L'Affiche rouge
Les FTP-MOI de la région parisienne, ou Groupe Manouchian, désignent les unités de la Résistance communiste formées par des immigrés, actives dans la lutte armée contre l'occupant nazi à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Issues de la Main-d'œuvre immigrée (MOI), organisation syndicale d'immigrés communistes rattachée à la CGT, elles naissent officiellement en juin 1942 sous le nom de Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), après la création des FTPF en mars 1942.
Dès la fin août 1941, des militants étrangers s'engagent dans la guérilla urbaine à Paris, sous la direction de l'Espagnol Conrad Miret i Musté, aux côtés de l'Organisation spéciale du PCF. En 1942, les opérations s'intensifient avec des attentats à la grenade contre des détachements allemands. L'année 1943 marque un tournant : après de lourdes pertes chez les FTP parisiens, Boris Holban (alias Olivier), roumain d'origine juive, dirige les FTP-MOI jusqu'en juillet, remplacé par l'Arménien Missak Manouchian. Le triangle de commandement inclut le Tchèque Karel Stefka (responsable politique) et le Catalan Joaquim Olaso Piera (responsable technique). Joseph Davidovitch gère la politique, Alfredo Terragni (dit Secondo) la technique, et Abraham Lissner les cadres.
En août 1943, le groupe compte 65 militants, dont 40 combattants, issus de diverses nationalités : Polonais, Italiens, Juifs, Espagnols, Arméniens, etc. Une « Équipe spéciale » d'élite, avec Marcel Rajman, Raymond Kojitsky, Spartaco Fontanot et Leo Kneller (Allemand antifasciste), repère et élimine des cibles. Entre août et novembre 1943, ils réalisent une trentaine d'actions : sabotages, déraillements de trains, exécutions comme celle du colonel Julius Ritter (responsable du STO) le 28 septembre 1943.
Le 21 octobre 1943, la plupart sont arrêtés suite à une trahison. Dix d'entre eux, dont Manouchian, Rajman et plusieurs Juifs, figurent sur l'Affiche rouge, propagande nazie les qualifiant d'« Armée du crime ». Exécutés par fusillade au Mont Valérien les 21 février et 24 mai 1944, leur sacrifice inspire la Résistance. Les survivants cessent les opérations à Paris après la rafle, contribuant plus tard à la Libération en août 1944 sous Henri Rol-Tanguy[1][3][5].