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18 mai 1938
Événement

L'église Saint-Pierre-de-Chaillot d'Émile Bois, payée par ses paroissiens, est inaugurée

Église St Pierre de Chaillot
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Pas de photo ici : en France, publier l'image d'un bâtiment dont l'architecte est vivant, ou mort depuis moins de soixante-dix ans, exige son autorisation, même quand il se dresse dans la rue. Paris Révolutionnaire conteste la propriété privée, et tient la propriété intellectuelle pour sa forme la plus absurde : celle qui confisque jusqu'à l'image de ce que chacun voit en passant. Nous nous y plions, faute de mieux. Paris Révolutionnaire

Le 18 mai 1938, le cardinal Verdier inaugure avenue Marceau la nouvelle église Saint-Pierre-de-Chaillot. Émile Bois, architecte en chef de la Ville, y marie les coupoles byzantines au béton des années 1930 ; les fidèles du quartier ont tout payé.

La paroisse remonte au XIe siècle ; en 1789, un sermon réactionnaire de son curé y déclenche une émeute. L'ancienne église, plus petite, ouvrait sur la rue de Chaillot ; elle est démolie en deux fois à mesure que s'élève la nouvelle, et il n'en reste qu'une statue, la Vierge de Chaillot. Le cardinal Verdier a fondé en 1931 les Chantiers du Cardinal pour financer les églises du diocèse ; avenue Marceau, les paroissiens du 16e arrondissement ont réglé eux-mêmes la facture.

Émile Bois a bâti aussi les HBM de la rue Abel et la piscine de la Butte-aux-Cailles. À Chaillot, il dresse sur l'avenue un clocher de 65 mètres et une façade massive, percée de petites fenêtres carrées, qui a des airs de forteresse médiévale. Dessous, une église basse en croix grecque, aux gros piliers, sert de crypte ; son autel dédié aux morts de la Grande Guerre lui donne un aspect de catacombe. Dessus, l'église haute reprend la croix grecque sous une coupole centrale et quatre coupoles plus petites. Les verrières sont de Mauméjean, les fresques de Nicolas Untersteller.

Le grand tympan du porche, qui raconte la vie de saint Pierre, est d'Henri Bouchard. Trois ans plus tard, en 1941, le sculpteur fait partie des artistes invités en Allemagne par l'occupant ; il en revient ébloui par « la vie presque féerique que le gouvernement du Reich sait faire à ses artistes ». Membre du Groupe Collaboration, il est reconnu comme collaborateur à la Libération par le Front national des arts, que préside Picasso ; le parquet classe ensuite son dossier. L'église est inscrite aux monuments historiques en 2016.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.