Maître Gonin, silhouette agile parmi la foule bigarrée du Pont-Neuf, incarne la figure du joueur de gobelets et de l’escamoteur au Paris du règne de Louis XIII. Héritier supposé d’un premier maître Gonin, qui déjà, sous François Ier, fascinait les curieux, il attire les regards par sa dextérité et le mystère de ses tours. Sa réputation franchit les générations : tromperies et adresse font de son nom le symbole même de la ruse et de la prestidigitation, jusqu’à devenir un surnom courant pour qualifier ceux qui trompent habilement autrui.
Même le cardinal de Richelieu, grand stratège politique, se vit parfois surnommé « Gonin » en clin d’œil à ce talent pour manœuvrer ses adversaires. Figure indissociable de la tradition des artistes de rue, Maître Gonin traverse les siècles : on le retrouve dans les proverbes, les anecdotes et les textes qui racontent l’art de la magie et de l’esquive, mémoire vivante d’un Paris populaire vibrant d’astuces et de spectacles.![[Les Tours de Maître Gonin, Laurent Bordelon, 1714, BnF|Pont Neuf Les tours du Maître Gonin.jpg]]
Les Tours de Maître Gonin, Laurent Bordelon, 1714, BnF