Pauline Roland


Pauline Roland, née le 7 juin 1805 à Falaise (Calvados) et morte le 16 décembre 1852 à Lyon, est une figure majeure du féminisme et du socialisme français du XIXe siècle. Fille d’une receveuse des postes, elle bénéficie d’une éducation soignée grâce à l’insistance de sa mère. Initiée très tôt aux idées saint-simoniennes par l’un de ses professeurs, elle devient une adepte enthousiaste de cette philosophie sociale. Installée à Paris à partir de 1832, elle collabore à des journaux féministes naissants et publie des ouvrages d’histoire sur la France, l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande.

Proche de George Sand et de Pierre Leroux, elle rejoint en 1847 la communauté fouriériste de Boussac, où elle enseigne et écrit pour L’Éclaireur de l’Indre. Elle vit en union libre avec Jean-François Aicard pendant douze ans, refusant le mariage traditionnel au nom de l’égalité des sexes, et élève seule ses enfants, leur transmettant son nom. Après la mort de Flora Tristan en 1844, elle prend également en charge sa fille Aline, future mère de Paul Gauguin.

De retour à Paris, Pauline Roland s’engage activement dans le mouvement féministe et socialiste, collaborant notamment avec Jeanne Deroin et Désirée Gay. Elle dirige le Club républicain des femmes en 1848 et fonde, avec Deroin et Gustave Lefrançais, l’Association des instituteurs, institutrices et professeurs socialistes, défendant l’égalité des sexes dans l’éducation et le maintien des femmes dans la vie professionnelle. En octobre 1849, elle est élue au comité central par les délégués de plus de cent professions, incarnant l’espoir d’un renouveau coopératif.

Arrêtée en mai 1850 pour ses activités politiques, elle est emprisonnée sept mois, victime d’attaques virulentes lors de son procès. Libérée, elle participe à la résistance parisienne au coup d’État du 2 décembre 1851, ce qui lui vaut une condamnation à la déportation en Algérie. Grâce à l’intervention de George Sand et de Pierre-Jean de Béranger, elle est libérée prématurément, mais meurt peu après, épuisée par les conditions de détention, alors qu’elle rentrait retrouver ses enfants.

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