La famille Mozart, Johann Nepomuk della Croce, 1780
Première demeure, très inconfortable, de Mozart avec sa mère lors de son séjour à Paris en 1778. On lui proposera un poste d'organiste à Versailles qu'il refuse.
Le 23 mars 1778, Wolfgang Amadeus Mozart arrive à Paris avec sa mère Anna Maria. Il a vingt-deux ans, c'est son troisième séjour dans la ville — il y était venu enfant, en prodige, adulé des salons. Cette fois, il arrive comme musicien cherchant un emploi, sans le prestige de la nouveauté.
Leur logement rue du Bourg l'Abbé est, de l'aveu même de Mozart dans ses lettres à son père, sombre, exigu et inconfortable. Paris le déçoit. Les nobles qu'il sollicite le font attendre des heures dans des antichambres glacées, lui font des promesses qu'ils n'honorent pas. On lui propose un poste d'organiste à Versailles — stable, bien rémunéré, respectable. Il refuse. Ce n'est pas ce pour quoi il est venu.
Ce séjour parisien se terminera dans le deuil. Le 3 juillet 1778, Anna Maria Mozart meurt dans leur chambre de la rue du Gros-Chenet — probablement d'une fièvre typhoïde. Mozart, qui avait retardé d'écrire à son père pour lui annoncer la gravité de l'état de sa mère, doit lui apprendre à la fois la maladie et la mort. La lettre qu'il écrit ce soir-là est l'une des plus déchirantes de sa correspondance.
Il quitte Paris en septembre, sans poste, sans succès notable, avec le souvenir d'une ville qui ne l'avait pas voulu. La Symphonie Paris — composée ici même, créée au Concert Spirituel en juin — est peut-être la seule chose lumineuse qu'il en rapporte.