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Personnage

Pierre Leroux

Naissance 7 avril 1797 · Paris, France
Décès 12 avril 1871 · Paris, France
Destin exilé

Biographie

Pierre Henri Leroux naît le 7 avril 1797 à Paris, dans le quartier de Bercy. Son père est limonadier, sa famille modeste. Boursier brillant au lycée Charlemagne, il doit renoncer à l'École polytechnique à la mort de son père en 1815 et entre comme apprenti typographe — un métier qui le place au carrefour des idées et des combats de son temps.

En 1824, il cofonde Le Globe avec Paul-François Dubois, journal qui deviendra l'organe des libéraux sous la Restauration puis celui des saint-simoniens à partir de 1830. Leroux adhère au mouvement de Saint-Simon mais rompt dès 1831, refusant la dérive mystique de Prosper Enfantin. C'est dans la Revue encyclopédique, vers 1833-1834, qu'il emploie le mot « socialisme » pour désigner une pensée opposée à l'individualisme — le terme existait peut-être en anglais, mais c'est Leroux qui lui donne en français son contenu philosophique.

Sa pensée est ambitieuse et difficile à résumer. Il veut réconcilier philosophie et religion, individu et société, progrès et tradition. Sa doctrine de la « triade » — sensation, sentiment, connaissance — et ses spéculations sur la métempsycose et la « circulus » (cycle universel de la matière) déconcertent même ses proches. Mais sa vision d'une humanité solidaire, où chacun est responsable de tous, exerce une influence considérable sur la gauche française.

George Sand est sa plus fidèle lectrice et amie. Leur relation intellectuelle, nouée vers 1835, transforme l'œuvre de Sand — Consuelo, Le Meunier d'Angibault, Spiridion portent la marque de Leroux. Il fonde en 1840 la Revue indépendante avec Sand et Louis Viardot, puis l'Encyclopédie nouvelle avec Jean Reynaud.

En 1848, il est élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante et siège à la Montagne. Ses interventions sont remarquées — il défend le droit au travail, l'abolition de la peine de mort, l'instruction gratuite et obligatoire. Mais le coup d'État du 2 décembre 1851 le jette en exil. Il rejoint Victor Hugo à Jersey, où les deux hommes se fréquentent assidûment. Hugo l'admire et s'en inspire — Les Misérables doivent quelque chose à Leroux.

L'exil dure dix-huit ans — Jersey, puis Lausanne. Leroux vit dans la pauvreté, écrit, invente une machine typographique (le « pianotype »), poursuit ses travaux philosophiques dans un isolement croissant. Il rentre en France après l'amnistie de 1869, vieilli, malade, oublié par presque tout le monde.

Il meurt le 12 avril 1871 au 168 boulevard du Montparnasse, en pleine Commune de Paris — cette révolution sociale dont il avait théorisé les fondements sans jamais la voir advenir de son vivant. Trop fatigué pour y participer, il n'a renié aucune de ses idées. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Son influence, souterraine mais profonde, court de Sand à Jaurès. Il est l'un des penseurs qui ont donné au socialisme français son caractère moral et humaniste — moins scientifique que Marx, moins systématique que Proudhon, mais convaincu que la question sociale était d'abord une question de solidarité humaine.

France Né à Paris (6 avril 1797) – Mort à Paris (12 avril 1871) Éditeur, philosophe, homme politique, typographe, écrivain, théoricien du socialisme

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Chronologie des événements liés

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