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Couverture — L'Histoire de Paris pour les nuls
Bibliographie

L'Histoire de Paris pour les nuls

CHADYCH Danielle & LEBORGNE Dominique
First, 2013.
Livre
729 Fiches citant cet ouvrage
2013 Édition

Fiches citant cet ouvrage

729 fiches
Événement
Date imprécise — Village néolithique/Site d'implantation humaine ancienne
p 13 & 18
Plus ancienne implantation humaine éphémère répertoriée à Paris. Époque mésolithique, 9 000 ans avant notre ère. Découverte en 2008
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Événement
Date imprécise
p 14
Débouché de la Bièvre, coulant alors à la place du cours actuel de la Seine, dans l'ancien cours plus au Nord qui, devenu bras mort, laissera place au Grand Égout
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Événement
Date imprécise
p 14
Emplacement du cours de l'ancien bras ou ancien cours de la seine, appelé plus tard "ceinture Ste Opportune" ; Jean de Laborde en fait couvrir une partie à ses frais en 1771
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Événement
Date imprécise
p 14
Lieu supposé où la Bièvre se jetait dans l'ancien cours de la Seine avant que cette dernière n'emprunte son lit
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum atteint par de la crue de la Seine de 1910 gravée sur le mur de l'Institut, à l'angle de la rue de Seine. 8,40 m au pont de la Tournelle et 8,62 m au pont d'Austerlitz
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Événement
Événement
1910
1910 — Pont Royal/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée en contrebas dans l'angle du Pont Royal et du quai, à côté d'une règle limnimétrique
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée sous le tunnel des voies de la gare de Lyon, sous la plaque du nom de rue, 50 m environ après l'entrée du tunnel vers la Seine, côté droit
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Événement
1910
1910 — Port de l'Arsenal/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sur la voûte à l'extrémité sud du port, indiquant 8,62 m, la plus haute et de beaucoup de toutes celles indiquant les autres crues mémorables
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sous les voies de la gare de Lyon, sur un pilier en pierres de taille, 50 m environ à gauche sous le tunnel en allant vers la Seine
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Événement
1910
1910 — Pont Louis-Philippe/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée sur le mur du quai de l'Hôtel de Ville, au dessus de la guinguette, à l'angle du Pont Louis-Philippe
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Événement
1910
1910 — Pont d'Arcole/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée en contrebas dans l'angle du Pont d'Arcole et de la berge, à côté d'une règle limnimétrique
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sur la façade de l'Hôtel de Ville, à l'angle de la rue de Rivoli, en contrebas derrière la grille
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Événement
1910
1910 — Pont Neuf/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée en contrebas dans l'angle du Pont Neuf et de la berge, à côté d'une règle limnimétrique
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Événement
1910
1910 — Pont Sully/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée en contrebas dans l'angle du Pont Sully sur le mur du square Barye, à côté d'une règle limnimétrique
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Événement
1910
1910 — St Antoine des Quinze-Vingts/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque en bas du mur à l'extrémité droite de la façade de l'église St Antoine des Quinze-Vingts
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Événement
1910
1910 — Immeuble "Le Mistral"/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sur la base du mur en contrebas du "jardin des Terroirs", quelques mètres avant d'entrer sous le tunnel SNCF
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sur le bas du mur en pan coupé de l'école primaire Pommard ; où il doit faire bon étudier...
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Événement
1910
1910 — Barrière de Bercy/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sur le pilier de l'extrémité gauche de la façade du pavillon de la barrière des Fermiers généraux sur la rue de Bercy
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée en haut du mur dans l'angle du Pont de Tolbiac et de la berge, au dessus d'une règle limnimétrique
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Événement
1910
1910 — Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910 gravée sur le côté gauche du pilier en pierres de taille à l'entrée de la Cour du Levant et du tunnel des Artisans
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Événement
1910
1910 — Barrière de la Rapée/Repère du niveau de la crue de 1910
p 15 & 267
Indication du niveau maximum de la crue de la Seine en 1910. Plaque sur le pilier de l'extrémité droite de la façade du pavillon de la barrière de la Rapée, ou barrière de l'Eau, sur le quai de Bercy
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Événement
1658
1 mars 1658
p 15
Le pont Marie est emporté par les flots lors de la crue exceptionnelle du 27 février au 6 mars 1658. 22 maisons sont détruites et 50 personnes noyées. Le niveau maximum est de 8,81 m au pont de la Tournelle. Dans la nuit …

Le pont Marie est emporté par les flots lors de la crue exceptionnelle du 27 février au 6 mars 1658. 22 maisons sont détruites et 50 personnes noyées. Le niveau maximum est de 8,81 m au pont de la Tournelle.

Dans la nuit du 1ᵉʳ mars 1658, la crue exceptionnelle de la Seine frappe de plein fouet le pont Marie. Vers une heure du matin, une pile et deux arches cèdent, entraînant dans le fleuve les rangées de maisons bâties sur le pont depuis le milieu du XVIIᵉ siècle. Au total, 20 à 22 maisons s’effondrent, emportant avec elles leurs habitants surpris dans leur sommeil ; les sources varient, mais évoquent plusieurs dizaines de victimes, entre une trentaine et plus de cinquante noyés.

Cette catastrophe s’inscrit dans l’une des plus grandes crues connues de la Seine à Paris : le niveau atteint environ 8,8 m à l’échelle du pont de la Tournelle, record absolu des quatre derniers siècles, supérieur encore à celui de 1910. Une grande partie de la ville est sous l’eau ; des rues entières se parcourent en barque et l’eau refoule par les égouts jusque dans les rez‑de‑chaussée. On rétablit d’abord une liaison provisoire en bois, avant de reconstruire en pierre les arches détruites à partir de 1667, sans réédifier les maisons disparues : l’épisode contribue à discréditer durablement l’idée même de ponts habités à Paris

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Événement
1910
29 janvier 1910
p 15
Lors de la crue de 1910, la cote de la Seine atteignit 8,40 m au pont de la Tournelle ; le Zouave eut de l'eau jusqu'aux épaules
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Événement
1910
1910
p 15 & 267
Sans doute le plus beau pont de Paris, réalisé pour l'Exposition universelle de 1900, nommé en l'honneur du tsar de Russie et destiné à symboliser l'amitié franco-russe. Il porte l'inscription du niveau de la Seine lors …

Sans doute le plus beau pont de Paris, réalisé pour l'Exposition universelle de 1900, nommé en l'honneur du tsar de Russie et destiné à symboliser l'amitié franco-russe. Il porte l'inscription du niveau de la Seine lors de la crue de 1910

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Événement
Date imprécise — Cimetière de Belleville/Point culminant de Paris
p 16
Plaque à l'entrée du cimetière signalant le point culminant de Paris : 128,508 m. L'altitude est en fait de 128,16 m, la butte Montmartre culminant à 128,20 m
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Événement
Date imprécise — Point le plus bas de Paris
p 16
Point le plus bas de la capitale, 30,5 m au dessus du niveau de la mer
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Événement
Date imprécise — Point le plus bas de Paris
p 16
Point le plus bas de la capitale, 30,5 m au dessus du niveau de la mer
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Événement
Date imprécise
p 17
Itinéraire présumé vers la Seine d'Elephas primigenius, qui vivait sur les hauteurs de Belleville ; quelques millénaires plus tard, il aurait fait sensation dans la descente de la Courtille
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Événement
Date imprécise
p 17
Itinéraire présumé vers la Seine d'Elephas primigenius, qui vivait sur les hauteurs de Belleville ; quelques millénaires plus tard, il aurait fait sensation dans la descente de la Courtille
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Événement
Date imprécise
p 17
Itinéraire présumé vers la Seine d'Elephas primigenius, qui vivait sur les hauteurs de Belleville ; quelques millénaires plus tard, il aurait fait sensation dans la descente de la Courtille
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Événement
1591
1591
p 17
Moulins détruits par la Ligue lors du siège qu'Henri IV fit de Paris, pour dégager l'enceinte
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Événement
Date imprécise
p 18-19
Première implantation humaine permanente répertoriée à Paris. Village de 4 grandes maisons sur pilotis entouré d'une palissade. Dix pirogues y sont découvertes en 1992
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Événement
Date imprécise
p 21-22
Deux fonds de cabanes gauloises sont découverts rue de Lutèce. Mais notre île de la Cité, beaucoup trop petite, n'est certainement pas l'opidum gaulois des Parisii. Le mystère reste entier
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Événement
197
197 — Forum de Lutèce
p 23
Forum incendié lors de la répression des partisans d'Albinus par Septime Sévère, dont les vestiges ont été détruits à leur tour par nos vandales modernes pour construire un parking souterrain
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Événement
Date imprécise — Point de référence de la Lutèce romaine
p 23
Point de base du plan de la ville gallo-romaine de Lutecia, construit selon un quadrillage de 300 pieds romains, soit des carrés de 88,8 m de côté. Il représente l'axe du cardo maximus, notre actuelle rue St Jacques
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Événement
Date imprécise — Temple de Jupiter/Forum de Lutèce
p 23
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Événement
41
41 — Forum de Lutèce
p 23
Unique vestige du Forum, centre de la vie économique et politique de Lutèce ; tout le reste ayant été détruit pour la construction d'un parking ; on y accède face au 22 rue Soufflot. Chaque époque a ses barbares...
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Événement
Date imprécise — Thermes du Midi/Thermes du Forum
p 24
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Événement
Événement
Date imprécise — Thermes du Midi/Thermes du Forum
p 24
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Événement
Événement
1869
1869 — Amphithéâtre de Lutèce/Arènes de Lutèce/Dépôt de la Compagnie générale des Omnibus
p 25-26
L'amphithéâtre de Lutèce, appelé à tort les "arènes de Lutèce", est redécouvert à l'occasion du percement de la rue Monge ; il devient un dépôt pour les omnibus
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Événement
100
100 — Théâtre de Lutèce
p 25
Vestiges souterrains du théâtre gallo-romain de Lutèce, un odéon de 72m de large sur 47m de long datant du début du 2ème siècle, découvert par Théodore Vacquer en 1861
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Événement
100
100 — Théâtre de Lutèce
p 25
Vestiges souterrains du théâtre gallo-romain de Lutèce, un odéon de 72m de large sur 47m de long datant du début du 2ème siècle, découvert par Théodore Vacquer en 1861
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Événement
436
novembre 436 — Première église St Marcel (1er sanctuaire chrétien reconnu à Paris)
p 30
Mort et inhumation de St Marcel, qui marque l'implantation significative de la religion chrétienne à Paris, contrairement à la tradition qui la fait remonter au martyr de St Denis
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Événement
436
novembre 436 — Première église St Marcel (1er sanctuaire chrétien reconnu à Paris)
p 30
Mort et inhumation de St Marcel, qui marque l'implantation significative de la religion chrétienne à Paris, contrairement à la tradition qui la fait remonter au martyr de St Denis
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Événement
1793
1793 — Orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris
p 38
L'organiste Claude Balbastre compose des variations sur la "Marche des Marseillais" et sur le "Ça ira", qu'il joue sur l'orgue de Notre-Dame lors des fêtes patriotiques
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Événement
1817
1817 — Cimetière du Père Lachaise (7ème division)/Tombe d'Héloïse et Abélard
p 47
Héloïse et Abélard sont transférés dans un but "publicitaire" pour le cimetière ; l'abbesse du Paraclet avait fait séparer les ossements des amants en 1630
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Événement
1817
1817 — Cimetière de l'Est/Cimetière du Père Lachaise
p 47
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Événement
Événement
1261
1261
p 49
Premier prévôt royal de Paris, qui instaura le "Livre des métiers", recensant et réglementant les corporations
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Événement
Événement
1307
13 octobre 1307 — Prieuré du Temple/Enclos du Temple
p 51-52
Une opération de police secrète, ordonnée un mois à l'avance, exécutée simultanément dans tout le royaume : le roi de France invente la rafle d'État pour effacer sa dette. L'ordre du Temple est né des croisades. Moines e …

Une opération de police secrète, ordonnée un mois à l'avance, exécutée simultanément dans tout le royaume : le roi de France invente la rafle d'État pour effacer sa dette.

L'ordre du Temple est né des croisades. Moines et soldats, les Templiers ont accumulé en deux siècles une puissance considérable. Ils possèdent des milliers de commanderies en Europe, ils sont exempts d'impôts et ne relèvent que du pape. Surtout, ils sont devenus les banquiers de la chrétienté : ils gardent les dépôts, transportent les fonds, prêtent aux souverains. L'enclos du Temple, à Paris, est leur quartier général et le coffre-fort du royaume.

Philippe IV le Bel a besoin d'argent. Ses guerres contre la Flandre et l'Angleterre ont ruiné le Trésor. Il a déjà spolié et expulsé les Lombards en 1291, puis les Juifs de France en 1306, en confisquant leurs biens et leurs créances. Il est lui-même lourdement endetté auprès du Temple.

L'opération est préparée dans le secret par Guillaume de Nogaret, garde du sceau. Des ordres scellés sont envoyés un mois à l'avance aux baillis et sénéchaux du royaume, avec interdiction de les ouvrir avant la date fixée.

Le vendredi 13 octobre 1307, à l'aube, tous les Templiers de France sont arrêtés simultanément. À Paris, Jacques de Molay, grand maître de l'ordre, et cent quarante chevaliers sont saisis à l'enclos du Temple, dans l'actuel 3e arrondissement. Tous leurs biens sont confisqués sur-le-champ.

Suivent sept années de procédure. Les aveux sont obtenus par la torture : idolâtrie, reniement du Christ, sodomie. Beaucoup se rétractent ensuite et sont brûlés comme relaps. Le pape Clément V, installé en Avignon et dépendant du roi de France, dissout l'ordre en 1312. Jacques de Molay est brûlé vif le 18 mars 1314 sur l'île aux Juifs, en aval de la Cité.

La superstition du vendredi 13 daterait, dit-on, de cette journée. L'affaire est surtout la première grande démonstration de ce que peut un État moderne : la loi, la police, la justice et la propagande mobilisées pour anéantir un corps et prendre son argent.

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Événement
1314
19 mars 1314
p 51-52
L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel f …

L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel fait dresser le bûcher.

Les deux hommes qu'on y conduit ont passé sept ans dans les geôles royales. Jacques de Molay, grand maître de l'ordre du Temple, et Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, ont avoué sous la torture les crimes dont on les accuse — hérésie, sodomie, reniement du Christ — puis s'y sont rétractés, puis ont avoué de nouveau, au gré des pressions et des procédures. Leur sort est réglé depuis longtemps. Le pape Clément V a dissous l'ordre au concile de Vienne en 1312. Il ne reste plus qu'à en finir.

Le légat du pape les condamne à la prison perpétuelle. Mais de Molay, à l'énoncé du jugement, fait quelque chose d'inattendu : il se lève et nie tout. Hérésie, trahison, imposture — rien de tout cela n'est vrai. L'ordre du Temple est pur. Geoffroy de Charnay l'imite aussitôt. Les deux hommes viennent de signer leur arrêt de mort en se rétractant une dernière fois.

Philippe IV n'attend pas le lendemain. Le soir même, le bûcher est allumé sur l'île aux Juifs. De Molay y monte, dit-on, avec calme. La légende lui prête une malédiction lancée depuis les flammes contre le roi et le pape, promis à le rejoindre avant l'année. Clément V mourra le 20 avril. Philippe IV le 29 novembre.

Le Temple, dont la puissance financière et militaire avait inquiété les têtes couronnées d'Europe, disparaît avec ses derniers chefs. Ses archives sont dispersées, ses commanderies confisquées, ses membres absous ou condamnés selon les royaumes. Sur l'île aux Juifs, il ne reste que des cendres.

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Événement
1306
30 décembre 1306 — Prieuré du Temple/Enclos du Temple
p 51-52
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Événement
1314
1314 — Parvis de Notre-Dame
p 51-52
Le Grand maître du Temple et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux, arrachés sous la torture
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Événement
1313
mars 1313
p 51
Lieu possible de naissance de Boccace, fils d'un lombard de Florence
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Événement
1314
1314 — Tour de Nesle (ex tour Hamelin)/Porte de Nesle
p 52-53
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Événement
1357
7 juillet 1357
p 56-58
Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison. Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridicti …

Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridiction municipale dans la Maison aux Piliers, sur la place de Grève. Le bâtiment doit son nom à ses arcades au rez-de-chaussée. Il devient la première Maison Commune de Paris — ancêtre direct de ce qui sera l'Hôtel de Ville.

L'acte est banal en apparence. Il ne l'est pas. Depuis le milieu du XIIIe siècle, le prévôt des marchands siégeait au parloir aux bourgeois — un bâtiment discret, dont les pouvoirs restaient strictement encadrés par la couronne. En acquérant la Maison aux Piliers au nom de la municipalité, Marcel transforme une institution de commodité en une institution de pouvoir, enracinée dans la pierre, au cœur de la ville.

Paris en juillet 1357 est une ville en crise. Le roi Jean II le Bon, capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers en septembre 1356, est prisonnier à Londres. La rançon — quatre millions d'écus — exige des impôts massifs. Les grandes compagnies de mercenaires démobilisés pillent les campagnes. Le dauphin Charles, dix-huit ans, assure une régence fragile. C'est dans ce vide politique qu'Étienne Marcel a trouvé sa place.

Prévôt des marchands depuis 1354, drapier de son état, Marcel n'est pas un révolutionnaire au sens moderne. Il cherche à instaurer une monarchie contrôlée — un régime où les états généraux superviseraient les finances royales, nommeraient et révoqueraient les conseillers du roi. En mars 1357, il obtient la promulgation de la Grande Ordonnance, vaste plan de réforme administrative. L'installation dans la Maison aux Piliers, quatre mois plus tard, est son acte institutionnel le plus durable.

La place de Grève n'est pas un lieu quelconque : c'est là que la Seine dépose ses sables, là que les bateliers et les journaliers s'assemblent chaque matin pour offrir leurs bras, là que le bois et le blé arrivent dans Paris. C'est le poumon économique de la ville. Marcel le sait.

Sa chute est à la hauteur de son ambition. Le 22 février 1358, ses hommes assassinent deux maréchaux devant le dauphin, le couvrent de leur sang et lui font coiffer le chaperon rouge et bleu des couleurs de Paris. L'affrontement avec la couronne devient inévitable. Marcel s'allie successivement à la Jacquerie paysanne, à Charles de Navarre et aux mercenaires anglais — perdant chaque fois une partie de la rue parisienne. Le 31 juillet 1358, l'échevin Jean Maillard rassemble les bourgeois contre lui. Étienne Marcel est massacré à la porte Saint-Antoine, ses clefs en main.

La Maison aux Piliers lui survit cent soixante-seize ans. Elle tombe en ruines au XVIe siècle. En 1529, François Ier accepte de la remplacer par un palais municipal de style Renaissance, dessiné par l'architecte italien Boccador. La première pierre est posée en 1533. C'est ce bâtiment — agrandi, remanié, incendié par la Commune en 1871 et reconstruit sous la IIIe République — qui occupe aujourd'hui la même place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville.

Charles V, traumatisé par la journée du 22 février 1358 au cours de laquelle Marcel l'avait couvert du sang de ses conseillers, fit ériger la Bastille pour couvrir la porte Saint-Antoine — exactement là où Marcel avait été tué — et s'assurer une retraite vers Vincennes en cas de nouvelle insurrection parisienne.

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Événement
1358
22 février 1358 — Palais des rois capétiens/Palais de Justice/Conciergerie
p 56
Massacre des conseillers du dauphin par les hommes d'Étienne Marcel. Étienne Marcel coiffe le Dauphin du chaperon rouge et bleu
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Événement
1190
1190 — Tour de Billi/Porte Barbelle ou Barbeel sur l'Yaue/Tour Barbeau/Enceinte de Philippe Auguste
p 58-59
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Événement
1370
1370
p 58-59
Importants vestiges souterrains de l'enceinte de Charles V, dont un "moineau" d'artillerie, permettant de visualiser le relief de la base du rempart, fossé et contrescarpe
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Événement
1356
1356 — Porte St Antoine/Enceinte de Charles V
p 59
Construction de la 3ème porte St Antoine, faisant partie de l'enceinte de Charles V
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Événement
1358
31 juillet 1358 — Forteresse de la Bastille (qui n'est alors qu'une porte fortifiée ne comportant que deux tours)
p 59
Le dauphin Charles reprend Paris ; Étienne Marcel se réfugie à la Bastille
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Événement
1370
22 avril 1370 — Forteresse de la Bastille
p 59
Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite. Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrag …

Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite.

Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrage fortifié à la porte Saint-Antoine, sur l'ordre de Charles V le Sage. La guerre de Cent Ans ravage le royaume. Les Anglais tiennent Calais et menacent Paris. Douze ans plus tôt, la révolte d'Étienne Marcel a montré que la capitale pouvait se retourner contre son roi — Charles V, alors dauphin, a failli y laisser la vie. Le nouveau souverain veut une ville close et docile. Il fait renforcer l'enceinte, creuser des fossés, et confie à Aubriot le soin de verrouiller l'accès oriental de Paris, le plus vulnérable.

Au départ, la Bastille n'est qu'une simple bastide — deux tours massives encadrant une porte, un verrou de pierre sur la route de Vincennes. Mais le chantier ne s'arrête pas là. On ajoute deux tours en arrière, puis deux au nord, deux au sud. Le rectangle se ferme. Quand les travaux s'achèvent, vers 1382-1383, sous le règne de Charles VI, la Bastille est une forteresse de huit tours reliées par des courtines, entourée de fossés profonds. Elle n'a jamais été conçue comme prison — c'est un bastion militaire, une porte fortifiée dans l'enceinte de la ville. La prison viendra plus tard, par glissement d'usage.

Le prévôt bâtisseur Aubriot n'est pas seulement le maçon de la Bastille. C'est un administrateur hors pair, nommé par Charles V en 1367 pour reprendre en main une ville turbulente. Il fait paver des rues, construire les premiers égouts maçonnés de Paris, réorganise le guet royal, achève le Petit-Pont en pierre. C'est aussi un laïc convaincu, qui résiste aux empiétements de l'Université et de l'Église sur la juridiction royale — et un protecteur des juifs de Paris, qu'il défend contre les violences populaires, allant jusqu'à faire restituer à des familles juives leurs enfants enlevés pour être baptisés de force.

Le premier prisonnier Charles V meurt le 16 septembre 1380. Aubriot perd son protecteur. L'Université et l'évêché, qui le haïssent, passent à l'attaque. Le procès est instruit par l'officialité épiscopale : hérésie, sodomie, protection des juifs — un cocktail de charges qui relève autant de la vengeance que de la justice. Le 17 mai 1381, Aubriot est conduit sur un échafaud dressé devant le portail de Notre-Dame, contraint de s'agenouiller devant l'évêque et condamné à la prison perpétuelle « au pain de tristesse et à l'eau de douleur ». On l'enferme dans la forteresse qu'il a bâtie de ses mains.

Il n'y reste pas longtemps. Le 1er mars 1382, les Maillotins — artisans et petit peuple de Paris révoltés contre les taxes — enfoncent les portes de la Bastille et libèrent Aubriot, espérant en faire leur chef. L'ancien prévôt, qui a compris que Paris ne pardonne jamais deux fois, s'enfuit dans la nuit vers la Bourgogne. On perd sa trace. Il meurt probablement peu après, oublié de tous.

La Bastille, elle, vivra encore quatre siècles — jusqu'à ce qu'un autre 14 juillet vienne l'abattre.

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Événement
1465
12 mars 1465 — Prison de la Bastille
p 60
Antoine de Chabanne, disgracié et emprisonné par Louis XI, réalise, avec la complicité de sa femme, la première évasion de la Bastille à l'aide d'une corde dont il a mesuré la longueur avec une canne à pêche, en passant …

Antoine de Chabanne, disgracié et emprisonné par Louis XI, réalise, avec la complicité de sa femme, la première évasion de la Bastille à l'aide d'une corde dont il a mesuré la longueur avec une canne à pêche, en passant par une fenêtre

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Événement
1382
1 mars 1382 — Halles de Paris
p 61
Début de la révolte des Maillotins, suite à une altercation entre une marchande de cresson et un fermier de l'impôt ; la répression de cette émeute entraînera une perte de pouvoir pour la Prévôté de l'eau
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Événement
1382
1 mars 1382 — Prison du For l'Évêque/Prison de Fort-l'Évêque
p 61
Les Maillotins délivrent Hugues Aubriot pour en faire leur chef ; mais il s'enfuit
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Événement
1382
1 mars 1382 — Hôtel d'Anjou/Hôtel d'Alençon/Hôtel d'Évreux
p 61
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Événement
1382
1 mars 1382 — Hôtel du Boccador/Hôtel de Ville
p 61
e 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les denr …

e 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les denrées de base – vin, pain, viande – après les avoir un temps abolies, et la colère gronde dans les rues. Aux Halles, la dispute entre une marchande et un percepteur dégénère : des collecteurs d’impôts sont pris à partie, certains tués, et la foule se met à scander « Liberté ! Liberté ! Aux armes ! ».

Très vite, l’émeute prend une tournure insurrectionnelle. Les manifestants se ruent vers l’Hôtel de Ville, alors installé dans l’hôtel du Boccador : ils enfoncent les portes, s’emparent des maillets de plomb ou de fer que le prévôt Hugues Aubriot avait fait entreposer pour armer la milice bourgeoise en cas d’attaque ennemie. C’est de ces armes improvisées que vient leur surnom de « Maillotins ». Armés de ces maillets, ils se répandent dans la ville, frappent des percepteurs, brûlent des registres fiscaux, ouvrent les prisons, et s’en prennent aussi, dans un climat de haine religieuse, aux communautés juives, accusées d’usure.

Le jeune roi Charles VI n’est pas encore en mesure de réagir directement : ses oncles – notamment le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, Louis de Naples étant lui aussi impliqué dans les affaires financières du royaume – tentent d’abord la négociation, puis se retirent avec la cour à Vincennes, laissant Paris en effervescence. Hugues Aubriot, quant à lui, est libéré par les insurgés des prisons ecclésiastiques où il était détenu, ironie de l’histoire pour celui qui avait organisé les défenses de la ville quelques années plus tôt.

La répression viendra plus tard. Après avoir vaincu la révolte des Gantois à Roosebeke, le roi rentre à Paris en 1383 et, sous l’influence de ses oncles, fait pendre ou décapiter de nombreux Maillotins, sans toujours distinguer coupables et simples notables compromis. La ville perd pour des décennies sa municipalité autonome : prévôt des marchands et échevins sont supprimés, au profit d’un contrôle direct par le prévôt du roi.

La révolte des Maillotins reste dans l’histoire parisienne comme l’un des premiers grands soulèvements antifiscaux urbains : un mouvement parti du marché, armé d’outils détournés en armes, qui vise autant la misère provoquée par les impôts que les désordres et le luxe ostentatoire de la cour.

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Événement
1393
28 janvier 1393 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
p 62
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Événement
1393
28 janvier 1393 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
p 62
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Événement
1268
1268
p 63-64
Pont à péage où les montreurs d'animaux savants étaient exemptés de l'octroi de 4 deniers dû par les marchands s'ils présentaient leur numéro ; origine possible de la locution "payer en monnaie de singe"
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Événement
1395
1395
p 63-64
Pont reconstruit avec la rançon de juifs condamnés à tort pour avoir fait disparaître l'un des leurs converti au christianisme. Construit en bois, il avait été emporté par une crue en 1393
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Événement
1407
23 novembre 1407 — Allée aux Arbalétriers/Hôtel Barbette/Hôtel de la Reine
p 65
Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à p …

Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à proximité du 38 rue des Francs-Bourgeois, alors qu’il rentre de l’Hôtel Barbette où il avait rendu visite à la reine Isabeau de Bavière. L’attaque, menée par une quinzaine d’hommes sous la direction de Raoul d’Anquetonville et orchestrée par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, est soigneusement préparée. Thomas Courteheuse, valet du roi, joue un rôle dans la conspiration en prévenant le duc d’un faux appel du roi. Louis d’Orléans est tué à coups de hache après avoir été jeté à bas de sa monture. Cet assassinat marque le début d’une guerre civile entre les factions des Bourguignons, menés par Jean sans Peur, et des Armagnacs, partisans de la famille d’Orléans. Ce conflit, alimenté par la folie du roi Charles VI et la rivalité pour le contrôle du royaume, durera environ trente ans et déstabilisera profondément la France en pleine guerre de Cent Ans.

Sources

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Événement
1423
1423
p 66
Bedford, qui assure la régence pour son neveu Henri VI, nommé roi de France et d'Angleterre, s'installe à l'Hôtel des Tournelles qu'il transforme en une demeure princière
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Événement
1436
14 avril 1436 — Bastide St Antoine/Forteresse de la Bastille
p 66
Au 5, rue Saint-Antoine (IVe arr.), la forteresse de la Bastille Saint-Antoine abrite les derniers soldats anglais de Paris. Ils n'en ont plus pour longtemps. Depuis seize ans, Paris vit sous occupation anglaise. Le trai …

Au 5, rue Saint-Antoine (IVe arr.), la forteresse de la Bastille Saint-Antoine abrite les derniers soldats anglais de Paris. Ils n'en ont plus pour longtemps.

Depuis seize ans, Paris vit sous occupation anglaise. Le traité de Troyes, signé en 1420, a livré la capitale au roi d'Angleterre. Le duc de Bedford gouverne la ville au nom du jeune Henri VI ; les Parisiens subissent, entre guerre civile, disette et humiliation. Mais en 1435, tout bascule : le traité d'Arras réconcilie Philippe le Bon avec Charles VII. La Bourgogne change de camp. L'Angleterre, privée de son allié et de Bedford — mort la même année —, perd pied.

Le 13 avril 1436, Arthur de Richemont, connétable de France, se présente devant les murs de Paris avec ses troupes. À l'intérieur, un complot est en marche. Michel de Laillier, riche bourgeois et changeur, a organisé un réseau prêt à ouvrir les portes. La conspiration est éventée, les clés confisquées. Qu'importe : la ville se soulève. Des Parisiens grimpent sur les remparts, abaissent une échelle, forcent la porte Saint-Jacques. Jean de Villiers de l'Isle-Adam est le premier à planter la bannière française sur la muraille.

C'est la débandade pour la garnison anglaise. Les soldats refluent vers la forteresse de la Bastille Saint-Antoine, au bout de la rue Saint-Antoine — la seule position encore tenable. Ils s'y barricadent. Mais sans vivres, sans renforts possibles, la situation est désespérée.

Le 15 avril, c'est fini. Richemont offre une sortie honorable : la vie sauve contre le départ immédiat. La garnison capitule et prend la route de Rouen. Après seize ans, Paris est française.

L'ironie, c'est que Charles VII ne se presse guère. Il n'entrera dans sa capitale que dix-huit mois plus tard, en novembre 1437, découvrant une ville ravagée. Quant à l'Isle-Adam, le héros du 13 avril, il mourra à Bruges quarante et un jours après son exploit — sans avoir eu le temps de savourer la victoire.

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Événement
1429
8 septembre 1429 — Porte St Honoré/Enceinte de Charles V
p 67
Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les …

Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les Anglais; le duc de Bedford, régent du roi Henri VI, en a fait le coeur du dispositif anglais en France. Depuis la victoire d'Orléans en mai et le sacre de Charles VII à Reims en juillet, Jeanne pousse vers la capitale; le roi la suit de loin, prudent, réticent.

Le 7 septembre, elle a campé à Monceau, village situé à l'emplacement de l'actuelle place de Lévis dans le 17e arrondissement. Le 8 au matin, accompagnée du duc d'Alençon, de Gilles de Rais et du maréchal de Boussac, elle porte ses troupes devant la porte Saint-Honoré, à l'emplacement approximatif de l'actuelle rue de l'Échelle. Des couleuvrines ont été installées sur la butte Saint-Roch pour appuyer l'assaut. Les fossés remplis d'eau qui protègent la porte sont larges et profonds; pour en mesurer la praticabilité, Jeanne s'avance elle-même jusqu'au bord et sonde la profondeur avec sa lance.

C'est là qu'un carreau d'arbalète la frappe à la cuisse. Elle refuse d'abord d'être emportée, continue d'exhorter ses troupes, ordonne de poursuivre l'assaut. Son porte-étendard est tué à ses côtés. Ce n'est qu'à la tombée du soir que ses capitaines la contraignent à se retirer; elle est soignée à la maison à l'enseigne des Genêts, près de l'actuelle place André Malraux, puis Gilles de Rais la ramène dans la nuit au village de La Chapelle, au nord de Paris, où elle avait établi son quartier général.

Le lendemain, Charles VII ordonne la retraite. Il refuse de recommencer l'assaut et rappelle ses troupes vers la Loire, faisant détruire le pont de bateaux pour ne pas laisser à Jeanne la possibilité d'agir seule. L'occasion de reprendre Paris est perdue. Jeanne, clouée au lit par sa blessure, ne peut qu'obéir au roi qu'elle a sacré deux mois plus tôt.

Paris restera sous domination anglaise et bourguignonne jusqu'en 1436, sept longues années après la blessure de la porte Saint-Honoré. Ce délai, Charles VII le devait à sa propre timidité. Il en fallait un peu moins pour comprendre ce que la prudence d'un roi peut coûter à ceux qui se battent pour lui.

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Événement
Événement
1432
1432 — Église St Benoît le Bétourné/Maison d'enfance de François Villon
p 68
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Événement
1527
1527
p 72
Château construit pour les chasses de François 1er et terminé sous Henri II, détruit en 1792 ; couvert de panneaux de faïence colorés, d'où son coûteux surnom
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Événement
1529
24 mars 1529 — Collège des Trois langues/Collège des Lecteurs royaux/Collège de France
p 73-74
Le 24 mars 1529, François Ier crée le Collège des trois langues — grec, latin, hébreu. L'enseignement y est gratuit et public. C'est l'acte de naissance de ce qui deviendra, trois siècles plus tard, le Collège de France. …

Le 24 mars 1529, François Ier crée le Collège des trois langues — grec, latin, hébreu. L'enseignement y est gratuit et public. C'est l'acte de naissance de ce qui deviendra, trois siècles plus tard, le Collège de France.

L'initiative revient à Guillaume Budé, le plus grand humaniste français de son temps, qui convainc le roi depuis des années. L'enjeu est considérable : la Sorbonne, dominée par les théologiens, enseigne un latin scolastique figé et ignore le grec et l'hébreu — langues pourtant indispensables pour lire les textes antiques et les Écritures dans leur version originale. Les humanistes, qui veulent retourner aux sources, ad fontes, se heurtent depuis des décennies à cette muraille.

En créant des lecteurs royaux — des professeurs payés directement par le roi, hors de la tutelle universitaire — François Ier court-circuite la Sorbonne et place la philologie, la philosophie antique et la lecture critique au cœur de l'enseignement parisien. La Sorbonne répond par la condamnation des Évangiles annotés d'Érasme, par la méfiance envers tout ce qui ressemble à du libre examen.

Ce Collège des lecteurs royaux n'a pas de bâtiment propre au départ — les cours se tiennent où ils peuvent. Il faudra attendre 1610 pour que Henri IV lui consacre un édifice place Marcellin Berthelot, et 1778 pour que l'institution prenne officiellement le nom de Collège de France. Elle y est toujours.

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Événement
1666
1666 — Bibliothèque du Roi (dans "les maisons du bout des jardins" de Colbert)
p 73
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Événement
1470
1 février 1470 — Collège de Sorbon (collège de théologie fondé en 1253)/Première imprimerie à Paris/La Sorbonne
p 73
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Événement
1532
1532
p 76
Panurge fait à Pantagruel, dans le roman éponyme de Rabelais, une critique humoristique de l'état des fortifications de Paris
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Événement
1629
1629 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (salle créée en 1548)
p 79-80
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Événement
1629
1629 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (salle créée en 1548)
p 79-80
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Événement
1629
1629 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (salle créée en 1548)
p 79-80
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Événement
1615
Événement
1680
1680 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne/Salle des Confrères de la Passion (reconstruite en 1548)
p 79-80
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Événement
1716
1 juin 1716 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne
p 79-80
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Événement
1533
novembre 1533 — Collège de Fortet/Demeure de Jean Calvin/Tour de Calvin
p 82-83
Arrestation manquée de Calvin, accusé de luthéranisme pour avoir inspiré un discours litigieux du recteur Cop
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Événement
1555
1555 — Auberge du Vicomte
p 82-83
Célébration du premier baptême réformé dans ce quartier protestant, surnommé de ce fait "la Petite Genève"
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Événement
1546
3 août 1546
p 82-83
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
1559
25 mai 1559 — Auberge du Vicomte
p 82-83
Premier synode protestant, qui aboutit à la constitution de l'Église Réformée de France par les huguenots (de l'allemand eldgenossen)
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Événement
Événement
1559
Événement
1562
5 avril 1562 — Temple de Popincourt (lieu de culte protestant toléré)
p 88
Le 5 avril 1562, la foule détruit le temple protestant de Popincourt, rue Popincourt, aux abords du faubourg Saint-Antoine. C'est l'acte fondateur de la première guerre de religion — la première d'une série de huit qui e …

Le 5 avril 1562, la foule détruit le temple protestant de Popincourt, rue Popincourt, aux abords du faubourg Saint-Antoine. C'est l'acte fondateur de la première guerre de religion — la première d'une série de huit qui ensanglantera la France pendant trente-six ans.

Le temple n'était pas une église à proprement parler — c'était un lieu de culte toléré, établi sur des terres appartenant à la famille Popincourt, à la lisière de Paris. La régente Catherine de Médicis avait accordé aux protestants le droit de se réunir hors des murs de la ville par l'édit de janvier 1562. L'assemblée était nombreuse, plusieurs milliers de fidèles s'y retrouvaient régulièrement.

Six semaines plus tôt, le 1er mars 1562, le duc de Guise et ses hommes avaient massacré à Wassy, en Champagne, une congrégation protestante réunie dans une grange — entre vingt-trois et soixante morts selon les sources, des centaines de blessés. Le massacre de Wassy avait mis le royaume en feu. Les huguenots s'armaient. Le connétable Anne de Montmorency, catholique intransigeant, encourageait la destruction des lieux de culte protestants dans Paris.

Ce 5 avril, la foule catholique parisienne rase le temple de Popincourt. Les protestants en armes occupent Orléans trois semaines plus tard. La guerre commence.

Elle durera jusqu'à l'édit de Nantes en 1598 — avec entre-temps la Saint-Barthélemy, en 1572, qui fera plusieurs milliers de morts à Paris en une seule nuit.

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Événement
1562
5 avril 1562 — Temple de Popincourt (lieu de culte protestant toléré)
p 88
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Événement
1561
28 décembre 1561 — Maison des Patriarches (lieu de culte protestant toléré)/Tumulte de St Médard/Vacarme de St Médard
p 89
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Événement
1561
28 décembre 1561 — Maison des Patriarches (lieu de culte protestant toléré)
p 89
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Événement
1572
24 août 1572 — Hôtel de Ponthieu/Massacre de la St Barthélemy
p 90-91
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Événement
1572
18 août 1572 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 90
Il prononce ses vœux sur le parvis car, protestant, il refuse d'entrer dans la cathédrale catholique. Le 18 août 1572, une cérémonie exceptionnelle réunit sur le parvis de Notre-Dame de Paris les deux moitiés d'une Franc …

Il prononce ses vœux sur le parvis car, protestant, il refuse d'entrer dans la cathédrale catholique.

Le 18 août 1572, une cérémonie exceptionnelle réunit sur le parvis de Notre-Dame de Paris les deux moitiés d'une France que quarante ans de guerres de Religion ont fendue en deux. Henri de Navarre, dix-huit ans, chef du parti protestant, épouse Marguerite de Valois, fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, sœur du roi Charles IX. Le mariage est une idée de Catherine : réconcilier par l'alliance dynastique ce que le fanatisme religieux a opposé par les armes.

Le scénario de la cérémonie trahit l'ambiguïté du projet. Henri, comme huguenot, ne peut participer à la messe catholique. La bénédiction nuptiale est donc donnée à l'extérieur, sur le parvis, devant le peuple. Puis le cortège entre dans la cathédrale pour la cérémonie religieuse. Henri, lui, ne franchit pas le seuil : il est représenté à l'intérieur par le Duc d'Anjou, son futur beau-frère et futur Henri III. On dit que lors de l'échange des consentements, Henri s'est tenu immobile, ni acquiesçant ni refusant, laissant la tête d'autrui prononcer en son nom ce qu'il ne voulait pas dire.

La capitale est pleine de nobles protestants venus pour les festivités. Ils ont fait le voyage de province, ont logé dans les hôtels de la rive droite, ont assisté aux bals et aux joutes données en l'honneur du mariage. Catherine de Médicis a voulu que cette réunion de la noblesse protestante à Paris fût un gage de paix. Six jours plus tard, dans la nuit du 23 au 24 août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy commença. Ces mêmes nobles qui avaient dansé aux noces furent massacrés dans leurs chambres et dans les rues.

Henri survécut en abjurant provisoirement le protestantisme. Le mariage dura jusqu'en 1599, sans héritiers reconnus : il fut annulé pour permettre à Henri, devenu Henri IV roi de France, d'épouser Marie de Médicis. Marguerite de Valois, dite la Reine Margot, passa le reste de sa vie en exil et en procès, et laissa des Mémoires qui comptent parmi les premiers grands textes autobiographiques écrits par une femme en France.

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Événement
1572
24 août 1572 — Cloche de l'église St Germain l'Auxerrois (sonnerie des Matines)/Massacre de la St Barthélemy
p 90-91
Il n'y a pas eu de folie dans les rues de Paris ce 24 août : il y a eu une organisation, un signal, des listes, des armes distribuées, et une ville qui a découvert ce qu'elle était capable de faire. Le tocsin de Saint-Ge …

Il n'y a pas eu de folie dans les rues de Paris ce 24 août : il y a eu une organisation, un signal, des listes, des armes distribuées, et une ville qui a découvert ce qu'elle était capable de faire.

Le tocsin de Saint-Germain-l'Auxerrois résonne à deux heures du matin. C'est le signal convenu. Dans les quartiers, les bourgeois catholiques qui ont reçu des armes et des instructions sortent dans les rues. Les capitaines de quartier ont des listes. La ville s'organise pour tuer.

L'amiral Gaspard de Coligny dort dans son logis de l'Hôtel de Ponthieu, sur ce qui sera un jour appelé la rue de Rivoli. Il a soixante-deux ans. Depuis l'attentat du 22, ses doigts blessés ont été pansés, il est sous la protection d'une garde royale que le roi lui a affectée en promettant justice. Cette garde, dans la nuit, ouvre la porte. Henri de Guise commande le détachement qui monte. Jean Yanowitz, soldat d'origine polonaise au service des Guise, entre le premier dans la chambre. Il frappe Coligny d'un coup d'épée. Le corps est jeté par la fenêtre dans la cour. Henri de Guise se penche, reconnaît le visage de celui qui a tué son père, et donne l'ordre de continuer.

Dans Paris, le carnage dure plusieurs jours. On estime entre deux et trois mille morts dans la ville en quelques jours, peut-être dix mille dans tout le royaume dans les semaines qui suivent. Hommes, femmes, enfants portant l'étiquette protestante. Certains voisins dénoncent, d'autres cachent. La porte de Buci est fermée par Henri de Guise lui-même, sauvant ainsi les protestants du faubourg Saint-Germain qu'il connaît personnellement. Le duc de la Force, compagnon d'enfance du jeune Henri de Navarre, échappe en se faisant passer pour mort sous les cadavres.

Charles IX, que l'histoire a voulu croire horrifié, paraît aux fenêtres du Louvre et, selon certains témoins, tire lui-même à l'arquebuse sur les fuyards. Il mourra deux ans plus tard, à vingt-trois ans, en répétant dans ses cauchemars les mots "tous ces morts."

Le massacre de la Saint-Barthélemy restera, pour des siècles, le symbole de ce que l'intolérance religieuse organisée par le pouvoir peut produire dans une grande ville.

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Événement
1578
31 mai 1578
p 94-95
Construction du premier pont de Paris sans maisons ; Henri III pose la première pierre alors qu'il est en deuil de deux de ses mignons, tués en duel ; il sera inauguré en 1603 par Henri IV
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Événement
1604
1604
p 95-96
Henri IV fait planter 20 000 mûriers dans le jardin des Tuileries, aménager une place et construire une filature de soie sur l'emplacement de l'Hôtel des Tournelles en ruine. Quatre ans plus tard, les promoteurs s'empare …

Henri IV fait planter 20 000 mûriers dans le jardin des Tuileries, aménager une place et construire une filature de soie sur l'emplacement de l'Hôtel des Tournelles en ruine. Quatre ans plus tard, les promoteurs s'empareront du lieu

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Événement
Événement
1628
1628 — Couvent des filles du Bon Pasteur/Château d'Eau du Luxembourg/Maison du Fontainier
p 96
Château d'Eau de l'aqueduc de Rungis, long de 13 Km, alimentant le palais du Luxembourg
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Événement
1602
2 janvier 1602
p 96
Construction de la pompe de la Samaritaine alimentant le palais du Louvre. Elle sera détruite en 1780
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Événement
Événement
1635
Événement
1631
30 mai 1631 — Maison du Grand Coq/Siège du journal "La Gazette de France"
p 99
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Événement
1626
1626 — Demeure de Théophraste Renaudot
p 99
Demeure de Théophraste Renaudot, fondateur du journalisme en France, qui publie en 1612 registres d'adresses et petites annonces ; feuille récupérée par Richelieu
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Événement
1631
30 mai 1631 — Plaque "Au Grand Coq"/Siège du journal "La Gazette de France"
p 99
Plaque délocalisée, le bureau d'adresses de la Gazette étant en fait rue de la Calandre. Il faisait également office de dispensaire
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Événement
1648
13 mai 1648 — Grande Chambre du Palais de Justice
p 103 & 105
Le Parlement de Paris rend un "arrêt d'union", le solidarisant avec la chambre des comptes, le Grand Conseil et la Cour des Aides de Paris, auxquels Mazarin a décidé de ne pas verser les aides
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Événement
1661
1 mars 1661 — Couvent des Théatins/Église Ste Anne la Royale
p 104
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Événement
1643
11 octobre 1643 — Palais Mazarin/Bibliothèque Mazarin
p 104
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Événement
1643
11 octobre 1643 — Palais Mazarin/Bibliothèque Mazarin
p 104
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Événement
1648
26 août 1648 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 105
Arrestation de Pierre Broussel et René Potier de Blancmesnil, qui provoque le déclenchement de la Fronde
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Événement
1648
26 août 1648 — Carrefour de la Croix du Trahoir
p 105
Point de départ de la Fronde, suite à l'arrestation de Pierre Broussel et de René Potier de Blancmesnil. 600 barricades vont être dressées dans Paris
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Événement
1652
2 juillet 1652
p 106
Ce matin du 2 juillet 1652, le faubourg Saint-Antoine est une nasse. Le Grand Condé, prince du sang devenu chef de la Fronde des Princes, est cerné : devant lui, l'armée royale commandée par Turenne ; derrière lui, les p …

Ce matin du 2 juillet 1652, le faubourg Saint-Antoine est une nasse. Le Grand Condé, prince du sang devenu chef de la Fronde des Princes, est cerné : devant lui, l'armée royale commandée par Turenne ; derrière lui, les portes de Paris que le Parlement hésite à ouvrir. Entre les deux, les rues du faubourg et leurs artisans terrorisés — les faïenciers, les ébénistes, les fabricants de miroirs qui regardent par leurs volets les bataillons se positionner.

La bataille est féroce. En quelques heures, des milliers de morts jonchent le pavé. Condé tient, mais son armée saigne. La seule issue : entrer dans Paris. Mais Paris ne s'y résout pas.

C'est alors que Mademoiselle monte à la Bastille.

Anne Marie Louise d'Orléans, cousine de Louis XIV, la femme la plus riche de France — « la Grande Mademoiselle », comme on dit à la cour — gravit les tours de la forteresse qui domine la Porte Saint-Antoine et ordonne aux canonniers d'ouvrir le feu. Pas sur Condé. Sur Turenne. Sur l'armée du roi, son propre cousin.

Les canons tonnent. Turenne recule. Les portes s'ouvrent. Condé entre dans Paris, ses troupes en sang.

Quand Mazarin apprend la nouvelle, il aurait lâché sa formule : « Ce coup de canon a tué son mari. » Le mot fait mouche. Mademoiselle est l'héritière la plus convoitée d'Europe — on avait évoqué l'archiduc, le roi de Portugal, Louis XIV lui-même. Ce canon vient de fermer toutes ces portes.

La Fronde s'achève l'année suivante dans l'épuisement. Condé part servir l'Espagne. Mademoiselle, elle, est exilée dans ses terres de Saint-Fargeau. Elle ne rentrera à Paris qu'en 1657. Louis XIV ne lui pardonnera jamais tout à fait : quand elle obtiendra enfin, à quarante-trois ans, l'autorisation d'épouser le comte de Lauzun — officier brillant, noblesse mince —, le roi révoquera sa parole dix jours plus tard. Lauzun passera dix ans à Pignerol.

La forteresse du haut de laquelle elle avait décidé d'une bataille porterait encore longtemps le nom de « Bastille » avant de devenir autre chose, cent trente-sept ans plus tard, sous des mains infiniment moins aristocratiques.

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Événement
1651
7 septembre 1651 — Grand'chambre du Parlement de Paris/Palais de Justice
p 106
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Événement
1656
1656 — Hôpital de la Salpêtrière/Maison de la Force
p 107
Prison pour femmes de l'hospice de la Salpêtrière, construite eu vue du "Grand enfermement" des "gueux" de la capitale en 1657 ; 8 000 personnes en 1790
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Événement
1724
1724 — Cabaret À l'Image St Pierre
p 108-109
Borne en façade marquant la limite de construction autorisée ; une interdiction de bâtir au-delà qui sera rarement respectée. 35 bornes indiquent les limites de Paris en 1674. La première numérotation des quartiers date …

Borne en façade marquant la limite de construction autorisée ; une interdiction de bâtir au-delà qui sera rarement respectée. 35 bornes indiquent les limites de Paris en 1674. La première numérotation des quartiers date de 1702

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Événement
Date imprécise — Hôtel de Losse/Hôtel du Grand prévôt/Logis du lieutenant de police
p 110
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Événement
Date imprécise — Hôtel de Losse/Hôtel de La Reynie/Logis du lieutenant de police
p 110
L'hôtel qui avait été celui du Grand Prévôt de France est Racheté par Nicolas de La Reynie qui en fait le siège de la lieutenance de police dont il est le premier titulaire
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Événement
1585
9 septembre 1585 — Maison natale de Richelieu
p 110
Naissance du futur cardinal ministre de Louis XIII, surnommé entre autres "le grand satrape"
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Événement
1647
1647 — Hôtel de Roannès ou Roannez
p 112
Demeure de l'inventeur, avec Blaise Pascal, des carrosses à 5 sols : anc^tres des "Omnibus", en 1662. Ils périclitèrent après la décision royale de les interdire aux gens du peuple, leur faisant perdre une partie de leur …

Demeure de l'inventeur, avec Blaise Pascal, des carrosses à 5 sols : anc^tres des "Omnibus", en 1662. Ils périclitèrent après la décision royale de les interdire aux gens du peuple, leur faisant perdre une partie de leur clientèle

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Événement
1662
1662 — Porche de l'église St Merry (porche latéral)
p 112
Jacqueline Pascal renonce à prendre le "carrosse à 5 sols", ancêtre des omnibus que son frère vient de créer, après que cinq voitures soient passées complètes
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Événement
1640
1640 — Auberge Au Grand St Martin/Siège de la Compagnie des Fiacres
p 112
Les voitures de place de Sauvage prennent le nom de l'auberge où elles sont remisées ; qui le tient elle même d'une image de St Fiacre voisine.
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Événement
1668
1668
p 113-114
Le "Nouveau cours", promenade aménagée sur l'emplacement des anciennes fortifications de Louis XIII, dont elles vont bientôt tirer le nom de "boulevart", et où vont s'installer diverses attractions, dont de nombreux théâ …

Le "Nouveau cours", promenade aménagée sur l'emplacement des anciennes fortifications de Louis XIII, dont elles vont bientôt tirer le nom de "boulevart", et où vont s'installer diverses attractions, dont de nombreux théâtres populaires

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Événement
Date imprécise
p 114
L'activité des boulevard se déplace progressivement vers l'Est et le bd du Temple, où s'installent diverses attractions, dont de nombreux théâtres populaires présentant des drames ; d'où son surnom de Bboulevard du Crime
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Événement
1699
1699 — Grande galerie du Louvre
p 115
Colbert organise la première exposition de l'Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648 par Mazarin, qui sera à l'origine du "Salon" des 18ème et 19ème siècles
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Événement
1634
1634 — Manufacture royale des glaces/Manufacture des glaces à miroirs
p 116
Manufacture royale des glaces, concurrente de Venise, transférée ensuite à St Gobain
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Événement
1680
1680 — Demeure de Catherine Deshayes dite la Voisin/Affaire des poisons
p 118
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Événement
1664
14 novembre 1664 — Arsenal de Paris/Hôtel du Grand maître de l'artillerie/Chambre de justice
p 118
Procès de Fouquet, de l'Affaire des poisons et du chevalier de Rohan
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Événement
1770
1770 — Seconde salle du Palais Royal/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la cinquième)
p 122-123
L'Opéra de Paris quitte les Tuileries pour s'installer dans un édifice spécialement aménagé. Il brûlera une 1ère fois le 6 avril 1763 et une seconde le 8 juin 1781 ; ç la suite de quoi l'Opéra sera transféré dans la sall …

L'Opéra de Paris quitte les Tuileries pour s'installer dans un édifice spécialement aménagé. Il brûlera une 1ère fois le 6 avril 1763 et une seconde le 8 juin 1781 ; ç la suite de quoi l'Opéra sera transféré dans la salle des Menus plaisirs

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Événement
1698
1698 — Grande galerie du Palais Royal/Galerie d'Énée
p 122
Philippe d'Orléans, devenu régent, fait aménager un somputeux palais, doté d'une grande galerie longeant la rue de Richelieu, considérée comme une des principales curiosités de la capitale
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Événement
1720
1720 — Hôtel de Soissons (devenu tripot, puis banque de Law ; ce qui ne le changeait pas fondamentalement d'affectation)
p 123
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Événement
1718
1718 — Hôtel de Beaufort/Banque de Law
p 123-124
Installation de la banque générale de John Law, expert en agiotage ; l'Hôtel deviendra par la suite un bordel ; un lieu décidément voué à des activités peu honorables
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Événement
Date imprécise — Hôtel d'Évreux/Palais de l'Élysée
p 125
Répétitions de "l'Enfant Prodigue" ; Voltaire est exilé pour un madrigal qui a vexé la Pompadour
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Événement
1792
11 août 1792
p 126-127
La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris. Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 a …

La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris.

Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 août la défit dans l'espace de la ville.

Dans les heures qui suivirent la prise des Tuileries, les insurgés s'attaquèrent systématiquement aux statues royales qui ornaient les grandes places. Place de la Concorde, rebaptisée "place de la Révolution" ce même jour, la statue équestre de Louis XV, oeuvre de Bouchardon et Pigalle, fut abattue : elle serait remplacée par une statue de la Liberté. Place des Victoires, la statue de Louis XIV fut renversée et envoyée à la fonte pour y fabriquer des canons. Son socle portait les représentations symboliques de l'Allemagne, de l'Espagne, de la Hollande et du Piémont vaincus sous le Roi-Soleil : toutes ces gloires furent fondues avec lui. Une seconde statue de Louis XIV disparut le même jour place Vendôme. Place des Vosges, la statue équestre de Louis XIII, en bronze depuis 1639, fut détruite. Pont Neuf, la statue d'Henri IV fut abattue à son tour.

En quelques heures, Paris vidait ses places publiques d'un siècle et demi de statuaire royale. Le mouvement n'était pas coordonné depuis un centre : il était simultané, dans plusieurs quartiers à la fois, conduit par des groupes d'insurgés, de fédérés et de sans-culottes agissant de leur propre initiative.

Ces destructions n'étaient pas un accident. La statue royale, depuis Louis XIV, était un instrument politique précis : elle occupait l'espace public pour y affirmer la permanence et la gloire d'un pouvoir personnel qui se voulait l'État même. L'abattre, c'était prendre l'espace, retirer à la monarchie sa présence visible dans la ville. La République n'était pas encore proclamée, mais elle commençait à occuper le terrain.

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Événement
1784
octobre 1784
p 127
Le jeune Bonaparte étudie pendant un an à l'École militaire. Il arrive 42ème sur 58 au concours des officiers d'artillerie, ce qui n'est pas terrible pour un futur "génie militaire"
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Événement
1774
1774 — Hôtel de Cluny/Observatoire de Joseph Nicolas Delisle
p 128
Charles Messier répertorie 103 objets célestes visibles à l'œil nu ou avec une lunette de l'époque, qui portent encore aujourd'hui un numéro de code commençant par la lettre "M". Méchain portera cette liste à 110
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Événement
1750
1750
p 129
Au XVIIIe siècle, la rue de Cléry devient l’un des principaux centres parisiens de la menuiserie et de la fabrication de mobilier. De nombreux artisans renommés, dont Nicolas Foliot, Georges Jacob ou la dynastie Gourdin, …

Au XVIIIe siècle, la rue de Cléry devient l’un des principaux centres parisiens de la menuiserie et de la fabrication de mobilier. De nombreux artisans renommés, dont Nicolas Foliot, Georges Jacob ou la dynastie Gourdin, y installent leurs ateliers et dominent le marché du siège de style Louis XV puis Louis XVI. Ces ateliers emploient ouvriers et compagnons hautement qualifiés ; le quartier attire une clientèle aristocratique et royale. Mobilier, fauteuils, chaises ou lits de repos réalisés rue de Cléry se distinguent par la qualité de leur exécution, l’inventivité des formes et l’usage de bois exotiques ou d’ornementations variées. Cette concentration favorise l’innovation stylistique parisienne à l’époque des Lumières.

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Événement
1782
Événement
1782
21 novembre 1782 — Hôtel de Mortagne/Demeure de Jacques Vaucanson (en 1746)
p 129-130
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Événement
1471
1471 — Abbaye St Antoine des Champs
p 129
Octroi par Louis XI d'une charte accordant privilèges, franchises et exemptions aux artisans dans l'enceinte de l'abbaye ; origine du développement industriel de quartier
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Événement
1762
17 juin 1762 — Demeure de Crébillon père (à partir de 1741)
p 130
Mort du dramaturge Prosper Jolyot de Crais-Billon, dit Crébillon père, précurseur du "Grand Guignol". Il avait donné des cours à Giacomo Casanova
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Événement
1723
1723 — Moulin de la Fontaine St Denis/Moulin à vent
p 131
Moulin disparu dans l'effondrement d'une carrière ; 10ème moulin de Montmartre. Il y avait 80 moulins à vent et preque autatant à eau à Paris en 1719 selon le Traité de la police de Nicolas Delamare
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Événement
1786
1786
p 132
Halle réservée aux poissons de mer et crustacés, par laquelle doivent passer tous les chargements venant des côtes normandes et picardes pour qu'en soit contrôlée la fraîcheur
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Événement
1770
30 mai 1770
p 132-133
La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains... Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des f …

La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains...

Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des festivités organisées pour célébrer le mariage du dauphin Louis-Auguste (futur Louis XVI) et de Marie-Antoinette d’Autriche. Un grand feu d’artifice est tiré sur la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), conçu notamment par le pyrotechnicien Petronio Ruggieri. Lors du bouquet final, une fusée dévie et provoque un incendie, embrasant la structure centrale, le Temple de l’Hymen, et la paille disposée pour le spectacle.

La panique s’empare de la foule, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes. Beaucoup cherchent à fuir par la rue Royale, alors étroite et encombrée de carrosses et de fossés dus à des travaux. La bousculade devient meurtrière : 132 morts sont officiellement recensés, principalement écrasés ou piétinés, et plusieurs centaines de blessés. Les victimes sont inhumées au cimetière de la Madeleine. Cet événement, survenu sous le règne de Louis XV, est perçu par certains contemporains comme un mauvais présage pour le nouveau couple royal.

Sources

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Événement
1312
1312 — Moulin de Longchamp (appartenant aux religieuses de l'abbaye de Longchamp)
p 132
Le quatrième moulin subsistant à Paris, avec les deux de Montmartre, La Galette et Radet, et le moulin de la Charité, dans le cimetière Montparnasse
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Événement
1778
23 mars 1778
p 133-134
Première demeure, très inconfortable, de Mozart avec sa mère lors de son séjour à Paris en 1778. On lui proposera un poste d'organiste à Versailles qu'il refuse. Le 23 mars 1778, Wolfgang Amadeus Mozart arrive à Paris av …

Première demeure, très inconfortable, de Mozart avec sa mère lors de son séjour à Paris en 1778. On lui proposera un poste d'organiste à Versailles qu'il refuse.

Le 23 mars 1778, Wolfgang Amadeus Mozart arrive à Paris avec sa mère Anna Maria. Il a vingt-deux ans, c'est son troisième séjour dans la ville — il y était venu enfant, en prodige, adulé des salons. Cette fois, il arrive comme musicien cherchant un emploi, sans le prestige de la nouveauté.

Leur logement rue du Bourg l'Abbé est, de l'aveu même de Mozart dans ses lettres à son père, sombre, exigu et inconfortable. Paris le déçoit. Les nobles qu'il sollicite le font attendre des heures dans des antichambres glacées, lui font des promesses qu'ils n'honorent pas. On lui propose un poste d'organiste à Versailles — stable, bien rémunéré, respectable. Il refuse. Ce n'est pas ce pour quoi il est venu.

Ce séjour parisien se terminera dans le deuil. Le 3 juillet 1778, Anna Maria Mozart meurt dans leur chambre de la rue du Gros-Chenet — probablement d'une fièvre typhoïde. Mozart, qui avait retardé d'écrire à son père pour lui annoncer la gravité de l'état de sa mère, doit lui apprendre à la fois la maladie et la mort. La lettre qu'il écrit ce soir-là est l'une des plus déchirantes de sa correspondance.

Il quitte Paris en septembre, sans poste, sans succès notable, avec le souvenir d'une ville qui ne l'avait pas voulu. La Symphonie Paris — composée ici même, créée au Concert Spirituel en juin — est peut-être la seule chose lumineuse qu'il en rapporte.

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Événement
1717
16 novembre 1717 — Couvent des filles de la Conception/Demeure et salon de Mme de Tencin
p 134
Peut-être le lieu de naissance de d'Alembert ; sinon chez le docteur Jacques Molin
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Événement
1717
1717 — Demeure et salon de Mme de Tencin (enclavée dans le couvent de la Conception)
p 134
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Événement
1755
1755 — Couvent des Filles St Joseph/Second salon de Mme du Deffand
p 135
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Événement
Événement
Événement
1763
1763 — Demeure et salon de Mme de Lespinasse/Demeure de Jean le Rond d'Alembert
p 135
Julie de Lespinasse s'installe aux second et troisième étages après sa rupture avec Mme du Deffand. Elle sous-loue une chambre à d'Alembert. Elle meurt ici le 23 mai 1776
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Événement
1826
14 mai 1826 — Folie Bouëxière ou Bouxière/Troisième Tivoli
p 135-136
La Folie Bouxière est transformée en troisième Tivoli ; un des premiers parcs d'attractions, qui propose entre autres des ascensions aéronautiques et un tir au pigeon ; il est fréquenté par Charles Fourier
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Événement
1786
1786 — Pavillon de Chartres/Rotonde de Chartres/Parc Monceau
p 136
Poste d'observation du mur des Fermiers généraux transformé en salon, lieu des parties fines de Philippe d'Orléans, futur Philippe Égalité
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Événement
1775
1775
p 136
Suite à un pari entre Marie-Antoinette et le futur Charles X, celui-ci fait construire en 2 mois une folie, qualifiée alors de "babiole", qui deviendra "bagatelle", et qui effectivement ne lui coûtera "que" 2 millions de …

Suite à un pari entre Marie-Antoinette et le futur Charles X, celui-ci fait construire en 2 mois une folie, qualifiée alors de "babiole", qui deviendra "bagatelle", et qui effectivement ne lui coûtera "que" 2 millions de livres. "Révoltant", non ?

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Événement
Date imprécise — Maison à colombages (du 14ème siècle)
p 137-138
Maison ancienne à colombages ; à l'enseigne du Faucheur. Sa façade sera plâtrée jusqu'en 1967, en vertu de l'édit de 1607 visant la protection des bâtiments contre les incendies La maison "À l'enseigne du Faucheur" est l …

Maison ancienne à colombages ; à l'enseigne du Faucheur. Sa façade sera plâtrée jusqu'en 1967, en vertu de l'édit de 1607 visant la protection des bâtiments contre les incendies

La maison "À l'enseigne du Faucheur" est l'une des plus anciennes demeures parisiennes encore debout, située au 11 rue François Miron dans le quartier du Marais. Édifiée au début du XVIe siècle sous les règnes de Louis XII et François Ier, elle présente une architecture à colombages typique du bâti parisien médiéval.

Cette construction précède l'ordonnance royale de 1508 qui interdit les bâtiments en saillie, jugés trop dangereux. L'enseigne du Faucheur servait à identifier l'établissement à une époque où la numérotation moderne des rues n'existait pas.

En 1607, sous Henri IV, un édit ordonna de recouvrir de plâtre les structures en pan de bois pour limiter les risques d'incendie, notamment après le grand incendie de Londres en 1666. La façade resta ainsi dissimulée sous son enduit pendant trois siècles.

La restauration de 1967 permit de dégager et restituer les colombages d'origine, bien que cette intervention ait suscité des critiques pour son caractère parfois jugé artificiel. Certaines sources suggèrent que des structures pourraient remonter au XIVe siècle dans leur état primitif. La maison est aujourd'hui classée monument historique et demeure un témoignage rare de l'habitat civil ancien parisien.

Sources

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Événement
Date imprécise — Maison à colombages (du 14ème siècle)
p 137-138
Maison ancienne à colombages ; à l'enseigne du Mouton. Sa façade sera plâtrée jusqu'en 1967, en vertu de l'édit de 1607 visant la protection des bâtiments contre les incendies
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Événement
1786
1786 — Barrière d'Aunay/Barrière St André/Barrière de la Folie Regnault/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière d'Ivry/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Bercy/Barrière des Poules/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière des Réservoirs/Barrière des Bassins/Barrière de la Pompe à feu/Barrière du Banquet (1848)/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Chaillot/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Charenton/Barrière de Marengo/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Charonne/Barrière de Fontarabie (pendant la Révolution)/Barrière de la Croix Faubin/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Courcelles/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Croulebarbe/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de la Chopinette/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière des Bons-hommes/Barrière de la Conférence/Barrière de Passy/Barrière de Versailles/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de la Cunette/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Barrière St Jacques/Barrière d'Arcueil/Barrière de la Fosse aux Lions/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
Barrière de la Fosse aux Lions du mur des Fermiers Généraux
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Événement
1786
1786 — Barrière de la Glacière/Barrière de Lourcine ou de l'Ourcine (pendant la Révolution)/Barrière de Gentilly/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de la Santé/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1787
1787 — Barrière de Longchamp/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Barrière de Ménilmontant/Barrière de la Roulette/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Monceau/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Barrière de Montreuil/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1787
1787 — Barrière de Picpus (ou Pique-Puce)/Barrière des Poules/Barrière de la Liberté (pendant la Révolution)Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Reuilly/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Senlis/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Sévres/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Vaugirard/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de St Mandé/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière des Deux Moulins/Barrière de l'Hôpital/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Barrière des Fourneaux/Barrière de la Voirie/Barrière de Vanves/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Grenelle/Barrière des Ministres (pendant la Révolution)/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
Événement
1786
1786 — Barrière des Rats/Barrière de Mont-Louis/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière des Trois Couronnes/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière des Vertus/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Barrière du Maine/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Barrière de Montparnasse/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière Poissonnière/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1787
1787 — Barrière St Denis/Barrière de La Chapelle/Barrière de Franciade (pendant la Révolution)/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière Ste Anne/Barrière du Télégraphe/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière Ste Marie/Barrière Franklin/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Barrière de Rochechouart/Barrière du Télégraphe/Barrière de Clignancourt/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1785
1785 — Première Barrière de la Gare/Barrière d'Austerlitz/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
Première Barrière de la Gare ou d'Austerlitz du mur des Fermiers généraux
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Événement
1787
1787 — Barrière de Chartres/Pavillon de Chartres/Parc Monceau/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1786
1786 — Première Barrière de la Rapée/Mur des Fermiers généraux
p 138-139
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Événement
1783
21 novembre 1783
p 139-141
Ascension de la Réveillon pour le vol qui va la mener jusqu'à la Butte aux Cailles
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Événement
1783
15 octobre 1783 — Folie Titon/Manufacture de papiers-peints Réveillon (de 1763)/Lieu du premier vol humain (vol captif)
p 139-141
Fabrication de la Montgolfière, et essais par Jean-François Pilâtre de Rozier en vol captif ; dans la manufacture de papiers peints Réveillon, qui comptait alors 350 ouvriers
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 142-144
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1789
12 juillet 1789
p 142
Manifestation contre le renvoi de Necker, violemment réprimée par le prince de Lambesc sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Place Louis XV
p 142
Une manifestation contre le renvoi de Necker est violemment réprimée par le prince de Lambesc, à la tête du royal-allemand, sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1789
15 juillet 1789 — Hôtel de Ville/Maison Commune
p 144-146
Bailly est nommé maire de Paris et La Fayette commandant de la milice citoyenne, qui va devenir la Garde nationale. Un décret du 21 mai 1790 ratifiera l'indépendance de Paris vis à vis de l'État
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Événement
1789
15 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 144
Il n'a pas pris la Bastille : il l'a vendue, pierre par pierre. Dès le lendemain de la prise, un entrepreneur en bâtiment de trente-quatre ans s'installe sur le chantier le plus convoité de Paris. Pierre-François Palloy …

Il n'a pas pris la Bastille : il l'a vendue, pierre par pierre.

Dès le lendemain de la prise, un entrepreneur en bâtiment de trente-quatre ans s'installe sur le chantier le plus convoité de Paris. Pierre-François Palloy n'a pas attendu qu'on le lui demande : il a lancé ses hommes sur les tours dès le soir du 14 juillet, et se fait confirmer l'adjudication deux jours plus tard. Jusqu'à sept cents ouvriers y travailleront, quatre-vingt-seize semaines durant — la démolition ne s'achèvera qu'au printemps 1791.

Palloy a compris avant tout le monde ce que vaut un tas de gravats chargé de symbole. Il se rebaptise « Palloy le Patriote » et transforme le chantier en entreprise. On visite, contre paiement, les cachots qu'il a garnis de chaînes et d'ossements ; on repart avec un souvenir. Surtout, il fait tailler dans les blocs de la forteresse des Bastilles miniatures — de véritables maquettes de pierre — qu'il expédie à chacun des quatre-vingt-trois départements, ne réclamant, dit-il, que le remboursement du port. À l'automne 1790, deux cent quarante-six caisses de reliques patriotiques partent sillonner la France.

Le reste des pierres se disperse dans Paris. Les meilleurs blocs prennent le chemin des quais : on les emploie aux parties hautes du pont Louis XVI, qu'on achève en 1791. L'intention, alors, est affichée : que le peuple, en le franchissant, « foule aux pieds » chaque jour l'ancienne forteresse.

Quant au Patriote, sa légende résiste mal à l'examen. En 1794, on l'emprisonne deux mois pour malversations. En 1814, quand les Bourbons reprennent le trône, Palloy accepte leur décoration royale — la Décoration du Lys. Le démolisseur de la Bastille finit décoré par les rois.

Le pont, lui, est toujours là — rebaptisé pont de la Concorde. Chaque jour, les députés qui gagnent le Palais-Bourbon le franchissent sans y penser : sous leurs pas, les dernières pierres de la Bastille.

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Événement
1789
15 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 144
Démolition de la Bastille, prise en charge, ou plutôt "en profit", par Pierre-François Palloy, qui fait sculpter des maquettes en pierre de la prison ; l'une d'elles se trouve aujourd'hui au musée Carnavalet
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Événement
1789
17 juillet 1789 — Quai de la Seine (face à la pompe à feu de Chaillot, près de la barrière de la Conférence)
p 144
Remise des clefs de Paris à Louis XVI arrivant de Versailles, par 25 membres du Conseil municipal
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Événement
1791
17 juillet 1791
p 144
Répression de la manifestation des Cordeliers par une fusillade qui fait 50 morts ; le drapeau rouge est alors celui de la loi martiale
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Événement
1792
11 décembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 146
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Événement
1791
4 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 146
Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries. Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la …

Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries.

Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la Chaussée d'Antin, Mirabeau est inhumé au Panthéon. Il en est le premier occupant — le temple républicain vient d'être créé pour lui. Les obsèques sont nationales. Paris entier est dans la rue.

Il y reste deux ans et demi. Le 27 novembre 1793, en pleine Terreur, les sans-culottes font irruption dans le Panthéon et exigent son expulsion. La raison : on vient de découvrir dans "l'armoire de fer" des Tuileries — une cache secrète murée dans les appartements royaux — des centaines de lettres compromettantes. Mirabeau y apparaît comme un conseiller rémunéré de Louis XVI, percevant une pension mensuelle en échange de ses avis politiques. Le tribun de la Révolution était en réalité un agent double.

La Convention vote l'expulsion à l'unanimité. On sort le cercueil du Panthéon sans cérémonie. Mirabeau est réinhumé au cimetière Sainte-Catherine, dans une fosse commune avec d'autres victimes de disgrâce révolutionnaire. Sa famille ne réussit jamais à retrouver ses restes avec certitude.

La fiche de Philippe note que ses lettres étaient adressées à "Louis XIV" — c'est Louis XVI bien sûr, coquille à corriger sur le site.

Ce que le Panthéon avait donné en deux jours, il le reprit en un après-midi. Le premier "grand homme" de la République avait été le premier à en être chassé. L'histoire, parfois, a le sens du symbole.

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Événement
1794
11 octobre 1794 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Statue de Jean-Jacques Rousseau
p 146
Trois mois après Thermidor, la Convention panthéonise le philosophe dont Robespierre se réclamait chaque jour ; l'un des deux hommes est mort, l'autre entre dans la gloire. Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778 à Ermeno …

Trois mois après Thermidor, la Convention panthéonise le philosophe dont Robespierre se réclamait chaque jour ; l'un des deux hommes est mort, l'autre entre dans la gloire.

Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778 à Ermenonville, chez le marquis de Girardin, qui l'a inhumé dans son parc sur l'île des Peupliers. Le lieu est devenu un but de pèlerinage pour toute l'Europe sensible. Le Contrat social, publié en 1762, a fourni à la Révolution son vocabulaire fondamental : souveraineté du peuple, volonté générale, égalité, corruption de l'homme par la société.

Aucun révolutionnaire ne l'a invoqué plus constamment que Robespierre. Il l'avait rencontré adolescent, disait-il ; il en avait fait la référence de tous ses discours. La Convention avait décrété la panthéonisation dès 1791, puis en 1793, sans l'exécuter.

Le 9 thermidor an II, soit le 27 juillet 1794, Robespierre est renversé et guillotiné le lendemain avec Saint-Just et Couthon. La Convention thermidorienne prend le pouvoir. Elle est composée en grande partie des mêmes hommes qui votaient les décrets de la Terreur et qui ont abattu Robespierre parce qu'ils craignaient d'être les prochains.

Le 10 octobre 1794, la dépouille de Rousseau, ramenée d'Ermenonville, est exposée sur le bassin rond du jardin des Tuileries, rebaptisé Jardin national, dans un mausolée provisoire évoquant l'île des Peupliers. Le 11 octobre, le cortège gagne le Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève transformée en temple des grands hommes depuis 1791.

L'opération est politique. Les thermidoriens s'approprient Rousseau contre Robespierre, en récupérant le père pour mieux liquider le fils. Ils célèbrent le philosophe de la souveraineté populaire au moment précis où ils démantèlent les institutions populaires, ferment les sociétés sectionnaires, préparent la Constitution censitaire de l'an III et laissent la réaction thermidorienne massacrer les jacobins en province.

Voltaire était entré au Panthéon en 1791. Rousseau y entre en 1794. Ils reposent face à face, séparés par l'allée centrale, comme ils l'ont été toute leur vie.

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Événement
1791
11 juillet 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Première fête philosophique
p 146
On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore. Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le l …

On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore.

Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le long cortège qui a remonté tout Paris s'arrête devant le nouveau bâtiment. L'Assemblée constituante avait décidé, trois mois plus tôt, que l'église Sainte-Geneviève recevrait les cendres des grands hommes. Sur le fronton, on grave la formule : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. » Mirabeau y était entré le premier ; expulsé après la révélation de ses accords avec la cour, il laisse Voltaire le plus ancien habitant des lieux.

Il faut goûter le paradoxe. Ce temple laïque, la Révolution l'invente en empruntant tout à la religion qu'elle combat : on exhume des restes, on les promène en procession, on les translate d'un tombeau à l'autre comme on faisait jadis des reliques de saints. Le char est tiré par douze chevaux blancs, la fête réglée par Jacques-Louis David. L'homme qu'on encense ainsi est pourtant celui-là même qui avait passé sa vie à railler prêtres et dévots, et signait ses lettres d'un « Écrasez l'infâme ». La patrie reconnaissante offrait au vieux railleur de Ferney une résurrection de plâtre et de granit.

L'histoire aurait pu s'arrêter à cette apothéose. Elle rebondit sous la Restauration. Une nuit de mai 1814, murmure-t-on bientôt, des fanatiques seraient descendus forcer les cercueils de plomb de Voltaire et de Rousseau, auraient mêlé leurs ossements dans un sac et les auraient jetés dans une fosse sur un lit de chaux vive. La rumeur s'impose peu à peu, et Victor Hugo lui-même y ajoute foi. Le Panthéon, croyait-on désormais, ne gardait plus que des tombeaux vides.

Pour en avoir le cœur net, on finit par ouvrir les cercueils. Le 18 décembre 1897, une commission officielle descend dans la crypte. Sous les yeux des savants — le chimiste Marcellin Berthelot en tête —, on soulève les couvercles : les ossements sont là. On brandit le crâne de Voltaire, la mâchoire remboîtée, et l'on croit reconnaître son profil par Pigalle. Le rapport conclut à « la présence dûment reconnue des restes de Voltaire et de Rousseau » — mais la commission n'avait mené aucune expertise. On avait vu des os ; on n'avait pas prouvé que c'étaient les siens.

Aujourd'hui, au bout de l'allée centrale de la crypte, deux tombeaux se font face : Voltaire et Rousseau. Devant celui de Voltaire veille une statue due à Houdon, le sourire mince et l'œil aigu. Le philosophe du doute repose ainsi sous un doute qu'aucune commission n'a tout à fait levé — ce qui, au fond, ne lui aurait pas déplu.

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Événement
Date imprécise — Demeure de Claude-Joseph Rouget de Lisle
p148
Demeure de Rouget de Lisle, auteur et compositeur du "Chant de guerre pour l'Armée du Rhin", qui deviendra "le Chant des Marseillais" après la prise des Tuileries, puis "la Marseillaise", devenue hymne national en 1879
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Événement
1792
13 août 1792 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
p 148
Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud. Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dau …

Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud.

Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dauphin Louis-Charles, et Madame Élisabeth, sœur du roi, furent conduits au Temple, dans le 3e arrondissement. L'enclos du Temple était un vaste domaine qui avait appartenu à l'ordre des chevaliers du Temple puis aux chevaliers de Malte. Il comprenait un palais et une tour médiévale massive.

La famille fut d'abord logée dans le palais du prieur, jugé trop confortable. Quelques semaines plus tard, elle fut transférée dans la tour du Temple elle-même, dite le donjon : un édifice austère, aux fenêtres barricadées, entouré d'un mur supplémentaire que Pierre-François Palloy, l'homme qui avait démoli la Bastille, fut chargé de construire. Santerre commandait la garde.

Louis XVI fut exécuté place de la Révolution le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette fut transférée à la Conciergerie en août 1793, jugée par le Tribunal révolutionnaire, et guillotinée le 16 octobre 1793. Madame Élisabeth fut guillotinée le 10 mai 1794. Le dauphin Louis-Charles, emprisonné seul dans sa cellule à partir de juillet 1793, mourut de maladie à la tour du Temple le 8 juin 1795, à dix ans. Sa sœur Marie-Thérèse fut la seule à survivre.

La tour du Temple fut démolie en 1811 sur ordre de Napoléon, qui craignait qu'elle ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste.

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Événement
1793
2 août 1793 — Conciergerie
p 148-149
Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, Marie-Antoinette quitta le Temple pour la Conciergerie. Elle avait trente-sept ans et soixante-seize jours à vivre. Marie-Antoinette était prisonnière au donjon du Temple depuis le 13 …

Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, Marie-Antoinette quitta le Temple pour la Conciergerie. Elle avait trente-sept ans et soixante-seize jours à vivre.

Marie-Antoinette était prisonnière au donjon du Temple depuis le 13 août 1792, avec le roi, leur fils et leur fille. Louis XVI avait été guillotiné le 21 janvier 1793. Elle était restée au Temple avec ses enfants, soumise à une surveillance croissante, privée de toute nouvelle du monde extérieur.

Le Comité de salut public décida au début de l'été 1793 de la transférer à la Conciergerie, sur l'île de la Cité. La Conciergerie avait une réputation bien établie dans le Paris de la Terreur : on l'appelait l'antichambre de la guillotine. Depuis mars 1793, les condamnés du Tribunal révolutionnaire y transitaient avant l'exécution. Y entrer était, pour presque tous, le signe que la mort était proche.

Le transfert eut lieu en secret, dans la nuit du 1er au 2 août 1793. Marie-Antoinette fut conduite de la rue du Temple à l'île de la Cité, au 1-7 quai de l'Horloge. On lui avait aménagé, à la hâte, une cellule dans l'ancienne salle des gardes : un espace étroit, humide, où deux gardes demeuraient en permanence, y compris la nuit.

Elle y resta jusqu'au 14 octobre 1793, date de l'ouverture de son procès devant le Tribunal révolutionnaire. Le procès dura deux jours. Le 16 octobre 1793, elle fut guillotinée place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde).

Sa cellule à la Conciergerie est aujourd'hui conservée et visitée. Le bâtiment, dont les tours médiévales sont visibles depuis le quai de l'Horloge, abrite aussi la Sainte-Chapelle et le Palais de justice. C'est l'un des rares endroits de Paris où l'on peut encore se tenir dans l'espace exact qu'occupait un acteur de la Révolution.

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Événement
1915
14 juillet 1915 — Hôtel des Invalides
p 148
On voulait le porter au Panthéon ; faute d'avoir voté la loi à temps, on le déposa « provisoirement » aux Invalides — où il est encore. Le 14 juillet 1915, la France est en guerre depuis un an. Ce matin-là, un cortège fu …

On voulait le porter au Panthéon ; faute d'avoir voté la loi à temps, on le déposa « provisoirement » aux Invalides — où il est encore.

Le 14 juillet 1915, la France est en guerre depuis un an. Ce matin-là, un cortège funèbre descend les Champs-Élysées depuis l'Arc de Triomphe : un cercueil drapé de tricolore, porté sur un affût de canon, escorté de troupes, qui gagne lentement les Invalides. Dans la bière, les ossements d'un homme mort depuis près de quatre-vingts ans : Claude-Joseph Rouget de Lisle, qui, une nuit d'avril 1792 à Strasbourg, avait écrit le Chant de guerre pour l'armée du Rhin — la Marseillaise. Derrière le cercueil marchent le président Poincaré, les présidents des deux chambres, tout l'État en habit.

L'homme, pourtant, avait mal fini. Officier tiède, il refusa de prêter serment après la chute du roi, faillit y laisser la tête sous la Terreur, et mourut oublié et sans le sou à Choisy-le-Roi, en 1836. Son chant, lui, avait conquis le monde : interdit, ressuscité, déclaré une première fois chant national un 14 juillet — celui de 1795 — puis consacré hymne national de la République le 14 février 1879. En 1915, la patrie en armes avait de nouveau besoin de son auteur ; on alla déterrer ses restes à Choisy.

Restait à choisir un tombeau digne. Le 6 juillet 1915, le conseil municipal de Paris vote à l'unanimité la panthéonisation pour le 14. Mais faire entrer un mort au Panthéon exige une loi votée par les deux chambres — et la décision tombe trop tard, à la veille des vacances parlementaires. Pas de loi, donc pas de Panthéon. Le gouvernement se rabat sur les Invalides, « à titre provisoire ».

Le 14 juillet, le cortège aboutit ainsi sous le dôme, et non rue Soufflot. Sur le parvis, Poincaré transforme l'hommage en discours de guerre, désignant l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Le chant de 1792, né pour lever des volontaires contre l'envahisseur, se trouvait enrôlé dans l'union sacrée de 1914 — tandis que les ouvriers qui l'avaient jadis fait leur marchaient désormais derrière L'Internationale.

Le « provisoire » a tenu. Plus d'un siècle après, Rouget de Lisle n'a jamais rejoint le Panthéon — le transfert, réclamé encore par intermittence, n'a jamais eu lieu. Ses restes reposent dans le caveau des gouverneurs des Invalides, fermé au public. L'homme le plus chanté de France dort à l'endroit où presque personne ne peut lui rendre visite.

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Événement
1792
16 septembre 1792 — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne/Ministère de la Marine
p 149-151
Pendant que Paris massacre dans ses prisons, trente hommes s'introduisent nuit après nuit dans le palais des rois et vident le trésor de la Couronne. Le 2 septembre 1792, les prisons parisiennes ont commencé à se vider p …

Pendant que Paris massacre dans ses prisons, trente hommes s'introduisent nuit après nuit dans le palais des rois et vident le trésor de la Couronne.

Le 2 septembre 1792, les prisons parisiennes ont commencé à se vider par le fer. La Convention nationale n'est pas encore constituée. Dans cette capitale assiégée par ses propres angoisses, le Garde-Meuble de la Couronne, place Louis-XV (future place de la Révolution, actuelle place de la Concorde), garde ses trésors dans une relative indolence. Les bijoux sont exposés à la galerie du premier étage, illuminés le soir, visibles depuis la rue. La garde est insuffisante depuis que les scellés ont été posés aux Tuileries : une demande de renforcement auprès du ministère de l'Intérieur a été rejetée.

Paul Miette, récidiviste organisé, a reconnu les lieux. Dans la nuit du 11 au 12 septembre, une première équipe s'introduit dans le bâtiment. Les vols se succèdent pendant cinq nuits. Vers le 16 septembre, le trésor a été largement vidé : environ 9 000 pierres précieuses ont disparu, dont le Régent (diamant blanc estimé à douze millions de livres), le Sancy, la Toison d'Or, les Mazarins. Le Bleu de France, diamant issu d'une gemme rapportée des Indes en 1668 par le marchand Tavernier, taillée pour Louis XIV et portée par Louis XV, est lui aussi emporté.

L'affaire éclate le 16 septembre au matin. Le maire de Paris Jean-Jacques Chambon et Joseph Douligny, responsable du Garde-Meuble, sont arrêtés pour négligence. Les investigations s'étalent sur deux ans. Le Régent est retrouvé en 1793, caché dans un grenier proche. Le Sancy reparaît en 1794. Deux tiers des bijoux sont finalement récupérés.

Le Bleu de France, lui, disparaît définitivement. On le retrouve en 1812 à Londres, retaillé pour n'être plus identifiable, passant de main en main entre aristocrates et banquiers. En 1949, sous le nom de "Hope Diamond", il entre dans les collections du Smithsonian Institution à Washington, où il se trouve encore. Trois millions de livres tournois extraits du trésor de Louis XIV finissent dans un musée américain : une parabole de ce que la Révolution a dispersé de la monarchie.

L'épisode illustre le paradoxe de la République en ses moments de paroxysme : pendant que la Convention refonde le droit et l'État, l'État perd le contrôle de ses propres palais. Le vol du Garde-Meuble n'est pas un acte politique, mais il survient dans une semaine où Paris se convainc que tout est possible.

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Événement
1794
10 octobre 1794 — Conservatoire des Arts et Métiers
p 152-153
Un abbé janséniste convainc la Convention que les savoirs techniques ne doivent pas rester le secret des corporations et des élites, et fonde un musée pour les mettre sous les yeux de tous. Henri Grégoire est prêtre, évê …

Un abbé janséniste convainc la Convention que les savoirs techniques ne doivent pas rester le secret des corporations et des élites, et fonde un musée pour les mettre sous les yeux de tous.

Henri Grégoire est prêtre, évêque constitutionnel de Blois, député à la Convention. Il est l'un des rares hommes de la Révolution dont chaque combat a été gagné par la postérité : abolition des privilèges, émancipation des Juifs de France, abolition de l'esclavage, sauvegarde du patrimoine contre le vandalisme, dont il forgea le mot. C'est aussi un obsédé de l'instruction publique et des "arts utiles."

Sa conviction est politique autant que pédagogique. Sous l'Ancien Régime, les savoir-faire techniques appartiennent aux corporations, transmis par le compagnonnage, protégés comme des secrets de métier. Les machines des manufactures sont des propriétés privées inaccessibles. L'ingénierie savante est réservée aux écoles militaires nobiliaires. La Révolution a supprimé les corporations par la loi Le Chapelier en 1791 ; il faut maintenant rendre la technique publique.

Le 19 vendémiaire an III, soit le 10 octobre 1794, Grégoire présente à la Convention nationale, au nom des comités d'Agriculture, des Arts et d'Instruction publique, le rapport instituant le Conservatoire des Arts et Métiers. Le décret est adopté. L'établissement doit conserver "les machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d'arts et métiers," et les exposer publiquement.

L'idée est neuve : un musée où l'on ne vient pas admirer mais comprendre, où les objets sont exposés pour être copiés, améliorés, diffusés. Le Conservatoire recueille les collections confisquées, dont celles de Vaucanson, l'inventeur des automates.

Il s'installe en 1798 dans l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, 270-292 rue Saint-Martin dans le 3e arrondissement, monastère clunisien du XIe siècle nationalisé par la Révolution. Nicolas-Jacques Conté, inventeur du crayon graphite, en organise les collections avec Molard.

Le Conservatoire national des arts et métiers existe toujours au même endroit. Il est à la fois musée, grande école et centre de formation continue pour adultes salariés, ce qui est encore, deux siècles plus tard, exactement le programme de Grégoire.

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Événement
1792
11 août 1792
p 152
La statue équestre de Louis XIV est abattue comme symbole de la monarchie ; elle sera fondue pour fabriquer des canons. Le socle symbolisait Allemagne, Espagne, Hollande et Piémont vaincus
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Événement
1793
Événement
1793
18 octobre 1793 — Palais Bourbon/Maison de la Révolution/Siège de la Commission des Travaux publics
p 152-153
Le palais d'une princesse de sang devient en pleine Terreur l'école où la République forme ses ingénieurs. Le palais Bourbon a été construit à partir de 1722 pour la duchesse de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et d …

Le palais d'une princesse de sang devient en pleine Terreur l'école où la République forme ses ingénieurs.

Le palais Bourbon a été construit à partir de 1722 pour la duchesse de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan. Il domine la Seine face à la place de la Concorde. En 1791, il est nationalisé comme bien d'émigré : le prince de Condé, son dernier propriétaire, a fui la France et commande l'armée des émigrés contre la Révolution.

Le 18 octobre 1793, la Convention rebaptise le bâtiment. Le palais "ci-devant Bourbon" devient la Maison de la Révolution. Le changement de nom n'est pas décoratif : la Convention est alors en pleine campagne de déchristianisation et de débaptisation, les rues, les places et les villes perdent leurs saints et leurs rois. Le lieu accueille la Commission des travaux publics, dirigée notamment par Fleuriot-Lescot, futur maire de Paris qui sera guillotiné avec Robespierre.

La destination du bâtiment est décisive. La Convention y installe l'École centrale des travaux publics, créée par décret en 1794 sur les rapports de Monge, Carnot et Prieur de la Côte-d'Or. La France en guerre contre toute l'Europe manque d'ingénieurs, d'artilleurs, de cartographes. L'ancien système de formation reposait sur les écoles militaires nobiliaires et le compagnonnage ; il a été balayé. Il faut en construire un autre, fondé sur les sciences et ouvert au concours.

L'École centrale des travaux publics devient l'École polytechnique en 1795. Ses professeurs sont les plus grands savants du temps : Monge pour la géométrie descriptive, Lagrange et Laplace pour l'analyse, Berthollet et Fourcroy pour la chimie. Elle formera pendant deux siècles les ingénieurs d'État français.

Le palais Bourbon accueillera à partir de 1798 le Conseil des Cinq-Cents, puis les assemblées successives. Il abrite depuis l'Assemblée nationale. Sa façade à colonnes, ajoutée par Napoléon pour faire pendant à la Madeleine, masque encore le palais de la duchesse.

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Événement
1795
21 octobre 1795 — Musée des Monuments français/École des Beaux-Arts
p 152
Lenoir crée un musée lapidaire dans l'ancien couvent, en 1792 ; il deviendra le "Musée des Monuments français", institué le 1er septembre 1794 par la Convention
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire/Façade style égyptien
p 158-159
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m ; canular du "nez de Bouginier"
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire
p 158-159
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire
p 158-159
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m
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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
p 159
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
p 159
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1801
1801 — Couvent de la Madeleine de Traisnel (de 1654)
p 159-160
Couvent des Dames de Tresnel ou Traisnel, un village de l'Aube, transformé en filature et en atelier de tissage ; il en subsiste une arcade et le clocher. L'ntreprise employait 7900 ouvriers sur l'ensemble de la France
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Événement
1801
18 septembre 1801 — Cour carrée du Louvre
p 159
Première exposition industrielle nationale ; présentation du métier à tisser de Jacquard
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Événement
1801
1801 — Couvent Notre-Dame de Bon Secours (de 1648)
p 159-160
Première filature de coton à Paris, fondée par François Richard et Joseph Lenoir-Dufresne dans un ancien couvent de Bénédictines ; elle emploie 700 ouvriers
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Événement
1801
1801 — Raffinerie sucrière Delessert/Premières machines à vapeur
p 159
Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sor …

Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sort en 1812

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Événement
1801
1801 — Raffinerie sucrière Delessert/Premier pont suspendu à Paris/Premières machines à vapeur
p 159
Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sor …

Première raffinerie de sucre de betterave en France ; réponse au "blocus continental", qui interdisait les importations des Antilles. Utilisation des premières machines à vapeur dans l'industrie. Le 1er pain de sucre sort en 1812

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Événement
1817
1817 — Passage des Panoramas
p 159
Premiers essais à Paris de l'éclairage et du chauffage au gaz
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Événement
1806
1806 — Filature Delattre et Vibert/Ancien couvent des Hospitalières de la Roquette
p 159-160
Une des premières filatures créée à Paris après l'instauration du "blocus continental" par Napoléon 1er. Elle s'installe dans l'ancien couvent des Hospitalières de la Roquette avec 48 tisserands et 250 fileurs
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Événement
Événement
1801
1801 — Premier pont suspendu à Paris
p 160
Pont suspendu sur câbles métalliques ; reliant la raffinerie au domicile de Delessert
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Événement
Date imprécise — Pavillon central du lycée Jean-Baptiste Say/Filature de châles en cachemire
p 160
Vestige de l'entreprise de teinturerie de châles en cachemire fondée par Ternaux, profitant du "blocus continental" instauré par Napoléon contre l'Angleterre. Il installe ici un élevage de chèvres du Tibet
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Événement
1805
4 février 1805 — Plaque de numérotation remarquable
p 161-162
Numérotation des immeubles prescrite par le préfet Frochot ; en noir sur fond jaune
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Événement
1789
1789 — Barrière Blanche
p 164
Les anciennes carrières de gypse situées sous la colline de Montmartre, à l’emplacement actuel du 20 avenue Rachel à Paris, ont été exploitées dès le Moyen Âge pour fournir du plâtre à la capitale. À la Révolution frança …

Les anciennes carrières de gypse situées sous la colline de Montmartre, à l’emplacement actuel du 20 avenue Rachel à Paris, ont été exploitées dès le Moyen Âge pour fournir du plâtre à la capitale. À la Révolution française, ces carrières désaffectées ont servi de fosses communes pour les victimes de plusieurs émeutes. Après la journée du 10 août 1792, environ 300 gardes suisses tués lors de l’attaque des Tuileries y furent inhumés. Ce site a également accueilli d’autres inhumations anonymes avant la création officielle du cimetière de Montmartre en 1825, qui occupe aujourd’hui l’emplacement des anciennes galeries. Le cimetière, ouvert sur les anciennes carrières, conserve la mémoire de ces événements et de l’utilisation funéraire du lieu pendant la Révolution.

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Événement
1804
21 mai 1804 — Domaine de Mont Louis (propriété des jésuites)/Cimetière de l'Est/Cimetière du Père Lachaise
p 164
Le domaine des jésuites devient le Grand cimetière de l'Est, futur Père Lachaise
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Événement
1810
1 juillet 1810 — Cité d'Antin/Hôtel de Montesson/Ambassade d'Autriche (tentes installées 5-7 rue La Fayette)
p 164-165
Il avait épousé une archiduchesse pour consolider son empire. Le bal donné en leur honneur tua plusieurs dizaines d'invités. En décembre 1809, Napoléon avait divorcé de Joséphine — stérile, selon lui. En avril 1810, il é …

Il avait épousé une archiduchesse pour consolider son empire. Le bal donné en leur honneur tua plusieurs dizaines d'invités.

En décembre 1809, Napoléon avait divorcé de Joséphine — stérile, selon lui. En avril 1810, il épousait Marie-Louise d'Autriche, fille de l'Empereur François Ier d'Autriche, son ennemi d'hier. Mariage dynastique : il s'agissait de légitimer l'Empire en s'alliant à la plus vieille maison régnante d'Europe. L'Autriche venait d'être battue à Wagram. Elle offrait sa fille.

Le prince Karl von Schwarzenberg, ambassadeur d'Autriche à Paris, donne le 1er juillet 1810 un grand bal en l'honneur du couple impérial. On a construit dans les jardins de l'hôtel de Montesson — rue du Mont-Blanc, aujourd'hui rue de la Chaussée-d'Antin — de vastes tentes provisoires dessinées par l'architecte Bénard : lambrissées, tendues de mousseline blanche, éclairées par des centaines de bougies. Douze cents invités. L'élite de l'Empire, les ambassadeurs des cours alliées, la famille des maréchaux.

Vers onze heures du soir, une tenture prend feu au contact d'un candélabre. Le tissu s'embrase, les mâts s'effondrent, la toile brûlante retombe sur les invités. La panique est immédiate. Les portes étroites ne permettent pas d'évacuer rapidement une foule de cette densité. On se piétine. On brûle.

Napoléon était présent ; il put s'échapper. Le bilan est difficile à établir : Marie-Louise écrit à son père qu'il y eut « une vingtaine de morts » ; Léonce Grasilier nota qu'on dénombra au moins quatre-vingt-dix convois funèbres quittant l'ambassade dans les jours suivants. Parmi les victimes identifiées : la princesse Pauline d'Arenberg, belle-sœur de Schwarzenberg, brûlée vive. Napoléon fit tenir la presse pour minimiser l'ampleur de la catastrophe — il craignait qu'on y voie un présage.

L'incendie eut une conséquence durable : par décret impérial du 18 septembre 1811, Napoléon créa le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris, troupe militaire spécialisée dans la lutte contre les incendies. Elle existe encore.

Schwarzenberg lui-même commanda en 1813 les forces de la coalition alliée. À Leipzig, en octobre, ses armées infligèrent à Napoléon la défaite qui scella sa chute. L'ambassadeur du bal avait fini chef de guerre.

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Événement
Date imprécise — Fontaine de Mars
p 165
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Événement
1807
1807 — Fontaine de la Paix et des Arts (destinée à la place du Châtelet)
p 165
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Événement
1811
1811
p 165
Première fontaine installée ici, de 1811 à 1867 ; elle donna son nom à la place du Château d'Eau
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Événement
1808
1808
p 167
Construction du grenier d'abondance qui sera détruit par un incendie pendant la Semaine sanglante de 1871
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Quartier général de l'état-major
p 169
Arrestation du général Malet par Doucet et Laborde lors de sa tentative de prise du pouvoir
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Caserne Popincourt (de 1770 à 1885)
p 169
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Événement
1812
29 octobre 1812 — Barrière de Grenelle
p 169
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Événement
1810
15 août 1810
p 169
Inauguration de la colonne aux vainqueurs d'Austerlitz, sur laquelle Napoléon se fait représenter en empereur romain, une victoire ailée dans la main droite. Mégalomanie, quand tu nous tiens...
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Demeure du général Hulin
p 169
Le général Hulin est blessé à la mâchoire en déjouant la tentative de putsch du général Malet
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Prison de la Force/Grande Force
p 169
Le général Malet délivre les généraux conspirateurs Guidal et Lahorie ; tous seront fusillés, ainsi que l'éphémère préfet de Paris Boccheciampe
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Maison de santé du docteur Dubuisson
p 169
Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien. Claude-François de Malet est un général républic …

Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien.

Claude-François de Malet est un général républicain, hostile à l'Empire depuis le Consulat. Déjà compromis dans un complot en 1808, il est détenu sans jugement depuis des années, puis transféré pour raisons de santé dans la maison du docteur Dubuisson, 303 rue du Faubourg-Saint-Antoine, où il vit sous une surveillance très relâchée. Il y prépare son affaire avec l'abbé Lafon et quelques complices royalistes.

Napoléon est en Russie depuis juin 1812. Moscou a été prise en septembre, incendiée, évacuée. La Grande Armée a entamé sa retraite. Les nouvelles mettent des semaines à parvenir à Paris, et le régime repose entièrement sur la personne d'un homme absent à deux mille lieues.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, Malet passe à l'action. Il sort de la maison de santé en uniforme de général, muni de faux documents fabriqués par ses soins : un prétendu sénatus-consulte annonçant la mort de l'Empereur sous les murs de Moscou, l'abolition de l'Empire et l'établissement d'un gouvernement provisoire.

Il se présente à la caserne Popincourt, dans l'actuel 11e arrondissement, lit son décret devant les officiers de la 10e cohorte de la garde nationale. Personne ne vérifie. La troupe le suit. Il fait libérer de la prison de la Force les généraux Lahorie et Guidal, également détenus pour opposition. Lahorie va arrêter le ministre de la Police Savary et le préfet de police Pasquier, qui se laissent prendre sans résistance. Un nommé Boccheciampe est installé préfet de Paris.

L'affaire s'effondre place Vendôme. Malet se présente au quartier général de l'état-major pour destituer le général Hulin, gouverneur de Paris, celui-là même qui avait pris la Bastille en 1789. Hulin demande à voir les ordres. Malet lui tire au visage et lui fracasse la mâchoire. Les colonels Doucet et Laborde reconnaissent alors l'imposture et l'arrêtent.

Douze hommes sont fusillés le 29 octobre à la plaine de Grenelle. Napoléon, apprenant l'affaire, sera surtout frappé qu'aucun de ses fonctionnaires n'ait songé à proclamer son fils. L'Empire n'avait aucune légitimité en dehors de lui.

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Événement
Événement
1792
1792 — Cimetière de la Madeleine
p 176-177
Chapelle expiatoire de 1816, sur l'emplacement du charnier des exécutions de la Concorde
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Événement
1801
1801
p 176
Une statue du général Desaix remplace celle de Louis XIV détruite pendant la Révolution. Elle sera détruite au retour de Louis XVIII pour confectionner la statue d'Henri sur le Pont Neuf
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Événement
1816
29 mars 1816
p 177
Le 29 mars 1816, un bateau entre dans Paris par la Seine depuis la mer. Il n'a pas de voiles. Sur les quais, les Parisiens s'arrêtent pour regarder cette chose étrange qui avance contre le courant sans rames, dans un bru …

Le 29 mars 1816, un bateau entre dans Paris par la Seine depuis la mer. Il n'a pas de voiles. Sur les quais, les Parisiens s'arrêtent pour regarder cette chose étrange qui avance contre le courant sans rames, dans un bruit de ferraille et de vapeur — la cheminée crache une fumée noire, les roues à aubes brassent l'eau. C'est l'Élise, commandée par le capitaine Pierre Andriel, qui vient de traverser la Manche depuis l'Angleterre.

C'est la première fois qu'un bateau à vapeur remonte la Seine jusqu'à Paris. Le trajet depuis le Havre a duré plusieurs jours. L'Élise accoste au port du Louvre, aux abords des Tuileries, sous les yeux d'une foule intriguée.

La technologie vient d'Amérique — Robert Fulton avait fait naviguer le premier bateau à vapeur commercial sur l'Hudson en 1807, puis était venu en France tenter, sans succès, de convaincre Napoléon d'utiliser ses bateaux. Fulton est mort un an plus tôt, en 1815, sans voir sa technologie conquérir l'Europe. L'Élise est l'héritière directe de ses travaux.

La navigation à vapeur va transformer le rapport de Paris à la mer — et plus largement, révolutionner le commerce, les voyages, la guerre navale. Mais ce 29 mars 1816, sur les quais du Louvre, ce n'est encore qu'un spectacle : une machine bizarre venue d'ailleurs, qui fait du bruit et avance toute seule sur l'eau.

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Événement
1820
1820
p 177
la "Compagnie générale des bateaux à vapeur de Paris" crée une navette de bateaux à aube, le "Parisien" et la "Parisienne" qui assurent sept départs quotidiens en direction de St Cloud
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Événement
1764
Événement
1766
1766 — Folie Boutin/Premier Tivoli
p 178
Folie Boutin, nommée Tivoli en référence au jardin de la villa d'Este, située dans la ville de Tivoli en Italie. Elle sera transformée en parc d'attraction en 1795 Au cœur du faubourg Saint‑Lazare, entre les actuelles ru …

Folie Boutin, nommée Tivoli en référence au jardin de la villa d'Este, située dans la ville de Tivoli en Italie. Elle sera transformée en parc d'attraction en 1795

Au cœur du faubourg Saint‑Lazare, entre les actuelles rues de Clichy et Saint‑Lazare, Simon‑Charles Boutin, receveur général des finances, fit naître vers 1766 l’une des plus célèbres folies de Paris : la Folie Boutin, qu’il baptisa Tivoli. Sur près de huit hectares, il façonna un jardin merveilleux, composé de bosquets, de fausses ruines, de grottes et de lacs parsemés d’îlots. Trois styles s’y entremêlaient — français, anglais et italien —, évoquant le raffinement cosmopolite du siècle des Lumières. L'entrée principale se trouvait au 66-106 rue Saint-Lazare, et une deuxième fut ouverte au n. 27 de la rue de Clichy.

Chaque jeudi, Boutin recevait peintres, savants et courtisans dans un pavillon orné de statues et de sarcophages rapportés d’Italie. Le soir, dans le scintillement des lanternes, les rires se perdaient au milieu des charmilles tandis que la baronne d’Oberkirch notait « les surprises à chaque pas » de ce décor d’opéra.

Mais la Révolution balaya la rêverie. Boutin, compromis par son séjour en Angleterre, fut guillotiné en juillet 1794, et sa propriété confisquée. Dès 1795, Tivoli rouvrit en parc d’attractions où les Ruggieri firent jaillir des feux d’artifice et où s’élevèrent les premiers aérostats. Sous le Directoire, plus de dix mille promeneurs s’y pressaient chaque dimanche.

Premier véritable « parc de loisirs » parisien, la Folie Boutin marqua la rencontre du faste aristocratique et du plaisir populaire — un Tivoli à la française, disparu mais rêvé encore dans les ruelles du 9e arrondissement.![[Jardins de Tivoli et de Richelieu|Jardins_de_Tivoli_en_1812.png]]

Jardins de Tivoli et de Richelieu

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Événement
1794
1794 — Folie Beaujon/Parc d'attractions
p 178
François Coopman transforme la Folie Beaujon en un parc d'attractions qui sera géré par l'artificier Michel Ruggieri à partir de 1801. Illuminations, feux d'artifices et pantomime pyrotechnique intitulée "Télémaque dans …

François Coopman transforme la Folie Beaujon en un parc d'attractions qui sera géré par l'artificier Michel Ruggieri à partir de 1801. Illuminations, feux d'artifices et pantomime pyrotechnique intitulée "Télémaque dans l'île de Calypso"

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Événement
1817
1817 — Montagnes françaises du jardin Beaujon (ancêtre des montagnes russes)/Promenades aériennes/Cabaret Bombarda
p 178
La Folie Beaujon est transformée en parc d'attraction, doté en 1817 de Montagnes russes de 26 m de haut qui feront morts et blessés. C'est là que Tholomyès abandonne Fantine dans les Misérables
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Événement
1795
1795 — Folie Boutin/Premier Tivoli/Grand Tivoli (réouvert en 1812)
p 178
À la mort de Simon-Charles Boutin, guillotiné en 1794, sa somptueuse Folie de la rue Saint-Lazare change radicalement de visage. Dès 1795, l’entrepreneur Gérard Desrivières transforme le domaine confisqué en parc d’attra …

À la mort de Simon-Charles Boutin, guillotiné en 1794, sa somptueuse Folie de la rue Saint-Lazare change radicalement de visage. Dès 1795, l’entrepreneur Gérard Desrivières transforme le domaine confisqué en parc d’attractions public, et le nom de Tivoli s’impose aussitôt dans le langage parisien. Là où naguère s’étaient promenés les financiers et les artistes, se pressent désormais les Incroyables et les Merveilleuses du Directoire, avides de danser, de rire et d’oublier les années de Terreur.

On y vient pour tout : voir les feux d’artifice des frères Ruggieri, écouter les orchestres, assister à des ascensions de ballons ou à des pantomimes en plein air. Le dimanche, dix mille curieux déambulent sous les allées illuminées de milliers de lampions, où la galanterie trouve toujours un recoin d’ombre pour s’épanouir. Tivoli devient bientôt « le jardin où il faut être », le miroir enchanté d’un Paris qui se réinvente dans la fête.

Mais, comme toute illusion, celle-ci ne dure qu’un temps. En 1826, les héritiers Boutin cèdent le terrain à un banquier suédois, Jonas Hagerman, qui lotit les lieux et ouvre un nouveau quartier. Du premier Tivoli, il ne reste que le souvenir d’un Paris entre renaissance et vertige, où la joie remplaçait la peur.![[Francois Louis Joseph Watteau - Ball in the Tivoli Gardens Paris 1799, (MeisterDrucke)|Jardin de Tivoli - Francois_Louis_Joseph_Watteau_-Ball_in_the_Tivoli_Gardens_Paris_1799-_(MeisterDrucke).jpg]]

Francois Louis Joseph Watteau - Ball in the Tivoli Gardens Paris 1799, (MeisterDrucke)

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Événement
1766
1766 — Château des Porcherons/Jardin Ruggieri
p 178
Parc d'attractions des initiateurs des établissements de fêtes champêtres à Paris, offrant bals, feux d'artifices et spectacles équestres
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Événement
1818
1 janvier 1818 — Institution Durdan/Gymnase de Francisco Amoros
p 179
Francisco Amorós rédige son "Manuel d'éducation physique, gymnastique et morale" et crée son premier gymnase en France. Il sera le fondateur de "l'école française" de gymnastique et entraînera entre autres les pompiers d …

Francisco Amorós rédige son "Manuel d'éducation physique, gymnastique et morale" et crée son premier gymnase en France. Il sera le fondateur de "l'école française" de gymnastique et entraînera entre autres les pompiers de Paris

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Événement
1823
16 novembre 1823
p 180-181
Les admiratrices et admirateurs de Rossini lui offrent un mémorable banquet au restaurant "Le Veau qui tette"
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Événement
Événement
1802
23 septembre 1802
p 181-182
Commencement des travaux du canal de l'Ourc ; il servira entre autres à transporter les ordures parisiennes dans la forêt de Bondy
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Événement
1877
1877 — Fondation Rossini
p 181
La veuve de Gioachino Rossini lègue sa fortune à une fondation, à charge de créer une maison de retraite réservée aux chanteurs français et italiens nécessiteux. Aujourd'hui incluse dans l'hôpital Sainte-Périne
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Événement
1829
1829
p 182
Le préfet Chabrol ordonne de paver les trottoirs des Grands boulevards en pierres volcaniques de Volvic en Auvergne
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Événement
1826
4 novembre 1826 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 183-184
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Événement
1791
1791 — Entreprise de céramique Nast
p 185
Une des premières et des plus importantes entreprises de fabrication de porcelaine dure à Paris, créée par Nast dans l'ancien atelier du sculpteur Nicolas Adam. Elle emploiera 80 ouvriers en 1807
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Événement
1828
11 avril 1828
p 186
Création de la 1ère ligne d'omnibus à chevaux à Paris. Dérivé du latin "Omnes Omnibus". Viendront ensuite les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises et les Tricycles. Le 11 avril …

Création de la 1ère ligne d'omnibus à chevaux à Paris. Dérivé du latin "Omnes Omnibus". Viendront ensuite les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises et les Tricycles.

Le 11 avril 1828, place de la Madeleine, part le premier omnibus parisien — une grande voiture à chevaux pouvant transporter quatorze voyageurs, tirée par trois chevaux, desservant la ligne Madeleine-Bastille toutes les quinze minutes. Le prix du trajet : vingt-cinq centimes, quelle que soit la distance. Le mot vient du latin omnibus, datif pluriel de omnis : « pour tous ». C'était l'idée — un véhicule accessible à tous, pas seulement aux riches qui pouvaient se payer un fiacre.

L'inventeur s'appelle Stanislas Baudry, ancien colonel de l'Empire mis en demi-solde sous la Restauration. Il exploitait une minoterie et des bains publics à Nantes, et avait organisé une navette pour amener les clients depuis le centre-ville jusqu'à son établissement. Il remarqua que ses voitures prenaient des passagers en cours de route, qui n'allaient pas aux bains mais voulaient simplement se déplacer. Il abandonna les bains, obtint l'autorisation du préfet de police De Belleyme en janvier 1828, et vint à Paris monter son Entreprise Générale des Omnibus avec dix lignes simultanées.

Le succès fut foudroyant — entre avril et octobre 1828, plus de deux millions et demi de voyageurs empruntèrent les omnibus parisiens. En quelques mois, une quinzaine de compagnies concurrentes envahirent le pavé, portant des noms charmants : les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises, les Hirondelles, les Gazelles. Chacune avait ses couleurs, ses itinéraires, sa clientèle. Paris se dotait d'un réseau de transport en commun — précurseur de la future Compagnie Générale des Omnibus, ancêtre de la RATP.

Baudry, lui, ne vit pas son succès prospérer. Laminé par la concurrence et criblé de dettes, il se suicida en mars 1830 en se jetant dans le canal Saint-Martin. Le dernier omnibus hippomobile circula à Paris le 11 janvier 1913 — à corriger sur la fiche, qui indique 1912.

L'omnibus à chevaux circula jusqu'en 1912, progressivement supplanté par le tramway électrique puis par l'autobus. Baudry, lui, ne vit pas son succès durer : criblé de dettes malgré la popularité de ses véhicules, il se suicida en 1830, deux ans après son invention.

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Événement
Événement
Événement
Événement
1838
1838
p 186
Rue tenant son nom d'une compagnie d'omnibus qui s'y était installée ; on aura aussi les Dames blanches, les Écossaises les Béarnaises, les Hirondelles...
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Événement
Date imprécise — Siège de la Compagnie des Omnibus
p 186
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Événement
1798
21 janvier 1798 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 187
La tribune et le "perchoir" du président de la chambre des députés sont les seuls vestiges de la salle initiale de l'assemblée, investie par les "Cinq-Cents" sous le Directoire puis par le Corps législatif sous le Consul …

La tribune et le "perchoir" du président de la chambre des députés sont les seuls vestiges de la salle initiale de l'assemblée, investie par les "Cinq-Cents" sous le Directoire puis par le Corps législatif sous le Consulat

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Événement
1830
9 août 1830 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 190
Investiture de Louis-Philippe 1er en tant que "roi des français", et non "de France". Les insignes de la royauté lui sont remis par quatre anciens maréchaux d'empire, qui avaient participé à la Révolution. Beaux itinérai …

Investiture de Louis-Philippe 1er en tant que "roi des français", et non "de France". Les insignes de la royauté lui sont remis par quatre anciens maréchaux d'empire, qui avaient participé à la Révolution. Beaux itinéraires, non ?

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Événement
1832
6 janvier 1832
p 190-191
Un étudiant meurt du choléra. L'affaire est étouffée. Mais l'épidémie se révèle le 27 mars. Elle durera 189 jours et tuera 18 402 personnes. Elle pourrait être une conséquence indirecte de l'éruption en Indonésie du Tamb …

Un étudiant meurt du choléra. L'affaire est étouffée. Mais l'épidémie se révèle le 27 mars. Elle durera 189 jours et tuera 18 402 personnes. Elle pourrait être une conséquence indirecte de l'éruption en Indonésie du Tambora en avril 1815

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Événement
1835
1835
p 192
Gautier demeure à deux pas du cénacle installé au 3 impasse du Doyenné, dans l'appartement du peintre Camille Rogier, qui vit avec Gérard de Nerval et Arsène Houssaye et qui y organisent des fiestas mémorables
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Événement
1836
22 juillet 1836 — Demeure d'Armand Carrel
p 193
Le 22 juillet 1836, deux hommes se battirent en duel aux portes de Paris : l'un représentait la presse républicaine et politique, l'autre la presse commerciale et populaire. Le plus célèbre mourut deux jours après. Le mo …

Le 22 juillet 1836, deux hommes se battirent en duel aux portes de Paris : l'un représentait la presse républicaine et politique, l'autre la presse commerciale et populaire. Le plus célèbre mourut deux jours après. Le moins illustre changea la presse française pour cent ans.

Armand Carrel avait trente-six ans et une réputation immense. Co-fondateur du National en 1830 avec Adolphe Thiers et François Mignet, il avait fait de ce journal la tribune du républicanisme sous la Monarchie de Juillet — une presse d'opinion, engagée, polémique, qui formait des lecteurs et des militants.

Émile de Girardin venait de lancer, en juin 1836, La Presse — un quotidien vendu moitié moins cher que ses concurrents, financé par la publicité plutôt que par les abonnements politiques. C'était une rupture totale : le journal de masse, le journal de commerce, le journal qui se finançait par les annonces. Carrel y vit une trahison et l'attaqua dans le National. La dispute dégénéra. Le duel fut fixé.

Le 22 juillet 1836, les deux hommes se rencontrèrent. Girardin toucha Carrel d'une balle qui devait se révéler mortelle. Carrel fut ramené mourant à son domicile, au 18 de la rue de la Grange Batelière. Il mourut le 24 juillet.

On porta Carrel au Père-Lachaise dans un cortège immense. Girardin continua à publier La Presse pendant quarante ans. Le duel avait tranché quelque chose que les arguments n'avaient pas réglé : quelle presse la France aurait au XIXe siècle.

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Événement
1831
9 mai 1831 — Restaurant "Aux vendanges de Bourgogne"
p 193
Banquet républicain organisé par la Société des Amis du Peuple en l'honneur des acquittés du 15 avril ; Galois porte un toast "à Louis-Philippe, s'il trahit" avec un couteau dans la main
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Événement
1832
16 mars 1832 — Clinique Faultrier
p 193
Évariste Galois est transféré de la prison Sainte Pélagie, du fait de l'épidémie de Choléra consécutive à l'éruption du volcan Tambora en Indonésie en 1815
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Événement
Événement
1835
28 juillet 1835 — Appartement loué par Giuseppe Fieschi
p 194
Attentat manqué de Fieschi contre Louis-Philippe à l'aide d'une machine infernale ; il fait 19 morts. Fieschi avait travaillé comme indicateur pour le préfet Baude
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Événement
1796
1796 — Piscine Deligny
p 194-195
Création d'une piscine flottante sur la Seine, près du pont de la Concorde. Deligny succèdera à son beau-père Barthélemy Turquin, y ouvrira une "École royale de natation". Cette piscine de luxe coulera corps et biens en …

Création d'une piscine flottante sur la Seine, près du pont de la Concorde. Deligny succèdera à son beau-père Barthélemy Turquin, y ouvrira une "École royale de natation". Cette piscine de luxe coulera corps et biens en 1993

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Événement
1832
1832
p 194
Lieu des exécutions capitales ; le bourreau habitait 81 rue St Jacques. Fieschi, Pépin et Morey sont guillotinés le 19 février 1836
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Événement
1835
28 juillet 1835
p 194
Préparation de l'attentat de Fieschi contre Louis-Philippe ; chemin réputé pour son panorama
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Événement
1834
Événement
1834
1834 — Demeure de Pierre François Lacenaire et d'Hippolyte François
p 195-196
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Événement
1834
Événement
1834
Événement
1832
4 mars 1832 — Demeure de Jean-François Champollion (depuis 1831)
p 196-197
Mort de Jean-François Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes. C'est lui qui avait négocié l'acquisition de l'obélisque de Louqsor avec le pacha d'Égypte Mohamed Ali. Jean‑François Champollion meurt le 4 mars 1832, à s …

Mort de Jean-François Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes. C'est lui qui avait négocié l'acquisition de l'obélisque de Louqsor avec le pacha d'Égypte Mohamed Ali.

Jean‑François Champollion meurt le 4 mars 1832, à seulement 41 ans, dans l’appartement parisien où il vit depuis son retour d’Égypte. Épuisé par des années de travail acharné sur les textes, les voyages et les classes qu’il donne au Collège de France, il succombe à une attaque, laissant inachevés ses grands projets d’édition des inscriptions pharaoniques. Sa dépouille est portée au Père‑Lachaise, où un petit obélisque, dressé sur sa tombe, rappelle le lien intime qu’il a noué avec l’Égypte antique.

C’est Champollion qui a rendu les hiéroglyphes à la parole en établissant, à partir de la pierre de Rosette et d’autres inscriptions bilingues, que ce système mêle signes phonétiques et idéogrammes, et en reconstruisant progressivement l’alphabet des pharaons. Nommé en 1826 conservateur chargé des antiquités égyptiennes au Louvre, il utilise cette position pour enrichir massivement les collections françaises.

À ce titre, il joue un rôle décisif dans « l’affaire » de l’obélisque de Louxor. En 1829, alors qu’il parcourt la vallée du Nil à la tête d’une mission franco‑toscane, le vice‑roi d’Égypte Méhémet Ali propose de donner à la France des obélisques, d’abord ceux d’Alexandrie, puis ceux du temple d’Amon à Louxor, en signe de rapprochement diplomatique. Champollion insiste pour que l’on choisisse ceux de Louxor, mieux conservés et couverts d’inscriptions qu’il juge capitales pour la compréhension de l’histoire de Ramsès II.

De retour en France, il convainc le roi et ses ministres de saisir cette occasion, allant jusqu’à proposer que la France prenne à sa charge le coût considérable du transport afin de sécuriser le don. C’est encore lui qui, en 1829, donne sa préférence à l’obélisque le plus occidental, celui qu’on abattra et qui, après un voyage de près de sept ans à bord du navire Louxor, sera finalement dressé au centre de la place de la Concorde en 1836, quatre ans après la mort du « père » de l’égyptologie.

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Événement
1840
1840 — Embarcadère de Versailles/Première gare Montparnasse
p 197-198
Embarcadère de la ligne de Versailles par la Rive gauche ; sa construction rencontra l'opposition d'Émile Pereire, adjudicataire de la même ligne sur la Rive droite
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Événement
1871
17 janvier 1871 — Gare de l'Est/Gare de Strasbourg (construite en 1847)
p 197-198
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Événement
Événement
1871
22 mars 1871 — Gare St Lazare (inaugurée en 1841)
p 197-198
Occupation de la gare par un bataillon de "l'ordre", qui s'efforce de maintenir les liaisons avec Versailles ; Rouland, gouverneur de la Banque de France pourra rallier Versailles matelassé de billets sans être inquiété
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Événement
1842
8 mai 1842
p 197-198
Premier accident ferroviaire en France sur la ligne Versailles-Paris ; mort de 42 personnes, dont Dumont d'Urville
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Événement
1840
28 juillet 1840
p 198-199
Inauguration de la colonne de Juillet, surmontée du "Génie de la Liberté brisant ses chaînes" ; 504 morts de 1830, 196 de 1848, plus des momies égyptiennes qui s'étaient dégradées au Louvre
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Événement
1831
27 juillet 1831
p 198-199
Le 27 juillet 1831, Louis-Philippe posa la première pierre d'une colonne pour célébrer la révolution qui l'avait fait roi. C'était exactement un an après le premier jour des combats. Les morts de Juillet attendaient touj …

Le 27 juillet 1831, Louis-Philippe posa la première pierre d'une colonne pour célébrer la révolution qui l'avait fait roi. C'était exactement un an après le premier jour des combats. Les morts de Juillet attendaient toujours une sépulture.

La révolution de Juillet 1830 avait renversé Charles X et porté Louis-Philippe sur un trône constitutionnel. Ses artisans — journalistes, républicains, ouvriers des barricades — avaient voulu une république ; ils eurent une monarchie. Les cinq cent quatre-vingt-quatre morts des Trois Glorieuses méritaient au moins un monument.

La place de la Bastille fut choisie. Sur l'emplacement de la forteresse détruite en 1789, une colonne de bronze de cinquante-deux mètres s'élèverait, surmontée d'un Génie de la Liberté aux ailes dorées. Les architectes Jean-Antoine Alavoine et Joseph-Louis Duc dirigèrent les travaux ; le sculpteur Antoine-Louis Barye conçut les lions couchés qui garderaient la base.

Louis-Philippe posa la première pierre le 27 juillet 1831, premier anniversaire du premier jour des Trois Glorieuses. Le choix de la date était délibéré : montrer que la Monarchie de Juillet honorait la révolution dont elle était issue. Les corps des combattants de 1830 furent inhumés dans les cryptes de la colonne.

Elle ne fut inaugurée que le 28 juillet 1840 — dix ans après la révolution. Entre-temps, Louis-Philippe avait gouverné sans tenir les promesses de 1830. Lorsque la révolution de Février 1848 éclata, il s'enfuit en Angleterre. Ses successeurs ajoutèrent dans les cryptes les morts de la révolution de Février.

La Colonne de Juillet est toujours là, place de la Bastille. Le Génie de la Liberté tient dans ses mains une torche et une chaîne brisée. Ni l'une ni l'autre n'avait grand-chose à voir avec la Monarchie de Juillet.

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Événement
1808
2 décembre 1808
p 198-199
Projet en bois et plâtre d'une fontaine représentant un éléphant, dans laquelle aurait logé un enfant ; fait divers qui inspira Victor Hugo pour son Gavroche
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Événement
Événement
1841
1841 — Enceinte de Thiers (entre les bastions n° 85 et 86)/Poterne des Peupliers/Les Fortifs
p 200
Arcade du pont sous le boulevard périphérique, vestige des fortifications dites de Thiers
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Événement
1842
1842 — Enceinte de Thiers/Poste caserne de la Porte des Lilas (bastion n° 17)/Les Fortifs
p 200
Caserne construites sous la monarchie de juillet sur le bastion 17 de l'enceinte dite de Thiers
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Événement
1842
1842 — Enceinte de Thiers/Caserne d'octroi de la Porte de Bagnolet (bastion n° 14)/Les Fortifs
p 200
Caserne d'octroi construites sous la monarchie de juillet sur le bastion 14 de l'enceinte dite de Thiers
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Événement
1842
1842 — Enceinte de Thiers/Fondation Deutsch de la Meurthe/Pierre d'angle du bastion n° 82
p 200
Pierre d'angle du bastion 82 de l'enceinte de Thiers posé au sol dans le jardin du pavillon Liard de la Cité universitaire
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Événement
1860
1 janvier 1860 — Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris
p 200
Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris dans les limites de l'enceinte de Thiers, suite à la loi du 16 juin 1859. Le découpage en 20 arrondissements morcelle les anciennes communes afin d'affaiblir les solidarités ou …

Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris dans les limites de l'enceinte de Thiers, suite à la loi du 16 juin 1859. Le découpage en 20 arrondissements morcelle les anciennes communes afin d'affaiblir les solidarités ouvrières

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Événement
1845
1845 — Enceinte de Thiers (bastions n° 49 et 50)/Porte de Sablonville/Les Fortifs
p 200
Porte de l'enceinte de Thiers ; les Fortifs pour les parisiens
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Événement
1841
1841 — Enceinte de Thiers (bastion n° 48)/Porte de la Révolte/Les Fortifs
p 200
Porte de l'enceinte de Thiers supprimée dès 1860 et remplacée par la Porte Champerret
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Événement
1870
1870
p 200
Position du plus gros canon français du siège, appelé "la Joséphine", portant à 9 000 m
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Événement
1859
22 septembre 1859 — Enceinte de Thiers/Poterne Montempoivre/Les Fortifs
p 200
Poterne de l'enceinte de Thiers qui permettait l'entrée de la ligne de chemin de fer de Vincennes d'entrer dans Paris
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Événement
1841
1841 — Enceinte de Thiers (bastion n° 25)/Porte d'Allemagne/Les Fortifs
p 200
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Événement
1841
1841 — Enceinte de Thiers/Parc Kellermann/Les Fortifs
p 200
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Événement
1841
1841 — Enceinte de Thiers (bastion n° 81)/Porte d'Arcueil/Les Fortifs
p 200
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Événement
1842
1842 — Enceinte de Thiers (bastion n° 45)/Les Fortifs
p 200
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Événement
1826
1826 — Infirmerie Marie-Thérèse/Demeure de François-René de Chateaubriand
p 201
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Événement
1819
1819 — Abbaye aux Bois/Salon de Mme Récamier
p 201-202
Maison de repos laïque où Mme Récamier tint un salon célèbre
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Événement
1830
mars 1830 — Demeure de Martin Nadaud
p 201
Premier logement de Martin Nadaud à son arrivée de la Creuse avec son père maçon lui aussi
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Événement
1848
4 juillet 1848 — Demeure de François-René de Chateaubriand (à partir d'août 1838)
p 202
Le 4 juillet 1848, François-René de Chateaubriand meurt dans son appartement du rez-de-chaussée, au fond de la cour. Il a soixante-dix-neuf ans. Sourd, presque aveugle, paralysé depuis plusieurs années. Il y a huit jours …

Le 4 juillet 1848, François-René de Chateaubriand meurt dans son appartement du rez-de-chaussée, au fond de la cour. Il a soixante-dix-neuf ans. Sourd, presque aveugle, paralysé depuis plusieurs années. Il y a huit jours à peine, les Journées de Juin ont ensanglanté Paris : les barricades ouvrières des faubourgs Saint-Antoine et du Temple écrasées par le général Cavaignac, plusieurs milliers de morts dans les rues. La Deuxième République, née en février dans l'allégresse, venait d'organiser son premier massacre. Les rues de Paris sentaient encore la poudre.

Chateaubriand a tout traversé. Émigré à Londres pendant la Terreur, il rentre sous le Consulat et publie en 1802 Le Génie du christianisme — qui réconcilie la France avec la foi après la décennie révolutionnaire. AtalaRené : il pose les fondations du romantisme français. Ambassadeur à Berlin, à Londres, à Rome. Ministre des Affaires étrangères sous Louis XVIII. Pair de France. Et puis 1830 : il refuse de prêter serment à Louis-Philippe, démissionne, perd fonctions et revenus. Jusqu'au bout, il choisit la cohérence contre le confort.

Il lui reste ses Mémoires. Commencées vers 1809, retravaillées pendant trente ans — une autobiographie qui tient un siècle entier : l'Ancien Régime, la Révolution, l'Empire, les Restaurations. Ruiné, il en a vendu les droits en 1844 à Émile de Girardin, directeur de La Presse, contre une rente viagère. Tant que Chateaubriand vivra, rien ne sera publié. C'est le paradoxe qu'il a lui-même nommé : des Mémoires d'outre-tombe — rédigées pour être lues depuis la tombe. Au moment de sa mort, le manuscrit se trouve dans un coffre en bois, au pied du lit.

Juliette Récamier, dont l'appartement de l'Abbaye-aux-Bois est à quelques rues, le visitait jusqu'au bout — presque aveugle elle aussi. Elle mourra dix mois plus tard, le 11 mai 1849.

La sérialisation des Mémoires d'outre-tombe dans La Presse commence en octobre 1848. Quant à Chateaubriand, il est enterré au Grand Bé, un îlot rocheux face à Saint-Malo, selon ses propres instructions. Sur la tombe : une croix, aucune inscription. Il avait demandé à entendre la mer.

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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères (1820-1853)
p 203-204
Le sergent Giacomoni tire sur un manifestant qui voulait forcer le passage vers la Madeleine ; coup de feu qui déclenche la fusillade contre la foule, d'où la version officielle prétendra qu'il est parti
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Événement
1848
22 février 1848 — Place de la Madeleine
p 203
Lieu de rassemblement alternatif suite à l'interdiction du banquet politique qui déclenchera la Révolution de Février 1848
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Événement
1848
22 février 1848
p 203
Lieu de remplacement prévu pour le banquet réformiste interdit par François Guizot ; des tentes installées en plein air sur un terrain vague
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Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
p 203
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
1848
22 février 1848
p 203
Protestation contre l'interdiction du banquet ; premiers heurts avec les gardes municipaux à cheval, les "cipaux", lors des journées de Février 1848 ; une femme est tuée et un ouvrier blessé
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
p 203-204
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
1848
21 juin 1848 — Bal du Tivoli Waux-Hall
p 204
Le Gouvernement provisoire ayant décidé de supprimer les Ateliers nationaux, Paul de Flotte prend la parole lors d'une réunion du club du Tivoli Waux-Hall pour appeler à l'insurrection
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Événement
1848
4 mars 1848
p 204
Le Gouvernement provisoire fait transféré lors d'une importante cérémonie les corps de 196 morts pendant l'insurrection de février
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Événement
1848
25 février 1848 — Hôtel de Ville
p 204
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne dése …

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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Événement
1851
2 décembre 1851 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 208-210
Arrestation d'Adolphe Thiers par le commissaire Hubault lors du coup d'État de Badinguet
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Événement
1848
26 février 1848
p 208-210
Louis-Napoléon Bonaparte quitte son exil londonien pour Paris à l'annonce de la Révolution de Février. Mais il n'est pas encore le bienvenu. Le Gouvernement provisoire l'invite à rejoindre l'Angleterre
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Événement
1851
1 décembre 1851 — Palais de l'Élysée/Présidence de la République (à partir de 1848)
p 208-210
Préparation du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte ; digne neveu du tonton dictateur, précurseur du fascisme
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Événement
1865
10 mars 1865 — Cimetière du Père Lachaise (54ème division)/Tombe de Charles de Morny
p 208-210
Tombe du demi-frère de Napoléon III, un des artisans du coup d'État du 2 décembre 1851. Une des pires crapules du Second empire, profitant de son poste de président d'un "Corps législatif" croupion pour s'enrichir en spé …

Tombe du demi-frère de Napoléon III, un des artisans du coup d'État du 2 décembre 1851. Une des pires crapules du Second empire, profitant de son poste de président d'un "Corps législatif" croupion pour s'enrichir en spéculant impunément

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Événement
1851
1 décembre 1851 — Palais Bourbon/Assemblée nationale
p 209-210
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Événement
1849
8 mai 1849 — Cité Napoléon (un des familistères créés en 1848 par la Commission du Travail)
p 209
Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du …

Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du paupérisme"

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Événement
1851
4 décembre 1851
p 210
Les soldats de la division du général Canrobert tirent sur des opposant non armés au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, faisant 225 morts et 169 blessés. 2 800 personnes seront internées et environ 4 000 déportées
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Café des Peuples/Salle Roysin/Salle Roisin/Salle Raysin/Club Roysin (cité par Victor Hugo dans "Histoire d'un crime")
p 210
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 211
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
1868
1 novembre 1868 — Cimetière Montmartre (27ème division)/Tombe d'Alphonse Baudin
p 211 & 236
Cérémonie sur la tombe du député Alphonse Baudin ; ses organisateurs sont arrêtés
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Événement
1851
6 décembre 1851 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 211-212
Un des premiers actes du dictateur Badinguet est de rendre le Panthéon au culte catholique ; illustration de l'association "du sabre et du goupillon". La "nouvelle église" est inaugurée le 3 janvier 1852
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Événement
Événement
1851
31 mars 1851 — Le Panthéon
p 212
Foucault suspend un pendule au bout d'un filin d'acier de 67 m depuis le dôme du Panthéon afin de démontrer la rotation de la Terre. Supprimé après le coup d'État de Badinguet, le pendule ne sera réinstallé qu'en 1995. L …

Foucault suspend un pendule au bout d'un filin d'acier de 67 m depuis le dôme du Panthéon afin de démontrer la rotation de la Terre. Supprimé après le coup d'État de Badinguet, le pendule ne sera réinstallé qu'en 1995.

Le 31 mars 1851, Léon Foucault suspend au dôme du Panthéon un filin d'acier de 67 mètres au bout duquel oscille une boule de fer de 28 kilogrammes. Il invite le public à observer. Le pendule se met à balancer, régulièrement, inlassablement — et son plan d'oscillation tourne lentement, d'environ 11 degrés par heure. La Terre tourne.

Ce n'était pas une idée nouvelle — Copernic, Galilée, Newton l'avaient établi depuis longtemps. Mais personne n'avait jamais montré la rotation terrestre de façon directe, visible à l'œil nu, sans calcul ni instrument d'astronomie. Foucault en fait une démonstration publique, au cœur de Paris, dans le temple des grands hommes de la République. Le pendule ne ment pas : la trajectoire dévie parce que la Terre se déplace sous lui.

La foule qui entoure le dispositif ce matin-là assiste à quelque chose d'inédit — la preuve physique, mécanique, irréfutable d'un fait que l'humanité avait mis des siècles à accepter.

Le pendule reste au Panthéon jusqu'en décembre 1851. Napoléon III — que Philippe appelait Badinguet, son sobriquet de forçat évadé — fait son coup d'État le 2 décembre, transforme le Panthéon en église Sainte-Geneviève, et supprime le pendule. La religion reprend ses droits sur la science.

Il faut attendre 1995 pour qu'il soit réinstallé. Umberto Eco avait entre-temps écrit Le Pendule de Foucault, roman qui commence précisément ici.

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Événement
1871
31 mars 1871 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 212
Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes". Le 31 mar …

Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes".

Le 31 mars 1871, trois jours après la proclamation de la Commune, un groupe de fédérés monte au sommet du Panthéon. Ils apportent une scie.

La croix qui surmonte le dôme n'est pas la croix originelle — c'est une croix provisoire en bois doré que Napoléon III avait fait poser en 1851 quand il avait transformé le Panthéon en église Sainte-Geneviève, chassant les grands hommes pour y réinstaller les prêtres. Napias, Jourde, Rastoul et leurs compagnons scient les bras horizontaux. Il reste le montant vertical — une hampe parfaite pour un drapeau rouge immense, visible depuis tout le quartier.

Le geste est précis et symbolique à la fois. En sciant les bras de la croix, la Commune rend le Panthéon à sa vocation républicaine — le temple des grands hommes, laïque, civique, consacré à la mémoire nationale et non à la liturgie. C'est aussi une réponse directe à Napoléon III et à vingt ans de Second Empire clérical.

Le Panthéon oscille depuis sa construction entre ces deux identités. Construit pour être une église, consacré sous Louis XVI, il devient temple républicain sous la Révolution — Mirabeau, puis Voltaire, puis Rousseau y entrent. Napoléon Ier le rend au culte, Louis XVIII aussi, la Révolution de 1830 le laïcise à nouveau, Napoléon III le re-consacre. La Commune le reprend. Après la Semaine sanglante, l'église reviendra. Définitivement laïcisé en 1885 pour les funérailles de Victor Hugo, il ne changera plus.

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Événement
1860
1860 — Atelier et galerie de Nadar
p 215
Nadar ouvre un atelier et studio de photographie bd des Capucines
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Événement
1855
1855 — Studio de photographie de Pierre Pierson et des frères Mayer
p 215
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Événement
Date imprécise — Studio de photographie d'André Adolphe Eugène Disdéri
p 215
Studio d'André Adolphe Eugène Disdéri, photographe attitré de Napoléon III, pionnier de la photographie commerciale, inventeur du portrait-carte de visite. C'est lui qui photographiera des cadavres de Communards en mai 1 …

Studio d'André Adolphe Eugène Disdéri, photographe attitré de Napoléon III, pionnier de la photographie commerciale, inventeur du portrait-carte de visite. C'est lui qui photographiera des cadavres de Communards en mai 1871

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Événement
Événement
1855
1855
p 216-217
Le Palais de l'Industrie est édifiée pour l'expositions universelles de 1855. Il accueille par la suite le Salon officiel de peinture. En 1863, le tollé dû au refus de 4 000 toiles par le jury amène Napoléon III à organi …

Le Palais de l'Industrie est édifiée pour l'expositions universelles de 1855. Il accueille par la suite le Salon officiel de peinture. En 1863, le tollé dû au refus de 4 000 toiles par le jury amène Napoléon III à organiser un "Salon des refusés"

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Événement
1855
1855
p 217-219
Le talent de Jacques Offenbach se révèle lors de l'Exposition universelle de 1855, dans la petite salle du prestidigitateur Lacaze, qu'il transforme et nomme les Bouffes Parisiens. Elle deviendra le théâtre Marigny
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Événement
1855
29 décembre 1855 — Théâtre de Monsieur Comte/Théâtre des Jeunes Élèves/Théâtre des Bouffes Parisiens
p 219
Le théâtre du ventriloque Louis Comte devient les Bouffes Parisiens. Il est dirigé par Jacques Offenbach qui y crée, avec Halévy et Crémieux "Orphée aux enfers", qui crée un tollé mais fait finalement son triomphe
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Événement
1852
1852 — Magasin "Au Bon Marché"
p 221-222
Ouverture du premier grand magasin à Paris. Il développe la vente à prix fixe, les soldes, l'entrée libre, les retours et échanges, la promotion publicitaire, la mise en concurrence des fournisseurs. Videau quitte l'asso …

Ouverture du premier grand magasin à Paris. Il développe la vente à prix fixe, les soldes, l'entrée libre, les retours et échanges, la promotion publicitaire, la mise en concurrence des fournisseurs. Videau quitte l'association en 1863

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Événement
1816
1816 — Magasin "Au Petit Saint Thomas"
p 221
Simon Mannoury, avant Boucicaut, initie la révolution commerciale de la vente à prix fixes et affichés, et invente les "soldes". Boucicaut y travaille comme chef de rayon et en retiendra les techniques de vente
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Événement
1816
1816 — Magasin "Au Petit Saint Thomas"
p 221
Simon Mannoury, avant Boucicaut, initie la révolution commerciale de la vente à prix fixes et affichés, et invente les "soldes". Boucicaut y travaille comme chef de rayon et en retiendra les techniques de vente
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Événement
Événement
1870
21 mars 1870 — Magasin de la Samaritaine
p 223
Ouverture du grand magasin de la Samaritaine ; dans un premier temps dans la salle annexe d'un café de la rue de la Monnaie
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Événement
1883
1883 — Magasin du Printemps
p 223
Premier grand magasin à Paris éclairé à l'électricité. Il avait été construit en 1865
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Événement
Date imprécise — Demeure de Georges Eugène Haussmann (Hôtel démoli en 1911)
p 226
Demeure de Georges Eugène Haussmann, préfet de la Seine qui transforma radicalement Paris, pour le meilleur et pour le pire ; avec comme objectif déclaré, de faciliter la répression des émeutes populaires dans la capital …

Demeure de Georges Eugène Haussmann, préfet de la Seine qui transforma radicalement Paris, pour le meilleur et pour le pire ; avec comme objectif déclaré, de faciliter la répression des émeutes populaires dans la capitale

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Événement
1877
1877 — Immeubles subsistant du Paris ancien
p 230
Rangée d'immeubles subsistant de la rue de l'École de Médecine après le percement du dernier tronçon du boulevard St Germain par Haussmann
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Événement
1877
1877 — Immeubles subsistant du Paris ancien
p 230
Rangée d'immeubles subsistant de la rue des Boucheries après le percement du dernier tronçon du boulevard St Germain par Haussmann
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Événement
1891
6 décembre 1891 — Demeure de Jean-Charles Adolphe Alphand
p 231
Mort d'Adolphe Alphand, ingénieur des Ponts et Chaussées qui dessina un certain nombre de parcs parisiens sous le Second empire
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Événement
1839
Événement
1799
1799 — Demeure de Philippe Lebon
p 232-233
Lebon invente l'éclairage et le chauffage au gaz ; Chaptal dirige les essais
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Événement
1804
1 décembre 1804 — Demeure de Philippe Lebon
p 232-233
Mort de Philippe Lebon, inventeur de l'éclairage au gaz ; une légende veut qu'il ait été assassiné dans un fourré aux des Champs-Élysées le soir du sacre de Napoléon
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Événement
1819
24 décembre 1819 — Chapelle de l'hôpital St Louis
p 232-233
Premier édifice public à Paris éclairé au gaz, à l'occasion de la messe de minuit
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Événement
1818
1818 — Hôpital St Louis/Première usine à gaz (de 1818)
p 232-233
Première usine à gaz en France ; pour le chauffage et l'éclairage
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Événement
1819
1819 — Première usine à gaz de ville
p 232-233
Première usine à gaz pour l'éclairage de la Ville de Paris
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Événement
1671
1671
p 232-233
Spectacle de marionnettes de Brioché, premier spectacle publicitaire à Paris, destiné à attirer le chaland ; il était accompagné d'un singe, nommé Fagotin, habillé comme un gentillome
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Événement
1817
1817 — Hôtel de Seignelay/Demeure de Philippe Lebon
p 232-233
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Événement
1874
1874 — Réservoir de Montsouris/Réservoir de la Vanne
p 232
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Événement
1865
1865 — Réservoir de Ménilmontant/Réservoir de la Dhuis
p 232
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Événement
1868
1868
p 233
Après un premier essai de "colonnes mauresques" en 1839, à la fois vespasiennes et affichage public, Morris obtient l'autorisation d'installer sur les boulevards 10 édicules publicitaires des spectacles. Il y en aura jus …

Après un premier essai de "colonnes mauresques" en 1839, à la fois vespasiennes et affichage public, Morris obtient l'autorisation d'installer sur les boulevards 10 édicules publicitaires des spectacles. Il y en aura jusqu'à 773 à Paris

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Événement
1834
1834 — La dernière vespasienne
p 233
La dernière “vespasienne” de Paris ; ces anciens urinoirs publics furent supprimés parce que devenus les lieux privilégiés de certaines perversions. L'affichage culturel initialement autorisé les avait fait surnommer "ca …

La dernière “vespasienne” de Paris ; ces anciens urinoirs publics furent supprimés parce que devenus les lieux privilégiés de certaines perversions. L'affichage culturel initialement autorisé les avait fait surnommer "cabinets littéraires"

La dernière vespasienne de Paris, située au 86 boulevard Arago, est un vestige historique des anciens urinoirs publics introduits à Paris au XIXe siècle. Ces structures, initialement installées par le préfet Claude-Philibert de Rambuteau en 1834, visaient à améliorer l'hygiène publique. Elles servaient également de supports publicitaires jusqu'en 1860, date à partir de laquelle cette fonction fut transférée aux colonnes Morris. Les vespasiennes ont été progressivement supprimées au cours du XXe siècle, notamment en raison de leur association avec des activités illicites: elles étaient devenus les lieux privilégiés de certaines perversions. Depuis 1981 des nouvelles version des vespasiennes ont vu le jour et  évolué depuis dans une version complètement automatique introduites en 2006 et surnommée "sanisette".

D'ailleurs, qui sait pourquoi elles s'appellent vespasiennes ? L'histoire remonte à l'époque de l'empereur Vespasien, qui introduit une taxe pour la vente de l'urine récoltée dans les urinoirs publics. Ce liquide naturel était utilisé dans différents procédés industriels. À son fils, Tite, qui protestait contre cette manière pas très propre de lever des impôts, Vespasien répondit avec une phrase restée célèbre: "pecunia non olet!"

Sources

La dernière vespasienne

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Événement
1867
1867 — École des filles du passage Raoul/Siège de la Commission dite du passage Raoul
p 234
Constitution d'une "Commission ouvrière" à l'occasion de l'Exposition universelle 1867, appelée le "Parlement ouvrier", qui lance un appel à la formation de chambres syndicales
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Événement
1867
1867
p 234
Première Exposition universelle et lieu central des suivantes, 1878, 1889, 1900, 1937. Celle de 1867 accueille 52 000 exposants de 42 pays et 15 million de visiteurs
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Événement
Événement
1950
3 août 1950 — Embarcadère des Bateaux Mouches
p 235
Les Bateaux-Mouches doivent tout à un quartier de Lyon, à une exposition universelle, et à un entrepreneur qui comprit que Paris méritait qu'on le regarde depuis l'eau. Les bateaux qui portent ce nom furent fabriqués à L …

Les Bateaux-Mouches doivent tout à un quartier de Lyon, à une exposition universelle, et à un entrepreneur qui comprit que Paris méritait qu'on le regarde depuis l'eau.

Les bateaux qui portent ce nom furent fabriqués à Lyon, dans le quartier de la Mouche, situé sur la rive gauche du Rhône, dans ce qui est aujourd'hui le 7e arrondissement de Lyon, non loin du Stade Gerland. Ce quartier donna son nom à ces petits bateaux rapides construits pour la navigation fluviale.

Plusieurs exemplaires furent importés à Paris pour l'Exposition universelle de 1867, où ils assurèrent le transport des visiteurs sur la Seine. Le service fit sensation. Après l'exposition, le nom resta, et l'usage du mot « bateau-mouche » se généralisa dans le langage parisien pour désigner tous les navires de promenade sur la Seine, quelle que soit leur origine.

Le 3 août 1950, Jean Bruel fonda officiellement la Compagnie des Bateaux-Mouches au 67 quai Branly, dans le 7e arrondissement. Il relança l'activité touristique sur la Seine avec les embarcations héritées de cette tradition. L'embarcadère du pont de l'Alma devint le point de départ des promenades.

La Compagnie des Bateaux-Mouches existe toujours. Elle opère depuis le même quai Branly, face à la tour Eiffel. Les navires qui y partent à toute heure ne s'appellent plus « mouches » par accident : c'est un nom de quartier lyonnais, porté par des bateaux parisiens, qu'une exposition universelle a rendu universel.

Un des rares noms de Paris qui doivent quelque chose à Lyon.

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Événement
1868
1 juin 1868
p 235-236
Quand Henri Rochefort publie le premier numéro de La Lanterne, le 30 mai 1868, il ne sort pas de nulle part. Chroniqueur au Figaro depuis 1864, il a peu à peu transformé sa rubrique en tribune politique virulente, s’atta …

Quand Henri Rochefort publie le premier numéro de La Lanterne, le 30 mai 1868, il ne sort pas de nulle part. Chroniqueur au Figaro depuis 1864, il a peu à peu transformé sa rubrique en tribune politique virulente, s’attaquant au Second Empire, aux ministres et aux clientèles du régime. Cette audace inquiète la préfecture de police : le préfet Piétri prévient Hippolyte de Villemessant que, s’il garde Rochefort, c’est tout le Figaro qui risque la suppression.

Villemessant choisit alors une solution à la fois prudente et habile. Plutôt que de brider son polémiste, il l’aide à prendre le large : avec son appui financier, Rochefort lance La Lanterne, petit hebdomadaire satirique imprimé en brochure rouge, vendu 40 centimes, bien plus cher que la presse de masse. Officiellement, le Figaro se met ainsi à distance des diatribes trop explosives ; en pratique, Villemessant teste les limites de la nouvelle loi de 1868 sur la presse, qui allège le régime d’autorisation mais maintient la répression a posteriori.

Dans La Lanterne, Rochefort tire à boulets rouges sur le régime : corruption, courtisans, inégalités, tout y passe. Le succès est fulgurant : les numéros se vendent sous le manteau, certains atteignant des prix de revente très élevés. Le pouvoir réagit vite : interdiction de la vente publique, saisies, condamnations à des amendes lourdes et à la prison, jusqu’à forcer Rochefort à l’exil à Bruxelles, où il continue de publier.

En aidant à créer La Lanterne tout en gardant Le Figaro sur une ligne plus mondaine et conservatrice, Villemessant joue double jeu : il ménage le pouvoir, protège son grand quotidien, mais laisse un de ses anciens plumes explorer jusqu’où peut aller la contestation dans le cadre encore étroit du Second Empire finissant.

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Événement
1874
Événement
1870
12 janvier 1870
p 236
Les ouvriers de l'entreprise Jeanty et Prévost cessent le travail pour participer aux obsèques de Victor Noir
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Palais Bourbon
p 237
L''Assemblée est investie par la foule et la Garde nationale ; sont proclamées la déchéance de la dynastie des Bonaparte et de l'instauration de la République
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Hôtel de Ville
p 237
Proclamation de la 3ème République. Un gouvernement de défense nationale est constitué précipitamment sans aucune consultation populaire
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Événement
1870
7 octobre 1870
p 238
Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus. Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement …

Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement de la Défense nationale, formé le 4 septembre après la chute de l'Empire à Sedan, est enfermé dans la capitale avec deux millions d'habitants. Une délégation gouvernementale a été envoyée à Tours pour administrer le reste du pays, mais elle est présidée par Crémieux, âgé et peu porté à la guerre à outrance. Il faut y envoyer quelqu'un qui organise la résistance.

Léon Gambetta a trente-deux ans. Avocat républicain, député de Belleville et de Marseille, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, il incarne la ligne de la guerre poursuivie jusqu'au bout contre les partisans d'un armistice rapide. Il décide de partir. Le seul chemin est le ciel.

Le 7 octobre 1870, en fin de matinée, il monte place Saint-Pierre à Montmartre dans la nacelle de l'Armand-Barbès, ballon baptisé du nom du révolutionnaire républicain mort l'année précédente en exil. Le pilote est Alexandre Trichet. Eugène Spuller, son secrétaire, l'accompagne. Un second ballon, le George-Sand, part en même temps, emportant deux Américains dont l'objet du voyage n'a jamais été établi. La foule assemblée sur la butte acclame le départ.

Le ballon passe au-dessus des lignes prussiennes. Les fantassins allemands tirent. Gambetta est légèrement blessé à la main. L'appareil poursuit sa route et atterrit vers quinze heures dans le bois de Favières, sur la commune d'Épineuse, dans l'Oise. Par Montdidier et Rouen, Gambetta rejoint Tours le 9 octobre.

Ce qu'il y accomplit tient de l'improvisation forcenée. En quatre mois, il lève, arme et met en ligne plusieurs armées nouvelles, dont l'armée de la Loire, avec des conscrits sans instruction et des officiers sans expérience. Ces armées seront battues, mais elles prolongeront la guerre jusqu'en janvier 1871 et donneront à la République naissante une légitimité militaire. La délégation quittera Tours pour Bordeaux le 9 décembre, devant l'avance prussienne.

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Événement
1870
29 novembre 1870 — Ménagerie du Jardin des Plantes
p 238
Les éléphants du Jardin des Plantes sont abattus pendant le siège de Paris en raison de la pénurie de nourriture, ainsi que la plupart des animaux. 64 154 civils périront de faim et de maladie pendant le siège
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Événement
1871
5 janvier 1871
p 238
Premier obus prussien tombé sur Paris pendant le siège ; lieu cité en concurrence avec la rue Le Marois. Il en tombera environ 7 000 pendant le siège, de 200 à 500 par jour
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Événement
1871
7 janvier 1871 — Maison dans la rue Le Marois
p 238
Premier obus prussien tombé sur Paris pendant le siège ; lieu cité en concurrence avec la rue Daguerre. Il en tombera environ 7 000 pendant le siège, de 200 à 500 par jour
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Événement
1871
5 janvier 1871
p 238
Une fillette est la première victime du bombardement de Paris par les prussiens. Ils feront une centaine de morts et 400 blessés et provoqueront des dégâts sur un millier de maisons
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Événement
1871
23 mai 1871 — Hôtel de Rothelin-Charolais/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 240
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 contumace

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Événement
1871
1871
p 240
Exécutions sommaires de Communards pendant 8 jours. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 c …

Exécutions sommaires de Communards pendant 8 jours. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 contumace

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Événement
1900
1900 — Palais de l'Élysée/Grille du Coq
p 244
Émile Loubet fait ouvrir la grille du fond du jardin de l'Élysée afin de recevoir en grandes pompes, à l'occasion de l'Exposition universelle, ses visiteurs de marque sous les ors de la République ; figurés en l'occurren …

Émile Loubet fait ouvrir la grille du fond du jardin de l'Élysée afin de recevoir en grandes pompes, à l'occasion de l'Exposition universelle, ses visiteurs de marque sous les ors de la République ; figurés en l'occurrence par un coq gaulois

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Événement
1887
1887 — Palais de l'Élysée
p 244
Le président Jules Grévy est amené à démissionner suite au scandale provoqué par son gendre, qui trafique sur les décorations, vendant la Légion d'honneur à des prix exorbitants. Déjà des embrouilles financières élyséenn …

Le président Jules Grévy est amené à démissionner suite au scandale provoqué par son gendre, qui trafique sur les décorations, vendant la Légion d'honneur à des prix exorbitants. Déjà des embrouilles financières élyséennes...

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Événement
1872
1872 — Palais de l'Élysée
p 244
Thiers, 1er président de la Troisième République, ne séjourne à l'Élysée, résidence présidentielle officielle, qu'à deux courtes reprises. Le Foutriquet préfère en effet habiter la préfecture de Versailles. Nostalgie, qu …

Thiers, 1er président de la Troisième République, ne séjourne à l'Élysée, résidence présidentielle officielle, qu'à deux courtes reprises. Le Foutriquet préfère en effet habiter la préfecture de Versailles. Nostalgie, quand tu nous tiens...

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Événement
1871
24 mai 1871 — Horloge de l'Hôtel de Ville
p 245
L'horloge qui orne la façade de l'Hôtel de Ville est un des seuls vestiges de l'ancien bâtiment détruit par un incendie pendant la Semaine sanglante de mai 1871
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Événement
1882
13 juillet 1882 — Hôtel de Ville/Statue du Boccador
p 245
L'Hôtel de Ville présente les statues de 108 hommes et femmes célèbres nés à Paris. Le seul non-parisien est le Boccador. Ne disposant pas de son portrait, on lui a donné ceux de l'architecte Ballu, décédé pendant la con …

L'Hôtel de Ville présente les statues de 108 hommes et femmes célèbres nés à Paris. Le seul non-parisien est le Boccador. Ne disposant pas de son portrait, on lui a donné ceux de l'architecte Ballu, décédé pendant la construction

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Événement
1792
1792 — Hôtel Kernevenoy/Musée Carnavalet/Statue de Louis XIV
p 245
La statue en bronze de Louis XIV, au centre de la cour, vient de l'Hôtel de Ville. Elle est la seule ayant échappé à la fonte pendant la Révolution française
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Événement
1838
1838 — Hôtel Kernevenoy/Musée Carnavalet/Bas-relief d'Henri IV
p 245
Le haut relief de 1838 représentant Henri IV à cheval, qui surmontait la porte d'entrée principale du Boccador, ayant remplacé celui en plâtre installé au retour des Bourbon en 1815, est un rescapé de l'incendie de l'Hôt …

Le haut relief de 1838 représentant Henri IV à cheval, qui surmontait la porte d'entrée principale du Boccador, ayant remplacé celui en plâtre installé au retour des Bourbon en 1815, est un rescapé de l'incendie de l'Hôtel de Ville en 1871

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Événement
1885
31 mai 1885 — Arc de triomphe de l'Étoile
p 249-250
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Événement
1885
22 mai 1885 — Demeure de Victor Hugo (à partir de 1881, au n° 50 de l'avenue selon son acte de décès. Visage d'Hugo sculpté au fronton du porche)
p 249-250
Mort de Victor Hugo ; l'avenue portait déjà son nom depuis 1881. On décide à cette occasion de rendre le Panthéon aux grands hommes ; mais pas encore des grandes femmes... Mort également de Juliette Drouet le 11 mai 1883
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Événement
1895
28 décembre 1895 — Hôtel Scribe/Café Le Grand café Capucines (salon Indien au sous-sol)
p 250-251
Première séance publique payante du cinématographe ; elle eut lieu devant 35 spectateurs, dont Georges Méliès
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Événement
1889
15 mai 1889 — Tour de 300 mètres (nom initial de la tour Eiffel)/Tour Eiffel
p 251-253
Deux millions de visiteurs gravissent, à pied, les ascenseurs n'étant pas encore en service, le temps que dure l'exposition, la tour de 300,65 m, peinte en rouge, conçue pour Eiffel par les ingénieurs Koechlin, Nouguier …

Deux millions de visiteurs gravissent, à pied, les ascenseurs n'étant pas encore en service, le temps que dure l'exposition, la tour de 300,65 m, peinte en rouge, conçue pour Eiffel par les ingénieurs Koechlin, Nouguier et Sauvestre

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Événement
1889
11 septembre 1889 — Tour Eiffel
p 251-253
Il y a des rencontres qui n'auraient pas eu lieu sans un ingénieur assez fou pour construire une tour de trois cents mètres. L'Exposition universelle de 1889 bat son plein. Paris célèbre le centenaire de la Révolution en …

Il y a des rencontres qui n'auraient pas eu lieu sans un ingénieur assez fou pour construire une tour de trois cents mètres.

L'Exposition universelle de 1889 bat son plein. Paris célèbre le centenaire de la Révolution en construisant ce que personne n'avait encore osé: une tour de métal de trois cent mètres, la plus haute structure jamais érigée par l'homme. Gustave Eiffel, ingénieur et entrepreneur, a fait construire au sommet de son oeuvre un appartement pour lui seul: un salon meublé d'un piano droit, d'une table de travail, d'un divan, et d'instruments scientifiques. Il y reçoit des invités triés sur le volet.

Le 11 septembre 1889, Charles Gounod est l'un de ces invités. Il a soixante et onze ans; il est l'auteur de Faust (1859), de Roméo et Juliette (1867), de l'Ave Maria construit sur le premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach: un des compositeurs les plus joués de son époque. L'Exposition est le moment de tous les possibles; Thomas Edison est venu présenter son phonographe; des ingénieurs du monde entier visitent la tour. Gounod, lui, monte jusqu'à l'appartement du sommet.

Il s'installe au piano. Il improvise. Ce qu'il joue ce jour-là, à trois cents mètres du sol, en voyant Paris s'étaler à ses pieds dans toutes les directions, il l'appelle "Concerto dans les nuages": une pièce qui n'a peut-être jamais été entièrement fixée sur le papier, et qui reste dans la mémoire comme une image plus que comme une oeuvre, le fantôme d'une musique jouée dans les airs.

L'appartement d'Eiffel mesure à peine soixante mètres carrés. Les murs sont couverts de boiseries; le plancher est en parquet. On y monte par l'ascenseur, merveille de l'Exposition. Depuis les vitres, Paris ressemble à une carte déployée: les grandes avenues d'Haussmann, la Seine, les coupoles du Panthéon et des Invalides, et, au loin, Montmartre où le Sacré-Coeur est en construction.

Eiffel gardera cet appartement jusqu'à sa mort en 1923. Il y travaillera, y recevra encore des savants et des artistes. Après sa mort, l'appartement est reconstitué tel quel avec ses meubles et ses instruments. Il est aujourd'hui visible au dernier niveau de la tour. Le piano, lui, n'y est plus.

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Événement
1912
1912 — Laboratoire d'Aérodynamique de Gustave Eiffel/Bâtiment remarquable
p 251-253
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Événement
1912
1912 — Laboratoire d'Aérodynamique de Gustave Eiffel/Bâtiment remarquable
p 251-253
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Événement
1923
28 décembre 1923 — Demeure de Gustave Eiffel
p 251-253
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Événement
1913
22 novembre 1913 — Cimetière du Père Lachaise (26ème division)/Tombe d'Édouard Lockroy
p 251-252
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Événement
1876
1876 — Maison Gaget Gauthier & Cie (de 1825)/Statue de la Liberté (93 m de haut)/Bureau d'études d'Auguste Bartholdi
p 253
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Événement
1900
4 mai 1900 — Chapelle Notre-Dame de la Consolation
p 253-254
Chapelle construite en souvenir des 129 victimes et 250 blessés graves de l'incendie du Bazar de la Charité
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Événement
1897
4 mai 1897 — Bazar de la Charité
p 253-254
Incendie du Bazar de la Charité, aménagé dans un hangar en bois et toile, lors d'une projection de cinéma dont le projecteur s'enflamme. Il fait 126 victimeset 250 blessés. La chapelle de la Consolation est construite su …

Incendie du Bazar de la Charité, aménagé dans un hangar en bois et toile, lors d'une projection de cinéma dont le projecteur s'enflamme. Il fait 126 victimeset 250 blessés. La chapelle de la Consolation est construite sur l'emplacement

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Événement
1896
Événement
1886
juin 1886 — Demeure de Vincent van Gogh/Demeure de Théo van Gogh
p 254-255
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Événement
1897
1897 — Atelier d'Henri de Toulouse-Lautrec
p 254-255
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Événement
1887
1887 — Demeure d'Henri Bourges/Séjour d'Henri de Toulouse-Lautrec
p 254-255
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Événement
1875
1875 — Maison Rosimond/Musée du Vieux Montmartre
p 254
Plus vieille maison de Montmartre, demeure et atelier de nombreux artistes ; aujourd'hui Musée de Montmartre
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Événement
1887
1887 — Atelier d'Henri de Toulouse-Lautrec
p 254-255
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Événement
1875
1875 — Maison Rosimond/Musée du Vieux Montmartre (en 1960)
p 254
Renoir loue deux pièces dans les combles et un appentis au rez-de-chaussée ; il peint ici "le Moulin de la Galette"
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Événement
1885
1885 — Demeure de Lily et René Grenier/Demeure d'Henri de Toulouse-Lautrec
p 254-255
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Événement
1873
1873 — Café de la Nouvelle Athènes
p 255
Edgar Degas peint "l'Absinthe" ; café qui, selon certains, aurait donné son nom au quartier ; à moins que ce ne soit plutôt le contraire...
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Événement
1876
1876 — Café de la Nouvelle Athènes (ouvert en 1870)
p 255
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Événement
1878
1878 — Café de la Nouvelle Athènes
p 255
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Événement
1860
1860 — Café de la Nouvelle Athènes (rendez-vous des "Barbizoniens")
p 255
Lieu de rendez-vous des peintres de l'école de Barbizon et nombre d'écrivains
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Événement
1898
24 décembre 1898 — Première opération de promotion pour l'automobile
p 255
Louis Renault lance l'industrie automobile en France, en faisant grimper la Butte Montmartre à sa "Voiturette". Il enregistre 6 commandes et, du coup, fonde sa marque
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Événement
1906
1906 — Le Bateau-lavoir/Nom donné par Max Jacob
p 255
Naissance du Cubisme, avec la réalisation des "Demoiselles d'Avinyó" ; les demoiselles du bordel de la rue d'Avignon... à Barcelone
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Événement
1900
1900
p 256
Entrée de l'Exposition universelle de 1900, surmontée d'une statue de "la Parisienne" de Paul Moreau-Vauthier, éclairée la nuit par 3 000 ampoules électiques. L'exposition accueillit 83 000 exposants et 51 millions de vi …

Entrée de l'Exposition universelle de 1900, surmontée d'une statue de "la Parisienne" de Paul Moreau-Vauthier, éclairée la nuit par 3 000 ampoules électiques. L'exposition accueillit 83 000 exposants et 51 millions de visiteurs

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Événement
1900
1900
p 256
Pavillon réalisé pour l'Exposition universelle de 1900, illuminé de milliers d'ampoules électriques
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Événement
1900
14 juillet 1900
p 257-258
Les épreuves d'athlétisme des seconds Jeux olympiques se déroulent sur les installations du Racing Club de France. C'est de là que part le "marathon des fortifs" qui empreinte le boulevard qui longe l'enceinte de Thiers, …

Les épreuves d'athlétisme des seconds Jeux olympiques se déroulent sur les installations du Racing Club de France. C'est de là que part le "marathon des fortifs" qui empreinte le boulevard qui longe l'enceinte de Thiers, 14 concurrents

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Événement
1900
1900
p 257-258
Les seconds Jeux olympiques, qui se déroulent à Paris, comportent un concours de pêche, qui coûtera la vie à 881 poissons... ainsi qu'une épreuve de tir au pigeon vivant
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Événement
1900
19 juillet 1900
p 258-259
Il avait fallu vingt ans de querelles politiques entre la Ville et l'État, sept ans de tranchées sous Paris, un ingénieur manchot et un architecte que ses contemporains traitaient d'insecte. L'idée d'un souterrain parisi …

Il avait fallu vingt ans de querelles politiques entre la Ville et l'État, sept ans de tranchées sous Paris, un ingénieur manchot et un architecte que ses contemporains traitaient d'insecte.

L'idée d'un souterrain parisien datait des années 1870. Mais pendant deux décennies, la Ville de Paris et les grandes compagnies ferroviaires nationales se disputèrent la concession. Paris refusait de laisser son réseau aux mains de la PLM ou du Nord ; l'État rechignait à financer une ligne purement municipale. Ce n'est qu'en 1895 que la décision fut prise : le Métropolitain serait un réseau de la Ville.

Fulgence Bienvenüe, ingénieur des Ponts et Chaussées, dirigea les travaux à partir de 1898. Sa méthode — fouille à ciel ouvert, puis recouvrement — bouleversa le Paris de la Belle Époque : des rues entières furent découpées en tranchées pendant des mois. Bienvenüe avait perdu un bras dans un accident de chantier ferroviaire en 1885 ; il dirigeait ses équipes d'une seule main.

Le 19 juillet 1900, cinq jours après l'ouverture de l'Exposition universelle qui l'avait imposé comme priorité nationale, la ligne 1 entre en service de la Porte Maillot à la Porte de Vincennes. Le président Émile Loubet coupe le ruban. Trente mille billets sont vendus dans la journée.

En surface, les bouches conçues par Hector Guimard soulèvent la controverse : leurs structures en fonte verte, leurs lampadaires végétaux, leurs auvents en verre dépoli paraissent monstrueux aux partisans du classicisme. On les appelle « style nouille », « style insecte ». Guimard les appelle « art nouveau ».

Sur les quelque deux cents entrées d'origine, la plupart furent démontées au cours du XXe siècle au nom de la modernisation. Plusieurs partirent à l'étranger — l'une rejoignit le MoMA de New York en 1960. Ce que Paris avait jugé ridicule en 1900, le monde le classe désormais au rang des symboles de la capitale.

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Événement
1903
10 août 1903 — Station de métro Couronnes
p 259
Le métro avait trois ans. Les rames étaient en bois, les stations n'avaient qu'une seule sortie, et une nuit d'août devint la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire des transports urbains. Le 10 août 1903, un court …

Le métro avait trois ans. Les rames étaient en bois, les stations n'avaient qu'une seule sortie, et une nuit d'août devint la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire des transports urbains.

Le 10 août 1903, un court-circuit sur une rame de la ligne 2 du métro parisien, entre les stations Barbès et Anvers, provoqua un incendie dont les fumées et les gaz toxiques se propagèrent dans les tunnels. À l'entrée de la station Ménilmontant, le feu reprit avec violence. Les deux stations voisines, Ménilmontant et Couronnes, situées boulevard de Belleville, se transformèrent en fournaises irrespirables.

Le bilan fut de quatre-vingt-quatre morts : sept à Ménilmontant, la plupart carbonisés ; soixante-dix-sept à Couronnes, tous asphyxiés. Ce chiffre en fit, au moment des faits, la catastrophe la plus meurtrière survenue sur un réseau de transport urbain.

Plusieurs facteurs aggravèrent le désastre. Les premières rames du métro parisien étaient construites en bois : elles brûlaient aisément. Les stations ne disposaient que d'une seule sortie par quai, transformant les tunnels en pièges sans issue. L'absence de circuits électriques de secours plongea les stations dans l'obscurité totale au moment précis où les voyageurs tentaient de fuir. Les corps furent retrouvés entassés au pied des escaliers.

Louis Lépine, préfet de police, supervisa les opérations de secours, qui ne purent accéder aux stations qu'aux premières heures de la matinée suivante, tant l'atmosphère y était irrespirable.

La catastrophe entraîna une refonte des normes de sécurité du réseau : les rames en bois furent progressivement remplacées par des rames métalliques, et les stations furent dotées de plusieurs sorties. Le métro parisien, inauguré trois ans plus tôt en 1900 pour l'Exposition universelle, avait appris à quel prix le progrès pouvait se payer.

La station Couronnes, boulevard de Belleville, dans le 11e arrondissement, est toujours en service sur la ligne 2.

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Événement
1858
1858 — Maison de couture Worth
p 259
Worth crée la première "maison de haute couture" à Paris. Il est entre autres à l'origine de la réputation de luxe du quartier
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Événement
1903
21 décembre 1903 — Restaurant Champeaux (immortalisé par Émile Zola dans ses romans)
p 260-261
Première réunion d'attribution du prix Goncourt, attribué à John-Antoine Nau pour son roman "Force ennemie"; L'évènement passe presque inaperçu
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Événement
1900
7 avril 1900 — Demeure de Léon Hennique
p 260-261
Première réunion de la "Société littéraire des Goncourt", qui deviendra l'Académie Goncourt. Alphonse Daudet, légataire universel et 1er président de la société, est décédé en 1897 Le 7 avril 1900, sept écrivains se réun …

Première réunion de la "Société littéraire des Goncourt", qui deviendra l'Académie Goncourt. Alphonse Daudet, légataire universel et 1er président de la société, est décédé en 1897

Le 7 avril 1900, sept écrivains se réunissent au 11 rue Descamps, chez Léon Hennique, pour la première séance de la Société littéraire des Goncourt. Ils sont là parce qu'Edmond de Goncourt, mort en 1896, l'avait voulu ainsi. Son testament instituait une académie de dix membres qui se retrouveraient chaque mois pour dîner et décerner chaque année un prix de cinq mille francs au meilleur roman en prose. Il avait désigné Alphonse Daudet comme premier président — mais Daudet était mort en 1897 avant même la fondation.

La liste des membres fondateurs dit l'ambition du projet : Huysmans, Mirbeau, les frères Rosny, Margueritte, Geffroy, Hennique. Des naturalistes pour la plupart, des héritiers de Zola, des hommes qui avaient mis leur plume au service d'une littérature du réel social. Edmond voulait qu'on couronne les audacieux, les novateurs, ceux que l'Académie française ignorerait.

L'Académie Goncourt attribue son premier prix en 1903 — à John-Antoine Nau pour Force ennemie. Depuis, le prix est devenu l'événement littéraire le plus suivi de France, capable de transformer un tirage confidentiel en bestseller du jour au lendemain. Il est aussi le plus contesté — pour ses querelles internes, ses prétendues compromissions avec les éditeurs, ses choix parfois surprenants.

Les dîners mensuels ont lieu depuis 1920 au restaurant Drouant, place Gaillon. La table est réservée en permanence. Les dix fauteuils ont chacun leur prix.

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Événement
1868
19 septembre 1868 — Demeure des frères Goncourt (ils reçoivent dans leur “Grenier”)
p 260-261
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Événement
1901
23 novembre 1901 — Tribunal de Commerce (dans le grand hall)/Concours Lépine
p 265
Louis Lépine organise une "exposition des jouets et articles de Paris" afin de soutenir les fabricants de jouets ruinés par la concurrence allemande. Elle deviendra l'année suivante le "Concours Lépine", destiné aux inve …

Louis Lépine organise une "exposition des jouets et articles de Paris" afin de soutenir les fabricants de jouets ruinés par la concurrence allemande. Elle deviendra l'année suivante le "Concours Lépine", destiné aux inventeurs

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Événement
1905
9 décembre 1905 — Siège de la Fédération nationale de la Libre Pensée
p 266
Inscription en hommage à Ferdinand Buisson, président de la commission parlementaire qui rédige le texte de la loi de séparation des Églises et de l'État
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Événement
1906
1 février 1906 — Église Ste Clotilde
p 266
Février 1906 : l'application de la loi de Séparation donne lieu à de violents incidents à Paris et dans plusieurs départements au moment où l'administration procède aux inventaires des biens cultuels et demande l'ouvertu …

Février 1906 : l'application de la loi de Séparation donne lieu à de violents incidents à Paris et dans plusieurs départements au moment où l'administration procède aux inventaires des biens cultuels et demande l'ouverture des tabernacles. La loi de Séparation est condamnée, le 11 février 1906, par le pape Pie X dans son encyclique Vehementer nos qui critique les associations cultuelles et la compétence du Conseil d'État en matière de contestations relatives aux biens réclamés par plusieurs associations.; Le pape encourage les catholiques français à s'opposer aux inventaires puis, le 10 août 1906, par l'encyclique Gravissimo offici, il interdit la formation des associations cultuelles prévues par la loi pour administrer les biens mobiliers et immobiliers nécessaires à l'exercice du culte.

Source : La crise des inventaires, Assemblée nationale

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Événement
1911
21 décembre 1911 — Succursale de la Société Générale
p 267-268
Premier hold-up en automobile, une luxueuse limousine Delaunay-Belleville, de la bande à Bonnot. Le garçon de recette Caby, caissier de la Société générale, est blessé. Le butin est maigre : 5 000 francs
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Événement
1913
29 mai 1913 — Théâtre des Champs-Élysées
p 268-269
Création par les Ballets Russes du "Sacre du Printemps", qui va scandaliser l'auditoire et provoquer la faillite du théâtre récemment inauguré le 30 mars 1913. Il ne se redressera qu'en 1920. Un des 1ers représentants du …

Création par les Ballets Russes du "Sacre du Printemps", qui va scandaliser l'auditoire et provoquer la faillite du théâtre récemment inauguré le 30 mars 1913. Il ne se redressera qu'en 1920. Un des 1ers représentants du style Art déco

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Événement
1900
1900
p 269
La galerie des Machines de l'Exposition universelle est transformée en vélodrome d'Hiver à l'initiative du coureur et directeur sportif Henri Desgrange ; l'Auto-Vélodrome d'Hiver : le premier Vel' d'Hiv'. Il peut accueil …

La galerie des Machines de l'Exposition universelle est transformée en vélodrome d'Hiver à l'initiative du coureur et directeur sportif Henri Desgrange ; l'Auto-Vélodrome d'Hiver : le premier Vel' d'Hiv'. Il peut accueillir 17 000 spectateurs

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Événement
1936
30 juillet 1936 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 270-271
Le 30 juillet 1936, les 495 députés de la Chambre votèrent à l'unanimité le droit de vote des femmes. Pas une voix contre. Le Sénat refusa d'examiner le texte. C'était la septième fois. Depuis 1901, la Chambre des député …

Le 30 juillet 1936, les 495 députés de la Chambre votèrent à l'unanimité le droit de vote des femmes. Pas une voix contre. Le Sénat refusa d'examiner le texte. C'était la septième fois.

Depuis 1901, la Chambre des députés avait voté six fois en faveur du suffrage féminin. À chaque fois, le Sénat avait refusé d'inscrire le texte à son ordre du jour. En 1936, le gouvernement du Front Populaire semblait ouvrir une nouvelle époque : Léon Blum avait nommé trois femmes sous-secrétaires d'État — Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore. Elles siégeaient au gouvernement sans pouvoir voter.

Le 30 juillet, la Chambre vota. Unanimité totale : 495 voix pour, zéro contre. Le résultat était sans ambiguïté.

Le Sénat n'inscrivit pas le texte à son ordre du jour. Il ne le ferait pas non plus en 1937, ni en 1938, ni en 1939. La guerre vint ensuite, puis l'Occupation et l'effondrement de la IIIe République.

C'est par ordonnance que les femmes obtinrent enfin le droit de vote, le 21 avril 1944, du Gouvernement provisoire réuni à Alger sous de Gaulle. Elles votèrent pour la première fois lors des élections municipales de mai 1945.

La France était parmi les dernières démocraties d'Europe occidentale à franchir ce pas : l'Australie l'avait fait en 1902, la Finlande en 1906, la Grande-Bretagne en 1918. Le Sénat de la IIIe République avait tenu bon jusqu'à sa propre disparition.

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Événement
1897
9 décembre 1897 — Siège du journal "La Fronde"/Siège du journal "Le Bâtiment"
p 270-271
Fondation par Marguerite Durand du journal "La Fronde", premier journal fémiiste au Monde, qui deviendra "Le Bâtiment", entièrement conçu et réalisé par des femmes. Il reparaîtra irrégulièrement de 1914 à 1920
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Événement
1914
5 juillet 1914 — Statue de Condorcet
p 270-271
Le 5 juillet, à trois heures de l'après-midi, un cortège part de la terrasse de l'Orangerie des Tuileries. À sa tête : Marguerite Durand et Séverine. Derrière elles, entre deux mille et six mille manifestantes — les chif …

Le 5 juillet, à trois heures de l'après-midi, un cortège part de la terrasse de l'Orangerie des Tuileries. À sa tête : Marguerite Durand et Séverine. Derrière elles, entre deux mille et six mille manifestantes — les chiffres varient selon les sources. Elles traversent la Seine par le pont Royal, longent le quai de Conti jusqu'au numéro 15, et s'arrêtent devant la statue de Condorcet. Elles ont apporté des cahiers de revendications. Ce jour-là, l'hebdomadaire féministe La Française sort un numéro spécial : Condorcet en couverture, aux côtés des figures du suffragisme.

Le choix du lieu dit tout. En 1790, Condorcet avait rédigé Sur l'admission des femmes au droit de cité — premier texte d'un homme politique français à défendre le suffrage féminin. En février 1914, la Chambre des députés venait de voter à 238 voix pour sur 591 : la majorité avait refusé d'inscrire ce droit dans la loi. Il restait donc à manifester.

Séverine s'appelle Caroline Rémy. Elle a cinquante-huit ans, trente ans de carrière derrière elle. Disciple de Jules Vallès — secrétaire, puis successeuse à la tête du Cri du Peuple après la mort de Vallès en 1885 — elle est la première femme à avoir dirigé un grand quotidien français. Elle a défendu Dreyfus, soutenu des anarchistes, signé contre la guerre coloniale. En 1914, c'est elle qui cherche à unifier les associations suffragistes divisées pour organiser cette journée commune.

Les manifestantes se réclament « suffragistes » — et tiennent à la nuance. Les « suffragettes » britanniques d'Emmeline Pankhurst brisent des vitres, enchaînent des militantes aux grilles du Parlement, font des grèves de la faim. Les suffragistes françaises ont choisi la voie républicaine : pétitions, manifestations légales, lobbying des chambres. Ce n'est pas manque d'ambition — c'est doctrine. Elles entendent conquérir le suffrage par la République, pas contre elle.

La France entre en guerre le 3 août 1914 : vingt-neuf jours après le pont Royal. Les associations suffragistes votent l'Union sacrée, suspendent leurs revendications « pour la durée ». La Chambre reviendra sur la question en 1919, puis en 1936. Le Sénat bloquera chaque fois.

Les Françaises votent pour la première fois le 21 avril 1944. Trente ans après les cahiers.

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Événement
1913
20 décembre 1913
p 270-271
Maria Vérone et Marie Bonnevial tiennent une baraque de propagande féministe à l'occasion du jour de l'an. Outre affiches et brochures, elles vendent divers articles dont de la lingerie confectionnée par une coopérative …

Maria Vérone et Marie Bonnevial tiennent une baraque de propagande féministe à l'occasion du jour de l'an. Outre affiches et brochures, elles vendent divers articles dont de la lingerie confectionnée par une coopérative de femmes

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Événement
1940
15 mai 1940 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 270
Pour complaire aux occupants, Héring fait interner 9 771 femmes "indésirables", parce qu'allemandes Juives ou opposantes aux nazis, des françaises mariées avec des allemands, des réfugiées... Elles sont internées à Gurs …

Pour complaire aux occupants, Héring fait interner 9 771 femmes "indésirables", parce qu'allemandes Juives ou opposantes aux nazis, des françaises mariées avec des allemands, des réfugiées... Elles sont internées à Gurs dans le Var

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Événement
1942
16 juillet 1942 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 270
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
1918
23 mars 1918 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
p 272
Chute des premiers obus de la Grosse Bertha sur Paris. Les allemands appellent ce canon dont les obus traversent la stratosphère le "Pariser Kanonen" (le canon parisien). Il a une portée de 126 Km
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Événement
1918
23 mars 1918 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
p 272
Chute des premiers obus de la Grosse Bertha sur Paris. Les allemands appellent ce canon dont les obus traversent la stratosphère le "Pariser Kanonen" (le canon parisien). Il a une portée de 126 Km. Le 23 mars 1918 au mat …

Chute des premiers obus de la Grosse Bertha sur Paris. Les allemands appellent ce canon dont les obus traversent la stratosphère le "Pariser Kanonen" (le canon parisien). Il a une portée de 126 Km.

Le 23 mars 1918 au matin, Paris est bombardé. Rien d'inhabituel en apparence — la ville a subi des raids de zeppelins et d'avions depuis le début de la guerre. Mais cette fois, personne n'entend d'avion. Personne n'entend rien. Les obus tombent du ciel sans avertissement, à intervalles réguliers, depuis une direction indéterminée.

Il faut plusieurs heures aux autorités pour comprendre ce qui se passe. Le Pariser Kanonen — la Grosse Bertha — est un canon allemand d'une conception entièrement nouvelle, installé dans la forêt de Saint-Gobain, à 126 kilomètres de Paris. Ses obus montent à 40 kilomètres d'altitude, traversent la stratosphère, et retombent sur la ville au bout de trois minutes de vol. Aucun système de défense n'est prévu contre une telle portée — elle est tout simplement inimaginable pour l'époque.

Ce 23 mars, les premiers obus touchent plusieurs quartiers : rue du Château Landon dans le 10e, boulevard de Strasbourg, quai de Seine. Les Parisiens ne savent pas d'où viennent les explosions. Certains pensent à des mines souterraines. La panique est réelle mais contenue — Paris a appris à vivre avec la guerre.

Le bombardement se poursuit jusqu'en août 1918. En tout, 367 obus frappent la ville, faisant 256 morts et 620 blessés. Le pire incident a lieu le 29 mars, vendredi saint : un obus tombe sur l'église Saint-Gervais pendant l'office, tuant 88 personnes.

Les Allemands appellent leur engin le canon parisien. Paris, lui, l'appelle autrement.![[Carte des impacts d'obus des canons de longue portée - Grosse Bertha, L'Illustration, 1918|Carte des impacts d'obus des canons de longue portée - Grosse Bertha, L'Illustration, 1918.png]]

Carte des impacts d'obus des canons de longue portée - Grosse Bertha, L'Illustration, 1918

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Événement
1918
23 mars 1918 — Bombardement aérien de la première guerre mondiale
p 272
Chute des premiers obus de la Grosse Bertha sur Paris. Les allemands appellent ce canon dont les obus traversent la stratosphère le "Pariser Kanonen" (le canon parisien). Il a une portée de 126 Km
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Événement
1918
29 mars 1918 — Église St Gervais-St Protais/Bombardement aérien de la première guerre mondiale
p 272
La chute d'un obus allemand de la "Grosse Bertha" fait 200 victimes, dont 91 morts, surtout des femmes et des enfants ; le poète Saint-Pol Roux en réchappe. Le 29 mars 1918 est un Vendredi saint. À l'église Saint-Gervais …

La chute d'un obus allemand de la "Grosse Bertha" fait 200 victimes, dont 91 morts, surtout des femmes et des enfants ; le poète Saint-Pol Roux en réchappe.

Le 29 mars 1918 est un Vendredi saint. À l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, rue des Barres, l'office de l'après-midi bat son plein. Des centaines de fidèles sont rassemblés sous les voûtes gothiques — en majorité des femmes et des enfants, les hommes étant au front.

À 16h30, un obus de la Grosse Bertha frappe la clé de voûte de la nef. La pierre s'effondre sur l'assemblée. On dénombre 91 morts et plus de 200 blessés. C'est le bilan le plus lourd d'un seul obus dans tout le bombardement de Paris.

Six jours plus tôt, le 23 mars, les premiers obus avaient surpris la ville. Paris avait appris depuis à se méfier, à ne pas s'attarder dans les lieux publics, à guetter le son de la sirène. Mais on ne ferme pas une église le Vendredi saint.

Le poète symboliste Saint-Pol Roux se trouvait dans l'église ce jour-là. Il en réchappa. Dans ses carnets, il décrit la stupeur des survivants, la poussière blanche qui recouvre tout, les corps sous les pierres. Ce n'est pas la guerre telle qu'il l'avait imaginée — pas de tranchées, pas de champ de bataille. Un lieu de prière, un jour saint, un obus tiré depuis une forêt à 120 kilomètres.

L'église Saint-Gervais fut restaurée après la guerre. Une plaque commémorative rappelle le drame. La voûte reconstruite porte encore, si l'on sait regarder, les cicatrices du 29 mars 1918.

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Événement
1916
29 janvier 1916
p 272
Premier bombardement sur Paris par un zeppelin pendant la première guerre mondiale. Une des bombes provoque un cratère de 10 m bd de Belleville et traverse la voûte du métro. L'opération fera 26 morts et 32 blessés à Mén …

Premier bombardement sur Paris par un zeppelin pendant la première guerre mondiale. Une des bombes provoque un cratère de 10 m bd de Belleville et traverse la voûte du métro. L'opération fera 26 morts et 32 blessés à Ménilmontant

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Événement
1918
30 janvier 1918 — Immeuble Le Centorial/Vestiges de bombardement
p 272
Traces du 1er bombardement aérien de Paris par 28 avions (les précédents avaient été effectués par des zeppelins) pendant la première guerre mondiale. 250 bombes lâchées firent 65 morts et 265 blessés
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Événement
1918
2 décembre 1918 — Demeure d'Edmond Rostand
p 273
Mort de l'auteur de "Cyrano", "Chantecler", "l'Aiglon". Il décède de la grippe dite espagnole, mais venant en fait d'Amérique avec les contingents états-uniens. Nétant pas en guerre, l'Espagne était la seule à publier se …

Mort de l'auteur de "Cyrano", "Chantecler", "l'Aiglon". Il décède de la grippe dite espagnole, mais venant en fait d'Amérique avec les contingents états-uniens. Nétant pas en guerre, l'Espagne était la seule à publier ses chiffres

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Événement
1918
9 novembre 1918 — Demeure de Guillaume Apollinaire (à partir de janvier 1913)
p 273
Mort du poète Guillaume Apollinaire ; victime de l'épidémie de grippe espagnole, injustement dénommée ainsi car venant en fait d'Amérique avec les contingents états-uniens. Nétant pas en guerre, l'Espagne seule publiait …

Mort du poète Guillaume Apollinaire ; victime de l'épidémie de grippe espagnole, injustement dénommée ainsi car venant en fait d'Amérique avec les contingents états-uniens. Nétant pas en guerre, l'Espagne seule publiait ses chiffres

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Événement
Événement
1870
Événement
1898
12 janvier 1898 — Siège du journal "L'Aurore"
p 275
Siège du journal où Émile Zola lit son article "J'accuse", rédigé à partir d'un dossier constitué par Bernard Lazare ; il sera publié le lendemain. C'est Clemenceau qui en propose le titre
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Événement
Événement
1919
1919
p 276
Roulotte habitée par Django Reinhardt dès son enfance. En 1926, 42 300 personnes vivent encore sur les "fortifs". Les militaires avaient toléré leur installation sur la zone de non aedificandi aménagée à l'extérieur des …

Roulotte habitée par Django Reinhardt dès son enfance. En 1926, 42 300 personnes vivent encore sur les "fortifs". Les militaires avaient toléré leur installation sur la zone de non aedificandi aménagée à l'extérieur des remparts

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Événement
1912
1912 — Magasin des Galeries Lafayette (coupole)
p 277
Coupole remarquable du magasin des Galeries Lafayette. Bâtiment en béton armé
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Événement
1865
11 mai 1865 — Magasin du Printemps
p 277
Inauguration du magasin du Printemps. Il seradétruit par un incendie en 1881 et reconstruit en 1885. Sa coupole n'est plus visible que du dernier étage
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Événement
1906
23 octobre 1906
p 278
Alberto Santos-Dumont, aviateur brésilien, effectue à Bagatelle les premiers vols de son avion le "14 Bis", ce qui lui permet d'établir le premier vol public d'un avion le 23 octobre 1906. Un monument est érigé à l'extré …

Alberto Santos-Dumont, aviateur brésilien, effectue à Bagatelle les premiers vols de son avion le "14 Bis", ce qui lui permet d'établir le premier vol public d'un avion le 23 octobre 1906. Un monument est érigé à l'extrémité du terrain

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Événement
1929
1929 — Piscine Molitor/Bâtiment remarquable (mais complètement défiguré)
p 280
Construction de la piscine Molitor par Lucien Pollet dans le style Art déco dit "paquebot". Bien que classée monument historique elle est presque totalement détruite et remplacée par une construction soi-disant "conforme …

Construction de la piscine Molitor par Lucien Pollet dans le style Art déco dit "paquebot". Bien que classée monument historique elle est presque totalement détruite et remplacée par une construction soi-disant "conforme à l'originale"

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Événement
1926
1926 — Îlot du plateau Beaubourg (restera en ruines jusqu'à 1972)
p 280
Premier et principal des 17 îlots répertoriés comme insalubres de Paris, abattu afin d'endiguer la propagation, entre autres, de la tuberculose, qui fait des ravages dans la capitale. La mortalité y est alors de 5 à 10%
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Événement
1936
1936 — Café Le Select
p 282
Café restant ouvert toute la nuit, devenu de ce fait le point de ralliement de la "lost generation" américaine ; discussions sur la guerre d'Espagne entre Desnos et Hemingway
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Événement
1931
6 mai 1931
p 282-283
Inauguration de l'Exposition coloniale, qui présentera, comme au zoo, des villages-enclos de pygmées et autres ethnies africaines. Vitrine humiliante de la "mission civilisatrice de la France"
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Événement
1928
1928 — Cinéma Studio 28 (remplace le cabaret de la Pétaudière)
p 282
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Événement
1931
1931 — Palais de la Porte Dorée/Musée des Colonies/Cité nationale de l'histoire de l'immigration
p 282-283
Palis construit à l'occasion de l'Exposition coloniale de 1931. Aujourd'hui "Cité de l'histoire de l'immigration" ; en quelque sorte, la suite de l'histoire. Le bâtiment recèle un intéressant aquarium
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Événement
1928
6 novembre 1928 — Bar de La Coupole
p 282
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Événement
1930
3 décembre 1930 — Cinéma Studio 28 (cinéma d'Art et d'essai)
p 282
Saccage du Studio 28 par un commando d'extrême droite appartenant à la Ligue des patriotes, lors d'une projection de "l'Âge d'Or" de Luis Buñuel, sorti le 28 novembre. Du coup, le film est interdit de projection par la p …

Saccage du Studio 28 par un commando d'extrême droite appartenant à la Ligue des patriotes, lors d'une projection de "l'Âge d'Or" de Luis Buñuel, sorti le 28 novembre. Du coup, le film est interdit de projection par la préfecture

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Événement
1929
1 octobre 1929 — Cinéma Studio 28 (cinéma d'Art et d'essai)
p 282
Scandale à la sortie de "Un chien andalou" ; des œuvres surréalistes étaient exposées dans le hall ; il reste 6 mois à l'affiche. Fernand Léger présente "Le Ballet mécanique"
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Événement
1931
1931
p 282-283
Statue se trouvant à l'origine sur l'escalier d'honneur du musée des Colonies. Belle allégorie de la "mission civilisatrice de la France". On sait comment cela a fini ; et comment ça dure...
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Événement
1931
1931 — Vestiges de l'Exposition coloniale de 1931
p 282-283
Trois pavillons, sur 6 à l'origine, subsistent de l'évocation du Togo et du Cameroun, représentant des palais des régions Bamoun, Bamiléké et Fonschada
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Événement
1931
1931
p 282-283
Une initiative privée, en marge de l'Exposition coloniale, exhibe des danseurs Kanaks présentés comme des guerriers cannibales. Elle est organisée par une association d'anciens coloniaux s'associant avec le cirque Hagenb …

Une initiative privée, en marge de l'Exposition coloniale, exhibe des danseurs Kanaks présentés comme des guerriers cannibales. Elle est organisée par une association d'anciens coloniaux s'associant avec le cirque Hagenbeck

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Événement
1935
18 novembre 1935 — Tour Eiffel
p 284
Émission inaugurale de la Télévision française, transmise depuis une antenne située au sommet de la Tour Eiffel, d'une portée de 15 Km. La définition est de 180 lignes par image. La "Télé" ne prendra son essor qu'après l …

Émission inaugurale de la Télévision française, transmise depuis une antenne située au sommet de la Tour Eiffel, d'une portée de 15 Km. La définition est de 180 lignes par image. La "Télé" ne prendra son essor qu'après la guerre

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Événement
1935
26 avril 1935 — Premier studio de télévision
p 284
Une première émission de télévision est diffusée de 20 h 15 à 20 h 30 depuis le studio de la rue de Grenelle par le ministère des PTT. Béatrice Bretty y raconte son voyage en Italie avec la Comédie française
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Événement
1940
14 juin 1940
p 285-286
De fameuses images d'archives montrent l'entrée de troupes allemandes entrant dans Paris, qui a été déclarée "ville ouverte" afin d'éviter sa destruction. Le problème est qu'elle deviendra ville de villégiature pour les …

De fameuses images d'archives montrent l'entrée de troupes allemandes entrant dans Paris, qui a été déclarée "ville ouverte" afin d'éviter sa destruction. Le problème est qu'elle deviendra ville de villégiature pour les troupe nazies

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Événement
1937
1937
p 285
Le Palais de la Découverte est créé à l'occasion de l'Exposition universelle de 1937 derrière le Grand palais. Il constitue la révélation de la Science pour de nombreux enfants dont je fus
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Événement
1937
1937 — Pavillons de l'URSS et de l'Allemagne de l'Exposition universelle de 1937
p 285
Les pavillons de l'URSS à l'ouest, et celui de l'Allemagne nazie à l'Est, se font face de part et d'autre du Pont d'Iéna. Statues de l'Ouvrier et de la Kolkhozienne sur l'un, de l'aigle impérial sur l'autre ; pour certai …

Les pavillons de l'URSS à l'ouest, et celui de l'Allemagne nazie à l'Est, se font face de part et d'autre du Pont d'Iéna. Statues de l'Ouvrier et de la Kolkhozienne sur l'un, de l'aigle impérial sur l'autre ; pour certains, peu de différence...

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Événement
1937
1937
p 285
Raoul Dufy réalise sa fresque "La Fée Électricité" pour le palais de la Lumière pour l'Exposition universelle de 1937. Ce "pavillon de l'électricité" comporte un écran géant en billes de verre. L'œuvre de Dufy est au mus …

Raoul Dufy réalise sa fresque "La Fée Électricité" pour le palais de la Lumière pour l'Exposition universelle de 1937. Ce "pavillon de l'électricité" comporte un écran géant en billes de verre. L'œuvre de Dufy est au musée d'Art moderne

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Événement
1944
20 août 1944 — Service des Égouts de Paris (eaux et assainissement)
p 288-289
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Événement
1945
29 octobre 1945 — Hôtel d'Essling/Maison des Centraux
p 289-290
Trois cents personnes s'entassent, on se bat pour entrer, des femmes s'évanouissent : une conférence de philosophie devient un événement mondain, et l'existentialisme naît comme phénomène public. Jean-Paul Sartre a quara …

Trois cents personnes s'entassent, on se bat pour entrer, des femmes s'évanouissent : une conférence de philosophie devient un événement mondain, et l'existentialisme naît comme phénomène public.

Jean-Paul Sartre a quarante ans. Il a publié "La Nausée" en 1938, "L'Être et le Néant" en 1943, pavé de sept cents pages que peu de gens ont lu jusqu'au bout. Il a passé la guerre en professeur de lycée, prisonnier quelques mois, membre d'un groupe de résistance intellectuelle sans grande efficacité, auteur de pièces jouées sous l'Occupation. Il vient de fonder avec Beauvoir, Merleau-Ponty et Aron la revue Les Temps modernes, dont le premier numéro a paru en octobre 1945.

Le 29 octobre 1945, il donne une conférence à la Maison des Centraux, hôtel d'Essling, 8 rue Jean-Goujon dans le 8e arrondissement, sous le titre "L'existentialisme est un humanisme."

L'affluence dépasse tout ce qui était prévu. Trois cents personnes s'entassent, la foule force les portes, des chaises sont cassées, la presse rapporte des évanouissements. Une conférence de philosophie devient un événement parisien.

Le contenu est une défense. Sartre répond à deux attaques : celle des communistes, qui accusent l'existentialisme d'être une philosophie bourgeoise du désespoir individuel, et celle des catholiques, qui l'accusent de nihilisme. Il expose sa thèse centrale dans une formule que tout le monde retiendra : "L'existence précède l'essence." L'homme n'a pas de nature donnée, il n'est rien d'autre que ce qu'il se fait, il est condamné à être libre et donc entièrement responsable de ce qu'il devient.

Le succès est immédiat et total. L'existentialisme devient en quelques mois une mode, avec ses caves de Saint-Germain-des-Prés, ses pulls noirs et ses caricatures. Sartre reniera plus tard ce texte, qu'il jugeait trop simplifié et publié contre son gré.

Il consacrera les décennies suivantes à concilier existentialisme et marxisme, soutiendra les luttes anticoloniales, refusera le prix Nobel en 1964, et sera de toutes les causes jusqu'à sa mort en 1980.

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Événement
Événement
1944
1944 — Café "Le Bar Vert"
p 290
Le Bar Vert, ouvert en 1944 au 14 rue Jacob à Paris, fut le premier « bar américain » de la capitale, accessible toute la nuit, notamment pour les ouvriers des Messageries de la Presse Parisienne. Rapidement, il devint u …

Le Bar Vert, ouvert en 1944 au 14 rue Jacob à Paris, fut le premier « bar américain » de la capitale, accessible toute la nuit, notamment pour les ouvriers des Messageries de la Presse Parisienne. Rapidement, il devint un lieu de rencontre pour écrivains, journalistes, intellectuels et artistes de scène, dont Juliette Gréco, Roger Vadim, Isidore Isou, Gabriel Pomerand et Bernard Lucas, ce dernier en assurant la direction. Le Bar Vert se distingua par son ambiance littéraire et artistique : ses toilettes étaient ornées de graffitis littéraires, témoignant de l’esprit créatif et subversif de ses habitués. On pouvait y lire des phrases telles que « Demandez un arsenic-menthe pour apaiser votre soif d’éternité » ou « Un existentialiste est un homme qui a du Sartre sur les dents ». Ce lieu a contribué à l’effervescence culturelle de Saint-Germain-des-Prés à la Libération, avant que la scène ne se déplace vers d’autres établissements comme Le Tabou.

Sources

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Événement
1947
1947 — Cabaret La Rose Rouge (le premier, dans un ancien restaurant africain)
p 290
Premier cabaret-théâtre, ancêtre du café-théâtre, animé par Maria Casarès ; Francis Lemarque et Jacques Douai y débutent
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Événement
1948
1948 — Le Tabou
p 290
Représentation de la pièce "Le Cercle Vicieux", écrite par Roger Pierre
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Événement
1963
14 décembre 1963 — Maison de la Radio
p 293
Inauguration par Charles de Gaulle du bâtiment qui va regrouper tous les services, jusqu'alors répartis sur 39 sites, de la RTF, Radio télévision française. Conçu circulaire, entre autres pour abriter des studios idéalem …

Inauguration par Charles de Gaulle du bâtiment qui va regrouper tous les services, jusqu'alors répartis sur 39 sites, de la RTF, Radio télévision française. Conçu circulaire, entre autres pour abriter des studios idéalement trapézoïdaux

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Événement
1977
20 mars 1977 — Hôtel de Ville
p 295
L'État n'a jamais aimé Paris, il en a toujours eu peur. Après les 6 années de la Révolution française, les 6 mois de celle de 1848 et les 6 autres de 1870-71, l'Hôtel de Ville retrouve un maire en la personne de Jacques …

L'État n'a jamais aimé Paris, il en a toujours eu peur. Après les 6 années de la Révolution française, les 6 mois de celle de 1848 et les 6 autres de 1870-71, l'Hôtel de Ville retrouve un maire en la personne de Jacques Chirac.

Le 20 mars 1977, Jacques Chirac est élu premier maire de Paris depuis cent six ans. La chose mérite qu'on s'arrête.

Depuis la Révolution, Paris n'avait pas de maire. Pas par oubli — par calcul. La ville avait renversé trop de régimes, abrité trop d'insurrections, produit trop de journées pour qu'on lui fasse confiance avec un exécutif propre. La Commune de 1871 avait été la dernière démonstration en date : laisser Paris se gouverner lui-même, c'était risquer de voir l'Hôtel de Ville dresser le drapeau rouge. On avait donc supprimé la fonction en 1871, et Paris avait été administré depuis lors par un préfet nommé par l'État.

Philippe résumait la chose avec une netteté parfaite : six ans de Révolution française, six mois de 1848, six mois de 1870-71 — à chaque fois, l'Hôtel de Ville au centre de la tempête, et l'État récupérant les clefs après la répression. L'absence de maire n'était pas un vide institutionnel, c'était une décision politique.

En 1977, Giscard d'Estaing crée la fonction, probablement convaincu qu'un maire de droite dans une ville de droite ne présente plus de risque. Il a mal calculé : Chirac utilisera la mairie de Paris comme tremplin vers l'Élysée, et son successeur Bertrand Delanoë en fera autre chose encore.

L'État avait eu peur de Paris. Paris avait fini par avoir un maire.

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Événement
1969
1969 — Forum des Halles/Trou des Halles
p 298-299
Destruction des pavillons des Halles de Paris, remplacés par un énorme trou, dans lequel sera construit un autre trou, financier celui-là, le Forum des Halles, qui devra être détruit 30 ans plus tard, remplacé par une ca …

Destruction des pavillons des Halles de Paris, remplacés par un énorme trou, dans lequel sera construit un autre trou, financier celui-là, le Forum des Halles, qui devra être détruit 30 ans plus tard, remplacé par une canopée ; à suivre...

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Événement
1977
31 janvier 1977 — Centre Pompidou/Centre Beaubourg
p 298
Inauguration du Centre Pompidou, un des bâtiments les plus controversés de l'Histoire de la capitale. Mais sa fréquentation suffit à justifier son existence, contrairement à d'autres "œuvres" pompidoliennes, comme la Pla …

Inauguration du Centre Pompidou, un des bâtiments les plus controversés de l'Histoire de la capitale. Mais sa fréquentation suffit à justifier son existence, contrairement à d'autres "œuvres" pompidoliennes, comme la Place des Fêtes...

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Événement
Événement
1980
6 mars 1980 — Institut de France/Académie française
p 299-300
En ce jeudi 6 mars 1980, les quarante fauteuils de l'Académie française basculent dans une ère nouvelle. Réunis quai de Conti, les Immortels élisent Marguerite Yourcenar au fauteuil n° 3, vacant depuis la mort de Roger C …

En ce jeudi 6 mars 1980, les quarante fauteuils de l'Académie française basculent dans une ère nouvelle. Réunis quai de Conti, les Immortels élisent Marguerite Yourcenar au fauteuil n° 3, vacant depuis la mort de Roger Caillois. Elle est la première femme à franchir ce seuil en trois cent quarante-cinq ans d'existence de la vénérable institution.

L'événement n'allait pas de soi. Depuis sa fondation par Richelieu en 1635, l'Académie avait toujours su trouver des raisons — parfois grotesques — d'écarter les femmes de lettres, fussent-elles George Sand ou Colette. La candidature de Yourcenar, portée avec constance par Jean d'Ormesson, fit sauter ce verrou séculaire, non sans résistances.

L'autrice des Mémoires d'Hadrien et de L'Œuvre au Noir vivait depuis des décennies dans l'île des Monts-Déserts, dans le Maine américain, loin des salons parisiens. Cette distance géographique — et symbolique — n'empêcha pas la consécration. Sa réception solennelle sous la Coupole aura lieu le 22 janvier 1981, devant un parterre ébloui et une presse mondiale.

Pour Paris, pour le 6e arrondissement, pour ce quai de Conti dont les pierres ont vu passer tant d'académiciens en habit vert, cette journée marque une rupture irréversible. Désormais, l'Académie ne pourra plus prétendre incarner la langue française en ignorant la moitié de ceux qui la parlent.

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Événement
1912
1912 — Demeure d'enfance de Marguerite Yourcenar
p 299-300
Marguerite Yourcenar vit ici avec son père après la mort de sa mère
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Événement
1989
30 mars 1989
p 300-301
En décidant de faire construire une pyramide sur la place du Musée du Louvre, Mitterrand se réfère sans doute moins au petit monument érigé place du Carrousel pour honorer Marat, après sa mort, qu'aux pharaons dont il s' …

En décidant de faire construire une pyramide sur la place du Musée du Louvre, Mitterrand se réfère sans doute moins au petit monument érigé place du Carrousel pour honorer Marat, après sa mort, qu'aux pharaons dont il s'inspire...

Le 30 mars 1989, la Pyramide du Louvre est inaugurée. Ieoh Ming Pei, architecte sino-américain de soixante-douze ans, a conçu une structure de verre et d'acier de vingt et un mètres de hauteur, posée au centre de la cour Napoléon. Paris est scandalisé depuis trois ans que le projet est connu.

Les pétitions ont circulé, les journaux ont tonné, les académiciens ont gémi. On a parlé de "trou dans Paris", de "défi à l'histoire", de "verrue de verre". Le Monde avait publié une liste de personnalités hostiles au projet. Giscard d'Estaing avait dit non à Pei quand il était président. Mitterrand avait dit oui — c'est son projet, son époque, son règne architectural, comme Versailles était le règne de Louis XIV.

Philippe, dans sa fiche, suggérait malicieusement que Mitterrand songeait peut-être moins aux pharaons qu'à la petite pyramide érigée place du Carrousel après l'assassinat de Marat en 1793 — monument éphémère à la gloire de l'Ami du peuple, disparu depuis longtemps. Le rapprochement est fantaisiste, évidemment. Mais il dit quelque chose de vrai sur Paris : chaque époque y construit ses monuments sur les cendres des précédents, et ce qui choque une génération devient l'évidence de la suivante.

Aujourd'hui la Pyramide est indissociable du Louvre. Les mêmes qui hurlaient en 1989 l'ont intégrée à leur image de Paris. Pei est mort en 2019, à cent deux ans. La Pyramide lui survivra longtemps.

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Événement
1935
1935 — Music-hall l'ABC (ancien théâtre Plaza)
p 309-310
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Événement
1948
14 juillet 1948 — Théâtre de l'Étoile
p 310-311
Montant fait un triomphe avec la chanson que lui a proposée Francis Lemarque, intitulée "À Paris". Elle deviendra la chanson fétiche de son auteur et un grand standard de la chanson française
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Événement
1917
Événement
Date imprécise — Demeure de Charles Aznavour
p 311-312
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Événement
1924
22 mai 1924 — Maison natale de Charles Aznavour
p 311-312
Naissance de l'auteur, compositeur, interprète, acteur et écrivain d'origine arménienne Charles Aznavour
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Événement
1951
1951
p 312-313
Lieu de tournage, entre de nombreux autres, du film de Jean Duvivier "Sous le ciel de Paris". Hymne à la capitale, célébrée par la chanson éponyme de Dréjac, qui sera reprise par Piaf, Gréco, Montant et tant d'autres
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Événement
1953
1953 — Cabaret-théâtre Les Trois Baudets
p 313-314
Canetti découvre Jacques Brel, qui lui a envoyé une maquette de chansons écrites par lui. Il le fait venir à Paris et l'engage. Le "grand Jacques" débute aux Trois Baudets. En 1961, il écrira "Les Prénoms de Paris" en ho …

Canetti découvre Jacques Brel, qui lui a envoyé une maquette de chansons écrites par lui. Il le fait venir à Paris et l'engage. Le "grand Jacques" débute aux Trois Baudets. En 1961, il écrira "Les Prénoms de Paris" en hommage à cette ville

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Événement
1952
1952 — Cabaret La Rose rouge
p 313
Ferré présente sa chanson "Paris canaille" à la Rose rouge mais sans grand succès, les Frères Jacques la refusent, Mouloudji l'accepte sans conviction. C'est Catherine Sauvage qui va en faire le succès que l'on sait
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Événement
1950
6 février 1950 — Cabaret de l'Écluse
p 314-315
Cabaret où débutèrent de nombreux artistes de la chanson, dont Barbara, la "dame brune", qui chanta Brel, Brassens et Ferré avant d'oser se lancer à interpréter ses propres chansons, entre autres, en 1964, "Paris, 15 aoû …

Cabaret où débutèrent de nombreux artistes de la chanson, dont Barbara, la "dame brune", qui chanta Brel, Brassens et Ferré avant d'oser se lancer à interpréter ses propres chansons, entre autres, en 1964, "Paris, 15 août"

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Événement
1968
mars 1968
p 316
Mars 1968. Un jeune parisien se morfond à l'Ardoise, près d'Avigon, dans un camp disciplinaire. Il a mal abordé son service militaire. Sur les ondes passent en boucle Jacques Dutronc et son "Il est cinq heures, Paris s'é …

Mars 1968. Un jeune parisien se morfond à l'Ardoise, près d'Avigon, dans un camp disciplinaire. Il a mal abordé son service militaire. Sur les ondes passent en boucle Jacques Dutronc et son "Il est cinq heures, Paris s'éveille". Nostalgie...

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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
p 319-320
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Événement
1790
novembre 1790 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
p 319-320
Participation de François Robert au Club des Cordeliers ; un des premiers à prôner la République. Secrétaire de Danton, il sera compromis dans une affaire d'accaparement
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Événement
Date imprécise — Couvent des Cordeliers (datant de 1230)
p 319-320
Un des principaux lieux de réunions de l'Université de Paris depuis le Moyen Âge. L'église des cordeliers est alors la plus grande de Paris après Notre-Dame
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Événement
998
998 — Château de Vauvert
p 320-321
Château mystérieux, situé à l'écart de la ville et squatté par des bandits ; origine de l'expression "envoyer quelqu'un au diable Vauvert"
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Événement
Événement
1872
1872 — Enclos des Chartreux de Vauvert/Demeure de Charles Leconte de Lisle
p 320-321
Leconte de Lisle habite la maison au fond derrière la serre
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Événement
1796
1796 — Château de la Muette/Demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord
p 321-322
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Événement
1871
21 mai 1871 — Château de la Muette/Quartier général de Jaroslaw Dombrowski
p 321-322
QG du général Dombrowski au moment de l'entrée des versaillais dans Paris
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Événement
Événement
1788
1788 — Barrière de l'Étoile/Barrière des Champs-Élysées/Barrière de Neuilly/Barrière de St Germain/Mur des Fermiers généraux
p 323-324
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Événement
1786
1786
p 323
Bureaux d'octroi du mur des Fermiers généraux. Pavillons d'octroi place des Antilles et place de la Réunion. Statues de Louis IX et de Philippe II Auguste de 1843 sur les colonnes du Trône
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Événement
Événement
1819
1819 — Théâtre des Funambules (les "Funambes", 780 places)/Boulevard du Crime
p 324-325
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Événement
1794
7 août 1794 — Théâtre des Arts/Théâtre National/Salle Richelieu/Salle de l'Opéra de Paris (la huitième)/Théâtre de l'Opéra du Peuple (en 1802)
p 325
L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820. Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la …

L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820.

Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la salle du 69-71 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, sous le nom de Théâtre des Arts. Le moment n'était pas anodin : on était en pleine réaction thermidorienne, les prisons s'ouvraient, les fêtes de la Terreur prenaient fin, et la vie culturelle reprenait ses droits dans un Paris encore sous le choc.

Sous la Terreur, les théâtres avaient été placés sous étroite surveillance. Pierre-Gaspard Chaumette, procureur de la Commune, et Jacques-René Hébert avaient encadré la politique culturelle révolutionnaire avec une sévérité qui mêlait patriotisme républicain et méfiance des arts jugés aristocratiques. Marguerite Brunet, dite la Montansier, grande entrepreneuse de spectacles qui avait fait fortune sous l'Ancien Régime, avait même été emprisonnée en 1793 : Hébert l'accusait d'avoir ouvert un théâtre voisin de la Convention pour espionner les députés. Chaumette et Hébert furent guillotinés au printemps 1794. La Montansier sortit de prison après thermidor.

Le Théâtre des Arts changea plusieurs fois de nom : Théâtre de l'Opéra, Théâtre National, Académie Nationale de Musique. Il resta au 69-71 rue de Richelieu pendant vingt-six ans, au cœur de la vie parisienne, traversant le Directoire, le Consulat, l'Empire et le début de la Restauration.

Le 13 février 1820, à la sortie d'une représentation, le duc de Berry, second fils du futur Charles X et dernier espoir de la lignée directe des Bourbon, fut poignardé par Louvel, un sellier bonapartiste. Il mourut dans la nuit. Les Ultras exploitèrent l'assassinat pour faire passer des lois réactionnaires. Et l'on rasa la salle, comme si le bâtiment portait le malheur.

L'Opéra de Paris, né dans la révolution, périt dans la réaction. L'édifice suivant fut l'Opéra Le Peletier, rue Le Peletier, qui brûla en 1873. Celui de Garnier n'ouvrit qu'en 1875.

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Événement
1821
1821 — Opéra Le Peletier (façade)
p 325-326
L'Opéra Le Peletier est ouvert pour remplacer la salle Richelieu détruite après l'assassinat du duc de Berry. Considéré comme provisoire, il peut accueillir 1950 spectateurs. Il sera démoli après un incendie survenu le 2 …

L'Opéra Le Peletier est ouvert pour remplacer la salle Richelieu détruite après l'assassinat du duc de Berry. Considéré comme provisoire, il peut accueillir 1950 spectateurs. Il sera démoli après un incendie survenu le 29 octobre 1873

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Événement
1821
1821 — Opéra Le Peletier (entrée du public)
p 325-326
L'Opéra Le Peletier est ouvert pour remplacer la salle Richelieu détruite après l'assassinat du duc de Berry. Considéré comme provisoire, il peut accueillir 1950 spectateurs. Il sera démoli après un incendie survenu le 2 …

L'Opéra Le Peletier est ouvert pour remplacer la salle Richelieu détruite après l'assassinat du duc de Berry. Considéré comme provisoire, il peut accueillir 1950 spectateurs. Il sera démoli après un incendie survenu le 29 octobre 1873

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Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
p 326
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1860
1860 — Hôtel particulier de Napoléon-Jérôme Bonaparte
p 327-328
Plon-Plon, rejeton Napoléonien qui se veut "libéral", contact du clan avec la Classe ouvrière, se fait construire un palais pompéien aussi somptueux que somptuaire. Ses velléités prolétariennes coûteront cher au clan ; l …

Plon-Plon, rejeton Napoléonien qui se veut "libéral", contact du clan avec la Classe ouvrière, se fait construire un palais pompéien aussi somptueux que somptuaire. Ses velléités prolétariennes coûteront cher au clan ; la boîte de Pandore

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Date imprécise — L'Arche Marion/Bateau lavoir
p 334-335
Bateau lavoir géant de 200 m de long, pouvant accueillir 250 lavandières, amarré entre les ponts d'Arcole et Notre-Dame. Interdits en 1805, ils seront rétablis sous la Restauration mais bientôt remplacés par les blanchis …

Bateau lavoir géant de 200 m de long, pouvant accueillir 250 lavandières, amarré entre les ponts d'Arcole et Notre-Dame. Interdits en 1805, ils seront rétablis sous la Restauration mais bientôt remplacés par les blanchisseries industrielles

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Événement
1805
4 février 1805 — Plaque de numérotation remarquable
p 360
Numérotation des immeubles prescrite par le préfet Frochot ; en noir sur fond jaune Le 4 février 1805, un décret impérial prescrit la numérotage des immeubles à Paris, marquant la naissance du système encore en vigueur a …

Numérotation des immeubles prescrite par le préfet Frochot ; en noir sur fond jaune

Le 4 février 1805, un décret impérial prescrit la numérotage des immeubles à Paris, marquant la naissance du système encore en vigueur aujourd'hui. Signé sous l'Empire napoléonien, ce texte met fin au chaos du numérotage révolutionnaire instauré en 1791, qui visait un recensement fiscal mais générait une incohérence totale : numéros répétés dans une même rue, ruptures aux frontières de sections, ou suites continues d'une artère à l'autre.

Nicolas Frochot, préfet de la Seine, supervise l'application du décret. Celui-ci impose une série numérique unique par rue, même traversant plusieurs arrondissements. Un seul numéro identifie chaque maison via sa porte principale. Les impairs s'affichent côté gauche en remontant le courant de la Seine (ou de la rue), les pairs côté droit. Les premiers numéros peints apparaissent en noir sur fond jaune dès l'été 1805, apposés par la municipalité entre juin et septembre. Les propriétaires assurent ensuite l'entretien, malgré leur réticence initiale liée à des craintes fiscales.

À la place de la Concorde, par exemple, les immeubles reçoivent ainsi leurs numéros selon ce principe, facilitant orientation et services postaux dans une ville en expansion. Ces plaques s'usent vite ; en 1847, un arrêté préfectoral les remplace par des versions en porcelaine émaillée, chiffres blancs sur fond bleu. Le système s'étend à toute la France en 1823.

Ce décret rationalise l'urbanisme parisien naissant, posant les bases d'une signalétique durable.

Sources

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