Le 22 mai 2021, la Bourse de commerce rouvre en musée d'art contemporain : celui de la collection de François Pinault, l'une des premières fortunes du monde. La Ville de Paris, qui avait cédé le bâtiment pour un franc symbolique en 1949, l'a racheté 86 millions d'euros pour le lui louer cinquante ans.
Sous sa coupole, l'ancienne halle au blé, devenue Bourse de commerce en 1889, a vu se négocier à la criée les blés, les farines, les sucres, puis le cacao et le café, jusqu'en 1998. Sa fresque de 1889, longue de 140 mètres, célèbre le commerce entre les cinq parties du monde, au temps où l'industrialisation de la France se fonde en partie, rappelle le critique Philippe Dagen, « sur la colonisation en Afrique et en Indochine ». En 1974, un entrepreneur breton y place 300 000 francs sur le sucre ; avec l'envolée des cours, il empoche une plus-value de 100 millions de francs. Il s'appelle François Pinault.
L'homme d'affaires a bâti depuis Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga) et la holding Artémis (Christie's, Le Point, le château Latour). Après avoir renoncé à son musée de l'île Seguin, il expose à Venise, au palais Grassi et à la Punta della Dogana, tous deux réaménagés par Tadao Andō. Sa collection n'est pas une fondation : elle appartient à une société commerciale de son groupe.
En 2014, la Ville lance l'appel à projets « Réinventer Paris ». La Chambre de commerce, propriétaire depuis 1949, trouve l'édifice coûteux à entretenir ; elle le revend à la Ville pour 86 millions d'euros. Le 27 avril 2016, à l'Hôtel de Ville, Anne Hidalgo annonce l'arrivée de la collection Pinault : la holding familiale reçoit un bail emphytéotique de cinquante ans et prend à sa charge les travaux, estimés à 108 millions. Andō glisse sous la coupole un cylindre de béton de 30 mètres de diamètre et 9 de haut, « un bâtiment dans le bâtiment », avec l'architecte en chef des monuments historiques Pierre-Antoine Gatier ; un restaurant étoilé occupe le troisième étage.
Jusqu'en 2014, chaque nuit de Noël, la rotonde accueillait le réveillon que l'association Noël aux Halles offrait aux personnes âgées du centre de Paris. En juin 2021, un mois après l'ouverture du musée, l'hebdomadaire Marianne révèle les mauvaises conditions de travail de ses agents d'accueil, employés par un prestataire.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.