Claude Debussy, BnF
Claude Debussy meurt le 25 mars 1918 au 24 square de l'avenue Foch, d'un cancer du rectum diagnostiqué depuis 1909. Il a cinquante-cinq ans. Paris est bombardé depuis deux jours par la Grosse Bertha — le canon allemand dont les obus traversent la stratosphère depuis 126 kilomètres. Les habitants fuient la ville. Debussy, lui, ne peut plus bouger.
Il avait passé ses dernières années à composer malgré la maladie, la guerre, et la douleur physique qui rendait le travail de plus en plus difficile. Ses dernières œuvres — les trois sonates pour différentes combinaisons d'instruments — portent la signature d'un homme qui sait qu'il n'a plus beaucoup de temps et qui s'y mesure. Il avait aussi entamé une série de six sonates dont seules trois furent achevées.
La guerre l'avait ébranlé profondément. Patriote sincère, il avait voulu s'engager mais son état de santé le lui interdisait. Il signait ses dernières partitions Claude Debussy, musicien français — geste d'affirmation identitaire dans un contexte où la musique allemande dominait encore l'Europe.
Les funérailles ont lieu dans une ville à moitié vide, sous les obus. Le cortège emprunte des rues désertes pour rejoindre le cimetière de Passy, où il est enterré. Pas de grande cérémonie — la guerre ne le permettait pas.
Il est toujours au cimetière de Passy, 14e division, à deux pas de l'avenue Foch où il avait vécu ses dernières années.