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📖 Guide de Paris mystérieux CARADEC François & MASSON Jean-Robert
Bibliographie

Guide de Paris mystérieux

CARADEC François & MASSON Jean-Robert
Tchou, 1997.
Livre
548 Fiches citant cet ouvrage
1997 Édition

Fiches citant cet ouvrage

548 fiches
Événement
1635
1635 — Porte Montmartre/Enceinte de Louis XIII
p 13
Construction de la 3ème porte Montmartre de l'enceinte dite des Fossés Jaunes
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Événement
1634
1634 — Porte St Honoré/Enceinte de Louis XIII
p 13
Construction de la 3ème porte St Honoré, élément de l'enceinte de Louis XIII
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Événement
1633
Événement
1805
1805 — Cimetière du Père Lachaise (29ème division, 2ème ligne T 30)/Tombe de Claude et Ignace Chappe
p 21
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Événement
320
320 — Nécropole gallo-romaine
p 31 & 167
Nécropole gallo-romaine dans laquelle on a découvert des médailles à l'effigie de Constantin
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Événement
Événement
Date imprécise — Aqueduc romain de Lutèce/Aqueduc d'Arcueil
p 31
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Événement
Événement
Événement
251
251 — Église St Étienne des Grès
p 34
Emplacement de l'église St Étienne des Grès, déformation de St Étienne des Grecs, fondée par l'évêque Dionysius dit St Denis, sans doute un évêque missionnaire, et non pas "le 1er évêque de Paris", comme le veut la tradi …

Emplacement de l'église St Étienne des Grès, déformation de St Étienne des Grecs, fondée par l'évêque Dionysius dit St Denis, sans doute un évêque missionnaire, et non pas "le 1er évêque de Paris", comme le veut la tradition chrétienne

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Événement
Date imprécise — Chapelle du Martyr/Martyrium de Montmartre
p 36 & 104
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Événement
Date imprécise — Prison gallo-romaine/Église St Denis de la Chartre
p 36
Prison construite pour remplacer celle dite de Glaucin détruite par le grand incendie de 586. Elle conserva le nom d'origine romaine carcer, ayant donné la "Chartre"
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Événement
Date imprécise — Logis du roi/Logiz du roy/Clos St Lazare
p 37
Lieu où était prêté le serment de fidélité des corps constitués aux nouveaux rois et rendus les hommages avant leur inhumation à St Denis
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Événement
1461
1461 — Fontaine du Ponceau
p 38
Cérémonies pour l'entrée de Louis XI dans Paris, lors de son couronnement
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Événement
Date imprécise
p 38
Itinéraire présumé vers la Seine d'Elephas primigenius, qui vivait sur les hauteurs de Belleville ; quelques millénaires plus tard, il aurait fait sensation dans la descente de la Courtille
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Événement
Date imprécise
p 38
Itinéraire présumé vers la Seine d'Elephas primigenius, qui vivait sur les hauteurs de Belleville ; quelques millénaires plus tard, il aurait fait sensation dans la descente de la Courtille
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Événement
Date imprécise
p 38
Itinéraire présumé vers la Seine d'Elephas primigenius, qui vivait sur les hauteurs de Belleville ; quelques millénaires plus tard, il aurait fait sensation dans la descente de la Courtille
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Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte St Denis/Porte des Peintres
p 38
Première porte St Denis, faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
Événement
1816
1816 — Collège Charlemagne/Lycée Charlemagne (actuel)
p 43
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Événement
Événement
1836
mai 1836 — Hôtel de Bazancourt/Hôtel des Haricots/Maison d'arrêt de la Garde nationale (1800-1837)
p 47
Balzac est incarcéré à la Maison d'arrêt de la Garde nationale, appelée l'hôtel des Haricots ; en référence sans doute au plat principal présenté au "menu"
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Événement
1837
1837 — Demeure de la famille Guidoboni-Visconti (reconstruit Fbg St Jacques)
p 47
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Événement
1827
1827 — Hôtel de Chatillon/Demeure de Hyacinthe Tabaud de Latouche/Demeure d'Honoré de Balzac
p 47
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Événement
Événement
Événement
1841
1841 — Maison de Balzac/Demeure d'Honoré de Balzac/Musée Balzac
p 48
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Événement
1841
1841 — Maison de Balzac/Demeure d'Honoré de Balzac/Musée Balzac
p 48 & 158
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Événement
1850
18 août 1850 — Folie Beaujon/Hôtel de Balzac/Demeure d'Honoré de Balzac (à partir de 1847)
p 48
Victor Hugo sonne à la porte ; un domestique lui dit que Monsieur est en train d'agoniser. La maison du 14 rue Fortunée, dans le 8e arrondissement (aujourd'hui 22 rue Balzac), Honoré de Balzac l'avait achetée, rénovée, m …

Victor Hugo sonne à la porte ; un domestique lui dit que Monsieur est en train d'agoniser.

La maison du 14 rue Fortunée, dans le 8e arrondissement (aujourd'hui 22 rue Balzac), Honoré de Balzac l'avait achetée, rénovée, meublée avec soin pendant des années, en vue d'un retour d'Ukraine qui n'avait cessé d'être repoussé. Il avait tapissé les pièces, rempli les armoires, accroché aux murs des tableaux de maîtres, disposé des bibelots rares. Il attendait Eveline.

Balzac est né le 20 mai 1799 à Tours. Dès les années 1830, il avait entrepris ce qu'il appelait la Comédie humaine : une somme de quatre-vingt-dix romans et nouvelles voulant représenter la société française dans toute son épaisseur, du paysan au banquier, de la provinciale à la courtisane parisienne. Dumas, Hugo et lui sont les trois géants de la fiction du XIXe siècle français. Mais Balzac travaillait comme un forçat, quinze heures par jour, la nuit souvent, au café noir, s'endettant pour acheter tout ce que ses personnages possédaient, se ruinant autant qu'il gagnait.

En 1832, il avait reçu une lettre d'une inconnue, signée « L'Étrangère ». C'était Eveline Hanska, comtesse polonaise mariée à un riche propriétaire ukrainien. S'ensuivit une correspondance de dix-huit ans, entrecoupée de voyages en Ukraine. Quand le comte mourut en 1841, ils parlèrent enfin de mariage. Mais les obstacles s'accumulèrent. Ce n'est qu'en mars 1850, à Berdychiv, que la cérémonie eut lieu.

Balzac revint à Paris en mai 1850. Il était méconnaissable : hydropique, atteint d'une maladie de cœur grave, une gangrène commençant à ronger sa jambe, à moitié aveugle. Il s'installa rue Fortunée. Il avait cinquante et un ans.

Victor Hugo lui rendit visite dans la nuit du 17 au 18 août. Il trouva un homme qui agonisait, entouré des chefs-d'œuvre qu'il ne pouvait plus voir. Balzac mourut le 18 août 1850. Hugo prononça l'oraison funèbre au Père-Lachaise, là où la statue de Rodin le représente plus tard, le dos voûté, le regard fixé sur la ville qu'il avait passé sa vie à dépeindre.

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Événement
1786
1786
p 52
Bureaux d'octroi du mur des Fermiers généraux. Pavillons d'octroi place des Antilles et place de la Réunion. Statues de Louis IX et de Philippe II Auguste de 1843 sur les colonnes du Trône
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Événement
1766
1766 — Hôtel d'Hallwyll/Banque Thellusson Vernet et Necker/Demeure de Jacques Necker/Maison natale Mme de Staël
p 52
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Événement
1867
1867 — Demeure de Lautréamont
p 54
Chambre d'hôtel d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", mort à 24 ans
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Événement
1869
octobre 1869 — Demeure de Lautréamont
p 54
Demeure d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont ; pseudonyme inspiré par Latréaumont, personnage de roman, lui-même inspiré d'un personnage réel qui tenta de renverser Louis XIV
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Événement
1870
24 novembre 1870 — Demeure de Lautréamont
p 58
Mort d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", à 24 ans
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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
p 61
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
p 61
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 62
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1852
1852 — Demeure de Prosper Mérimée
p 62
Maison du romancier, auteur de la fameuse dictée, agent secret de Napoléon III ; son incendie en 1871 fut attribué à des prétendues pétroleuses
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Événement
1871
25 mai 1871 — Mairie du 11ème arrondissement (dans la bibliothèque)
p 63
Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évac …

Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évacuée à minuit

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Événement
1871
27 mai 1871 — Ancienne mairie du 20ème arrondissement (de 1847 à 1875)
p 63
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 63
Fosse commune creusée pour les 1018 victimes des combats de la Semaine sanglante tués dans le cimetière et aux alentours ; 147 Fédérés sont fusillés sur place, à la mitrailleuse. 152 selon Maxime Du Camp
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Événement
1897
1897 — Castel Béranger/Maison des Diables/Atelier de Paul Signac/Bâtiment remarquable
p 69-71
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Événement
Événement
Événement
Événement
1906
1906 — Collège italien Léonard de Vinci/Bâtiment remarquable
p 70-72
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Événement
1904
1904 — Magasin Félix Potin/Immeuble Modern Style/Bâtiment remarquable
p 70-72
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Événement
1922
Événement
1921
Événement
Événement
558
décembre 558
p 83
Nécropole des rois mérovingiens où se trouvait le plus vieux gisant conservé aujourd'hui à St Denis
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Événement
Événement
Événement
1936
1936 — Église catholique orthodoxe occidentale
p 92
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Événement
1794
1794 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur (actuel)
p 96
Prince allemand devenu capitaine de la Garde nationale ; il réunit chez lui un club révolutionnaire turbulent que l'on appelait le "Salmigondis" ; il fut décapité place du trône en 1794
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Événement
1792
Événement
1792
1792 — Café Procope/Jeu de boules de Malus
p 100-102
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Événement
1675
Événement
1675
Événement
1684
1684 — Café Procope ("Au Saint Suaire de Turin")/Jeu de boules de Malus
p 100-102
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Événement
1792
février 1792 — Café Procope/Jeu de boules de Malus
p 100-102
Jullian de Carentan est le premier à adopter le port du bonnet phrygien, en souvenir des gardes-suisses de Nancy envoyés au bagne, où les détenus portaient un bonnet rouge
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Événement
1751
28 juin 1751 — Café Au Saint Suaire de Turin/Café Procope
p 100-102
Le café a été fondé par le Sicilien Francesco Procopio di Coltelli — d'abord sous le nom de Café Au Saint Suaire de Turin, en face de la Comédie-Française, dans la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Voltaire, Fontene …

Le café a été fondé par le Sicilien Francesco Procopio di Coltelli — d'abord sous le nom de Café Au Saint Suaire de Turin, en face de la Comédie-Française, dans la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Voltaire, Fontenelle et Montesquieu y ont leurs habitudes. On y lit les journaux, on joue aux échecs, on refait la physique et le droit des gens entre deux tasses. Au milieu du siècle, le Procope est devenu le lieu de travail officieux des philosophes.

Le projet de l'Encyclopédie a cinq ans. En 1746, le libraire André-François Le Breton et ses associés — David, Durand, Briasson — obtiennent un privilège royal pour adapter la Cyclopedia de l'Anglais Chambers. L'abbé Gua de Malves, premier directeur, abandonne en octobre 1747. Denis Diderot et Jean le Rond d'Alembert prennent la direction. Ce qui devait être une traduction devient autre chose : un inventaire raisonné de tout ce que la raison humaine a produit, organisé selon l'Arbre des connaissances de Francis Bacon, avec l'homme — et non Dieu — au sommet. En 1750, le Prospectus de Diderot lance une souscription pour dix volumes de textes et deux de planches. Les jésuites, via les Mémoires de Trévoux, protestent aussitôt.

Ce 28 juin 1751, le premier volume est finalisé au Procope. Il couvre la lettre A jusqu'à Azyme — 914 pages. Il s'ouvre sur le Discours préliminaire de d'Alembert, qui classe mémoire, raison et imagination comme les trois facultés fondatrices de la connaissance humaine. C'est un manifeste. Jean-François Marmontel a fourni plusieurs articles. L'abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, a collaboré. Jean-Jacques Rousseau a rédigé les articles de musique. Alexis Piron, poète mordant et habitué du café, est là. Élie Fréron, critique acéré dont la plume servira bientôt à combattre l'entreprise, fréquente encore la même table — il ne fondera son Année littéraire qu'en 1754.

Pour Marx et Engels, le mouvement philosophique du XVIIIe siècle a été l'idéologie par laquelle la bourgeoisie montante a conduit son offensive théorique contre l'ordre féodal et clérical. L'Encyclopédie en est l'instrument central : elle substitue la raison à la révélation, traite les métiers et les techniques comme des savoirs nobles, et fait de l'autorité un objet de critique. Ce n'est pas un dictionnaire. C'est le programme intellectuel d'une classe qui prépare sa révolution.

En janvier 1752, le Conseil du roi condamne les deux premiers volumes au pilon. Malesherbes, directeur de la Librairie, cache les manuscrits de Diderot chez lui. La publication reprend en 1753.

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Événement
1853
1853 — Hôtel de la princesse de Lamballe/Clinique du docteur Blanche
p 102-103
Clinique psychiatrique du docteur Blanche ; où séjournent Gérard de Nerval en 1853-1854, et Gounod en 1857
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Événement
1893
6 juillet 1893 — Hôtel de la princesse de Lamballe/Clinique du docteur Meuriot
p 102-103
Clinique psychiatrique du docteur Meuriot, où meurt Guy de Maupassant en 1892
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Événement
Événement
1301
1301 — Lieu patibulaire (l'arbre "Sech" évoquant la potence)
p 112
Lieu de pendaisons où l'on coupait également les oreilles des serviteurs “indélicats”
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Événement
1572
24 août 1572 — Hôtel de Ponthieu/Massacre de la St Barthélemy
p 113
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Événement
Date imprécise — Hôtel des Mousquetaires/Demeure de Charles de Baatz-Castelmore d'Artagnan
p 113
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Événement
Événement
1947
1947 — Centre géographique de Paris
p 113
Selon Alexandre Arnoux, écrivain et membre de l'Académie Goncourt, le lampadaire situé à hauteur du chevet de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois marquerait le centre de gravité de Paris. Pour étayer cette affirmation, il …

Selon Alexandre Arnoux, écrivain et membre de l'Académie Goncourt, le lampadaire situé à hauteur du chevet de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois marquerait le centre de gravité de Paris. Pour étayer cette affirmation, il décrit l'expérience suivante : on découpe un plan de Paris, incluant les bois de Vincennes et de Boulogne, puis on le suspend par différents points de son périmètre à un clou auquel est également fixé un fil à plomb. En traçant les positions successives du fil, on constate que toutes les lignes obtenues se croisent devant le chevet de Saint-Germain-l'Auxerrois. (Source: Alexandre Arnoux, France-Illustration littéraire et théâtrale, n° 5, juillet 1947.)

Si cette théorie littéraire demeure populaire, l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) situe quant à lui officiellement le centre géographique de Paris à la pointe de l'île de la Cité, place Dauphine, selon la méthode scientifique Affholder de 1980 qui calcule le centre de gravité des surfaces sur un ellipsoïde.

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Événement
Événement
1910
9 janvier 1910
p 121-122
Liabeuf, accusé à tort de proxénétisme, se venge en attaquant des policiers de la brigade des mœurs, faisant un mort et 6 ou 7 blessés ; sa condamnation à mort donnera lieu à des émeutes
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Événement
1869
19 décembre 1869 — Siège du journal "La Marseillaise"
p 124
Création de La Marseillaise, journal républicain Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. J …

Création de La Marseillaise, journal républicain

Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. Jean-Baptiste Millière assure le rôle de directeur-gérant. Le journal coûte 15 centimes et compte quatre pages. Il succède à La Lanterne, publication précédente d'Henri Rochefort arrêtée après 77 numéros.

La rédaction inclut Charles Habeneck comme secrétaire de rédaction. Parmi les collaborateurs figurent Prosper-Olivier Lissagaray, Paul Lafargue, Victor Noir, Gustave Flourens, Paschal Grousset, Eugène Varlin et Jenny Marx. Le numéro 1 contient une chronique de Paris par Henri Rochefort, des nouvelles politiques par Charles Habeneck, une lettre de Raspail et des articles de Germain Casse et Arthur Arnould.

La Marseillaise critique Napoléon III et le pouvoir impérial. Elle défend une république inspirée des États-Unis et s'oppose à la colonisation en Algérie. Le journal soutient les catégories sociales défavorisées et relaie les luttes ouvrières, comme les grèves au Creusot.

Le 10 janvier 1870, Victor Noir, collaborateur, est tué par le prince Pierre Bonaparte. Le journal publie un article d'Henri Rochefort encadré de noir. Le 11 janvier 1870, Henri Rochefort et les rédacteurs sont arrêtés. La Marseillaise paraît jusqu'au 24 juillet 1870, avec des interruptions en février et de mai à juillet.

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Événement
1793
21 janvier 1793 — Château de Bagnolet/Pavillon de l'Ermitage (appartenant à Batz depuis 1787)
p 126-127
Siège des conjurés de Charonne, qui préparent une tentative pour faire évader Louis XVI. Ils tenteront ensuite de même avec Marie-Antoinette avec le "complot de l'Œillet". Dans les deux cas ce sera un échec
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Événement
1831
1831 — Mairie de l'ex 3ème arrondissement/Mairie du 2ème arrondissement/Salle des Petits Pères
p 127-129
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Événement
1370
22 avril 1370 — Forteresse de la Bastille
p 130-140
Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite. Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrag …

Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite.

Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrage fortifié à la porte Saint-Antoine, sur l'ordre de Charles V le Sage. La guerre de Cent Ans ravage le royaume. Les Anglais tiennent Calais et menacent Paris. Douze ans plus tôt, la révolte d'Étienne Marcel a montré que la capitale pouvait se retourner contre son roi — Charles V, alors dauphin, a failli y laisser la vie. Le nouveau souverain veut une ville close et docile. Il fait renforcer l'enceinte, creuser des fossés, et confie à Aubriot le soin de verrouiller l'accès oriental de Paris, le plus vulnérable.

Au départ, la Bastille n'est qu'une simple bastide — deux tours massives encadrant une porte, un verrou de pierre sur la route de Vincennes. Mais le chantier ne s'arrête pas là. On ajoute deux tours en arrière, puis deux au nord, deux au sud. Le rectangle se ferme. Quand les travaux s'achèvent, vers 1382-1383, sous le règne de Charles VI, la Bastille est une forteresse de huit tours reliées par des courtines, entourée de fossés profonds. Elle n'a jamais été conçue comme prison — c'est un bastion militaire, une porte fortifiée dans l'enceinte de la ville. La prison viendra plus tard, par glissement d'usage.

Le prévôt bâtisseur Aubriot n'est pas seulement le maçon de la Bastille. C'est un administrateur hors pair, nommé par Charles V en 1367 pour reprendre en main une ville turbulente. Il fait paver des rues, construire les premiers égouts maçonnés de Paris, réorganise le guet royal, achève le Petit-Pont en pierre. C'est aussi un laïc convaincu, qui résiste aux empiétements de l'Université et de l'Église sur la juridiction royale — et un protecteur des juifs de Paris, qu'il défend contre les violences populaires, allant jusqu'à faire restituer à des familles juives leurs enfants enlevés pour être baptisés de force.

Le premier prisonnier Charles V meurt le 16 septembre 1380. Aubriot perd son protecteur. L'Université et l'évêché, qui le haïssent, passent à l'attaque. Le procès est instruit par l'officialité épiscopale : hérésie, sodomie, protection des juifs — un cocktail de charges qui relève autant de la vengeance que de la justice. Le 17 mai 1381, Aubriot est conduit sur un échafaud dressé devant le portail de Notre-Dame, contraint de s'agenouiller devant l'évêque et condamné à la prison perpétuelle « au pain de tristesse et à l'eau de douleur ». On l'enferme dans la forteresse qu'il a bâtie de ses mains.

Il n'y reste pas longtemps. Le 1er mars 1382, les Maillotins — artisans et petit peuple de Paris révoltés contre les taxes — enfoncent les portes de la Bastille et libèrent Aubriot, espérant en faire leur chef. L'ancien prévôt, qui a compris que Paris ne pardonne jamais deux fois, s'enfuit dans la nuit vers la Bourgogne. On perd sa trace. Il meurt probablement peu après, oublié de tous.

La Bastille, elle, vivra encore quatre siècles — jusqu'à ce qu'un autre 14 juillet vienne l'abattre.

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Événement
1789
15 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 135-140
Démolition de la Bastille, prise en charge, ou plutôt "en profit", par Pierre-François Palloy, qui fait sculpter des maquettes en pierre de la prison ; l'une d'elles se trouve aujourd'hui au musée Carnavalet
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 135-140
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1789
4 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 135-140
Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte …

Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte loin. Il crie que l'on égorge les détenus à l'intérieur. Le quartier s'agite. Les passants s'arrêtent. Le gouverneur Bernard-René Jordan de Launay, affolé, écrit dans la journée au ministre : il faut transférer « cet être qu'on ne peut soumettre » sans délai.

Le 4 juillet, Sade doit partir. Il est à la Bastille depuis cinq ans, transféré là depuis Vincennes en 1784 par lettre de cachet signée de Louis XVI, sur plainte de sa belle-mère. Cinq ans qu'il a mis à profit : des centaines de volumes dans sa cellule, des manuscrits, des cahiers. Et dissimulé dans une fente du mur, un rouleau de papier d'une douzaine de mètres : Les Cent Vingt Journées de Sodome, rédigé en minuscules caractères sur des feuilles collées bout à bout.

On lui laisse peu de temps pour rassembler ses affaires. Le rouleau reste dans le mur.

Sade est conduit à Charenton, maison de santé tenue par les frères de la Charité, au bord de la Marne. Il écrira plus tard avoir pleuré « des larmes de sang » sur ce manuscrit qu'il croit perdu à jamais. Il passera vingt-cinq ans à Charenton, où le père de Coulmiers, directeur bienveillant convaincu des vertus thérapeutiques du spectacle, lui laissera organiser des représentations théâtrales avec les pensionnaires — des mises en scène qui feront scandale dans tout Paris.

Dix jours après le transfert, le 14 juillet, la Bastille tombe. La foule envahit les cellules, pille les salles, fouille les recoins. Dans la cellule du sixième étage, quelqu'un trouve le rouleau. Launay, lui, est tué par la foule dans la journée — celui qui avait signé l'ordre de transfert.

Le manuscrit passe de mains en mains — collectionneurs, marchands, bibliophiles à travers l'Europe — avant d'être publié pour la première fois en 1904, à Berlin, par un psychiatre allemand. Sade était mort en 1814 en demandant dans son testament que les traces de sa tombe « disparaissent de dessus la surface de la terre ». Les Cent Vingt Journées, elles, ne disparaissent pas.

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Événement
1680
1680 — Demeure de Catherine Deshayes dite la Voisin/Affaire des poisons
p 149-150
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Événement
1786
1786 — Barrière de Bercy/Barrière des Poules/Mur des Fermiers généraux
p 153
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Événement
1704
1704
p 153-154
Louis XIV autorise un certain Martin à vendre son vin hors les murs ; fondation des caves de Bercy
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Événement
1786
1786 — Première Barrière de la Rapée/Mur des Fermiers généraux
p 153
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Événement
Date imprécise — Maison St Marcel/Hospice Ste Anne
p 159
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Événement
Date imprécise — Nécropole carolingienne
p 159
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Événement
1900
19 juillet 1900
p 160-164
Il avait fallu vingt ans de querelles politiques entre la Ville et l'État, sept ans de tranchées sous Paris, un ingénieur manchot et un architecte que ses contemporains traitaient d'insecte. L'idée d'un souterrain parisi …

Il avait fallu vingt ans de querelles politiques entre la Ville et l'État, sept ans de tranchées sous Paris, un ingénieur manchot et un architecte que ses contemporains traitaient d'insecte.

L'idée d'un souterrain parisien datait des années 1870. Mais pendant deux décennies, la Ville de Paris et les grandes compagnies ferroviaires nationales se disputèrent la concession. Paris refusait de laisser son réseau aux mains de la PLM ou du Nord ; l'État rechignait à financer une ligne purement municipale. Ce n'est qu'en 1895 que la décision fut prise : le Métropolitain serait un réseau de la Ville.

Fulgence Bienvenüe, ingénieur des Ponts et Chaussées, dirigea les travaux à partir de 1898. Sa méthode — fouille à ciel ouvert, puis recouvrement — bouleversa le Paris de la Belle Époque : des rues entières furent découpées en tranchées pendant des mois. Bienvenüe avait perdu un bras dans un accident de chantier ferroviaire en 1885 ; il dirigeait ses équipes d'une seule main.

Le 19 juillet 1900, cinq jours après l'ouverture de l'Exposition universelle qui l'avait imposé comme priorité nationale, la ligne 1 entre en service de la Porte Maillot à la Porte de Vincennes. Le président Émile Loubet coupe le ruban. Trente mille billets sont vendus dans la journée.

En surface, les bouches conçues par Hector Guimard soulèvent la controverse : leurs structures en fonte verte, leurs lampadaires végétaux, leurs auvents en verre dépoli paraissent monstrueux aux partisans du classicisme. On les appelle « style nouille », « style insecte ». Guimard les appelle « art nouveau ».

Sur les quelque deux cents entrées d'origine, la plupart furent démontées au cours du XXe siècle au nom de la modernisation. Plusieurs partirent à l'étranger — l'une rejoignit le MoMA de New York en 1960. Ce que Paris avait jugé ridicule en 1900, le monde le classe désormais au rang des symboles de la capitale.

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Événement
1871
27 mai 1871 — Hôpital St Louis
p 160
Le docteur Lailler refuse la perquisition des versaillais et rend sa Légion d'honneur en signe de protestation contre l'attitude de la troupe
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Événement
1863
1863 — Hôpital St Louis/Musée Baretta (de 1889)
p 160
Le docteur Lailler fait reproduire par un mouleur les affections cutanées
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Événement
1818
1818 — Hôpital St Louis/Première usine à gaz (de 1818)
p 160
Première usine à gaz en France ; pour le chauffage et l'éclairage
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Événement
Date imprécise — Nécropole mérovingienne
p 161 & 662
Plus grande nécropole mérovingienne de Paris, datant de la fin du 3ème siècle, où furent découvertes des centaines de tombes, devenue cimetière des Gobelins puis St Marcel
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Événement
1903
10 août 1903 — Station de métro Couronnes
p 162-163
Le métro avait trois ans. Les rames étaient en bois, les stations n'avaient qu'une seule sortie, et une nuit d'août devint la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire des transports urbains. Le 10 août 1903, un court …

Le métro avait trois ans. Les rames étaient en bois, les stations n'avaient qu'une seule sortie, et une nuit d'août devint la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire des transports urbains.

Le 10 août 1903, un court-circuit sur une rame de la ligne 2 du métro parisien, entre les stations Barbès et Anvers, provoqua un incendie dont les fumées et les gaz toxiques se propagèrent dans les tunnels. À l'entrée de la station Ménilmontant, le feu reprit avec violence. Les deux stations voisines, Ménilmontant et Couronnes, situées boulevard de Belleville, se transformèrent en fournaises irrespirables.

Le bilan fut de quatre-vingt-quatre morts : sept à Ménilmontant, la plupart carbonisés ; soixante-dix-sept à Couronnes, tous asphyxiés. Ce chiffre en fit, au moment des faits, la catastrophe la plus meurtrière survenue sur un réseau de transport urbain.

Plusieurs facteurs aggravèrent le désastre. Les premières rames du métro parisien étaient construites en bois : elles brûlaient aisément. Les stations ne disposaient que d'une seule sortie par quai, transformant les tunnels en pièges sans issue. L'absence de circuits électriques de secours plongea les stations dans l'obscurité totale au moment précis où les voyageurs tentaient de fuir. Les corps furent retrouvés entassés au pied des escaliers.

Louis Lépine, préfet de police, supervisa les opérations de secours, qui ne purent accéder aux stations qu'aux premières heures de la matinée suivante, tant l'atmosphère y était irrespirable.

La catastrophe entraîna une refonte des normes de sécurité du réseau : les rames en bois furent progressivement remplacées par des rames métalliques, et les stations furent dotées de plusieurs sorties. Le métro parisien, inauguré trois ans plus tôt en 1900 pour l'Exposition universelle, avait appris à quel prix le progrès pouvait se payer.

La station Couronnes, boulevard de Belleville, dans le 11e arrondissement, est toujours en service sur la ligne 2.

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Événement
1794
15 juin 1794 — Demeure de Catherine Théot
p 164-165
Machination contre Robespierre, utilisant les prophéties mystiques de Catherine Théot pour ridiculiser l'Incorruptible et le culte de l'Être suprême, dans le but de l'affaiblir. Vadier interpelle la Convention, portant u …

Machination contre Robespierre, utilisant les prophéties mystiques de Catherine Théot pour ridiculiser l'Incorruptible et le culte de l'Être suprême, dans le but de l'affaiblir. Vadier interpelle la Convention, portant un coup à l'Incorruptible

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Événement
1892
1892 — Moulin Rouge
p 165-166
Le numéro du Pétomane est une des attractions les plus célèbres du Moulin Rouge
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Événement
1407
24 novembre 1407 — Couvent et église des Blancs-Manteaux
p 168
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Événement
Événement
1794
4 février 1794 — Hôtel de Polignac/Demeure de l'abbé Grégoire
p 172
Le 4 février 1794, la Convention nationale proclame l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises, un décret arraché par l'abbé Henri Grégoire, l'un de ses principaux artisans. Membre et président de la …

Le 4 février 1794, la Convention nationale proclame l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises, un décret arraché par l'abbé Henri Grégoire, l'un de ses principaux artisans. Membre et président de la Société des Amis des Noirs, Grégoire plaide depuis 1789 pour les droits des gens de couleur et contre la traite négrière, obtenant en décembre 1789 l'admission des sang-mêlés à la représentation nationale.

Cette demeure située au 88 [[rue Bonaparte|doc:rue-bonaparte.WebHome]], dans le [[6e arrondissement|doc:6e-arrondissement.WebHome]], est associée à l'abbé Grégoire, prêtre et député lorrain qui résida dans ce quartier central pendant la Révolution. Figure du Serment du Jeu de Paume en 1789 et président de l'Assemblée constituante en 1790, il y mena ses combats pour l'égalité des droits, l'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 et la régénération des Juifs, couronnée par un essai primé en 1788.

Napoléon Ier rétablit l'esclavage en 1802, mesure à laquelle Grégoire s'oppose fermement, soutenant Toussaint Louverture et la jeune république d'Haïti. Il contribue aussi à la création de l'Institut de France et du Conservatoire national des arts et métiers.

Aujourd'hui, ce lieu rappelle l'engagement humaniste de Grégoire pour la liberté et l'instruction publique, au cœur du Paris révolutionnaire.

Sources

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Événement
1794
1794 — Hôtel de Polignac/Demeure de Roger Ducos
p 172
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Événement
1892
8 novembre 1892 — Commissariat de Police de la rue des Bons Enfants
p 172
Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enf …

Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enfants

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Événement
1796
1796 — Demeure de Louis Rœttiers de Montaleau/Grand Orient de France
p 172
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Événement
1778
1778 — Noviciat des Jésuites/Grand Orient de France
p 172
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Événement
1801
1801 — Couvent Notre-Dame de la Miséricorde/Grand Orient de France
p 172
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Événement
1774
1774 — Hôtel de Mézières/Grand Orient de France
p 172
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Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
p 177
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Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
p 177
En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle. La spéculation financière n'attend pas …

En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle.

La spéculation financière n'attend pas les institutions pour exister. Avant 1724, les opérations de bourse se tiennent à Paris dans les rues, les cafés et les galeries couvertes. Les affaires de Law — la banqueroute du Système en 1720, qui avait ruiné des dizaines de milliers de Français et ébranlé la confiance dans les finances du royaume — ont laissé des traces profondes. Le pouvoir veut encadrer, réguler, contrôler.

Le 24 septembre 1724, un arrêt du Conseil du roi crée officiellement la Bourse des valeurs de Paris. Elle s'installe dans les locaux de l'Hôtel de Nevers, rue Vivienne, dans l'actuel 2e arrondissement. L'arrêt institue le monopole des agents de change : seuls des officiers royaux assermentés et nommés par le roi peuvent effectuer des transactions sur les effets publics et les actions de compagnie. Tout opérateur non agréé est un colporteur illégal.

Ce monopole crée immédiatement une caste. Les agents de change sont à la fois fonctionnaires du roi et opérateurs du marché, rémunérés par des commissions sur chaque transaction. Leur nombre est fixé à soixante par l'arrêt fondateur. Ils sont propriétaires de leur charge, qu'ils peuvent revendre à prix d'or. Cette superposition d'une institution publique et d'intérêts privés constitue l'ADN de la finance parisienne pendant deux siècles et demi.

La Révolution suspend la Bourse en 1793, au moment même où la spéculation sur les assignats bat son plein hors de toute institution. Elle réouvre sous le Directoire. Napoléon lui offre son temple : le Palais Brongniart, commandé en 1808, achevé en 1825. Le monopole des agents de change ne sera aboli qu'en 1988, lors de la grande réforme libérale de la Bourse, qui transforme les opérateurs en sociétés commerciales concurrentes. La charge d'agent de change, trois siècles d'aristocratie financière, disparaît alors définitivement.

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Événement
1826
4 novembre 1826 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 177-180
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Événement
1886
5 mars 1886 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs/Attentat anarchiste
p 179-180
Le 5 mars 1886, en plein après‑midi, un jeune anarchiste breton de 23 ans, Charles Gallo, décide de frapper « au cœur du capitalisme » : la Bourse de Paris, au palais Brongniart. Monté dans les galeries supérieures, il j …

Le 5 mars 1886, en plein après‑midi, un jeune anarchiste breton de 23 ans, Charles Gallo, décide de frapper « au cœur du capitalisme » : la Bourse de Paris, au palais Brongniart. Monté dans les galeries supérieures, il jette au milieu de la corbeille une bouteille remplie d’un mélange d’acide prussique censé exploser comme une bombe, puis dégaine un revolver et tire en direction de la coulisse de la rente, où se traitent les valeurs d’État.

L’attentat est techniquement raté. La « bombe » n’explose pas : le flacon se brise au sol, répandant une flaque nauséabonde qui affole les agents de change sans en blesser aucun. Gallo tire cinq coups « au jugé », tous manqués ; seule une balle, par ricochet, érafle la jambe d’un courtier. Très vite, des agents de change et des banquiers se jettent sur lui, le rouent de coups de canne avant que la police ne l’arrête dans la cohue.

Pour le mouvement anarchiste naissant, l’action de Gallo s’inscrit dans la logique de la « propagande par le fait » : frapper un symbole plutôt que faire des discours, montrer que la violence de la Bourse – spéculation, crises, misère – peut recevoir un écho direct. Son geste, malgré son fiasco matériel, fait grand bruit et ouvre la séquence des attentats anarchistes qui marqueront les années 1890. Condamné à de lourdes peines, Gallo deviendra l’une des premières figures de cette galaxie d’« illégalistes » que la presse bourgeoise s’emploiera à transformer en repoussoir, tandis que les milieux libertaires en feront, un temps, un exemple de révolte individuelle contre l’ordre capitaliste.

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Événement
1889
1889 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 181
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Événement
1890
1890 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 181
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Événement
1726
1726 — Caveau du traiteur Landelle//Loge St Thomas au Louis d'Argent (1ère loge maçonnique à Paris fondée par des britanniques)
p 181
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Événement
1275
1275 — Pilori de l'abbaye de St Germain des prés
p 181
Pilori des abbés de St Germain des Prés qui avaient droit de basse et de haute justice
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Événement
1872
1872
p 183-184
Village dans le 19ème arrondissement autour d'anciennes carrières, dont le nom à fait l'objet d'une légende à propos d'un plâtre exporté jusqu'en Amérique ; en fait un lieu-dit
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Événement
1872
1872
p 183-184
Village dans le 19ème arrondissement autour d'anciennes carrières, dont le nom à fait l'objet d'une légende à propos d'un plâtre exporté jusqu'en Amérique ; en fait un lieu-dit
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Événement
Événement
1860
1860 — Siège du Grand Orient de France
p 186
Le massacreur des ouvriers lyonnais et des campagnes d'Algérie est désigné Grand Maître du Grand Orient de France par Louis-Napoléon Bonaparte
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire
p 188-189
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire
p 188-189
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire/Façade style égyptien
p 188-189
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m ; canular du "nez de Bouginier"
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire
p 188-189
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire
p 188-189
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m
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Événement
1868
1868 — Théâtre du Vaudeville/Cinéma Paramount/Caryatides remarquables
p 191
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Événement
1840
16 mai 1840 — Théâtre du Vaudeville, ancien théâtre des Nouveautés
p 191
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Événement
1895
28 décembre 1895 — Hôtel Scribe/Café Le Grand café Capucines (salon Indien au sous-sol)
p 193-194
Première séance publique payante du cinématographe ; elle eut lieu devant 35 spectateurs, dont Georges Méliès
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Événement
1874
15 avril 1874 — Atelier et galerie de Nadar/Premier Salon Impressionniste
p 194-197
Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en …

Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en train de changer l'histoire de l'art.

L'idée germe depuis des mois. Puisque le jury du Salon refuse systématiquement leurs œuvres — trop esquissées, trop lumineuses, trop libres —, Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et leurs amis décident d'exposer par leurs propres moyens. Ils fondent la « Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » et trouvent un lieu : le vaste atelier de Nadar, au deuxième étage du 35 boulevard des Capucines, avec ses grandes baies vitrées inondées de lumière. L'emplacement est idéal — en plein cœur du Paris des grands boulevards.

Le 15 avril 1874, l'exposition ouvre ses portes. Cent soixante-cinq œuvres de trente artistes tapissent les murs. On y trouve des paysages vibrants, des scènes de la vie moderne, des jeux de lumière sur l'eau et les feuillages. Parmi elles, un petit tableau de Claude Monet : une vue du port du Havre dans la brume matinale, intitulée Impression, soleil levant.

C'est ce titre qui met le feu aux poudres. Le 25 avril, le critique Louis Leroy publie dans Le Charivari un compte rendu assassin : « Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... » Le mot est lâché. Par dérision, Leroy baptise ces peintres « impressionnistes ». Le public rit. La critique académique se déchaîne. Les toiles sont jugées inachevées, les couleurs criardes, la technique bâclée.

Les artistes, eux, relèvent le gant. Ils adoptent le nom qu'on voulait leur jeter à la figure. L'impressionnisme est né — dans un atelier de photographe, au-dessus du boulevard, un jour d'avril.![[Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF|Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF.jpeg]]

Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF

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Événement
Date imprécise
p 199
Découverte de la plus belle stèle parisienne consacrée à une profession, représentant un forgeron et ses instruments de travail ; aujourd'hui au musée Carnavalet
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Événement
1947
1947 — Maison de tolérance "le Chabanais" (de 1878)
p 202-203
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Événement
1917
15 octobre 1917 — Tour Eiffel
p 214
Arrestation de Mata-Hari grâce au centre d'écoutes de la Tour Eiffel
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Événement
1672
18 août 1672 — Hôtel d'Aubray/Demeure de la Brinvilliers/Affaire des poisons
p 227-229
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Événement
1929
1929 — Demeure de Marcel Duhamel/Phalanstère de la rue du Château
p 229
Lieu de rencontre des surréalistes ; phalanstère d'artistes animé, c'est le moins qu'on puisse dire, par "la bande à Prévert"
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Événement
Événement
Événement
50
50 — Temple de Mercure/Nécropole gallo-romaine
p 234-235
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Événement
1905
3 août 1905
p 234
On plaça la statue d'une victime de l'obscurantisme religieux directement en face de la basilique du Sacré-Coeur. Personne ne fit semblant de ne pas comprendre la provocation. Pétain fit fondre la statue en 1941. Jean-Fr …

On plaça la statue d'une victime de l'obscurantisme religieux directement en face de la basilique du Sacré-Coeur. Personne ne fit semblant de ne pas comprendre la provocation. Pétain fit fondre la statue en 1941.

Jean-François Lefebvre, chevalier de la Barre, avait dix-neuf ans quand il fut exécuté à Abbeville le 1er juillet 1766. Son crime : n'avoir pas ôté son chapeau au passage d'une procession religieuse, et avoir chanté des chansons impies. Il fut décapité après avoir eu la langue coupée et la main tranchée. Son exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire fut brûlé avec lui.

L'affaire avait scandalisé Voltaire, qui mena campagne pour sa réhabilitation jusqu'à sa mort. Le chevalier de la Barre devint le symbole des victimes de la justice d'Ancien Régime mêlée à la religion.

Le 3 août 1905, une statue en bronze du chevalier de la Barre fut inaugurée sur le parvis du Sacré-Coeur, à Montmartre. Georges Clemenceau, anticlérical convaincu, participa à la cérémonie. Le choix du lieu n'était pas fortuit : la basilique du Sacré-Coeur, dont la construction avait été décidée en « expiation » de la Commune de Paris de 1871, incarnait pour la gauche républicaine la réaction cléricale et la revanche sur les insurgés. Placer devant elle la statue d'une victime de l'Église, c'était affirmer que le parvis de la basilique n'appartenait pas qu'aux dévots.

La statue resta en place jusqu'en 1941. Le gouvernement de Vichy, dans le cadre de la collecte de métaux non ferreux destinés à l'industrie de guerre allemande, la fit fondre.

Une réplique en résine fut installée à l'identique en 1985. Elle est toujours là, face à la basilique, sur le parvis de Montmartre.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 235-236
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
28 mai 1871
p 236
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
Événement
1835
1835 — Cirque d'Été Franconi/Cirque Olympique des Champs-Élysées/Cirque National/Cirque de l'impératrice
p 242
La tente du cirque Franconi est remplacée par le Cirque d'Été. Il donne son nom à la rue qui y aboutit venant de la rue du Fbg St Honoré, en subsistant le seul souvenir. À ne pas confondre avec le théâtre Marigny malgré …

La tente du cirque Franconi est remplacée par le Cirque d'Été. Il donne son nom à la rue qui y aboutit venant de la rue du Fbg St Honoré, en subsistant le seul souvenir. À ne pas confondre avec le théâtre Marigny malgré la plaque

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Événement
508
508
p 243
Clovis, roi des Francs, fait de Paris la capitale des mérovingiens ; mais ce n'est qu'en 1907 qu'elle deviendra vraiment celle de la France, avec la création d'un Parlement
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Événement
Événement
1314
19 mars 1314
p 245-701
L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel f …

L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel fait dresser le bûcher.

Les deux hommes qu'on y conduit ont passé sept ans dans les geôles royales. Jacques de Molay, grand maître de l'ordre du Temple, et Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, ont avoué sous la torture les crimes dont on les accuse — hérésie, sodomie, reniement du Christ — puis s'y sont rétractés, puis ont avoué de nouveau, au gré des pressions et des procédures. Leur sort est réglé depuis longtemps. Le pape Clément V a dissous l'ordre au concile de Vienne en 1312. Il ne reste plus qu'à en finir.

Le légat du pape les condamne à la prison perpétuelle. Mais de Molay, à l'énoncé du jugement, fait quelque chose d'inattendu : il se lève et nie tout. Hérésie, trahison, imposture — rien de tout cela n'est vrai. L'ordre du Temple est pur. Geoffroy de Charnay l'imite aussitôt. Les deux hommes viennent de signer leur arrêt de mort en se rétractant une dernière fois.

Philippe IV n'attend pas le lendemain. Le soir même, le bûcher est allumé sur l'île aux Juifs. De Molay y monte, dit-on, avec calme. La légende lui prête une malédiction lancée depuis les flammes contre le roi et le pape, promis à le rejoindre avant l'année. Clément V mourra le 20 avril. Philippe IV le 29 novembre.

Le Temple, dont la puissance financière et militaire avait inquiété les têtes couronnées d'Europe, disparaît avec ses derniers chefs. Ses archives sont dispersées, ses commanderies confisquées, ses membres absous ou condamnés selon les royaumes. Sur l'île aux Juifs, il ne reste que des cendres.

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Événement
1888
Événement
1826
14 mai 1826 — Folie Bouëxière ou Bouxière/Troisième Tivoli
p 246-247
La Folie Bouxière est transformée en troisième Tivoli ; un des premiers parcs d'attractions, qui propose entre autres des ascensions aéronautiques et un tir au pigeon ; il est fréquenté par Charles Fourier
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Événement
1883
septembre 1883 — Cabaret La Taverne du Bagne (le premier, qui dût déménager après quelques mois)
p 246
Ouverture par le Citoyen Lisbonne de la Taverne du Bagne, avec un bail précaire de 6 mois
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Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
p 247-248
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
Événement
1771
1771
p 249-250
Lieu d'amusement célèbre au 18ème siècle, où la bourgoisie vient se mêler à la noblesse
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Événement
1220
1220 — Restaurant à l'enseigne de la Colombe
p 250
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Événement
Date imprécise — Cabaret de la Pomme de Pin
p 251-252
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Événement
Événement
Événement
Événement
1792
11 août 1792
p 257
La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris. Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 a …

La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris.

Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 août la défit dans l'espace de la ville.

Dans les heures qui suivirent la prise des Tuileries, les insurgés s'attaquèrent systématiquement aux statues royales qui ornaient les grandes places. Place de la Concorde, rebaptisée "place de la Révolution" ce même jour, la statue équestre de Louis XV, oeuvre de Bouchardon et Pigalle, fut abattue : elle serait remplacée par une statue de la Liberté. Place des Victoires, la statue de Louis XIV fut renversée et envoyée à la fonte pour y fabriquer des canons. Son socle portait les représentations symboliques de l'Allemagne, de l'Espagne, de la Hollande et du Piémont vaincus sous le Roi-Soleil : toutes ces gloires furent fondues avec lui. Une seconde statue de Louis XIV disparut le même jour place Vendôme. Place des Vosges, la statue équestre de Louis XIII, en bronze depuis 1639, fut détruite. Pont Neuf, la statue d'Henri IV fut abattue à son tour.

En quelques heures, Paris vidait ses places publiques d'un siècle et demi de statuaire royale. Le mouvement n'était pas coordonné depuis un centre : il était simultané, dans plusieurs quartiers à la fois, conduit par des groupes d'insurgés, de fédérés et de sans-culottes agissant de leur propre initiative.

Ces destructions n'étaient pas un accident. La statue royale, depuis Louis XIV, était un instrument politique précis : elle occupait l'espace public pour y affirmer la permanence et la gloire d'un pouvoir personnel qui se voulait l'État même. L'abattre, c'était prendre l'espace, retirer à la monarchie sa présence visible dans la ville. La République n'était pas encore proclamée, mais elle commençait à occuper le terrain.

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Événement
1789
12 septembre 1789 — Imprimerie de Marat/Imprimerie du journal "Le Publiciste parisien"/Imprimerie du journal "L'Ami du Peuple"
p 257
Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre …

Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre initial: "Le Publiciste parisien", qui deviendra dès le quatrième numéro "L'Ami du Peuple, ou le Publiciste parisien". Ce titre sera celui du journal jusqu'à la mort de Marat, le 13 juillet 1793.

Marat a quarante-six ans. Médecin de formation, physicien contesté dont les théories sur la lumière ont été rejetées par l'Académie des sciences, pamphlétaire depuis les années 1770, il entre dans la Révolution avec la conviction que la trahison et la corruption sont au coeur du système: la Cour, les parlements, les ministres, les généraux, les aristocrates déguisés en patriotes. Son journal sera l'organe de cette conviction.

"L'Ami du Peuple" paraît en moyenne cinq fois par semaine, à deux mille exemplaires. Il est lu à voix haute dans les carrefours, les cafés, les assemblées de section. Marat dénonce, nomme, accuse: Lafayette qui surveille le roi sous prétexte de le protéger; les Girondins qui modèrent la Révolution quand elle devrait s'accélérer; les spéculateurs qui profitent de la pénurie de pain. Il exige des têtes, au sens littéral: il fixe des chiffres, propose des listes, et ses lecteurs le croient.

Il est forcé de fuir à plusieurs reprises pour échapper aux mandats d'arrêt: en Angleterre en 1790, dans les égouts et les caves de Paris dont il ressort la santé brisée. Sa dermatite chronique, aggravée par des années de clandestinité dans des endroits humides, le ronge. À la fin de sa vie, il travaille dans son bain.

Un détail: le futur maréchal d'Empire Guillaume Brune travaille à l'imprimerie de la cour du Commerce Saint-André au moment de la fondation du journal. Il y est typographe. Le même atelier abrite l'imprimerie de Marat et le début de carrière d'un futur maréchal: la Révolution a ses coïncidences.

Marat est assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, dans sa baignoire, au 30 rue des Cordeliers. "L'Ami du Peuple" cesse le jour de sa mort. Il avait publié son journal pendant près de quatre ans, sans interruption ou presque.

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Événement
1794
28 juillet 1794
p 258
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette. À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient i …

Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.

À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.

Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.

Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.

Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.

Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.

La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.

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Événement
1792
13 octobre 1792
p 258
Première apparition de la guillotine place de la Révolution, pour l'exécution des voleurs des bijoux de la Couronne
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Événement
1900
1900
p 262
Entrée de l'Exposition universelle de 1900, surmontée d'une statue de "la Parisienne" de Paul Moreau-Vauthier, éclairée la nuit par 3 000 ampoules électiques. L'exposition accueillit 83 000 exposants et 51 millions de vi …

Entrée de l'Exposition universelle de 1900, surmontée d'une statue de "la Parisienne" de Paul Moreau-Vauthier, éclairée la nuit par 3 000 ampoules électiques. L'exposition accueillit 83 000 exposants et 51 millions de visiteurs

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Événement
1314
1314 — Tour de Nesle (ex tour Hamelin)/Porte de Nesle
p 266-267
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Événement
1209
1209 — Porte St Marcel/Porte Bordet/Porte Bordelles/Porte Bourdelle/Enceinte de Philippe Auguste
p 268
Construction de la Porte St Marcel de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 277
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
1800
1800 — Hôtel de Massiac/Banque de France
p 278
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Événement
Date imprécise
p 283
Île utilisée comme lieu de duels, puis cimetière pour malades contagieux et pour les huguenots massacrés pendant la Saint Barthélemy ; on suppose qu'y fut construit l'éphémère hôpital de Grenelle
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Événement
Événement
Événement
1815
Événement
1886
1886 — Hôpital Broussais (salle à l'entrée à gauche près du chemin de fer)
p 293
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Événement
1842
8 mai 1842
p 294
Premier accident ferroviaire en France sur la ligne Versailles-Paris ; mort de 42 personnes, dont Dumont d'Urville
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Cour du Dragon (Dragon ailé)
p 296
Les révolutionnaires s'emparent de barres de fer et de piques chez les marchands de ferraille de la cour du Dragon
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Événement
Événement
1798
1798 — Pavillon de Robertson/Pavillon de l'Échiquier/Première salle de Robertson
p 303-304
Physicien, homme de spectacle ; il expérimenta le parachute et fut une précurseure du cinématographe
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
p 304-306
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
p 304
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Événement
1968
13 mai 1968 — La Sorbonne
p 308-309
Réoccupation de la Sorbonne évacuée par la police le 6 mai
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Événement
1650
1650 — Moulin Moliniste/Tour de la Charité/Moulin à vent
p 312-313
Moulin du 17ème siècle, ayant appartenu aux frères de la Charité ; il sera transformé en cabaret, fréquenté par des étudiants disciples du jésuite Molina. Le moulin de la Charité, situé au 3 boulevard Edgar Quinet dans l …

Moulin du 17ème siècle, ayant appartenu aux frères de la Charité ; il sera transformé en cabaret, fréquenté par des étudiants disciples du jésuite Molina.

Le moulin de la Charité, situé au 3 boulevard Edgar Quinet dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, est un vestige du XVIIᵉ siècle. Édifié vers 1661 par les Frères de la Charité de l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il servait à moudre le blé pour approvisionner l’hôpital de la Charité, alors voisin. Ce moulin, surnommé « moulin moliniste » pour le distinguer du « moulin janséniste » tout proche, a traversé plusieurs époques et usages. Après la Révolution française, il passe sous la propriété de l’Assistance Publique et devient une guinguette, avant d’être intégré en 1824 dans l’enceinte du cimetière du Montparnasse, où il sert de logement au gardien.

La tour ronde en pierre, haute d’environ quinze mètres, est aujourd’hui le seul témoin des nombreux moulins qui jalonnaient autrefois la plaine de Montrouge. Au XIXᵉ siècle, le bâtiment se dégrade, mais la tour est restaurée en 1899 à l’initiative de la commission du Vieux Paris. Le sculpteur Antoine Bourdelle a envisagé d’y installer sa sépulture, projet finalement abandonné. Le moulin est classé monument historique en 1931. Molina est mentionné comme ayant une activité liée à ce lieu, sans précision biographique.![[Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org|Edgar Quinet bd 3 Moulin Moliniste 02.JPG]]

Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org![[Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia|Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Leymonnerye, Léon, 1851, Wikimedia.jpeg]]

Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia

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Événement
1855
1855
p 320
Demeure de l'auteur de la "Théorie de la propriété". Interrogé sur sa présence dans le Fbg St Antoine pendant les journées de Juin 1848 , il avait répondu qu'il "était allé contempler la sublime horreur de la canonnade"
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Événement
Événement
1885
Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 332
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
Date imprécise — Hôtel d'Évreux/Palais de l'Élysée
p 334
Répétitions de "l'Enfant Prodigue" ; Voltaire est exilé pour un madrigal qui a vexé la Pompadour
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Événement
1632
1632 — Maison St Lazare/Hôpital St Lazare (du 12ème siècle)
p 335-336
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Événement
1832
1832
p 335
Lieu des exécutions capitales ; le bourreau habitait 81 rue St Jacques. Fieschi, Pépin et Morey sont guillotinés le 19 février 1836
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Événement
1794
25 juillet 1794 — Maison de St Lazare (transformée en prison, dite alors "Lazare")
p 336
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Maison de St Lazare
p 336
Pillage de la Maison de St Lazare par le peuple suite au bruit qu'il s'y trouvait stocké du blé ; on y trouve de quoi remplir 52 voitures de grain
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Événement
Événement
Événement
1572
1572 — Hôtel de la Reine/Hôtel de Soissons/Colonne Médicis
p 341-732-735
Colonne supposée d'observation astrologique érigée pour Catherine de Médicis à l'usage de son astrologue et "parfumeur" Cosimo Ruggieri
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Événement
1304
1304
p 341
[[Dante|doc:dante-alighieri.WebHome]] est élève ici en 1304, et [[Buridan|doc:jean-buridan.WebHome]] professeur de philosophie en 1330 ; professeurs et étudiants viennent de différentes régions : Normandie, France, Angle …

[[Dante|doc:dante-alighieri.WebHome]] est élève ici en 1304, et [[Buridan|doc:jean-buridan.WebHome]] professeur de philosophie en 1330 ; professeurs et étudiants viennent de différentes régions : Normandie, France, Angleterre, Picardie...

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Événement
1202
1202
p 341
L'Université de Paris émerge au tournant du XIIIe siècle comme une corporation privilégiée de maîtres et étudiants. En 1200, Philippe Auguste confirme le privilège des maîtres et étudiants de ne dépendre que de la justic …

L'Université de Paris émerge au tournant du XIIIe siècle comme une corporation privilégiée de maîtres et étudiants. En 1200, Philippe Auguste confirme le privilège des maîtres et étudiants de ne dépendre que de la justice de l'évêque, marquant l'émergence officielle de l'institution. Les statuts de l'Université sont donnés en août 1215 par le légat pontifical Robert de Courçon.

Les cours se tenaient notamment rue du Fouarre, dans le quartier de la Sorbonne du 5e arrondissement. Cette rue tire son nom de la paille (fouarre en ancien français) sur laquelle les écoliers s'asseyaient pour écouter les leçons de leurs maîtres en plein air. Les écoles, d'abord limitées à la place Maubert, s'étendirent progressivement jusqu'à cette rue.

L'enseignement couvrait le trivium et le quadrivium, le droit canon et civil, la médecine et surtout la théologie. Dès 1210, Guillaume le Breton témoigne d'une affluence extraordinaire d'étudiants, comparable aux grandes écoles d'Athènes ou d'Égypte. La rue du Fouarre est devenue célèbre dans les écrits de Dante, Pétrarque et Rabelais. En 1535, le Parlement ordonna d'y installer deux portes pour empêcher le passage des voitures pendant les leçons.

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Événement
1918
29 mars 1918 — Église St Gervais-St Protais/Bombardement aérien de la première guerre mondiale
p 345
La chute d'un obus allemand de la "Grosse Bertha" fait 200 victimes, dont 91 morts, surtout des femmes et des enfants ; le poète Saint-Pol Roux en réchappe. Le 29 mars 1918 est un Vendredi saint. À l'église Saint-Gervais …

La chute d'un obus allemand de la "Grosse Bertha" fait 200 victimes, dont 91 morts, surtout des femmes et des enfants ; le poète Saint-Pol Roux en réchappe.

Le 29 mars 1918 est un Vendredi saint. À l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, rue des Barres, l'office de l'après-midi bat son plein. Des centaines de fidèles sont rassemblés sous les voûtes gothiques — en majorité des femmes et des enfants, les hommes étant au front.

À 16h30, un obus de la Grosse Bertha frappe la clé de voûte de la nef. La pierre s'effondre sur l'assemblée. On dénombre 91 morts et plus de 200 blessés. C'est le bilan le plus lourd d'un seul obus dans tout le bombardement de Paris.

Six jours plus tôt, le 23 mars, les premiers obus avaient surpris la ville. Paris avait appris depuis à se méfier, à ne pas s'attarder dans les lieux publics, à guetter le son de la sirène. Mais on ne ferme pas une église le Vendredi saint.

Le poète symboliste Saint-Pol Roux se trouvait dans l'église ce jour-là. Il en réchappa. Dans ses carnets, il décrit la stupeur des survivants, la poussière blanche qui recouvre tout, les corps sous les pierres. Ce n'est pas la guerre telle qu'il l'avait imaginée — pas de tranchées, pas de champ de bataille. Un lieu de prière, un jour saint, un obus tiré depuis une forêt à 120 kilomètres.

L'église Saint-Gervais fut restaurée après la guerre. Une plaque commémorative rappelle le drame. La voûte reconstruite porte encore, si l'on sait regarder, les cicatrices du 29 mars 1918.

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Événement
1694
1694
p 345-346
Orme remarquable sous lequel se traitaient les affaires privées et les créances ; peut-être à l'origine de l'expression "Rendez-vous sous l'orme !" pour un rendez-vous auquel on ne compte pas se rendre L'orme occupait un …

Orme remarquable sous lequel se traitaient les affaires privées et les créances ; peut-être à l'origine de l'expression "Rendez-vous sous l'orme !" pour un rendez-vous auquel on ne compte pas se rendre

L'orme occupait une place centrale dans la vie publique française, particulièrement au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime. Ces arbres majestueux ornaient fréquemment les places de villages et servaient de lieux de rassemblement pour diverses activités communautaires : mariages, danses, fêtes et assemblées. Les justices seigneuriales se tenaient régulièrement sous ces ormes plantés aux portes des châteaux ou sur les places publiques.

Les juges locaux y rendaient la justice et traitaient les affaires privées, notamment les questions de créances. Cependant, ces magistrats avaient souvent une réputation de médiocrité et d'incompétence. Les plaideurs, peu confiants dans leurs capacités, manquaient fréquemment les rendez-vous fixés, laissant les juges attendre en vain sous l'arbre.

Cette pratique donna naissance à l'expression "attendre sous l'orme", popularisée par la pièce de Jean-François Regnard "Attendez-moi sous l'orme" en 1694. L'expression prit alors un sens ironique : donner un rendez-vous avec l'intention délibérée de ne pas s'y rendre, ou attendre longuement et en vain. Elle devint proverbiale dès le XVIIe siècle et symbolisa la promesse non tenue.

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Événement
1763
18 novembre 1763 — Hôtel de Beauvais (construit avec des pierres provenant du Louvre)
p 346
Demeure de Mozart, alors âgé de 7 ans, avec sa sœur Nannerl et leur père, lors de son premier séjour à Paris pour une tournée européenne.
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Événement
Date imprécise — Théâtre de la Gaîté Montparnasse
p 347
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Événement
Événement
Événement
1637
Événement
1796
8 mai 1796 — Cachette de Gracchus Babeuf (chez le tailleur Tissot et sous ce faux nom)
p 360-361
Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltr …

Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltration de Grisel, un indicateur

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Événement
1490
1490 — Gibet de Montfaucon
p 363
Les femmes condamnées à mort sont enterrées vivantes dans le charnier de Montfaucon
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Événement
1572
Événement
1855
1855 — Lieu de réunions spiritistes
p 366-367
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Événement
1812
29 octobre 1812 — Barrière de Grenelle
p 367-368
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Événement
1812
29 octobre 1812 — Cimetière parisien de Vaugirard
p 367-368
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Caserne Popincourt (de 1770 à 1885)
p 368
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Événement
1730
20 mars 1730 — Hôtel de Sommery
p 368-369
Adrienne Lecouvreur meurt le 20 mars 1730, à quarante ans, dans son appartement de la rue des Fossés-Saint-Germain. Elle était la plus grande actrice de la Comédie-Française, admirée de toute l'Europe, maîtresse du maréc …

Adrienne Lecouvreur meurt le 20 mars 1730, à quarante ans, dans son appartement de la rue des Fossés-Saint-Germain. Elle était la plus grande actrice de la Comédie-Française, admirée de toute l'Europe, maîtresse du maréchal Maurice de Saxe. Le curé de Saint-Sulpice refuse de lui accorder les sacrements — elle n'a pas renoncé à sa profession de comédienne, état d'infamie aux yeux de l'Église. Sans sacrements, pas de sépulture chrétienne.

Le corps est donc emporté nuitamment, sans cérémonie, sans croix, sans nom. On l'enterre à la sauvette dans un terrain vague du faubourg Saint-Germain, côté rue de Grenelle, chaulé comme un indigent. Maurice de Saxe n'est pas là — il est reparti aux armées. Voltaire, lui, est présent. Il ne pardonnera pas.

Il tire de ce scandale l'une de ses pièces de combat les plus cinglantes, comparant le sort réservé à Lecouvreur à celui d'une actrice anglaise, Anne Oldfield, enterrée à Westminster avec les honneurs. La France, écrit-il en substance, couvre d'honneurs ses guerriers et jette ses artistes à la voirie. L'affaire Lecouvreur devient un des premiers épisodes du long procès des philosophes contre l'Église et l'intolérance.

Un siècle plus tard, Scribe et Legouvé en feront un drame à succès. Sarah Bernhardt y jouera Adrienne. La rue de Grenelle a oublié la fosse. Voltaire, lui, n'avait pas oublié.

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Événement
Événement
1952
1952 — Jardin de Casque d'or
p 374-375
Jardin où furent tournées les scènes de la maison de Leca pour le film "Casque d'or" ; beau film, mais sans grand lien avec une réalité beaucoup plus sordide
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Événement
1871
26 mai 1871 — Chapelle des otages/Lieu de l'exécution des otages de la Commune
p 375-376
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Événement
1260
1260
p 375
Maison pour veuves fondée par la femme d'Haudry, qu'elle croyait mort aux croisades
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Événement
1871
26 mai 1871 — Mur des otages
p 375-376
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1843
1843
p 376-377
Port au Foin en 1671, puis au bois ; rattachée au quai en 1843
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Événement
1656
1656 — Hôpital de la Salpêtrière (hôpital général pour femmes)
p 378-380
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Événement
1792
4 septembre 1792 — Hôpital de la Salpêtrière/Maison de la Force/Cour des massacres/Massacres de Septembre
p 378-379
Massacres de Septembre à la prison de la Salpêtrière ; 35 femmes détenues de droit commun sont exécutées. Les massacres continueront à Bicêtre, faisant 166 victimes
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Événement
1731
1731 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)/Puits de Manon
p 379
Puits auquel Manon fait sa toilette dans le roman de l'abbé Prévost
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Événement
1778
1778 — Établissement de combats d'animaux
p 382-383
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Événement
1391
Événement
1815
19 août 1815 — Conciergerie
p 384-385
Les généraux Ney et La Bédoyère sont emprisonnés pour s'être ralliés à Napoléon ; ils seront tous deux exécutés
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Événement
1310
31 mai 1310
p 385-388
Première exécution en place de Grève, de Marguerite Porete dite "la Porette" ; au pied de la croix érigée sur 8 marches devant la Maison aux Piliers
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Événement
1471
23 juin 1471
p 388-390
Présence des rois au feu de la St Jean, à l'occasion duquel des chats étaient brûlés vifs
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Événement
1357
7 juillet 1357
p 390-391
Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison. Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridicti …

Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridiction municipale dans la Maison aux Piliers, sur la place de Grève. Le bâtiment doit son nom à ses arcades au rez-de-chaussée. Il devient la première Maison Commune de Paris — ancêtre direct de ce qui sera l'Hôtel de Ville.

L'acte est banal en apparence. Il ne l'est pas. Depuis le milieu du XIIIe siècle, le prévôt des marchands siégeait au parloir aux bourgeois — un bâtiment discret, dont les pouvoirs restaient strictement encadrés par la couronne. En acquérant la Maison aux Piliers au nom de la municipalité, Marcel transforme une institution de commodité en une institution de pouvoir, enracinée dans la pierre, au cœur de la ville.

Paris en juillet 1357 est une ville en crise. Le roi Jean II le Bon, capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers en septembre 1356, est prisonnier à Londres. La rançon — quatre millions d'écus — exige des impôts massifs. Les grandes compagnies de mercenaires démobilisés pillent les campagnes. Le dauphin Charles, dix-huit ans, assure une régence fragile. C'est dans ce vide politique qu'Étienne Marcel a trouvé sa place.

Prévôt des marchands depuis 1354, drapier de son état, Marcel n'est pas un révolutionnaire au sens moderne. Il cherche à instaurer une monarchie contrôlée — un régime où les états généraux superviseraient les finances royales, nommeraient et révoqueraient les conseillers du roi. En mars 1357, il obtient la promulgation de la Grande Ordonnance, vaste plan de réforme administrative. L'installation dans la Maison aux Piliers, quatre mois plus tard, est son acte institutionnel le plus durable.

La place de Grève n'est pas un lieu quelconque : c'est là que la Seine dépose ses sables, là que les bateliers et les journaliers s'assemblent chaque matin pour offrir leurs bras, là que le bois et le blé arrivent dans Paris. C'est le poumon économique de la ville. Marcel le sait.

Sa chute est à la hauteur de son ambition. Le 22 février 1358, ses hommes assassinent deux maréchaux devant le dauphin, le couvrent de leur sang et lui font coiffer le chaperon rouge et bleu des couleurs de Paris. L'affrontement avec la couronne devient inévitable. Marcel s'allie successivement à la Jacquerie paysanne, à Charles de Navarre et aux mercenaires anglais — perdant chaque fois une partie de la rue parisienne. Le 31 juillet 1358, l'échevin Jean Maillard rassemble les bourgeois contre lui. Étienne Marcel est massacré à la porte Saint-Antoine, ses clefs en main.

La Maison aux Piliers lui survit cent soixante-seize ans. Elle tombe en ruines au XVIe siècle. En 1529, François Ier accepte de la remplacer par un palais municipal de style Renaissance, dessiné par l'architecte italien Boccador. La première pierre est posée en 1533. C'est ce bâtiment — agrandi, remanié, incendié par la Commune en 1871 et reconstruit sous la IIIe République — qui occupe aujourd'hui la même place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville.

Charles V, traumatisé par la journée du 22 février 1358 au cours de laquelle Marcel l'avait couvert du sang de ses conseillers, fit ériger la Bastille pour couvrir la porte Saint-Antoine — exactement là où Marcel avait été tué — et s'assurer une retraite vers Vincennes en cas de nouvelle insurrection parisienne.

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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (dépendance du couvent des Jacobins)/Municipalité de Paris
p 390-391
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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (à cheval sur l'enceinte de Charles V)/Municipalité de Paris
p 390-391
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Événement
1263
avril 1263
p 390-391
Premier siège de la municipalité de Paris, contrôlée par la hanse des marchands de l'eau, à partir de 1263 ; elle se réunissait dans la chapelle St Leufroy voisine
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Événement
1533
1533 — Parc Monceau/Arcade du Boccador
p 391-392
Arche de l'ancien hôtel de ville, près de la naumachie du parc Monceau
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Événement
1533
13 juillet 1533 — Hôtel du Boccador/Hôtel de Ville
p 391-392
Le 15 juillet 1533, sur la place de Grève, une truelle d'argent scelle la première pierre du futur Hôtel de Ville — tenue non par le roi, quoi qu'en disent les tableaux, mais par un magistrat en robe. Ce jour-là, la plac …

Le 15 juillet 1533, sur la place de Grève, une truelle d'argent scelle la première pierre du futur Hôtel de Ville — tenue non par le roi, quoi qu'en disent les tableaux, mais par un magistrat en robe.

Ce jour-là, la place de Grève est en fête. Fifres, tambourins, trompettes et clairons ; l'artillerie tonne à plusieurs dizaines de reprises ; les cloches de Saint-Jean-en-Grève, du Saint-Esprit et de Saint-Jacques-la-Boucherie sonnent à toute volée. Le vin coule sur le pavé de sable, et la foule crie « Vive le roi et messieurs de la ville ». Au centre du tumulte, Pierre Viole, prévôt des marchands, et les quatre échevins — Gervais Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel et Jean Barthélemy — s'avancent, chacun une truelle d'argent à la main. Ils étendent le sable et la chaux sur une pierre qui recouvre une plaque de cuivre gravée : au milieu les armes de France, de part et d'autre celles de la Ville, et une inscription latine qui fixe la date.

Le roi, lui, n'y est pas. C'est là toute l'ironie de la scène. Trois siècles plus tard, le peintre Frédéric Yvon représentera François Ier posant la première pierre de l'Hôtel de Ville — toile que conserve aujourd'hui le Petit Palais, avec une variante au musée Carnavalet. La Ville a préféré l'image du souverain à celle de ses propres magistrats. Mais la pierre fut posée par le prévôt des marchands et ses échevins : l'acte fondateur d'un hôtel de ville est d'abord un acte municipal.

Pourquoi ce chantier ? Depuis 1357, l'administration parisienne siégeait dans la Maison aux Piliers, sur la Grève, acquise par le prévôt Étienne Marcel. Deux siècles plus tard, la bâtisse menaçait ruine. En 1529, les officiers municipaux obtiennent de François Ier l'autorisation d'élever à la place un véritable palais Renaissance. Les plans reviennent à l'Italien Dominique de Cortone, dit Boccador — surnom qu'on lui prête pour sa barbe blonde —, la maîtrise d'œuvre étant partagée avec le Parisien Pierre Chambiges. Un palais à l'italienne au bord de la Seine : l'ambition était neuve.

Elle fut lente à se réaliser. Viole, ses échevins, Boccador : tous moururent bien avant de voir l'édifice achevé. Il fallut près d'un siècle. L'aile sud s'éleva sous François Ier et ses successeurs ; l'aile nord ne fut terminée que vers 1628, sous Louis XIII. Un hôtel de ville qui met quatre-vingt-quinze ans à sortir de terre en dit long sur la patience des bâtisseurs — et sur les finances de la Ville.

Il n'en reste rien. Le 24 mai 1871, dans les derniers jours de la Commune, les communards incendient l'Hôtel de Ville tandis que les troupes versaillaises reprennent Paris quartier par quartier. Le palais de Boccador brûle avec ses archives et sa bibliothèque. On le reconstruira de 1873 à 1882, à l'identique mais agrandi, sous la direction de Théodore Ballu et Édouard Deperthes. L'édifice que l'on admire aujourd'hui est cette réplique tardive : la pierre de Viole et sa plaque de cuivre ont disparu dans les flammes.

Reste le nom du sol. On appelait cet endroit la Grève — une plage de sable et de gravier au bord du fleuve, où les sans-travail venaient guetter l'embauche, d'où nos expressions « être en grève », « faire grève ». Rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville en 1803, la Grève avait été tour à tour port, lieu de fête et lieu de supplices. Que ce théâtre du pouvoir municipal ait fini réduit en cendres par une insurrection ouvrière n'aura pas échappé à Marx : dans La Guerre civile en France, il fait de la Commune la tentative de la classe ouvrière de reprendre à son compte une machine d'État jusque-là dressée contre elle.

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Événement
1533
1533 — Vestiges du Boccador (niches et bas-reliefs Renaissance)
p 391-392
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
p 393-394
Maximilien Robespierre, blessé par le gendarme Merda, est arrêté vers 3 heures du matin le 10 thermidor
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Événement
1871
22 janvier 1871
p 394-395
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1514
1514
p 396-397
Culte d'Isis, qui perdura jusqu'au 16ème siècle, autour d'une ancienne statue remplacée pour le coup par une croix rouge, elle-même déplacée par la suite au carrefour qui porte encore ce nom
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Événement
1358
31 juillet 1358 — Bastide St Antoine/Chastel St Antoine/Enceinte de Charles V
p 396
La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueu …

La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueurs.

Étienne Marcel était prévôt des marchands de Paris depuis 1355. Dans une France désorganisée par la capture du roi Jean II à Poitiers (1356) et la dévastation des campagnes par les routiers anglais, il avait fait de Paris le centre d'une résistance inattendue : non pas contre les Anglais, mais contre la royauté elle-même. En alliance avec les États généraux, il avait arraché la Grande Ordonnance de mars 1357, qui imposait au Régent un véritable contrôle de ses comptes. Le Régent, le futur Charles V, n'oublierait pas.

La Jacquerie de mai-juin 1358 avait finalement tourné contre Marcel. Les paysans révoltés furent massacrés ; Marcel se retrouva isolé à Paris, sans alliés extérieurs. Pour tenir tête au Régent, il se rapprocha de Charles de Navarre, dit le Mauvais, rival déclaré de la couronne. Alliance risquée, mal assurée.

Dans la nuit du 31 juillet 1358, Marcel fut tué à la porte Saint-Antoine par Jean Maillart, riche marchand parisien, et ses compagnons, Philippe Giffart et Simon Le Paonnier. La version que les chroniqueurs royaux allèrent ensuite imposer est la suivante : Marcel avait conduit un groupe jusqu'à la porte Saint-Denis, puis jusqu'à la porte Saint-Antoine, pour remettre les clefs de la ville aux soldats de Charles de Navarre ; Maillart l'aurait surpris en flagrant délit de trahison et tué pour défendre Paris.

Cette version repose presque entièrement sur des sources rédigées après coup, par des auteurs acquis à la cause royale. Ce que les faits établissent sans ambiguïté : Jean Maillart, partisan résolu du Régent, était prêt à agir ce soir-là. Marcel fut tué. Le Régent entra dans Paris le lendemain.

Trois semaines plus tard, Charles de Navarre signa la paix avec le Régent. La trahison qu'on prêtait à Marcel n'avait donc servi qu'à lui nuire, à lui seul.

Le Régent devint Charles V, dit le Sage. Étienne Marcel entra dans l'histoire comme un traître au service d'un étranger. Il avait porté toute sa vie les couleurs de la prévôté : le rouge et le bleu. Paris les porte encore.

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Événement
1946
1946 — Siège de l'Association des Compagnons du Devoir et du Tour de France
p 398
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Événement
Événement
1130
1130 — Église des Saints-Innocents
p 404-406
Construction de l'église et du charnier des Saints-Innocents ; elle était équipée de reclusoirs, cellules d'enfermement volontaire
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Événement
1199
1199
p 404-406
Plus vaste cimetière de Paris jusqu'au 18ème siècle, mais aussi lieu marchand
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Événement
1199
1199
p 404-406
Plus vaste cimetière de Paris jusqu'au 18ème siècle, mais aussi lieu marchand
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Événement
1661
1661 — Collège des Quatre Nations
p 407-408
Tombeau de Mazarin dans le collège qu'il avait fait construire pour 60 boursiers venant de 4 nations rattachées à la France : Pignerol, c'est-à-dire le Piémont, Alsace, Flandre et Artois
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Événement
Événement
1897
4 mai 1897 — Bazar de la Charité
p 417-419
Incendie du Bazar de la Charité, aménagé dans un hangar en bois et toile, lors d'une projection de cinéma dont le projecteur s'enflamme. Il fait 126 victimeset 250 blessés. La chapelle de la Consolation est construite su …

Incendie du Bazar de la Charité, aménagé dans un hangar en bois et toile, lors d'une projection de cinéma dont le projecteur s'enflamme. Il fait 126 victimeset 250 blessés. La chapelle de la Consolation est construite sur l'emplacement

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Événement
1680
1680 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne/Salle des Confrères de la Passion (reconstruite en 1548)
p 424
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Événement
Événement
1898
18 avril 1898 — Demeure et atelier de Gustave Moreau (à partir de 1852 ; musée depuis 1903)
p 429
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Événement
1814
30 mars 1814 — Moulin de la Galette (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Moulin Radet/Moulin à vent
p 431
Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmar …

Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmartroise"

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Événement
1944
11 mars 1944 — Demeure de Marcel Petiot
p 433-436
Membre du CSAR, dit la Cagoule, auteur de nombreux meurtres déguisés en actes de Résistance ; il attirait des juifs en leur proposant de les faire passer à l'étranger
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Événement
1871
1871 — Hôtel de Contades/Mairie du 8ème arrondissement
p 438-439
Communiste défenseur de la religion en 1848 ; maire du 8ème arrondissement en 1871
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Événement
1444
1444 — Le Pet au Diable
p 439-441
Rixe entre sergents de la prévôté et "écoliers" de l'Université à propos du Pet au Diable que les étudiants avaient transporté de St Jean en Grève à la Montagne Ste Geneviève
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Événement
1850
Événement
1792
1792 — Cimetière de la Madeleine
p 442-443
Chapelle expiatoire de 1816, sur l'emplacement du charnier des exécutions de la Concorde
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Événement
Date imprécise
p 444
Cimetière mérovingien de St Germain, dans lequel on a retrouvé des sarcophage monolithique
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Événement
1617
25 avril 1617 — Église St Germain l'Auxerrois
p 445
On l'a enterré à la hâte dans la nuit, à Saint-Germain-l'Auxerrois. Mais Paris n'en a pas fini avec Concini. Au matin du 25 avril 1617, la nouvelle de l'enterrement clandestin se répand dans le quartier du Louvre. Concin …

On l'a enterré à la hâte dans la nuit, à Saint-Germain-l'Auxerrois. Mais Paris n'en a pas fini avec Concini.

Au matin du 25 avril 1617, la nouvelle de l'enterrement clandestin se répand dans le quartier du Louvre. Concini, assassiné la veille dans la cour du palais sur ordre de Louis XIII, a été inhumé nuitamment dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, place du Louvre. Une sépulture rapide, discrète, presque honteuse — comme si l'on voulait enterrer l'affaire avec l'homme. Mais le peuple de Paris a d'autres projets.

Une foule se masse devant l'église. On force l'entrée. On déterre le corps. Et commence alors une procession macabre à travers les rues de la rive droite, au milieu des cris de « Vive le roi ! ». Le cadavre du maréchal d'Ancre est traîné sur les pavés, battu, lapidé. On lui coupe le nez. Les oreilles. Les doigts. Les parties génitales. Ce n'est plus un mort que la foule maltraite — c'est un symbole, celui du favori étranger, de l'Italien enrichi par la grâce de Marie de Médicis, de l'homme qui incarnait à lui seul tout ce que Paris déteste : l'arrogance du pouvoir et l'impunité des puissants.

Le corps — ce qu'il en reste — est pendu par les pieds à l'une des potences du Pont-Neuf. Ironie atroce : ces potences, c'est Concini lui-même qui les avait fait dresser. Puis les restes sont brûlés sur l'île de la Gourdaine, l'îlot à la pointe occidentale de la Cité, au pied même du pont — un bout de terre aujourd'hui englobé dans le quai de l'Horloge. Un chroniqueur note que des morceaux de chair sont arrachés, rôtis, mangés — mais la scène relève sans doute autant de la surenchère littéraire que du témoignage. Ce qui est certain, c'est que la fureur populaire ne s'apaise qu'avec la destruction complète du corps.

Louis XIII laisse faire. Le jeune roi, qui a commandité l'assassinat pour se libérer de la tutelle de sa mère et de son favori, n'a aucune raison d'arrêter cette explosion. Au contraire : la rage du peuple légitime rétrospectivement le coup de force royal. Le 9 mai, le Parlement de Paris ouvrira un procès posthume contre Concini et sa femme Léonora Galigaï, accusée de sorcellerie. Galigaï sera exécutée en place de Grève le 8 juillet.

La profanation du cadavre de Concini n'est pas un épisode isolé dans l'histoire de Paris. La ville a la mémoire longue et la vengeance physique : les corps des Armagnacs massacrés en 1418, ceux des victimes de la Saint-Barthélemy traînés dans la Seine en 1572, celui de l'amiral de Coligny pendu au gibet de Montfaucon. Le peuple parisien, quand il se soulève, ne se contente pas de tuer — il efface.

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Événement
1190
1190 — Château fort du Louvre
p 447-448
Construction du “Vieux Louvre” pour protéger l'enceinte vers l'Ouest ; son nom pourrait venir de "lovel", le loup, ou de "lupara", palais royal, ou encore de "lower", place forte en germanique
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Événement
1435
1435 — Église St Germain l'Auxerrois/Boule aux rats
p 447
Une des trois "boules aux rats" existant en France, la seule dont les rats sortent, au lieu d'y entrer ; les deux autres se trouvent au Mans et à Carpentras. Il en existe d'autres en France, mais en bois
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Événement
1675
1675
p 453-455
Un arménien nommé Pascal ouvre un établissement qui sert un nouveau breuvage, le café ; il sera repris par un de ses employés, Francesco Procopio Cutò, qui s'installera en 1686 à quelques pas de là pour fonder le café Pr …

Un arménien nommé Pascal ouvre un établissement qui sert un nouveau breuvage, le café ; il sera repris par un de ses employés, Francesco Procopio Cutò, qui s'installera en 1686 à quelques pas de là pour fonder le café Procope

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Événement
1832
1832 — Cayenne des Compagnons du Devoir
p 455
Cayenne des Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France ; une des plus anciennes à Paris
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Événement
1804
1804 — Ancienne cayenne des Compagnons du Devoir
p 455
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Événement
1631
1631
p 455-460
Les Grands Boulevards sont aménagés sur l'emplacement de l'enceinte de Louis XIII
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Événement
Événement
1781
27 octobre 1781 — Théâtre de l'Opéra (1791)/Théâtre des Arts (1793)/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la 7ème)
p 458
L'Opéra s'installe à la Porte St Martin ; la salle est construite en 65 jours pour satisfaire un caprice de Marie-Antoinette ; une des origines de son surnom : "Madame Déficit". Futur théâtre de la Porte St Martin
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Événement
1783
1783 — Théâtre des Italiens/Opéra Comique
p 458
Les "Italiens", troupe de la Comédie Italienne, quittent l'Hôtel de Bourgogne pour s'installer dans une salle qui tourne le dos au boulevard
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Événement
1783
1783
p 458
Les "Italiens", troupe de la Comédie Italienne, quittent l'Hôtel de Bourgogne pour s'installer dans une salle qui tourne le dos au boulevard
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
p 459
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
1894
Événement
Événement
1546
3 août 1546
p 472-473
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
Date imprécise
p 474
Marché où les clochards vendaient le tabac tiré des mégots, l'herbe à Nicot
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
p 476-477
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1804
21 mai 1804 — Domaine de Mont Louis (propriété des jésuites)/Cimetière de l'Est/Cimetière du Père Lachaise
p 478
Le domaine des jésuites devient le Grand cimetière de l'Est, futur Père Lachaise
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Événement
1673
17 février 1673 — Maison du tailleur Baudelet/Demeure de Molière (à partir de 1672)
p 479
Mort de Molière après une attaque survenue au Petit Cardinal, lors de la 4ème représentation du "Malade imaginaire" Le 17 février 1673, Molière vit une de ces soirées où la scène et la vie se confondent dangereusement. I …

Mort de Molière après une attaque survenue au Petit Cardinal, lors de la 4ème représentation du "Malade imaginaire"

Le 17 février 1673, Molière vit une de ces soirées où la scène et la vie se confondent dangereusement. Il joue pour la quatrième fois Le Malade imaginaire au théâtre du Palais‑Royal, dans le rôle d’Argan, alors qu’il est lui‑même miné par une affection pulmonaire, amaigri, épuisé. Au cours de la représentation, pris de violentes quintes de toux et de crachements de sang, il vacille mais insiste pour terminer la pièce, refusant qu’on interrompe le spectacle.

Ce n’est donc pas « sur scène » qu’il meurt, mais peu après, dans sa maison de la rue de Richelieu, au 40 actuel, anciennement maison du tailleur Baudelet, qu’il occupe depuis 1672. Transporté du Petit‑Cardinal (salle du Palais‑Royal) à sa demeure, il y succombe vers dix heures du soir, entouré de quelques proches, avant même que puisse être appelée une assistance médicale efficace.

La bâtisse, issue des lotissements du Palais‑Cardinal de Richelieu, est alors une maison de rapport relativement récente, dont Baudelet, maître tailleur, a été un propriétaire notable avant Molière. Située « vis‑à‑vis de la fontaine, du côté qui donne sur le jardin du Palais‑Royal », elle offre au dramaturge un logement commode, à quelques pas seulement de son théâtre.

La mort de Molière dans cette maison nourrit très tôt la légende : on imagine le comédien expirant en costume, confondant son agonie avec celle d’Argan. Les recherches érudites du XIXᵉ siècle, notamment celles d’Auguste Vitu sur la « maison mortuaire », permettent de préciser l’adresse, l’histoire du bâtiment et son intégration dans le tissu issu des opérations immobilières de Richelieu. Aujourd’hui encore, la façade et l’escalier de l’immeuble, classés monuments historiques, rappellent ce dernier domicile où s’achève la vie de Jean‑Baptiste Poquelin, devenu Molière.

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Événement
1768
1768 — Hôtel Persan/Demeure de Mlle Clairon
p 482
Mlle Clairon héberge Marmontel, poursuivi pour avoir défendu la tolérance religieuse
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Événement
1815
7 décembre 1815 — Lieu de l'exécution du maréchal Ney
p 482-483
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue St Merry (commandée par Eugène Charles Jeanne)/Barricade en 1832
p 485
Prise de la dernière barricade, que commande Bonjour, par la 6ème légion de la Garde nationale ; épisode décrit par Hugo dans "Les Misérables"
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Événement
1832
6 juin 1832 — Maison des saint-simoniens (communauté exclusivement masculine)
p 488-489
Installation de la communauté saint-simonienne composée de 40 "fils", détournement de la pensée de Saint-Simon ; elle sera vite dissoute pour atteinte aux bonnes mœurs
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Événement
1786
1786 — Pavillon de Chartres/Rotonde de Chartres/Parc Monceau
p 490-491
Poste d'observation du mur des Fermiers généraux transformé en salon, lieu des parties fines de Philippe d'Orléans, futur Philippe Égalité
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Événement
1797
22 octobre 1797
p 491
Premier saut en parachute de 1 000 m depuis un ballon captif
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Événement
1797
22 octobre 1797 — Parc Monceau/Lieu du premier saut en parachute
p 491
Il monte à mille mètres en ballon, il coupe la corde, il tombe : la foule du parc Monceau assiste à la première descente humaine sous un parachute. André-Jacques Garnerin a vingt-huit ans. Élève du physicien Charpentier, …

Il monte à mille mètres en ballon, il coupe la corde, il tombe : la foule du parc Monceau assiste à la première descente humaine sous un parachute.

André-Jacques Garnerin a vingt-huit ans. Élève du physicien Charpentier, il a été aérostier militaire pendant les guerres de la Révolution, capturé par les Autrichiens et détenu deux ans en Hongrie, où l'idée du parachute lui serait venue en regardant les murs de sa prison.

Le principe est ancien. Léonard de Vinci en a laissé un croquis. Sébastien Lenormand a sauté d'une tour de Montpellier en 1783 avec deux parasols. Blanchard a largué des animaux sous des parachutes depuis des ballons. Mais aucun homme n'est encore descendu de haute altitude.

Le 22 octobre 1797, soit le 1er brumaire an VI, Garnerin s'élève au-dessus du parc Monceau, dans l'actuel 8e arrondissement, sous un ballon à hydrogène. Le parc est alors la Folie de Chartres, ancienne propriété de Philippe Égalité, devenue bien national et lieu de promenade publique. Une foule considérable est venue.

Son parachute est une immense toile blanche en forme de parasol, d'environ sept mètres de diamètre, suspendue sous le ballon et prolongée par une nacelle d'osier. À environ mille mètres, Garnerin sectionne la corde qui le relie au ballon.

La descente est effroyable. La toile n'a pas d'orifice au sommet : l'air comprimé s'échappe alternativement par les bords, ce qui fait osciller violemment l'ensemble. Garnerin est ballotté, pris de vertiges et de nausées. Il atterrit dans le parc, secoué mais indemne, et remonte à cheval devant la foule pour montrer qu'il est vivant.

L'astronome Lalande, témoin, suggérera de percer un trou au sommet de la toile pour laisser passer l'air : c'est la solution, encore utilisée aujourd'hui.

Le 12 octobre 1799, son élève et future épouse Jeanne Labrosse devient la première femme parachutiste et la première à sauter avec un parachute percé. En 1802, elle déposera au nom de son mari le brevet numéro 195 sur l'appareil dit parachute.

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Événement
200
200 — Amphithéâtre de Lutèce
p 492-493
Amphithéâtre gallo-romain redécouvert en 1870 en ouvrant la rue Monge, le 2ème en taille après Nimes, appelé à tort les “arènes” de Lutèce ; il avait été enfoui sous les déblais du creusement des fossés de l'enceinte de …

Amphithéâtre gallo-romain redécouvert en 1870 en ouvrant la rue Monge, le 2ème en taille après Nimes, appelé à tort les “arènes” de Lutèce ; il avait été enfoui sous les déblais du creusement des fossés de l'enceinte de Charles V

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Événement
1857
5 septembre 1857 — Demeure d'Auguste Comte (à partir de 1841)
p 494-496
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Événement
600
600 — Église St Pierre de Montmartre/Nécropole mérovingienne
p 498-499
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Événement
1927
1927
p 503-505
Lieu de rencontre de nombreux peintres et artistes ; la Rotonde (103), le Dôme (108), le Select (99), la Coupole (102)
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Événement
1773
22 octobre 1773 — Folie Titon (propriété du duc de Chartres construite en 1673)
p 505
Le futur Philippe Égalité est intronisé grand maître de la Grande Loge de France
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Événement
1727
1 mai 1727 — Cimetière de l'église St Médard
p 506-511
Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lie …

Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu"

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Événement
1407
1407 — Maison de Nicolas Flamel/Plus vieille maison de Paris
p 516-520
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Événement
1942
16 juillet 1942 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 516
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
998
998 — Château de Vauvert
p 521-522
Château mystérieux, situé à l'écart de la ville et squatté par des bandits ; origine de l'expression "envoyer quelqu'un au diable Vauvert"
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Événement
1667
21 juin 1667 — Observatoire de Paris/Horloge parlante
p 522-524
Construction de l'observatoire de Paris, qui va devenir le siège de l'Académie des Sciences
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Événement
1847
1847 — Bal de La Closerie des Lilas (futur bal Bullier)
p 523-524
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Événement
1925
2 juillet 1925 — Restaurant "La Closerie des Lilas"/Banquet en l'honneur de Saint-Pol Roux
p 524
On avait organisé un dîner littéraire. On avait oublié d'inviter la littérature. Le 2 juillet 1925, la Closerie des Lilas accueille un banquet en l'honneur de Saint-Pol-Roux. Le vieux poète symboliste, retiré en Bretagne …

On avait organisé un dîner littéraire. On avait oublié d'inviter la littérature.

Le 2 juillet 1925, la Closerie des Lilas accueille un banquet en l'honneur de Saint-Pol-Roux. Le vieux poète symboliste, retiré en Bretagne depuis des années, est de passage à Paris. Les Nouvelles Littéraires ont organisé la soirée : tables mises, discours prévus, beau monde littéraire convoqué boulevard du Montparnasse.

Les surréalistes sont là aussi. Breton, Aragon, Éluard, Leiris, Desnos — toute la bande est à Montparnasse ce soir-là. Depuis quelques mois, le groupe a viré sa cuti politique : la guerre du Rif bat son plein au Maroc, Abd el-Krim tient tête à l'armée française et espagnole, et les surréalistes ont choisi leur camp — celui du colonisé contre le colonisateur. Paris littéraire, lui, préfère ne pas s'encombrer de ce genre de considérations.

L'incident part de rien, comme souvent. Rachilde — Marguerite Eymery, auteure respectée, figure du Tout-Paris — lâche à table qu'une Française ne peut décemment pas épouser un Allemand. La remarque nationaliste fait mouche. Les surréalistes bondissent. Les insultes fusent. Michel Leiris se penche à la fenêtre, hurle quelque chose d'incendiaire en direction de la rue. Les convives scandalisés ripostent. Des verres volent. Des tables basculent. La police intervient. Leiris est jeté dehors — littéralement.

Le lendemain, les journaux s'indignent. Les surréalistes, eux, publient en juillet leur manifeste La Révolution d'abord et toujours ! — une trentaine de signatures, un soutien explicite à Abd el-Krim, un appel à en finir avec « la civilisation occidentale ». La soirée de la Closerie était moins un dérapage qu'une déclaration de guerre.

Saint-Pol-Roux rentra en Bretagne. En juin 1940, des soldats allemands défoncèrent sa maison de Camaret-sur-Mer, tuèrent sa servante et agressèrent sa fille. La guerre que Rachilde ne voulait pas voir arriva chercher le vieux poète symboliste jusque chez lui.

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Événement
Date imprécise
p 525
Emplacement du cours de l'ancien bras ou ancien cours de la seine, appelé plus tard "ceinture Ste Opportune" ; Jean de Laborde en fait couvrir une partie à ses frais en 1771
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Événement
Événement
1911
21 décembre 1911 — Succursale de la Société Générale
p 529-531
Premier hold-up en automobile, une luxueuse limousine Delaunay-Belleville, de la bande à Bonnot. Le garçon de recette Caby, caissier de la Société générale, est blessé. Le butin est maigre : 5 000 francs
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Événement
Date imprécise — Église St Barthélemy
p 535
Paroisse des rois carolingiens là où avait eu lieu le baptême clandestin des fils de Clovis
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Événement
1786
1786
p 542-543
Canon miniature sur le méridien de Paris, muni d'un dispositif optique qui le faisait tonner à midi
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Demeure et cabinet des figures de cire de Curtius
p 543
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 543
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1793
20 janvier 1793
p 544
La dépouille de Lepeletier de Saint-Fargeau est exposée sur le piédestal de la statue de Louis XIV abattue ; la cérémonie est mise en scène par le peintre David
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Boutique du coutelier Badin
p 545
Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols. Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vi …

Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols.

Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins (aujourd'hui rue Hérold), où elle est descendue deux jours plus tôt en arrivant de Caen. Quelques pas la mènent au Palais-Royal — depuis un an le Palais-Égalité. Ce matin-là, les galeries grouillent : Paris s'est rempli de provinciaux montés pour les fêtes du 14 Juillet, et Charlotte Corday attend, comme tout le monde, que les boutiques ouvrent.

L'endroit ne pouvait être mieux choisi, ni plus ironique. Le Palais-Égalité est alors le cœur battant de la Révolution : cafés bruissants de nouvelles, colporteurs de pamphlets, joueurs, filles sous les arcades. C'est là, quatre ans plus tôt, que Camille Desmoulins avait sauté sur une table du café de Foy pour appeler Paris aux armes. Un bazar politique à ciel ouvert, où l'on trouve de tout. Sous la galerie de Valois, qui longe le côté est du jardin, au numéro 177, la boutique du coutelier Badin.

Elle y achète un simple couteau de cuisine, manche d'ébène et virole d'argent, pour quarante sols — deux livres. Rien d'un poignard : l'outil d'une ménagère, qu'elle glisse dans son corsage. La lame ne servira qu'une fois.

Le reste appartient à l'après-midi. Corday repasse la Seine, gagne la rue des Cordeliers ; éconduite deux fois, elle est enfin reçue le soir dans le cabinet de Marat, et le couteau de quarante sols entre sous la clavicule de l'Ami du peuple. La Révolution avait ainsi, sans le savoir, vendu elle-même l'arme qui abattit son journaliste le plus incendiaire, à l'étal d'un coutelier, entre un café et une maison de jeu.

La galerie de Valois longe toujours le côté est du jardin, sous ses arcades de pierre blonde, aujourd'hui bordées de boutiques de luxe. Au numéro 177, plus rien ne rappelle le coutelier Badin, ni la cliente pressée d'un matin de juillet.

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Événement
1815
1815 — Café Lamblin ou Lemblin (rez-de-chaussée)
p 545-546
Organisation de duels contre les officiers étrangers, puis entre royalistes et bonapartistes
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Événement
1815
1815 — Café de Chartres
p 545-546
Quartier général royaliste pendant la première Restauration ; il devient le "Grand Véfour" en 1820
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Événement
Événement
1867
1867 — Caveau des Aveugles (au sous-sol)/Café Lemblin ou Lamblin (de 1813, au rez-de-chaussée)
p 546
Caveau où jouait un orchestre d'aveugles, ancêtre du Caf'conc' ; des épées étaient tenues à la disposition des clients sous le comptoir
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Événement
1808
1808 — Restaurant Véry (de 1808)
p 546
Premier restaurant à prix fixe de Paris ; il s'était tout d'abord installé sur la terrasse des Feuillants, près de la Salle du Manège
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Événement
276
276
p 553
Première enceinte en pierre, bâtie entre autres avec les débris des "arènes" de Lutèce ; visible dans une crypte sous le parvis
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Événement
1199
Événement
1793
10 novembre 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de la Raison
p 560
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Événement
1844
Événement
1395
1395
p 572
Pont reconstruit avec la rançon de juifs condamnés à tort pour avoir fait disparaître l'un des leurs converti au christianisme. Construit en bois, il avait été emporté par une crue en 1393
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Événement
1250
1250 — Pilori des Halles/Pilori du Roi (pilori rotatif qui donna son nom à la rue "Pirouette")
p 577
Pilori où étaient exposés marchands véreux et escrocs ; il était rotatif, d'où le nom de "pirouette", pour un tour complet, que prit la rue qui y débouchait ; détruit en 1786
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Événement
1707
1707 — Pilori des Halles/Pilori du Roi (pilori rotatif sur lequel on exposait les condamnés sous tous les angles)
p 577
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue de la Chanverrerie (Chanvrerie)/Barricade en 1832/Cabaret du père Hucheloup
p 578-579
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Événement
1578
31 mai 1578
p 580-581
Construction du premier pont de Paris sans maisons ; Henri III pose la première pierre alors qu'il est en deuil de deux de ses mignons, tués en duel ; il sera inauguré en 1603 par Henri IV
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Événement
1602
2 janvier 1602
p 582
Construction de la pompe de la Samaritaine alimentant le palais du Louvre. Elle sera détruite en 1780
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Événement
1671
1671
p 582
Pantalonnades qui ont inspiré Molière pour ses "Fourberies de Scapin" ; Tabarin et son maître Mondor
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Événement
1630
1630
p 583
Maître Gonin, silhouette agile parmi la foule bigarrée du Pont-Neuf, incarne la figure du joueur de gobelets et de l’escamoteur au Paris du règne de Louis XIII. Héritier supposé d’un premier maître Gonin, qui déjà, sous …

Maître Gonin, silhouette agile parmi la foule bigarrée du Pont-Neuf, incarne la figure du joueur de gobelets et de l’escamoteur au Paris du règne de Louis XIII. Héritier supposé d’un premier maître Gonin, qui déjà, sous François Ier, fascinait les curieux, il attire les regards par sa dextérité et le mystère de ses tours. Sa réputation franchit les générations : tromperies et adresse font de son nom le symbole même de la ruse et de la prestidigitation, jusqu’à devenir un surnom courant pour qualifier ceux qui trompent habilement autrui.
Même le cardinal de Richelieu, grand stratège politique, se vit parfois surnommé « Gonin » en clin d’œil à ce talent pour manœuvrer ses adversaires. Figure indissociable de la tradition des artistes de rue, Maître Gonin traverse les siècles : on le retrouve dans les proverbes, les anecdotes et les textes qui racontent l’art de la magie et de l’esquive, mémoire vivante d’un Paris populaire vibrant d’astuces et de spectacles.![[Les Tours de Maître Gonin, Laurent Bordelon, 1714, BnF|Pont Neuf Les tours du Maître Gonin.jpg]]

Les Tours de Maître Gonin, Laurent Bordelon, 1714, BnF

Sources

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Événement
1588
12 mai 1588
p 584
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1588
12 mai 1588
p 584
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1792
14 août 1792
p 584
La statue d'Henri IV est abattue pendant la Révolution ; elle sera réinstallée sous la Restauration ; le fondeur y aurait glissé des pamphlets bonapartistes et une statuette de Napoléon
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Événement
1792
10 août 1792
p 584
À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister. Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h …

À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister.

Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h 45 le signal convenu. Les colonnes insurgées et les fédérés venus de province s'assemblèrent place de Grève dans les premières heures du matin.

Un premier groupe, un millier d'hommes mal armés accompagnés de quelques Marseillais, s'élança spontanément vers les Tuileries dès 8 h 30. Les Gardes suisses leur ouvrirent la porte de la cour du Carrousel puis les mitraillèrent : beaucoup furent massacrés dans la cour même.

Mais la famille royale avait déjà fui. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants avaient quitté le palais par l'escalier des jardins et rejoint la salle du Manège, siège de l'Assemblée législative, rue de Rivoli. Ils y furent cachés dans la loge du logotachygraphe, derrière la tribune. Mandat de Grancey, commandant royaliste de la garde nationale qui avait conçu un plan pour écraser les insurgés, avait été tué place de Grève la nuit même. La défense du palais était sans chef.

Les colonnes organisées de Santerre arrivèrent et brisèrent la résistance. Les Marseillais furent les premiers à franchir le péristyle du pavillon central. Les Gardes suisses qui tentèrent de fuir furent massacrés : une centaine rue de l'Échelle, d'autres sur les Champs-Élysées à la hauteur du Garde-Meuble. Trois cents d'entre eux parvinrent à s'échapper par le passage de l'Orangerie vers la place de la Concorde. Environ sept cents périrent. Du côté des insurgés, on dénombrait plus d'un millier de morts.

Le palais prit feu. Les insurgés empêchèrent les pompiers d'intervenir tant que l'Assemblée n'aurait pas prononcé la déchéance de la royauté. Elle la prononça. Louis XVI fut suspendu, puis arrêté et transféré au Temple.

La journée du 10 août ouvre la seconde phase de la Révolution : la République sera proclamée six semaines plus tard.

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Événement
1788
28 août 1788
p 584
Manifestation contre le ministre Brienne, qui est brûlé en effigie ; Biron fait ouvrir le feu ; Louis XVI doit rappeler Necker
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Événement
1648
27 août 1648
p 584
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1648
27 août 1648
p 584
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
Événement
Événement
1474
janvier 1474 — Galerie du cloître St Séverin/Charnier de St Séverin
p 595
Première opération réussie de la pierre, ablation de calculs rénaux, sur un franc-archer condamné à mort pour vol, qui du coup fut gracié
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Événement
1854
1854 — Pavillons des Halles
p 600-601
Construction des pavillons des Halles, seconde construction à Paris réalisée en métal. Les "Forts des Halles" étaient la plus ancienne corporation parisienne, fondée par Louis IX en 1250. "Le Ventre de Paris" selon Émile …

Construction des pavillons des Halles, seconde construction à Paris réalisée en métal. Les "Forts des Halles" étaient la plus ancienne corporation parisienne, fondée par Louis IX en 1250. "Le Ventre de Paris" selon Émile Zola

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Événement
1783
21 novembre 1783
p 605-606
Ascension de la Réveillon pour le vol qui va la mener jusqu'à la Butte aux Cailles
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Événement
1783
21 novembre 1783
p 605-606
Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arl …

Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arlandes.WebHome]], à bord d’un ballon à air chaud conçu par [[Joseph|doc:joseph-de-montgolfier.WebHome]] et [[Jacques-Étienne Montgolfier|doc:jacques-etienne-montgolfier.WebHome]], décollent du château de la Muette. Le ballon, d’un volume d’environ 2 200 à 2 800 m³, est chauffé par un foyer alimenté en paille et en laine. Après un vol d’environ 20 à 25 minutes, couvrant près de 9 à 10 kilomètres et atteignant une altitude d’environ 900 à 1 000 mètres, ils atterrissent sans encombre sur la [[Butte aux Cailles|doc:rue-de-la-butte-aux-cailles.WebHome]], marquant la première traversée aérienne humaine de l’histoire. Cet exploit, réalisé devant des membres de l’Académie des sciences et de nombreux témoins, consacre la montgolfière comme la première machine volante capable de transporter des personnes, ouvrant la voie à l’aérostation.

Sources

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Événement
1884
1884 — Siège de la Société Théosophique/Bâtiment remarquable (style Art nouveau)
p 607
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Événement
1906
1906 — Le Bateau-lavoir/Nom donné par Max Jacob
p 610-611
Naissance du Cubisme, avec la réalisation des "Demoiselles d'Avinyó" ; les demoiselles du bordel de la rue d'Avignon... à Barcelone
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Événement
1801
1801 — Raffinerie sucrière Delessert/Premières machines à vapeur
p 611
Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sor …

Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sort en 1812

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Événement
1801
1801 — Raffinerie sucrière Delessert/Premier pont suspendu à Paris/Premières machines à vapeur
p 611
Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sor …

Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sort en 1812

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Événement
1794
7 août 1794 — Théâtre des Arts/Théâtre National/Salle Richelieu/Salle de l'Opéra de Paris (la huitième)/Théâtre de l'Opéra du Peuple (en 1802)
p 613
L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820. Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la …

L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820.

Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la salle du 69-71 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, sous le nom de Théâtre des Arts. Le moment n'était pas anodin : on était en pleine réaction thermidorienne, les prisons s'ouvraient, les fêtes de la Terreur prenaient fin, et la vie culturelle reprenait ses droits dans un Paris encore sous le choc.

Sous la Terreur, les théâtres avaient été placés sous étroite surveillance. Pierre-Gaspard Chaumette, procureur de la Commune, et Jacques-René Hébert avaient encadré la politique culturelle révolutionnaire avec une sévérité qui mêlait patriotisme républicain et méfiance des arts jugés aristocratiques. Marguerite Brunet, dite la Montansier, grande entrepreneuse de spectacles qui avait fait fortune sous l'Ancien Régime, avait même été emprisonnée en 1793 : Hébert l'accusait d'avoir ouvert un théâtre voisin de la Convention pour espionner les députés. Chaumette et Hébert furent guillotinés au printemps 1794. La Montansier sortit de prison après thermidor.

Le Théâtre des Arts changea plusieurs fois de nom : Théâtre de l'Opéra, Théâtre National, Académie Nationale de Musique. Il resta au 69-71 rue de Richelieu pendant vingt-six ans, au cœur de la vie parisienne, traversant le Directoire, le Consulat, l'Empire et le début de la Restauration.

Le 13 février 1820, à la sortie d'une représentation, le duc de Berry, second fils du futur Charles X et dernier espoir de la lignée directe des Bourbon, fut poignardé par Louvel, un sellier bonapartiste. Il mourut dans la nuit. Les Ultras exploitèrent l'assassinat pour faire passer des lois réactionnaires. Et l'on rasa la salle, comme si le bâtiment portait le malheur.

L'Opéra de Paris, né dans la révolution, périt dans la réaction. L'édifice suivant fut l'Opéra Le Peletier, rue Le Peletier, qui brûla en 1873. Celui de Garnier n'ouvrit qu'en 1875.

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Événement
1826
1826 — Hôtel de Brouilly/Demeure de Jean Anthelme Brillat-Savarin
p 614-615
Mort de Jean Anthelme Brillat-Savarin, l'auteur de la "Physiologie du goût"
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Événement
1508
1508 — Clocher de l'église St Jacques la Boucherie/Chemin de St Jacques de Compostelle
p 617
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Événement
Événement
1648
1648 — Tour St Jacques (clocher de l'église St Jacques la Boucherie démolie)
p 621
Lieu erroné des expériences barométriques et du "crève-tonneau" ; Pascal les effectue en fait du clocher de St Jacques du Haut-Pas
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Événement
1933
1933 — Cité-refuge de l'Armée du Salut/Bâtiment remarquable
p 622
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Événement
1871
24 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette (de 1836 à 1900)
p 626
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Événement
1940
Événement
1831
1831 — Prison de la Petite Roquette (ouverte en 1830)
p 626
Prison des jeunes détenus devenue prison pour femmes en 1932 ; elle aura vu passer 75 000 enfants, parmi lesquels la mortalité était de 12%
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Événement
1795
8 juin 1795 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
p 631-633
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Événement
1569
30 juin 1569 — Maison des Cinq croix blanches/Demeure de Philippe de Gastine
p 639-640
Exécution de Philippe de Gastines pour célébration du culte réformé ; destruction de la maison et construction à sa place d'une pyramide surmontée d'une croix
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Événement
1672
1672 — Nouvelle Porte St Denis (arc de triomphe)
p 641
Arc de triomphe érigé sur le Nouveau Cours à la gloire du roi mégalo-soleil ; bas-reliefs représentant la victoire de Maastricht et le passage du Rhin
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Événement
1588
1588 — Porte St Denis/Enceinte de Charles V
p 641
Porte où furent exposés les restes de l'assassin de Guise et où fut pendue une femme pour la première fois à Paris
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Événement
1250
1250
p 642-643
La Cour des miracles de la rue Neuve St Sauveur, appelée le "royaume d'Argot", était dominée par le grand Coësre, ou le Ragot sous Henri II. Elle est démantelée par La Reynie en 1667
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Événement
1250
1250
p 642-643
La Cour des miracles de la rue Neuve St Sauveur, appelée le "royaume d'Argot", était dominée par le grand Coësre, ou le Ragot sous Henri II. Elle est démantelée par La Reynie en 1667
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Événement
1892
30 mars 1892 — Lieu de l'arrestation de Ravachol
p 643-644
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Événement
1892
10 mars 1892 — Domicile du juge Benoît
p 643-644
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Événement
1892
27 mars 1892 — Domicile du substitut Bulot
p 643-644
Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Cl …

Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Clichy en 1891. Bulot est absent. Les dégâts sont matériels. L'auteur est un certain François Claudius Koenigstein, dit Ravachol.

C'est le deuxième attentat en moins d'une semaine — le 11 mars, une bombe avait déjà visé le domicile du président du tribunal qui avait jugé la même affaire. Ravachol revendique une logique de représailles : la justice bourgeoise frappe les anarchistes, les anarchistes frappent les juges. La propagande par le fait dans toute sa rigueur.

Ravachol est arrêté quelques jours plus tard, trahi par un garçon de restaurant qui l'avait reconnu. Au moment de son arrestation, il chantait. Son procès devient une tribune. Condamné à mort pour ces attentats et pour plusieurs meurtres commis avant de venir à Paris, il monte à l'échafaud en juillet 1892 en criant ses convictions. Le mouvement anarchiste en fait aussitôt un martyr — on "ravacholise" pour désigner l'acte révolutionnaire par excellence.

L'affaire Ravachol marque le début d'une vague d'attentats anarchistes qui secoue Paris jusqu'en 1894 — Vaillant à la Chambre, Émile Henry au café Terminus, puis l'assassinat du président Carnot à Lyon. La IIIe République répond par les lois scélérates, qui restreignent la liberté de la presse.

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Événement
1785
6 août 1785 — Demeure de la comtesse de la Motte-Valois
p 645-647
Arrestation du personnage central de l'affaire dite du collier de la reine, en 1782
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Événement
Événement
1828
1828 — Institut des Jeunes sourds (dépendance)
p 649-650
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Événement
Événement
Événement
1819
6 juillet 1819 — Chute du ballon de Sophie Blanchard
p 656-658
Le 6 juillet 1819, à quarante et un ans, Sophie Blanchard s’élève une dernière fois dans le ciel de Paris depuis les jardins de Tivoli, alors situés près de la rue de Provence. Elle prévoyait d’illuminer la nuit d’un feu …

Le 6 juillet 1819, à quarante et un ans, Sophie Blanchard s’élève une dernière fois dans le ciel de Paris depuis les jardins de Tivoli, alors situés près de la rue de Provence. Elle prévoyait d’illuminer la nuit d’un feu d’artifice aérien, spectacle qu’elle maîtrisait depuis des années. Son ballon, gonflé à l’hydrogène, s’élève lentement au-dessus des arbres tandis que la foule acclame la frêle figure vêtue de blanc qui agite un drapeau lumineux.

Mais une fusée mal orientée met feu à l’enveloppe du ballon. L’aérostat, en flammes, dérive et vient heurter le toit d’un immeuble au coin des rues Chauchat et de Provence. La nacelle se renverse, projetant la courageuse aéronaute dans la rue. Retrouvée vivante, mais grièvement blessée, Sophie succombe quelques minutes plus tard, la nuque brisée.

Ainsi s’achève, à l’âge de 41 ans, la vie de celle que Napoléon appelait « l’aéronaute des fêtes impériales ». Sa mort spectaculaire bouleverse tout Paris. On la pleure comme une héroïne de l’ère nouvelle, figure de passion et de témérité dans la conquête du ciel. Elle repose aujourd’hui au cimetière du Père-Lachaise, division 13, sous une stèle ornée d’un ballon en flammes — symbole d’un destin consumé par la gloire.![[Mort de Sophie Blanchard|Sophie-Blanchard-Mort 1819.jpg]]

Mort de Sophie Blanchard, 1819

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Événement
1766
1766 — Château des Porcherons/Jardin Ruggieri
p 656
Parc d'attractions des initiateurs des établissements de fêtes champêtres à Paris, offrant bals, feux d'artifices et spectacles équestres
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Événement
1894
12 février 1894 — Hôtel Terminus (de 1889)/Attentat anarchiste
p 658-659
L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'È …

L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'Ère des attentats (1892-1894), il est connu pour être l'un des premiers attentats de terrorisme de masse et modernes de l'histoire et pour la déclaration que fait Henry lors de son procès, considérée comme un élément fondateur de cette forme de terrorisme.

À la suite du vote des lois scélérates, la répression de janvier et février 1894 et l'exécution d'Auguste Vaillant sans qu'il soit gracié par Sadi Carnot, ce dernier devient un ennemi symbolique de l'ensemble du mouvement anarchiste, qui voit en lui le principal responsable des persécutions les touchant.

Le 12 février 1894, vers neuf heures du soir, Émile Henry, un jeune homme de 21 ans, entre dans le café de l’hôtel Terminus, tout près de la gare Saint-Lazare. Il porte dans la poche de son pardessus une bombe à main. L’établissement est plein : on y dîne, on y boit, on écoute l’orchestre, on profite de la chaleur et de la lumière avant de reprendre un train ou de rentrer chez soi.

Henry a renoncé à s’en prendre au président de la République, Sadi Carnot, l'Élysée est trop bien gardé, et a choisi ce lieu précisément parce qu’il y a du monde. Il allume la mèche avec son cigare, lance la bombe vers les musiciens et sort aussitôt. L’explosion fracasse glaces et boiseries, renverse les tables, blesse une quinzaine de personnes et en tue une. Dans la panique, un garçon de café et des passants se lancent à sa poursuite ; il tire au revolver, mais il est rapidement maîtrisé et arrêté non loin de là.

L’attentat du café Terminus s’inscrit dans ce que la presse appellera l’« ère des attentats », une vague d’actions violentes menées par des anarchistes contre une société jugée corrompue et inégalitaire. Lors de son procès, Émile Henry revendique pleinement son geste, visant non plus des responsables identifiés, mais la foule elle‑même, symbole à ses yeux d’un ordre social à abattre. Cet épisode marque l’un des premiers attentats de masse de l’histoire contemporaine et frappe durablement les esprits par son caractère froidement indiscriminé.

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Événement
1369
1369
p 659
Premier pont reliant l'île Notre-Dame au quai St Bernard, détruit par une crue
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Événement
1140
1140 — Prieuré St Martin des Champs
p 667
Mur crénelé et échauguette de l'enceinte du prieuré intégré aux bâtiments des Arts et Métiers
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Événement
1719
1719 — Tour du Rempart/Prison du prieuré St Martin des Champs/Prison royale de St Martin des Champs
p 667
Prison royale pour filles publiques ; 180 sont mariées de force et déportées "aux Amériques" pour peupler la colonie de la Nouvelle Orléans
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Événement
1273
Événement
1273
Événement
1515
1515 — Église St Merri (pointe ogivale du portail)
p 669-670
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Événement
1331
Événement
1804
20 août 1804 — Conservatoire des Arts et Métiers
p 673
Quand les savants montent vers les nuages, ce n'est pas pour s'évader du monde : c'est pour le comprendre enfin avec précision. En l'an XII de la République — Bonaparte règne déjà mais n'est pas encore couronné —, deux j …

Quand les savants montent vers les nuages, ce n'est pas pour s'évader du monde : c'est pour le comprendre enfin avec précision.

En l'an XII de la République — Bonaparte règne déjà mais n'est pas encore couronné —, deux jeunes physiciens préparent dans le jardin du Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, une expérience qui n'a encore jamais été tentée nulle part. Jean-Baptiste Biot, vingt-neuf ans, professeur au Collège de France, et Joseph Louis Gay-Lussac, vingt-cinq ans, chimiste de génie formé à l'École polytechnique, embarquent dans la nacelle d'un ballon à hydrogène. Leur but n'est ni acrobatique ni mondain : c'est la première ascension véritablement scientifique jamais réalisée au monde.

Le programme est rigoureux. Biot et Gay-Lussac emportent des baromètres, des thermomètres, des électromètres, des boussoles d'inclinaison et des flacons pour recueillir des échantillons d'air à différentes altitudes. Ils mesurent la déclinaison magnétique terrestre, observent si l'intensité de la gravité varie avec l'altitude, notent la température et la pression atmosphérique à chaque palier. Le ballon s'élève à environ 4 000 mètres au-dessus de Paris. Les instruments enregistrent. Les mains tremblent de froid. Les esprits restent méthodiques.

Cette ascension conjointe ouvre une voie. Quelques semaines plus tard, Gay-Lussac repart seul, encore plus haut : le 16 septembre 1804, il atteint 7 016 mètres d'altitude, un record mondial qui ne sera pas battu avant plusieurs décennies. À cette hauteur, l'air est si raréfié qu'il ressent des vertiges et une faiblesse musculaire alarmante. Il prélève néanmoins des échantillons, mesure le champ magnétique, note que la composition de l'air reste sensiblement constante jusqu'à cette altitude. Des observations qui alimenteront ses travaux futurs sur la dilatation des gaz.

Le Premier Empire qui se prépare a besoin de cette science. Bonaparte, polytechnicien lui-même, comprend l'utilité militaire et administrative des mesures atmosphériques. Les ballons ont déjà servi à Fleurus en 1794 pour l'observation des lignes ennemies. La météorologie, la cartographie, la navigation aérienne — tout cela se construit à partir de mesures accumulées avec patience. Gay-Lussac et Biot appartiennent à cette génération de savants que la Révolution a libérés des académies corporatives de l'Ancien Régime et que l'Empire tente de mettre au service d'une ambition nationale.

Mais au-delà des applications pratiques, quelque chose d'autre s'est produit ce matin au-dessus du Conservatoire des arts et métiers : pour la première fois, des hommes sont montés dans le ciel non pour s'y montrer ni pour défier la mort, mais pour mesurer, pour noter, pour comprendre. La rigueur scientifique appliquée à l'infini du ciel. C'est, à sa manière, une révolution de la méthode.

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Événement
Événement
1834
Événement
1782
janvier 1782 — Prison de la Force
p 675
Construction de la prison royale de la Force ; vestiges du mur d'enceinte au fond de la cour
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Événement
1808
22 mai 1808 — Maison natale de Gérard de Nerval
p 676
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Événement
1878
5 octobre 1878 — Hôtel Boileau/Café "de la Rive gauche"/Premier Cercle des Hydropathes
p 679-680
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Événement
1848
26 juin 1848
p 681
Sous la butte, trois cents kilomètres de galeries creusées dans le gypse : le plus grand labyrinthe de Paris, et le 26 juin 1848, le plus grand piège. Les carrières de Montmartre sont exploitées depuis l'époque romaine. …

Sous la butte, trois cents kilomètres de galeries creusées dans le gypse : le plus grand labyrinthe de Paris, et le 26 juin 1848, le plus grand piège.

Les carrières de Montmartre sont exploitées depuis l'époque romaine. On en tire le gypse — la pierre à plâtre — qui, au début du XIXe siècle, fournit encore les trois quarts des besoins de la capitale. Sous la butte, les galeries s'enfoncent sur des kilomètres, se croisent, se ramifient, plongent dans le noir. Quiconque connaît les entrées peut s'y perdre — ou s'y cacher.

Le 26 juin 1848, l'insurrection ouvrière agonise. Depuis trois jours, les barricades tombent les unes après les autres sous l'artillerie de Cavaignac. Les derniers foyers de résistance s'éteignent dans le faubourg Saint-Antoine et à la barrière des Amandiers. La bataille est terminée. Ce qui commence est pire.

Des insurgés en fuite se réfugient dans les carrières de Montmartre, du côté de la place Saint-Pierre. Ils sont une centaine, peut-être plus. Les soldats les poursuivent sous terre, avec des torches, dans les galeries de gypse. L'Illustration publiera quelques jours plus tard un dessin de la scène — « les insurgés poursuivis par la troupe dans les carrières Montmartre » — parmi les « derniers épisodes des sanglantes journées de juin ». Le dessin montre des uniformes et des baïonnettes à la lueur des flambeaux, des silhouettes acculées dans les galeries blanches. Les hommes pris sont fusillés sur place.

L'ironie est souterraine, elle aussi : quelques mois plus tôt, ce sont les ouvriers des Ateliers nationaux qui avaient été employés à combler les carrières et à niveler le terrain pour créer la place Saint-Pierre. Le chantier qui leur donnait du travail et le souterrain qui leur sert de tombe sont le même lieu. La République avait ouvert les Ateliers pour occuper les chômeurs ; elle les ferme en juin ; les chômeurs se soulèvent ; on les abat dans les carrières qu'ils ont eux-mêmes remblayées.

Sur l'ensemble de Paris, les exécutions sommaires font environ mille cinq cents morts, auxquels s'ajoutent les trois à cinq mille tués au combat. Onze mille prisonniers sont entassés dans les casemates, les caveaux et les souterrains des Tuileries avant d'être déportés par milliers en Algérie.

Aujourd'hui, la place Saint-Pierre est un square paisible au pied du Sacré-Cœur. En dessous, les galeries ont été injectées de béton depuis 1980. On ne descend plus dans les carrières de Montmartre.

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Événement
1727
1727 — Église St Sulpice/Gnomon de St Sulpice/Méridienne de Paris
p 684
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Événement
Événement
1880
1880 — Cabaret Le Lapin Agile (à Gill)/Cabaret des Assassins (à l'origine, en 1860)/Cabaret "À ma Campagne" (en 1886)
p 694
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Événement
1910
1910 — Cabaret Le Lapin Agile (tenu par Frédé puis par Paulo)
p 694-695
Canular de Roland Dorgelès, qui fait peindre une toile "excessiviste", signée Boronali, anagramme d'Aliboron, par l'âne Lolo avec sa queue ; les critiques d'art vont s'entre-déchirer...
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Événement
Événement
1871
Événement
Date imprécise
p 701
L'activité des boulevard se déplace progressivement vers l'Est et le bd du Temple, où s'installent diverses attractions, dont de nombreux théâtres populaires présentant des drames ; d'où son surnom de Bboulevard du Crime
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Événement
Date imprécise — Prieuré du Temple/Enclos du Temple
p 704
Lieu de plaisirs durant la fin de règne austère de Louis XIV
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Événement
1814
30 mars 1814 — Restaurant "À la Mère Catherine" (de 1793)
p 705
Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé. Le 30 mars 1814, pendant …

Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé.

Le 30 mars 1814, pendant que Joseph Bonaparte signe la capitulation de Paris au Château Rouge et que les élèves de Polytechnique se battent au Père-Lachaise, des cosaques du général Langeron occupent la butte Montmartre. Certains s'attablent au restaurant À la Mère Catherine, 6 rue Norvins, tenu depuis 1793 par Catherine Lamothe.

C'est là, selon la tradition montmartroise, que serait né le mot bistrot. Pressés de repartir, les soldats russes auraient crié bystro !vite ! en russe — à la patronne pour qu'elle serve plus rapidement. Le mot aurait glissé dans l'argot parisien, puis dans la langue.

L'histoire est belle. Elle est aussi presque certainement fausse.

Les linguistes ont relevé que le mot bistrot n'apparaît dans aucun texte français avant 1884 — soit soixante-dix ans après l'occupation cosaque. Difficile d'imaginer qu'un mot d'argot populaire ait attendu sept décennies pour être attesté à l'écrit. La piste concurrente, que Philippe notait dans sa fiche, est plus solide : bistrot dériverait de bistrouille, un café allongé d'alcool bon marché, boisson populaire des campagnes du Nord. Ou peut-être de bistingo, un petit cabaret de bas étage.

À la Mère Catherine existe toujours, place du Tertre — un des plus vieux restaurants de Paris, fondé l'année même où Louis XVI montait à l'échafaud. Il accueille surtout des touristes aujourd'hui, et la plaque qui rappelle l'étymologie cosaque est fièrement visible sur la façade. L'histoire inexacte a parfois plus de vie que l'histoire vraie.

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Événement
1674
1674
p 705
Lieu patibulaire des abbesses de Montmartre, avec potence et carcan ; mais aussi aire d'entraînement de tir à l'arc
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Événement
1798
1798 — Demeure de Mlle Lenormand
p 708-709
Consultations de la célèbre voyante, chez qui accourait le Tout-Paris, dont les dirigeants révolutionnaires
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Événement
1790
30 novembre 1790 — Demeure de Jacques-René Hébert
p 708
Hébert commence la publication du Père Duchesne, initié par Lemaire qui publiait "Les lettres bougrement patriotiques du père Duchesne" et "La trompette du père Duchesne"
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Événement
1792
décembre 1792 — Imprimerie de Jacques-René Hébert
p 708
Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 …

Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 que le souvenir et la topographie tourmentée. C'est dans cet espace résiduel, rebaptisé « cour des Miracles » sur l'impressum du journal, qu'Hébert installe l'imprimerie du Père Duchesne entre les mois de décembre 1792 et d'octobre 1793. L'adresse officielle : « rue Neuve-de-l'Égalité, cour des Miracles ».

Le choix n'est pas anodin. Ce quartier populaire, dense, difficile à surveiller, est le terrain naturel d'un journal qui se veut la voix des sans-culottes. C'est ici que s'impriment, tout au long de l'année 1793, les grandes colères et les grandes joies du Père Duchesne — les numéros 171 à 312, soit près de la moitié de la série. Les crieurs les écoulent ensuite dans les sections, les cafés et les marchés, jusqu'à des tirages qui atteignent parfois 70 000 exemplaires.

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Événement
1794
14 mars 1794 — Imprimerie de Jacques-René Hébert
p 708
Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, les gendarmes du Comité de sûreté générale se présentent au 9 rue des Forges, dans la cour des Forges de Bonne-Nouvelle. C'est ici, dans un lacis de ruelles héritées de l'ancienne Cour …

Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, les gendarmes du Comité de sûreté générale se présentent au 9 rue des Forges, dans la cour des Forges de Bonne-Nouvelle. C'est ici, dans un lacis de ruelles héritées de l'ancienne Cour des Miracles, qu'Hébert a installé depuis quelques mois l'imprimerie du Père Duchesne. Depuis le numéro 313, la feuille ne porte plus l'adresse de la rue Neuve-de-l'Égalité : elle s'est déplacée de quelques pas vers cette cour plus discrète, sans quitter le quartier Bonne-Nouvelle où ses crieurs l'écoulent à des dizaines de milliers d'exemplaires.

Cette nuit-là, c'est fini. Hébert et Ronsin sont arrêtés. Dix jours plus tôt, le 4 mars, les Cordeliers avaient voilé de noir la Déclaration des droits et appelé à l'insurrection contre la Convention — un geste théâtral qui n'avait pas été suivi d'actes. Robespierre et Saint-Just n'ont pas attendu davantage. L'arrestation est l'aboutissement d'un amalgame soigneusement préparé par Fouquier-Tinville : chefs cordeliers, militants de sections et suspects étrangers sont mêlés en une seule et même « conspiration ».

Le procès s'ouvre le 21 mars. Le 24, au soir, dix-neuf condamnés montent sur la charrette. Hébert, qui avait accompagné tant d'autres à l'échafaud avec ses grandes colères imprimées, doit être traîné de force jusqu'à la guillotine. Les presses de la rue des Forges se taisent avec lui — le numéro 358 sera le dernier.

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Événement
Événement
1800
11 janvier 1800 — Les Petites Maisons (asile d'aliénés)
p 712
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Événement
1633
21 février 1633 — Jardin des Plantes
p 723
Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, desti …

Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes

En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, destiné d’abord à fournir des plantes aux apothicaires et à l’enseignement de la médecine. Confié au médecin‑botaniste Guy de La Brosse, ce jardin s’inscrit dans un double projet : renforcer le prestige scientifique de la monarchie et encadrer plus strictement la pratique pharmaceutique, en imposant des drogues « bien identifiées » et contrôlées.

Aménagé hors les murs, sur des terres encore en partie maraîchères, le jardin rassemble progressivement collections de simples, parterres d’acclimatation, serres et un petit cabinet de curiosités naturelles. On y expérimente, on y classe, on y enseigne, dans un esprit encore très marqué par la médecine galénique, mais déjà ouvert à une observation plus systématique des végétaux.

Le 21 février 1633, puis surtout avec les lettres patentes de 1635, l’institution change de dimension : le Jardin Royal des herbes médicinales devient véritablement le Jardin des Plantes, lieu d’étude de l’histoire naturelle au sens large. Le monopole des seuls usages médicinaux recule au profit d’un champ plus vaste où botanique, anatomie comparée et, plus tard, zoologie trouvent leur place.

Ce glissement, voulu par La Brosse et entériné par la monarchie, prépare ce que deviendra, au fil des siècles, le grand établissement scientifique du faubourg Saint‑Victor : un espace où se rencontrent médecine, botanique, exploration du monde et curiosité populaire, bien avant la création officielle du Muséum national d’Histoire naturelle à la Révolution.

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Événement
1871
16 mai 1871
p 728
Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant abse …

Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant absents

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Événement
1810
15 août 1810
p 728
Inauguration de la colonne aux vainqueurs d'Austerlitz, sur laquelle Napoléon se fait représenter en empereur romain, une victoire ailée dans la main droite. Mégalomanie, quand tu nous tiens...
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Événement
Événement
1792
11 août 1792
p 742
La statue équestre de Louis XIV est abattue comme symbole de la monarchie ; elle sera fondue pour fabriquer des canons. Le socle symbolisait Allemagne, Espagne, Hollande et Piémont vaincus
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Événement
1783
26 août 1783
p 743-745
Premiers essais du ballon à gaz de Jacques Charles construit par les frères Robert
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Événement
1407
23 novembre 1407 — Allée aux Arbalétriers/Hôtel Barbette/Hôtel de la Reine
p 745-746
Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à p …

Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à proximité du 38 rue des Francs-Bourgeois, alors qu’il rentre de l’Hôtel Barbette où il avait rendu visite à la reine Isabeau de Bavière. L’attaque, menée par une quinzaine d’hommes sous la direction de Raoul d’Anquetonville et orchestrée par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, est soigneusement préparée. Thomas Courteheuse, valet du roi, joue un rôle dans la conspiration en prévenant le duc d’un faux appel du roi. Louis d’Orléans est tué à coups de hache après avoir été jeté à bas de sa monture. Cet assassinat marque le début d’une guerre civile entre les factions des Bourguignons, menés par Jean sans Peur, et des Armagnacs, partisans de la famille d’Orléans. Ce conflit, alimenté par la folie du roi Charles VI et la rivalité pour le contrôle du royaume, durera environ trente ans et déstabilisera profondément la France en pleine guerre de Cent Ans.

Sources

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Événement
1644
1644 — Maison à colombages
p 747-748
Pastiche de maison moyenâgeuse, que l'on croyait être de 1292, prise longtemps et encore par certains pour la plus vieille maison de Paris
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Événement
1882
1882 — Exposition universelle des Arts incohérents
p 747
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Événement
1565
1565
p 751
Cour de l'ex Hôtel des Tournelles transformée en marché aux chevaux
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Événement
1639
1639 — Hôtel de Loménie de Brienne/Demeure de Marion Delorme
p 751-752
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Événement
1778
Événement
1623
1623 — Demeure du cardinal de Richelieu
p 751
Séjour du cardinal-duc de Richelieu chez son beau-frère, dans un Hôtel appelé à tort "du cardinal de Richelieu", puis qu'il n'appartint qu'à son arrière-petit-neveu, le maréchal de Richelieu
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Événement
Événement
Date imprécise — Hôtel de Chaulnes/Cour remarquable
p 752
Musée des objets insolites en argent dans l'Hôtel de Chaulnes, cour et basse cour typiques du Marais
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