Pour l'Exposition de 1937, Auguste Perret élève sur la colline de Chaillot un palais de béton destiné au musée des Travaux publics. Le musée fermera faute de visiteurs ; le palais, lui, passera d'assemblée en assemblée.
Auguste Perret espérait reconstruire le palais du Trocadéro ; il a perdu ce projet. Il se rattrape à l'angle de l'avenue d'Iéna et de l'avenue du Président-Wilson, avec un palais bâti par l'entreprise familiale, la Société des grands travaux en béton des frères Perret. Le musée national des Travaux publics ouvre en mars 1939 dans une première aile ; la guerre ralentit le chantier, et la rotonde n'est achevée qu'en 1943. Elle abrite un hémicycle de trois cents places sous une double coupole ; dans le hall, un monumental escalier suspendu dessine un fer à cheval.
En 1955, le musée ferme, « par manque d'attractivité ». L'année suivante s'installe l'Assemblée de l'Union française, nom que la IVe République a donné à son empire colonial ; cette assemblée, qui n'a qu'un rôle consultatif, réaménage l'hémicycle à sa mesure. À sa disparition, le Conseil économique et social prend la place, en 1959 ; Paul Vimond, élève de Perret, bâtit la seconde aile à partir de 1960. La partie de Perret est classée monument historique en 1993.
En décembre 2018, en pleine mobilisation des Gilets jaunes, le Conseil, devenu « économique, social et environnemental », tire au sort des citoyens pour la première fois. En octobre 2019, c'est au palais d'Iéna que s'ouvre la Convention citoyenne pour le climat : cent cinquante citoyens tirés au sort, dont le président de la République s'est engagé à soumettre les propositions « sans filtre » au Parlement, au référendum ou au règlement. En juin 2020, ils en remettent 149. Emmanuel Macron en écarte trois, ses « jokers » ; des 146 restantes, Le Monde compte en février 2021 une majorité de mesures reprises en partie seulement, et 28 écartées. Depuis décembre 2022, le palais accueille une autre Convention citoyenne, sur la fin de vie.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.