Manifestation antinazie dans le lycée

Lycée Buffon

Lycée Buffon

Manifestation antinazie dans le lycée ; cinq élèves seront fusillés le 8 février 1943 au stand de tir de Baltard.

Jeudi 16 avril 1942, dix heures et quart. Dans la cour des grands du lycée Buffon, une cinquantaine d'élèves se regroupent, bientôt rejoints par autant d'extérieurs venus des lycées voisins. Un mot d'ordre : « Libérez Burgard ». Raymond Burgard, leur professeur de lettres, fondateur du mouvement de résistance Valmy, a été arrêté le 2 avril par l'Abwehr. Ses élèves refusent de laisser passer. Ils chantent La Marseillaise — strictement interdite — puis se dispersent quand un surveillant ferme les grilles et alerte la police.

La manifestation a duré quelques minutes. Ses conséquences, trois ans. Cinq des organisateurs, tous adhérents des FTP, ont déjà fondé une petite imprimerie clandestine dans les soupentes de la capitale : Jacques Baudry (vingt ans), Pierre Benoît (dix-sept ans), Pierre Grelot (dix-neuf ans, il fête son anniversaire ce jour-là), Lucien Legros (dix-huit ans) et Jean-Marie Arthus (dix-sept ans). Benoît et Legros basculent le soir même dans la clandestinité ; les autres suivent dans les semaines qui viennent.

Arrêtés entre juin et août 1942, torturés à La Santé, transférés à Fresnes après un procès expédié devant le tribunal de la Luftwaffe le 15 octobre. Condamnés à mort. Le 8 février 1943, vers onze heures, ils sont fusillés au stand de tir de Balard, à quelques rues de leur lycée. Leurs corps sont jetés en fosse commune à Ivry, puis incinérés en 1952 ; les urnes reposent dans la crypte de la chapelle de la Sorbonne. Burgard sera décapité à Cologne le 15 juin 1944. Sur la façade du 16 boulevard Pasteur, une plaque porte leurs cinq noms.

Bibliographie