En 1941, le Parti communiste français (PCF) installe un atelier clandestin de fabrication de postes radio-émetteurs au 190 avenue Jean Jaurès à Paris, dans le 19e arrondissement. Cet atelier est créé sous la direction de Charly Villard, avec la collaboration technique de Fernand Pauriol, alias « André », et de Marcel Engros, ancien radio de la marine marchande. L’objectif est de produire des émetteurs-récepteurs pour les besoins de la Résistance, notamment pour assurer les liaisons avec la direction du PCF en zone sud et avec des partis étrangers. L’atelier permet également de former de nouveaux opérateurs radio.
L’activité de cet atelier s’inscrit dans le contexte de la clandestinité imposée au PCF après l’interdiction du parti en 1939 et l’occupation allemande. Les appareils fabriqués servent à maintenir des communications secrètes, essentielles pour la coordination de la Résistance. Marcel Engros, recruté pour ses compétences techniques, est chargé de la fabrication de deux postes destinés à la direction du PCF en zone sud, puis envoyé à Lyon pour former des opérateurs. À son retour à Paris, il est arrêté par la police française en février 1942, ce qui met en péril la sécurité de l’atelier. Une perquisition a lieu au domicile de Charly Villard, mais les policiers ne parviennent pas à identifier immédiatement le matériel compromettant, permettant à l’épouse de Villard d’alerter Pauriol, qui récupère le matériel sensible.
L’implication du GRU soviétique et le lien avec le réseau de renseignement dit « Orchestre Rouge » ne sont pas explicitement documentés dans les sources consultées. L’atelier fonctionne jusqu’à l’arrestation d’Engros, qui marque un tournant dans l’activité clandestine du PCF en matière de communications radio.