations jusqu'au Palais-Royal.

C'est le premier coup de force populaire de la Révolution. Du Châtelet n'ose pas reprendre ses hommes. Quatorze jours plus tard, ce sont ces mêmes soldats — Hoche, Lefebvre, et d'autres du régiment — qui rejoindront la colonne de Hulin devant la Bastille. La prison qui symbolise l'arbitraire royal tombera le 14 juillet ; l'Abbaye aura été la répétition générale.

Les Gardes françaises sont dissoutes en juillet 1789. Leurs hommes forment le noyau de la future Garde nationale. Lazare Hoche mourra général de division en 1797, à vingt-neuf ans. François-Joseph Lefebvre deviendra duc de Danzig sous l'Empire. Du Châtelet sera guillotiné en 1793, condamné par ce même peuple qu'il avait voulu faire charger.

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Événement
1848
22 février 1848 — Place de la Madeleine
t2 p 87
Lieu de rassemblement alternatif suite à l'interdiction du banquet politique qui déclenchera la Révolution de Février 1848
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Événement
1927
1927
t2 p 218-219
Lieu de rencontre de nombreux peintres et artistes ; la Rotonde (103), le Dôme (108), le Select (99), la Coupole (102)
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Événement
1822
21 janvier 1822 — Cabaret du Roi Clovis
t2 p53
Lieu de réunions des Quatre sergents de La Rochelle, dans le cadre d'un complot républicain fomenté par la Charbonnerie
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Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
t2 p 86
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
1848
15 juillet 1848
t2 p 88 & 106
En 1784, pour la première fois à Paris, la hauteur d'un immeuble dépend de la rue qu'il borde — une règle simple qui va dessiner la ville pour un siècle. Paris a toujours voulu contrôler la hauteur de ses maisons. Dès 16 …

En 1784, pour la première fois à Paris, la hauteur d'un immeuble dépend de la rue qu'il borde — une règle simple qui va dessiner la ville pour un siècle.

Paris a toujours voulu contrôler la hauteur de ses maisons. Dès 1667, une ordonnance de Louis XIV plafonne les corniches à huit toises — environ quinze mètres soixante — pour laisser passer l'air et la lumière dans les rues. Mais la règle est uniforme, aveugle à la géographie : une ruelle étroite et un boulevard reçoivent le même gabarit. Le résultat est prévisible : des façades qui écrasent les passages et des cours étouffées.

Les lettres patentes du 28 août 1784 rompent avec ce principe. Pour la première fois, la hauteur maximale varie selon la largeur de la voie. Dans les rues de moins de 7,79 m, la corniche ne dépassera pas neuf mètres soixante. Dans les rues de 7,79 m à 9,75 m, elle monte à onze mètres soixante-dix. Au-delà de 9,75 m, elle atteint neuf toises — 17,55 m, soit cinquante-quatre pieds — le maximum autorisé. La mesure découle d'un rapport de Perronet et de l'Académie royale d'architecture : Paris, disent-ils, étouffe ; il faut que la lumière entre.

En pratique, 17,55 m signifie cinq niveaux habitables sur rez-de-chaussée dans les plus grandes artères — la silhouette que l'on reconnaît encore dans les quartiers épargnés par Haussmann : le Marais, Saint-Germain, le Palais-Royal. Ce gabarit n'est pas celui des immeubles haussmanniens — Haussmann l'élèvera à vingt mètres en 1859 — mais c'est lui qui fabrique l'échelle de Paris pré-révolutionnaire et post-révolutionnaire jusqu'au Second Empire.

La règle résiste soixante-quinze ans, traversant la Révolution, l'Empire et deux Restaurations sans être renversée — signe qu'elle répondait à quelque chose d'essentiel. Elle ne disparaît pas d'un coup : le décret de juillet 1859 la remplace pour les grandes voies, mais la logique de proportionnalité entre rue et bâti qu'elle avait inaugurée reste au cœur de tous les règlements postérieurs, jusqu'aux décrets Bonnier de 1902 qui autorisent les bow-windows et les dômes en couronnement. On bâtit encore en pensant à la rue — c'est 1784 qui a posé ce principe.

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Événement
1960
20 mars 1960 — Poste de la FPA (Force de police auxiliaire, dite "les calots bleus")
t2 p 264
Local où la FPA (Force de police auxiliaire musulmanes", dites "les calots bleus", créées le 20 mars1960) torture des militants du FLN
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Événement
1910
29 janvier 1910
t2 p 186
Lors de la crue de 1910, la cote de la Seine atteignit 8,40 m au pont de la Tournelle ; le Zouave eut de l'eau jusqu'aux épaules
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Événement
1953
14 juillet 1953
t2 p 256
Le 14 juillet 1953, à Paris, une manifestation organisée par le Parti communiste français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) réunit entre …

Le 14 juillet 1953, à Paris, une manifestation organisée par le Parti communiste français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) réunit entre 10 000 et 15 000 personnes pour célébrer les valeurs républicaines et revendiquer la fin du régime colonial en Algérie. Le cortège, composé notamment de nombreux militants algériens du MTLD, défile de la Bastille à la Nation. À l’arrivée place de la Nation, la police ouvre le feu sur les manifestants, principalement des Algériens, sans sommation. Le bilan officiel fait état de 7 morts, dont 6 Algériens (Amar Tabadji, Abdallah Bacha, Daoui Larbi, Dranis Abdelkader, Isidore Illoul, Tahar Madjeb) et un Français (Maurice Lurot), ainsi que 126 blessés. Cet événement marque un tournant dans la mobilisation des militants indépendantistes algériens et est considéré comme un prélude à la lutte armée qui mènera à la guerre d’Algérie.

Sources

Affiche du 14 juillet 1953![[Manifestation du 14 juillet 1953|Manif du 14 juillet 1953 L'Humanité_-Cortège_du_MTLD-_03.png]]

Manifestation du 14 juillet 1953 - Photo l'Humanité

Le 14 juillet 1953 à Paris, lors du traditionnel défilé de la fête nationale, une manifestation organisée par le Parti communiste français, la CGT et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) réunit entre 10 000 et 15 000 personnes, dont un important cortège de militants algériens indépendantistes. À l’arrivée place de la Nation, la police parisienne intervient brutalement contre le cortège algérien, cherchant à arracher drapeaux et banderoles. La situation dégénère rapidement : la police ouvre le feu à balles réelles sans sommation sur les manifestants. Sept personnes sont tuées — six Algériens (Amar Tadjadit, Abdallah Bacha, Larbi Daoui, Draris Abdelkader, Mohamed Isidore (Mouhoub) Illoul, Tahar Madjène) et un syndicaliste français, Maurice Lurot, qui tentait de s’interposer. On compte également une centaine de blessés. Cet événement, longtemps occulté, s’inscrit dans un contexte de répression du nationalisme algérien, un an avant le début de la guerre d’Algérie. Il a marqué la fin des grands défilés populaires du 14 juillet à Paris jusqu’en 1968.

Sources

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Événement
1789
17 juillet 1789 — Hôtel de Ville
t2 p 13
Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois. Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. …

Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois.

Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. Ce n'est pas une visite de triomphe — c'est une capitulation soigneusement enveloppée dans un protocole. Au quai de la Seine, près de la barrière de la Conférence (l'actuel quai de la Conférence, dans l'axe de l'avenue de New York), vingt-cinq membres du Conseil municipal l'accueillent et lui remettent les clefs de la capitale. Geste millénaire — mais pour la première fois, le roi des Français les reçoit d'une ville en armes.

Le cortège remonte vers l'Hôtel de Ville. Jean-Sylvain Bailly — astronome, maire tout juste élu — attend sur le parvis. Il présente au roi la cocarde tricolore : le bleu et le rouge de la ville de Paris encadrant le blanc des Bourbon. Louis XVI la prend, la pique sur son chapeau. La foule exulte.

Le roi a mis la cocarde. Il a reconnu — en apparence du moins — la révolution qui l'a pris par surprise. Rentré à Versailles le soir même, il continuera à tergiverser, à jouer sur tous les tableaux, à espérer un retournement. Ce que le geste du 17 juillet signifiait réellement, chacun pouvait l'interpréter à sa guise.

Pendant que Louis XVI coiffait sa cocarde à l'Hôtel de Ville, son frère cadet Charles-Philippe, comte d'Artois — futur Charles X, ennemi déclaré de toute idée de constitution — quittait Paris pour ne plus y revenir de sitôt. Il prit la route de Turin avec les princes de Condé et quelques fidèles. Premier grand émigré de la Révolution, il ne remit les pieds en France qu'en 1814, derrière les armées alliées, une Restauration dans les bagages.

Elle dura seize ans. En juillet 1830, son entêtement ultra-royaliste provoqua les Trois Glorieuses qui l'expulsèrent du trône. Paris, le 17 juillet 1789, avait imposé sa cocarde à Louis XVI. En 1830, il enlèverait la couronne à son frère.

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Événement
1864
6 octobre 1864 — Prison de la Garde nationale/Hôtel des Haricots
t2 p 115
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Événement
1794
30 mars 1794 — Palais du Luxembourg (transformé en prison fin 1792)
t2 p 20
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Événement
1892
22 mars 1892 — Église St Merri
t2 p 155
Manifestation anticléricale prenant à parti le prédicateur ; déboucha sur une bagarre, dans laquelle il y eut plusieurs blessés
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Événement
1942
16 avril 1942 — Lycée Buffon
t2 p 241
Manifestation antinazie dans le lycée ; cinq élèves seront fusillés le 8 février 1943 au stand de tir de Baltard. Jeudi 16 avril 1942, dix heures et quart. Dans la cour des grands du lycée Buffon, une cinquantaine d'élèv …

Manifestation antinazie dans le lycée ; cinq élèves seront fusillés le 8 février 1943 au stand de tir de Baltard.

Jeudi 16 avril 1942, dix heures et quart. Dans la cour des grands du lycée Buffon, une cinquantaine d'élèves se regroupent, bientôt rejoints par autant d'extérieurs venus des lycées voisins. Un mot d'ordre : « Libérez Burgard ». Raymond Burgard, leur professeur de lettres, fondateur du mouvement de résistance Valmy, a été arrêté le 2 avril par l'Abwehr. Ses élèves refusent de laisser passer. Ils chantent La Marseillaise — strictement interdite — puis se dispersent quand un surveillant ferme les grilles et alerte la police.

La manifestation a duré quelques minutes. Ses conséquences, trois ans. Cinq des organisateurs, tous adhérents des FTP, ont déjà fondé une petite imprimerie clandestine dans les soupentes de la capitale : Jacques Baudry (vingt ans), Pierre Benoît (dix-sept ans), Pierre Grelot (dix-neuf ans, il fête son anniversaire ce jour-là), Lucien Legros (dix-huit ans) et Jean-Marie Arthus (dix-sept ans). Benoît et Legros basculent le soir même dans la clandestinité ; les autres suivent dans les semaines qui viennent.

Arrêtés entre juin et août 1942, torturés à La Santé, transférés à Fresnes après un procès expédié devant le tribunal de la Luftwaffe le 15 octobre. Condamnés à mort. Le 8 février 1943, vers onze heures, ils sont fusillés au stand de tir de Balard, à quelques rues de leur lycée. Leurs corps sont jetés en fosse commune à Ivry, puis incinérés en 1952 ; les urnes reposent dans la crypte de la chapelle de la Sorbonne. Burgard sera décapité à Cologne le 15 juin 1944. Sur la façade du 16 boulevard Pasteur, une plaque porte leurs cinq noms.

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Événement
1899
20 août 1899 — Église St Joseph
t2 p 166-167
Manifestation appelée par le "Journal du Peuple" à l'occasion du second procès en révision de Dreyfus ; une bagarre entre anarchistes et extrême droite se termine par un saccage de l'église
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Événement
1820
3 juin 1820
t2 p 49
Manifestation au cri de “vive la charte” ; un étudiant est tué par la garde royale ; sa tombe au Père Lachaise va devenir un lieu de rendez-vous pour les "Libéraux"
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Événement
1899
Événement
1874
10 juin 1874 — Gare St Lazare/Cour du Havre
t2 p 132
Manifestation contre Gambetta suite à son discours contre le Second Empire ; il est frappé par le marquis de Sainte-Croix
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Événement
Événement
1973
7 janvier 1973 — Champ de Mars (sous la Tour Eiffel)
t2 p 284
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Événement
1822
8 mars 1822 — Manifestation étudiante
t2 p 52
Manifestation d'étudiants qui interrompent le cours de chimie de Thénard ; ils sont poursuivis par les gendarmes, s'ensuivront 200 arrestations
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Événement
1896
3 août 1896
t2 p 161
Manifestation de libres-penseurs et de militants socialistes devant la statue d'Étienne Dolet ; elle réunit 20 000 personnes
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Événement
1887
29 janvier 1887 — Siège de l'Assistance Publique
t2 p 147
Manifestation des étudiants en Médecine contre l'admission de 2 femmes au concours de l'internat
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Événement
1887
29 janvier 1887 — Siège de l'Assistance Publique
t2 p 147
Manifestation des étudiants en Médecine contre l'admission de 2 femmes au concours de l'internat
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Événement
1883
9 mars 1883
t2 p 141
Manifestation des Sans-travail, menée par des anarchistes, qui verra le pillage de trois boulangeries ; Louise Michel brandit son voile du deuil de la Commune qui deviendra le drapeau anarchiste ; elle sera arrêtée comme …

Manifestation des Sans-travail, menée par des anarchistes, qui verra le pillage de trois boulangeries ; Louise Michel brandit son voile du deuil de la Commune qui deviendra le drapeau anarchiste ; elle sera arrêtée comme meneuse

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Événement
1870
8 octobre 1870 — Hôtel de ville
t2 p 123
Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers. Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale mu …

Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers.

Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale multiplie les déclarations martiales et évite soigneusement l'action. Le général Trochu, gouverneur militaire, a un "plan" dont personne ne connaît le contenu et qui consiste, on le comprendra plus tard, à laisser la ville s'épuiser jusqu'à ce que la capitulation devienne acceptable. Les quartiers populaires réclament l'inverse : la sortie en masse, l'offensive générale contre les lignes prussiennes, la guerre à outrance.

Le 8 octobre 1870, cinq mille gardes nationaux se rassemblent place de l'Hôtel de Ville. Ils viennent en armes, en formation, avec leurs officiers élus. Ils demandent l'offensive et la levée du soupçon qui pèse sur les négociations de Jules Favre avec Bismarck. Auguste Blanqui, sorti de prison à la chute de l'Empire, est présent, comme Jean-Baptiste Millière, futur communard qui sera fusillé sur les marches du Panthéon en mai 1871.

La réponse du gouvernement est habile. Il ne fait pas tirer. Il appelle sur la place les bataillons de la Garde nationale des quartiers riches : le faubourg Saint-Germain, le quartier de la Bourse. Ces bataillons, composés de bourgeois, de commerçants et de rentiers, sont hostiles à toute agitation populaire. Ils submergent numériquement les manifestants. La place se remplit d'une foule contradictoire, et la manifestation perd sa signification politique. Jules Favre paraît alors et prononce une harangue. Il rassure, il promet, il ne s'engage à rien. La manifestation se disperse.

La Garde nationale de Paris compte alors des centaines de milliers d'hommes, armés par décret depuis septembre. Elle est traversée par la fracture sociale de la ville : les bataillons des arrondissements ouvriers contre ceux des arrondissements bourgeois. Cette fracture sera exactement celle du 18 mars 1871. Le 31 octobre 1870, trois semaines après cette journée, une tentative insurrectionnelle occupera brièvement l'Hôtel de Ville et prendra le gouvernement en otage. Elle échouera de peu.

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Événement
1952
28 mai 1952
t2 p 253-254
Manifestation du PCF contre la venue du général Ridgway, dit Ridgway la peste ; la répression fait 1 mort ; Jacques Duclos est arrêté pour suspicion d'espionnage suite à la découverte de pigeons dans le coffre de sa voit …

Manifestation du PCF contre la venue du général Ridgway, dit Ridgway la peste ; la répression fait 1 mort ; Jacques Duclos est arrêté pour suspicion d'espionnage suite à la découverte de pigeons dans le coffre de sa voiture

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Événement
1927
23 août 1927
t2 p 216
On a tué deux innocents au nom de la loi, et c'est la loi qui a eu peur des rues ce soir-là. Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la prison de Charlestown dans le Massachusetts, deux hommes meurent sur la chaise électri …

On a tué deux innocents au nom de la loi, et c'est la loi qui a eu peur des rues ce soir-là.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la prison de Charlestown dans le Massachusetts, deux hommes meurent sur la chaise électrique. Nicola Sacco est cordonnier, Bartolomeo Vanzetti est vendeur de poissons. Ils sont anarchistes italiens immigrés aux États-Unis. En 1921, ils ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un caissier et d'un garde lors d'un hold-up à South Braintree. Pendant sept ans, le monde entier a plaidé leur cause, convaincu que le procès n'a jamais été autre chose qu'une chasse aux rouges, qu'un outil de répression politique déguisé en justice criminelle.

Les preuves contre eux étaient minces, les témoignages contradictoires, le juge ouvertement hostile. Einstein, Anatole France, Bernard Shaw, des milliers d'intellectuels ont signé des pétitions. Rien n'y a fait. L'Amérique de la peur rouge, celle du Palmer Act et de la surveillance des immigrés, avait décidé de leur mort longtemps avant le verdict.

La nouvelle de leur exécution arrive à Paris dans la matinée du 23 août 1927. La réaction est immédiate. Sur les Grands Boulevards — boulevard de Bonne-Nouvelle, boulevard Montmartre — des foules se rassemblent spontanément. Les manifestants, anarchistes, syndicalistes, militants du Parti communiste, portent des portraits de Sacco et Vanzetti, chantent L'Internationale, crient leur indignation. Les affrontements avec la police sont violents ; des vitrines sont brisées, plusieurs arrestations.

Elena Stassova, militante communiste internationale présente à Paris, coordonne une partie des actions de solidarité qui s'étendent au-delà du seul mouvement anarchiste : c'est la mort de deux hommes du peuple qui a embrasé les Grands Boulevards, non un calcul de parti.

Le cas Sacco-Vanzetti est devenu, au fil des années qui suivent, un symbole mondial de la justice de classe : deux travailleurs immigrés, pauvres, étrangers et révolutionnaires, broyés par un système judiciaire au service de l'ordre établi. En 1977 — cinquante ans après leur mort —, le gouverneur du Massachusetts reconnaîtra officiellement que le procès avait été entaché d'injustice.

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Événement
1927
24 août 1927
t2 p 216
La mort de deux innocents à Boston met le feu aux Grands Boulevards : quand la loi tue l'innocent, c'est la rue qui réclame justice. La veille, les Grands Boulevards ont brûlé. Le 23 août 1927, à l'annonce de l'exécution …

La mort de deux innocents à Boston met le feu aux Grands Boulevards : quand la loi tue l'innocent, c'est la rue qui réclame justice.

La veille, les Grands Boulevards ont brûlé. Le 23 août 1927, à l'annonce de l'exécution de Sacco et Vanzetti à la prison de Charlestown, des milliers de Parisiens ont envahi les boulevards Bonne-Nouvelle et Montmartre, affrontant la police dans une nuit de violence et d'indignation. Le 24 août, le mouvement se déplace et s'amplifie.

Place de la République, carrefour populaire et politique du Paris ouvrier, le rassemblement reprend. Les manifestants sont anarchistes, syndicalistes, communistes, socialistes — catégories qui sur ce point précis ont mis de côté leurs divisions. Deux noms sur les pancartes : Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti. Deux travailleurs italiens immigrés aux États-Unis, condamnés à mort en 1921 pour un hold-up dont ils clament l'innocence depuis six ans, finalement exécutés malgré la pression internationale.

Boulevard de Sébastopol également, d'autres groupes se forment, qui remontent vers la place. La police charge. Des affrontements éclatent. Paris, en ce mois d'août, réagit à une exécution commise à six mille kilomètres avec la même intensité que si elle avait eu lieu place de la Bastille.

Pourquoi cette mobilisation ? Parce que le cas Sacco-Vanzetti condense tout ce que l'entre-deux-guerres ressent comme une injustice fondamentale : la répression antisyndicale aux États-Unis, les lois d'immigration racistes (les "quota laws" de 1921 et 1924), la chasse aux rouges des années Palmer, la criminalisation de la pensée anarchiste et internationaliste. Deux corps d'ouvriers immigrés assis sur une chaise électrique : c'est un symbole, et Paris le comprend immédiatement.

Elena Stassova, militante de l'Internationale communiste présente dans la capitale, coordonnera les actions dans les jours suivants. Mais ce 24 août, c'est spontané : la place de la République, que la Troisième République a érigée en monument à elle-même, devient pendant quelques heures la tribune d'une solidarité ouvrière internationale qui n'a pas attendu les partis pour descendre dans la rue.

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Événement
1927
23 août 1927
t2 p 216
Manifestation et bagarres à l'annonce de l'exécution des anarchistes Sacco et Vanzetti
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Événement
1927
24 août 1927
t2 p 216
Manifestation et bagarres à l'annonce de l'exécution des deux anarchistes accusés à tort d'un hold-up aux États-Unis
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Événement
1935
19 juillet 1935
t2 p 228
Manifestation interdite des fonctionnaires ; elle donne lieu à 1 500 arrestations
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Événement
Événement
1883
Événement
1966
16 décembre 1966
t2 p 275
Manifestation place de l'Opéra contre la guerre au Viêt Nam ; 316 arrestations
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Événement
1882
7 janvier 1882
t2 p 141
Manifestation pour l'anniversaire de Blanqui ; Louise Michel, arrêtée, fera 15 jours de prison
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Événement
1822
18 novembre 1822 — École de Médecine
t2 p 53
Manifestation qui entraîna la fermeture de l'École de Médecine durant 3 mois
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Événement
1878
13 janvier 1878 — Cimetière du Père Lachaise (18ème division)/Tombe de François-Vincent Raspail
t2 p 137
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Événement
Événement
1928
12 janvier 1928 — Palais Bourbon
t2 p 218
Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier arrêtés à la sortie de la Chambre
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Événement
1834
14 avril 1834 — Rue Transnonain
t2 p 69-70
Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse. Dans la nuit du 13 au 14 …

Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 1834, Paris est quadrillé par 40 000 soldats. L'insurrection républicaine, partie de Lyon le 9, a gagné la capitale. Des barricades se dressent dans le quartier Sainte-Avoye, autour de la rue Beaubourg et du cloître Saint-Merri. Thiers, ministre de l'Intérieur, a donné des ordres clairs : écraser la révolte sans ménagement.

À l'aube du 14, les troupes du général Bugeaud investissent le quartier. Un coup de feu — on ne saura jamais d'où — aurait été tiré depuis le 12 rue Transnonain. C'est le prétexte. Les soldats enfoncent les portes et massacrent les habitants dans leurs lits. Douze morts, dont des femmes, un vieillard, un enfant. Aucun n'était armé.

L'affaire fait scandale, mais la répression continue. Thiers fait arrêter des milliers de républicains dans toute la France. Le procès monstre qui s'ensuit, devant la Chambre des pairs, tourne à la farce judiciaire.

C'est Honoré Daumier qui fixe la mémoire du massacre. Sa lithographie, publiée en juillet 1834, montre un homme en chemise étendu sur le dos, un enfant écrasé sous son corps, du sang sur les draps. L'image est d'une frontalité insoutenable. Le gouvernement fait saisir la pierre et traquer les épreuves. Trop tard : l'image est déjà entrée dans l'histoire. L'immeuble, lui, sera rasé par Haussmann. Mais au 79 rue Beaubourg, une inscription murale rappelle encore l'ancien nom de la rue.

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Événement
1961
17 octobre 1961 — Préfecture de police/Pont St Michel
t2 p 266
Ils étaient venus sans armes, en habits du dimanche, protester contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux ; on les a matraqués, noyés, et la France a mis quarante ans à admettre que cela avait eu lieu. Le 5 octobre 1961, …

Ils étaient venus sans armes, en habits du dimanche, protester contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux ; on les a matraqués, noyés, et la France a mis quarante ans à admettre que cela avait eu lieu.

Le 5 octobre 1961, le préfet de police Maurice Papon annonce l'instauration d'un couvre-feu à Paris. Il ne s'applique qu'à une catégorie de la population : les "Français musulmans d'Algérie," qui ont interdiction de circuler entre vingt heures trente et cinq heures trente du matin. Ils sont français en droit, puisque l'Algérie est constituée de départements français. Le couvre-feu est donc une mesure raciale prise contre des citoyens.

La Fédération de France du FLN appelle à manifester pacifiquement. La consigne est stricte : aucune arme, pas même un canif ; les hommes viendront en costume, avec leurs femmes et leurs enfants.

Le 17 octobre 1961, entre vingt et trente mille Algériens convergent vers les Grands Boulevards, la place de l'Étoile, le boulevard Saint-Michel, sortant des bidonvilles de Nanterre et des foyers de banlieue. Ils sont désarmés.

La répression est immédiate et d'une brutalité extrême. Les policiers chargent à la matraque et au bâton, tirent, frappent à mort dans les cars et dans les cours de commissariats. Des hommes sont jetés à la Seine du pont Saint-Michel et du pont de Neuilly. Des corps seront repêchés pendant des semaines en aval. Plus de onze mille manifestants sont arrêtés et parqués au Palais des Sports, au stade Pierre-de-Coubertin et au Vélodrome d'Hiver, dix-neuf ans après la rafle de juillet 1942 au même endroit.

Le bilan officiel de l'époque annonce trois morts. Les historiens l'estiment aujourd'hui entre plusieurs dizaines et deux cents. Le chiffre exact restera inconnu.

Le lendemain, la presse reprend la version préfectorale. Les inscriptions "Ici on noie les Algériens" apparaissent sur les quais. Les archives resteront fermées, les dossiers détruits, l'affaire enterrée par l'amnistie de 1962. Il faudra attendre les années 1990 pour que l'histoire s'écrive, et 2012 pour qu'un président de la République reconnaisse les faits.

Maurice Papon sera condamné en 1998, non pour ce massacre, mais pour sa participation à la déportation des Juifs de Bordeaux.

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Événement
1792
2 septembre 1792 — Couvent des Carmes déchaussés/Massacres de Septembre
t2 p 16
Massacres de 115 Prêtres réfractaires au couvent des Carmes Déchaux, transformé en prison
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t2 p 20
Maximilien Robespierre, blessé par le gendarme Merda, est arrêté vers 3 heures du matin le 10 thermidor
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Événement
1926
10 juin 1926 — Palais de Justice
t2 p 215
Merabachvili, social-démocrate, tue Veschapeli, communiste ; tous deux sont des étudiants géorgiens
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Événement
1900
19 juillet 1900
t2 p 167
Mise en service de la ligne n° 1 du métro Vincennes-Porte Maillot
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Événement
1900
30 novembre 1900 — Hôtel d'Alsace/Séjour d'Oscar Wilde
t2 p 170
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Événement
1867
31 août 1867 — Maison de santé du docteur Duval (à partir du 4 juillet 1866)
t2 p 119
Mort de Charles Baudelaire dans la maison de santé du docteur Duval
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Événement
1848
4 juillet 1848 — Demeure de François-René de Chateaubriand (à partir d'août 1838)
t2 p 88
Le 4 juillet 1848, François-René de Chateaubriand meurt dans son appartement du rez-de-chaussée, au fond de la cour. Il a soixante-dix-neuf ans. Sourd, presque aveugle, paralysé depuis plusieurs années. Il y a huit jours …

Le 4 juillet 1848, François-René de Chateaubriand meurt dans son appartement du rez-de-chaussée, au fond de la cour. Il a soixante-dix-neuf ans. Sourd, presque aveugle, paralysé depuis plusieurs années. Il y a huit jours à peine, les Journées de Juin ont ensanglanté Paris : les barricades ouvrières des faubourgs Saint-Antoine et du Temple écrasées par le général Cavaignac, plusieurs milliers de morts dans les rues. La Deuxième République, née en février dans l'allégresse, venait d'organiser son premier massacre. Les rues de Paris sentaient encore la poudre.

Chateaubriand a tout traversé. Émigré à Londres pendant la Terreur, il rentre sous le Consulat et publie en 1802 Le Génie du christianisme — qui réconcilie la France avec la foi après la décennie révolutionnaire. AtalaRené : il pose les fondations du romantisme français. Ambassadeur à Berlin, à Londres, à Rome. Ministre des Affaires étrangères sous Louis XVIII. Pair de France. Et puis 1830 : il refuse de prêter serment à Louis-Philippe, démissionne, perd fonctions et revenus. Jusqu'au bout, il choisit la cohérence contre le confort.

Il lui reste ses Mémoires. Commencées vers 1809, retravaillées pendant trente ans — une autobiographie qui tient un siècle entier : l'Ancien Régime, la Révolution, l'Empire, les Restaurations. Ruiné, il en a vendu les droits en 1844 à Émile de Girardin, directeur de La Presse, contre une rente viagère. Tant que Chateaubriand vivra, rien ne sera publié. C'est le paradoxe qu'il a lui-même nommé : des Mémoires d'outre-tombe — rédigées pour être lues depuis la tombe. Au moment de sa mort, le manuscrit se trouve dans un coffre en bois, au pied du lit.

Juliette Récamier, dont l'appartement de l'Abbaye-aux-Bois est à quelques rues, le visitait jusqu'au bout — presque aveugle elle aussi. Elle mourra dix mois plus tard, le 11 mai 1849.

La sérialisation des Mémoires d'outre-tombe dans La Presse commence en octobre 1848. Quant à Chateaubriand, il est enterré au Grand Bé, un îlot rocheux face à Saint-Malo, selon ses propres instructions. Sur la tombe : une croix, aucune inscription. Il avait demandé à entendre la mer.

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Événement
1831
27 juin 1831 — Demeure de Sophie Germain
t2 p 42
En 1811, l'Académie des sciences organise un concours : « donner la théorie mathématique des surfaces élastiques et la comparer à l'expérience. » Une seule candidate se présente au premier appel : Sophie Germain. Elle a …

En 1811, l'Académie des sciences organise un concours : « donner la théorie mathématique des surfaces élastiques et la comparer à l'expérience. »

Une seule candidate se présente au premier appel : Sophie Germain. Elle a trente-cinq ans et n'a jamais fréquenté aucune institution académique — toutes lui étaient fermées. Depuis 1794, elle reçoit par courrier les notes de cours de l'École polytechnique sous le pseudonyme « Antoine-Auguste LeBlanc », emprunté à un ancien étudiant. Lagrange, impressionné par les travaux de cet inconnu, avait demandé à le rencontrer et découvert une femme. Elle correspond avec Gauss depuis 1804, sous le même masque. En 1806, elle lui révèle son identité en faisant intervenir ses relations parisiennes pour le protéger de l'armée napoléonienne à Brunswick. Gauss lui répond qu'elle a « surmonté les obstacles les plus redoutables que les préjugés opposent aux femmes. »

Son premier mémoire, soumis en 1811, est jugé insuffisant — les équations de base sont incorrectes. Elle recommence. Second mémoire en 1813 : meilleur, mais encore des erreurs fondamentales. Troisième tentative, délai reporté à 1815 : Lagrange lui fournit la correction de l'équation différentielle de départ, et le mémoire tient. Le 8 janvier 1816, à l'Académie des sciences, quai de Conti, le Grand Prix extraordinaire lui est décerné. C'est la première fois qu'une femme remporte ce prix.

Elle n'est pas invitée à la cérémonie. Le règlement de l'Académie des sciences n'admet dans ses séances que les membres — tous des hommes — et leurs épouses. La lauréate du Grand Prix ne peut pas y siéger. Ce n'est qu'à la suite de ce couronnement qu'elle sera finalement admise à assister aux séances, sans droit de vote ni de parole officielle.

L'exclusion des femmes de la science n'est pas un accident mais une règle construite. L'Académie des sciences, fondée en 1666, n'a jamais formellement admis les femmes à en être membres. Sophie Germain en franchit le seuil par la seule force de ses travaux — dans une institution conçue pour qu'elle n'y entre pas.

En 1831, Gauss proposera que l'université de Göttingen lui décerne un doctorat honoris causa — le premier accordé à une femme. Elle mourra avant de le recevoir, le 27 juin 1831, dans sa demeure située au 13 rue de Savoie, dans le 6e arrondissement de Paris. ![[Mathe%CC%81maticienne%20Sophie%20Germain.jpg|Mathe%CC%81maticienne%20Sophie%20Germain.jpg]]

​Lettre d’admission de Sophie Germain à l’Académie des sciences.

En 1816, elle fut la première femme à y remporter un prix.
© BNF/Bibliothèque Ecole Polytechnique
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Événement
1864
2 mai 1864 — Demeure de Giacomo Meyerbeer
t2 p 114
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Événement
1842
13 juillet 1842 — Chapelle St Ferdinand/Chapelle Notre-Dame de la Compassion
t2 p 79
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Événement
1842
13 juillet 1842 — Chapelle St Ferdinand/Chapelle Notre-Dame de la Compassion
t2 p 79
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Événement
1896
8 janvier 1896 — Demeure de Paul Verlaine (à partir de septembre 1895)
t2 p 160
Mort du poète Paul Verlaine ; ses obsèques ont lieu à l'église St Étienne du Mont
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Événement
1974
2 avril 1974 — Hôtel d'Ambrun/Demeure de Georges Pompidou (à partir de 1969)
t2 p 286
Georges Pompidou meurt le 2 avril 1974 au 24 quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis, d'une maladie de Waldenström — un cancer du sang qu'il dissimulait depuis des années, continuant à gouverner la France tout en sachant …

Georges Pompidou meurt le 2 avril 1974 au 24 quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis, d'une maladie de Waldenström — un cancer du sang qu'il dissimulait depuis des années, continuant à gouverner la France tout en sachant qu'il allait mourir. Il a soixante-deux ans. Sa mort en fonction surprend un pays qui, officiellement, ne savait pas qu'il était malade.

Fils d'instituteurs auvergnats, agrégé de lettres, directeur général de la banque Rothschild, Premier ministre de De Gaulle de 1962 à 1968, élu président en 1969 — Pompidou avait le parcours d'un homme qui sait ce qu'il veut et comment l'obtenir. Mai 68 l'avait révélé : c'est lui qui avait négocié les accords de Grenelle avec les syndicats, lui qui avait trouvé la sortie de crise pendant que De Gaulle hésitait.

Sa postérité parisienne est une construction qu'il ne vit pas achevée. En 1969, il avait décidé qu'un grand musée d'art moderne serait construit sur le plateau Beaubourg, site dégagé par les démolitions haussmanniennes. Il avait choisi le projet de Renzo Piano et Richard Rogers — structure métallique apparente, tuyaux de couleur en façade, escalators extérieurs — contre l'avis de presque tout le monde. Le Centre Pompidou ouvre en 1977, trois ans après sa mort. Comme pour la Pyramide du Louvre, ce que Paris avait d'abord moqué est devenu un de ses symboles.

Quai de Béthune, rien n'indique qu'un président y mourut, seulement qu'il y avait habité.![[Plaque dédiée à Geogres Pompidou, 24 quai de Béthune, Wikimedia|Pompidou, Georges, Plaque 24 quai de Béthune, Wikimedia.jpeg]]

Plaque dédiée à Georges Pompidou, 24 quai de Béthune, Wikimedia

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Événement
1932
6 mai 1932 — Hôpital Beaujon
t2 p 222-223
Mort du président Paul Doumer, suite à un attentat russe blanc, du fait d'erreurs médicales commises lors du traitement de ses blessures
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Événement
1929
25 novembre 1929 — Demeure de Georges Clemenceau (de 1896)
t2 p 219
Mort du "Tigre", défenseur de Dreyfus, mais aussi responsable des massacres de Fourmies et autres lieux
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Événement
1902
29 septembre 1902 — Demeure d'Émile Zola (à partir de septembre 1889)
t2 p 171
Une cheminée bouchée, un homme mort dans son lit, une femme qui survit : quatre ans après avoir sauvé Dreyfus, Zola meurt d'un accident que personne n'a jamais pu vraiment expliquer. Émile Zola meurt dans la nuit du 28 a …

Une cheminée bouchée, un homme mort dans son lit, une femme qui survit : quatre ans après avoir sauvé Dreyfus, Zola meurt d'un accident que personne n'a jamais pu vraiment expliquer.

Émile Zola meurt dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902 au 21 bis de la rue de Bruxelles, dans le 9e arrondissement, où il vit depuis 1889. Il a soixante-deux ans. La cause officielle est l'asphyxie par oxyde de carbone : le conduit de la cheminée de la chambre était obstrué. Sa femme Alexandrine, dans le même lit, survit de justesse.

L'enquête conclut à l'accident. Les experts vérifient la cheminée et constatent l'obstruction. Ils ne parviennent pas à expliquer comment elle s'est produite. Des expériences sont conduites avec des cobayes, qui ne meurent pas. Le doute s'installe immédiatement.

Zola était devenu, quatre ans plus tôt, l'homme le plus haï de France par les milieux nationalistes et antisémites. Le 13 janvier 1898, il avait publié dans L'Aurore une lettre ouverte au président Félix Faure : "J'accuse." Le texte, écrit en une nuit, accusait nommément les officiers de l'état-major d'avoir sciemment condamné un innocent, le capitaine Dreyfus, et couvert le vrai coupable. Il valut à Zola un procès, une condamnation, un exil en Angleterre. Il fit basculer l'Affaire : la révision devint inévitable, et Dreyfus sera réhabilité en 1906.

Les nationalistes ne le lui pardonnèrent jamais. Sa maison fut menacée, ses livres brûlés, sa personne insultée quotidiennement dans la presse de droite. En 1953, cinquante et un ans après sa mort, le journal Libération publia le témoignage recueilli auprès d'un fumiste parisien nommé Henri Buronfosse, militant d'extrême droite, qui aurait avoué avant de mourir avoir bouché la cheminée de Zola par vengeance politique. Le témoignage est indirect et n'a jamais pu être vérifié. Il n'a jamais été réfuté non plus.

Ses obsèques ont lieu au cimetière de Montmartre. Anatole France prononce l'éloge funèbre : "Il fut un moment de la conscience humaine." Dreyfus, encore officiellement coupable, y assiste. Zola sera transféré au Panthéon en 1908 ; le jour de la cérémonie, un journaliste nationaliste tirera deux coups de revolver sur Dreyfus, le blessant au bras.

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Événement
1871
26 mai 1871 — Mur des otages
t2 p 129
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1935
14 juillet 1935
t2 p 228-229
Le 14 juillet 1935, des adversaires de la veille défilent bras dessus bras dessous de la Bastille à la Nation, et se jurent de ne plus se diviser. La peur les avait rapprochés. Depuis l'émeute des ligues d'extrême droite …

Le 14 juillet 1935, des adversaires de la veille défilent bras dessus bras dessous de la Bastille à la Nation, et se jurent de ne plus se diviser.

La peur les avait rapprochés. Depuis l'émeute des ligues d'extrême droite, le 6 février 1934 place de la Concorde, la gauche divisée redoutait pour la République un sort à l'allemande ou à l'italienne. Le 14 juillet 1935, quelque dix mille délégués d'une soixantaine d'organisations — Ligue des droits de l'homme, Parti communiste, SFIO, radicaux, les deux CGT, anciens combattants, comité Amsterdam-Pleyel — se réunissent au vélodrome Buffalo, à Montrouge. Là, Victor Basch, président de la Ligue des droits de l'homme, proclame le serment du Rassemblement populaire : rester unis « pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour défendre et développer les libertés démocratiques et pour assurer la paix humaine ».

L'après-midi, Paris voit le reste. De la place de la Bastille — la colonne de Juillet dans le dos —, près de cinq cent mille personnes défilent jusqu'à la place de la Nation, derrière Léon Blum, Maurice Thorez et Édouard Daladier marchant côte à côte. Socialiste, communiste, radical : trois hommes que tout opposait la veille. La gauche ne s'était pas contentée de manifester ; elle avait repris à la droite le 14 Juillet, la Marseillaise et le drapeau tricolore, qu'on croyait acquis au camp de l'ordre.

Le succès décida de la suite. Le comité d'organisation se fit permanent — le Comité national du Rassemblement populaire — avec un objectif : battre la droite aux élections de mai 1936. Un an plus tard, c'était fait. En juin 1936, Blum forma le premier gouvernement de Front populaire ; vinrent les congés payés, la semaine de quarante heures, les conventions collectives.

L'unité, pourtant, avait son revers, et la tradition marxiste ne manqua pas de le pointer. Le Rassemblement était une coalition pour sauver la République démocratique et bourgeoise du fascisme ; or, en juin 1936, quand les ouvriers la débordèrent par une vague d'occupations d'usines, ce furent les chefs du Front eux-mêmes qui les rappelèrent à l'ordre — Thorez : « Il faut savoir terminer une grève. » De son exil, Trotsky voyait dans le Front populaire, Où va la France ? à l'appui, la stratégie même qui désarmait la révolution pour étayer l'État existant. Quant à la « paix humaine » jurée à Buffalo : quatre ans plus tard, ce fut la guerre.

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Événement
1815
7 décembre 1815 — Lieu de l'exécution du maréchal Ney
t2 p 41 & 42
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Événement
1985
14 avril 1985 — Siège de l'hebdomadaire "Minute"
t2 p 303
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Événement
1893
3 juillet 1893 — Manifestation des Quat'z'Arts
t2 p 156
Nuger est tué par la police lors d'une manifestation contre la condamnation d'une danseuse nue qui s'était exhibée lors du Bal des Quat'z'Arts
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Événement
1968
10 mai 1968
t2 p 277
Nuit des barricades ; au cours de laquelle auront lieu les principaux affrontements à Paris en Mai 68
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Événement
1944
19 août 1944 — Préfecture de police
t2 p 242
Occupation et défense de la préfecture de police par les FFI
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Événement
1977
Événement
1950
8 septembre 1950
t2 p 253
On peut vaincre l'occupant et perdre quand même. Le 8 septembre 1950, à l'aube, des unités de police et de gendarmerie se déploient simultanément dans plusieurs villes françaises. C'est l'opération Boléro-Paprika: quatre …

On peut vaincre l'occupant et perdre quand même.

Le 8 septembre 1950, à l'aube, des unités de police et de gendarmerie se déploient simultanément dans plusieurs villes françaises. C'est l'opération Boléro-Paprika: quatre cent quatre militants communistes étrangers sont arrêtés, leurs logements perquisitionnés, leurs papiers saisis. Deux cent quatre-vingt-huit d'entre eux seront expulsés de France: cent soixante-dix-sept Espagnols, cinquante-neuf Polonais, quatorze Soviétiques, quelques dizaines d'autres. La plupart seront acheminés vers Berlin-Est, capitale de la République démocratique allemande.

Qui sont ces hommes et ces femmes ? Pour la majorité, des résistants. Des anciens des Brigades internationales qui avaient combattu Franco en Espagne de 1936 à 1939, puis avaient rejoint les réseaux de résistance française sous l'Occupation. Des Juifs polonais ayant intégré les FTP-MOI ou les réseaux du PCF. Des antifascistes qui avaient choisi la France comme pays d'adoption parce qu'ils n'en avaient plus d'autre. Ils avaient défendu la France; la France les expulsait.

Le gouvernement qui ordonne l'opération est celui de René Pléven, président du Conseil depuis juillet 1950. La guerre de Corée a commencé en juin; la Guerre froide atteint son premier paroxysme. Dans ce contexte, l'Espagne franquiste devient un allié précieux dans le dispositif anticommuniste occidental: la normalisation des relations franco-espagnoles exige que Paris cesse de tolérer sur son territoire des exilés républicains espagnols organisés politiquement. L'opération Boléro-Paprika répond à cette logique.

L'ironie est cruelle: des antifranquistes espagnols sont expulsés vers Berlin-Est, capitale d'un régime dont ils ne partagent pas la ligne. Des Polonais ayant fui le nazisme sont renvoyés dans une Pologne satellite de Moscou. La logique de la Guerre froide écrase les biographies individuelles: on est "communiste" ou "anticommuniste", et la nuance n'intéresse personne.

L'abbé Pierre prend publiquement position contre les arrestations. Quelques voix s'élèvent dans la presse. Elles n'empêchent rien. L'opération Boléro-Paprika restera dans l'histoire comme l'un des épisodes les plus sombres de la IVe République à l'égard de ceux qui l'avaient défendue.

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Événement
Événement
1910
9 novembre 1910 — Boulangerie coopérative du Sillon/Coopérative ouvrière
t2 p 186
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Événement
1907
20 janvier 1907 — Siège du journal "Les Annales"
t2 p 178
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Événement
1907
24 mars 1907 — Cinéma Pathé
t2 p 179
Ouverture de la première salle de cinéma à Paris par Pathé
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Événement
1909
18 mai 1909 — Théâtre du Châtelet
t2 p 183
Ouverture de la "Saison russe" ; première apparition de Nijinski à Paris
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Événement
1909
26 juin 1909
t2 p 183
Sous la Butte-aux-Cailles, une source d'eau chaude jaillit à vingt-huit degrés depuis 1866 : il aura fallu quarante-trois ans pour que Paris décide d'en faire profiter le quartier. En 1866, un forage artésien sur la Butt …

Sous la Butte-aux-Cailles, une source d'eau chaude jaillit à vingt-huit degrés depuis 1866 : il aura fallu quarante-trois ans pour que Paris décide d'en faire profiter le quartier.

En 1866, un forage artésien sur la Butte-aux-Cailles tombe sur une nappe d'eau chaude — 28 °C, jaillissant naturellement. Le quartier est alors un faubourg semi-rural du treizième arrondissement, fait de tanneries, de petites industries et de logements ouvriers. L'eau chaude coule, et personne ne sait qu'en faire.

Il faut attendre 1898 pour que la Ville de Paris envisage de construire un établissement de bains. En 1909, trente cabines de douches-bains ouvrent place Paul-Verlaine, au pied de la butte. L'enjeu est d'hygiène publique : dans les quartiers ouvriers, les logements n'ont ni salle de bains ni eau chaude. Les bains-douches municipaux sont l'instrument d'une politique hygiéniste portée par les républicains — donner aux travailleurs l'accès à l'eau que les bourgeois ont à domicile.

Mais les douches ne suffisent pas. Après la guerre, la Ville commande à Louis Bonnier l'agrandissement de l'établissement. Bonnier a soixante-cinq ans. Il est architecte-voyer de Paris, l'homme qui a dessiné le Salon de l'Art nouveau en 1895. Il conçoit un bassin de natation couvert d'une immense voûte en béton armé portée par sept arcs — un matériau moderne pour un programme social. La façade, en briques rouges, mêle rigueur géométrique et fantaisie ornementale dans un vocabulaire Art nouveau tardif. Les travaux durent trois ans. La piscine ouvre le 4 mai 1924 — l'une des toutes premières de Paris.

L'innovation est aussi technique : pour la première fois en France, les cabines sont séparées de l'accès au bassin par un « passage sanitaire » — le pédiluve que tout nageur parisien connaît encore. L'eau du bassin vient en partie du puits artésien, tiède et légèrement minérale.

L'ensemble est classé Monument Historique en 1990 — distinction rarissime pour un établissement de bains. Restauré en 2014, il fonctionne toujours. La fontaine de la place Paul-Verlaine coule encore à 28 degrés. Et les habitants du quartier se baignent dans la même eau chaude que celle qui a jailli sous les pieds des tanneurs de 1866.![[Puit artésien, Paris 13, Eugène Atget, 1900 - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine|Puit artésien, Paris 13, Eugène Atget, 1900 - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.jpeg]]

Puit artésien, Paris 13, Eugène Atget, 1900 - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

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Événement
1795
16 novembre 1795 — Réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève (puis dans un des caveaux)/Club du Panthéon
t2 p 22
Ouverture du club du Panthéon, dit aussi club des Panthéonistes, foyer de la future Conjuration des Égaux
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Événement
Événement
1852
1852 — Magasin "Au Bon Marché"
t2 p 132
Ouverture du premier grand magasin à Paris. Il développe la vente à prix fixe, les soldes, l'entrée libre, les retours et échanges, la promotion publicitaire, la mise en concurrence des fournisseurs. Videau quitte l'asso …

Ouverture du premier grand magasin à Paris. Il développe la vente à prix fixe, les soldes, l'entrée libre, les retours et échanges, la promotion publicitaire, la mise en concurrence des fournisseurs. Videau quitte l'association en 1863

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Événement
1893
7 avril 1893 — Restaurant Maxim's (d'abord un rendez-vous de cochers)
t2 p 156
Ouverture du restaurant Maxim's à l'emplacement de la boutique du glacier Imoda
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Événement
1766
1766 — Château des Porcherons/Jardin Ruggieri
t2 p 45
Parc d'attractions des initiateurs des établissements de fêtes champêtres à Paris, offrant bals, feux d'artifices et spectacles équestres
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Événement
1915
10 septembre 1915 — Siège du journal "Le Canard enchaîné"
t2 p 194 & 196
La censure ne supprime pas la vérité; elle lui enseigne juste à changer de forme. Nous sommes en septembre 1915. La France est en guerre depuis un an; la presse est sous contrôle strict. Le Bureau de la presse, créé dès …

La censure ne supprime pas la vérité; elle lui enseigne juste à changer de forme.

Nous sommes en septembre 1915. La France est en guerre depuis un an; la presse est sous contrôle strict. Le Bureau de la presse, créé dès août 1914, supervise ce qui peut être dit et ce qui ne peut pas l'être. Les défaites sont euphémisées en "redressements de ligne", les mutineries ignorées, les pertes minimisées. Le "bourrage de crâne" est la forme officielle de l'information de guerre. Certains journalistes s'en accommodent; d'autres en sont dégoûtés.

Maurice Maréchal et Henri-Paul Deyvaux-Gassier font partie des seconds. Le 10 septembre 1915, au 129 rue du Faubourg-du-Temple, dans le 10e arrondissement, ils publient le premier numéro d'un journal satirique qu'ils appellent "Le Canard enchaîné". Le nom est un jeu de mots à plusieurs niveaux: "canard" est le mot argotique pour journal mais aussi pour fausse nouvelle; "enchaîné" dit à la fois que la presse est entravée par la censure et que ce journal-ci, en proclamant ses propres chaînes, les rend visibles.

La stratégie du Canard est l'ironie systématique. Puisqu'on ne peut pas dire que l'armée recule, on écrit qu'elle "avance à reculons". Puisqu'on ne peut pas contredire le communiqué officiel, on le cite avec un léger changement de contexte qui en révèle l'absurdité. Le premier numéro se vend cinq centimes; il se moque des journaux qui se déclarent libres tout en appliquant à la lettre les consignes du bureau de censure.

Le Canard survit à cette guerre, puis à la suivante. Il sera l'un des rares journaux à continuer sous l'Occupation, en zone libre, jusqu'en novembre 1942, avant de disparaître et de renaître à la Libération. Sa longévité tient à une méthode simple: refuser toute publicité pour rester indépendant des annonceurs, vérifier les sources, et ne jamais oublier que le ridicule peut atteindre ce que l'indignation ne suffit pas à abattre.

Ce premier numéro de 1915 est une feuille de quatre pages, tirée à quelques centaines d'exemplaires. Aujourd'hui, le journal en paraît plus de trois cent mille par semaine. La forme a changé; le principe est resté intact: on publie ce qu'on sait, en disant qu'on ne peut pas le dire.

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Événement
1868
1 juin 1868
t2 p 120
Quand Henri Rochefort publie le premier numéro de La Lanterne, le 30 mai 1868, il ne sort pas de nulle part. Chroniqueur au Figaro depuis 1864, il a peu à peu transformé sa rubrique en tribune politique virulente, s’atta …

Quand Henri Rochefort publie le premier numéro de La Lanterne, le 30 mai 1868, il ne sort pas de nulle part. Chroniqueur au Figaro depuis 1864, il a peu à peu transformé sa rubrique en tribune politique virulente, s’attaquant au Second Empire, aux ministres et aux clientèles du régime. Cette audace inquiète la préfecture de police : le préfet Piétri prévient Hippolyte de Villemessant que, s’il garde Rochefort, c’est tout le Figaro qui risque la suppression.

Villemessant choisit alors une solution à la fois prudente et habile. Plutôt que de brider son polémiste, il l’aide à prendre le large : avec son appui financier, Rochefort lance La Lanterne, petit hebdomadaire satirique imprimé en brochure rouge, vendu 40 centimes, bien plus cher que la presse de masse. Officiellement, le Figaro se met ainsi à distance des diatribes trop explosives ; en pratique, Villemessant teste les limites de la nouvelle loi de 1868 sur la presse, qui allège le régime d’autorisation mais maintient la répression a posteriori.

Dans La Lanterne, Rochefort tire à boulets rouges sur le régime : corruption, courtisans, inégalités, tout y passe. Le succès est fulgurant : les numéros se vendent sous le manteau, certains atteignant des prix de revente très élevés. Le pouvoir réagit vite : interdiction de la vente publique, saisies, condamnations à des amendes lourdes et à la prison, jusqu’à forcer Rochefort à l’exil à Bruxelles, où il continue de publier.

En aidant à créer La Lanterne tout en gardant Le Figaro sur une ligne plus mondaine et conservatrice, Villemessant joue double jeu : il ménage le pouvoir, protège son grand quotidien, mais laisse un de ses anciens plumes explorer jusqu’où peut aller la contestation dans le cadre encore étroit du Second Empire finissant.

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Événement
1880
15 juillet 1880 — Siège du journal "L'Intransigeant"
t2 p 138
À peine l'amnistie votée, un évadé du bagne calédonien lance le plus intransigeant des journaux de gauche — qui finira à l'extrême droite. Le 11 juillet 1880, la Chambre vote l'amnistie pleine et entière des communards ; …

À peine l'amnistie votée, un évadé du bagne calédonien lance le plus intransigeant des journaux de gauche — qui finira à l'extrême droite.

Le 11 juillet 1880, la Chambre vote l'amnistie pleine et entière des communards ; les déportés de Nouvelle-Calédonie rentrent enfin. Henri Rochefort, lui, n'a pas attendu le bateau du retour : marquis passé au pamphlet, condamné pour son soutien à la Commune, il avait été le seul déporté à s'évader du bagne, en 1874. Amnistié, il s'installe au 16 de la rue du Croissant, au cœur du Paris des journaux, et fait paraître, le 15 juillet 1880, L'Intransigeant. Le titre est un programme : aucun compromis avec la République des opportunistes.

Autour de lui, les survivants de la Commune. Albert Theisz, le graveur qui avait dirigé les Postes sous la Commune ; Nathalie Le Mel, la relieuse qui avait fondé l'Union des femmes ; Benoît Malon, le théoricien du socialisme. L'Intransigeant est d'abord la voix de la gauche irréconciliable : radicale, anticoloniale, fidèle aux vaincus de 1871.

Puis la boussole s'affola. En 1888, Rochefort jeta son journal dans l'aventure du général Boulanger ; l'échec venu, il reprit le chemin de l'exil (1889). De retour, il fit de L'Intransigeant, dans les années 1890, une machine de guerre nationaliste et antidreyfusarde, où l'« anticapitalisme » boulangiste tournait à la haine des Juifs — ce que le mouvement ouvrier appelait déjà « le socialisme des imbéciles ». Le titre n'avait pas changé ; seule sa cible avait traversé l'échiquier. L'intransigeance qui avait défendu la Commune hurlait désormais contre la République, mais par la droite.

La rue du Croissant, elle, est restée la rue de l'encre et du plomb, celle des imprimeries et des marchands de journaux. Quelques portes plus loin, au café du Croissant, un 31 juillet 1914, un nationaliste abattrait Jaurès — comme si la rue qui avait jadis composé les caractères de la Commune avait tenu à voir se refermer, sous ses fenêtres, tout l'arc de ce nationalisme-là.

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Événement
1867
1 juin 1867 — Imprimerie du journal "La Rue"
t2 p 118
Parution du premier numéro du journal "La Rue" de Jules Vallès
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Événement
1918
11 avril 1918 — Siège du journal "Le Populaire de Paris"
t2 p 201
Le 11 avril 1918, au 9 rue Victor Massé dans le 9e arrondissement, paraît le premier numéro du Populaire de Paris. Le journal est l'organe des socialistes minoritaires — ceux qui, au sein de la SFIO, refusent l'Union sac …

Le 11 avril 1918, au 9 rue Victor Massé dans le 9e arrondissement, paraît le premier numéro du Populaire de Paris. Le journal est l'organe des socialistes minoritaires — ceux qui, au sein de la SFIO, refusent l'Union sacrée et s'opposent à la poursuite de la guerre. Parmi ses fondateurs : Jean Longuet, petit-fils de Karl Marx, et Paul Faure. Léon Blum, qui n'en est pas encore le directeur, gravitera bientôt autour du journal.

La fracture est profonde. Depuis août 1914, la SFIO a rallié l'Union sacrée — participation au gouvernement, vote des crédits de guerre, suspension de la lutte des classes. C'était la position de la majorité, conduite par Albert Thomas. La minorité, elle, s'inspirait des résolutions de Zimmerwald et Kienthal — ces conférences de socialistes européens qui, en 1915 et 1916, avaient tenté de maintenir l'internationalisme contre les nationalismes en guerre. Jean Longuet en était l'une des figures centrales en France.

Le Populaire leur donnait une tribune. Il restera un journal confidentiel jusqu'en 1921, quand le congrès de Tours scinde la SFIO entre communistes et socialistes. La minorité zimmerwald-iste rejoint alors... la majorité du nouveau Parti socialiste, tandis que Blum s'impose comme son chef. En 1936, Le Populaire devient le quotidien du Front populaire au pouvoir — tirant à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, publié jusqu'en 1970.

Jean Longuet, lui, est aussi le père de Jean-Charles Longuet — futur défenseur de la Commune et grand-père de Robert-Jean Longuet. Une famille qui traverse toute l'histoire du mouvement ouvrier français.

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Événement
1937
23 novembre 1937 — Caisse hypothécaire maritime et fluviale/Siège du Comité secret d'action révolutionnaire (la Cagoule)
t2 p 234
Perquisition qui aboutit à la découverte du siège de l'état-major et des archives du CSAR, la Cagoule
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Événement
Événement
1941
21 août 1941 — Station de métro Barbès-Rochechouart (quai de la ligne 4, direction Clignancourt)
t2 p 239
Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi. Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort …

Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi.

Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort un revolver de sa poche et tire à bout portant sur un officier de la Kriegsmarine. L'aspirant Alfons Moser meurt sur le quai du métro parisien. C'est le premier acte armé mortel de la Résistance française contre les forces d'occupation.

L'homme qui tire s'appelle Pierre Georges. Il a vingt-deux ans. Connu sous le pseudonyme de "Frédo" dans les réseaux clandestins des Jeunesses communistes, il est encadré ce matin par Gilbert Brustlein, chargé de couvrir sa retraite, et par Albert Gueusquin et Fernand Zalkinow postés aux extrémités du quai pour surveiller et alerter. L'action est préparée dans le détail. Elle est volontaire et politique.

Le contexte est précis. Deux jours plus tôt, le 19 août, deux jeunes militants communistes — Samuel Tyszelman et Henri Gautherot — ont été arrêtés par les Allemands au cours d'une manifestation et fusillés en représailles. Le Parti communiste, engagé dans la Résistance armée depuis l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, a décidé de répondre. Tyszelman et Gautherot seront les premiers d'une longue liste. Moser ne sera pas le dernier officier allemand à tomber à Paris.

Les conséquences sont immédiates et terribles. Les Allemands décrètent des représailles massives : des otages sont fusillés, des sections spéciales des tribunaux français condamnent rétroactivement des communistes arrêtés avant l'attentat. La spirale répression-résistance est enclenchée. Le nom de "Fabien" — pseudonyme que Pierre Georges adoptera ensuite — entre dans l'histoire comme celui du premier résistant à avoir tiré sur l'occupant dans les rues de Paris.

Pierre Georges mourra en décembre 1944 près de Mulhouse, tué par l'explosion d'une mine alors qu'il commandait les FTP-FFI de la région de Strasbourg sous le nom de colonel Fabien. Il avait vingt-cinq ans. Sa mémoire sera perpétuée par le nom d'une place du 19e arrondissement, la place du Colonel-Fabien, où le siège du Parti communiste français a été construit en 1971 par Oscar Niemeyer. Le 7 rue Le Goff, dans le 5e arrondissement, il retrouvera ses camarades quelques heures après l'attentat pour remettre son revolver à Jacques d'Andurain.

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Événement
1830
27 juillet 1830 — Magasin de l'armurier Lepage
t2 p 64
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Événement
1970
8 mai 1970 — Épicerie Fauchon
t2 p 281
Pillage de l'épicerie de luxe Fauchon par des militants de la Gauche Prolétarienne ; ils iront redistribuer les denrées dans les bidonvilles de Nanterre
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
t2 p 10-11
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1802
23 avril 1802 — Plaque de numérotation remarquable
t2 p 28
Avant Ollivier, les rues de Paris n'avaient pas de numéros — ou plutôt, elles en avaient trop, dans le désordre, peints à la chaux et effacés par la pluie. Comment trouver une adresse dans le Paris de 1800 ? Avec difficu …

Avant Ollivier, les rues de Paris n'avaient pas de numéros — ou plutôt, elles en avaient trop, dans le désordre, peints à la chaux et effacés par la pluie.

Comment trouver une adresse dans le Paris de 1800 ? Avec difficulté. La Révolution avait bien tenté une numérotation par sections, mais le résultat était un chaos remarquable : le même numéro pouvait apparaître plusieurs fois dans une même rue, les changements de section créaient des ruptures dans les séries, et les chiffres peints à la hâte sur les murs s'effaçaient en quelques mois.

C'est un faïencier qui apporte la solution. Louis-François Ollivier, installé rue de la Roquette dans le faubourg Saint-Antoine, est un artisan inventif. Il a repris à vingt-cinq ans la manufacture de faïence familiale, où l'on fabrique des vases de pharmacie et de la vaisselle ornée. Mais Ollivier voit plus loin que les assiettes. Le 27 juillet 1791, il dépose le brevet n° 1 de la République — littéralement le premier brevet délivré sous le nouveau régime — pour un procédé de fabrication de matériaux imitant le bronze, le marbre ou la porcelaine. En 1800, il complète ce brevet par un procédé spécifiquement destiné aux plaques de rues : des lettres et des chiffres en faïence émaillée ou en terre vernissée, résistants aux intempéries, lisibles de loin, et quasi indestructibles.

Le 23 avril 1802, Ollivier présente son système de plaques en faïence et terre vernissée pour l'inscription des noms de rues et le numérotage des maisons. Le principe est simple : au lieu de peindre un numéro sur un mur — où la pluie, le gel et la fumée l'effacent en une saison —, on fixe une plaque cuite au four, émaillée, que rien n'altère.

Le décret de 1805 Trois ans plus tard, le décret du 4 février 1805 rend obligatoire la numérotation de toutes les maisons de Paris. Le système est celui que nous connaissons encore : pairs à droite, impairs à gauche ; numérotation commençant par l'extrémité la plus proche de la Seine pour les rues perpendiculaires au fleuve. Les numéros sont d'abord peints — noir sur fond ocre pour les rues perpendiculaires, rouge sur ocre pour les parallèles. Mais l'article 11 du décret autorise les propriétaires à utiliser des matériaux plus durables. C'est là qu'Ollivier entre en jeu : ses plaques de faïence deviennent l'alternative de choix pour les propriétaires soucieux de ne pas repeindre chaque année.

Ollivier meurt en 1808, sans avoir vu son invention se généraliser. Il faudra attendre l'arrêté préfectoral de 1847 pour que Paris adopte définitivement les plaques de porcelaine émaillée — chiffres blancs sur fond bleu — qui sont devenues l'un des signes les plus reconnaissables de la ville.

Aux numéros 5 et 7 de la rue de l'École-de-Médecine, deux petits carreaux de faïence encastrés dans la pierre portent encore leurs chiffres — brun sur fond crème, sans émail bleu, sans cadre. Personne ne les remarque. Ce sont peut-être les dernières plaques d'Ollivier.

![[École de Médecine 5 rue de l', detail de la plaque de Louis-François Ollivier, Wikimedia|École de Médecine 5 rue de l', detail de la plaque de Louis-François Ollivier, Wikimedia.jpg]]

École de Médecine 5 rue de l', détail de la plaque de Louis-François Ollivier, Wikimedia

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Événement
1832
5 juin 1832 — Chapelle du couvent des Dames de l'Assomption
t2 p 68
Point de départ du cortège funèbre lors des obsèques du général Lamarque
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Événement
1849
8 mai 1849 — Cité Napoléon (un des familistères créés en 1848 par la Commission du Travail)
t2 p 90
Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du …

Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du paupérisme"

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Événement
1814
30 mars 1814 — Le Château Rouge (construit en 1780, bal depuis 1844)
t2 p 38
Poste de commandement et siège du Conseil de défense ; Joseph Bonaparte y signe la capitulation
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Événement
1814
30 mars 1814 — Le Château Rouge (construit en 1780, bal depuis 1844)
t2 p 38
Poste de commandement et siège du Conseil de défense ; Joseph Bonaparte y signe la capitulation
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Événement
1848
Événement
1914
30 août 1914 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
t2 p 194
Premier bombardement aérien allemand sur Paris ; la bombe de 2 Kg n'explose pas
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Événement
1914
30 août 1914 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
t2 p 194
Premier bombardement aérien allemand sur Paris ; la bombe fait 2 blessées sans gravité
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Événement
1914
30 août 1914 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
t2 p 194
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Événement
1914
30 août 1914 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
t2 p 194
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Événement
1783
26 octobre 1783 — Amphithéâtre d'Astley/Cirque Franconi
t2 p 60 & 66
Premier cirque permanent à Paris après celui de Londres ; il sera repris en 1817 par la famille Franconi
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Événement
1824
7 mars 1824 — Théâtre Italien/Salle Ventadour
t2 p 54
Franz Liszt a douze ans — il en aura treize en octobre — lorsqu'il monte pour la première fois sur la scène du Théâtre-Italien, rue Méhul, ce 7 mars 1824. Son père Adam, régisseur reconverti en imprésario impitoyable, a …

Franz Liszt a douze ans — il en aura treize en octobre — lorsqu'il monte pour la première fois sur la scène du Théâtre-Italien, rue Méhul, ce 7 mars 1824. Son père Adam, régisseur reconverti en imprésario impitoyable, a tout manœuvré : la location de la salle, les conditions négociées avec le directeur Habeneck, la mise en scène d'un enfant prodige venu conquérir la capitale de la musique.

La famille est arrivée à Paris le 11 décembre 1823, avec de grandes ambitions et une première déconvenue : le directeur du Conservatoire, Cherubini, a refusé l'inscription de Franz au motif que le règlement interdit les étrangers. Qu'importe. La maison Érard a accueilli le jeune Hongrois dans ses salons de la rue du Mail, lui a offert un piano superbe, et le Tout-Paris des salons a déjà entendu parler de ce gamin qui peut tout jouer à la première lecture.

Le concert du Théâtre-Italien est, selon le mot des biographes, « un des tournants de sa carrière ». Le public parisien est conquis, la presse dithyrambique. Le critique Alphonse Martainville écrit : « Depuis hier, je crois à la métempsycose. Je suis convaincu que l'âme et le génie de Mozart sont passés dans le corps du jeune Liszt. » La comparaison avec Mozart — mort trente-trois ans plus tôt — dit tout de la fièvre qui s'empare de la salle.

Paris restera le centre de gravité de Liszt pendant vingt ans. C'est ici qu'il rencontrera Chopin, Berlioz, Paganini, Hugo et George Sand — et qu'il inventera le récital de piano tel que nous le connaissons encore.


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Événement
1908
12 octobre 1908
t2 p 183
Premier Congrès international de la route, à l'occasion duquel est émis le souhait de l'élaboration d'un "code de la route"
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Événement
1876
2 octobre 1876 — Salle des Écoles de la rue d'Arras
t2 p 133
Cinq ans après la Semaine sanglante, trois cent soixante délégués ouvriers se réunissent légalement à Paris : ils ne parlent ni de révolution ni de Commune, et c'est déjà un événement. En mai 1871, la Commune a été écras …

Cinq ans après la Semaine sanglante, trois cent soixante délégués ouvriers se réunissent légalement à Paris : ils ne parlent ni de révolution ni de Commune, et c'est déjà un événement.

En mai 1871, la Commune a été écrasée. Vingt mille fusillés, quatre mille déportés en Nouvelle-Calédonie, des milliers d'exilés. L'Association internationale des travailleurs est interdite en France depuis la loi Dufaure de mars 1872, qui punit de prison la seule appartenance à l'Internationale. Le mouvement ouvrier français est décapité, ses cadres morts, déportés ou réfugiés à Londres et à Genève.

C'est dans ce désert que se réunit, du 2 au 10 octobre 1876, à la salle des Écoles du 3 rue d'Arras dans le 5e arrondissement, le premier Congrès ouvrier légal de France. Trois cent soixante délégués venus de toute la France y participent. La tonalité est prudente : coopératiste et mutuelliste, dans la ligne de Proudhon plutôt que de Marx. On y discute des chambres syndicales, des sociétés de secours mutuel, des coopératives de production, de l'éducation ouvrière. On évite soigneusement les mots de grève générale, de collectivisme, de révolution.

Le principal organisateur est Jean-Joseph Barberet, journaliste ouvrier, partisan d'un syndicalisme strictement professionnel et non politique, adversaire de l'idée de lutte de classes. Cette prudence est stratégique autant qu'idéologique : à cette date, un congrès qui aurait prononcé le mot de Commune aurait été dissous et ses participants poursuivis. Le silence sur 1871 est la condition de l'existence légale.

L'important n'est donc pas ce qui s'y dit, mais que cela se dise. Pour la première fois depuis la Semaine sanglante, des travailleurs français délibèrent publiquement de leur condition. La chape de plomb se fissure. L'amnistie partielle viendra en 1879, l'amnistie pleine en 1880, avec le retour des communards déportés.

Les congrès suivants iront plus loin. Celui de Marseille en 1879 adoptera le collectivisme et fondera la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France. Le mouvement ouvrier français aura mis huit ans à se relever de la répression. Il repartira de la salle du 3 rue d'Arras.

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Événement
1945
25 septembre 1945 — Palais de Chaillot
t2 p 246
Dans le Palais de Chaillot, quelques semaines après la capitulation du Japon, les syndicats du monde entier se réunissent pour la première fois : ils veulent faire de la paix un projet ouvrier. La Seconde Guerre mondiale …

Dans le Palais de Chaillot, quelques semaines après la capitulation du Japon, les syndicats du monde entier se réunissent pour la première fois : ils veulent faire de la paix un projet ouvrier.

La Seconde Guerre mondiale vient de s'achever. Les résistants communistes, les partisans soviétiques, les syndicats alliés qui ont soutenu l'effort de guerre ont joué un rôle décisif dans la défaite du fascisme. Il est temps d'organiser cette force dans la paix.

Le 25 septembre 1945, le premier congrès syndical mondial s'ouvre au Palais de Chaillot à Paris. Des représentants de cinquante-six pays y participent. Les grandes centrales sont là : la CGT française avec Benoît Frachon, les Trade Unions britanniques avec Walter Citrine, le CIO américain, les syndicats soviétiques. Pour la première fois dans l'histoire du mouvement ouvrier, les grandes organisations syndicales des pays capitalistes et du bloc soviétique siègent dans la même salle et acceptent de travailler ensemble.

Le congrès crée la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), dont le siège est fixé à Paris. Louis Saillant, de la CGT, en devient le secrétaire général. Walter Citrine en prend la présidence. L'ambition est immense : coordonner l'action syndicale au niveau mondial, peser sur les politiques des Nations Unies naissantes, garantir les droits des travailleurs dans tous les pays sans exception.

Mais la FSM naît au moment même où la Guerre froide se prépare. La coexistence entre syndicats pro-soviétiques et syndicats atlantiques sera de courte durée. En 1949, le CIO américain et les Trade Unions britanniques quittent la FSM pour fonder la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL), anti-communiste. La CGT reste dans la FSM, qui se réoriente vers son noyau pro-soviétique.

La scission de 1949 est le premier grand divorce institutionnel de la Guerre froide dans le mouvement ouvrier. Ce qui avait été construit à Paris en septembre 1945 comme une internationale ouvrière unifiée se fracture en deux ans. Le Palais de Chaillot avait cru abriter une naissance ; c'était aussi une promesse que le monde ne tiendrait pas.

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Événement
1791
22 mai 1791
t2 p 15
Premier culte réformé autorisé à Paris depuis la révocation ; l'église est vouée officiellement au culte protestant en 1801, mais démolie en 1811
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Événement
1911
21 décembre 1911 — Succursale de la Société Générale
t2 p 188-189
Premier hold-up en automobile, une luxueuse limousine Delaunay-Belleville, de la bande à Bonnot. Le garçon de recette Caby, caissier de la Société générale, est blessé. Le butin est maigre : 5 000 francs
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Événement
1880
20 juin 1880 — Mairie du 20ème arrondissement (à partir de 1875)
t2 p 138
Premier membre de la Commune élu au conseil municipal ; avant-même l'amnistie qui n'est prononcée que le 21
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Événement
1789
12 septembre 1789 — Imprimerie de Marat/Imprimerie du journal "Le Publiciste parisien"/Imprimerie du journal "L'Ami du Peuple"
t2 p 13
Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre …

Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre initial: "Le Publiciste parisien", qui deviendra dès le quatrième numéro "L'Ami du Peuple, ou le Publiciste parisien". Ce titre sera celui du journal jusqu'à la mort de Marat, le 13 juillet 1793.

Marat a quarante-six ans. Médecin de formation, physicien contesté dont les théories sur la lumière ont été rejetées par l'Académie des sciences, pamphlétaire depuis les années 1770, il entre dans la Révolution avec la conviction que la trahison et la corruption sont au coeur du système: la Cour, les parlements, les ministres, les généraux, les aristocrates déguisés en patriotes. Son journal sera l'organe de cette conviction.

"L'Ami du Peuple" paraît en moyenne cinq fois par semaine, à deux mille exemplaires. Il est lu à voix haute dans les carrefours, les cafés, les assemblées de section. Marat dénonce, nomme, accuse: Lafayette qui surveille le roi sous prétexte de le protéger; les Girondins qui modèrent la Révolution quand elle devrait s'accélérer; les spéculateurs qui profitent de la pénurie de pain. Il exige des têtes, au sens littéral: il fixe des chiffres, propose des listes, et ses lecteurs le croient.

Il est forcé de fuir à plusieurs reprises pour échapper aux mandats d'arrêt: en Angleterre en 1790, dans les égouts et les caves de Paris dont il ressort la santé brisée. Sa dermatite chronique, aggravée par des années de clandestinité dans des endroits humides, le ronge. À la fin de sa vie, il travaille dans son bain.

Un détail: le futur maréchal d'Empire Guillaume Brune travaille à l'imprimerie de la cour du Commerce Saint-André au moment de la fondation du journal. Il y est typographe. Le même atelier abrite l'imprimerie de Marat et le début de carrière d'un futur maréchal: la Révolution a ses coïncidences.

Marat est assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, dans sa baignoire, au 30 rue des Cordeliers. "L'Ami du Peuple" cesse le jour de sa mort. Il avait publié son journal pendant près de quatre ans, sans interruption ou presque.

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Événement
1941
13 mai 1941 — Tribunal militaire allemand (Gross-Paris Feldkriegsgericht)
t2 p 239
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Événement
1808
1808 — Restaurant Véry (de 1808)
t2 p 27
Premier restaurant à prix fixe de Paris ; il s'était tout d'abord installé sur la terrasse des Feuillants, près de la Salle du Manège
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Événement
1985
4 janvier 1985 — Hôpital Tenon
t2 p 303
Premier succès en France de la fécondation in vitro ; elle donna lieu à une triple naissance
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Événement
1902
15 mai 1902 — Théâtre du Château d'Eau/Alhambra
t2 p 171
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Événement
1970
29 avril 1970 — École polytechnique
t2 p 281 & 284
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Événement
1832
5 juin 1832
t2 p 68
Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour d …

Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour des Bourbon

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Événement
1863
4 octobre 1863
t2 p 113
Première ascension du plus grand ballon jamais construit à l'époque ; il ne vola que jusqu'à Meaux, ce qui poussa Nadar à faire une seconde tentative le 18 octobre à partir du même endroit
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Barricade en 1830
t2 p 64
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Événement
1890
1 mai 1890 — Palais Bourbon/Manifestation internationale pour la journée de 8 heures
t2 p 152
Première célébration du 1er mai à Paris ; une délégation est reçue à la Chambre des députés ; la première mondiale avait eu lieu en 1886 sur Haymarket, à Chicago
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Événement
1891
24 janvier 1891 — Théâtre Français
t2 p 153-154
Première de "Thermidor, ou la tyrannie de la canaille", pièce réactionnaire de Victorien Sardou ; elle fut huée et se termina en bagarre, ce qui entraîna son interdiction
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Événement
1904
23 octobre 1904 — Église St Jean l'Évangéliste/Église St Jean de Montmartre
t2 p 175
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Événement
1839
7 septembre 1839 — Hôtel de la Colonnade/Ministère des Affaires étrangères
t2 p 76
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Événement
1901
25 juin 1901 — Galerie Vollard (de 1896 à 1924)
t2 p 170
Il a dix-neuf ans, il peint trois toiles par jour et dort à peine : le jeune Espagnol débarque rue Laffitte avec soixante-quatre tableaux sous le bras. Pablo Picasso est arrivé à Paris pour la deuxième fois au printemps …

Il a dix-neuf ans, il peint trois toiles par jour et dort à peine : le jeune Espagnol débarque rue Laffitte avec soixante-quatre tableaux sous le bras.

Pablo Picasso est arrivé à Paris pour la deuxième fois au printemps 1901. Il a quitté Barcelone, ses cafés, sa bohème catalane, et s'est installé dans un atelier au 130 ter boulevard de Clichy, à Montmartre. Il travaille comme un forcené — natures mortes, scènes de rue, femmes de café, danseuses, courses de taureaux. Il a dix-neuf ans et la certitude que Paris est l'endroit où tout se joue.

C'est Pedro Mañach, un marchand catalan installé à Paris — qui lui verse cent cinquante francs par mois —, qui organise la rencontre décisive. Il convainc Ambroise Vollard, le galeriste le plus audacieux de la rive droite, d'exposer les toiles du jeune homme. Vollard a du flair : c'est lui qui a révélé Cézanne en 1895, montré Van Gogh, exposé Renoir, Degas, Bonnard. Sa galerie du 6 rue Laffitte — un rez-de-chaussée étroit dans cette rue qui est alors le cœur du marché de l'art parisien — est un passage obligé pour quiconque veut compter.

Le 25 juin 1901, l'exposition ouvre. Picasso partage l'affiche avec le peintre basque Francisco Iturrino. Soixante-quatre toiles accrochées aux murs — certaines peintes dans les semaines précédentes, la peinture à peine sèche. Quinze sont déjà vendues avant le vernissage. Le critique Gustave Coquiot a annoncé l'événement dans Le Journal dès le 17 juin, et la presse réagit favorablement : on salue la virtuosité, la fougue, les influences encore visibles — Toulouse-Lautrec, Degas, Van Gogh — mais aussi quelque chose d'insolent, de sauvage, qui n'appartient qu'à lui.

L'exposition dure jusqu'au 14 juillet. Vollard, lui, ne considère pas que c'est un triomphe — il n'achètera plus à Picasso avant 1906. Mais le jeune Espagnol a été vu par ceux qui comptent. Matisse, Vlaminck, Derain passent rue Laffitte. Et puis il y a la cave.

La cave de Vollard est déjà légendaire. Depuis 1900, le galeriste y organise des dîners qui réunissent le Tout-Paris de l'avant-garde — Apollinaire, Alfred Jarry, Odilon Redon, Forain, Bonnard. Un caveau tout blanc, aux murs carrelés, qui ressemble à un petit réfectoire monastique, racontera Apollinaire dans Le Flâneur des deux rives. La cuisine est simple, relevée d'épices créoles — Vollard est originaire de la Réunion. On y mange, on y boit, on y refait l'art. L'exposition Picasso est l'occasion de quelques-uns de ces repas souterrains où un peintre de dix-neuf ans croise des maîtres qui ont trente ans de plus que lui.

Au 6 rue Laffitte, il ne reste rien de la galerie Vollard — les marchands d'art ont depuis longtemps migré vers d'autres quartiers. Mais c'est ici, au-dessus d'un caveau où Apollinaire faisait des calembours et où Jarry buvait trop, qu'a commencé la carrière parisienne du peintre le plus célèbre du XXe siècle.

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Événement
1801
18 septembre 1801 — Cour carrée du Louvre
t2 p 27
Première exposition industrielle nationale ; présentation du métier à tisser de Jacquard
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Événement
1906
12 octobre 1906 — École Normale Supérieure
t2 p 178
L'école qui forme depuis un siècle l'élite savante de la République admet enfin une femme, et il faudra encore soixante ans pour que le concours leur soit pleinement ouvert. L'École normale supérieure a été créée par la …

L'école qui forme depuis un siècle l'élite savante de la République admet enfin une femme, et il faudra encore soixante ans pour que le concours leur soit pleinement ouvert.

L'École normale supérieure a été créée par la Convention en 1794 puis refondée par Napoléon. Installée rue d'Ulm depuis 1847, elle forme les professeurs de l'enseignement secondaire et supérieur, et elle est devenue au XIXe siècle la matrice intellectuelle de la République : Pasteur, Jaurès, Durkheim, Péguy y sont passés. Elle est exclusivement masculine.

L'enseignement secondaire féminin n'existe légalement que depuis la loi Camille Sée de 1880, qui crée les lycées de jeunes filles, avec un programme allégé et sans latin, donc sans accès au baccalauréat. Pour former les professeures de ces lycées, l'État crée en 1881 une École normale supérieure de jeunes filles à Sèvres, institution séparée et de statut inférieur. La logique est celle de toute l'éducation féminine du siècle : instruire les femmes, mais dans un circuit parallèle qui ne débouche pas sur les mêmes carrières.

Le 12 octobre 1906, une femme, désignée dans les sources sous le nom de Mlle Robert, est admise pour la première fois rue d'Ulm en section sciences. L'établissement ne l'avait pas prévu ; aucun texte ne l'interdisait formellement, ce qui suffit. Les historiens de l'École retiennent également le nom de Marguerite Rouvière, admise en sciences physiques en 1910, agrégée de physique en 1913.

Ces admissions restent exceptionnelles et longtemps solitaires. Les élèves femmes ne disposent pas de chambres à l'internat, ne participent pas à la vie collective de l'École, ne bénéficient pas des mêmes réseaux. Il faudra attendre 1927 pour que le concours soit officiellement ouvert aux femmes, et 1985 pour que Sèvres et Ulm fusionnent en une école unique et mixte.

Simone Weil et Simone de Beauvoir passeront par ces circuits dans les années 1920. La seconde préparera l'agrégation de philosophie sans être normalienne, et arrivera deuxième derrière Jean-Paul Sartre.

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Événement
1979
14 mai 1979 — Institut de France/Académie des Sciences
t2 p 295
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Événement
Événement
1937
1 mai 1937
t2 p 234
Première fête du 1er Mai chômée ; les cortèges Communiste et Socialiste se rejoignent
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Événement
1904
17 mars 1904 — Rotonde de l'enclos du Temple (ancien marché du Temple)
t2 p 174
Première Foire de Paris au marché du Temple ; elle accueille 500 stands
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Événement
1904
17 mars 1904 — Enclos du Temple/Halle au vieux linge/Carreau du Temple/Marché du Temple
t2 p 174
Première "Foire de Paris" dans les bâtiments du carreau du Temple, construits en 1860
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Événement
1811
1811
t2 p 138
Première fontaine installée ici, de 1811 à 1867 ; elle donna son nom à la place du Château d'Eau
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Événement
1955
20 février 1955 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
t2 p 257 & 259
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Événement
Événement
1968
27 avril 1968 — Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (salle Rambuteau)
t2 p 277
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Événement
1889
30 janvier 1889 — Cimetière du Père Lachaise
t2 p 152
Première incinération effectuée à Paris, pour le fils du docteur Jacoby
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Événement
1848
1848 — Statue de la République/Quai Mal-Acquest
t2 p 136
Première représentation officielle de la République suite à un concours organisé à la demande de Ledru-Rollin
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Événement
1957
16 décembre 1957 — Palais de Chaillot
t2 p 263
Première réunion au sommet des 15 pays de l'OTAN, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord
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Événement
1868
17 juin 1868 — Bal du Tivoli Waux-Hall (créé par l'artificier italien Torré en 1764)
t2 p 120
Première réunion publique non autorisée après l'interdiction du 6 juin 1864
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Événement
1920
16 janvier 1920 — Ministère des Affaires étrangères (salon de l'horloge)
t2 p 205
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Événement
1895
28 décembre 1895 — Hôtel Scribe/Café Le Grand café Capucines (salon Indien au sous-sol)
t2 p 160
Première séance publique payante du cinématographe ; elle eut lieu devant 35 spectateurs, dont Georges Méliès
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Événement
1792
25 avril 1792
t2 p 16
Le montage a pris du temps. L'exécution n'a lieu que la nuit venue, aux chandelles. Le 25 avril 1792, place de Grève, les Parisiens s'écrasent depuis l'aube. On se masse aux fenêtres, on grimpe sur les toits. Tout le mon …

Le montage a pris du temps. L'exécution n'a lieu que la nuit venue, aux chandelles.

Le 25 avril 1792, place de Grève, les Parisiens s'écrasent depuis l'aube. On se masse aux fenêtres, on grimpe sur les toits. Tout le monde veut voir la nouvelle machine, celle dont on parle depuis des semaines — la « Louison », la « Louisette », comme on la surnomme d'après le docteur Antoine Louis qui l'a conçue. Le projet de loi a été voté le 25 mars. Le charpentier allemand Tobias Schmidt, qui a présenté le devis le moins cher — 305 livres contre 824 à ses concurrents —, a construit l'engin dans son atelier de la cour du Commerce-Saint-André. On l'a essayé d'abord sur des moutons vivants, le 9 avril, dans un atelier de charpente ; puis à l'hôpital de Bicêtre, dans la salle de dissection, sur trois cadavres — ceux de deux prisonniers et celui d'une folle. Les essais ont été concluants.

Mais ce 25 avril, le montage de la machine place de Grève traîne en longueur. Les heures passent. La foule attend. Quand enfin le couperet est en place, la nuit est tombée. On allume des chandelles. Le condamné est un détrousseur nommé Nicolas-Jacques Pelletier, arrêté le 14 octobre précédent rue Bourbon-Villeneuve pour avoir assailli un passant à coups de couteau et volé un portefeuille contenant 800 livres en assignats. Condamné à mort, sa sentence a été confirmée en appel le 24 décembre 1791, puis une troisième fois le 24 janvier 1792. Pelletier a attendu quatre mois dans sa cellule que la nouvelle machine soit prête.

Le bourreau Charles-Henri Sanson actionne le mécanisme. Le couperet siffle. La tête tombe. C'est fini. La foule, habituée aux lentes agonies de la potence et de la roue, reste interdite. Tout s'est passé si vite que les badauds se sentent floués. Dès le lendemain, une chanson circule dans Paris pour réclamer « qu'on leur rendît leur potence de bois ».

On ne leur rendra pas. Au contraire : après Pelletier, trois soldats, trois faussaires — dont un abbé — et un faux-monnayeur passeront sous le couperet. La machine ne s'arrêtera plus. C'est le journal royaliste les Actes des Apôtres qui lui donnera son nom définitif : la « guillotine », d'après le docteur Joseph-Ignace Guillotin qui avait suggéré en 1789 que la décapitation mécanique remplace « la potence, la roue, le bûcher, l'écartèlement et autres douceurs ». Guillotin, emprisonné sous la Terreur, échappera de justesse à sa propre machine grâce au 9 Thermidor. Il mourra dans son lit, en 1814, d'un anthrax à l'épaule — au 209 rue Saint-Honoré, où il avait installé son cabinet médical et où il perdait beaucoup de patients à cause de son nom.

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Événement
1843
20 octobre 1843
t2 p 81
Une lampe à arc voltaïque installée sur les genoux d'une allégorie de pierre : c'est ainsi que l'électricité entre dans les rues de Paris. En 1843, Paris est éclairée au gaz depuis une vingtaine d'années. Les réverbères …

Une lampe à arc voltaïque installée sur les genoux d'une allégorie de pierre : c'est ainsi que l'électricité entre dans les rues de Paris.

En 1843, Paris est éclairée au gaz depuis une vingtaine d'années. Les réverbères à huile ont été progressivement remplacés à partir des années 1820, et l'éclairage au gaz de houille a transformé la vie nocturne : les théâtres, les passages couverts, les grands boulevards s'illuminent, la ville prolonge son activité dans la nuit. Ce gaz produit une lumière jaune et vacillante, dégage une odeur, exige un allumeur qui passe chaque soir.

L'arc électrique est connu depuis les expériences de Humphry Davy au début du siècle. Deux baguettes de charbon reliées à une pile, légèrement écartées, produisent entre elles un arc lumineux d'une intensité éblouissante. Le problème est double : les piles voltaïques disponibles sont coûteuses et s'épuisent vite, et les charbons se consument, ce qui exige de les rapprocher continuellement à la main.

Le 20 octobre 1843, un essai d'éclairage public par arc voltaïque est conduit place de la Concorde. L'appareil est installé sur les genoux de la statue représentant la ville de Lille, l'une des huit allégories des grandes villes de France disposées aux angles de la place par Hittorff quelques années plus tôt.

L'essai est spectaculaire et sans lendemain immédiat. Il faudra attendre l'invention de la dynamo par Gramme en 1871, puis la bougie électrique de Paul Jablochkoff en 1876, pour que l'éclairage public électrique devienne praticable. Les "bougies Jablochkoff" illumineront l'avenue de l'Opéra et la place de l'Étoile à partir de 1878, et l'Exposition universelle de 1881 consacrera l'électricité.

La place de la Concorde a alors une charge historique lourde. C'est là qu'ont été guillotinés Louis XVI, Marie-Antoinette, Danton et Robespierre, quand elle s'appelait place de la Révolution. L'obélisque de Louxor y a été érigé en 1836 précisément pour occuper ce sol d'un monument sans signification politique française.

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Événement
1803
9 août 1803 — Port Debilly ou de Billy
t2 p 29
Un engin fumant remontait la Seine à contre-courant, et l'homme qui allait remodeler l'Europe regardait passer l'avenir sans le reconnaître. Le 9 août 1803, au port de Billy, sur la rive droite de la Seine dans ce qui es …

Un engin fumant remontait la Seine à contre-courant, et l'homme qui allait remodeler l'Europe regardait passer l'avenir sans le reconnaître.

Le 9 août 1803, au port de Billy, sur la rive droite de la Seine dans ce qui est aujourd'hui le 16e arrondissement, Robert Fulton fit naviguer sur le fleuve un bateau propulsé par une machine à vapeur actionnant des roues à aubes. Les curieux rassemblés sur les quais assistaient à la première démonstration réussie de navigation à vapeur en France. La plaque commémorative posée plus tard au port Debilly devait retenir la formule du jour : "un chariot d'eau mû par le feu".

Fulton était à Paris depuis 1797. Né en 1765 en Pennsylvanie, ingénieur et peintre de formation, il avait d'abord proposé à Bonaparte un sous-marin, le Nautilus, dont les essais en mer avaient un moment intrigué puis refroidi les autorités militaires françaises. Il s'était ensuite consacré à la propulsion à vapeur. Bonaparte, premier consul, le tenait pour un charlatan et avait refusé de financer ses travaux.

L'essai du 9 août fut concluant dans son principe : le bateau avança, contre le courant. Mais la charpente de bois ne résistait pas aux vibrations de la machine, et l'embarcation sombra quelques jours plus tard. Sans soutien français, Fulton rentra aux États-Unis. En 1807, sur l'Hudson, son vapeur le Clermont inaugura le premier service régulier de navigation à vapeur au monde. Napoléon, qui avait eu l'occasion de soutenir cette révolution avant l'Angleterre, avait laissé passer le moment.

La plaque du port Debilly reste le seul témoignage parisien de ce choix manqué.

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Événement
1817
1817 — Passage Boufflers/Galerie de Fer (supprimée par la construction du Crédit Lyonnais)
t2 p 136-137
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Événement
1817
1817 — Passage Boufflers/Galerie de Fer (supprimée par la construction du Crédit Lyonnais)
t2 p 136-137
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Événement
1792
20 juin 1792 — Hôtel de la Reine Blanche/Château de la Reine Blanche/Club Jacobin (en 1790)
t2 p 16
Préparation de la journée du 20 juin 1792 contre le véto
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Événement
1958
4 septembre 1958
t2 p 263
Choisir la place de la République pour présenter une constitution qui concentre le pouvoir exécutif : il y a là une ironie que De Gaulle n'ignorait pas. Le 4 septembre 1958, le général de Gaulle monte sur l'estrade dress …

Choisir la place de la République pour présenter une constitution qui concentre le pouvoir exécutif : il y a là une ironie que De Gaulle n'ignorait pas.

Le 4 septembre 1958, le général de Gaulle monte sur l'estrade dressée place de la République pour présenter aux Français le projet de constitution de la Ve République. La date est choisie avec soin : le 4 septembre est l'anniversaire de la proclamation de la IIIe République par Gambetta en 1870. La foule est nombreuse. Dans vingt-quatre jours, les Français seront appelés à ratifier par référendum le texte qui remodèlera les institutions françaises pour les décennies suivantes.

De Gaulle est revenu au pouvoir quatre mois plus tôt, en mai 1958, sur fond de putsch militaire à Alger et d'impuissance de la IVe République à régler la crise algérienne. La IVe République avait gouverné avec des coalitions instables, vingt-cinq gouvernements en douze ans, une instabilité que ses adversaires n'avaient cessé de dénoncer. De Gaulle, qui avait quitté le pouvoir en 1946 en dénonçant ce système, revient avec un projet clair : renforcer l'exécutif, donner au Président de la République des pouvoirs que la tradition parlementaire française lui avait jusque-là refusés.

Le texte présenté place de la République est l'œuvre principale de Michel Debré, mais il porte la marque des conceptions gaulliennes : un Président élu par un collège de notables (le suffrage universel direct ne viendra qu'en 1962), investi du droit de dissolution, de l'article 16 permettant les pleins pouvoirs en cas de crise, et d'une primauté réelle sur le Premier ministre. La constitution crée ce qu'on dira "semi-présidentiel", synthèse française taillée sur mesure pour un homme qui entend gouverner.

La gauche vote non. Le Parti communiste, une partie de la SFIO, les syndicats s'opposent à un texte qu'ils lisent comme la légalisation du régime personnel. La guerre d'Algérie, dont la constitution ne règle rien, est la toile de fond de toute l'opération.

Le référendum du 28 septembre 1958 dit oui à plus de 82 %. La Ve République commence. Elle est toujours en vigueur soixante-huit ans plus tard, ayant survécu à la décolonisation, à mai 1968, à l'alternance de 1981, à cinq cohabitations et à une succession de crises institutionnelles que ses fondateurs n'avaient pas prévues. La place de la République, où la statue de Marianne regarde les badauds du haut de son socle, n'a pas fini de voir des foules se rassembler pour contester ou défendre ce que De Gaulle y annonça ce soir de septembre.

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Événement
1956
7 novembre 1956 — Barricade devant le siège du Parti communiste français
t2 p 260
Prise à parti du PCF contre l'intervention de l'URSS en Hongrie ; deux militants sont tués en défendant le bâtiment contre les manifestants
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Événement
1871
18 mars 1871
t2 p 124
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
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Événement
1839
12 mai 1839 — Palais de Justice
t2 p 76
Prise du Palais de justice par les insurgés de la Société des Saisons
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Événement
1824
13 décembre 1824 — Magasin “La Fille d'Honneur”
t2 p 54
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Événement
1792
9 août 1792 — Hôtel de Ville
t2 p 16
Proclamation de la Commune Insurrectionnelle. Pétion est assigné à résidence. Mandat, chargé de défendre les Tuileries, est abattu place de Grève alors qu'on l'emmenait en prison
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Événement
1870
17 septembre 1870 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
t2 p 123
Proclamation du Comité central révolutionnaire annoncée par une première affiche émanant de celui-ci
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Événement
1802
18 avril 1802 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t2 p 28
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Événement
1808
2 décembre 1808
t2 p 34
Projet en bois et plâtre d'une fontaine représentant un éléphant, dans laquelle aurait logé un enfant ; fait divers qui inspira Victor Hugo pour son Gavroche
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Événement
1945
4 octobre 1945
t2 p 246
Dans un pays ruiné, sans logements, sans devises et sans machines, le Gouvernement provisoire décide de garantir à chacun le droit de tomber malade sans se ruiner. Le programme du Conseil national de la Résistance, adopt …

Dans un pays ruiné, sans logements, sans devises et sans machines, le Gouvernement provisoire décide de garantir à chacun le droit de tomber malade sans se ruiner.

Le programme du Conseil national de la Résistance, adopté clandestinement le 15 mars 1944 sous le titre "Les Jours heureux," contenait un engagement précis : "un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail." Ce n'était pas une promesse électorale : c'était le contrat passé entre les organisations de la Résistance, communistes, socialistes, démocrates-chrétiens et gaullistes, sur ce qu'il faudrait faire une fois la guerre gagnée.

L'ordonnance du 4 octobre 1945 exécute cet engagement. Elle institue la Sécurité sociale : une organisation unique regroupant l'ensemble des risques sociaux, financée par des cotisations assises sur les salaires, gérée par des caisses où siègent les représentants des travailleurs. Une seconde ordonnance, le 19 octobre, organise l'assurance maladie et maternité.

Le maître d'œuvre est Pierre Laroque, conseiller d'État, secondé par Ambroise Croizat, ministre communiste du Travail et ancien dirigeant de la métallurgie CGT, qui portera politiquement la mise en place du système et l'installation des caisses.

Les principes sont explicites : universalité (tous les citoyens), unité (une seule organisation), solidarité (chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), démocratie sociale (gestion par les intéressés eux-mêmes). Ces quatre mots renversent la logique de l'assistance charitable et de l'assurance privée. Le risque n'est plus individuel : il est social, donc collectivement pris en charge.

La France de 1945 est exsangue. La production industrielle est au tiers de son niveau d'avant-guerre, le pays manque de tout. C'est dans ces conditions que le système est mis en place. On lui reprochera souvent son coût ; on oubliera qu'il est né dans un pays infiniment plus pauvre que celui qui aujourd'hui s'inquiète de le financer.

Ce que la Résistance avait conçu dans la clandestinité, la Libération l'a institué en droit.

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Événement
1793
10 août 1793 — Emplacement de la Bastille
t2 p 19
Promulgation de la Constitution de l'An 1 sur l'emplacement de la Bastille détruite ; mais son application est reportée à l'établissement de la paix
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Événement
1938
2 septembre 1938 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
t2 p 234
Protestation contre l'aménagement de la semaine de 40 heures, organisée par l'Union des syndicats ouvriers de la région parisienne
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Événement
1942
16 juillet 1942 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
t2 p 241
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
1791
28 février 1791 — Palais des Tuileries
t2 p 15
Rassemblement de 400 nobles qui tentent de désarmer la Garde nationale pour "libérer" Louis XVI ; on leur donnera le nom de "chevaliers du poignard". Le 28 février 1791, le château des Tuileries devient le théâtre d’un c …

Rassemblement de 400 nobles qui tentent de désarmer la Garde nationale pour "libérer" Louis XVI ; on leur donnera le nom de "chevaliers du poignard".

Le 28 février 1791, le château des Tuileries devient le théâtre d’un coup de force royaliste avorté, passé à la postérité sous le nom de « journée des poignards ». Tandis qu’un mouvement populaire se dirige vers Vincennes pour démolir le donjon, plusieurs centaines de gentilshommes, alertés par la rumeur d’un danger pesant sur le roi, convergent vers les appartements de Louis XVI, cartes d’entrée en poche. Beaucoup sont officiers, anciens attachés de la Maison du Roi ou membres de cercles monarchiques : ils ont transformé armoires et placards en arsenaux, d’où sortent pistolets, épées courtes et poignards, qu’ils portent parfois sans même chercher à les dissimuler.

Leur projet est flou, mais leur intention claire : se placer en garde rapprochée du roi pour le « protéger » de la Garde nationale et, si l’occasion se présente, l’emmener hors de Paris, au besoin en désarmant les gardes postés dans le palais. Dans les couloirs, on croise notamment Alexandre de Rougeville, futur protagoniste des tentatives d’évasion de Marie‑Antoinette, et d’autres nobles restés fidèles à la monarchie. Rapidement, la rumeur enfle dans les rangs de la Garde nationale : les Tuileries seraient remplies de gens armés, prêts à tirer. Le major‑général Gouvion, puis La Fayette lui‑même, arrivent au château avec des renforts.

La scène qui suit est restée célèbre. La Fayette fait encercler les appartements, admoneste vertement les nobles et exige la remise des armes. Louis XVI, inquiet d’un affrontement sanglant entre ses partisans et la Garde nationale, ordonne aux gentilshommes de se retirer. Ceux‑ci résistent d’abord, arguant de leur zèle à défendre le roi, puis doivent céder : ils sont désarmés par les grenadiers, fouillés, et contraints de sortir entre deux haies de gardes nationaux, sous les huées et les insultes des soldats‑citoyens.

C’est de cette journée que leur vient le surnom de « chevaliers du poignard », titre à la fois moqueur et inquiétant qui souligne le contraste entre leur prétention chevaleresque et le caractère maladroit, presque complotiste, de leur intervention. L’épisode montre un roi pris entre deux feux : d’un côté des soutiens nobles prêts à la violence, de l’autre une Garde nationale qui se veut garante de la Révolution. En faisant désarmer ses propres partisans, Louis XVI tente d’éviter le pire, mais il révèle aussi à quel point la monarchie est désormais dépendante d’une force armée devenue, elle, profondément révolutionnaire.

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Événement
1832
1 février 1832
t2 p 68
Rassemblement des conjurés d'un complot légitimiste contre Louis-Philippe, avant de converger sur les Tuileries
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Événement
1832
1 février 1832
t2 p 68
Rassemblement des conjurés d'un complot légitimiste contre Louis-Philippe, avant de converger sur les Tuileries
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Événement
1832
1 février 1832
t2 p 68
Rassemblement des conjurés d'un complot légitimiste contre Louis-Philippe, avant de converger sur les Tuileries
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Événement
1830
26 juillet 1830 — Imprimerie du journal “Le National”
t2 p 64
Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent. Les ordonnances …

Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent.

Les ordonnances de Saint-Cloud, signées le 25 juillet par Charles X sur les conseils du ministre ultra-royaliste Jules de Polignac, suspendaient la liberté de la presse, dissolvaient la Chambre des députés avant même qu'elle ne siège, et réduisaient le droit de vote. C'était un coup de force contre la Charte de 1814.

Le 26 juillet, les rédacteurs des journaux d'opposition se réunirent à l'imprimerie du National, au 36 de la rue Saint-Marc. Adolphe Thiers — journaliste et historien de trente-deux ans, co-fondateur du National — était parmi les principaux rédacteurs d'une protestation qui déclarait les ordonnances illégales et relevait les citoyens de leur devoir d'obéissance. Quarante-trois journalistes signèrent. Au même moment, à l'Institut de France, le savant François Arago prenait la parole contre les ordonnances devant l'Académie.

Le lendemain, 27 juillet, les presses du National furent saisies par la police — mais le texte avait déjà circulé dans Paris. Des barricades apparurent dans les rues. Le 28, les combats s'intensifièrent. Le 29, les troupes royales se retirèrent. Ce furent les Trois Glorieuses. Charles X abdiqua le 2 août.

Adolphe Thiers, rédacteur de la protestation du 26 juillet 1830, devint quarante et un ans plus tard le premier président de la IIIe République — après avoir écrasé la Commune.

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Événement
1866
2 septembre 1866 — Café de la Rotonde
t2 p 116
Réintroduction de la bière à Paris par le café-brasserie de la Rotonde
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Événement
1945
Événement
Événement
1962
8 février 1962 — Bouche du métro Charonne/Comité Audin
t2 p 266-268
Répression d'une manifestation anti-OAS, qui fera 9 tués, tous CGT, et plus de 100 blessés Le 8 février 1962, une manifestation anti-OAS rassemble des milliers de syndicalistes à Paris, dans le contexte de la guerre d'Al …

Répression d'une manifestation anti-OAS, qui fera 9 tués, tous CGT, et plus de 100 blessés

Le 8 février 1962, une manifestation anti-OAS rassemble des milliers de syndicalistes à Paris, dans le contexte de la guerre d'Algérie. L'Organisation armée secrète (OAS), groupe clandestin opposé à l'indépendance algérienne, multiplie les attentats et les violences contre les partisans du général de Gaulle.

Vers 21 heures, le cortège, composé majoritairement de militants de la Confédération générale du travail (CGT), arrive rue de Charonne dans le 11e arrondissement. Des forces de police, déployées en masse, chargent violemment la foule à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Des témoignages rapportent des tirs de balles réelles par les forces de l'ordre, transformant la rue en piège mortel.

Bilans : neuf morts, tous membres de la CGT, dont Pierre Beylot, cheminot de 21 ans, et plus de 100 blessés. Parmi les victimes, des ouvriers et des militants syndicaux abattus ou piétinés dans la cohue. L'événement, connu comme le massacre de la rue de Charonne, est l'un des plus meurtriers de la répression policière sous la Ve République.

Une plaque commémorative sur le mur de la rue rappelle les noms des victimes et la date. Chaque année, des cérémonies y rendent hommage aux syndicalistes tués.

Sources

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Événement
1961
Événement
1848
25 juin 1848
t2 p 88-89
Répression de l'insurrection de Juin dans le faubourg St Antoine ; 19 barricades dans cette rue, 65 dans tout le quartier ; elle fait 2 000 morts
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Événement
1791
17 juillet 1791
t2 p 15
Répression de la manifestation des Cordeliers par une fusillade qui fait 50 morts ; le drapeau rouge est alors celui de la loi martiale
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
t2 p 87
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
1907
25 octobre 1907 — Chapelle des Barnabites/Église St Charles de Monceau
t2 p 181
Reprise par l'église officielle de la chapelle des Barnabites ; église "catholique, apostolique et française" fondée le 3 févier 1907
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Événement
1943
27 mai 1943 — Appartement de René Corbin/Réunion du Conseil national de la Résistance
t2 p 242
Réunion du CNR. Pascal Copeau (Libé-Sud), Gaston Tessier (CFTC), Louis Saillant (CGT), Joseph Laniel (PR), Marc Rucart (PS), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démo-ch), Jacques Debû-Bridel (Ré …

Réunion du CNR. Pascal Copeau (Libé-Sud), Gaston Tessier (CFTC), Louis Saillant (CGT), Joseph Laniel (PR), Marc Rucart (PS), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démo-ch), Jacques Debû-Bridel (Répu)

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Événement
Événement
Événement
Date imprécise — Ruines mérovingiennes (découvertes sous la caserne Lobau)
t2 p 257
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Événement
1831
14 février 1831 — Église St Germain l'Auxerrois
t2 p 66
Saccage de l'église lors du service funéraire anniversaire du duc de Berry, à l'occasion duquel avait été organisée une quête au bénéfice des Suisses blessés en juillet 1830
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Événement
1789
4 juillet 1789 — Prison de la Bastille
t2 p 11
Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte …

Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte loin. Il crie que l'on égorge les détenus à l'intérieur. Le quartier s'agite. Les passants s'arrêtent. Le gouverneur Bernard-René Jordan de Launay, affolé, écrit dans la journée au ministre : il faut transférer « cet être qu'on ne peut soumettre » sans délai.

Le 4 juillet, Sade doit partir. Il est à la Bastille depuis cinq ans, transféré là depuis Vincennes en 1784 par lettre de cachet signée de Louis XVI, sur plainte de sa belle-mère. Cinq ans qu'il a mis à profit : des centaines de volumes dans sa cellule, des manuscrits, des cahiers. Et dissimulé dans une fente du mur, un rouleau de papier d'une douzaine de mètres : Les Cent Vingt Journées de Sodome, rédigé en minuscules caractères sur des feuilles collées bout à bout.

On lui laisse peu de temps pour rassembler ses affaires. Le rouleau reste dans le mur.

Sade est conduit à Charenton, maison de santé tenue par les frères de la Charité, au bord de la Marne. Il écrira plus tard avoir pleuré « des larmes de sang » sur ce manuscrit qu'il croit perdu à jamais. Il passera vingt-cinq ans à Charenton, où le père de Coulmiers, directeur bienveillant convaincu des vertus thérapeutiques du spectacle, lui laissera organiser des représentations théâtrales avec les pensionnaires — des mises en scène qui feront scandale dans tout Paris.

Dix jours après le transfert, le 14 juillet, la Bastille tombe. La foule envahit les cellules, pille les salles, fouille les recoins. Dans la cellule du sixième étage, quelqu'un trouve le rouleau. Launay, lui, est tué par la foule dans la journée — celui qui avait signé l'ordre de transfert.

Le manuscrit passe de mains en mains — collectionneurs, marchands, bibliophiles à travers l'Europe — avant d'être publié pour la première fois en 1904, à Berlin, par un psychiatre allemand. Sade était mort en 1814 en demandant dans son testament que les traces de sa tombe « disparaissent de dessus la surface de la terre ». Les Cent Vingt Journées, elles, ne disparaissent pas.

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Événement
1791
16 juillet 1791 — Couvent des Feuillants
t2 p 15
Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent …

Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent aux Jacobins

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Événement
1815
8 juillet 1815 — Nouvelle Porte St Denis
t2 p 38-41
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Événement
1792
29 juillet 1792 — Couvent des Cordeliers/Section du Théâtre Français
t2 p 16
Le 29 juillet 1792, douze jours avant la chute de Louis XVI, la Section du Théâtre Français décida que tous les hommes de sa juridiction, qu'ils payassent ou non le cens électoral, pourraient participer à ses assemblées …

Le 29 juillet 1792, douze jours avant la chute de Louis XVI, la Section du Théâtre Français décida que tous les hommes de sa juridiction, qu'ils payassent ou non le cens électoral, pourraient participer à ses assemblées générales. La Constitution ne prévoyait pas cela. Les sections de Paris n'attendirent pas la Constitution.

La Constitution de 1791 avait divisé les citoyens en deux catégories : les « actifs », qui payaient assez d'impôt pour voter, et les « passifs », qui en étaient exclus. À Paris, où les ouvriers, les artisans et les domestiques formaient la majorité des hommes adultes, une grande partie de la population était ainsi maintenue hors du jeu politique.

La Section du Théâtre Français, réunie au Couvent des Cordeliers, rue de l'École de Médecine, décida de ne plus appliquer cette distinction dans ses propres assemblées. Tout homme habitant sa juridiction pourrait désormais délibérer — sans condition de fortune. Ce vote n'avait pas de valeur nationale ; il valait pour la section seule. Mais il fut bientôt imité par d'autres sections parisiennes.

L'assemblée se réunissait dans l'ancien couvent des Franciscains, où le Club des Cordeliers — fondé en 1790 par Danton, Marat et Desmoulins — avait tenu ses séances. La rue de l'École de Médecine était l'un des centres du radicalisme démocratique parisien.

Douze jours après ce vote, les sections de Paris — actifs et passifs confondus — prenaient les Tuileries.

En juin 1793, la Convention montagnarde adopta le suffrage universel masculin dans la Constitution de l'an I. La Section du Théâtre Français l'avait pratiqué un an avant, à l'échelle d'un quartier.

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Événement
1865
8 juillet 1865 — Hôtel des Champs-Élysées
t2 p 115
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Événement
1941
2 septembre 1941 — Palais de Justice
t2 p 239
Il avait été convenu, entre juristes liés à la Résistance, qu'il serait bon que l'un d'eux assume ce geste ouvertement ; et que si un seul devait le faire, ce serait Paul Didier. Le 2 septembre 1941, les magistrats du tr …

Il avait été convenu, entre juristes liés à la Résistance, qu'il serait bon que l'un d'eux assume ce geste ouvertement ; et que si un seul devait le faire, ce serait Paul Didier.

Le 2 septembre 1941, les magistrats du tribunal de la Seine se réunissent au Palais de Justice, 4 boulevard du Palais, pour prêter serment de fidélité à la personne du maréchal Pétain. La cérémonie est organisée en application de l'acte constitutionnel n°9 du 14 août 1941, par lequel le gouvernement de Vichy exige de l'ensemble des magistrats français un engagement personnel envers le chef de l'État. Un seul refuse : Paul Didier. Il se lève, dit non, et attend les conséquences.

Le régime de Vichy avait, depuis juin 1940, travaillé méthodiquement à plier les institutions républicaines à sa logique. La magistrature, corps traditionnel dont l'indépendance était en principe garantie par le statut de la magistrature, avait résisté moins qu'on ne pouvait l'espérer. Le garde des Sceaux Joseph Barthélemy, juriste distingué passé au service du maréchal, supervisait cette mise au pas. L'acte constitutionnel n°9 était l'instrument choisi : en prêtant serment à la personne de Pétain, chaque magistrat contractait une obligation personnelle qui le plaçait dans une relation de subordination politique directe au chef de l'État, brisant en principe l'idéal de neutralité de la fonction judiciaire.

Les juristes proches de la Résistance avaient débattu de la conduite à tenir. La réponse collective avait été prudente : "Gardez-vous bien de démissionner en masse", disaient certains, car vider les tribunaux de leurs magistrats républicains reviendrait à les livrer encore plus sûrement aux hommes de Vichy. Mais il avait été jugé souhaitable que l'un d'eux assume publiquement le refus, pour que la mémoire du non reste possible. Paul Didier avait décidé que, s'il ne devait y en avoir qu'un, il serait celui-là.

Le surlendemain, 4 septembre, le garde des Sceaux Barthélemy le suspend. Il est révoqué, puis arrêté le 6 septembre sur ordre du ministre de l'Intérieur et envoyé au camp d'internement de Châteaubriant.

La solitude de Paul Didier dans cette salle du Palais de Justice dit tout sur l'état de la magistrature française sous l'Occupation. Ce n'est pas l'histoire d'un lâche collectif : c'est celle d'une institution qui avait choisi, consciemment ou par inertie, de fonctionner dans le cadre du régime. Les tribunaux continuèrent à siéger, à appliquer les lois de Vichy, à juger des résistants, à enregistrer les statuts des juifs. Le serment du 2 septembre 1941 n'était pas le début de cette collaboration judiciaire, mais il en était la formalisation publique.

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Événement
1892
1 avril 1892
t2 p 155
Le 1er avril 1892, Édouard Drumont fonde La Libre Parole au 14 boulevard Montmartre. Le titre complet : La Libre Parole illustrée — La France aux Français. Le programme est dans le sous-titre. Drumont n'est pas un inconn …

Le 1er avril 1892, Édouard Drumont fonde La Libre Parole au 14 boulevard Montmartre. Le titre complet : La Libre Parole illustrée — La France aux Français. Le programme est dans le sous-titre.

Drumont n'est pas un inconnu. Six ans plus tôt, en 1886, il avait publié La France juive — deux volumes, mille deux cents pages, tirage record, rééditions innombrables. L'ouvrage prétendait démontrer que les juifs avaient infiltré et corrompu toutes les institutions françaises. Il avait fait scandale et succès simultanément, les deux se nourrissant l'un l'autre. Drumont était devenu la figure de proue de l'antisémitisme français organisé.

La Libre Parole est son instrument quotidien. Le journal dénonce les officiers juifs de l'armée, les banquiers juifs, les politiciens juifs — avant de jouer un rôle central dans l'affaire Dreyfus deux ans plus tard. C'est La Libre Parole qui révèle en 1894 l'arrestation du capitaine Dreyfus et orchestre pendant des années la campagne contre sa réhabilitation.

Le journal est aussi la cible de manifestations régulières — boulevard Montmartre, des groupes viennent crier leur réprobation devant ses locaux. Cela ne l'empêchera pas de paraître jusqu'en 1924.

Ce 1er avril 1892 est aussi le cinquième jour des attentats de Ravachol — Paris est sous tension. L'anarchisme et l'antisémitisme prolifèrent simultanément dans une République qui peine à se trouver.

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Événement
1884
1884 — Siège du journal "Le Temps"
t2 p 110
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Événement
1861
1 avril 1861 — Siège du journal "Le Temps"
t2 p 110
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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
t2 p 13
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1968
27 mai 1968 — Hôtel du Châtelet/Ministère du Travail (salle des Accords)
t2 p 277
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Événement
1928
27 juillet 1928 — Ministère des Affaires étrangères
t2 p 218
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Événement
1904
18 avril 1904 — Siège du journal "L'Humanité"
t2 p 174-175
Le 18 avril 1904, un nouveau journal apparaît dans les kiosques parisiens. Il s'appelle L'Humanité, il est imprimé au 138 rue Montmartre et rédigé au 110 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement. Son fondateur, direct …

Le 18 avril 1904, un nouveau journal apparaît dans les kiosques parisiens. Il s'appelle L'Humanité, il est imprimé au 138 rue Montmartre et rédigé au 110 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement. Son fondateur, directeur et éditorialiste s'appelle Jean Jaurès. Il a quarante-quatre ans, il est député socialiste du Tarn, et il vient de perdre son siège aux élections de 1902 — ce qui lui laisse du temps pour créer un quotidien.

Le projet n'est pas modeste. Jaurès ne veut pas d'une feuille de propagande socialiste. Il veut un journal d'information complet, capable de rivaliser avec les grands quotidiens bourgeois — Le Figaro, Le Matin, Le Petit Journal — tout en portant les idées du socialisme. Dans son éditorial de une, intitulé « Notre but », il écrit que L'Humanité donnera des « informations étendues et exactes » et sera « en communication constante avec tout le mouvement ouvrier, syndical et coopératif ». Information d'abord, opinion ensuite.

Pour donner au journal le crédit littéraire qui lui manquerait s'il restait un organe de parti, Jaurès s'entoure d'un casting improbable. Anatole France, prix Nobel de littérature quelques années plus tard, signe dans le premier numéro. Octave Mirbeau, l'auteur du Journal d'une femme de chambre, y contribue. Jules Renard — celui de Poil de Carotte — est de la partie, comme Tristan Bernard, dramaturge et humoriste. Côté politique, on trouve Aristide Briand, futur onze fois président du Conseil, Léon Blum, qui n'est encore qu'un jeune critique littéraire au Conseil d'État, René Viviani, Lucien Herr, le bibliothécaire de l'École normale supérieure qui a converti toute une génération au socialisme. Le journal est socialiste, mais il n'est pas sectaire — pas encore.

Le premier numéro tire à 140 000 exemplaires. Il s'en vend 138 000. C'est un triomphe. Le format est sobre : quatre pages, cinq centimes — le prix d'un café au comptoir.

Jaurès dirigera L'Humanité pendant dix ans, jusqu'à son assassinat le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à l'angle de la rue Montmartre et de la rue du Croissant — à quelques centaines de mètres de l'imprimerie de son journal. Après sa mort, le quotidien poursuit sous direction socialiste. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité du Parti socialiste rejoint la Troisième Internationale et devient le Parti communiste français. L'Humanité suit la majorité. Le journal de Jaurès devient l'organe du PCF.

Ce qui suit est une autre histoire — et c'est une histoire de déviation. Le PCF, progressivement aligné sur Moscou sous l'influence stalinienne, transforme L'Humanité en ce que Jaurès avait précisément voulu éviter : un outil de propagande au service d'un appareil. Le journal qui promettait des « informations étendues et exactes » deviendra le relais d'une ligne dictée de l'extérieur, puis, le stalinisme épuisé, l'organe d'un parti intégré aux institutions républicaines sans plus guère d'opposition réelle au système capitaliste. La tradition marxiste et révolutionnaire que Jaurès avait voulu porter dans un grand quotidien populaire survivra ailleurs — mais pas rue de Richelieu.![[Le siège de l'Humanité au 110 rue Richelieu, Archives Paris révolutionnaire|Richelieu rue de 110 L'Humanité 01 web.jpeg]]

Le siège de l'Humanité au 110 rue Richelieu, Archives Paris révolutionnaire

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Événement
1905
3 août 1905
t2 p 176
On plaça la statue d'une victime de l'obscurantisme religieux directement en face de la basilique du Sacré-Coeur. Personne ne fit semblant de ne pas comprendre la provocation. Pétain fit fondre la statue en 1941. Jean-Fr …

On plaça la statue d'une victime de l'obscurantisme religieux directement en face de la basilique du Sacré-Coeur. Personne ne fit semblant de ne pas comprendre la provocation. Pétain fit fondre la statue en 1941.

Jean-François Lefebvre, chevalier de la Barre, avait dix-neuf ans quand il fut exécuté à Abbeville le 1er juillet 1766. Son crime : n'avoir pas ôté son chapeau au passage d'une procession religieuse, et avoir chanté des chansons impies. Il fut décapité après avoir eu la langue coupée et la main tranchée. Son exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire fut brûlé avec lui.

L'affaire avait scandalisé Voltaire, qui mena campagne pour sa réhabilitation jusqu'à sa mort. Le chevalier de la Barre devint le symbole des victimes de la justice d'Ancien Régime mêlée à la religion.

Le 3 août 1905, une statue en bronze du chevalier de la Barre fut inaugurée sur le parvis du Sacré-Coeur, à Montmartre. Georges Clemenceau, anticlérical convaincu, participa à la cérémonie. Le choix du lieu n'était pas fortuit : la basilique du Sacré-Coeur, dont la construction avait été décidée en « expiation » de la Commune de Paris de 1871, incarnait pour la gauche républicaine la réaction cléricale et la revanche sur les insurgés. Placer devant elle la statue d'une victime de l'Église, c'était affirmer que le parvis de la basilique n'appartenait pas qu'aux dévots.

La statue resta en place jusqu'en 1941. Le gouvernement de Vichy, dans le cadre de la collecte de métaux non ferreux destinés à l'industrie de guerre allemande, la fit fondre.

Une réplique en résine fut installée à l'identique en 1985. Elle est toujours là, face à la basilique, sur le parvis de Montmartre.

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Événement
1831
21 septembre 1831
t2 p 65
Suite à une manifestation de 3 à 4 000 francs-maçons en souvenir des Quatre sergents de La Rochelle, la guillotine est définitivement exclue de la place de Grève ; mais elle continuera à fonctionner ailleurs
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Événement
1822
1822 — Château Rivoli/Ministère des Finances (de 1822)
t2 p 62
Symbole de la montée de la bourgeoisie que Balzac appelle "l'Escorial des financiers", et qui lui fait dire qu'il n'y a plus de noblesse, mais seulement une aristocratie
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Événement
1834
Événement
1870
7 février 1870
t2 p 123
Le 7 février 1870, Belleville bouillonne. À la salle de la Marseillaise, 51 rue de Flandre, une foule compacte assiste à un meeting du club, trois semaines à peine après les obsèques de Victor Noir. L’ambiance est électr …

Le 7 février 1870, Belleville bouillonne. À la salle de la Marseillaise, 51 rue de Flandre, une foule compacte assiste à un meeting du club, trois semaines à peine après les obsèques de Victor Noir. L’ambiance est électrique, résolument pré‑révolutionnaire. La salle porte le nom du journal de Rochefort et Millière, La Marseillaise, qui est devenu le principal porte‑voix de l’opposition radicale à l’Empire.

Sous le Second Empire, une réunion publique n’existe qu’avec la présence d’un commissaire, chargé d’écouter et, si besoin, d’interdire. Ce soir‑là, c’est le commissaire Barlet. Il entend Millière déclarer que l’Empereur est un cadavre. Pour la police, la limite est franchie : Barlet dissout la réunion. La nouvelle de l’arrestation de Rochefort met la salle en fureur.

Gustave Flourens est là. Il sort revolver et épée, déclare le commissaire « son prisonnier » et en profite pour proclamer la République. Le petit groupe sort de la salle, traverse Belleville, descend vers le canal par la rue du Faubourg‑du‑Temple. À l’initiative de Flourens on dresse une barricade : deux omnibus, des pavés, la grille d’une boutique. On relâche le commissaire, mais le ton est donné : Belleville a, pour quelques heures, repris le vieux langage des barricades.

L’officier de paix Justin Lombard arrive ensuite avec ses hommes. Il découvre trois barricades successives, dont une qu’il juge « formidable ». Les défenseurs finissent par se disperser sous les charges à l’épée et aux casse‑têtes, laissant de nombreux blessés, y compris Lombard lui‑même, officiellement frappé d’un coup de baïonnette. La nuit se conclut par des rafles et l’arrestation de tout le personnel de La Marseillaise : au total 300 personnes sont arrêtées. Flourens, Dereure et quelques autres soixante-dix  prévenus sont inculpés de complot séditieux. Leur procès s'ouvre à Blois qu'en juillet. C’est un coup de semonce avant la grande rupture de 1871.

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Événement
1791
18 avril 1791 — Palais des Tuileries
t2 p 15
Deux heures et quart dans une voiture immobile, entouré par ceux qu'il est censé gouverner. Le 18 avril 1791, lundi de Pâques, Louis XVI fait atteler son carrosse dans la cour des Tuileries. La destination officielle est …

Deux heures et quart dans une voiture immobile, entouré par ceux qu'il est censé gouverner.

Le 18 avril 1791, lundi de Pâques, Louis XVI fait atteler son carrosse dans la cour des Tuileries. La destination officielle est le château de Saint-Cloud, où la famille royale avait l'habitude de passer la Semaine sainte. Rien d'extraordinaire en apparence. Mais Paris est en ébullition depuis des mois autour de la question religieuse — la Constitution civile du clergé, votée en juillet 1790, a divisé le pays entre prêtres assermentés et prêtres réfractaires. Le roi, catholique fervent, veut recevoir la communion d'un prêtre non assermenté. Tout le monde le sait. Et tout le monde comprend ce que ce départ signifie : le roi cherche à se soustraire, même brièvement, au regard de Paris.

La foule se masse place du Carrousel. Elle n'est pas là par hasard — les clubs, les sections, le bouche-à-oreille ont fait leur travail. Les gardes nationaux de la deuxième division, ceux du faubourg Saint-Antoine et du faubourg Saint-Marcel, refusent de dégager le passage. Le carrosse est bloqué, portières fermées, le roi et Marie-Antoinette à l'intérieur.

La Fayette arrive avec Bailly, le maire de Paris. Pendant plus de deux heures, il tente de rétablir l'ordre constitutionnel — c'est-à-dire de permettre au roi d'exercer sa liberté de mouvement, garantie par la loi. Il harangue les gardes. Ils ne bougent pas. Il menace. Ils restent. La Fayette propose alors au roi la seule issue qui reste : proclamer la loi martiale et faire intervenir la troupe. Louis XVI refuse. « Je ne veux pas qu'on verse du sang pour moi. » Après deux heures et quart, le roi ordonne qu'on dételle. Il descend du carrosse avec la reine et rentre aux Tuileries, seul, son entourage dispersé par la foule.

L'humiliation est triple. Pour le roi, qui se découvre prisonnier de fait — non plus seulement ramené de Versailles en octobre 1789, mais désormais empêché de quitter Paris pour une résidence à dix kilomètres. Pour La Fayette, dont l'autorité sur sa propre Garde nationale vient de s'effondrer publiquement — les soldats citoyens ont obéi au peuple, pas à leur commandant. Pour la Constitution elle-même, qui prétend concilier la monarchie et la souveraineté populaire et qui, ce jour-là, révèle son impasse.

Au Club des Cordeliers, Danton et les orateurs les plus radicaux exploitent l'épisode. Si le roi veut fuir, c'est qu'il n'accepte pas la Révolution. Si La Fayette veut le laisser partir, c'est qu'il est son complice. Le raisonnement est simple, efficace, et pour l'essentiel juste.

Deux mois plus tard, dans la nuit du 20 au 21 juin, Louis XVI tente à nouveau de quitter Paris — cette fois en secret, déguisé, par la porte Saint-Martin, en direction de Montmédy et de la frontière. Il sera arrêté à Varennes. Le 18 avril lui avait montré qu'il ne partirait pas par la grande porte ; le 21 juin lui montrera qu'il ne partirait pas du tout.

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Événement
1871
18 mars 1871
t2 p 124-125
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
Événement
1796
9 septembre 1796
t2 p 22-23
Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite. Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapit …

Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite.

Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapitée: ses cadres sont sous les verrous au Temple, en attente du procès de Vendôme. Mais des cellules survivent, des militants épars refusent de se soumettre. Le Directoire, régime de bourgeois enrichis par la Révolution, leur semble une trahison permanente.

Le 9 septembre 1796, dans la soirée, des conjurés partent de deux lieux: l'Auberge du Soleil d'Or, 226 rue de Vaugirard, et le Cabaret du Canon ci-devant royal, 81 rue Saint-Dominique. Leur plan: marcher sur le camp de Grenelle, à l'emplacement de l'actuelle place Dupleix dans le 15e arrondissement, rallier le 21e régiment d'infanterie qui y cantonne, convaincre les soldats de se mutiner contre le gouvernement directoriel. Jean-Baptiste Drouet est parmi eux: le même Drouet qui, à Varennes en juin 1791, avait reconnu Louis XVI dans sa berline et déclenché son arrestation. Cinq ans plus tard, l'ancien relayeur de poste est devenu babouviste.

La trahison s'est faite en amont. Grisel, agent double qui avait déjà livré la Conjuration principale en mai, a alerté les autorités. Les soldats du 21e régiment n'attendent pas des frères d'armes : ils reçoivent les insurgés par un feu nourri. La troupe gouvernementale encercle les abords du camp. Cent trente-deux personnes sont arrêtées dans la nuit; d'autres tombent sur place. Plusieurs dizaines reçoivent des peines de déportation ou d'emprisonnement; une trentaine seront fusillés par une commission militaire. Drouet parvient à s'enfuir; il sera condamné par contumace avant d'être amnistié sous Napoléon.

Babeuf apprend la nouvelle dans sa cellule. Son procès s'ouvrira à Vendôme en février 1797. Il sera condamné à mort et guillotiné le 27 mai 1797, avec Augustin Darthé. Jusqu'au bout, il tenta de se poignarder pour échapper à la honte du bourreau; il monta à l'échafaud blessé.

L'échec du camp de Grenelle marque la fin de la Conjuration des Égaux comme force active. Mais ses idées survivent: Philippe Buonarroti en publie l'histoire en 1828, et ce livre sera lu par Marx, Engels et tous ceux qui, au XIXe siècle, chercheront à comprendre comment une révolution peut trahir ses propres promesses d'égalité.

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Événement
Date imprécise — Théâtre du Luxembourg
t2 p 80-81
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Date imprécise — Théâtre du Luxembourg
t2 p 80-81
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Événement
1794
11 octobre 1794 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Statue de Jean-Jacques Rousseau
t2 p 22
Trois mois après Thermidor, la Convention panthéonise le philosophe dont Robespierre se réclamait chaque jour ; l'un des deux hommes est mort, l'autre entre dans la gloire. Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778 à Ermeno …

Trois mois après Thermidor, la Convention panthéonise le philosophe dont Robespierre se réclamait chaque jour ; l'un des deux hommes est mort, l'autre entre dans la gloire.

Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778 à Ermenonville, chez le marquis de Girardin, qui l'a inhumé dans son parc sur l'île des Peupliers. Le lieu est devenu un but de pèlerinage pour toute l'Europe sensible. Le Contrat social, publié en 1762, a fourni à la Révolution son vocabulaire fondamental : souveraineté du peuple, volonté générale, égalité, corruption de l'homme par la société.

Aucun révolutionnaire ne l'a invoqué plus constamment que Robespierre. Il l'avait rencontré adolescent, disait-il ; il en avait fait la référence de tous ses discours. La Convention avait décrété la panthéonisation dès 1791, puis en 1793, sans l'exécuter.

Le 9 thermidor an II, soit le 27 juillet 1794, Robespierre est renversé et guillotiné le lendemain avec Saint-Just et Couthon. La Convention thermidorienne prend le pouvoir. Elle est composée en grande partie des mêmes hommes qui votaient les décrets de la Terreur et qui ont abattu Robespierre parce qu'ils craignaient d'être les prochains.

Le 10 octobre 1794, la dépouille de Rousseau, ramenée d'Ermenonville, est exposée sur le bassin rond du jardin des Tuileries, rebaptisé Jardin national, dans un mausolée provisoire évoquant l'île des Peupliers. Le 11 octobre, le cortège gagne le Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève transformée en temple des grands hommes depuis 1791.

L'opération est politique. Les thermidoriens s'approprient Rousseau contre Robespierre, en récupérant le père pour mieux liquider le fils. Ils célèbrent le philosophe de la souveraineté populaire au moment précis où ils démantèlent les institutions populaires, ferment les sociétés sectionnaires, préparent la Constitution censitaire de l'an III et laissent la réaction thermidorienne massacrer les jacobins en province.

Voltaire était entré au Panthéon en 1791. Rousseau y entre en 1794. Ils reposent face à face, séparés par l'allée centrale, comme ils l'ont été toute leur vie.

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Événement
1791
11 juillet 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Première fête philosophique
t2 p 15
On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore. Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le l …

On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore.

Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le long cortège qui a remonté tout Paris s'arrête devant le nouveau bâtiment. L'Assemblée constituante avait décidé, trois mois plus tôt, que l'église Sainte-Geneviève recevrait les cendres des grands hommes. Sur le fronton, on grave la formule : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. » Mirabeau y était entré le premier ; expulsé après la révélation de ses accords avec la cour, il laisse Voltaire le plus ancien habitant des lieux.

Il faut goûter le paradoxe. Ce temple laïque, la Révolution l'invente en empruntant tout à la religion qu'elle combat : on exhume des restes, on les promène en procession, on les translate d'un tombeau à l'autre comme on faisait jadis des reliques de saints. Le char est tiré par douze chevaux blancs, la fête réglée par Jacques-Louis David. L'homme qu'on encense ainsi est pourtant celui-là même qui avait passé sa vie à railler prêtres et dévots, et signait ses lettres d'un « Écrasez l'infâme ». La patrie reconnaissante offrait au vieux railleur de Ferney une résurrection de plâtre et de granit.

L'histoire aurait pu s'arrêter à cette apothéose. Elle rebondit sous la Restauration. Une nuit de mai 1814, murmure-t-on bientôt, des fanatiques seraient descendus forcer les cercueils de plomb de Voltaire et de Rousseau, auraient mêlé leurs ossements dans un sac et les auraient jetés dans une fosse sur un lit de chaux vive. La rumeur s'impose peu à peu, et Victor Hugo lui-même y ajoute foi. Le Panthéon, croyait-on désormais, ne gardait plus que des tombeaux vides.

Pour en avoir le cœur net, on finit par ouvrir les cercueils. Le 18 décembre 1897, une commission officielle descend dans la crypte. Sous les yeux des savants — le chimiste Marcellin Berthelot en tête —, on soulève les couvercles : les ossements sont là. On brandit le crâne de Voltaire, la mâchoire remboîtée, et l'on croit reconnaître son profil par Pigalle. Le rapport conclut à « la présence dûment reconnue des restes de Voltaire et de Rousseau » — mais la commission n'avait mené aucune expertise. On avait vu des os ; on n'avait pas prouvé que c'étaient les siens.

Aujourd'hui, au bout de l'allée centrale de la crypte, deux tombeaux se font face : Voltaire et Rousseau. Devant celui de Voltaire veille une statue due à Houdon, le sourire mince et l'œil aigu. Le philosophe du doute repose ainsi sous un doute qu'aucune commission n'a tout à fait levé — ce qui, au fond, ne lui aurait pas déplu.

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Événement
1831
15 janvier 1831 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
t2 p 66-67
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Massacres de Septembre
t2 p 16
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Événement
1830
11 juillet 1830 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t2 p 64
Un Te Deum de victoire est célébré en l'honneur la prise d'Alger après le débarquement impérialiste de Sidi Ferruch ; nul ne sait ce qu'en a pensé Dieu
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Événement
1825
30 novembre 1825 — Cimetière du Père Lachaise (28ème division)/Tombe du général Foy
t2 p 56
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Événement
1793
25 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 19
La Constitution n'a pas vingt-quatre heures : un prêtre de la section des Gravilliers vient déjà dire aux députés qu'elle ne vaut rien pour ceux qui ont faim. La Constitution montagnarde a été votée la veille, 24 juin 17 …

La Constitution n'a pas vingt-quatre heures : un prêtre de la section des Gravilliers vient déjà dire aux députés qu'elle ne vaut rien pour ceux qui ont faim.

La Constitution montagnarde a été votée la veille, 24 juin 1793. Suffrage universel masculin, droit à l'insurrection, droit au travail et à l'assistance — c'est le texte le plus démocratique que la France ait produit. La Convention peut s'estimer satisfaite. Mais le 25 juin, à la barre de l'Assemblée, un homme vient troubler la célébration.

Jacques Roux est prêtre, vicaire de Saint-Nicolas-des-Champs, dans la section des Gravilliers — le cœur du Paris artisan et ouvrier, entre le Temple et les Halles. Il se présente au nom de sa section et avec l'appui du club des Cordeliers, qui a approuvé son texte deux jours plus tôt. Derrière lui, une délégation. Dans ses mains, une adresse qui passera à la postérité sous le nom de Manifeste des Enragés.

Le ton est donné dès les premières lignes : « Cent fois cette enceinte sacrée a retenti des crimes des égoïstes et des fripons ; vous nous avez toujours promis de frapper les sangsues du peuple. L'acte constitutionnel va être présenté à la sanction du souverain ; y avez-vous proscrit l'agiotage ? Non. Avez-vous prononcé la peine de mort contre les accapareurs ? Non. Eh bien ! nous vous déclarons que vous n'avez pas tout fait pour le bonheur du peuple. »

Roux ne discute pas : il accuse. La liberté, dit-il, « n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément ». Il exige la peine de mort contre les accapareurs, la taxation des denrées de première nécessité, l'interdiction du commerce du numéraire, le cours forcé de l'assignat. Autrement dit : le droit à la subsistance prime le droit de propriété. C'est la ligne que la révolution bourgeoise refuse de franchir.

La Convention réagit avec une violence unanime. Montagnards, Plaine — tout le monde se retrouve contre le curé des Gravilliers. Robespierre, puis Billaud-Varenne et Legendre, demandent qu'il soit chassé de la barre. La proposition est adoptée. Tous les pétitionnaires sont admis aux honneurs de la séance — sauf Jacques Roux, qui sort sous les huées.

Le 28 juin, aux Jacobins, Robespierre prononce contre lui un réquisitoire cinglant : Roux est un « homme ignare », un « intrigant qui veut s'élever sur les débris des puissances que nous avons abattues », un « prêtre digne émule des fanatiques de la Vendée ». Le 30, les Cordeliers eux-mêmes l'excluent, sous la pression jacobine. Le mouvement des Enragés est brisé. Roux sera arrêté en septembre et se donnera la mort en prison le 10 février 1794, en se poignardant.

Le Manifeste des Enragés pose une question que la Révolution ne résoudra pas : à quoi servent les droits politiques quand la misère les rend inaccessibles ? C'est exactement la question que Marx reprendra un demi-siècle plus tard dans La Question juive (1843), en opposant l'émancipation politique — les droits formels du citoyen — à l'émancipation humaine réelle, toujours entravée par l'inégalité matérielle. Ce que Roux crie à la barre de la Convention, Marx le formulera en système : les droits de l'homme ne sont que les droits du propriétaire égoïste, séparé de la communauté.

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Événement
1893
7 janvier 1893 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
t2 p 156
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Événement
1950
31 mars 1950 — Siège du journal "Le Figaro"
t2 p 252
Violentes bagarres à propos de la publication par le Figaro des mémoires de l'ancien SS Skorzeny qui avait dirigé le commando de "récupération" de Mussolini
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Événement
1888
8 août 1888 — Cimetière du Père Lachaise (91ème division)/Tombe d'Émile Eudes
t2 p 148
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Événement
1848
Événement
1906
1 février 1906 — Église Ste Clotilde
t2 p 177 & 179
Février 1906 : l'application de la loi de Séparation donne lieu à de violents incidents à Paris et dans plusieurs départements au moment où l'administration procède aux inventaires des biens cultuels et demande l'ouvertu …

Février 1906 : l'application de la loi de Séparation donne lieu à de violents incidents à Paris et dans plusieurs départements au moment où l'administration procède aux inventaires des biens cultuels et demande l'ouverture des tabernacles. La loi de Séparation est condamnée, le 11 février 1906, par le pape Pie X dans son encyclique Vehementer nos qui critique les associations cultuelles et la compétence du Conseil d'État en matière de contestations relatives aux biens réclamés par plusieurs associations.; Le pape encourage les catholiques français à s'opposer aux inventaires puis, le 10 août 1906, par l'encyclique Gravissimo offici, il interdit la formation des associations cultuelles prévues par la loi pour administrer les biens mobiliers et immobiliers nécessaires à l'exercice du culte.

Source : La crise des inventaires, Assemblée nationale

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Événement
1793
5 septembre 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 19
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