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1962
Événement

Persitz et Héaume bâtissent rue de la Roquette la synagogue Don Isaac Abravanel des Juifs d'Orient

Synagogue Don Isaac Abravanel
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Pas de photo ici : en France, publier l'image d'un bâtiment dont l'architecte est vivant, ou mort depuis moins de soixante-dix ans, exige son autorisation, même quand il se dresse dans la rue. Paris Révolutionnaire conteste la propriété privée, et tient la propriété intellectuelle pour sa forme la plus absurde : celle qui confisque jusqu'à l'image de ce que chacun voit en passant. Nous nous y plions, faute de mieux. Paris Révolutionnaire

En 1962, les Juifs d'Orient du quartier de la Roquette inaugurent leur nouvelle synagogue au 84-86 rue de la Roquette : une façade de béton ajourée d'étoiles de David. Elle est l'œuvre de deux architectes modernes, Arthur-Georges Héaume et Alexandre Persitz, rescapé d'Auschwitz.

Au début du XXe siècle, des Juifs venus de Turquie, de Salonique et d'Égypte s'installent rues Popincourt et Sedaine, et s'y font grossistes en linge de maison. Ils prient d'abord, en 1909, dans l'arrière-salle d'un café, Le Bosphore, rue Sedaine, en hébreu et en judéo-espagnol, puis, en 1913, dans la synagogue du 7 rue Popincourt, un ancien cinéma. Beaucoup s'engagent dans l'armée française en 1914 ; en 1935, le président Albert Lebrun inaugure rue de la Roquette un monument à leurs morts. Sous l'Occupation, Vichy livre aux nazis ces Juifs ottomans, traités en étrangers : plusieurs centaines de familles sont raflées et périssent dans les camps.

À la Libération, l'Association cultuelle séfaradite décide de bâtir, sur le terrain du monument, une synagogue plus grande, qui portera le nom du philosophe Don Isaac Abravanel. Né à Moscou en 1910, réfugié à Paris en 1919, Alexandre Persitz a été arrêté par la Gestapo en mars 1944 et déporté à Auschwitz par le convoi 71 ; il s'est évadé d'un convoi pendant un bombardement. Avec Arthur-Georges Héaume, il a déjà signé en 1956 le Mémorial du martyr juif inconnu. Leur synagogue se tient en retrait, entre deux immeubles hauts : une cour, puis une façade en claustra de béton formée d'étoiles de David, les Tables de la Loi en marbre noir au-dessus de l'entrée. À l'intérieur, la bimah est au centre, selon l'usage séfarade.

Inaugurée par Edgard Abravanel, descendant du philosophe, la synagogue accueille aujourd'hui surtout des Juifs originaires du Maroc. En 2008, la communauté y rend hommage à Bernardo Rolland y Miota, consul général d'Espagne à Paris de 1939 à 1943, qui protégea nombre de Juifs judéo-espagnols. Le 13 juillet 2014, une manifestation contre l'opération israélienne Bordure protectrice dégénère devant ses portes en échauffourées entre militants propalestiniens et militants de la Ligue de défense juive et du Betar ; après les attentats de 2015, un mur remplace la grille de la cour.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.