Clinique où mourut Gaston Calmette, directeur du Figaro, tué par la femme du ministre des Finances
Le 16 mars 1914, en fin d'après-midi, Henriette Caillaux se présente au siège du Figaro, rue Drouot. Épouse du ministre des Finances Joseph Caillaux, elle est venue régler une affaire personnelle. Depuis trois mois, le Figaro mène campagne contre son mari, lui imputant tous les maux — plus de cent dix articles l'accablant. Le 13 mars, Gaston Calmette a franchi un pas supplémentaire en publiant une lettre intime que Caillaux avait autrefois adressée à sa première femme, menaçant d'en révéler davantage.
Henriette Caillaux est introduite dans le bureau de Calmette vers 18 heures. Lui demandant s'il sait pourquoi elle est venue, puis sans attendre sa réponse, elle tire six coups de pistolet Browning automatique dans l'abdomen du directeur. Elle ne tente pas de fuir. Transportée à la préfecture dans sa propre voiture — elle a refusé le panier à salade — elle déclare : « Il n'y a plus de justice en France. »
Calmette, mortellement blessé, est transporté à la clinique de la rue Piccini. Il meurt six heures après avoir été atteint.
Le procès s'ouvre le 20 juillet 1914 dans une atmosphère passionnée, faisant la une de tous les journaux, loin devant les affaires balkaniques. Défendue par Fernand Labori — l'avocat de Zola et de Dreyfus — Henriette plaide l'impulsion irrésistible et le crime passionnel. Elle est acquittée par le jury d'assises le 28 juillet 1914. Trois jours plus tard, la France décrète la mobilisation générale.