Première journée du Congrès Socialiste International, organisé à l'occasion de l'anniversaire de 1789 par les guesdistes, dominé par les marxistes ; fondation de la 2ème Internationale
Le 14 juillet 1889, à Paris, s’ouvre le Congrès Socialiste International, organisé à l’initiative des guesdistes français, principalement marxistes, en réaction à un congrès concurrent des possibilistes. L’événement se tient au 24 rue Pétrelle, dans le 9e arrondissement, à l’occasion du centenaire de la Révolution française. Il rassemble près de 400 délégués venus de 20 pays, représentant environ 300 organisations socialistes et ouvrières, avec une forte présence allemande, française et britannique. Friedrich Engels, bien qu’absent physiquement, joue un rôle important dans la préparation, tandis que Jules Guesde figure parmi les organisateurs clés. Le jour suivant, ayant constaté que la salle Pétrelle n'était pas suffisamment grande pour accueillir le congrès, les délégués se transfèrent dans l'avoisinante rue Rochechoaurt, au n. 42 dans la salle des Fantaisies Parisiennes qui abritera les réunions des jours suivants.
Ce congrès marque traditionnellement la fondation de la Deuxième Internationale, bien qu’aucune structure permanente ne soit alors créée. Les débats portent sur des revendications centrales : réduction de la journée de travail à huit heures, amélioration des conditions des femmes et des enfants, abolition des armées permanentes. Une résolution majeure institue une manifestation internationale annuelle le 1er mai pour la journée de huit heures, reprenant une initiative américaine. L’événement se distingue par son internationalisme affiché et la diversité des courants représentés, malgré des tensions avec les anarchistes, dont la participation est limitée.