Mariage de [[Molière|doc:moliere.WebHome]] avec [[Armande Béjart|doc:armande-bejart.WebHome]], de 20 ans sa cadette, alors qu'il avait été l'amant de sa sœur [[Madeleine|doc:madeleine-bejart.WebHome]], ou de sa mère, saura-t-on jamais... Beau sujet de comédie !
Le 20 février 1662, en l’église Saint‑Germain‑l’Auxerrois, Jean‑Baptiste Poquelin, dit Molière, épouse Armande Béjart, de vingt ans sa cadette. La scène se déroule à deux pas du Louvre, au cœur du quartier du pouvoir royal, pour un couple qui incarne déjà le théâtre de cour et les querelles qu’il suscite. Armande a grandi dans la compagnie de l’Illustre Théâtre, entre coulisses et tournées de province ; elle est officiellement la fille de Joseph Béjart, mais la rumeur en fait parfois la fille, parfois la sœur de Madeleine Béjart, la grande partenaire – et longtemps probable compagne – de Molière.
Ce mariage alimente aussitôt les cancans : Molière aurait été l’amant de Madeleine, voire de la mère d’Armande, ce qui ferait de cette union une quasi‑inceste comique – « beau sujet de comédie », ne manque‑t‑on pas de remarquer. Les ennemis du dramaturge, jansénistes et dévots, exploitent cette situation pour dénoncer l’immoralité d’un homme qui prétend corriger les mœurs en ridiculisant maris, médecins et faux dévots.
Sur le plan intime, l’union sera orageuse : jalousies, infidélités supposées, éloignements, réconciliations, dans un climat où vie conjugale et vie de troupe sont indissociables. Mais elle donne aussi naissance à une lignée de comédiens, et place Armande au centre de la vie de la troupe du [[Palais‑Royal|doc:palais-royal.WebHome]], entre direction artistique et gestion des droits après la mort de Molière.
Ainsi, en ce jour de février 1662, sous les voûtes de Saint‑Germain‑l’Auxerrois, se joue à la fois un épisode de comédie sociale, un scandale mondain et un moment clé de l’histoire du théâtre français, où la vie des comédiens rivalise en rebondissements avec les pièces qu’ils donnent à voir.