En 1877 ouvre au 28 rue Buffault une synagogue de rite séfarade, bâtie par des juifs venus de Bordeaux, de Bayonne, du Comtat ou de l'Empire ottoman, qui n'avaient pas trouvé leur place dans la toute proche synagogue de la Victoire.
Au XIXe siècle, Paris compte deux communautés juives : l'une de rite allemand, venue d'Alsace et des pays rhénans, l'autre de rite séfarade, originaire du Portugal et de l'Empire ottoman. On veut les fondre dans un rite français pour la nouvelle synagogue de la Victoire, mais les désaccords persistent, jusque sur la place de l'estrade de l'officiant : la Victoire sera de rite allemand. En 1875, les séfarades fondent leur propre société et achètent rue Buffault une ancienne salle de danse aux arcades mauresques. Gustave de Rothschild figure parmi les donateurs, mais surtout Cécile Furtado-Heine, Eugène Pereire et les Camondo ; le banquier Daniel Iffla, dit Osiris, complète la somme.
L'architecte Stanislas Ferrand, connu aussi pour ses maisons économiques et ses écrits sur les loyers à bon marché, en confie les détails à Albert Le Roy de Bonneville. De style romano-byzantin, la synagogue accueille 900 fidèles, 600 hommes en bas et 300 femmes dans les galeries. En 1905, avec la séparation des Églises et de l'État, la communauté la donne au Consistoire ; elle réunit surtout aujourd'hui des juifs originaires de la région d'Oran.
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