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28 mars 1910
Événement

Création sous l'égide de Vera Figner d'un comité de révolutionnaires russes destiné à faciliter l'évasion des condamnés aux travaux forcés

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Création sous l'égide de Vera Figner d'un comité de révolutionnaires russes destiné à faciliter l'évasion des condamnés aux travaux forcés
Vera Figner

Au tournant des années 1910, Paris devient un lieu clé de la solidarité internationale avec les révolutionnaires russes. Autour de Véra Figner, ancienne militante de Narodnaïa Volia libérée en 1904 après vingt ans de détention, se met en place un comité de secours aux prisonniers politiques russes condamnés aux travaux forcés. Installée en Europe occidentale, Figner utilise ses réseaux pour créer à Paris une structure chargée de recueillir des fonds, de soutenir les familles des condamnés et, lorsque cela est possible, de faciliter l’évasion ou la fuite de certains militants depuis la Russie vers l’étranger.

Ce comité, souvent désigné comme « Comité de secours aux prisonniers politiques des bagnes russes », s’appuie sur des brochures, des appels publics et des conférences pour alerter l’opinion européenne sur la situation des détenus. La brochure Les Prisons russes, publiée à Grenoble en 1913, décrit en détail l’ampleur de la répression, les conditions de vie dans les établissements pénitentiaires tsaristes et le nombre de prisonniers politiques dispersés des rives de la Baltique jusqu’en Sibérie, afin de légitimer l’action du comité et de justifier la nécessité d’aider les évasions ou les transferts vers l’exil.

Autour de Figner gravite alors un milieu d’émigrés russes à Paris : anciens populistes, socialistes-révolutionnaires, militants passés par la prison ou la déportation. Paris fonctionne comme un centre d’organisation, où se croisent comités de soutien, intellectuels engagés et organisations de défense des droits. Dans ce contexte, la création du comité sous l’égide de Véra Figner est un moment important : elle transforme une expérience personnelle de répression en instrument collectif, en faisant de la capitale française une base arrière pour l’aide aux condamnés des bagnes russes et aux tentatives d’évasion qui ponctuent l’histoire de l’opposition au régime tsariste.

​L'adresse officielle du Comité était établie dans la demeure de D. Aitoff, trésorier du Comité, 13 rue Michelet dan le 6e arrondissement.