De 1849 à 1857, la princesse Mathilde, cousine du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, loue au 10 rue de Courcelles un hôtel bâti en 1812 par Bernard Poyet. Elle fait construire au jardin une salle de bal pour recevoir « impérialement » le chef de la IIe République.
Le terrain avait appartenu au financier Bouret de Vézelay, trésorier général de l'artillerie et du génie et « grand spéculateur immobilier » de la fin de l'Ancien Régime. L'architecte Bernard Poyet y élève l'hôtel en 1812. En 1849, son propriétaire, Auguste Taigny, le loue à Mathilde Bonaparte, qui vient de divorcer du comte Anatole Demidoff ; le comte de Nieuwerkerke a choisi la maison, pour lui faire oublier « la triste aventure de son mariage ». Elle y revoit son cousin, « qui n'était encore que le Prince-Président ». Le 2 décembre 1851, le chef de la IIe République met fin par un coup d'État à la République qu'il présidait. Devenu empereur, il achète en 1857 pour sa cousine l'hôtel de Bragance, plus haut dans la même rue, à l'emplacement des actuels n° 24 à 28 : c'est là qu'elle tient son premier salon, jusqu'à la chute de l'Empire.
L'hôtel passe ensuite au général américain Charles Sherrill, ambassadeur à Constantinople, qui y donne « de brillantes réceptions », puis, dans les années 1970, au baron Élie de Rothschild et à la baronne Liliane. Ses façades et toitures sont inscrites aux monuments historiques en 1975.
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