Derrière le nom presque folklorique de « Cagoule » se cache l'une des entreprises les plus violentes de l'entre-deux-guerres. Son vrai nom : le Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR). Son but : abattre la République, qu'elle juge livrée aux communistes depuis la victoire du Front populaire en 1936.
Fondée par l'ingénieur Eugène Deloncle, transfuge d'une Action française jugée trop tiède, la Cagoule recrute dans l'armée, la police, les milieux d'affaires et l'aristocratie. Organisée en cellules cloisonnées, elle amasse des armes, aménage des caches dans des hôtels particuliers parisiens et dresse des listes de futures victimes.
En 1937, elle passe à l'acte. En juin, ses tueurs assassinent les frères Rosselli, antifascistes italiens réfugiés en France. Le 11 septembre, deux bombes soufflent les sièges du patronat, rue de Presbourg et rue Boissière, près de l'Étoile : l'attentat, maquillé, doit être imputé aux communistes pour provoquer la réaction. Le soulèvement armé, prévu pour la nuit du 15 au 16 novembre, échoue faute du signal attendu.
Le ministre de l'Intérieur Marx Dormoy démantèle le réseau à l'automne 1937 ; des dizaines de cagoulards sont arrêtés. La guerre interrompt les procès. Beaucoup se retrouveront sous l'Occupation — les uns dans la collaboration (Deloncle fonde le Mouvement social révolutionnaire), les autres dans les officines de Vichy ; Dormoy, lui, sera assassiné en 1941 par d'anciens cagoulards.
La Cagoule reste le symbole de ces années où une frange de la droite française rêva, les armes à la main, d'en finir avec la démocratie.
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