Le 28 septembre 2005, la Cinémathèque française ouvre au 51 rue de Bercy. Son bâtiment, signé Frank Gehry, a été construit en 1994 pour le centre culturel américain, que le coût des travaux a mis à genoux en deux ans.
L'American Center était depuis 1934 le centre culturel du gouvernement américain à Paris, boulevard Raspail. Dans les années 1960 et 1970, c'est un lieu vivant : en 1963, le pop art y est montré pour la première fois en Europe, avec Andy Warhol ; de 1964 à 1973, les hootenannies de Lionel Rocheman y font débuter Alan Stivell ou Graeme Allwright ; Merce Cunningham, John Cage ou Trisha Brown y sont accueillis. En 1986, il quitte le boulevard Raspail, dont la Fondation Cartier rachète le terrain, et part pour Bercy. Le bâtiment de Frank Gehry ouvre en 1994 ; le coût des travaux entraîne des difficultés financières, et l'American Center ferme en 1996. La vitrine culturelle des États-Unis à Paris n'a pas survécu à son propre bâtiment. Vingt ans plus tard, Gehry dessinera pour LVMH la Fondation Louis Vuitton, où l'argent ne manque pas.
La Cinémathèque, elle, a connu bien des adresses. Fondée en 1936 par Henri Langlois, avec l'appui d'Yvonne Dornès, chargée du cinéma dans le gouvernement Blum, elle cache pendant la guerre une partie de ses films dans des châteaux du Lot. Dans sa salle de l'avenue de Messine, ouverte en 1948, se rencontrent Truffaut, Godard, Rivette et Rohmer ; elle passe rue d'Ulm en 1955, puis au palais de Chaillot en 1963, grâce aux crédits d'André Malraux.
En février 1968, sous la pression du ministère des Finances, Malraux renvoie Langlois. Les cinéastes se lèvent : Abel Gance, Truffaut, Resnais, Godard, Chris Marker, Jean Rouch, Joris Ivens forment un comité de défense, Chaplin et Kubrick apportent leur soutien, on manifeste. Le 22 avril, Langlois est réintégré, quelques jours avant Mai 68. Il meurt en 1977 et repose au cimetière du Montparnasse.
Suivent des années d'errance : en 1980, un incendie détruit des milliers de bobines dans un entrepôt des Yvelines ; le projet d'une maison du cinéma au palais de Tokyo est abandonné ; le toit de Chaillot brûle en 1997. Le 30 juin 1998, la ministre de la Culture Catherine Trautmann choisit l'ancien American Center. La Cinémathèque y fusionne avec la Bibliothèque du film et ouvre en 2005 ; elle reçoit 440 000 visiteurs la première saison et conserve plus de 40 000 films.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.