Honoré Riquetti de Mirabeau , Portrait par Joseph Boze, 1789
Honoré-Gabriel Riqueti [ou Riquetti] de Mirabeau, comte de Mirabeau, est un écrivain, diplomate, journaliste et homme politique français, figure majeure de la Révolution française. Né le 9 mars 1749 au château de Bignon-Mirabeau dans le Loiret, il est le fils du marquis Victor Riquetti de Mirabeau, économiste physiocrate surnommé « l’ami des hommes ». Issu d’une famille noble provençale, il grandit dans un milieu marqué par les tensions familiales et les idées des Lumières.
Sa jeunesse est tumultueuse, rythmée par le libertinage et les conflits. Après des études militaires, il épouse en 1772 Émilie de Monnier, mais entame vite une liaison passionnée avec Sophie du Ruffey, femme du marquis de Monnier. En 1776, ils fuient ensemble aux Provinces-Unies, où ils sont arrêtés. Condamné à mort par contumace pour rapt et séduction, Mirabeau est incarcéré à la citadelle de l’île de Ré, puis au château de Vincennes de 1777 à 1780. Durant cette période, il rédige Les Lettres de cachet et Lettres à Sophie, dénonçant l’arbitraire royal. Libéré, il plaide contre son père et son épouse, obtenant une séparation de corps et de biens.
À partir de 1788, Mirabeau s’engage en politique. Élu député du tiers état aux États généraux en 1789 pour Aix-en-Provence, il devient l’un des leaders de l’Assemblée nationale. Le 23 juin 1789, il prononce la célèbre formule : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes », défiant le roi Louis XVI. Orateur brillant, il défend une monarchie constitutionnelle sur le modèle anglais, avec un partage des pouvoirs. Il obtient l’inviolabilité des députés et un veto suspensif pour le roi, malgré ses propres ambitions ministérielles contrariées par l’Assemblée en novembre 1789. Secrètement payé par la cour, il tente de réconcilier révolution et royauté, tout en publiant des pamphlets comme Essai sur le despotisme (1775).
Élu président de l’Assemblée constituante le 30 janvier 1791, il meurt épuisé le 2 avril 1791 à Paris, à 42 ans, des suites d’une vie d’excès. Ses funérailles au Panthéon honorent initialement sa mémoire, avant sa radiation posthume. Sa dépouille sera transférée à St Étienne du Mont puis au cimetière de Clamart.
France
Né(e) à Bignon-Mirabeau (9 mars 1749) – Mort(e) à Paris (2 avril 1791)
Écrivain, diplomate, journaliste, homme politique, orateur révolutionnaire