Marthe Francillon-Lobre (1873-1956) occupe une place pionnière dans l’histoire de la médecine parisienne et du combat pour l’égalité professionnelle. Née à Paris, elle franchit en 1901 un seuil décisif : première femme reçue à l’internat des hôpitaux de Paris, elle ouvre la voie à toute une génération de femmes médecins confrontées, à la Belle Époque comme sous la Troisième République, à un milieu hospitalier encore largement masculin.
Spécialisée en gynécologie, radiothérapie et pédiatrie, Marthe Francillon développe d’importantes recherches sur la santé des femmes, la stérilité et la puberté féminine. Installée dans la capitale, elle intervient comme médecin des hôpitaux tout en menant une carrière scientifique saluée par ses pairs. Engagée au sein de la Société de Pédiatrie — dont elle deviendra présidente —, elle contribue à la transformation des pratiques hospitalières et éducatives à Paris au tournant du XXe siècle.
Son engagement va au-delà de la clinique : Francillon publie des ouvrages remarqués sur l’hygiène féminine et la santé publique, et participe à la modernisation du statut des femmes dans la profession médicale. Mariée au peintre Maurice Lobre, elle inscrit ainsi son nom parmi les grandes pionnières du féminisme médical parisien, dont l’œuvre demeure aujourd’hui comme un jalon méconnu mais décisif de l’histoire sociale et scientifique de la capitale.