Nadar


Autoportrait de Félix Nadar, vers 1900

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar, naît à Paris en avril 1820, bien que certaines sources évoquent Lyon. Fils d’un imprimeur et libraire, il entame des études de médecine qu’il abandonne après la mort de son père. Il se tourne alors vers le journalisme, la caricature et la littérature, fréquentant les cercles bohèmes parisiens aux côtés de Gérard de Nerval, Charles Baudelaire et Théodore de Banville. C’est dans ce milieu qu’il adopte le pseudonyme Nadar, dérivé de « Tournadar », un surnom donné par ses amis. Il publie ses premiers dessins dans Le Charivari en 1848, fonde La Revue comique à l’usage des gens sérieux en 1849, puis dirige Le Petit Journal pour Rire.

Nadar se lance dans la photographie en 1853 et ouvre un studio à Paris en 1854. Il se distingue par son refus des décors traditionnels, privilégiant la lumière naturelle et des poses sobres, ce qui révolutionne le portrait photographique. Il immortalise de nombreuses personnalités de son temps : écrivains (Victor Hugo, George Sand, Alexandre Dumas), artistes (Eugène Delacroix, Jean-François Millet), musiciens (Franz Liszt, Giuseppe Verdi) et acteurs (Sarah Bernhardt). En 1886, il réalise avec son fils Paul ce qui est considéré comme le premier photo-reportage, un entretien avec le chimiste centenaire Michel Eugène Chevreul, publié dans Le Journal illustré.

Passionné d’aérostation, Nadar construit en 1863 le ballon Le Géant, haut de 40 mètres, dont les ascensions spectaculaires inspirent Jules Verne. Il préside la Société d’encouragement de la locomotion aérienne, dont Verne est secrétaire. Pendant le siège de Paris en 1870-1871, il organise des vols de ballons pour acheminer le courrier, créant ainsi le premier service postal aérien. En 1874, il met son studio à disposition pour la première exposition des impressionnistes, contribuant à leur reconnaissance.

Nadar cède son studio parisien à son fils Paul en 1895, s’installe à Marseille où il ouvre un nouvel atelier, puis revient à Paris en 1909. Il meurt le 20 mars 1910 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Son fils poursuit l’activité du studio. Nadar laisse une œuvre photographique majeure, marquée par l’innovation technique et esthétique, ainsi qu’un engagement constant en faveur des arts et des sciences.

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