Portrait en miniature de Bernard Sarrette
par Jean-Baptiste Isabey. Crédits : Wikipédia
directeur
Bernard Sarrette naît à Bordeaux le 27 novembre 1765, fils d’un cordonnier. Après avoir exercé la profession de comptable à Paris, il s’engage dans la Garde nationale lors de la Révolution française. Bien que non musicien, il propose la création d’un corps de musique pour la Garde nationale et en prend la direction. Il rassemble d’abord quarante-cinq musiciens issus des Gardes françaises, puis, avec le soutien de la municipalité parisienne, ce groupe s’élargit à soixante-dix-huit membres. Face aux difficultés financières de la Commune, Sarrette parvient à maintenir l’ensemble et obtient, en juin 1792, la création d’une école gratuite de musique, dont il assure la direction administrative, tandis que François-Joseph Gossec en est le directeur artistique.
En novembre 1793, l’école devient l’Institut national de musique, puis, par la loi du 3 août 1795, elle est transformée en Conservatoire de musique, futur Conservatoire de Paris. Sarrette, après un bref passage à la tête d’un régiment, est rappelé à la direction du Conservatoire en 1796. Il y introduit des méthodes pédagogiques avancées, développe l’enseignement de la déclamation, crée une salle de concert et une bibliothèque, contribuant à faire de l’établissement une institution de premier plan. Il obtient officiellement le titre de directeur lors de la réorganisation de 1800.
Sa carrière connaît un tournant lors de la Restauration : il est révoqué en 1814 en raison de ses origines modestes, de ses idées révolutionnaires et de son manque de formation musicale. Rétabli brièvement pendant les Cent-Jours, il est définitivement destitué en 1815. Il passe les dernières décennies de sa vie dans la retraite, éloigné de l’institution qu’il a fondée. Il meurt à Paris le 11 avril 1858 et est inhumé au cimetière de Montmartre.
Sources