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Couverture — Paris Ouvrier. Des Sublimes aux Camarades
Bibliographie

Paris Ouvrier. Des Sublimes aux Camarades

RUSTENHOLZ Alain
Parigramme, 2003.
Livre
988 Fiches citant cet ouvrage
2003 Édition

Fiches citant cet ouvrage

988 fiches
Événement
Événement
1860
1 janvier 1860 — Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris
p 13
Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris dans les limites de l'enceinte de Thiers, suite à la loi du 16 juin 1859. Le découpage en 20 arrondissements morcelle les anciennes communes afin d'affaiblir les solidarités ou …

Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris dans les limites de l'enceinte de Thiers, suite à la loi du 16 juin 1859. Le découpage en 20 arrondissements morcelle les anciennes communes afin d'affaiblir les solidarités ouvrières

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Événement
1801
1801 — Couvent Notre-Dame de Bon Secours (de 1648)
p 14
Première filature de coton à Paris, fondée par François Richard et Joseph Lenoir-Dufresne dans un ancien couvent de Bénédictines ; elle emploie 700 ouvriers
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Événement
Date imprécise — Coopérative ouvrière de consommation "La Moissonneuse"/Coopérative ouvrière
p 28 & 220
Plus importante coopérative ouvrière de consommation parisienne ; elle comptait 17 000 membres et avait ouvert 19 succursales dans le Faubourg
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Événement
1874
1874 — Coopérative de consommation "La Moissonneuse"/Coopérative ouvrière
p 28 & 220
Premier local de la coopérative ouvrière de consommation "La Moissonneuse", dans un sous-sol de 7m² ; elle comptera 17 000 membres et ouvrira 19 succursales dans le Faubourg St Antoine
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Événement
1927
1927 — Cinéma de La Bellevilloise (salle Lénine)
p 28-29
Salle de la coopérative ouvrière de Belleville, dirigée par le PCF à partir de 1924, comptant 14 000 membres et tenant 40 répartitions ; le seul bâtiment parisien encore orné de la faucille et du marteau
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Événement
1865
1865 — Café de la Bastille
p 29 & 225
Café fréquenté par les ouvriers cordonniers et bronziers, parmi lesquels certains des fondateurs de l'Association Internationale des Travailleurs, l'A.I.T.
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Événement
1896
1896 — Coopérative de consommation "L'Avenir de Plaisance"/Coopérative ouvrière
p 29
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Événement
1847
20 février 1847 — Théâtre Historique/Théâtre Lyrique/Boulevard du Crime
p 29
Le 20 février 1847, [[Alexandre Dumas|doc:alexandre-dumas-pere.WebHome]] père réalise un vieux rêve d’auteur dramatique : disposer de sa propre salle pour monter ses pièces. Sur le boulevard du Crime, il inaugure le Théâ …

Le 20 février 1847, [[Alexandre Dumas|doc:alexandre-dumas-pere.WebHome]] père réalise un vieux rêve d’auteur dramatique : disposer de sa propre salle pour monter ses pièces. Sur le boulevard du Crime, il inaugure le Théâtre Historique, conçu comme un écrin pour son théâtre romantique et feuilletonesque, entre épopée, cape et épée et grandes fresques nationales.

Le projet est à l’image de Dumas : ambitieux, flamboyant, dispendieux. La salle, richement décorée, est pensée pour accueillir de vastes distributions et des décors spectaculaires, à la hauteur des Trois Mousquetaires, de La Reine Margot ou d’Henri III et sa cour. L’acteur Étienne Mélingue, l’un de ses interprètes fétiches, y triomphe dans des rôles de spadassins et de héros populaires, donnant chair à cet imaginaire romanesque qui a déjà conquis les lecteurs.

Mais la belle aventure se heurte vite aux réalités financières. Le coût des productions, l’irrégularité du public, les dettes accumulées entraînent la chute du Théâtre Historique, qui change de direction puis de vocation et devient, à partir de 1850, le Théâtre Lyrique. Dumas, lui, doit renoncer à son rêve de « maison à lui », symbole de son désir de contrôler de bout en bout le destin de ses œuvres.

L’ouverture puis l’échec de ce théâtre n’en disent pas moins la place conquise par Dumas dans le paysage culturel de 1848 : celle d’un auteur populaire assez puissant pour tenter de se doter de son propre outil, sur ce boulevard du Temple déjà saturé de mélodrames, de drames sanglants et de rires – ce « boulevard du Crime » où sa légende s’inscrit pour longtemps.

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Événement
1819
1819 — Théâtre des Funambules (les "Funambes", 780 places)/Boulevard du Crime
p 29
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Événement
1887
1887 — Second siège de la coopérative l'Égalitaire/Coopérative ouvrière
p 29
Siège de la coopérative l'Égalitaire, tient 7 magasins dans Paris et compte 6 000 sociétaires en 1905 ; le fronton comporte des emblèmes maçonniques, dont une É renversé
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Événement
Date imprécise — Théâtre des Délassements Comiques (Délass-Com)/Boulevard du Crime
p 29
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Événement
Date imprécise — Guinguette de la Grande Californie (tenue par le père Cadet ; plaque dans le garage souterrain)
p 30 & 260
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Événement
Date imprécise — Guinguette de la Grande Californie (tenue par le père Cadet ; plaque dans le garage souterrain)
p 30 & 260
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Événement
1870
19 avril 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 31
Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien. C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanen …

Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien.

C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanent de la Fédération parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, au lendemain de sa fondation en avril 1870 à la salle de la Marseillaise. L'adresse est modeste — un immeuble du quartier des Enfants-Rouges, à deux pas de la place de la République. Mais pendant les dix-huit mois qui suivent, elle devient le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien.

Les statuts adoptés par les quelque 1 200 délégués prévoient un Conseil fédéral composé de représentants de chaque section, proportionnellement au nombre d'adhérents. C'est là que siège ce conseil. C'est là que se coordonnent les grèves, que se rédigent les manifestes, que se prennent les décisions. Eugène Varlin en est l'âme — mais il n'est pas seul. Les noms qui figurent parmi les délégués fondateurs donnent le vertige quand on sait ce qui suit : Jules Vallès, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, Édouard Vaillant, Eugène Pottier, Camille Langevin, Antoine Bourdon. Un état-major ouvrier qui, un an plus tard, se retrouvera presque au complet dans les organes de la Commune.

L'été 1870 accélère tout. Quand la guerre contre la Prusse se profile, c'est rue de la Corderie que la section parisienne de l'AIT rédige son manifeste contre la guerre — un texte internationaliste qui appelle les ouvriers français et allemands à refuser de s'entre-tuer pour leurs gouvernements respectifs. Après Sedan et la chute de l'Empire en septembre, c'est encore rue de la Corderie que se coordonne l'opposition ouvrière au Gouvernement de la Défense nationale. Et quand Paris se soulève le 18 mars 1871, la Fédération parisienne de l'AIT est l'une des structures qui fournissent à la Commune ses cadres, ses réseaux, et une partie de son programme social — abolition du travail de nuit des boulangers, remise des loyers, ateliers coopératifs.

La rue de la Corderie a été partiellement absorbée par les remaniements urbanistiques du quartier. Mais l'adresse reste inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le lieu où, pour la première fois, les sections parisiennes de l'Internationale ont fonctionné comme une organisation permanente — et non plus comme un réseau clandestin harcelé par la police impériale.

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Événement
1900
1900 — Librairie du mouvement anarcho-syndicaliste/Siège de la revue "Pages libres"
p 38
Librairie du mouvement anarcho-syndicaliste et local d'une université ouvrière ; siège de la revue anarcho-syndicaliste Pages libres
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Événement
Date imprécise — Cour du Palais Royal/Première université ouvrière
p 38
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Événement
1871
1871
p 39
Constitution de la Ligue des Anti proprios, dont le mot d'ordre consistait en le refus de payer un loyer
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Événement
1936
7 juin 1936 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv' (construit en 1910)
p 39 & 276
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Événement
1848
24 février 1848
p 44
Attaque du poste du Château d'Eau par les insurgés ; dernier bastion de résistance de l'armée. Sa chute marque celle de la royauté. 38 insurgés et 11 soldats furent tués dans ces combats
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Événement
Événement
1844
Événement
1836
1836 — Café Scherger
p 44
Lieu de réunions de la Ligue des Justes, constituée par des ouvriers allemands
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Événement
1836
1836 — Café Gaissier
p 44
Lieu de réunions de la Ligue des Justes, constituée par des ouvriers allemands
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Événement
1950
1950 — Local du Parti Communiste Internationaliste/Siège de la revue "La Vérité"
p 44
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Événement
Événement
1871
21 mai 1871 — Grand Hôtel du Louvre
p 45
Hôtel réquisitionné à l'annonce de l'entrée des versaillais dans Paris, par les combattants des Tirailleurs de Belleville, des Vengeurs de Flourens, et du 159ème bataillon sédentaire
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Événement
1848
Événement
1871
1871 — Grand Hôtel du Louvre (grand salon)
p 45
QG de Napoléon Gaillard père, directeur des barricades sous la Commune
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Événement
1944
9 septembre 1944 — Siège de la revue "Action" (anciens locaux de "La Gerbe")
p 46
Quelques jours après la libération d'une ville, il faut décider à qui appartient l'avenir. Paris est libéré depuis le 25 août 1944. Les rues sont encore sous l'état d'esprit de l'insurrection: des FFI en armes dans les c …

Quelques jours après la libération d'une ville, il faut décider à qui appartient l'avenir.

Paris est libéré depuis le 25 août 1944. Les rues sont encore sous l'état d'esprit de l'insurrection: des FFI en armes dans les carrefours, des drapeaux tricolores aux fenêtres, les premières arrestations de collaborateurs. Dans ce moment de refondation, la presse est un enjeu: les journaux qui avaient servi l'Occupation ont disparu du jour au lendemain, leurs locaux, leurs rotatives et leurs adresses sont disponibles. Qui va les occuper, et pour dire quoi?

Le 9 septembre 1944, une équipe de résistants s'installe au 3 rue des Pyramides, dans les anciens locaux de "La Gerbe". "La Gerbe" était une revue littéraire pronazie fondée en 1940 par Alphonse de Châteaubriant, qui en avait fait une tribune de l'antisémitisme et de la collaboration culturelle. Le choix du lieu est une déclaration: on prend les locaux de l'ennemi pour publier au nom de ceux qu'il avait voulu faire taire.

La nouvelle revue s'appelle "Action". Ses fondateurs sont des résistants dans la force de l'âge: Pierre Courtade, Maurice Kriegel-Valrimont, Victor Leduc, Claude Roy, Roger Stéphane. Le photographe Robert Doisneau en est l'un des collaborateurs visuels. La plupart sont proches du Parti communiste, sans que la revue soit un organe de parti au sens strict: elle publie de la littérature, des reportages, des essais, des photographies. Doisneau y pose son regard sur le Paris de la Libération: populaire, tendre, attentif aux gens ordinaires que la grande histoire vient de bousculer.

"Action" paraîtra jusqu'en 1952. Elle sera l'un des lieux où la gauche intellectuelle française de l'après-guerre tente de définir ce que la Résistance avait changé, et ce qu'elle n'avait pas changé. Claude Roy y écrit; Roger Stéphane y défend un non-conformisme que le durcissement de la Guerre froide rendra de plus en plus difficile à tenir.

La rue des Pyramides conserve peu de traces visibles de ce moment. Mais le geste du 9 septembre 1944 reste: quelques jours après une libération, des résistants ont pris le local d'un fasciste pour y fonder leur revue. C'est une façon de prendre possession de l'avenir.

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Événement
1950
22 avril 1950
p 46
Manifestation des Jeunesses communistes, aux accents de "Ma Blonde", pour la restauration du billet SNCF collectif à 50%
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Événement
1936
14 mai 1936
p 46
Manifestations du PCF, avec l'UFF, l'UJFF, l'UJRF-Jeunesses communistes, pour l'indépendance de la France
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Événement
1848
24 février 1848 — Palais des Tuileries
p 46
Le 24 février 1848, en début d’après‑midi, le Palais des Tuileries devient l’un des grands théâtres de la chute de la monarchie de Juillet. La veille au soir, la fusillade du boulevard des Capucines a transformé une cris …

Le 24 février 1848, en début d’après‑midi, le Palais des Tuileries devient l’un des grands théâtres de la chute de la monarchie de Juillet. La veille au soir, la fusillade du boulevard des Capucines a transformé une crise politique en véritable insurrection, et Louis‑Philippe, débordé, a abdiqué avant de fuir vers l’exil. Tandis que le pouvoir se déplace vers l’Hôtel de Ville, une foule composite – ouvriers, étudiants, gardes nationaux mêlés – se dirige vers la résidence royale, presque sans rencontrer de résistance : les troupes ont décroché, la garde nationale hésite ou fraternise, les domestiques sont livrés à eux‑mêmes.

L’« assaut » des Tuileries tient donc autant de la marche triomphale que de la prise symbolique. On franchit les grilles, on investit les salons, on s’assoit dans les fauteuils des rois, on ouvre les armoires, on se promène dans les appartements comme dans un musée soudain gratuit. Au centre de cette occupation, un geste concentre la charge politique du moment : le trône est renversé dans la salle du trône, son portrait est « fusillé », puis l’ensemble est emporté en cortège jusqu’à la Bastille pour y être brûlé au pied de la colonne de Juillet. La révolution ne se contente pas de chasser le roi ; elle s’en prend à ses symboles, comme pour fermer définitivement la parenthèse monarchique commencée en 1815.

Les récits et les images contemporains insistent sur cette tension : d’un côté, les élites conservatrices dénoncent un pillage, un déchaînement de vandalisme ; de l’autre, on voit une sorte d’iconoclasme ritualisé, encadré en partie par la garde nationale, où l’on vise moins les œuvres que les emblèmes du pouvoir. Le palais, promis quelques décennies plus tard à la démolition, devient pour quelques heures le décor d’un transfert de souveraineté : les insurgés arpentent les pièces, emportent drapeaux, lambeaux d’étoffes, fragments de décor comme autant de « morceaux » d’un pouvoir qui ne se veut plus royal mais populaire. Dans la cartographie de la journée du 24 février, la prise des Tuileries est ainsi l’un des moments charnières qui relient les barricades du matin à la proclamation de la République.![[Prise des Tuileries, anonyme, 1848, Carnavalet|Prise_des_Tuileries_par_le_peuple_parisien._(24_février_1848.), Carnavalet.jpeg]]

Prise des Tuileries, anonyme, 1848, Carnavalet

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Événement
1942
24 août 1942 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 47
Procès du groupe de la Butte du Chapeau Rouge ; 33 membres de l'Organisation spéciale (OS), 18 condamnés à mort et seulement 7 survivants
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Événement
1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 47-48
Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle …

Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle, boulevard Beaumarchais, place Vendôme, rue de Rivoli, et une dizaine d'autres. La ville se prépare à l'assaut versaillais qu'elle sait inévitable depuis que Thiers a refusé toute négociation.

Ce même jour, Napoléon Gaillard est nommé colonel et reçoit les pleins pouvoirs pour organiser les barricades des 1er et 20e arrondissements. L'homme est cordonnier de métier — compagnon du Devoir sous le nom de "Nîmois le Loyal", inventeur breveté d'une forme anatomique de chaussure, militant de Belleville depuis les années 1848. Rien ne le prédestinait à devenir ingénieur militaire. Mais il conçoit les barricades autrement que ses prédécesseurs : non plus un simple amas de pavés perpendiculaire à la rue, facilement contournable, mais un système défensif en profondeur — fossé large, chemin couvert, double masse de terre compactée dans des sacs et des tonneaux, embrasures pour les canons, fortifications secondaires en retrait. Une barricade comme un fort en miniature.

Sa plus grande réalisation s'élève à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue Saint-Florentin, sur près de deux étages, avec bastion, redan et courtine. On l'appelle aussitôt, avec une ironie qui dit l'admiration mêlée de moquerie, le "Château-Gaillard". C'est la seule des dix-huit barricades fortifiées que les troupes versaillaises ne parviendront pas à contourner lors de la Semaine sanglante. Toutes les autres seront débordées.

Les critiques ne manquent pas. Le directeur du Génie, Roselli-Mollet, lui reproche d'avoir fortifié des arrondissements peu menacés au détriment des points stratégiques réels — Trocadéro, Arc de Triomphe, butte Montmartre. Rossel, qui l'a nommé, balaie ces objections. Gaillard démissionne le 15 mai, contesté et épuisé, huit jours après Rossel lui-même.

Il fuira en Suisse lors de la Semaine sanglante, sera condamné par contumace à la déportation, finira concierge à Paris après l'amnistie de 1880. Une loge de concierge — voilà tout ce que la Commune avait rapporté au constructeur en chef des barricades.

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Événement
1844
1844 — Siège de la revue "Vorwärts"/Bureaux des "Annales franco-allemandes"
p 49
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Événement
1946
1946 — Siège de la Délégation permanente de la République du Viêt Nam
p 50
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Événement
1849
Événement
1944
21 août 1944 — Poste centrale du Louvre
p 51
Contrattaque d'un char allemand contre la poste de la rue du Louvre, occupée le 19 août
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Événement
1847
Événement
1842
1842 — Demeure de Louis Blanc
p 51
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Événement
Événement
1841
1841 — Pavillon de chasse/Siège de la Revue des Indépendants
p 51
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Événement
Événement
1945
20 décembre 1945 — Siège de la revue "Le Peuple"/Siège de la revue "Résistance ouvrière"
p 51-52
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Événement
Événement
Date imprécise — Siège des Éditeurs français réunis (qui publient la revue "Europe")
p 51
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Événement
Date imprécise — Imprimerie Paul Dupont
p 52
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Événement
1887
3 février 1887 — Bourse du Travail
p 52
Le 3 février 1887, Gustave Mesureur, président du Conseil municipal de Paris, inaugure la première Bourse du travail de France dans l'ancienne salle de la Redoute, au 35 rue Jean-Jacques Rousseau. Cette institution, voté …

Le 3 février 1887, Gustave Mesureur, président du Conseil municipal de Paris, inaugure la première Bourse du travail de France dans l'ancienne salle de la Redoute, au 35 rue Jean-Jacques Rousseau. Cette institution, votée par le Conseil municipal en 1884 après la légalisation des syndicats par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, marque une étape majeure dans l'histoire du mouvement ouvrier français. Mesureur expose devant 172 syndicats représentés que la Bourse mettra à disposition des locaux, des services de placement et une publicité régulière des offres d'emploi, sans ingérence administrative.​

Dès l'ouverture, une ambivalence structure le fonctionnement de la Bourse. Pour la municipalité radicale, il s'agit de réguler le marché du travail et de faciliter les rencontres entre offre et demande. Mais pour les syndicats, la Bourse devient rapidement un outil d'organisation collective et de lutte contre le patronat. Au sein du comité général, qui regroupe un représentant de chaque syndicat membre, toutes les tendances du mouvement ouvrier parisien cohabitent : modérés, anarchistes, blanquistes, guesdistes et possibilistes.​​

Dans un premier temps, ce sont les possibilistes, membres de la Fédération des travailleurs socialistes de France, qui dominent la direction de la Bourse. Courant socialiste réformiste animé par Paul Brousse depuis la scission avec les guesdistes au congrès de Saint-Étienne en 1882, le possibilisme prône une transformation progressive de la société par le bulletin de vote et le municipalisme, refusant la stratégie révolutionnaire de Jules Guesde. Les possibilistes, alors appelés « parti possibiliste » car ils pensent « parvenir au communisme sans révolution par le simple bulletin de vote », constituent le plus important groupement ouvrier parisien avec 30 000 adhérents.​

Mais cette domination est de courte durée. En 1891, les groupes socialistes anti-possibilistes renversent la direction possibiliste et impriment à la Bourse une ligne beaucoup plus radicale.​

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Événement
1840
1840 — Comité de grève de la Coalition des Tailleurs
p 52 & 311
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Événement
1840
18 août 1840
p 52 & 311
Rassemblement des ouvriers tailleurs de pierre contre le marchandage et la durée du travail
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Événement
1853
Événement
1840
1840 — Comité de grève de la Coalition des Tailleurs (cuisine communautaire)
p 53
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Événement
1933
1933 — Comité international d'aide aux victimes du fascisme
p 54
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Événement
1953
12 mars 1953 — Siège de la revue "Les Lettres françaises"
p 54
Conflit interne entre rédacteurs de France Nouvelle et de l'Humanité au sujet du portrait de Staline par Picasso jugé irrévérencieux
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Événement
1933
1933 — Salle Lancry
p 54
Meeting antifascistes de lancement de la campagne de boycott des produits allemands par 15 organisations
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Événement
Date imprécise — Siège de la Confédération Générale du Travail
p 54
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Événement
1930
1930 — Siège du Secours rouge international
p 54 & 331
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Événement
1878
15 septembre 1878
p 55
Arrestation des membres de l'Association Internationale des Travailleurs, l'A.I.T., qui tentent de braver l'interdiction
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Événement
1836
1836 — Restaurant Schreiber
p 55
Lieu de réunions de la Ligue des Justes, constituée par des ouvriers allemands
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Événement
1892
26 avril 1892 — Palais de Justice/Cour d'assises de la Seine
p 55
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Événement
1878
22 octobre 1878 — Palais de Justice (10ème chambre correctionnelle)
p 55
La France expose au monde ses machines et ses colonies au Trocadéro, et emprisonne au même moment les ouvriers qui voulaient se réunir avec leurs camarades étrangers. La loi Dufaure du 14 mars 1872 punit de prison la seu …

La France expose au monde ses machines et ses colonies au Trocadéro, et emprisonne au même moment les ouvriers qui voulaient se réunir avec leurs camarades étrangers.

La loi Dufaure du 14 mars 1872 punit de prison la seule appartenance à l'Association internationale des travailleurs. Votée un an après la Semaine sanglante, elle vise à empêcher toute reconstitution du mouvement ouvrier organisé. Elle restera en vigueur jusqu'en 1901.

En 1878, Paris accueille l'Exposition universelle, inaugurée le 1er mai au palais du Trocadéro. La République conservatrice veut montrer au monde une France relevée de la guerre et de la Commune, moderne, industrielle, coloniale. Des millions de visiteurs affluent, dont des délégations ouvrières étrangères.

Les militants socialistes français saisissent l'occasion. Un congrès ouvrier international a été décidé au congrès de Lyon ; ils entreprennent de le tenir à Paris pendant l'Exposition. Jules Guesde en est le principal organisateur. Ancien journaliste républicain condamné pour avoir soutenu la Commune, exilé en Suisse et en Italie où il a rencontré les internationalistes, rentré en France en 1876, il est en train de devenir l'introducteur du marxisme en France.

Le gouvernement interdit le congrès. Les organisateurs passent outre. La police intervient et procède aux arrestations.

Le 22 octobre 1878, Jules Guesde, Gabriel Deville, Eugène Fournière, John Labusquière et trente-cinq autres comparaissent devant la dixième chambre correctionnelle du Palais de Justice. Guesde assure lui-même la défense, transformant le prétoire en tribune. Ses plaidoiries, publiées ensuite, contribuent à faire connaître le socialisme collectiviste bien au-delà des cercles militants.

Les condamnations sont prononcées. Elles n'empêchent rien. L'année suivante, le congrès de Marseille adopte le collectivisme. En 1880, Guesde et Paul Lafargue, gendre de Marx, rédigent avec Marx lui-même le programme du Parti ouvrier français. L'amnistie complète des communards est votée la même année.

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Événement
1844
13 décembre 1844 — Palais de Justice/Tribunal correctionnel (8ème chambre)
p 55
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Événement
1894
août 1894 — Palais de Justice
p 56
Procès de 30 anarchistes, dont 19 de leurs théoriciens, pour apologie du crime, en application des "lois scélérates"
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Événement
1927
12 septembre 1927 — Palais de Justice (12ème chambre correctionnelle)
p 56
Le 23 août 1927, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique dans la prison de Charlestown, Massachusetts. Condamnés en 1921 pour un meurtre et un vol à main armée, leur appartenance anarch …

Le 23 août 1927, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique dans la prison de Charlestown, Massachusetts. Condamnés en 1921 pour un meurtre et un vol à main armée, leur appartenance anarchiste et leur nationalité italienne avaient pesé plus que les preuves. Pendant sept ans, leur cause avait mobilisé l'opinion internationale: intellectuels, syndicats, partis de gauche, Einstein, Anatole France, avaient demandé leur grâce. La demande n'avait pas été entendue.

À Paris, la nouvelle de l'exécution provoque des manifestations de rue. Le Parti communiste français organise des rassemblements, des meetings, des appels à la solidarité. La police charge; des affrontements ont lieu. Le gouvernement de Poincaré, soucieux de l'ordre, décide d'agir judiciairement.

Le 12 septembre 1927, huit dirigeants du PCF comparaissent devant la 12e chambre correctionnelle du Palais de Justice pour incitation à attroupement armé et provocation à la rébellion. Parmi eux: Jacques Duclos, trente ans, qui sera pendant quarante ans l'un des visages les plus reconnaissables du parti; André Marty, futur responsable sanguinaire des opérations des Brigades internationales en Espagne; Henri Barbé et André Ferrat, figures du secrétariat.

Ils reçoivent des peines allant de quelques mois à un an d'emprisonnement. Ces condamnations ne les empêcheront pas de continuer leur activité: Duclos sera bientôt député, Marty dirigera la marine loyaliste en Espagne.

L'affaire Sacco et Vanzetti est l'une des premières grandes causes internationales du mouvement ouvrier du XXe siècle: elle a montré qu'une exécution judiciaire peut devenir un événement mondial, mobilisant des millions de personnes à des milliers de kilomètres. Elle a aussi montré que cette mobilisation peut ne servir à rien. Les deux hommes ont été réhabilités à titre posthume par le gouverneur du Massachusetts en 1977, cinquante ans après leur exécution. La 12e chambre du Palais de Justice, elle, avait sanctionné ceux qui avaient dit non.

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Événement
1913
3 février 1913 — Palais de Justice/Cour d'assises de la Seine
p 56
Procès de la bande à Bonnot et de Victor Serge (5 ans)
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Événement
1905
26 décembre 1905 — Palais de Justice/Procès de l'affiche "Aux conscrits"
p 56
Procès pour une affiche incitant les conscrits à tirer sur leurs officiers ; 28 inculpés
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Événement
1871
1871 — Ancienne préfecture de police (appelée "la rue de Jérusalem" ou "la Rousse")
p 57
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Événement
1871
24 mai 1871 — Ancienne préfecture de police
p 57
Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'a …

Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'assurance

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Événement
1950
17 mars 1950 — Palais de Justice
p 57
Procès de 25 ouvriers, 10 électriciens et 15 gaziers, accusés de flagrant délit de refus de réquisition, suite à une grève
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Événement
1936
26 décembre 1936 — Siège de l'Union des jeunes filles de France
p 61-62
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Événement
1848
23 février 1848 — Mairie de l'ex 4ème arrondissement
p 61
Les corps des victimes de la fusillade du boulevard des Capucines sont amenés ici lors du déclenchement de la Révolution de Février 1848
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
p 61
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
Événement
1947
février 1947 — Siège de la revue mensuelle "Travail et Liberté"
p 63-64
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Événement
1902
décembre 1902 — Salle Favart/Opéra Comique
p 64
Lénine et Trotski à l'Opéra Comique ; anecdote des chaussures trop petites
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Événement
1948
1948 — Siège de l'hebdomadaire "Travail et Liberté"
p 64
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Événement
1947
1947 — Siège de l'hebdomadaire "Travail et Liberté"
p 64
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Événement
Événement
1934
décembre 1934 — Siège de la Fédération des Jeunesses Socialistes
p 65
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Événement
1921
1921 — Permanence de la Fédération de la Seine de la SFIO (Entente de la Seine)/Siège du journal "Le Populaire"
p 65
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Événement
1935
7 avril 1935 — Permanence de la Fédération de la Seine de la SFIO/Siège du journal "Le Populaire"
p 65
Saccage du local de la SFIO par les Croix de Feu, qui va amener les socialistes à la constitution d'une milice, les TPPS, "toujours prêts pour servir"
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Événement
1928
1928 — Siège de la Section française de l'Internationale ouvrière
p 65
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Événement
1904
18 avril 1904 — Siège du journal "L'Humanité"
p 65
Le 18 avril 1904, un nouveau journal apparaît dans les kiosques parisiens. Il s'appelle L'Humanité, il est imprimé au 138 rue Montmartre et rédigé au 110 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement. Son fondateur, direct …

Le 18 avril 1904, un nouveau journal apparaît dans les kiosques parisiens. Il s'appelle L'Humanité, il est imprimé au 138 rue Montmartre et rédigé au 110 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement. Son fondateur, directeur et éditorialiste s'appelle Jean Jaurès. Il a quarante-quatre ans, il est député socialiste du Tarn, et il vient de perdre son siège aux élections de 1902 — ce qui lui laisse du temps pour créer un quotidien.

Le projet n'est pas modeste. Jaurès ne veut pas d'une feuille de propagande socialiste. Il veut un journal d'information complet, capable de rivaliser avec les grands quotidiens bourgeois — Le Figaro, Le Matin, Le Petit Journal — tout en portant les idées du socialisme. Dans son éditorial de une, intitulé « Notre but », il écrit que L'Humanité donnera des « informations étendues et exactes » et sera « en communication constante avec tout le mouvement ouvrier, syndical et coopératif ». Information d'abord, opinion ensuite.

Pour donner au journal le crédit littéraire qui lui manquerait s'il restait un organe de parti, Jaurès s'entoure d'un casting improbable. Anatole France, prix Nobel de littérature quelques années plus tard, signe dans le premier numéro. Octave Mirbeau, l'auteur du Journal d'une femme de chambre, y contribue. Jules Renard — celui de Poil de Carotte — est de la partie, comme Tristan Bernard, dramaturge et humoriste. Côté politique, on trouve Aristide Briand, futur onze fois président du Conseil, Léon Blum, qui n'est encore qu'un jeune critique littéraire au Conseil d'État, René Viviani, Lucien Herr, le bibliothécaire de l'École normale supérieure qui a converti toute une génération au socialisme. Le journal est socialiste, mais il n'est pas sectaire — pas encore.

Le premier numéro tire à 140 000 exemplaires. Il s'en vend 138 000. C'est un triomphe. Le format est sobre : quatre pages, cinq centimes — le prix d'un café au comptoir.

Jaurès dirigera L'Humanité pendant dix ans, jusqu'à son assassinat le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à l'angle de la rue Montmartre et de la rue du Croissant — à quelques centaines de mètres de l'imprimerie de son journal. Après sa mort, le quotidien poursuit sous direction socialiste. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité du Parti socialiste rejoint la Troisième Internationale et devient le Parti communiste français. L'Humanité suit la majorité. Le journal de Jaurès devient l'organe du PCF.

Ce qui suit est une autre histoire — et c'est une histoire de déviation. Le PCF, progressivement aligné sur Moscou sous l'influence stalinienne, transforme L'Humanité en ce que Jaurès avait précisément voulu éviter : un outil de propagande au service d'un appareil. Le journal qui promettait des « informations étendues et exactes » deviendra le relais d'une ligne dictée de l'extérieur, puis, le stalinisme épuisé, l'organe d'un parti intégré aux institutions républicaines sans plus guère d'opposition réelle au système capitaliste. La tradition marxiste et révolutionnaire que Jaurès avait voulu porter dans un grand quotidien populaire survivra ailleurs — mais pas rue de Richelieu.![[Le siège de l'Humanité au 110 rue Richelieu, Archives Paris révolutionnaire|Richelieu rue de 110 L'Humanité 01 web.jpeg]]

Le siège de l'Humanité au 110 rue Richelieu, Archives Paris révolutionnaire

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Événement
1938
1938 — Siège de la Section française de l'Internationale ouvrière
p 65
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Événement
Date imprécise — Siège de la revue "La Vérité des travailleurs"
p 66
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Événement
1906
19 décembre 1906 — Siège du journal "La Guerre Sociale"
p 67
Constitution de l'Organisation de combat des anarchistes antimilitaristes ; et de Jeunes Gardes en 1905
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Événement
1834
1834 — Entreprise Gévelot et Gaupillat
p 67
Fabrique de munitions Gévelot et Gaupillat, un des plus importants établissements industriel du Paris de l'époque ; elle emploie 100 ouvriers, la moyenne étant alors de 5 salariés par entreprise
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Événement
1919
1919 — Imprimerie Dangon/Imprimerie de la revue "La Vie Ouvrière"
p 67
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Événement
1911
1911 — Siège du journal "La Guerre Sociale"
p 67
Organe de liaison entre anarchistes antimilitaristes de la CGT et socialistes avancés
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Événement
Événement
1830
Événement
1830
Événement
1916
1916 — Bureaux du journal "Le Populaire de Paris" (fondé en 1916)
p 69
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Événement
1929
septembre 1929 — Bureaux et imprimerie du journal "L'Humanité"
p 69
Les bureaux de l'Humanité sont investis par des contestataires du PCF ; un groupe de militants du bâtiment
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Événement
1927
18 juillet 1927 — Bureaux et imprimerie du journal "L'Humanité"
p 69
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Événement
1904
18 avril 1904 — Imprimerie du journal "L'Humanité"
p 69
C'est ici que les mots de Jaurès deviennent du papier et de l'encre. Le 18 avril 1904, à l'aube, les rotatives du 138-142 rue Montmartre tournent pour la première fois sous une nouvelle enseigne. On imprime L'Humanité — …

C'est ici que les mots de Jaurès deviennent du papier et de l'encre.

Le 18 avril 1904, à l'aube, les rotatives du 138-142 rue Montmartre tournent pour la première fois sous une nouvelle enseigne. On imprime L'Humanité — quatre pages, format grand quotidien, 140 000 exemplaires pour un premier tirage. La rédaction est installée au 110 rue de Richelieu, à un quart d'heure de marche. L'imprimerie, elle, est ici, dans cette portion de la rue Montmartre qui concentre depuis des décennies une bonne part de l'industrie de la presse parisienne.

Le choix n'a rien de fortuit. La rue Montmartre est au journal ce que le faubourg Saint-Antoine est à l'ébénisterie : le quartier du métier. Les imprimeries, les ateliers de composition, les messageries s'y côtoient depuis le milieu du XIXe siècle. C'est ici que les nouvelles prennent leur forme matérielle — plomb fondu, casses typographiques, cylindres encreurs, papier en bobine. Le premier numéro de L'Humanité sort de ces machines comme des centaines d'autres titres avant lui. Mais celui-ci porte en une l'éditorial de Jaurès, « Notre but », et les signatures d'Anatole France, de Mirbeau, de Jules Renard.

Le journal restera lié à ce quartier pendant ses premières années. Le personnel de l'imprimerie — typographes, compositeurs, rotativistes — appartient au monde ouvrier que le journal prétend représenter. Ils fabriquent chaque nuit, à la main et à la machine, le quotidien qui portera le lendemain les idées du socialisme dans les kiosques et les cafés de la capitale.

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Événement
Date imprécise — Siège de la revue "L'Avant-Garde"
p 69
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Événement
Date imprécise — Siège de la revue "Les Cahiers du Bolchévisme"
p 69
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Événement
1943
16 mars 1943 — Cinéma Rex (transformé en Soldatenkino)/Attentat FTP-M.O.I.
p 70
Depuis l'Occupation, le Grand Rex n'est plus accessible aux Parisiens. Réquisitionné par la Wehrmacht et transformé en Soldatenkino, il est réservé aux soldats allemands de permission — l'une des nombreuses salles des Gr …

Depuis l'Occupation, le Grand Rex n'est plus accessible aux Parisiens. Réquisitionné par la Wehrmacht et transformé en Soldatenkino, il est réservé aux soldats allemands de permission — l'une des nombreuses salles des Grands Boulevards confisquées à l'usage exclusif de l'occupant.

Le 16 mars 1943, un commando des FTP-MOI — Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre Immigrée — dépose une bombe sur le trottoir devant le cinéma. L'auteur de l'attentat, Paul Silberman, ancien combattant des Brigades internationales en Espagne, est blessé lors de l'opération.

Les FTP-MOI sont à cette époque le bras armé de la résistance communiste immigrée à Paris — Juifs d'Europe centrale, Polonais, Arméniens, Italiens, Espagnols — qui mènent une guérilla urbaine contre les symboles de l'Occupation : officiers allemands, établissements militaires, cinémas et restaurants réquisitionnés. Le Grand Rex, vitrine ostentatoire du Gross Paris allemand, est une cible naturelle.

La répression est immédiate et mécanique. Conformément au « code des otages » instauré depuis 1941, les autorités allemandes font fusiller 46 détenus en représailles — des résistants et militants communistes pour la plupart, déjà emprisonnés, qui n'ont aucun lien avec l'attentat. La logique est celle de la terreur collective : punir la population pour les actes dont les auteurs n'ont pas été arrêtés.

Ni la répression ni la menace ne stopperont les FTP-MOI. Le Grand Rex sera à nouveau visé en septembre 1943.

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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 71
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
1932
18 mars 1932 — Siège de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires
p 71
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Événement
1932
1932 — Siège de la Fédération du Théâtre Ouvrier de France
p 71
Fédération des troupes de théâtre militant, qui rassemble les Blouses bleues, le groupe Masses, le groupe Mars, le Groupe Octobre ; elle édite la revue "Scène ouvrière"
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Événement
1910
1910 — Siège du journal "L'Humanité"/Librairie de l'Humanité
p 71
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Événement
1927
23 août 1927
p 72
On a tué deux innocents au nom de la loi, et c'est la loi qui a eu peur des rues ce soir-là. Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la prison de Charlestown dans le Massachusetts, deux hommes meurent sur la chaise électri …

On a tué deux innocents au nom de la loi, et c'est la loi qui a eu peur des rues ce soir-là.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la prison de Charlestown dans le Massachusetts, deux hommes meurent sur la chaise électrique. Nicola Sacco est cordonnier, Bartolomeo Vanzetti est vendeur de poissons. Ils sont anarchistes italiens immigrés aux États-Unis. En 1921, ils ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un caissier et d'un garde lors d'un hold-up à South Braintree. Pendant sept ans, le monde entier a plaidé leur cause, convaincu que le procès n'a jamais été autre chose qu'une chasse aux rouges, qu'un outil de répression politique déguisé en justice criminelle.

Les preuves contre eux étaient minces, les témoignages contradictoires, le juge ouvertement hostile. Einstein, Anatole France, Bernard Shaw, des milliers d'intellectuels ont signé des pétitions. Rien n'y a fait. L'Amérique de la peur rouge, celle du Palmer Act et de la surveillance des immigrés, avait décidé de leur mort longtemps avant le verdict.

La nouvelle de leur exécution arrive à Paris dans la matinée du 23 août 1927. La réaction est immédiate. Sur les Grands Boulevards — boulevard de Bonne-Nouvelle, boulevard Montmartre — des foules se rassemblent spontanément. Les manifestants, anarchistes, syndicalistes, militants du Parti communiste, portent des portraits de Sacco et Vanzetti, chantent L'Internationale, crient leur indignation. Les affrontements avec la police sont violents ; des vitrines sont brisées, plusieurs arrestations.

Elena Stassova, militante communiste internationale présente à Paris, coordonne une partie des actions de solidarité qui s'étendent au-delà du seul mouvement anarchiste : c'est la mort de deux hommes du peuple qui a embrasé les Grands Boulevards, non un calcul de parti.

Le cas Sacco-Vanzetti est devenu, au fil des années qui suivent, un symbole mondial de la justice de classe : deux travailleurs immigrés, pauvres, étrangers et révolutionnaires, broyés par un système judiciaire au service de l'ordre établi. En 1977 — cinquante ans après leur mort —, le gouverneur du Massachusetts reconnaîtra officiellement que le procès avait été entaché d'injustice.

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Événement
1927
23 août 1927
p 72
Manifestation et bagarres à l'annonce de l'exécution des anarchistes Sacco et Vanzetti
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Événement
1941
14 juillet 1941
p 72
Manifestation organisée par les Jeunesses communistes, qui se heurte d'abord aux flics puis à l'armée allemande
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Événement
1870
11 janvier 1870 — Siège et imprimerie du journal "La Marseillaise" (à partir du 19 décembre 1869)
p 73
Appel aux armes de Rochefort dans un article de son journal La Marseillaise sur l'assassinat de Victor Noir
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Événement
1937
décembre 1937 — Siège du service de presse "Independant News"
p 73
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Événement
1871
22 février 1871 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 73
Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employ …

Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employés que la guerre, le siège et la misère ont jetés dans la rue. Vallès, déjà connu pour ses prises de position contre l’Empire, entend donner à ces colères un organe politique régulier.

Autour de lui se rassemble une équipe où se croisent militants et écrivains : Casimir Bouis, Jean‑Baptiste Clément, Pierre Denis, la romancière André Léo, Henri Bauër, bientôt aussi Gustave Courbet qui apporte sa notoriété d’artiste engagé. Tous partagent l’idée que la République ne peut se limiter à un changement de régime : elle doit devenir sociale, égalitaire, et respecter Paris, que Thiers et l’Assemblée de Bordeaux traitent comme une ville vaincue à mater.

Le journal atteint rapidement des tirages considérables, jusqu’à 100 000 exemplaires, avec 82 numéros publiés durant la séquence qui mène à la Commune puis l’accompagne. C’est à la fois un organe d’information, un lieu de polémique et une caisse de résonance des clubs, des comités d’arrondissement, de la Garde nationale.

En donnant ce titre, Le Cri du Peuple, Vallès sait qu’il s’inscrit dans une histoire longue : celle d’un Paris où, lorsque les institutions ferment la porte, la presse radicale ouvre une fenêtre. Quelques semaines plus tard, ce « cri » trouvera son prolongement sur les barricades de la Commune.

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Événement
1885
1885 — Imprimerie "La Productrice"/Librairie socialiste/Coopérative ouvrière
p 73
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Événement
1886
1886 — Salle Nicaise/Ligue des Antipatriotes (ex Jeunesses anarchistes de Belleville)
p 73
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Événement
Date imprécise — Siège des "Éditions Sociales"
p 73
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Événement
1941
13 août 1941 — Manifestation contre l'Occupation nazie
p 78
Manifestation communiste contre l'Occupation nazie ; deux manifestants seront fusillés le 19 août 1941
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Événement
1935
14 juillet 1935
p 80
Première apparition du drapeau algérien dans une manifestation de l'Étoile Nord-africaine ; qui deviendra le PPA en mars 1937. Des bandroles également en Yddish et en cyrillique
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Événement
1851
2 décembre 1851 — Restaurant Bonvalet
p 81
Le lieu de rendez-vous des représentants de la "gauche" à l'Assemblée, opposants au coup d'État, est investi par la police
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Événement
Date imprécise — Siège de l'Union des Coopératives
p 81
Premier siège de l'Union des Coopératives jusqu'à la guerre de 14
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Événement
Événement
Événement
1868
12 mars 1868 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Siège du journal "La Tribune ouvière"
p 82-83
Le 12 mars 1868, le second siège de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.) et du journal ouvrier La Tribune ouvrière se trouvait au 16 rue Chapon, Paris. L’A.I.T., fondée en 1864, regroupait des militants …

Le 12 mars 1868, le second siège de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.) et du journal ouvrier La Tribune ouvrière se trouvait au 16 rue Chapon, Paris. L’A.I.T., fondée en 1864, regroupait des militants ouvriers et socialistes, jouant un rôle central dans l’organisation syndicale et la diffusion des idées collectivistes et syndicalistes. La Tribune ouvrière, fondée par des membres de l’A.I.T. dont Eugène Varlin, servait de porte-voix aux revendications ouvrières et à la mobilisation sociale. Parmi les figures associées à cet événement figurent Augustin Avrial, Lazare Lévy, Joseph Piconel, Henry, Eugène Varlin et Jacques Durand, tous actifs dans le mouvement ouvrier parisien. Après ce siège, l’A.I.T. et le journal déménagèrent place de la Corderie, poursuivant leur activité militante dans un contexte de surveillance policière et de répression accrue sous le Second Empire.

Sources

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Événement
1850
1850 — Bal Montier/Société chantante des Enfants du Temple
p 82
Siège de trois sociétés chantantes ouvrières ; Charles Colmance interprète le "Chant de l'Arabe", une chanson anticolonialiste écrite après l’agression de l’Algérie par l’impérialisme français en 1830
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Événement
1922
1922 — Café-restaurant de la coopérative communiste "La Famille nouvelle"/Coopérative ouvrière
p 84-85
Café-restaurant d'une des organisations du PCF, qui accueillait des goguettes révolutionnaires ; la Muse Rouge est virée par le PCF le 26 mars 1925
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Événement
1871
1871 — Café-restaurant de l'Union des coopérateurs socialistes
p 84
Le 49 rue de Bretagne, Paris, abrite un café-restaurant doté d’une salle de spectacles et de conférences. Ce lieu, situé dans le 3ᵉ arrondissement, s’inscrit dans la tradition parisienne des établissements associant rest …

Le 49 rue de Bretagne, Paris, abrite un café-restaurant doté d’une salle de spectacles et de conférences. Ce lieu, situé dans le 3ᵉ arrondissement, s’inscrit dans la tradition parisienne des établissements associant restauration, vie culturelle et animation sociale. Café fréquenté par la garde nationale en 1871, il deviendra par la suite le café-restaurant de l'Union des coopérateurs socialistes, puis, vers 1930, celui de la coopérative communiste de la Famille nouvelle. Vers 1929 les locaux accueillent une sale de cinéma, le Béranger dont la programmation continue jusque au moins en 1950, avant de changer le nom en Cinéma Les Templiers (l'immeuble a été rasé et remplacé par un immeuble d'appartements). ![[La Maison Commune du 3e arrondissement|49 rue de Bretagne Maison Commune.jpg]]

La Maison Commune du 3e arrondissement![[La salle des fêtes qui accueillera aussi la projection de films|49 rue de Bretagne - Salle des fêtes.jpg]]

La salle des fêtes qui accueillera aussi la projection de films

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Événement
1909
21 mai 1909 — Maison Commune du 3ème arrondissement/Club du Proletari
p 84
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Événement
1910
2 janvier 1910 — Maison Commune du 3ème arrondissement/Goguette de la Muse Rouge
p 84
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Événement
1901
avril 1901 — Salle Jules/Salle de répétition et de spectacles du groupe
p 84 & 177
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Événement
1918
Événement
1871
30 janvier 1871 — Café de la Garde nationale/Comité d'initiative de la Garde nationale
p 84
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Événement
1935
20 septembre 1935 — Brasserie du Commerce (chez Auger)
p 85
Dans une brasserie de la rue des Archives, une poignée de socialistes anti-staliniens décide d'organiser la gauche de la gauche, avant que les événements ne balaient leurs espoirs. Marceau Pivert a quarante ans ce 20 sep …

Dans une brasserie de la rue des Archives, une poignée de socialistes anti-staliniens décide d'organiser la gauche de la gauche, avant que les événements ne balaient leurs espoirs.

Marceau Pivert a quarante ans ce 20 septembre 1935. Instituteur, syndicaliste, membre de la SFIO depuis 1920, il est de ceux qui croient que le socialisme ne peut pas se réduire à une affaire de gestion parlementaire. Il a vu le fascisme prendre le pouvoir en Italie puis en Allemagne et la social-démocratie ne pas savoir lui résister. Il a vu Staline liquider l'opposition bolchevique et transformer le Komintern en instrument de la politique étrangère soviétique. Il refuse les deux.

À la Brasserie du Commerce, 48 rue des Archives dans le 3e arrondissement, se tient une réunion fondatrice : la naissance de la tendance Gauche révolutionnaire au sein de la SFIO. Aux côtés de Pivert se trouvent René Lefeuvre, militant révolutionnaire qui a fondé en 1934 la revue Spartacus (qui publiera les textes de Marx, Trotski, Rosa Luxemburg en éditions populaires), et Daniel Guérin, jeune socialiste qui vient de passer un an en Allemagne nazie et en tire les conclusions dans ce qui deviendra "Fascisme et grand capital" (1936), l'un des premiers livres sérieux sur les liens entre le capitalisme et la montée du nazisme.

La Gauche révolutionnaire s'oppose à la politique du Front populaire telle que la conçoivent Léon Blum et Paul Faure : une alliance avec les radicaux bourgeois, sans programme de transformation sociale immédiate, sans rupture avec le capitalisme. Pour Pivert et ses camarades, soutenir le Front populaire ne peut se faire sans maintenir une pression révolutionnaire, sans organiser les travailleurs en dehors des structures institutionnelles du parti.

"Tout est possible" : c'est le titre de l'article que Pivert publie dans le Populaire en juin 1936, au moment des grandes grèves avec occupation d'usines. Pour lui, le moment révolutionnaire est là, il faut pousser bien au-delà des simples accords Matignon. Blum hésite ; le PCF stalinien, soucieux de ne pas effrayer la bourgeoisie radicale, freine. La Gauche révolutionnaire maintient la pression.

La tendance sera finalement exclue de la SFIO en 1938. Elle fonde le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier et Paysan), dont l'existence sera brève. La brasserie de la rue des Archives a accueilli ce soir-là une tentative sérieuse de tenir la ligne entre les deux écueils de la gauche du XXe siècle : le réformisme sans horizon et le stalinisme sans scrupules.

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Événement
Date imprécise — Restaurant de la Coopérative communiste "La Famille nouvelle"/Coopérative ouvrière
p 85
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Événement
Date imprécise — Maison Commune du 3ème arrondissement
p 85
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Événement
1902
janvier 1902 — Comité d'Entente socialiste
p 85
Les Allemanistes du POSR quittent l'Entente, parce-que la fille de Jaurès fait sa communion et que Millerand participe à la réception du tzar
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Événement
Date imprécise — Brasserie du Commerce/Restaurant "Chez Auger"
p 85
Lieu de réunions de nombreux groupes politiques ; Jeunesses socialistes, Bolcheviks-léninistes de "la Vérité", Secours Rouge
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Événement
1921
janvier 1921 — Siège de la Fédération de Paris du parti socialiste (PCF)
p 85
Louis Aragon et Breton adhèrent au PCF après le congrès de Tours
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Événement
1925
1925 — Maison Commune du 3ème arrondissement/Union des sociétés de conscrits/Union des sociétés de réservistes
p 85
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Événement
Date imprécise — Maison Commune du 3ème arrondissement/Comité de défense des Marins de la Mer Noire
p 85
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Événement
1844
3 juillet 1844 — Demeure de Charles Louis Bernay
p 86
En 1844, la pensée communiste s'écrit en allemand, à Paris, dans un immeuble du Marais que la police surveille. Le 3 juillet 1844, Charles-Louis Bernays prend la direction du Vorwärts! — le journal en langue allemande fo …

En 1844, la pensée communiste s'écrit en allemand, à Paris, dans un immeuble du Marais que la police surveille.

Le 3 juillet 1844, Charles-Louis Bernays prend la direction du Vorwärts! — le journal en langue allemande fondé à Paris en janvier de la même année — et le transforme en Revue allemande de Paris. Il habite rue Saint-Claude, dans le 3e arrondissement. La rédaction n'est pas loin.

Paris compte alors près de 80 000 exilés allemands. Artisans, intellectuels, révolutionnaires chassés par la répression des États allemands — ils se retrouvent dans les faubourgs ouvriers et dans les cafés du Marais. Le Vorwärts! est leur journal. Mais depuis l'été, il est devenu autre chose : un laboratoire.

Karl Marx est à Paris depuis octobre 1843. Il vient de co-diriger les Deutsch-Französische Jahrbücher avec Arnold Ruge, publiés en février 1844. Heinrich Heine y écrit. Moses Hess aussi. Engels est à Manchester mais correspond. Et Mikhaïl Bakounine, le futur anarchiste, loge quelque temps à la rédaction même — dans les mêmes murs où Marx rédige ses Manuscrits économico-philosophiques, reste à l'état de notes, et ses articles sur la situation des ouvriers.

La radicalisation est rapide. Sous Bernays, le Vorwärts! attaque les princes allemands, soutient les ouvriers silésiens en révolte, publie Marx, critique Proudhon. Le 13 décembre 1844, Bernays est condamné par le tribunal de police correctionnelle : deux mois de prison et 300 francs d'amende pour « journal politique sans autorisation » et « apologie du meurtre » contre des souverains allemands.

Le gouvernement prussien intervient. Le 25 janvier 1845, le ministre de l'Intérieur Duchâtel signe l'ordre d'expulsion des rédacteurs du Vorwärts! — exigé par Berlin. Marx doit quitter Paris sous 24 heures. Il part pour Bruxelles.

Le Manifeste du Parti communiste sera écrit là-bas, en 1848. Ce qui avait commencé rue Saint-Claude finit imprimé à Londres.

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Événement
1900
11 août 1900 — Salle Bertin/Réunions de "la Coopération des idées"
p 86-87
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Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
p 86 & 136
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 [[rue Commines|doc:rue-commines.WebHome]]. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont [[Friedrich Engels|friedrich-engels.WebHome]], [[Ferdinand Freiligrath|ferdinand-freiligrath.WebHome]] et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
1836
1836
p 86 & 211
{{quote}} La //Ligue des justes// (//Bund der Gerechten//) est un groupe socialiste créé en 1836 à Paris par des socialistes allemands en exil. Elle fut créée à l'initiative de [[Wilhelm Weitlingdoc:wilhelm-weitling.WebH …

{{quote}} La //Ligue des justes// (//Bund der Gerechten//) est un groupe socialiste créé en 1836 à Paris par des socialistes allemands en exil. Elle fut créée à l'initiative de [[Wilhelm Weitling>>doc:wilhelm-weitling.WebHome]], un tailleur immigré en France en 1834 et qui faisait alors partie de la Ligue des bannis. En 1839, son bureau central fut installé à Londres et il faut attendre 1847 pour qu'elle soit rebaptisée Ligue des communistes sous l'influence de ses deux membres emblématiques [[Karl Marx>>doc:karl-marx.WebHome]] et [[Friedrich Engels>>doc:friedrich-engels.WebHome]]. Source : [[Wikipédia : Ligue des Justes>>https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_des_justes]] {{/quote}}

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Événement
1931
1931 — Siège de la Fédération du Théâtre Ouvrier de France/Rédaction de la revue "Scène ouvrière"
p 87
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Événement
1792
1792 — Demeure de Birard
p 87
Demeure de l'auteur présumé de la Carmagnole, dont l'air viendrait de Carmagnola, une petite ville du Piémont italien d'où il serait originaire ; rapport ou non avec la petite veste de travail, la carmagnole, qui sait ?
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Événement
Événement
1855
Événement
1882
1882 — Confiserie Pierrot Gourmand (créée en 1882 rue des Rosiers)
p 89
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Événement
1895
1895 — Demeure de Charles Rappoport (à son arrivée à Paris)
p 89
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Événement
1834
14 avril 1834 — Rue Transnonain
p 89
Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse. Dans la nuit du 13 au 14 …

Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 1834, Paris est quadrillé par 40 000 soldats. L'insurrection républicaine, partie de Lyon le 9, a gagné la capitale. Des barricades se dressent dans le quartier Sainte-Avoye, autour de la rue Beaubourg et du cloître Saint-Merri. Thiers, ministre de l'Intérieur, a donné des ordres clairs : écraser la révolte sans ménagement.

À l'aube du 14, les troupes du général Bugeaud investissent le quartier. Un coup de feu — on ne saura jamais d'où — aurait été tiré depuis le 12 rue Transnonain. C'est le prétexte. Les soldats enfoncent les portes et massacrent les habitants dans leurs lits. Douze morts, dont des femmes, un vieillard, un enfant. Aucun n'était armé.

L'affaire fait scandale, mais la répression continue. Thiers fait arrêter des milliers de républicains dans toute la France. Le procès monstre qui s'ensuit, devant la Chambre des pairs, tourne à la farce judiciaire.

C'est Honoré Daumier qui fixe la mémoire du massacre. Sa lithographie, publiée en juillet 1834, montre un homme en chemise étendu sur le dos, un enfant écrasé sous son corps, du sang sur les draps. L'image est d'une frontalité insoutenable. Le gouvernement fait saisir la pierre et traquer les épreuves. Trop tard : l'image est déjà entrée dans l'histoire. L'immeuble, lui, sera rasé par Haussmann. Mais au 79 rue Beaubourg, une inscription murale rappelle encore l'ancien nom de la rue.

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Événement
1914
Événement
1914
Événement
1903
1903 — Restaurant fréquenté par les Nihilistes russes
p 89
Quartier général des Nihilistes russes à Paris, où se rencontraient Lénine et Trotski
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Événement
1912
juin 1912 — Palais des Fêtes/Siège des éditions "La Chanson du peuple"
p 89
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Événement
1808
1808 — Hôtel de Rohan/Imprimerie royale/Imprimerie nationale
p 89-90
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Événement
1910
Événement
1919
1919 — Coopérative de consommation "L'Économie parisienne"/Coopérative ouvrière
p 90
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Événement
Date imprécise — Siège de la Fédération de la Seine de la SFIO
p 91
Fédération de la Seine du parti socialiste SFIO ; elle gère la librairie fédérale, et une coopérative de production et de distribution de films : "l'Équipe"
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Événement
1889
14 juillet 1889 — Salle Pétrelle
p 91 & 160
Première journée du Congrès Socialiste International, organisé à l'occasion de l'anniversaire de 1789 par les guesdistes, dominé par les marxistes ; fondation de la 2ème Internationale Le 14 juillet 1889, à Paris, s’ouvr …

Première journée du Congrès Socialiste International, organisé à l'occasion de l'anniversaire de 1789 par les guesdistes, dominé par les marxistes ; fondation de la 2ème Internationale

Le 14 juillet 1889, à Paris, s’ouvre le Congrès Socialiste International, organisé à l’initiative des guesdistes français, principalement marxistes, en réaction à un congrès concurrent des possibilistes. L’événement se tient au 24 rue Pétrelle, dans le 9e arrondissement, à l’occasion du centenaire de la Révolution française. Il rassemble près de 400 délégués venus de 20 pays, représentant environ 300 organisations socialistes et ouvrières, avec une forte présence allemande, française et britannique. Friedrich Engels, bien qu’absent physiquement, joue un rôle important dans la préparation, tandis que Jules Guesde figure parmi les organisateurs clés. Le jour suivant, ayant constaté que la salle Pétrelle n'était pas suffisamment grande pour accueillir le congrès, les délégués se transfèrent dans l'avoisinante rue Rochechoaurt, au n. 42 dans la salle des Fantaisies Parisiennes qui abritera les réunions des jours suivants.

Ce congrès marque traditionnellement la fondation de la Deuxième Internationale, bien qu’aucune structure permanente ne soit alors créée. Les débats portent sur des revendications centrales : réduction de la journée de travail à huit heures, amélioration des conditions des femmes et des enfants, abolition des armées permanentes. Une résolution majeure institue une manifestation internationale annuelle le 1er mai pour la journée de huit heures, reprenant une initiative américaine. L’événement se distingue par son internationalisme affiché et la diversité des courants représentés, malgré des tensions avec les anarchistes, dont la participation est limitée.

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Événement
Date imprécise — Siège des "Éditions Sociales"
p 91
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Événement
1848
25 février 1848 — Hôtel de Ville
p 94-95
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne dése …

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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Événement
1848
Événement
1961
17 octobre 1961 — Préfecture de police/Pont St Michel
p 100
Ils étaient venus sans armes, en habits du dimanche, protester contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux ; on les a matraqués, noyés, et la France a mis quarante ans à admettre que cela avait eu lieu. Le 5 octobre 1961, …

Ils étaient venus sans armes, en habits du dimanche, protester contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux ; on les a matraqués, noyés, et la France a mis quarante ans à admettre que cela avait eu lieu.

Le 5 octobre 1961, le préfet de police Maurice Papon annonce l'instauration d'un couvre-feu à Paris. Il ne s'applique qu'à une catégorie de la population : les "Français musulmans d'Algérie," qui ont interdiction de circuler entre vingt heures trente et cinq heures trente du matin. Ils sont français en droit, puisque l'Algérie est constituée de départements français. Le couvre-feu est donc une mesure raciale prise contre des citoyens.

La Fédération de France du FLN appelle à manifester pacifiquement. La consigne est stricte : aucune arme, pas même un canif ; les hommes viendront en costume, avec leurs femmes et leurs enfants.

Le 17 octobre 1961, entre vingt et trente mille Algériens convergent vers les Grands Boulevards, la place de l'Étoile, le boulevard Saint-Michel, sortant des bidonvilles de Nanterre et des foyers de banlieue. Ils sont désarmés.

La répression est immédiate et d'une brutalité extrême. Les policiers chargent à la matraque et au bâton, tirent, frappent à mort dans les cars et dans les cours de commissariats. Des hommes sont jetés à la Seine du pont Saint-Michel et du pont de Neuilly. Des corps seront repêchés pendant des semaines en aval. Plus de onze mille manifestants sont arrêtés et parqués au Palais des Sports, au stade Pierre-de-Coubertin et au Vélodrome d'Hiver, dix-neuf ans après la rafle de juillet 1942 au même endroit.

Le bilan officiel de l'époque annonce trois morts. Les historiens l'estiment aujourd'hui entre plusieurs dizaines et deux cents. Le chiffre exact restera inconnu.

Le lendemain, la presse reprend la version préfectorale. Les inscriptions "Ici on noie les Algériens" apparaissent sur les quais. Les archives resteront fermées, les dossiers détruits, l'affaire enterrée par l'amnistie de 1962. Il faudra attendre les années 1990 pour que l'histoire s'écrive, et 2012 pour qu'un président de la République reconnaisse les faits.

Maurice Papon sera condamné en 1998, non pour ce massacre, mais pour sa participation à la déportation des Juifs de Bordeaux.

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Événement
1848
mai 1848 — Cabaret Au Vieux Chêne/Club de l'émeute révolutionnaire/Enseigne remarquable
p 101
Club révolutionnaire dans un bal populaire ; enseigne remarquable en bois d'épave sculpté sur la façade
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Événement
1830
29 juillet 1830
p 101
Des Insurgés investissent l'Hôtel de Ville par le pont de la Grève. Un jeune homme prénommé Arcole qui se fait tuer là va donner son nom au pont ; référence indirecte au pont qui alimenta la légende très surfaite du cour …

Des Insurgés investissent l'Hôtel de Ville par le pont de la Grève. Un jeune homme prénommé Arcole qui se fait tuer là va donner son nom au pont ; référence indirecte au pont qui alimenta la légende très surfaite du courage de Bonaparte

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Événement
1896
20 juillet 1896 — Syndicat des Casquettiers
p 101
Syndicat des ouvriers casquettiers, essentiellement juifs, propriétaires de leur machine ; les réunions se tiennent en yiddish. Lozovsky sera son secrétaire en 1912
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Événement
1840
1840
p 103
La célèbre foire parisienne, qui s’est déplacée ensuite sur le boulevard Richard-Lenoir, est la Foire à la ferraille et aux jambons, également connue sous le nom de Foire aux jambons. À l’origine, cette foire se tenait b …

La célèbre foire parisienne, qui s’est déplacée ensuite sur le boulevard Richard-Lenoir, est la Foire à la ferraille et aux jambons, également connue sous le nom de Foire aux jambons. À l’origine, cette foire se tenait boulevard Bourdon, à Paris, où elle rassemblait des marchands de ferraille, de vieux objets et de produits alimentaires, notamment des jambons. Elle était réputée pour son ambiance populaire et son rôle dans le commerce de produits de seconde main et de denrées alimentaires.

Au fil du temps, sous l’effet de l’évolution urbaine et des aménagements de la ville, la foire fut déplacée sur le boulevard Richard-Lenoir, où elle se tint jusqu’en 1969, avant d’être transférée d’abord sur le plateau de Beaubourg, puis en 1970 à Chatou, où elle a lieu depuis deux fois par an sous le nom de « Foire nationale à la brocante et au jambon », devenue en 2025 la « Foire de Chatou ».

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Événement
1906
14 janvier 1906 — Manège St Paul/Salle de réunion
p 103
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Événement
Date imprécise — Magasin de gros et banque des Coopératives de France
p 103
Première centrale d'achat et banque des coopératives liées à la SFIO
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Événement
Événement
1834
10 avril 1834
p 104
Réunions politiques clandestines outrepassant l'interdiction de rassembler plus de 21 personnes ; peut-être l'origine de l'expression "22, v'la les flics !"
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Événement
1900
1900 — Seconde bibliothèque ouvrière russe-juive à Paris/Restaurant russe
p 106
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Événement
1892
1892 — Première bibliothèque ouvrière russe-juive
p 106
Parution du premier journal en yiddish à Paris, destiné aux ouvriers juifs exilés de Russie
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Événement
1903
1903 — Restaurant coopératif "Au Fourneau économique"
p 106
Restaurant coopératif fréquenté par les réfugiés de Bessarabie ; il en arrive 1 800 par jour en moyenne après le pogrom contre les juifs de Kichinev
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Événement
1883
Événement
1883
Événement
1833
1833 — Cloître St Méry (aujourd'hui St Merri)/Cours pour adultes
p 107
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Événement
1920
1920 — Premier siège du Parti communiste français (ancien siège de la SFIO)
p 107
Le PCF garde l'ancien siège de la SFIO jusqu'à la mi 1921 ; il revendique alors 110 000 membres ; 40 000 sont demeurés au PS
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue St Merry (commandée par Eugène Charles Jeanne)/Barricade en 1832
p 107
Prise de la dernière barricade, que commande Bonjour, par la 6ème légion de la Garde nationale ; épisode décrit par Hugo dans "Les Misérables"
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Événement
Événement
Date imprécise — Section Française de l'Internationale Socialiste
p 107
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Événement
1947
1947 — Locaux du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (mouvement nationaliste algérien)
p 110
Local du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, le MTLD
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Événement
1846
1846 — Demeure de Martin Nadaud/Société des Maçons
p 111
Constitution d'une des plus importantes coopératives d'ouvriers maçons de Paris ; constituée par 83 associés
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Événement
Événement
Événement
1848
22 juin 1848
p 112
Lieu de rassemblement des ouvriers du Fbg St Marceau. Des barricades sont érigées dans la rue St Jacques par 8 000 ouvriers des Ateliers nationaux et 56 délégués du 12ème arrondissement
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Événement
1847
1847 — Bal de La Closerie des Lilas (futur bal Bullier)
p 114
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Événement
Événement
1932
27 juillet 1932 — Bal Bullier/Meeting du PCF
p 115
Le 27 juillet 1932, au Bal Bullier, avenue Georges Bernanos, une réunion du PCF tourna à la bagarre. Les trotskistes qui critiquaient la politique du Komintern sur l'Allemagne furent mis dehors par le service d'ordre. Hi …

Le 27 juillet 1932, au Bal Bullier, avenue Georges Bernanos, une réunion du PCF tourna à la bagarre. Les trotskistes qui critiquaient la politique du Komintern sur l'Allemagne furent mis dehors par le service d'ordre. Hitler n'était pas encore chancelier. Il le deviendrait six mois plus tard.

En 1932, le Parti communiste français appliquait la ligne dite du « troisième période » imposée par l'Internationale communiste de Staline : les sociaux-démocrates étaient des « social-fascistes », ennemis au même titre que les vrais fascistes. Toute idée de front uni contre Hitler était rejetée. Qui critiquait cette ligne était un ennemi.

Trotsky, exilé depuis 1929, écrivait depuis Constantinople des textes d'une lucidité implacable sur le danger nazi et l'aveuglement du Komintern. Ses partisans français — la Ligue communiste — tentaient de porter ces analyses dans les milieux du PCF. Ce soir-là, au Bal Bullier, ils essayèrent de prendre la parole sur la politique allemande de l'Internationale. Le service d'ordre les expulsa par la force.

L'événement était banal dans le contexte des années 1930 : la violence entre factions de gauche faisait partie du paysage politique. Il n'en constitue pas moins un symptôme. En Allemagne, le KPD — frère du PCF — continua d'appliquer la ligne « social-fasciste » jusqu'au bout, refusant tout front commun avec la social-démocratie contre les nazis. Hitler devint chancelier le 30 janvier 1933. Le KPD fut interdit le 6 mars suivant.

Au Bal Bullier, ce soir de juillet 1932, des communistes avaient mis dehors d'autres communistes parce qu'ils avertissaient que Hitler était un danger. L'histoire leur donna raison six mois plus tard.

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Événement
1932
31 octobre 1932 — Bal Bullier/Meeting du PCF
p 115
Meeting antifasciste organisé par le PCF en soutien au parti allemand
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Événement
1934
9 octobre 1934 — Bal Bullier/Meeting du PCF
p 116
Dans une salle de bal du Quartier latin, le secrétaire général du Parti communiste prononce deux mots qui vont donner son nom à la période. Le 6 février 1934, les ligues d'extrême droite ont manifesté devant la Chambre d …

Dans une salle de bal du Quartier latin, le secrétaire général du Parti communiste prononce deux mots qui vont donner son nom à la période.

Le 6 février 1934, les ligues d'extrême droite ont manifesté devant la Chambre des députés et tenté de forcer le pont de la Concorde. Quinze morts. Le gouvernement Daladier a démissionné sous la pression de la rue. Pour la gauche française, la menace est claire : ce qui s'est produit en Italie en 1922 et en Allemagne en janvier 1933 peut se produire ici.

La réponse ouvrière est immédiate et vient de la base. Le 12 février 1934, communistes et socialistes défilent séparément puis, à la stupeur de leurs directions, se rejoignent place de la Nation aux cris d'"unité !" Les militants imposent aux appareils ce que ceux-ci refusaient depuis dix ans.

Car le PCF, jusqu'en 1934, appliquait la ligne "classe contre classe" dictée par le Komintern : les socialistes y étaient qualifiés de "social-fascistes," alliance impossible. Cette ligne a contribué en Allemagne à empêcher toute résistance commune à Hitler. Staline, comprenant enfin le danger que le Reich fait courir à l'URSS, ordonne le virage. Le pacte d'unité d'action PCF-SFIO est signé en juillet 1934.

Le 9 octobre 1934, Maurice Thorez prend la parole au Bal Bullier, grande salle de bal du 37 avenue Georges-Bernanos dans le 5e arrondissement, près de l'Observatoire. Il va plus loin que l'accord signé : il propose un "large front populaire du travail, de la liberté et de la paix." Le mot est lancé. Il propose d'élargir l'alliance au-delà de la classe ouvrière, vers les classes moyennes, ce qu'il précisera à Nantes le 24 octobre : c'est un appel au Parti radical.

Le Rassemblement populaire remportera les élections de mai 1936. Léon Blum formera le gouvernement, les grèves avec occupation d'usines arracheront les accords Matignon, les congés payés, la semaine de quarante heures.

Le virage a un prix, que la gauche antistalinienne relèvera dès l'époque : l'alliance avec le Parti radical, parti bourgeois et colonial, impose de renoncer à toute perspective de transformation sociale profonde. Marceau Pivert écrira en juin 1936 "Tout est possible" ; Thorez répondra "Il faut savoir terminer une grève."

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Événement
Événement
1935
18 janvier 1935 — Bal Bullier/Meeting commun de la Gauche
p 116
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Événement
1919
1919 — Épicerie de l'Union des Coopératives/Coopérative ouvrière
p 117
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Événement
1919
1919 — Épicerie de l'Union des Coopératives/Coopérative ouvrière
p 117
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Événement
Événement
1885
Événement
1840
7 septembre 1840
p 118
En 1840, la "coalition" ouvrière est un délit en France. La loi Le Chapelier de 1791, que la Monarchie de Juillet n'a pas abrogée, interdit aux travailleurs de se concerter pour peser sur leurs employeurs. Faire grève, c …

En 1840, la "coalition" ouvrière est un délit en France. La loi Le Chapelier de 1791, que la Monarchie de Juillet n'a pas abrogée, interdit aux travailleurs de se concerter pour peser sur leurs employeurs. Faire grève, c'est risquer la prison. Et pourtant, en cet été et cet automne, Paris s'arrête par vagues successives.

Le 7 septembre 1840, serruriers, mécaniciens et quelque mille deux cents ouvriers des filatures se retrouvent rue Mouffetard, dans le quartier du Jardin des Plantes. Ce n'est pas la première grève de l'année: l'historien Jean-Pierre Aguet a recensé jusqu'à cent trente mouvements sociaux au cours de la seule année 1840 en France, année que certains qualifient de tournant dans l'histoire sociale du pays. Mais la convergence du 7 septembre marque un seuil: plusieurs corps de métier cessent le travail en même temps, sans accord explicite ni organisation commune, par une sorte de contagion de la colère qui dessine, pour la première fois à cette échelle, les contours d'un mouvement interprofessionnel.

Les conditions dans lesquelles vivent ces ouvriers sont celles que documentait Villermé dans son "Tableau de l'état physique et moral des ouvriers" publié la même année 1840, et qu'Engels analysera cinq ans plus tard dans "La Situation de la classe laborieuse en Angleterre". Quatorze à seize heures de travail quotidien, salaires insuffisants pour se loger et se nourrir, ateliers insalubres, enfants au travail dès sept ans: la misère n'est pas une métaphore, c'est une condition de production que personne au gouvernement n'a jugé utile de réformer.

La rue Mouffetard, ce 7 septembre, est à la fois un lieu de rassemblement et un symbole: c'est l'un des coeurs du vieux Paris populaire, ce Paris des artisans, des porteurs d'eau, des marchandes de quatre-saisons qui vit au rythme des journées sans filet. Les ouvriers qui s'y retrouvent ne se réclament d'aucune doctrine; ils exigent simplement de quoi survivre.

La répression viendra. Les meneurs seront arrêtés, jugés, condamnés. Mais quelque chose s'est produit ce jour-là qui ne pourra plus être effacé: l'idée que les travailleurs de différents métiers partagent une même condition, et qu'ils peuvent agir ensemble. Il faudra encore la révolution de 1848, puis la Commune, puis les grandes grèves du tournant du siècle, pour que cette idée devienne une organisation. En 1840, elle n'est encore qu'une intuition. Mais elle est là.

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Événement
1908
15 janvier 1908 — Demeure de Pierre Monatte/Siège du journal "L'Action directe"
p 119
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Événement
Événement
1923
1923 — Demeure d'Hô Chi Minh/Second Siège de la revue "Le Paria"
p 119
Le Paria devient la "Tribune du prolétariat colonial" de 1924 à 1926
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Événement
1924
1924 — Siège de la 5ème section du PCF
p 119
Premier candidat communiste pour les peuples des colonies, pour les élections Législatives de 1924
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Événement
1901
1901 — Siège de "L'École Socialiste"/Société nouvelle de librairie et d'édition
p 119
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Événement
1900
1900 — Siège de la coopérative de consommation "La Prolétarienne du 5ème"/Université populaire "L'Union"/Coopérative ouvrière
p 119
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Événement
1899
Événement
Événement
1933
26 mai 1933 — Palais de la Mutualité (construite en 1931, style Art déco)
p 120
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Événement
Date imprécise — Siège de l'Association l'Épargne mobilière
p 120
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Événement
1851
2 décembre 1851 — Prison de Ste Pélagie
p 120
Proudhon, en permission sur parole le jour du coup d'État, répond à Victor Hugo n'être pas disponible pour défendre la République
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Événement
1951
1 avril 1951 — Palais de la Mutualité
p 122
Le 1er avril 1951, environ 1 500 militants algériens sont arrêtés dans les rues du 5e arrondissement alors qu'ils se rendent au Palais de la Mutualité pour un meeting du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiq …

Le 1er avril 1951, environ 1 500 militants algériens sont arrêtés dans les rues du 5e arrondissement alors qu'ils se rendent au Palais de la Mutualité pour un meeting du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques — le MTLD, principal parti nationaliste algérien dirigé par Messali Hadj. Les autorités françaises ont interdit le rassemblement. La police encercle le quartier avant l'heure prévue et interpelle les militants à l'approche.

L'événement est peu connu — il ne fait pas partie des épisodes retenus par la mémoire collective de la guerre d'Algérie, qui n'a pas encore officiellement commencé. Mais 1951 est une année charnière : le MTLD vient de réaliser une percée électorale aux législatives algériennes en 1951, et le gouvernement français durcit sa réponse. Ces arrestations massives à Paris, en plein cœur du quartier latin, illustrent que la répression du mouvement indépendantiste algérien ne se limite pas aux seules colonies — elle s'exerce aussi sur les immigrés algériens en métropole, plusieurs centaines de milliers à cette époque.

La Mutualité, rue Saint-Victor, est à cette époque le lieu privilégié des grandes réunions militantes parisiennes — syndicales, communistes, anticolonialistes. L'interdire et en arrêter les participants revient à nier que des Algériens puissent légitimement se réunir dans la capitale française pour défendre leur droit à l'autodétermination.

La guerre d'Algérie commencera officiellement le 1er novembre 1954. Mais elle se préparait depuis longtemps, dans les deux sens.

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Événement
1871
28 mai 1871 — Demeure et débit de boisson de Jean Allemane
p 122
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Événement
1909
1909 — Boulangerie coopérative "L'Évolution sociale"/Coopérative ouvrière
p 122
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Événement
Événement
1926
1926 — Café Le Maubert Mutualité (aujourd'hui café Le Métro)
p 122
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Événement
1944
14 juillet 1944 — Manifestation du 14 juillet 1944
p 122
Manifestation contre l'Occupation allemande, encadrée par les combattants FTPF, de la place Maubert au boulevard St Marcel ; 8 000 manifestants ; 3 personne arrêtées puis libérées
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Cour du Dragon (domaine des métalliers pendant deux siècles)
p 126
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Cour du Dragon (domaine des métalliers pendant deux siècles)
p 126
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Événement
1938
1938 — Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
p 126
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Événement
1936
29 juin 1936 — Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
p 126
Il avait quitté Berlin en 1933 avec ses manuscrits — ce 29 juin, il expliquait à Paris comment le fascisme gagnait à coups d'images. L'Hôtel de l'Industrie, au 4 de la place Saint-Germain-des-Prés, est le siège de la Soc …

Il avait quitté Berlin en 1933 avec ses manuscrits — ce 29 juin, il expliquait à Paris comment le fascisme gagnait à coups d'images.

L'Hôtel de l'Industrie, au 4 de la place Saint-Germain-des-Prés, est le siège de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale — une institution fondée sous Napoléon, nichée depuis 1852 dans les anciennes dépendances de l'abbaye. Ce soir du 29 juin 1936, Walter Benjamin y prend la parole. Il est allemand, juif, marxiste, exilé à Paris depuis l'arrivée de Hitler au pouvoir. Il n'a pas de poste universitaire. Il subsiste de traductions et de bourses fragiles de l'Institut für Sozialforschung, l'École de Francfort, lui-même chassé d'Allemagne et provisoirement installé entre Genève et Paris.

Ce que Benjamin expose devant son auditoire est l'argument central de l'essai qu'il vient de publier en français dans la Zeitschrift für Sozialforschung : L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée. La thèse est précise. Le fascisme ne cache pas ses crimes derrière l'idéologie : il les présente comme un spectacle. Les meetings de Nuremberg, les défilés aux flambeaux, les films de Riefenstahl — tout cela est une mise en scène calculée qui substitue l'émotion esthétique à la pensée politique. La foule est transformée en public. La guerre devient le chef-d'œuvre absolu du régime : l'occasion de donner une forme sublime à la destruction de masse.

« Voilà où mène l'esthétisation de la politique, pratiquée par le fascisme », écrit Benjamin dans l'épilogue de l'essai. « Le communisme y répond par la politisation de l'art. »

La conférence a lieu vingt-cinq jours après la formation du gouvernement Léon Blum. Le Front Populaire vient de gagner les élections de mai ; la grande vague de grèves de juin s'achève à peine sur les accords Matignon. Les exilés antifascistes de Paris — Allemands, Autrichiens, Italiens — regardent avec espoir et inquiétude ce moment de bascule. Benjamin est parmi eux, au travail sur ce qui deviendra Les Passages parisiens, guettant depuis la Bibliothèque nationale les signes de ce que la modernité fait au temps et à la mémoire.

La réponse à l'esthétisation fasciste, dit-il, n'est pas une contre-esthétique : c'est la politisation. Rendre aux images leur dimension de lutte.

Le 26 septembre 1940, Walter Benjamin meurt à Port-Bou, à la frontière franco-espagnole. Les gardes de Franco venaient de lui refuser le passage vers l'Espagne. Il avait dans sa valise le manuscrit de ses Thèses sur le concept d'histoire. L'homme qui avait théorisé comment le fascisme transforme la politique en spectacle était mort, rattrapé par le spectacle.

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Événement
1914
23 janvier 1914 — Salle de la Société de Géographie
p 126
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Événement
1853
1853 — Prison militaire du Cherche-Midi
p 126
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Événement
1871
16 avril 1871 — Prison militaire du Cherche-Midi/Cour martiale de la Commune
p 126
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Événement
1828
1828 — Salle de réunion des saint-simoniens
p 126
Exposition de la "Doctrine de Saint-Simon" au cours de 30 séances publiques, par ses disciples au nombre de 92 au départ, dont 5 ouvrières et 12 ouvriers
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Événement
1895
22 mars 1895 — Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
p 126
Le 22 mars 1895, dans la salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale, place Saint-Germain-des-Prés, Louis Lumière présente pour la première fois en public le cinématographe. Le film projeté dure cinquante …

Le 22 mars 1895, dans la salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale, place Saint-Germain-des-Prés, Louis Lumière présente pour la première fois en public le cinématographe. Le film projeté dure cinquante secondes : des ouvriers sortant de l'usine Lumière à Lyon. L'assistance est composée d'industriels et de savants. Personne ne paye.

C'est cette date que les historiens retiennent comme la première projection publique du cinéma — non la plus célèbre, qui est celle du 28 décembre 1895 au Grand Café boulevard des Capucines, première séance payante. Mais c'est ici, place Saint-Germain-des-Prés, que le public voit pour la première fois des images animées projetées sur un écran.

Louis et Auguste Lumière avaient déposé leur brevet le 13 février 1895. Leur invention se distinguait de celles qui l'avaient précédée — notamment le Kinetoscope d'Edison, qui ne permettait qu'une vision individuelle dans une boîte — par la projection collective sur grand écran. C'est ce détail qui fait du cinématographe non seulement un appareil de curiosité scientifique mais un art de la salle, un spectacle partagé.

Ce que l'assistance de mars 1895 ne pouvait pas savoir, c'est qu'elle assistait à la naissance d'un siècle. Dans les décennies suivantes, Paris deviendrait l'une des capitales mondiales du cinéma — Méliès à Montreuil, Pathé à Vincennes, les avant-gardes des années 1920. Tout commence ce soir-là, dans une salle de conférences du 6e arrondissement, avec des ouvriers qui sortent d'une usine.

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Événement
Date imprécise — Demeure d'Hippolyte Carnot/Réunions des saint-simoniens
p 126
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Événement
1949
22 septembre 1949 — Prison militaire du Cherche-Midi/Cour martiale
p 126-127
Protestation de soutien aux 16 militants pacifistes, objecteurs de conscience emprisonnés
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Événement
1899
27 juin 1899 — Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
p 126
Place Saint-Germain, 27 juin 1899 : Le Sillon convoque la jeunesse ouvrière Marc Sangnier, un polytechnicien de vingt-six ans voulait réconcilier les ouvriers et l'Église. La gauche marxiste le traitait d'hypocrite. La d …

Place Saint-Germain, 27 juin 1899 : Le Sillon convoque la jeunesse ouvrière

Marc Sangnier, un polytechnicien de vingt-six ans voulait réconcilier les ouvriers et l'Église. La gauche marxiste le traitait d'hypocrite. La droite catholique le traitait de traître.

La Société d'encouragement à l'industrie nationale occupe le 2-4 place Saint-Germain-des-Prés depuis 1801, à deux pas de l'abbaye. Ce soir de 27 juin 1899, sa salle accueille une réunion des Cercles d'études sociales de la jeunesse ouvrière organisée par Le Sillon — un mouvement que Marc Sangnier anime depuis cinq ans autour d'un journal fondé au collège Stanislas.

Paris est alors en plein Dreyfus. Le gouvernement de Waldeck-Rousseau vient de se former pour défendre la République contre la coalition cléricale et militaire qui a fabriqué un innocent coupable. Dans ce contexte, un jeune catholique qui se dit républicain de gauche, voire d'extrême gauche, est une anomalie. Sangnier le sait, le revendique. Il a fait Polytechnique, il a sa licence en droit, et il veut organiser des ouvriers en cercles d'étude pour leur apprendre à « réaliser la démocratie républicaine ».

Le projet s'appuie sur l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII (1891), qui appelait les catholiques à prendre au sérieux la question sociale plutôt que de l'abandonner aux socialistes. Sangnier en tire une méthode : des réunions mixtes où des fils de notables et des ouvriers discutent ensemble, s'éduquent mutuellement, et — selon lui — surmontent la lutte des classes par le dialogue et la foi partagée.

La réunion du 27 juin 1899 marque un tournant : Le Sillon cesse d'être un cercle d'étudiants pour devenir un réseau national. En 1905, il comptera près de mille cercles représentés à son congrès.

L'Église finira par condamner le mouvement en 1910. Le pape Pie X, dans la lettre Notre charge apostolique, reproche au Sillon de prôner « le nivellement des classes » et la « triple émancipation politique, économique et intellectuelle » — formules que la curie juge dangereusement proches du socialisme. Sangnier se soumet et dissout le mouvement.

La gauche marxiste, elle, n'avait pas attendu Rome pour porter le même verdict, inversé : offrir aux ouvriers des cercles d'études catholiques plutôt que la conscience de classe, c'était substituer la solidarité confessionnelle à l'organisation politique. La salle de la place Saint-Germain-des-Prés accueillait une opération de récupération, pas d'émancipation. Les deux condamnations, l'une venue du Vatican, l'autre de Marx, disaient au fond la même chose : Le Sillon essayait de résoudre un conflit de classe par la pédagogie. Ça ne marche pas.

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Événement
1960
5 septembre 1960 — Prison militaire du Cherche-Midi/Cour martiale
p 127
Manifestation d'extrême droite lors du procès de membres du FLN et de soutiens français ; 6 algériens et 18 membres du réseau Jeanson
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Événement
1871
28 mai 1871
p 128-129
Exécution de Tony Moilin, qui n'a pourtant pas participé à la Commune, devant le piédestal de la statue d'un lion, à gauche de l'escalier donnant vers l'allée de l'Observatoire. On l'autorise à se marier avant d'être fus …

Exécution de Tony Moilin, qui n'a pourtant pas participé à la Commune, devant le piédestal de la statue d'un lion, à gauche de l'escalier donnant vers l'allée de l'Observatoire. On l'autorise à se marier avant d'être fusillé

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Événement
1848
28 février 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission du Luxembourg
p 128
Institution d'une Commission du gouvernement pour les travailleurs, alors que ceux-ci voulaient un ministère du Travail, dit "ministère du Progrès". Louis Blanc se laisse fléchir et accepte le gadget
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Événement
Date imprécise — Ateliers Hachette pour le brochage et la reliure
p 128
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Événement
Date imprécise — Théâtre du Luxembourg
p 128
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Événement
Date imprécise — Théâtre du Luxembourg
p 128
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Événement
1840
1840 — Siège de "La Phalange" (succède au "Phalanstère" de Charles Fourier)
p 129
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Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
p 129
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1848
1848 — Hôtel de Montmorency/Demeure d'Alphonse de Lamartine/Demeure d'Alexandre Ledru-Rollin
p 130
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Événement
1930
avril 1930 — Café de la Mairie/Réunions de la Ligue communiste
p 130
Lieu de réunions de la Ligue Communiste lors de sa fondation ; elle recrutait des militants ouvriers principalement immigrés
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Événement
1864
1864 — Premier Siège de la Société civile de consommation "La Ménagère"/Les Marmites
p 130
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Événement
1910
septembre 1910 — Coopérative de consommation "La Lutèce sociale"/Coopérative ouvrière
p 130
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Événement
Événement
1935
Événement
1910
1910 — Salle des Sociétés savantes/Siège de l'Association l'École socialiste
p 131
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Événement
1899
Événement
1910
1910 — Salle des Sociétés savantes/Siège de l'Association l'École socialiste
p 131
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Événement
1907
Événement
1955
16 janvier 1955 — Salle des Sociétés savantes
p 131
Meeting organisé par le Comité pour la libération de Messali Hadj
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Événement
1911
31 octobre 1911 — Salle des Sociétés savantes
p 131
Il vit à Paris depuis trois ans, il s'y ennuie et s'y épuise en querelles de fractions ; il y expose pourtant les analyses qui feront Octobre. Vladimir Ilitch Oulianov s'installe à Paris en décembre 1908 avec Nadejda Kro …

Il vit à Paris depuis trois ans, il s'y ennuie et s'y épuise en querelles de fractions ; il y expose pourtant les analyses qui feront Octobre.

Vladimir Ilitch Oulianov s'installe à Paris en décembre 1908 avec Nadejda Kroupskaïa, après l'échec de la révolution de 1905 et le durcissement de la répression en Russie. Il y restera jusqu'en juin 1912, principalement rue Beaunier puis rue Marie-Rose dans le 14e arrondissement. Il déteste Paris, dont il trouve la vie chère et le milieu émigré épuisant.

Ces années sont celles de la réaction. Piotr Stolypine, président du Conseil du tsar, mène de front une répression féroce — on appelle "cravates de Stolypine" les cordes des pendus — et une réforme agraire destinée à créer une classe de paysans propriétaires qui soutiendrait le régime. Beaucoup de révolutionnaires russes désespèrent. Le parti social-démocrate se déchire entre bolcheviks, mencheviks, liquidateurs, otzovistes.

Lénine passe ces années à polémiquer. Il tient bon sur une idée : la révolution reviendra, et la question paysanne en est la clé.

L'Hôtel des sociétés savantes, 8 rue Danton dans le 6e arrondissement, est l'un des lieux où il prend la parole devant les émigrés. Il y donne notamment une conférence intitulée "Stolypine et la Révolution," et une autre le 26 novembre sur "l'idéologie du libéralisme contre-révolutionnaire." Un gala de soutien y est organisé avec le chansonnier Montéhus, auteur de "La Jeune Garde" et de "Gloire au 17e," que Lénine appréciait.

En 1911, il fonde avec Zinoviev une école de cadres bolcheviks à Longjumeau, dans la banlieue sud, où des ouvriers venus clandestinement de Russie suivent des cours de marxisme pendant l'été.

Le 20 novembre 1911, il prend la parole au cimetière du Père-Lachaise aux obsèques de Paul et Laura Lafargue, la fille de Marx : c'est sa dernière grande intervention publique en France.

Six ans plus tard, il rentre en Russie dans un wagon plombé.

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Événement
1840
1840 — Pension Laveur (de 1840, déplacée plus tard au 20 rue Serpente)
p 131
Pension de famille fréquentée à leurs débuts par de nombreuses célébrités
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Événement
1845
Événement
1914
9 janvier 1914 — Siège de la Fédération française des travailleurs du Livre
p 132
Lénine participe à un meeting de commémoration de la Révolution russe de 1905, organisé par la FFTL
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Événement
1909
5 octobre 1909 — Siège de la revue "La Vie Ouvrière"
p 132-133
Une petite revue à couverture grise, cinq cents abonnés la première année, et pourtant l'un des foyers intellectuels les plus durables du mouvement ouvrier français. Pierre Monatte a vingt-huit ans en 1909. Ancien instit …

Une petite revue à couverture grise, cinq cents abonnés la première année, et pourtant l'un des foyers intellectuels les plus durables du mouvement ouvrier français.

Pierre Monatte a vingt-huit ans en 1909. Ancien instituteur devenu correcteur d'imprimerie, militant anarchiste puis syndicaliste révolutionnaire, il appartient à cette génération de la CGT d'avant 1914 qui pense que le syndicat, et non le parti, est l'instrument de l'émancipation ouvrière. La Charte d'Amiens de 1906 a consacré cette orientation : indépendance absolue du syndicalisme à l'égard des partis politiques, grève générale comme moyen de la transformation sociale.

Monatte veut donner à ce courant un outil de réflexion. Il réunit Alphonse Merrheim, dirigeant de la fédération des métaux, Achille Picart, Francis Delaisi, Charles Voirin. On discute du format : des brochures ? Monatte préfère une revue.

Le premier numéro de La Vie Ouvrière paraît le 5 octobre 1909, petite revue à couverture grise, dont le siège est au 42 rue Dauphine, dans le 6e arrondissement. Le titre est emprunté à Fernand Pelloutier, théoricien des Bourses du travail mort en 1901.

La conception de Monatte est précise : la revue doit être un "centre de coopération intellectuelle syndicaliste," un lieu d'échange où les militants trouvent et apportent des informations sur leurs luttes. Ce n'est pas un organe d'organisation. C'est un espace de pensée pour ceux qui agissent.

Le succès est lent. Cinq mille exemplaires du premier numéro sont envoyés à des abonnés potentiels ; il y a cinq cent cinquante abonnés en décembre 1909, neuf cents après un an, mille neuf cent cinquante en juillet 1914. Autour du "noyau" gravitent Alfred Rosmer, James Guillaume, ancien de la Première Internationale, Georges Dumoulin, Pierre Dumas.

Août 1914 fracture l'équipe. Une partie de la CGT se rallie à l'union sacrée ; Monatte démissionne du comité confédéral, Merrheim et Rosmer restent internationalistes et participeront à Zimmerwald. La revue reparaîtra après la guerre. Monatte cofondera le Parti communiste, en sera exclu en 1924 pour son opposition à la bolchevisation, et relancera La Révolution prolétarienne, indépendante et anti-stalinienne, jusqu'en 1960.

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Événement
1849
13 juin 1849 — Siège du journal "La Démocratie pacifique"
p 133
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Événement
1942
31 mai 1942 — Magasin Félix Potin (et ECO)
p 133
Pillage du magasin collabo Félix Potin ; deux policiers sont tués
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Événement
1916
1916 — Siège du journal "Le Populaire socialiste internationaliste"
p 133
Reparution du journal créé par Étienne Cabet ; il devient le quotidien de la SFIO
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Événement
1846
1846 — Demeure d'A.F. Körner/Adresse postale de Friedrich Engels
p 136
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Événement
1848
5 mars 1848 — Hôtel Manchester/Séjour de Karl Marx
p 136
Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d’abord logé à l’hôtel Manchester, au 1 r …

Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d’abord logé à l’hôtel Manchester, au 1 rue de Gramont, en plein cœur de la capitale. Ce séjour est bref : il ne s’agit que d’un point de chute provisoire, le temps de reprendre souffle et de trouver un logement plus stable dans un Paris en pleine effervescence révolutionnaire.

Quelques jours plus tard, la famille quitte l’hôtel pour s’installer au 10, rue Neuve‑de‑Ménilmontant, une petite rue du Marais populaire, aujourd’hui rue Commines. Le choix n’est pas anodin : on se rapproche des quartiers ouvriers et des milieux démocrates et socialistes que Marx entend observer de près avant de repartir vers l’Allemagne, où il espère voir la révolution gagner le Rhin. Dans ces quelques semaines parisiennes de 1848, entre hôtel du centre et appartement modeste du 3ᵉ arrondissement, se joue un moment de transition : Marx n’est déjà plus le jeune publiciste exilé de 1843–1845, et pas encore l’organisateur de la Neue Rheinische Zeitung, mais un révolutionnaire en transit qui prépare, depuis Paris, son retour sur la scène politique allemande.

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Événement
1838
10 septembre 1838 — Demeure de Flora Tristan
p 136
Elle sera victime d'une tentative d'assassinat par son mari pour ses opinions. Il n'est pas facile de penser librement quand on ne peut pas divorcer. Flora Tristan a trente-cinq ans en ce mois de septembre 1838. Née en 1 …

Elle sera victime d'une tentative d'assassinat par son mari pour ses opinions. Il n'est pas facile de penser librement quand on ne peut pas divorcer.

Flora Tristan a trente-cinq ans en ce mois de septembre 1838. Née en 1803 à Paris d'un père péruvien de la noblesse et d'une mère française, elle a grandi dans la misère après la mort de son père, sans héritage possible: ses parents n'étaient pas légalement mariés selon les lois françaises. Contrainte au travail dès l'adolescence, elle entre comme apprentie lithographe chez André Chazal, qu'elle épouse en 1821. Le mariage tourne vite à l'oppression; elle le quitte en 1825, emportant ses enfants. En France, sous la Monarchie de Juillet, une femme séparée n'a pas le droit de divorcer.

Au 100 bis rue du Bac, dans le 7e arrondissement, elle tient un salon politique où se retrouvent des républicains, des saint-simoniens, des socialistes utopiques, des étrangers en exil. La discussion porte sur la condition des femmes, sur les droits des travailleurs, sur l'organisation sociale. Flora Tristan est en train de publier "Pérégrinations d'une Paria" (1838), récit de son voyage au Pérou pour réclamer son héritage paternel : un livre qui lie le sort des femmes à celui des colonisés et des prolétaires, et qui est déjà, en germe, le programme de "L'Union ouvrière" de 1843.

Le lendemain du 10 septembre, son mari Chazal la retrouve dans la rue et lui tire dessus au revolver. La balle reste dans son corps; elle survit. Chazal est condamné aux travaux forcés. Le procès fait scandale: pour la première fois, un tribunal reconnaît publiquement la légitimité d'une femme à fuir un mari violent.

Flora Tristan meurt en 1844, à quarante et un ans, épuisée par une tournée de France pour promouvoir "L'Union ouvrière". Elle n'aura pas vu le mouvement ouvrier naître ni la révolution de 1848. Mais Marx lira son livre; et la formule finale du Manifeste communiste de 1848, "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!", est une reformulation directe de son appel de 1843. Sa petite-fille, Aline Gauguin, sera la mère de Paul Gauguin.

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Événement
Événement
1840
1840
p 136
Préparation de la première grève du bâtiment ; création d'un syndicat par Martin Nadaud
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Événement
Événement
Événement
1849
3 juin 1849 — Demeure de Karl Marx (dans un hôtel, accompagné de sa famille ; 2 pièces louées au nom de Ramboz)
p 137
Karl Marx, revenu à Paris sous le nom de Meyen, y reste clandestinement malgré une assignation à résidence dans le Morbihan ; il partira finalement pour Londres le 24 août
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Événement
1936
13 février 1936 — Siège de la Ligue féminine d'action catholique
p 137
Léon Blum, blessé, protégé par des ouvriers du bâtiment, se réfugie dans l'immeuble de la Ligue féminine d'action catholique
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Événement
1936
13 février 1936 — Boulevard St Germain (cortège des obsèques de l'historien royaliste Jacques Bainville)
p 137
Le 13 février 1936, boulevard Saint‑Germain, Léon Blum manque de peu d’être lynché. Alors que se déroule le cortège funèbre de Jacques Bainville, historien royaliste et figure de l’Action française, Blum tente de travers …

Le 13 février 1936, boulevard Saint‑Germain, Léon Blum manque de peu d’être lynché. Alors que se déroule le cortège funèbre de Jacques Bainville, historien royaliste et figure de l’Action française, Blum tente de traverser en automobile la foule massée sur le parcours. Mauvais endroit, mauvais moment : pour les ligueurs, le chef de file du socialisme parlementaire, artisan du Rassemblement populaire, est l’ennemi absolu, déjà désigné comme futur président du Conseil.

Reconnu, son véhicule est aussitôt encerclé. Les insultes fusent, puis les coups. On brise les vitres, on arrache les portières, on frappe Blum au visage. Il échappe au pire grâce à l’intervention de quelques passants et de policiers qui parviennent à l’extraire, blessé, mais vivant. L’épisode, d’une violence nue, illustre le climat d’hystérie politique qui règne à Paris quelques mois à peine après les émeutes du 6 février 1934.

Cette agression n’est pas un « dérapage » isolé : elle condense la haine d’une extrême droite royaliste, antisémite et antiparlementaire contre un dirigeant socialiste juif, symbole, à ses yeux, de tout ce qu’elle exècre. Elle agit aussi comme un révélateur : pour une large partie de l’opinion de gauche, voir Blum frappé au milieu de la rue confirme l’urgence de serrer les rangs face aux menaces fascistes. Quelques semaines plus tard, le Front populaire remportera les élections, et Blum formera le gouvernement que ses agresseurs de février rêvaient déjà d’empêcher.

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Événement
Événement
1919
1919 — Salle des Horticulteurs/Meeting pour l'émancipation indochinoise
p 138
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Événement
1955
novembre 1955 — Salle des Horticulteurs/Congrès clandestin du PCI (présence du FLN)
p 138
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Événement
1957
juin 1957 — Salle des Horticulteurs
p 138
Premier congrès de l'Union Syndicale des travailleurs algériens, l'USTA, syndicat algérien indépendant ; 325 délégués, dont 20 femmes
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Événement
1967
24 mars 1967 — Salle des Horticulteurs
p 138
Premier congrès national des Jeunesse communiste révolutionnaire, les JCR, qui deviendront la LCR ; elles pratiquent l'entrisme à l'UEC
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Événement
1946
12 mars 1946 — Salle des Horticulteurs/Meeting de la 4ème Internationale
p 138
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Événement
1844
juillet 1844 — Siège de la revue "Vorwärts"/Demeure de Michel Bakounine
p 139
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Événement
1942
3 janvier 1942 — Permanence du Rassemblement National Populaire/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
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Événement
Événement
1941
7 décembre 1941 — Mess de sous-officiers de la Wehrmacht/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
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Événement
1942
Événement
1941
2 décembre 1941 — Permanence du Rassemblement National Populaire/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
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Événement
1941
22 novembre 1941 — Hôtel Océan (réquisitionné par la Wehrmacht)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
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Événement
1942
5 février 1942 — Maison close pour soldats allemands/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
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Événement
Événement
1997
1997 — Palais Bourbon
p 140-141
Carvalho se présente à la Chambre des députés en bleu de travail
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Événement
1942
8 mars 1942 — Salle Wagram/Exposition "Le Bolchevisme contre l'Europe"/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
Depuis le 1er mars 1942, la salle Wagram accueille une exposition de propagande nazie et collaborationniste, Le Bolchevisme contre l'Europe, organisée par le Comité d'action antibolchévique de Paul Chack sous le patronag …

Depuis le 1er mars 1942, la salle Wagram accueille une exposition de propagande nazie et collaborationniste, Le Bolchevisme contre l'Europe, organisée par le Comité d'action antibolchévique de Paul Chack sous le patronage de Vichy. Fresque de Pétain serrant la main de Hitler à l'entrée, stands du PPF et du RNP, documents sur la Guépéou et la « misère soviétique* — le dispositif réunit chaque jour des milliers de visiteurs.

Le 8 mars, trois militants des Bataillons de la Jeunesse tentent d'y faire exploser une bombe. Ils s'appellent Georges Tondelier, vingt ans, Karl Schoenhaar, dix-sept ans, et André Kirschen, quinze ans et demi. L'engin n'explose pas. Ils sont arrêtés sur place ou dans les heures qui suivent, puis torturés.

Du 7 au 14 avril 1942, vingt-sept résistants des Bataillons de la Jeunesse comparaissent devant un tribunal militaire allemand à la Maison de la Chimie. Tondelier et Schoenhaar sont condamnés à mort. Tondelier est fusillé au Mont-Valérien le 11 juin 1942, Schoenhaar le 17 avril — il a dix-sept ans. Kirschen, lui, échappe à l'exécution par un détail de procédure : le code militaire allemand ne prévoit pas la peine de mort en dessous de seize ans. Condamné à dix ans de prison, il est déporté en Allemagne et survit à la guerre. Il témoignera toute sa vie de ce que fut ce premier cycle de résistance armée à Paris.

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Événement
1941
14 décembre 1941 — Hôtel Impérator (transformé en cantine de la Wehrmacht)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 140
Opération contre une cantine de la Wehrmacht par deux groupes de Résistants des Bataillons de la Jeunesse et de l'Organisation spéciale appartenant au PCF
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Événement
1942
7 avril 1942 — lieu-inconnu
p 140
Procès des 27 combattants des Bataillons de la Jeunesse et de l'Organisation spéciale du PCF, dit "procès de la Maison de la Chimie"
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Événement
1890
1890 — Palais Bourbon/Chambre des députés (dans le vestibule)
p 140
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Événement
1941
19 septembre 1941 — Garage Soga réquisitionné par la Wehrmacht (HKP 503)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 142
Boulevard Pershing, ils sont huit, ils ont vingt ans, et ils lancent des bouteilles enflammées sur les camions allemands : parmi eux, l'homme qui sera bientôt le colonel Fabien. Les Bataillons de la Jeunesse naissent à l …

Boulevard Pershing, ils sont huit, ils ont vingt ans, et ils lancent des bouteilles enflammées sur les camions allemands : parmi eux, l'homme qui sera bientôt le colonel Fabien.

Les Bataillons de la Jeunesse naissent à l'été 1941. Depuis le 22 juin, l'invasion allemande de l'URSS a levé la ligne de non-intervention que le Parti communiste français observait depuis le pacte germano-soviétique. L'ordre est désormais à la résistance armée. Ce sont les jeunes communistes qui forment les premiers groupes de combat : vingt ans en moyenne, formés aux Jeunesses communistes, quelques vétérans des Brigades internationales d'Espagne.

Pierre Georges, dit "Frédo", a vingt-deux ans en septembre 1941. Il a combattu en Espagne. Le 21 août, il a abattu l'aspirant Moser sur le quai du métro Barbès : c'est le premier attentat armé contre un militaire allemand dans Paris occupé. Cet acte ouvre la saison des représailles : l'occupant commence à fusiller des otages. Pierre Georges le sait. Il continue.

Le 19 septembre 1941, il est au boulevard Pershing, dans le 17e arrondissement. Avec lui : Conrado Miret-Muste, militant catalan exilé ; Gilbert Brustlein, jeune communiste alsacien ; Fernand Zalkinow, Marcel Bourdarias, Louis Marchandise, Asher Semahiya, Maurice Le Berre. Leur objectif : le garage Soga au numéro 21 du boulevard, réquisitionné par la Wehrmacht comme parc automobile sous la référence HKP 503. L'attentat est réalisé au cocktail Molotov. Les véhicules militaires allemands brûlent.

La méthode est simple, le risque immense. L'occupant applique la règle des otages : pour chaque soldat allemand tué ou blessé, des dizaines de Français sont fusillés. Pour les Bataillons de la Jeunesse, l'inaction est une capitulation. La résistance armée, quels qu'en soient les coûts immédiats pour les populations, est la seule réponse digne à l'occupation.

Le mois suivant, Gilbert Brustlein et Pierre Georges participent à l'assassinat du colonel Hotz, commandant allemand de Nantes, le 20 octobre 1941. En représailles, 48 otages sont fusillés à Châteaubriant et Nantes. Pierre Georges poursuit son activité clandestine, prend le nom de guerre de colonel Fabien, commande les FTP de la région parisienne. Il meurt en décembre 1944 en Alsace lors de l'explosion accidentelle d'une mine. La place Colonel-Fabien, dans le 10e arrondissement, porte son nom.

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Événement
1941
3 septembre 1941 — Hôtel Terminus de la gare de l'Est (couloir d'entrée)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 142
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Événement
1941
21 août 1941 — Station de métro Barbès-Rochechouart (quai de la ligne 4, direction Clignancourt)
p 142
Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi. Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort …

Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi.

Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort un revolver de sa poche et tire à bout portant sur un officier de la Kriegsmarine. L'aspirant Alfons Moser meurt sur le quai du métro parisien. C'est le premier acte armé mortel de la Résistance française contre les forces d'occupation.

L'homme qui tire s'appelle Pierre Georges. Il a vingt-deux ans. Connu sous le pseudonyme de "Frédo" dans les réseaux clandestins des Jeunesses communistes, il est encadré ce matin par Gilbert Brustlein, chargé de couvrir sa retraite, et par Albert Gueusquin et Fernand Zalkinow postés aux extrémités du quai pour surveiller et alerter. L'action est préparée dans le détail. Elle est volontaire et politique.

Le contexte est précis. Deux jours plus tôt, le 19 août, deux jeunes militants communistes — Samuel Tyszelman et Henri Gautherot — ont été arrêtés par les Allemands au cours d'une manifestation et fusillés en représailles. Le Parti communiste, engagé dans la Résistance armée depuis l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, a décidé de répondre. Tyszelman et Gautherot seront les premiers d'une longue liste. Moser ne sera pas le dernier officier allemand à tomber à Paris.

Les conséquences sont immédiates et terribles. Les Allemands décrètent des représailles massives : des otages sont fusillés, des sections spéciales des tribunaux français condamnent rétroactivement des communistes arrêtés avant l'attentat. La spirale répression-résistance est enclenchée. Le nom de "Fabien" — pseudonyme que Pierre Georges adoptera ensuite — entre dans l'histoire comme celui du premier résistant à avoir tiré sur l'occupant dans les rues de Paris.

Pierre Georges mourra en décembre 1944 près de Mulhouse, tué par l'explosion d'une mine alors qu'il commandait les FTP-FFI de la région de Strasbourg sous le nom de colonel Fabien. Il avait vingt-cinq ans. Sa mémoire sera perpétuée par le nom d'une place du 19e arrondissement, la place du Colonel-Fabien, où le siège du Parti communiste français a été construit en 1971 par Oscar Niemeyer. Le 7 rue Le Goff, dans le 5e arrondissement, il retrouvera ses camarades quelques heures après l'attentat pour remettre son revolver à Jacques d'Andurain.

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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 142
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 142
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1949
1949 — Siège du bulletin "Défendre la vérité"
p 143
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Événement
1931
novembre 1931 — Magic-City (vestiges d'un parc d'attractions)
p 143
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Événement
1934
6 mai 1934 — Magic-City (vestiges d'un parc d'attractions)
p 143
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Événement
1836
1836 — Hôtel de la Comète
p 143
Lieu de réunions de la Ligue des Justes, constituée par des ouvriers allemands
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Événement
Date imprécise — Maison de la CGTU (annexe au n° 10)
p 143 & 331
Maison de la CGTU ; salle de l'Avenir social construite avec des matériaux récupérés du pavillon des Soviets de l'Expositions universelle de 1936
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Événement
1935
3 septembre 1935 — Magic-City (vestiges d'un parc d'attractions)
p 143
Meeting socialiste contre l'agression de l'Éthiopie par Mussolini ; il réunit 7 000 personnes
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Événement
1871
19 janvier 1871 — Manufacture de tabac du Gros Caillou (une des plus grande entreprises de Paris à l'époque ; 1 700 travailleurs)
p 144
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Événement
1871
15 mai 1871 — Cartoucherie de la Commune (chez un artificier de l'Hôtel de Ville)
p 144
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Événement
1871
17 mai 1871
p 144
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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Événement
Événement
1932
1932 — Salons de la coopérative "La Famille nouvelle"/Réunions de l'AÉAR
p 144
Premières réunions de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires, l'AÉAR ; épisode de "l'affaire Louis Aragon", avec le poème "Front Rouge"
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Événement
Événement
1844
1 mai 1844 — Demeure de Karl Marx
p 145
Naissance de la fille aînée de Karl et Jenny Marx, surnommée Jennychen ; elle épousera Charles Longuet. Dans ses articles de presse, elle qualifiera Adolphe Thiers de "clown féroce"
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Événement
1843
1843 — Bureaux des "Annales franco-allemandes"
p 145
Premier local des Annales franco-allemandes, qui ne connaîtront qu'un seul numéro double fin février 1844, les "socialistes" français n'étant pas empressés à collaborer
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Événement
1848
22 février 1848 — Demeure de Camille Odilon Barrot
p 148
C'est le début de la Révolution de février 1848. Le 22 février 1848, tout commence presque calmement, dans un salon de la Chaussée d’Antin. Une délégation de l’opposition se rend chez Odilon Barrot, chef de file des réfo …

C'est le début de la Révolution de février 1848. Le 22 février 1848, tout commence presque calmement, dans un salon de la Chaussée d’Antin. Une délégation de l’opposition se rend chez Odilon Barrot, chef de file des réformistes, pour trancher la question qui met le feu aux poudres : maintenir ou non le grand banquet réformiste prévu à l’est de Paris, interdit par le gouvernement Guizot.

Barrot, Lamartine, Marrast et d’autres y pèsent le pour et le contre. Le banquet devait couronner la campagne des banquets, cette forme détournée de réunion politique par laquelle l’opposition réclame l’élargissement du suffrage. Mais le risque de heurts est réel, et la monarchie de Juillet a choisi la manière forte : interdiction pure et simple du cortège et du repas. Après discussion, Barrot obtient la résiliation de la manifestation, en échange de la promesse d’une mise en accusation des ministres à la Chambre.

Cette reculade des modérés ne calme rien. Dans la nuit, le banquet est officiellement annulé, mais, comme l’admettra Barrot lui‑même, « le char est lancé, et quoi que nous fassions le peuple sera demain dans la rue ». Le 22 février au matin, étudiants et ouvriers commencent à se rassembler, la Marseillaise aux lèvres, bien décidés à transformer l’interdiction d’un repas politique en ouverture d’une crise de régime.

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Événement
1848
22 février 1848
p 148
Rassemblement d'étudiants contre la suppression des cours d'Edgar Quinet, de Jules Michelet et d'Adam Mickiewicz ; ils partent en manifestation vers la Madeleine
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Événement
1848
22 février 1848 — Restaurant Durand/Rendez-vous du banquet de Chaillot
p 148
Rassemblement des souscripteurs pour se rendre au banquet interdit de Chaillot
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Événement
1848
Événement
Événement
1947
1947 — Maison de la Pensée française
p 149
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Événement
1890
1 mai 1890 — Siège du journal "Le Révolté"/Siège du journal "La Révolte"
p 149
Perquisition et saisie des presses du journal "le Révolté" ; qui deviendra "la Révolte"
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Événement
Date imprécise
p 149
Point de départ des caravanes pour les fêtes champêtres de la Fédération socialiste de la Seine
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Événement
1788
1788 — Barrière de l'Étoile/Barrière des Champs-Élysées/Barrière de Neuilly/Barrière de St Germain/Mur des Fermiers généraux
p 150-151
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Événement
1930
22 mai 1930 — Palais de l'Élysée
p 150
Manifestation d'étudiants indochinois en protestation contre les tueries de Yen Bay
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Événement
1871
15 mai 1871 — Cirque National/Cirque d'Hiver
p 150
Manifestation de satisfaction de 2 000 ouvriers boulangers, suite à l'interdiction du travail de nuit par la Commune
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Événement
1944
11 novembre 1944
p 150
Point de départ d'une manifestation organisée par le PCF ; destinée à asseoir l'influence du PCF dans le Comité Parisien de Libération, le CPL, et le Conseil national de la Résistance, au sortir de la guerre
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Événement
1951
9 janvier 1951 — Hôtel Astoria/Séjour du général Dwight David Eisenhower
p 151-152
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Événement
1875
1875
p 151
Point de départ d'un tramway tiré par un remorqueur à vapeur, puis à air comprimé
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 152
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1936
26 juin 1936 — Salle Pleyel/Commémoration de la mort de Rouget de Lisle
p 152
Maurice Thorez mêle drapeau rouge et drapeau tricolore ; reprise de la Marseillaise par le PCF
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 152 & 304
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
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Événement
1944
22 août 1944
p 153
Combats importants lors de la libération ; apparition du premier char récupéré par la Résistance
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Événement
1884
1884 — Gare St Lazare
p 153
Création par la Compagnie de l'Ouest de billets à tarif réduit pour les ouvriers de banlieue travaillant à Paris ; refusés pour les trajets inter-banlieues
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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
p 153 & 308
Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police. Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 19 …

Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police.

Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 1901, il a fondé à Barcelone l'Escuela Moderna, école laïque, mixte, sans notes ni punitions, sans religion, où l'on enseigne les sciences et la raison aux enfants d'ouvriers. Le modèle essaime : des dizaines d'écoles rationalistes s'ouvrent en Catalogne. L'Église et la bourgeoisie espagnoles y voient un foyer de subversion.

En juillet 1909, Barcelone se soulève. La Semaine tragique éclate contre l'envoi de conscrits au Maroc : grève générale, barricades, couvents incendiés. La répression fait plus d'une centaine de morts. Le gouvernement Maura cherche un responsable intellectuel. Ferrer, qui n'a pris aucune part à l'insurrection, est arrêté, jugé par un conseil de guerre sur un dossier vide, condamné à mort.

Il est fusillé le 13 octobre 1909 à l'aube, dans les fossés de Montjuich. Il refuse le bandeau et le prêtre. La nouvelle déclenche la plus grande vague de protestation internationale de l'avant-guerre. Des manifestations éclatent à Rome, Bruxelles, Londres, Buenos Aires, Milan. Des ambassades espagnoles sont assiégées.

À Paris, le cortège se forme devant l'ambassade d'Espagne, 34 boulevard de Courcelles dans le 17e arrondissement. Quarante mille personnes selon les organisateurs. En tête marchent Édouard Vaillant, ancien membre de la Commune, Jean Jaurès, Marcel Sembat, Charles Albert. Parmi les manifestants se trouvent des exilés russes, dont Lénine et Nadejda Kroupskaïa, alors réfugiés à Paris. La police charge. Un coup de feu tiré en direction du préfet Lépine le manque et tue un gardien de la paix à bicyclette nommé Dufresne. Les affrontements durent plusieurs jours.

Une statue de Ferrer sera élevée à Bruxelles. Son nom reste attaché à la pédagogie libertaire, dont se réclameront Freinet et une part de l'éducation nouvelle.

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Événement
1949
1949 — Théâtre des Mathurins
p 155
Travail et Culture propose des places à prix réduit aux syndiqués, à travers la revue Le Peuple, de la CGT ; on y joue par exemple "Héloïse et Abélard", de Roger Vailland
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Événement
1892
27 mars 1892 — Domicile du substitut Bulot
p 158
Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Cl …

Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Clichy en 1891. Bulot est absent. Les dégâts sont matériels. L'auteur est un certain François Claudius Koenigstein, dit Ravachol.

C'est le deuxième attentat en moins d'une semaine — le 11 mars, une bombe avait déjà visé le domicile du président du tribunal qui avait jugé la même affaire. Ravachol revendique une logique de représailles : la justice bourgeoise frappe les anarchistes, les anarchistes frappent les juges. La propagande par le fait dans toute sa rigueur.

Ravachol est arrêté quelques jours plus tard, trahi par un garçon de restaurant qui l'avait reconnu. Au moment de son arrestation, il chantait. Son procès devient une tribune. Condamné à mort pour ces attentats et pour plusieurs meurtres commis avant de venir à Paris, il monte à l'échafaud en juillet 1892 en criant ses convictions. Le mouvement anarchiste en fait aussitôt un martyr — on "ravacholise" pour désigner l'acte révolutionnaire par excellence.

L'affaire Ravachol marque le début d'une vague d'attentats anarchistes qui secoue Paris jusqu'en 1894 — Vaillant à la Chambre, Émile Henry au café Terminus, puis l'assassinat du président Carnot à Lyon. La IIIe République répond par les lois scélérates, qui restreignent la liberté de la presse.

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Événement
1910
12 janvier 1910 — Théâtre du Vaudeville
p 158
Lénine assiste à une représentation de "La Barricade" de Paul Bourget, archi-réactionnaire
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Événement
1903
1903 — Librairie de propagande socialiste (créée par Jean Baptiste Clément)
p 158
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Événement
1936
27 mai 1936 — Siège du journal "Le Populaire"
p 160
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Événement
Date imprécise — Librairie Populaire (du Parti communiste français)
p 160
Diffusion des livres, brochures et tracts du parti ; vente de bonnets phrygiens, bustes des grands hommes, insignes, drapeaux rouges...
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Événement
1842
1842 — Ateliers Sax
p 160
Entreprise de l'inventeur du saxophone, fabrique d'instruments à vent en bois et cuivre employant plus de 200 ouvriers
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Événement
1895
1 juillet 1895 — Ateliers de fournitures militaires Godillot (de 1876)
p 160-161
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Événement
1870
1870 — Premier atelier de Georges Leclanché
p 160
Premier atelier de Victor Leclanché, le fabricant de piles électriques, ami de Victor Hugo à son retour d'exil
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Événement
Événement
Date imprécise — Siège des Jeunesses socialistes
p 160
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Événement
Événement
Événement
1938
1938 — Siège du Parti socialiste ouvrier et paysan
p 161
Local de la majorité SFIO de la fédération de la Seine, exclue du parti
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Événement
1889
15 juillet 1889 — Théâtre des Folies Rochechouart
p 161
Seconde partie du congrès fondateur de la 2ème Internationale, qui décida l'instauration des manifestations du 1er Mai ; il rassemble des délégués de 21 pays D'abord réunis dans la salle Petrelle dans au n. 24 de la rue …

Seconde partie du congrès fondateur de la 2ème Internationale, qui décida l'instauration des manifestations du 1er Mai ; il rassemble des délégués de 21 pays

D'abord réunis dans la salle Petrelle dans au n. 24 de la rue homonyme, les délégués  au congrès fondateur de la Deuxième Internationale se déplacent dans les locaux plus grands des Fantasies Parisiennes au 42 rue de Rochechouart. Ce congrès a rassemblé des délégués de 21 pays, représentant environ 300 organisations socialistes et ouvrières. Parmi les figures marquantes présentes figuraient Wilhelm Liebknecht, August Bebel, Victor Adler, Many et Gueorgui Plekhanov. L’un des principaux aboutissements de cette session fut la décision d’instaurer une manifestation internationale annuelle le 1er mai, destinée à revendiquer la journée de travail de huit heures et d’autres droits ouvriers. Cette résolution s’inspirait de l’initiative de l’American Federation of Labour, qui avait déjà choisi cette date pour une mobilisation similaire. Le congrès s’inscrivait dans la continuité de la Première Internationale dissoute en 1876, et visait à fédérer les partis socialistes et ouvriers européens autour de principes communs, tout en reconnaissant l’autonomie des groupements nationaux.![[Théâtre des Fantaisies Parisiennes|Théâtre des Fantasies Parisiennes.jpg]]

Théâtre des Fantaisies Parisiennes

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Événement
1921
décembre 1921 — Siège de la Confédération Générale du Travail Unifiée
p 162
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Événement
1901
21 avril 1901 — Siège de la Fédération des cheminots CGT
p 162
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Événement
1849
8 mai 1849 — Cité Napoléon (un des familistères créés en 1848 par la Commission du Travail)
p 162
Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du …

Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du paupérisme"

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Événement
1921
juin 1921 — Siège de la Fédération des cheminots (non reconnue par la CGT)
p 162
Procès contre les majoritaires qui se solde par un déménagement rue de la Grange aux Belles
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Événement
1969
7 janvier 1969 — Siège de la revue "Les Lettres françaises"
p 164-165
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Événement
Événement
1848
25 juin 1848 — Chantier de l'hôpital Lariboisière
p 164
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Événement
1956
1956 — Librairie nouvelle/Librairie du PCF (dans l'immeuble du journal l'Humanité)
p 165
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Événement
1950
18 septembre 1950 — Imprimerie Réaumur (filiale de la SNEP)/Imprimerie de la revue "l'Algérie libre"
p 165
Manifestation contre l'interdiction de l'Algérie libre ; 1 100 militants algériens sont interpelés en tentant d'approcher
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Événement
1950
17 juin 1950 — Imprimerie Réaumur (filiale de la SNEP)/Imprimerie de la revue "l'Algérie libre"
p 165
Première tentative de saisie de l'Algérie libre empêchée par Ferrat ; arrestation des vendeurs
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Événement
1895
1895 — Caf'conc' Eden-Concert
p 167
Caf'conc' proposant des concerts des "chanteurs rouges", antérieurement à celui du boulevard de Sébastopol
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Événement
Date imprécise
p 167
Hôtel où le PCF logeait les parlementaires africains apparentés du "Rassemblement démocratique africain" ; l'hôtel lui aurait appartenu sous couvert de la Société de l'hôtel d'Angleterre
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Événement
1917
14 août 1917 — Siège du journal "Le Bonnet rouge"
p 167
Almereyda était un anagramme : "y a de la merde". C'était aussi le nom d'un héros orphelin de roman-feuilleton qu'il avait lu adolescent. Il mourut seul à trente-quatre ans dans la cellule 14 de l'infirmerie de Fresnes. …

Almereyda était un anagramme : "y a de la merde". C'était aussi le nom d'un héros orphelin de roman-feuilleton qu'il avait lu adolescent. Il mourut seul à trente-quatre ans dans la cellule 14 de l'infirmerie de Fresnes. D'une prison l'autre.

Eugène Bonaventure Vigo était né à Béziers en 1883, fils illégitime reconnu par son père qui mourut deux ans après. Abandonné à ses grands-parents, puis à sa mère internée dans un asile où elle finit par mourir, il apprit la photographie avec son beau-père avant de monter à Paris à douze ans, chercher un emploi et des camarades.

À dix-sept ans, accusé à tort de complicité dans un vol, il fit deux mois à la Petite Roquette, la prison pour mineurs de la rue de la Roquette : coups, privations, humiliations, le régime intégral. À sa sortie, il fabriqua une bombe et la déposa devant la porte du juge qui l'avait condamné. Elle n'explosa pas.

En janvier 1901, il commença à écrire dans Le Libertaire sous le nom de Miguel Almereyda, orphelin malheureux d'un feuilleton qu'il avait lu en prison. Anarchiste, polémiste, plusieurs fois condamné pour délits de presse, soutenu par Séverine, par Jaurès, par une génération militante, il fonda avec Gustave Hervé "La Guerre sociale" puis, après leur rupture, le "Bonnet rouge", journal populaire d'inspiration antimilitariste dont les bureaux occupaient le 12 rue Drouot dans le 9e arrondissement.

Au printemps 1917, l'affaire Bolo-Pacha et l'affaire Caillaux révélèrent que des fonds allemands avaient circulé dans des réseaux pacifistes français. Le Bonnet rouge fut compromis. Almereyda, malade, fatigué, abandonné par beaucoup d'anciens amis, fut arrêté le 6 août 1917. Emprisonné à la Santé, transféré à l'infirmerie de Fresnes, il mourut dans la nuit du 13 au 14 août, dans la cellule 14. Suicide, selon la version officielle. Assassinat, selon d'autres : il connaissait des noms, des montants, des intermédiaires qui avaient intérêt à son silence. La biographe Anne Steiner conclut : "Il faut se résigner à ne jamais savoir ce qui s'est exactement passé la nuit du 13 au 14 août entre les quatre murs de la cellule 14 de l'infirmerie de la prison de Fresnes."

Il avait trente-quatre ans. Son fils Jean avait douze ans. Il deviendrait cinéaste : "Zéro de conduite" (1933), "L'Atalante" (1934). Il mourut de tuberculose à vingt-neuf ans, en 1934. Il n'avait jamais cessé de chercher, à travers ses films, à rendre hommage au père.

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Événement
1917
7 août 1917 — Siège du journal "Le Bonnet rouge"
p 167
Le Bonnet rouge était suspendu depuis trois semaines quand la police se présenta au 21 rue de la Grange Batelière. Almereyda savait depuis des semaines que le filet se resserrait. Il n'avait nulle part où aller. L'affair …

Le Bonnet rouge était suspendu depuis trois semaines quand la police se présenta au 21 rue de la Grange Batelière. Almereyda savait depuis des semaines que le filet se resserrait. Il n'avait nulle part où aller.

L'affaire avait commencé loin de Paris. Au printemps 1917, un homme du nom d'Émile-Joseph Duval avait été arrêté à la frontière suisse en possession d'une lettre de change de plus de 150 000 francs, tirée sur une banque de Mannheim. L'argent avait transité par des intermédiaires, dont un certain Maurice Fournié, pour alimenter en France des journaux favorables à la paix séparée avec l'Allemagne. Le Bonnet rouge était dans le circuit.

Fondé par Miguel Almereyda après sa rupture avec Gustave Hervé, le journal était installé rue Drouot et rue de la Grange Batelière, dans le 9e arrondissement. Il avait maintenu pendant les premières années de la guerre une ligne antimilitariste de plus en plus inconfortable à mesure que l'Union sacrée étouffait la presse d'opposition. Almereyda, proche du radical Joseph Caillaux, ancien président du Conseil qui passait lui-même pour suspect de connivence avec l'ennemi, avait progressivement perdu le soutien de ses anciens camarades anarchistes et socialistes.

Le 13 juillet 1917, le Bonnet rouge fut suspendu par le gouvernement. Le 7 août, Almereyda fut arrêté rue de la Grange Batelière. Dans la même affaire étaient concernés Duval et Fournié, ainsi que, en arrière-plan, les réseaux qui entouraient Caillaux. L'accusation : détention de documents confidentiels touchant à la défense nationale, et complicité avec l'ennemi.

En temps de guerre, un tel chef d'accusation ne laissait guère d'issue.

Almereyda fut transféré à la prison de la Santé, puis à l'infirmerie de Fresnes. Il mourut dans la nuit du 13 au 14 août 1917, dans la cellule 14. Il avait trente-quatre ans. Les circonstances de sa mort ne furent jamais élucidées.

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Événement
1896
1896 — Galerie d'Art nouveau de Samuel Bing/Exposition de Constantin Meunier
p 167
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Événement
Date imprécise — Siège de la Fédération du Théâtre Ouvrier de France/Siège de l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires
p 167
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Événement
1956
7 novembre 1956 — Barricade devant le siège du Parti communiste français
p 168
Prise à parti du PCF contre l'intervention de l'URSS en Hongrie ; deux militants sont tués en défendant le bâtiment contre les manifestants
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Événement
1944
22 août 1944 — Siège du Parti communiste français (occupé par les milices de Darnand)
p 168
Reconquête du siège du PCF occupé par les milices de Darnand depuis janvier 1944 ; 8 combattants FTP sont tués
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Événement
1944
22 août 1944 — Librairie du PCF (occupée par les milices de Darnand)
p 168
Reconquête de la librairie du PCF, occupée par les milices de Darnand ; 8 combattants FTP sont tués
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Événement
Date imprécise — Siège de l'agence Inter Presse Publicité
p 168
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Événement
1935
2 juin 1935 — Siège de la Fédération musicale populaire
p 169
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Événement
1936
mai 1936 — Siège de "Ciné Liberté" (ciné-club du PCF)
p 169
Coopérative de techniciens et d'artistes liés au PCF ; 20 000 adhérents, réalisation d'actualités populaires
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Événement
Date imprécise — Siège de la 9ème section du Parti Socialiste
p 169
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Événement
Événement
1934
avril 1934 — Maison de la Culture (prolongement de l'AÉAR)
p 169
Première "maison de la culture", liée au PCF, dirigée par Louis Aragon
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Événement
Événement
Date imprécise — Siège de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail
p 169
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Événement
Date imprécise — Siège annexe du PCF/Siège de la revue "La Nouvelle critique"/École de la Nation
p 169
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Événement
1933
Événement
1864
28 septembre 1864 — Demeure d'Henri Tolain
p 172
Trois ouvriers parisiens partent pour Londres avec des frais de voyage financés par des cotisations de vingt-cinq centimes ; ils reviennent avec l'Association internationale des travailleurs. Henri Tolain est ciseleur su …

Trois ouvriers parisiens partent pour Londres avec des frais de voyage financés par des cotisations de vingt-cinq centimes ; ils reviennent avec l'Association internationale des travailleurs.

Henri Tolain est ciseleur sur bronze. Il habite au 105 ou 107 de la rue du Faubourg du Temple, dans le 10e arrondissement. En 1862, il a fait partie de la délégation ouvrière autorisée par Napoléon III à visiter l'Exposition universelle de Londres. Les ouvriers français y ont rencontré les syndicalistes anglais des Trade Unions. Ces rencontres ont produit une conviction commune : les travailleurs des différents pays ont les mêmes intérêts et sont mis en concurrence les uns contre les autres par les patrons. Il faut s'organiser au-delà des frontières.

En 1864, une nouvelle délégation est préparée. Trois ouvriers sont désignés : Tolain, Charles Limousin et Joseph Perrachon. Leurs frais de voyage sont couverts par une cotisation hebdomadaire de vingt-cinq centimes versée par les militants parisiens. La délégation part de Paris fin septembre.

Le 28 septembre 1864, à Saint Martin's Hall à Londres, se tient un meeting international qui rassemble ouvriers anglais, français, allemands, italiens, polonais. Le motif immédiat est la solidarité avec l'insurrection polonaise de 1863, écrasée par la Russie. Mais l'assemblée va au-delà. Elle décide de créer une organisation permanente : l'Association internationale des travailleurs, que l'histoire retiendra sous le nom de Première Internationale.

Karl Marx est présent dans la salle, presque par hasard, invité comme représentant des ouvriers allemands. Il ne prend pas la parole ce soir-là. Mais il est élu au comité provisoire et se voit confier la rédaction des textes fondateurs. Il écrit l'Adresse inaugurale et les Statuts provisoires, dont la première phrase deviendra célèbre : "L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes."

Tolain dirige la première section parisienne de l'Internationale, créée fin 1864. La section sera poursuivie, dissoute, reformée. Tolain siégera à l'Assemblée nationale en 1871 et refusera de rejoindre la Commune ; l'Internationale l'excluera pour cette raison. Mais ce qui fut décidé le 28 septembre 1864 à Londres continuera sans lui.

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Événement
1944
25 août 1944 — Caserne Vérines/Caserne Heinrich Himmler (pendant l'Occupation nazie)
p 173
Capitulation de la caserne du prince Eugène, dernier bastion de résistance des SS, assailli par les FFI-FTP de la compagnie Saint-Just
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Événement
1907
9 septembre 1907 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 173
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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 173
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 173
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 173
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1868
28 juin 1868 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall, conférence sur le salaire des femmes)
p 173
Dans la même salle où l'on dansait la veille, on discute ce soir si les femmes méritent un salaire égal — sous l'œil du commissaire de police. Depuis l'article 291 du Code pénal de 1810, toute association de plus de ving …

Dans la même salle où l'on dansait la veille, on discute ce soir si les femmes méritent un salaire égal — sous l'œil du commissaire de police.

Depuis l'article 291 du Code pénal de 1810, toute association de plus de vingt personnes — à objet religieux, littéraire, politique ou autre — est soumise à autorisation préalable du gouvernement. Sous le Second Empire autoritaire, la règle ne souffre aucune exception. Le 6 juin 1868, dans le cadre des réformes de « l'Empire libéral » impulsées par Eugène Rouher, Napoléon III promulgue une loi qui remplace l'autorisation par une simple déclaration. Conditions : ni politique, ni religion. Un commissaire de police assiste à chaque réunion. Il peut la dissoudre à tout moment. C'est une concession — étroitement encadrée.

Les premières réunions ont lieu dès le 18 juin 1868. Le 28, c'est au Tivoli Waux-Hall que se tient l'une d'elles.

Le lieu a une histoire longue. C'est l'artificier italien Giovanni Battista Torré qui fonde le premier Vauxhall en 1764, rue de Bondy, avec des spectacles pyrotechniques auxquels il adjoint rapidement bals et tournois. En 1785, le Vauxhall d'été se réinstalle rue Neuve-Samson — qui deviendra rue de la Douane, puis rue Léon-Jouhaux. En 1841, c'est là, aux numéros 12 à 16, que le Tivoli-Vauxhall prend sa forme définitive : grande salle de bal, café, jardin, entrée sur la rue de la Douane, sortie rue du Faubourg-du-Temple, à cinquante mètres du canal Saint-Martin. Ce n'est pas un lieu bourgeois. C'est un bal populaire du 10e.

Ce 28 juin 1868, Horn prend la parole devant un auditoire de curieux, d'ouvriers, de femmes de métier. Le sujet : le salaire des femmes. Sous le Second Empire, les femmes représentent plus d'un tiers de la main-d'œuvre ouvrière parisienne — couturières, brodeuses, blanchisseuses, modistes — et leur rémunération est systématiquement inférieure à celle des hommes pour un travail comparable. La réunion se tient en présence du commissaire. Les orateurs choisissent leurs mots. Mais la parole circule, le débat s'ouvre. Paris n'avait pas pratiqué l'assemblée publique depuis longtemps.

Ces réunions — on en comptera plus d'un millier entre 1869 et 1870 — sont, dans la tradition marxiste, le lieu où le prolétariat parisien fait son apprentissage politique. Ce n'est pas la révolution : c'est la répétition. La loi de 1868 est une concession arrachée par les commissions ouvrières qui en réclamaient le principe. Mais ce que le régime ouvre pour contenir, il ne peut plus le refermer. Le mouvement des réunions publiques est « aux sources de la Commune ».

En 1871, c'est au Tivoli Waux-Hall que se réunit l'assemblée du Comité de la Garde nationale, présents les délégués de presque tous les arrondissements de Paris.

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Événement
1878
21 janvier 1878 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 173-174
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Événement
1893
1 mars 1893 — Bourse du Travail/Place de la République
p 174
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Événement
1892
22 mai 1892 — Bourse du Travail
p 174
Inauguration de la nouvelle Bourse du Travail, transférée de la rue Jean-Jacques Rousseau suite au premier congrès de la Fédération des bourses du travail, le 7 février 1892
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Événement
1905
28 avril 1905 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 174
Meeting d'unification socialiste ; Hervé retournera complètement sa veste par la suite
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Événement
1893
7 juillet 1893 — Bourse du Travail/Place de la République
p 174
Ce matin de juillet 1893, un commissaire de police et vingt agents suffisent à éteindre le foyer le plus ardent du syndicalisme parisien. Le 7 juillet 1893, un commissaire de police et une vingtaine d'agents pénètrent au …

Ce matin de juillet 1893, un commissaire de police et vingt agents suffisent à éteindre le foyer le plus ardent du syndicalisme parisien.

Le 7 juillet 1893, un commissaire de police et une vingtaine d'agents pénètrent au 3 rue du Château-d'Eau, dans le 10e arrondissement. Les syndicalistes présents sont invités à quitter les lieux. La troupe prend position devant l'entrée et en interdit l'accès. La Bourse du Travail de Paris est fermée.

Le gouvernement Dupuy avait attendu sa chance. En avril, il avait mis les syndicats en demeure de régulariser leur situation au regard de la loi Waldeck-Rousseau de 1884 — enregistrement auprès de la puissance publique, dépôt des statuts. La majeure partie d'entre eux refusaient : se déclarer, c'était s'exposer, se mettre sous le regard de l'État. Les leaders de nombreux syndicats parisiens avaient choisi l'épreuve de force. En juin, Dupuy coupe les subventions. Le 12 juin, quatre mille personnes manifestent contre la mesure. Cela ne change rien. Le 7 juillet, il passe à l'acte.

La Bourse du Travail de Paris n'avait que six ans. Inaugurée en février 1887 rue Jean-Jacques Rousseau, puis installée en 1892 rue du Château-d'Eau dans un bâtiment neuf à la façade Renaissance, elle était devenue le cœur battant du syndicalisme parisien. Deux cent quatre-vingts groupes la fréquentaient : bonnetiers, boulangers, charpentiers, lithographes, peintres en bâtiment. On y organisait des réunions, des cours du soir, une bibliothèque, un bulletin mensuel, des bureaux de placement. On y débattait de la grève générale. Depuis 1891, l'exécutif en avait été renversé au profit d'une direction radicale qui annonçait sans détour que la Bourse serait « le foyer incandescent d'où jaillira l'éclair révolutionnaire ».

Charles Dupuy, président du Conseil depuis avril 1893, avait fait de la répression du mouvement ouvrier une priorité de politique intérieure. Les lois dites scélérates, qui criminaliseraient la propagande anarchiste et libertaire, suivront en décembre, après l'attentat de Vaillant à la Chambre des députés. La fermeture de la Bourse du Travail en est le prélude.

Les syndicats non conformes sont dissous en août. Leurs responsables condamnés à des amendes. Un petit groupe tente de maintenir une Bourse clandestine dans un local loué, mais l'hémorragie est massive : des 280 groupes membres, 80 seulement cotisent encore en novembre 1893 ; 25 en mai 1894. Un rapport de police note avec satisfaction que « depuis la fermeture de la Bourse du travail, les syndicats sont démoralisés ».

La Bourse ne rouvre qu'en avril 1896, quand le cabinet radical de Léon Bourgeois revient aux affaires. Mais elle le fait sous contrôle préfectoral — l'autogestion syndicale, brisée, ne sera jamais pleinement rétablie.

La rue du Château-d'Eau s'appelle aujourd'hui rue du 8-Mai-1945. Le bâtiment de Bouvard est toujours là, au 3 de la rue, à deux minutes de la place de la République.

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Événement
1908
3 août 1908 — Bourse du Travail/Place de la République
p 176
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Événement
1906
1 mai 1906 — Bourse du Travail/Place de la République
p 176
Clemenceau fait occuper la Bourse du Travail par la troupe ; Griffuelhes, Pouget et Merrheim sont arrêtés
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Événement
1911
27 avril 1911 — Siège du journal "La Bataille syndicaliste"
p 177
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Événement
Événement
1952
16 mai 1952 — Théâtre de l'Ambigu
p 178-180
Attaque fasciste contre une représentation de la pièce de Frédéric O'Brady "Le colonel Foster plaidera coupable", soutenue par le PCF, qui entraîne une interdiction préfectorale
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Événement
1889
14 juillet 1889 — Salle Lancry
p 178
Congrès de la Fédération des Travailleurs Socialistes de France, organisation réformiste, en concurrence de celui des marxistes organisé le même jour
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Événement
1958
6 février 1958
p 178
Expulsion par la SFIO suite à une demande du retrait des troupes françaises d'Algérie et des troupes russes de Hongrie conjointement avec les Jeunesses communistes. Le 6 février 1958, une crise éclate au sein de la SFIO …

Expulsion par la SFIO suite à une demande du retrait des troupes françaises d'Algérie et des troupes russes de Hongrie conjointement avec les Jeunesses communistes.

Le 6 février 1958, une crise éclate au sein de la SFIO autour de la guerre d’Algérie. Dans les locaux de la Fédération des Jeunesses socialistes de la Seine, situés au 41 boulevard de Magenta dans le 10e arrondissement, de jeunes militants socialistes sont expulsé par la force des locaux pour avoir pris position contre la politique coloniale du parti. Avec des membres des Jeunesses communistes, ils ont diffusé un appel commun réclamant le retrait des troupes françaises d’Algérie et, en parallèle, celui des troupes soviétiques de Hongrie.

Cette double revendication vise à dénoncer à la fois la répression coloniale française et l’écrasement de l’insurrection hongroise de 1956 par l’Armée rouge, dans une perspective internationaliste. Elle rompt frontalement avec la ligne officielle de la SFIO, alors engagée dans la poursuite de la guerre d’Algérie sous la direction de Guy Mollet. La direction socialiste voit dans cette démarche conjointe avec les communistes une remise en cause de son autorité et un risque de confusion politique entre les deux organisations.

En réaction, la SFIO décide trois jours plus tard la dissolution de la Fédération et l’expulsion des militants impliqués, parmi lesquels figure le jeune historien et militant Jean‑Jacques Marie.

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Événement
1946
19 mai 1946 — Salle Lancry
p 178
Pivert annonce son désir de réintégrer la SFIO, avec les ex membres du Parti socialiste ouvrier et paysan
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Événement
1867
30 septembre 1867 — L'Eldorado/Comédia théâtre
p 180
Un ancien ouvrier fondeur devenu ténor crée sur la scène d'un café-concert du boulevard de Strasbourg une chanson d'amour qui deviendra le chant des vaincus de mai 1871. Jean-Baptiste Clément a écrit les paroles en 1866. …

Un ancien ouvrier fondeur devenu ténor crée sur la scène d'un café-concert du boulevard de Strasbourg une chanson d'amour qui deviendra le chant des vaincus de mai 1871.

Jean-Baptiste Clément a écrit les paroles en 1866. Chansonnier montmartrois, journaliste, il vit de sa plume et de ses chansons dans le Paris des cafés-concerts. Il rencontre Antoine Renard, né à Lille en 1825, ancien ouvrier fondeur devenu ténor d'opéra, qui compose la mélodie.

Le 30 septembre 1867, Antoine Renard crée la chanson à l'Eldorado, café-concert du 4 boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, lors d'un spectacle donné par les "chanteurs rouges." Le titre du spectacle dit assez le milieu : sous le Second Empire finissant, le café-concert est l'un des rares espaces où une parole d'opposition peut circuler, sous couvert de divertissement populaire.

Le texte est une chanson d'amour. Il parle de cerises, de rossignols, de merles moqueurs, de belles qui auront la folie en tête, d'amoureux du soleil au cœur, de blessures ouvertes. Rien qui annonce une insurrection. Rien de politique.

Ce qui la rend politique vient après. En mai 1871, pendant la Semaine sanglante, Jean-Baptiste Clément combat sur les barricades de Belleville. Il y rencontre une jeune ambulancière nommée Louise, qui soigne les blessés sous le feu et dont il perd la trace. Il lui dédie sa chanson. À partir de là, les cerises rouges qui tombent des arbres deviennent, dans l'écoute des survivants, les gouttes de sang du peuple de Paris. Les "belles" et les "amoureux" deviennent les fusillés du Père-Lachaise et les déportés de Nouvelle-Calédonie. Le "temps des cerises" devient le temps trop court de la Commune, ces soixante-douze jours où Paris s'est gouvernée elle-même.

Aucun mot du texte n'a changé. C'est l'histoire qui l'a réécrit. La chanson d'amour de 1867 est devenue l'hymne de la Commune, chantée par les militants ouvriers pendant un siècle et demi. Antoine Renard, qui l'avait mise en musique, meurt en mai 1872, un an après la Semaine sanglante.

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Événement
Date imprécise — Section Rive droite du Club athlétique socialiste
p 180
Club qui réunit les sportifs ouvriers avant la guerre de 14
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Événement
1900
8 juillet 1900 — Salle du Globe (chez Favre)
p 180
En juillet 1900, quelques centaines d'ateliers français n'appartenaient ni à un patron ni à un actionnaire. Le 8 juillet 1900, la salle du Globe, au 8 du boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, ouvre ses port …

En juillet 1900, quelques centaines d'ateliers français n'appartenaient ni à un patron ni à un actionnaire.

Le 8 juillet 1900, la salle du Globe, au 8 du boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, ouvre ses portes au congrès des associations ouvrières de production de France adhérentes à la Chambre consultative. Trois jours de débats — les 8, 9 et 10 juillet. Dehors, l'Exposition universelle bat son plein : le Grand Palais vient d'ouvrir, le Pont Alexandre III aussi. Paris célèbre la puissance industrielle du siècle nouveau. Boulevard de Strasbourg, on discute de la manière dont les ouvriers peuvent produire sans patron.

L'idée n'est pas nouvelle. Depuis les projets de Louis Blanc en 1848, depuis les ateliers nationaux liquidés par la bourgeoisie en juin de cette même année, une tradition dans le mouvement ouvrier cherche à contourner le capital en organisant la production directement entre travailleurs. Une association ouvrière de production — ce qu'on appellera plus tard une coopérative — est une entreprise dont les salariés sont propriétaires : ils partagent les bénéfices, votent les décisions, élisent leur direction. En 1884, ces associations se fédèrent autour de la Chambre consultative. En 1900, la France en compte près de deux cent cinquante.

Le congrès de juillet arrive à un moment de divergence dans le mouvement ouvrier français. La CGT, fondée en 1895, a choisi la voie du syndicat et de l'action directe — grèves, boycott, rapport de force avec le patronat. Les coopérateurs pensent que la transformation sociale peut passer par l'économie plutôt que par le conflit. Ce n'est pas une position sans répondant théorique : Marx lui-même, dans l'Adresse inaugurale de l'Internationale en 1864, reconnaissait les coopératives de production comme « une victoire de l'économie politique du travail sur l'économie politique du capital » — tout en soulignant qu'elles ne pouvaient suffire à transformer le système seules.

Un an après le congrès, la loi de 1901 sur les associations donne enfin un cadre légal stable à ces organisations. La Chambre consultative des associations ouvrières de production deviendra en 1937 la Confédération générale des SCOP — les Sociétés coopératives et participatives, qui existent toujours.

En juillet 1900, boulevard de Strasbourg, les délégués débattaient pendant trois jours pendant que l'Exposition universelle montrait, à quelques kilomètres de là, le triomphe du capitalisme industriel. Les deux événements se tenaient dans la même ville, dans la même semaine, sans se regarder.

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Événement
1848
Événement
1905
23 avril 1905 — Salle du Globe (chez Favre)
p 181
Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans. Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de …

Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans.

Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de Strasbourg, pour fonder ce que la France attend depuis vingt ans : un parti socialiste unifié. Ils viennent de trois organisations rivales qui se sont combattues avec une férocité dont seule la gauche a le secret. Le Parti socialiste de France de Jules Guesde, marxiste orthodoxe, partisan de la lutte de classes sans compromis. Le Parti socialiste français de Jean Jaurès, tribun, humaniste, ouvert à l'alliance républicaine. Et le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane, ouvriériste, méfiant envers les intellectuels et les parlementaires.

L'ordre d'Amsterdam L'unification ne vient pas de Paris — elle vient d'en haut. Au congrès d'Amsterdam de l'Internationale ouvrière, en août 1904, les socialistes du monde entier ont mis les Français au pied du mur. La motion dite « de Dresde-Amsterdam », portée par Bebel et soutenue par Guesde, condamne le « révisionnisme » et le « ministérialisme » — comprendre : l'entrée de Millerand dans un gouvernement bourgeois en 1899, que Jaurès avait défendue. L'Internationale exige l'unité des socialistes français dans un parti de classe, et Jaurès s'incline.

Le congrès de Rouen, en mars 1905, règle les questions préparatoires. Le Globe, un mois plus tard, scelle la fusion. La Section française de l'Internationale ouvrière — SFIO — naît le 25 avril, avec ses 35 000 adhérents, ses fédérations départementales, son journal (L'Humanité, fondé par Jaurès un an plus tôt), et une doctrine de compromis : révolutionnaire dans les textes, parlementaire dans la pratique.

L'unité fragile La salle du Globe résonne de vivats — « Vive l'unité socialiste ! » — mais les fractures n'ont pas disparu. Guesde et Jaurès ne sont d'accord sur presque rien : ni sur la guerre, ni sur la colonisation, ni sur la participation gouvernementale, ni sur le rapport à la République bourgeoise. L'unité tient parce que l'Internationale l'impose et que personne n'ose la briser.

Elle tiendra quinze ans. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité du parti votera l'adhésion à la IIIe Internationale de Lénine et fondera le Parti communiste. La minorité gardera le sigle SFIO et le nom de Jaurès — tué entre-temps, le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à quelques rues d'ici.

Boulevard de Strasbourg, la salle du Globe a disparu. Le socialisme unifié aussi.

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Événement
1919
27 mai 1919 — Salle du Globe (chez Favre)
p 181
Décision par le Comité confédéral national de la CGT, avec les syndicats britanniques et italiens, d'une action internationale contre l'intervention alliée en URSS
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Événement
1867
1867 — Grand Concert Parisien
p 182
Café chantant où débute Rosa Bordas ; Frédéric Doria y crée la "Chanson des blés d'or"
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Événement
1944
1 juillet 1944 — Manifestation du PCF pendant l'Occupation (encadrée par les FTP)
p 182
Manifestation antinazie ; démonstration de force du PCF avant la Libération
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Événement
1939
1939 — Siège de la revue "Regards"
p 183
Premier siège de la revue du PCF "Regards", hebdomadaire en images du PCF, complément de "l'Humanité"
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Événement
1938
1938 — Siège de la revue "Regards"
p 183
Premier siège de la revue du PCF "Regards", hebdomadaire en images du PCF, complément de "l'Humanité"
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Événement
1932
janvier 1932 — Siège de la revue "Regards"
p 183
Premier siège de la revue "Regards", hebdomadaire en images du PCF, complément de "l'Humanité" ; "Regards sur le monde du travail" devient "Regards" en septembre 1933
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Événement
1939
1939 — Siège de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail/Siège de la revue "Sport"
p 183
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Événement
1938
Événement
1939
1939 — Siège des Jeunesses communistes/Siège du journal "Le Conscrit"
p 183
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Événement
1936
1936 — Siège des Jeunesses communistes/Siège du journal "Le Conscrit"
p 183
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Événement
1926
26 juin 1926 — Banque ouvrière et paysanne (liée à La Bellevilloise ; elle succède à l'ARCO)
p 184
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Événement
1930
24 juillet 1930 — Banque ouvrière et paysanne (qui succède à l'ARCO)
p 184
En 1930, la justice française perquisitionnait une banque ouvrière en quête de l'argent du Komintern. Elle trouva surtout l'occasion de consolider le PCF. La Banque Ouvrière et Paysanne (BOP), au 106 de la rue La Fayette …

En 1930, la justice française perquisitionnait une banque ouvrière en quête de l'argent du Komintern. Elle trouva surtout l'occasion de consolider le PCF.

La Banque Ouvrière et Paysanne (BOP), au 106 de la rue La Fayette dans le 10e arrondissement, avait succédé à l'ARCO comme institution financière liée au Parti communiste français. Elle fournissait des services bancaires aux militants, aux coopératives et aux organisations ouvrières. Pour le gouvernement Tardieu, elle servait surtout de canal pour acheminer les fonds de l'Internationale communiste vers le PCF.

L'expression « or de Moscou » désignait l'argent que le Komintern envoyait aux partis communistes à travers le monde. En France, le PCF traversait alors sa période la plus stalinisée — « classe contre classe », rupture avec les socialistes, alignement sur Moscou. Le gouvernement voulait en faire la preuve judiciaire.

La commission rogatoire du 24 juillet 1930 fut suivie d'une enquête. La BOP fit finalement faillite. En réponse, le PCF mobilisa ses réseaux : cent cinquante comités de défense se constituèrent à travers la France, coordonnés par L'Humanité. La répression avait contribué à consolider les structures militantes du parti.

L'effet de la persécution sur un parti communiste de l'entre-deux-guerres était souvent inverse à ce qu'espérait le gouvernement : chaque commission rogatoire faisait une souscription, chaque arrestation faisait un martyr. Le 106 rue La Fayette resta un adresse ouvrière encore longtemps après la faillite de la banque.

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Événement
1901
1901 — Réunions du "Groupe libertaire italien"
p 184
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Événement
1930
1930 — Siège de la revue Les Cahiers du Bolchévisme/Siège de la revue Scène ouvrière/Centre de diffusion du livre et de la presse
p 184
Siège de la revue Les Cahiers du Bolchévisme et de Scène ouvrière ; diffusion de bustes de Marx et de Lénine. Également Centre de diffusion du livre et de la presse (CDLP)
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Événement
Événement
Date imprécise — Coopérative des Sports/Siège de la revue "Sport"
p 185
Coopérative de la Fédération sportive du travail, la FST ; elle abrite le siège de la revue Sport
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "Le Père Peinard"
p 185
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Événement
1921
Événement
Événement
1921
14 juillet 1921 — Premier siège du Parti communiste français
p 186
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Événement
1936
Événement
1937
1937 — Siège de la Fédération de Paris du PCF
p 188
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Événement
Date imprécise — Siège des "Éditions Sociales"/Siège des éditions Messidor/Livre-club Diderot/Cahiers du Communisme
p 188
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Événement
1910
1910 — Gare du Nord
p 189
Lénine fait parvenir son courrier par les ouvriers du wagon postal du train de St Pétersbourg
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Événement
1925
1925 — Siège de l'Union des Femmes Françaises/Heures claires
p 189
Présentation, à des fins de propagande féministe, de candidates aux élections par l'organisation féminine du PCF ; les femmes n'ont alors toujours pas le droit de vote en France
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Événement
1931
1931 — Centre confédéral d'éducation ouvrière de la CGT
p 190
Création de l'Institut Supérieur Ouvrier pour la formation des syndicalistes, dans le cadre des collèges du Travail, dont la création fut décidée au congrès de Japy
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Événement
Date imprécise — Siège de la Confédération Générale du Travail
p 190-191
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Événement
1832
1832 — Cayenne des Compagnons du Devoir
p 191
Cayenne des Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France ; une des plus anciennes à Paris
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Événement
1938
17 juin 1938 — Salle Susset
p 191
Conférence constitutive des Jeunesses du Parti socialiste ouvrier paysan, le PSOP, parmi lesquelles les militants trotskistes sont majoritaires
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Événement
1941
1941 — Magasin de cycles de Paul et Marie-Thérèse Lefebvre/Dépôt d'armes du PCF
p 191
Magasin et réparation d'armes et de fabrication d'explosifs de la Résistance
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Événement
1936
1936 — Salle Susset/Réunions des Jeunesses Socialistes Révolutionnaires
p 191
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Événement
1907
1907 — Bourse du Travail CGT/Imprimerie du journal "La Voix du Peuple"
p 193
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Événement
1952
1952 — Siège de la Fédération Anarchiste/Siège du journal "Le Libertaire"
p 193
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Événement
1946
1946 — Siège de la Fédération Anarchiste/Siège du journal "Le Libertaire"
p 193
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Événement
1928
Événement
1924
11 janvier 1924 — Salle de la Grange aux Belles
p 196-197
Le PCF tire sur des anarchistes venus contester une réunion politique
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Événement
1934
23 décembre 1934 — Salle de la Grange aux Belles
p 197
Premier congrès du Parti Communiste, Section française de l'Internationale communiste ; création de la FSGT par la fusion des fédérations PS et PC ; 515 clubs USSGT (socialistes, 7 000 membres), FST (communistes, 11 000 …

Premier congrès du Parti Communiste, Section française de l'Internationale communiste ; création de la FSGT par la fusion des fédérations PS et PC ; 515 clubs USSGT (socialistes, 7 000 membres), FST (communistes, 11 000 membres)

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Événement
1921
15 mai 1921 — Salle de la Grange aux Belles
p 197
Premier congrès du Parti Communiste, Section française de l'Internationale communiste ; congrès administratif pour l'adoption des statuts
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Événement
1912
août 1912 — Second siège de la coopérative l'Égalitaire/Siège de la Fédération athlétique socialiste (la FAS)
p 199-200
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Événement
1923
juillet 1923 — Second siège de la coopérative l'Égalitaire/Siège de la Fédération Sportive du Travail/Siège du bulletin "Sport ouvrier"
p 200
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Événement
1933
Événement
1840
2 septembre 1840 — Usine d'armes d'Auguste Pihet
p 200
Ce matin de septembre, les ouvriers de l'avenue Parmentier n'ont pas décidé de faire la révolution, mais la machine à les écraser s'est mise en branle. Le 2 septembre 1840, des heurts violents éclatent à l'usine d'August …

Ce matin de septembre, les ouvriers de l'avenue Parmentier n'ont pas décidé de faire la révolution, mais la machine à les écraser s'est mise en branle.

Le 2 septembre 1840, des heurts violents éclatent à l'usine d'Auguste Pihet, 3 avenue Parmentier, dans le faubourg du Temple. Les carrossiers, serruriers et mécaniciens en grève depuis plusieurs jours occupent les ateliers ; la police et la troupe sont appelées pour les en déloger. On dénombre deux mille grévistes mobilisés, quatre cents arrestations, et un sergent de ville tué dans les affrontements. C'est l'une des journées les plus violentes d'un été social qui s'embrase dans toute la capitale.

L'été 1840 est l'un des moments les plus agités de la Monarchie de Juillet. On compte cent trente grèves en quelques semaines, dans une dizaine de corps de métier : tailleurs de pierre, menuisiers, typographes, serruriers. Les corporations ouvrières de Paris, privées depuis le décret d'Allarde et la loi Le Chapelier de 1791 de tout droit à s'organiser collectivement, résistent néanmoins par des formes informelles de coalition. L'article 415 du Code pénal punit ces coalitions de prison, mais les ouvriers s'organisent malgré tout, à travers les sociétés de secours mutuel et les réseaux de compagnonnage.

Le quartier de l'avenue Parmentier, dans ce faubourg du Temple où les métiers du métal et du bois cohabitent depuis le XVIIe siècle, est un des foyers de cette agitation. L'usine Pihet est un atelier de fabrication d'armes partiellement reconverti en atelier de carrosserie. Lorsque la troupe arrive pour expulser les grévistes, la résistance est réelle : des outils servent d'armes, les quatre cents arrestations qui suivent décapitent provisoirement le mouvement.

Marx et Engels, qui étudieront ces épisodes dans leurs analyses du mouvement ouvrier français, y verront les premières esquisses d'une conscience de classe qui ne sait pas encore son nom. La contradiction est déjà là, nettement visible en 1840 : l'État bourgeois de la Monarchie de Juillet, qui se réclame des libertés de 1789, réprime dans le sang l'exercice collectif de ces mêmes libertés dès qu'elles menacent la propriété.

Trois ans plus tard, les grandes grèves de 1840 nourriront la réflexion de Louis Blanc dans "L'Organisation du travail" (1841), et formeront une partie du terreau intellectuel qui mène aux journées de juin 1848 et, au-delà, à la Commune. Chaque fois, la même réponse de l'État face à l'organisation ouvrière naissante : les bâtons de la police et les fusils de la troupe.

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Événement
1914
1 août 1914 — Second siège de la coopérative l'Égalitaire/Coopérative ouvrière
p 200
Jean Jaurès avait été assassiné la veille. La mobilisation générale fut affichée dans la matinée. La CGT tint réunion. Elle décida de ne pas appeler à la grève. L'antimilitarisme de vingt ans s'effaçait en quelques heure …

Jean Jaurès avait été assassiné la veille. La mobilisation générale fut affichée dans la matinée. La CGT tint réunion. Elle décida de ne pas appeler à la grève. L'antimilitarisme de vingt ans s'effaçait en quelques heures.

Depuis la Charte d'Amiens de 1906, la position officielle de la Confédération générale du travail était claire : en cas de guerre déclarée, la classe ouvrière répondrait par la grève générale. Cette menace avait été réaffirmée aux congrès de l'Internationale socialiste de Stuttgart (1907) et de Bâle (1912). Elle était le principal levier du mouvement ouvrier contre les gouvernements bellicistes.

Le 1er août 1914, la mobilisation générale fut décrétée en France. Dans la matinée, les affiches blanches annoncèrent dans toutes les mairies que les hommes devaient rejoindre leurs régiments. Jean Jaurès avait été abattu la veille au café du Croissant, et avec lui avait disparu la voix la plus déterminée contre la guerre dans le mouvement socialiste français.

La Commission administrative de la CGT se réunit ce jour-là dans les locaux de la coopérative ouvrière de la rue de Sambre et Meuse, dans le 10e arrondissement. La décision fut prise de ne pas déclencher d'action de masse. Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT depuis 1909, opta pour le soutien à l'effort de guerre.

Quelques jours plus tard, le 4 août, la SFIO votait les crédits de guerre à l'Assemblée nationale. Jouhaux prit la parole aux funérailles de Jaurès au cimetière Montparnasse pour appeler à la défense nationale. L'Union sacrée était actée.

Lénine, apprenant le vote des socialistes allemands pour les crédits de guerre, crut d'abord à un faux des journaux. Il écrirait plus tard que ce vote marquait la faillite de la Deuxième Internationale. La décision de la CGT du 1er août en était l'acte préliminaire.

Les hommes partirent au front. Beaucoup n'en revinrent pas.

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Événement
1914
2 août 1914 — Librairie du Travail (fermée pour cause d'union sacrée)
p 200
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Événement
1911
janvier 1911 — Librairie du Travail/Siège de la revue "La Vie Ouvrière"
p 200
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Événement
1925
juin 1925 — Librairie du Travail/Siège de la revue "La Révolution prolétarienne"
p 201
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Événement
1916
29 février 1916 — Commission socialiste internationale (créée à Zimmerwald)
p 201
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Événement
Date imprécise — Atelier Barbedienne (fonderie de bronze)
p 202
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Événement
1851
2 décembre 1851 — Rue de Lancry/Lieu de massacre d'opposants au coup d'État du 2 Décembre
p 202
Massacre d'opposants au coup d'État de Napoléon le Petit ; rapporté par Hugo dans "Histoire d'un crime"
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Événement
1929
15 août 1929 — Rédaction de la revue "La Vérité"
p 202
Du fond de son exil turc, Trotsky sait que la vérité n'est pas dans Pravda. Le 15 août 1929, à Paris, sort le premier numéro de La Vérité, hebdomadaire de l'Opposition de gauche. L'adresse est celle du 23 rue des Vinaigr …

Du fond de son exil turc, Trotsky sait que la vérité n'est pas dans Pravda.

Le 15 août 1929, à Paris, sort le premier numéro de La Vérité, hebdomadaire de l'Opposition de gauche. L'adresse est celle du 23 rue des Vinaigriers, dans le 10e arrondissement, à deux pas du canal Saint-Martin. Alfred Rosmer, syndicaliste de la première heure et cofondateur du Parti communiste français, en est le rédacteur en chef ; Pierre Frank, Raymond Molinier, Pierre Naville, Gérard Rosenthal participent au lancement. C'est le premier journal trotskiste publié dans le monde.

Le titre est délibéré. La Vérité est la traduction française de Pravda, l'organe du Parti communiste soviétique. Mais la vérité du journal stalinien, pour Trotsky, n'est qu'un mensonge organisé. Depuis 1923, Trotsky et l'Opposition de gauche combattent à l'intérieur du Parti bolchevique la bureaucratisation croissante du pouvoir soviétique, la doctrine du « socialisme dans un seul pays » forgée par Staline pour consolider sa domination personnelle, la subordination du mouvement ouvrier international aux intérêts d'État de l'URSS. En 1927, l'Opposition est expulsée du Komintern. En janvier 1929, Trotsky est chassé d'URSS et relégué sur l'île de Prinkipo, dans la mer de Marmara, d'où il maintient par courrier une correspondance intense avec ses soutiens dans le monde entier.

En France, ses contacts avaient distribué depuis 1927 une revue, Contre le courant, animée par des opposants au cours stalinien du PCF. Les discussions pour créer un organe plus large et plus lisible aboutissent à l'été 1929 : La Vérité naîtra hebdomadairement, imprimée, diffusée, signée. Rosmer, qui avait connu Lénine à Moscou et siégé à l'exécutif du Komintern avant d'en être exclu, est l'homme idoine : il incarne la continuité avec le bolchevisme authentique, contre la falsification stalinienne.

Le journal paraît à un moment décisif. La Grande Dépression commence en octobre 1929 ; les mouvements ouvriers européens entrent dans une période de turbulences majeures. En France, le PCF, soumis à la ligne ultra-gauche du « Troisième Période » imposée par Moscou, refuse toute alliance avec les autres partis de gauche et désigne la social-démocratie comme « social-fasciste ». L'Opposition de gauche tente de faire entendre une autre voix : front unique contre la montée des droites, retour à l'internationalisme marxiste, démocratie interne dans les partis ouvriers.

En avril 1930, la Ligue communiste est officiellement fondée autour du noyau de La Vérité. Le journal, sous des formes variées, continuera de paraître à travers les décennies, porté par différentes organisations trotskistes françaises. Dans une rue ouvrière du 10e arrondissement, ces premières pages avaient engagé une longue histoire.

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Événement
1936
12 juin 1936 — Local du Parti Ouvrier Internationaliste (POI, trotskiste)
p 202
Siège du Parti ouvrier internationaliste, dont le journal s'intitule "Lutte ouvrière" ; unification du PCI, du groupe bolchevik-léniniste de la SFIO, et des JSR
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Événement
1871
11 avril 1871 — Mairie du 10ème arrondissement/Siège de l'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
p 203
Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent …

Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent, un par arrondissement, reliés à un comité central. C'est la première organisation féminine de masse de l'histoire française.

À sa tête, deux femmes que tout semble opposer. Nathalie Le Mel est bretonne, ouvrière relieuse, militante de l'Internationale depuis des années, proche d'Eugène Varlin — une femme du peuple enracinée dans le mouvement ouvrier parisien. Élisabeth Dmitrieff a vingt ans, elle est russe, aristocrate, a contracté un mariage blanc pour pouvoir voyager librement, a rencontré Marx à Londres en 1870 et est arrivée à Paris en mars 1871 envoyée par l'Internationale. Leurs parcours divergent, leur engagement converge : toutes deux voient dans la Commune une occasion unique d'arracher aux femmes une place dans la révolution, pas seulement comme soignantes mais comme combattantes et comme forces politiques.

Ensemble elles signent l'adresse aux citoyennes, publiée dans le Journal Officiel du 14 avril et dans Le Cri du peuple du 16 avril. L'Union ne se limite pas aux ambulances que son nom évoque. Ses statuts, publiés dans La Sociale du 20 avril, prévoient des comités d'arrondissement chargés de recenser les citoyennes prêtes à servir aux ambulances, aux fourneaux — et aux barricades. Elle formule des revendications sociales concrètes : égalité de salaire entre hommes et femmes, réorganisation du travail en coopératives ouvrières, prise en charge des enfants.

Autour d'elles gravitent Blanche Lefebvre, Anna Jaclard, André Léo, Sophie Graix, Adélaïde Valentin — une constellation de femmes aux origines diverses, ouvrières et intellectuelles, françaises et étrangères, unies par la conviction que la question sociale et la question des femmes sont indissociables.

La Semaine sanglante met fin à leurs activités. Le Mel sera déportée en Nouvelle-Calédonie. Dmitrieff parviendra à fuir et disparaîtra en Russie. Leur organisation, éphémère, reste un moment fondateur de l'histoire du féminisme socialiste.

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Événement
1929
4 décembre 1929 — Siège de l'hebdomadaire "le Cri du Peuple"
p 203
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Événement
1929
avril 1929 — Siège de la revue "La Révolution prolétarienne"
p 203
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 206
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 206
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 206-207
Jean Baptiste Clément dédie à l'ambulancière Louise, la jeune femme qui avait assisté les combattants de la barricade et dont on ne connait ni le nom ni ce qu'elle est devenue, son "Temps des Cerises"
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Événement
1878
30 mai 1878 — Cirque Myers/Les Magasins Réunis
p 206
Manifestation interdite de 6 000 personnes, qui lance un appel en faveur des prisonniers politiques
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Événement
Événement
1944
24 août 1944 — Barricade devant la Maison des Métallos
p 208
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Événement
Événement
Date imprécise — Fabrique d'instruments de musique Gautrot
p 208
Plus importante manufacture d'instruments de musique au Monde à l'époque ; elle emploie 600 ouvriers
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Événement
1952
1952 — Clinique des Bluets/Hôpital des métallurgistes
p 210
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Événement
1907
6 novembre 1907 — Entreprise Bariquand (plus importante usine de machines-outils de Paris)
p 210
Les frères Wright font monter en puissance le moteur de leur avion
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Événement
Événement
1929
1929 — Magasin de la maison de disques "La Voix des Nôtres"
p 211
En 1929, au 14 boulevard des Filles du Calvaire à Paris, une maison diffuse des chants révolutionnaires aux abonnés du journal Le Populaire. Cette initiative s’inscrit dans le contexte de l’entre-deux-guerres, période ma …

En 1929, au 14 boulevard des Filles du Calvaire à Paris, une maison diffuse des chants révolutionnaires aux abonnés du journal Le Populaire. Cette initiative s’inscrit dans le contexte de l’entre-deux-guerres, période marquée par une forte activité militante et culturelle de la gauche française. Le Populaire, organe de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), est alors un journal socialiste influent. La diffusion de chants révolutionnaires par ce biais vise à renforcer la culture ouvrière et l’identité militante des lecteurs, en leur proposant un répertoire engagé directement à domicile.

Sources

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Événement
1904
février 1904 — Alhambra (qui deviendra l'Alhambra Maurice Chevalier)
p 211
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Événement
1959
30 septembre 1959 — Demeure de Gérard Lorne
p 211
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Événement
1870
novembre 1870 — Coopérative de transformation de fusils (créée et organisée par l'A.I.T.)/Coopérative ouvrière
p 212
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Événement
1913
25 mai 1913 — Coopérative ouvrière "La Laborieuse" (salle des fêtes)
p 212
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Événement
1867
juillet 1867 — École des filles du passage Raoul (mise à disposition par le maire du 11ème arrondissement)
p 212-213
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Événement
1919
1919 — Restaurant de l'Union des Coopératives/Coopérative ouvrière
p 212
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Événement
1864
1864 — Siège de la chambre syndicale des ouvriers du Bronze
p 212
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Événement
1871
24 mai 1871 — Poste du 66ème bataillon de la Garde nationale
p 213
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Événement
1871
6 avril 1871 — Demeure de Jean-Baptiste François
p 213
Les dalles de support de la guillotine détruite pendant la Commune sont entreposées chez le directeur de la Roquette ; d'où le surnom donné à l'échafaud, "l'abbaye de Cinq-Pierres"
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Événement
1871
6 avril 1871
p 213
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1944
6 août 1944 — Imprimerie Frémiot
p 214
Le 6 août 1944, cinq mille affiches sortirent de l'imprimerie Frémiot, avenue Parmentier. Quatorze jours plus tard, Paris était libre. L'imprimerie de Louis Frémiot était installée au 16 avenue Parmentier, dans le 11e ar …

Le 6 août 1944, cinq mille affiches sortirent de l'imprimerie Frémiot, avenue Parmentier. Quatorze jours plus tard, Paris était libre.

L'imprimerie de Louis Frémiot était installée au 16 avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement. Le 6 août 1944, dans les conditions du Paris occupé, elle imprima cinq mille exemplaires de l'ordre de mobilisation générale des Francs-Tireurs et Partisans Français de la région Paris.

Le texte avait été rédigé par l'état-major régional des FTPF, coordonné notamment par Pierre Georges, dit le colonel Fabien, et par Rino Scolari. L'ordre appelait les résistants et les patriotes à se lever. Les affiches furent transportées et stockées en lieu sûr.

Dans la nuit du 10 au 11 août 1944, elles furent collées sur les murs de Paris. La date du 10 août n'était pas choisie au hasard : c'était le cent cinquante-deuxième anniversaire de la prise des Tuileries par les sections révolutionnaires en 1792. La Résistance aimait ses calendriers.

Paris était encore occupé. Les Allemands contrôlaient la ville, les exécutions continuaient, les déportations également. La grève de la police ne commencerait que le 15 août, le soulèvement général le 19. Mais les affiches étaient déjà sur les murs.

Louis Frémiot risquait sa vie et son imprimerie. Le colonel Fabien ne vit pas la Libération de Paris qu'il avait préparée : il mourut en Alsace en décembre 1944, quatre mois après avoir commandé la mobilisation.

Les affiches du 10 août furent le dernier appel aux armes avant que les barricades ne s'élèvent.

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Événement
1899
8 décembre 1899 — Salle Japy/Congrès général des organisations socialistes
p 215
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Événement
1931
1931 — Siège de la Fédération du Théâtre Ouvrier de France
p 215
Phalange du 18ème, Amicale artistique du 14ème, l'Aube artistique de Bobigny ; Gaston Clamamus va transformer ces groupes en "Blouses bleues"
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Événement
Événement
1941
14 mai 1941 — Gymnase Japy (lieu d'internement lors des premières rafles)
p 216
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1871
17 mars 1871 — École dite de la rue Basfroi/Comité central de la Garde nationale (siège pendant la Commune)
p 216
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Événement
1920
22 avril 1920 — Salle Japy
p 216
Troisième congrès fédéral des travailleurs des chemins de fer ; décision de grève générale illimitée le 1er mai pour la nationalisation ; 374 000 syndiqués
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Événement
Date imprécise
p 218
Lieu de réunions des révolutionnaires italiens au début du 20ème siècle
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Événement
1962
8 février 1962 — Bouche du métro Charonne/Comité Audin
p 218-219
Répression d'une manifestation anti-OAS, qui fera 9 tués, tous CGT, et plus de 100 blessés Le 8 février 1962, une manifestation anti-OAS rassemble des milliers de syndicalistes à Paris, dans le contexte de la guerre d'Al …

Répression d'une manifestation anti-OAS, qui fera 9 tués, tous CGT, et plus de 100 blessés

Le 8 février 1962, une manifestation anti-OAS rassemble des milliers de syndicalistes à Paris, dans le contexte de la guerre d'Algérie. L'Organisation armée secrète (OAS), groupe clandestin opposé à l'indépendance algérienne, multiplie les attentats et les violences contre les partisans du général de Gaulle.

Vers 21 heures, le cortège, composé majoritairement de militants de la Confédération générale du travail (CGT), arrive rue de Charonne dans le 11e arrondissement. Des forces de police, déployées en masse, chargent violemment la foule à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Des témoignages rapportent des tirs de balles réelles par les forces de l'ordre, transformant la rue en piège mortel.

Bilans : neuf morts, tous membres de la CGT, dont Pierre Beylot, cheminot de 21 ans, et plus de 100 blessés. Parmi les victimes, des ouvriers et des militants syndicaux abattus ou piétinés dans la cohue. L'événement, connu comme le massacre de la rue de Charonne, est l'un des plus meurtriers de la répression policière sous la Ve République.

Une plaque commémorative sur le mur de la rue rappelle les noms des victimes et la date. Chaque année, des cérémonies y rendent hommage aux syndicalistes tués.

Sources

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Événement
1899
Événement
1873
1873
p 220-221
Cail fait construire un ensemble social, ateliers et logements, permettant d'accueillir 2 000 personnes
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Événement
1951
1 mai 1951
p 222
Bagarres entre militants algériens et la police venue arracher deux drapeaux du MTLD lors du défilé du 1er mai ; 1 600 militants algériens seront arrêtés et une centaine de flics blessés
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Événement
1910
1910 — Coopérative de consommation "La Famille du 11ème"/Coopérative ouvrière
p 222
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Événement
Événement
Date imprécise — Siège de l'université populaire fondée par Georges Deherme
p 223
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Événement
1920
7 février 1920 — Théâtre du Peuple et de la Coopération des idées/Club du Faubourg
p 223
Le 7 février 1920, le manifeste Dada est proclamé par Breton à Paris, au club du Faubourg, en présence de Léo Poldès et de Raymond Duncan. Il suscite de vives réactions, racontées par Aragon : « La longueur de ce morceau …

Le 7 février 1920, le manifeste Dada est proclamé par Breton à Paris, au club du Faubourg, en présence de Léo Poldès et de Raymond Duncan. Il suscite de vives réactions, racontées par Aragon : « La longueur de ce morceau et surtout son caractère poétique eurent rapidement fait de ramener l'union parmi les assistants. Le tollé devint général. » En effet, parmi le public de travailleurs et de leaders syndicalistes, la soirée avait tourné à l'affrontement entre anarchistes et socialistes : la proclamation du manifeste dada ramène l'unité contre lui.

Sources

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Événement
1899
1899 — Théâtre du Peuple et de la Coopération des idées/Coopérative culturelle
p 223
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 224-225
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
1846
30 septembre 1846 — Boulangerie Astier
p 224
Émeute contre la spéculation et l'augmentation du pain, à laquelle participent nombre de jeunes et d'ouvriers allemands ; le faubourg est occupé militairement
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Événement
1846
30 septembre 1846 — Boulangerie Baudon
p 224
Émeute des ouvriers du faubourg, dont beaucoup de jeunes et d'ouvriers allemands, contre la spéculation et l'augmentation du pain ; le faubourg est occupé militairement
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Événement
1846
30 septembre 1846 — Barricade en 1846
p 224
Deux ans avant 1848, le Faubourg Saint-Antoine se soulève contre le prix du pain, et l'armée occupe le quartier : la Monarchie de Juillet vient d'entendre son avertissement. La récolte de 1846 a été mauvaise. La maladie …

Deux ans avant 1848, le Faubourg Saint-Antoine se soulève contre le prix du pain, et l'armée occupe le quartier : la Monarchie de Juillet vient d'entendre son avertissement.

La récolte de 1846 a été mauvaise. La maladie de la pomme de terre, qui affame l'Irlande cette même année, a également frappé la France. Le prix du blé grimpe. Les spéculateurs achètent, stockent, revendent au plus haut. Le prix du pain double presque en quelques mois. Pour un ouvrier parisien qui consacre déjà plus de la moitié de son salaire à l'alimentation, cette hausse signifie la faim.

Le 30 septembre 1846, l'agitation éclate dans le Faubourg Saint-Antoine, le vieux quartier ouvrier du meuble et de l'ébénisterie, celui qui avait pris la Bastille en 1789 et dressé les barricades en 1830. Les émeutiers se portent sur les boulangeries : la boulangerie Astier au 159 rue du Faubourg Saint-Antoine, la boulangerie Baudon au 165, d'autres encore. Une barricade est dressée rue d'Aligre. Les boutiques sont forcées, le pain distribué ou vendu à prix fixé par la foule.

Les rapports de police notent la présence de nombreux jeunes ouvriers et d'ouvriers allemands. Paris compte alors une importante colonie allemande, principalement composée de compagnons artisans, tailleurs, ébénistes, dont plusieurs sont organisés dans la Ligue des Justes, société secrète communiste. C'est dans ce milieu que Marx et Engels, tous deux passés par Paris dans les années 1840, ont recruté leurs premiers militants. Deux ans plus tard, à la demande de cette même organisation devenue Ligue des Communistes, ils écriront le Manifeste du parti communiste.

La réponse du gouvernement de Guizot est militaire. Le faubourg est occupé par la troupe. Les meneurs sont arrêtés. L'ordre est rétabli en quelques jours. Louis-Philippe et ses ministres considèrent l'affaire comme une émeute de subsistance, phénomène ancien et connu, sans portée politique.

Ils se trompent. La crise économique de 1846-1847 est le facteur déclenchant direct de la Révolution de février 1848. Dix-sept mois après les boulangeries du Faubourg Saint-Antoine, le trône de Louis-Philippe brûlera place de la Bastille.

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Événement
1851
3 décembre 1851 — Café des Peuples/Salle Roysin/Salle Roisin/Salle Raysin/Club Roysin (cité par Victor Hugo dans "Histoire d'un crime")
p 224
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Événement
1868
1 novembre 1868 — Cimetière Montmartre (27ème division)/Tombe d'Alphonse Baudin
p 225 & 320
Cérémonie sur la tombe du député Alphonse Baudin ; ses organisateurs sont arrêtés
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Événement
1848
mars 1848
p 225
Club modéré, regroupant principalement des ouvriers typographes, créé pendant la Révolution de 1848 ; il est présidé par Alphonse Baudin
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Événement
1783
15 octobre 1783 — Folie Titon/Manufacture de papiers-peints Réveillon (de 1763)/Lieu du premier vol humain (vol captif)
p 225
Fabrication de la Montgolfière, et essais par Jean-François Pilâtre de Rozier en vol captif ; dans la manufacture de papiers peints Réveillon, qui comptait alors 350 ouvriers
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
p 225
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1933
12 janvier 1933
p 225
Premier meeting d'unité d'action des organisations de jeunesse de la gauche : Jeunesses communistes, socialistes, poupistes, trotskistes de la Ligue
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Événement
1868
14 novembre 1868 — Palais de justice
p 225 & 320
Procès des organisateurs de l'hommage à Alphonse Baudin au cimetière Montmartre du 1er novembre
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Événement
1840
28 juillet 1840
p 228
Inauguration de la colonne de Juillet, surmontée du "Génie de la Liberté brisant ses chaînes" ; 504 morts de 1830, 196 de 1848, plus des momies égyptiennes qui s'étaient dégradées au Louvre
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Événement
1935
12 mai 1935
p 228-229
Manifestation féministe au cours de laquelle des chaînes sont brûlées symboliquement
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Événement
1831
27 juillet 1831
p 228
Le 27 juillet 1831, Louis-Philippe posa la première pierre d'une colonne pour célébrer la révolution qui l'avait fait roi. C'était exactement un an après le premier jour des combats. Les morts de Juillet attendaient touj …

Le 27 juillet 1831, Louis-Philippe posa la première pierre d'une colonne pour célébrer la révolution qui l'avait fait roi. C'était exactement un an après le premier jour des combats. Les morts de Juillet attendaient toujours une sépulture.

La révolution de Juillet 1830 avait renversé Charles X et porté Louis-Philippe sur un trône constitutionnel. Ses artisans — journalistes, républicains, ouvriers des barricades — avaient voulu une république ; ils eurent une monarchie. Les cinq cent quatre-vingt-quatre morts des Trois Glorieuses méritaient au moins un monument.

La place de la Bastille fut choisie. Sur l'emplacement de la forteresse détruite en 1789, une colonne de bronze de cinquante-deux mètres s'élèverait, surmontée d'un Génie de la Liberté aux ailes dorées. Les architectes Jean-Antoine Alavoine et Joseph-Louis Duc dirigèrent les travaux ; le sculpteur Antoine-Louis Barye conçut les lions couchés qui garderaient la base.

Louis-Philippe posa la première pierre le 27 juillet 1831, premier anniversaire du premier jour des Trois Glorieuses. Le choix de la date était délibéré : montrer que la Monarchie de Juillet honorait la révolution dont elle était issue. Les corps des combattants de 1830 furent inhumés dans les cryptes de la colonne.

Elle ne fut inaugurée que le 28 juillet 1840 — dix ans après la révolution. Entre-temps, Louis-Philippe avait gouverné sans tenir les promesses de 1830. Lorsque la révolution de Février 1848 éclata, il s'enfuit en Angleterre. Ses successeurs ajoutèrent dans les cryptes les morts de la révolution de Février.

La Colonne de Juillet est toujours là, place de la Bastille. Le Génie de la Liberté tient dans ses mains une torche et une chaîne brisée. Ni l'une ni l'autre n'avait grand-chose à voir avec la Monarchie de Juillet.

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Événement
Date imprécise — Siège de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail !!!
p 229-230
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Événement
1870
1870 — Salle de bal des Mille et Un Jeux (ex Grand Théâtre Parisien d'Alexandre Dumas, 5 réunions)/Club du Faubourg St Antoine
p 231
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Événement
1927
1927 — Siège de la revue "L'Âme annamite"
p 231
Siège de l'organe du Parti annamite de l'Indépendance, le Phuc-Viet, créé le 14 juin 1926 ; la revue succédait au "Viêt-Nam-Hôn", elle connut 3 numéros
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Événement
1944
16 août 1944 — Demeure de Mme Matta/Comité militaire national des FTPF
p 235
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 237
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
Date imprécise — Demeure de Charles Rappoport
p 240
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Événement
1919
juillet 1919 — Demeure de Nguyên Ai Quôc, futur Hô Chi Minh
p 240
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Événement
1944
14 juillet 1944 — Carrefour des Gobelins
p 240
Manifestation interdite pour le 14 juillet 1944, regroupant 5 000 personnes, protégée par des FTP ostensiblement armés
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Événement
1908
1908 — Club Social-démocrate russe (antenne du POSDR à Paris)
p 241
Entre 1908 et 1914, le 63 avenue des Gobelins accueillait le club et la bibliothèque des socio-démocrates russes (POSDR), lieu de rassemblement politique et culturel pour l’émigration révolutionnaire. Cette antenne paris …

Entre 1908 et 1914, le 63 avenue des Gobelins accueillait le club et la bibliothèque des socio-démocrates russes (POSDR), lieu de rassemblement politique et culturel pour l’émigration révolutionnaire. Cette antenne parisienne du Parti ouvrier social-démocrate de Russie servait à la diffusion des idées marxistes, à la formation militante et à l’organisation de débats, lectures publiques et échanges intellectuels entre exilés. Bibliothèque, archives et séances éducatives y favorisaient la structuration politique des groupes russes, en lien avec les figures du POSDR, notamment Buonarroti et les réseaux internationalistes présents à Paris sous la Troisième République.

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Événement
1900
1900 — Coopérative de consommation "La Solidarité des travailleurs"/Coopérative ouvrière
p 241
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Événement
1934
4 février 1934
p 241
Rencontre entre Maurice Thorez et Jeannette Vermeersch après le limogeage de celle-ci
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Événement
1900
1900 — Siège de l'université populaire "La Solidarité"
p 241
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Événement
Événement
Date imprécise — Maison des Syndicats/Union des Femmes/Comité de défense de l'Humanité/Campeurs rouges
p 242
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Événement
1934
5 mai 1934 — Préau des écoles de la rue Fagon
p 242
Meeting de masse du PCF après les évènements de la Cité Jeanne d'Arc
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Événement
1902
22 juin 1902 — Alcazar d'Italie
p 243
Conférence de Lénine de passage à Paris ; première rencontre avec Charles Rappoport. Lénine vit alors à Londres
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Événement
1902
1902 — Alcazar d'Italie
p 243
Conférence de Léon Trotski, à l'initiative de l'Iskra, sur le matérialisme historique
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Événement
1871
Événement
1925
30 mai 1925 — Légation de Chine à Paris
p 243
Occupation de la légation chinoise après le massacre de Shanghaï
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Événement
Événement
Date imprécise — Coopérative de consommation "Les Équitables de Paris"/Coopérative ouvrière
p 243
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Événement
1946
septembre 1946 — Mission ouvrière St Paul/Antenne de la revue "Économie et Humanisme"
p 244
Communauté à l'origine de la Messe des campeurs et du manifeste des chrétiens contre la bombe A
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Événement
Date imprécise — Siège du Mouvement populaire des familles
p 244
Mouvement qui passe de l'Action catholique au mouvement ouvrier ; un des mouvements fondateurs du Parti Socialiste Unifié, le PSU
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Événement
1848
25 juin 1848 — Bal de la Belle Moissonneuse (corps de garde des Insurgés de Juin 1848)
p 245
Le général Bréa est pris en otage par les insurgés et exécuté ; Daix et Lahr seront guillotinés
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Événement
1931
25 février 1931
p 246
Grève des travailleurs de Gnôme et Rhône avec le soutien de chômeurs et de militants du PCF, dans le cadre de la lutte contre le chômage ; des militants sont protégés de la police par les ouvriers. Le 25 février 1931, ch …

Grève des travailleurs de Gnôme et Rhône avec le soutien de chômeurs et de militants du PCF, dans le cadre de la lutte contre le chômage ; des militants sont protégés de la police par les ouvriers.

Le 25 février 1931, chez Gnome et Rhône, la crise n’est plus une abstraction : elle se traduit en baisses de commandes, en menaces de chômage et en journées de travail de plus en plus dures. Dans cette grande usine de moteurs d’avion, symbole de la métallurgie parisienne, les ouvriers se mettent en grève avec le soutien actif de chômeurs et de militants communistes qui cherchent alors à organiser la riposte à la montée du chômage de masse.

La journée s’inscrit dans une campagne plus large du PCF et de la CGTU, qui multiplient à partir de 1930 les actions contre les licenciements, la baisse des salaires et l’absence de vraie assurance‑chômage. Devant les grilles, des militants distribuent tracts et journaux, appellent à l’unité entre ceux qui ont encore un emploi et ceux qui l’ont déjà perdu. La police tente de disperser ces rassemblements, mais les ouvriers de l’usine s’interposent, protègent les militants, les font entrer ou les couvrent derrière les rangées de grévistes.

Ce geste – des ouvriers défendant physiquement des militants menacés d’arrestation – dit bien le climat du moment. Gnome et Rhône n’est pas encore l’usine en guerre des années 1940, mais déjà un laboratoire de solidarités ouvrières, où se tissent des liens entre travail en poste, chômage et engagement politique. Dans un contexte où la plupart des grands partis cherchent surtout à « gérer » les effets de la crise, ces grèves de 1931‑1932 contribuent à faire du chômage une question politique à part entière, portée par des cortèges mixtes – ouvriers en bleu, militants au brassard, chômeurs en quête de pain et de dignité.

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Événement
1958
1958 — Église St Hippolyte/Comité de résistance à la guerre d'Algérie/Groupe "Voie Communiste"
p 246
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Événement
1944
18 août 1944 — Poste de commandement du colonel Fabien
p 246
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Événement
1900
1900 — Union ouvrière du 13ème/Fédération des 5ème et 13ème arrondissements
p 248
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Événement
1900
16 septembre 1900 — Boulangerie de la Coopération socialiste
p 248 & 250
Au 84 de la rue Barrault, on inaugure ce jour-là une boulangerie : mais les clients qui franchissent le seuil savent qu'ils achètent autre chose que du pain. L'idée vient de Belgique. À Gand, le Vooruit (En Avant), fondé …

Au 84 de la rue Barrault, on inaugure ce jour-là une boulangerie : mais les clients qui franchissent le seuil savent qu'ils achètent autre chose que du pain.

L'idée vient de Belgique. À Gand, le Vooruit (En Avant), fondé en 1881, a montré qu'une coopérative ouvrière peut à la fois vendre du pain à bas prix, financer la presse socialiste et alimenter les caisses de grève. À Bruxelles, la Maison du Peuple de Victor Horta, achevée en 1899, offre le modèle accompli de cette synthèse : production coopérative, café, salle de réunion, permanence syndicale. Les socialistes français observent, débattent, s'organisent.

Le 16 septembre 1900, au 84 de la rue Barrault dans le 13e arrondissement, la Boulangerie-biscuiterie de la Coopération socialiste ouvre ses portes. Derrière ce projet se trouvent les allemanistes : les militants du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire fondé par Jean Allemane, ancien Communard déporté en Nouvelle-Calédonie, partisan d'un socialisme ancré dans la pratique ouvrière plutôt que dans les querelles parlementaires. L'inauguration rassemble un plateau qui dit tout de la gauche de la Belle Époque.

Jean-Baptiste Clément est là, à soixante-trois ans. L'auteur du "Temps des cerises" n'a pas abandonné ses convictions depuis la Commune. Amilcare Cipriani est également présent : républicain garibaldien, Communard, emprisonné pendant des années, figure légendaire de l'internationalisme européen. Jean Allemane lui-même préside. Et, plus jeune, Aristide Briand, à cette époque fervent socialiste et propagateur de la grève générale, avant que la carrière ministérielle ne l'emporte vers d'autres rivages.

La coopérative de la rue Barrault ne fabrique pas seulement du pain. Ses bénéfices sont reversés aux organisations ouvrières du quartier, et elle pose la question centrale du mouvement ouvrier de 1900 : le socialisme peut-il se construire dans les interstices du capitalisme sans attendre la révolution ? Les guesdistes répondent non : la coopération détourne de la lutte de classe. Les syndicalistes révolutionnaires lui préfèrent l'action directe. Les allemanistes croient à l'un et à l'autre.

La rue Barrault, dans ce quartier de la Maison-Blanche où s'entassent les ouvriers du cuir et du textile, est un bon endroit pour cette expérience. Le pain y est cher, les salaires bas, et la solidarité ne manque pas de clients.

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Événement
1915
1915 — Demeure de Léon Trotsky avec sa famille
p 248
Léon Trotski correspondant de guerre fait venir sa famille à Paris
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Événement
1934
1934 — Demeure de Jean-Paul Monteil/Siège et librairie de La Muse Rouge
p 248
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Événement
1914
1914 — Imprimerie Union/Imprimerie de journaux russes contre la guerre
p 249-250
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Événement
1910
1910 — Imprimerie Union/Imprimerie de la "Rabotchaïa Gazeta"
p 249
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Événement
1950
1950 — Institut d'études et de recherches marxistes/Siège de la revue "La Nouvelle critique"/Espace Marx
p 249
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Événement
1920
1920 — Syndicat des Typographes (fédération réformiste)
p 249
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Événement
1916
14 septembre 1916 — Café Le Petit Bar (d'où la police surveille Léon Trotsky)
p 250
Un café ordinaire du boulevard Saint-Marcel abrite, en ce mois de septembre 1916, la vigie secrète d'une police qui surveille sans comprendre ce qu'elle voit. L'été 1914 a chassé Trotski de Vienne. L'ancien président du …

Un café ordinaire du boulevard Saint-Marcel abrite, en ce mois de septembre 1916, la vigie secrète d'une police qui surveille sans comprendre ce qu'elle voit.

L'été 1914 a chassé Trotski de Vienne. L'ancien président du soviet de Pétersbourg, en exil depuis dix ans, arrive à Paris en novembre, accrédité comme correspondant de guerre du journal ukrainien Kievskaya Mysl. Il s'installe dans le 13e arrondissement avec sa femme Natalia Sedova et ses deux fils, Liova et Serguei, dans le quartier de la Salpêtrière. C'est une existence de militant intellectuel : articles, réunions, polémiques avec les socialistes français qui ont voté les crédits de guerre en août 1914.

Dès l'été 1915, Trotski co-dirige avec Martov le journal internationaliste Nashe Slovo, imprimé à Paris, distribué dans toute l'émigration russe. Le ton est sans équivoque : la guerre est une boucherie impérialiste, les travailleurs n'ont aucune patrie à défendre. Cette ligne, que partagent les délégués de Zimmerwald réunis en septembre 1915, embarrasse les autorités françaises. Le gouvernement de l'Union sacrée tolère mal qu'un étranger distribue, depuis Paris, une presse hostile à la mobilisation.

Un café du 57 boulevard Saint-Marcel sert alors de poste d'observation à des agents de la Préfecture de police. De là, ils ont vue sur le domicile de la famille Trotski au 25 de la rue Oudry, à quelques pas. Ils notent les allées et venues, consignent les visites, dressent les listes des camarades qui montent à l'appartement. Le dossier s'épaissit tout au long de l'année 1916. Le gouvernement tsariste, par ses agents à Paris, fait pression sur le Quai d'Orsay : Trotski est un agitateur dangereux, un obstacle à la cohésion des alliés.

Le 14 septembre 1916, la surveillance se resserre. Le lendemain, l'ordre d'expulsion tombe. Trotski est arrêté et conduit vers la frontière espagnole. Depuis la Catalogne, il gagnera les États-Unis, puis, en avril 1917, la Russie en révolution.

L'épisode illustre la mécanique ordinaire de la répression politique en temps de guerre : non pas un dispositif exceptionnel, mais la routine des commissariats, le circuit des notes de bas de page qui finissent par décider du sort d'un homme. Ce n'est pas un tribunal qui expulse Trotski, c'est un dossier, constitué feuille après feuille dans un café du 13e, transmis jusqu'aux cabinets ministériels.

Dans Ma vie, Trotski écrira que ses années parisiennes ont été décisives pour la maturation de sa pensée internationaliste. Le café du boulevard Saint-Marcel n'y figure que comme décor d'une comédie policière, dont les acteurs ne savaient pas encore qu'ils assistaient au premier acte d'octobre.

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Événement
Date imprécise — Demeure de Charles Rappoport/Siège de la coopérative Typographique "Union"
p 250
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Événement
1847
1847 — Barrière des Deux Moulins/Barrière de l'Hôpital
p 250-251
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Événement
1898
Événement
1898
Événement
Date imprécise — Siège de la coopérative de consommation "L'Espérance des 5ème et 13ème"/Coopérative ouvrière
p 250
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Événement
1929
5 octobre 1929 — Maison de santé du gardien de la paix
p 251
Hôpital créé après les manifestations Sacco et Vanzetti du 23 août 1927 ; afin d'éviter pour l'avenir la "promiscuité" entre manifestants et représentants des forces de "l'ordre" blessés
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Événement
1911
28 juin 1911 — Gare d'Austerlitz
p 251
Obsèques de Gaston Couté, poète Bauceron et auteur de chansons de lutte ; mort à 31 ans
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Événement
1908
3 décembre 1908 — Hôtel des Gobelins
p 251
Première adresse parisienne de Lénine qui retrouve sa sœur Marie à son arrivée en provenance de Genève
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Événement
1919
1919 — Épicerie de l'Union des Coopératives/Coopérative ouvrière
p 253
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Événement
1919
1919 — Restaurant de l'Union des coopératives/Coopérative ouvrière
p 253
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Événement
Événement
1934
1 mai 1934 — Cité Jeanne d'Arc (cité ouvrière de 1884)
p 254
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Événement
1934
1 mai 1934 — Cité Jeanne d'Arc (cité ouvrière de 1884)
p 254
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Événement
1944
10 août 1944 — Ateliers de construction et de réparation des chemins de fer
p 254
Trois ans après avoir tué un officier allemand dans le métro Barbès, le même homme qui avait allumé la résistance armée à Paris en appelait maintenant à l'insurrection générale. Le 10 août 1944, Pierre Georges, dit le co …

Trois ans après avoir tué un officier allemand dans le métro Barbès, le même homme qui avait allumé la résistance armée à Paris en appelait maintenant à l'insurrection générale.

Le 10 août 1944, Pierre Georges, dit le colonel Fabien, se rendit aux ateliers de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans, rue du Chevaleret dans le 13e arrondissement. Il s'adressa aux cheminots et aux ouvriers pour les convaincre de déclencher la grève générale insurrectionnelle. Ce jour-là, la grève des cheminots de la région parisienne éclata et s'étendit rapidement à l'ensemble des services publics.

Pierre Georges avait vingt-cinq ans. Né à Paris en 1919, engagé dans les Brigades internationales en Espagne dès l'adolescence, membre du Parti communiste, il était devenu, le 21 août 1941, l'auteur du premier attentat armé contre un militaire allemand à Paris : il avait abattu l'aspirant de marine Alfons Moser sur le quai de la station Barbès-Rochechouart. L'acte déclencha une vague de répression allemande et vichyste, dont les fusillades d'otages à Châteaubriant. Il déclencha aussi, pour d'autres, la conviction que la résistance armée était possible.

Trois ans plus tard, Fabien était commandant de l'insurrection qui devait précéder la libération de Paris. La grève du 10 août fut le premier signal. Le 18 août, la CGT clandestine appela à la grève générale. Le 19, l'insurrection parisienne commença. Le 25 août, Paris était libéré.

Fabien, à la tête d'un groupe de cinq cents hommes, se battit aux côtés de la 2e DB. Il ne vit pas la paix : il mourut le 27 décembre 1944 près de Habsheim, en Alsace, tué par une mine.

La station de métro Colonel Fabien, sur la place du même nom dans le 19e arrondissement, porte son nom.

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Événement
1871
29 mai 1871 — Chantier de marchand de bois de Casimir Henricy/Cachette de Jean Baptiste Clément
p 254
Henricy cache Jean Baptiste Clément et d'autres Communards sur son chantier de bois ; Clément y restera jusqu'au 10 août ; il écrit ici sa "Semaine sanglante" et un cinquième couplet du Temps des cerises : "Quand il revi …

Henricy cache Jean Baptiste Clément et d'autres Communards sur son chantier de bois ; Clément y restera jusqu'au 10 août ; il écrit ici sa "Semaine sanglante" et un cinquième couplet du Temps des cerises : "Quand il reviendra..."

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Événement
1890
1890 — Ateliers Perin-Panhard (au n° 19)/Usine Panhard & Levassor
p 256
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Événement
1916
décembre 1916 — Usine Panhard & Levassor (fabrication de munitions)
p 256
Première grève des usines de munitions, en pleine guerre, chez Panhard & Levassor
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Événement
1908
1908 — Première académie russe de Marie Vassiliev
p 260
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Événement
Événement
1935
16 mars 1935 — Musée du Soir (premier local, devenu rapidement trop petit)
p 260
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Événement
1911
1911 — Seconde académie russe de Marie Vassiliev (puis cantine russe)
p 260 & 282
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Événement
1914
novembre 1914 — Hôtel d'Odessa/Séjour de Léon Trotsky
p 260
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Événement
Date imprécise — Théâtre de la Gaîté Montparnasse
p 260
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Événement
Événement
1914
1914 — Café de la Rotonde/Lieu de rencontre des exilés Russes
p 260
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Événement
1930
1930 — Usine Bréguet
p 262
Construction des premiers hélicoptères, et du "Point d'interrogation" de Costes et Bellonte, l'avion qui traversera le premier l'Atlantique Nord dans le sens Est-Ouest
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Événement
1910
1910 — Coopérative de consommation "L'Avenir de Plaisance"/Coopérative ouvrière
p 263
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Événement
1908
1908 — Syndicat du personnel de la Compagnie générale parisienne de tramways
p 264
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Événement
1908
1908 — Demeure de Gregory Zinoviev
p 265
Demeure de Gregory Zinoviev, arrivé à Paris avec Lénine ; il est étroitement surveillé par l'Okhrana, la police politique tzariste, qui installe des mouches dans un hôtel de la rue Alphonse Daudet
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Événement
1908
décembre 1908 — Demeure de Lénine (jusqu'à juillet 1909, avec sa sœur Marie et la mère de Nadejda Kroupskaïa)
p 265
Demeure de Vladimir Ilitch Oulianov, alias Lénine, à son arrivée à Paris ; Martov est un familier. L'appartement, qui se trouvait au 2ème étage, a été détruit, l'immeuble ayant été rehaussé
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Événement
1907
1907 — Établissements Ballot/Société française Hispano-Suiza
p 265
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Événement
1908
1908 — Imprimerie du journal "Le Social-démocrate"/Imprimerie du journal "Proletari"
p 265
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Événement
Événement
1895
18 mars 1895 — Demeure de Rosa Luxemburg (jusqu'en juillet 1896)
p 266
Du 18 mars 1895 au mois de juillet 1896, au 7 avenue Reille à Paris, Rosa Luxemburg, figure du mouvement ouvrier européen, séjourne dans la capitale pour faire imprimer le journal clandestin « La Cause ouvrière » et trav …

Du 18 mars 1895 au mois de juillet 1896, au 7 avenue Reille à Paris, Rosa Luxemburg, figure du mouvement ouvrier européen, séjourne dans la capitale pour faire imprimer le journal clandestin « La Cause ouvrière » et travailler à sa thèse de doctorat. Elle est accompagnée de Cezaryna Wanda Wojnarowska, militante engagée dans la cause socialiste. À cette époque, Paris constitue un centre d’activité intellectuelle et politique pour de nombreux exilés d’Europe centrale et orientale. Luxemburg, fondatrice des partis socio-démocrates de Pologne et de Lituanie, utilise les ressources parisiennes pour contourner la censure tsariste et diffuser ses idées auprès des ouvriers polonais. L’impression de « La Cause ouvrière » à Paris permet la circulation de textes interdits dans l’Empire russe, contribuant à la structuration du mouvement socialiste en Pologne. Le choix du 7 avenue Reille s’explique par la présence d’un réseau d’exilés et de soutiens logistiques, facilitant l’organisation de ces activités militantes. ![[Avenue Rueille 7, Archives Paris Révo|Reille av 7 Rosa Luxemburg 24.jpg]]

Avenue Rueille 7, Archives Paris Révo

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Événement
1894
mars 1894 — Demeure de la famille Warszawski/Séjour de Rosa Luxemburg
p 266-367
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Événement
1894
mars 1894 — Bibliothèque polonaise
p 266
Entre 1894 et 1896, Rosa Luxemburg, engagée dans le mouvement socialiste polonais et éxilée depuis 1889, séjourne à Paris pour préparer sa thèse de doctorat. Elle fréquente la bibliothèque polonaise située au 6 quai d’Or …

Entre 1894 et 1896, Rosa Luxemburg, engagée dans le mouvement socialiste polonais et éxilée depuis 1889, séjourne à Paris pour préparer sa thèse de doctorat. Elle fréquente la bibliothèque polonaise située au 6 quai d’Orléans, sur l’île Saint-Louis. Ce lieu, fondé en 1838, est un centre culturel et scientifique important pour la diaspora polonaise à Paris, rassemblant des ouvrages rares et des archives historiques. La bibliothèque offre à Rosa Luxemburg un environnement propice à la recherche, loin de la surveillance des autorités russes qui répriment les activités politiques en Pologne.

La thèse de doctorat de Rosa Luxemburg, intitulée « Die industrielle Entwicklung Polens » (Le développement industriel de la Pologne), soutenue à Zurich en 1897, explore l’évolution de l’économie polonaise sous la domination russe depuis 1820. Luxemburg analyse en détail la croissance de l’industrie polonaise, montrant comment celle-ci devient progressivement intégrée et dépendante de l’économie du vaste Empire russe, ce qui rend selon elle illusoire l’idée d’une indépendance nationale polonaise réalisable sous le capitalisme.

​Son étude, empirique et rigoureusement documentée, démontre que les structures économiques polonaises sont trop imbriquées à celles de la Russie pour permettre une séparation viable. Luxemburg s’oppose ainsi aux courants socialistes favorables à l’indépendance polonaise, prônant plutôt l’union des ouvriers polonais et russes pour une lutte commune contre l’absolutisme tsariste et en faveur d’une démocratie républicaine. Cette thèse marque un jalon dans la pensée marxiste, reliant analyse économique et question nationale, et anticipe certains débats futurs sur l’impérialisme et l’autodétermination des peuples.![[La Bibliothèque polonaise de Paris, 6 Quai d'Orléans Par Atget, Eugène, 1907|La Bibliothèque polonaise de Paris, 6 Quai d'Orléans Par Atget, Eugène, 1907.jpeg]]

La Bibliothèque polonaise de Paris, 6 Quai d'Orléans, Eugène Atget, 1907

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Événement
1909
3 janvier 1909 — Salle Pignarre/Réunions du Parti ouvrier social-démocrate de Russie
p 267
Cinquième conférence du POSDR, du 3 au 9 janvier, dans un restaurant, en présence de Jean Jaurès et d'Édouard Vaillant
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Événement
1948
12 avril 1948 — Siège de la Confédération Générale du Travail-Force ouvrière
p 267
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Événement
1942
1 août 1942 — Magasin Félix Potin/Comités patriotiques féminins (future UFF)
p 267-268
Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand fu …

Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand furent tués. Tous les membres du groupe de protection furent arrêtés et fusillés.

Au printemps 1942, un groupe de femmes communistes organisé par les Comités patriotiques féminins et les Francs-Tireurs et Partisans avait lancé une action sur le marché de la rue de Buci, dans le 6e arrondissement : distribution forcée de denrées à la population, refus de payer les commerçants. L'action visait à dénoncer les pénuries alimentaires de l'Occupation et à montrer que la résistance pouvait agir en plein Paris.

La répression avait été immédiate. Des arrestations suivirent ; des résistants furent déportés ou exécutés.

Le 1er août 1942, le groupe coordonné par Maurice Le Berre frappa en représailles. La cible : le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre, dans le 14e arrondissement. Félix Potin était alors la grande chaîne d'alimentation parisienne, omniprésente dans les quartiers populaires. L'opération se transforma en combat : deux policiers et un officier allemand furent tués.

L'action s'inscrivait dans un réseau plus large. Parmi les militantes actives dans cette période figuraient Lise Ricol, Maria Rabaté et Claudine Chomat, militantes des Comités patriotiques féminins qui allaient constituer l'Union des Femmes Françaises. Ces femmes, issues pour la plupart du Parti communiste, organisaient la résistance quotidienne à l'Occupation : tracts, manifestations, ravitaillement des clandestins, actions directes.

Le groupe de protection de Maurice Le Berre fut entièrement démantelé. Tous ses membres furent arrêtés et fusillés.

L'action de la rue Daguerre appartient à une séquence serrée : rue de Buci au printemps, rue Daguerre en août. La résistance communiste parisienne de l'été 1942 était organisée, déterminée, et payait un prix très lourd.

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Événement
1911
1911 — Café Les Manilleurs/Café Fritz/Réunions du groupe Bolchevik du POSDR
p 267
Réunions du groupe Bolchevik ; la police estime alors qu'il séjourne 25 000 russes à Paris, dont 550 anarchistes et 1 000 socialistes révolutionnaires
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Événement
Événement
1912
31 janvier 1912 — Prison de la Santé
p 268
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Événement
1920
mai 1920 — Prison de la Santé (son préau est transformé en forum politique)
p 268
Incarcération pour "complot contre la sûreté de l'État" de militants du Comité de la Troisième Internationale. Ce qui fait qu'il ne seront pas présents au Congrès de Tours. Le préau de la Santé est transformé en forum po …

Incarcération pour "complot contre la sûreté de l'État" de militants du Comité de la Troisième Internationale. Ce qui fait qu'il ne seront pas présents au Congrès de Tours. Le préau de la Santé est transformé en forum politique

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Événement
Événement
1936
2 juillet 1936 — Entrepôts de la Samaritaine
p 268
Le Groupe Octobre donne "le Tableau des merveilles" pour les grévistes de la Samaritaine
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Événement
1902
1902 — Demeure de Natalia Sedova
p 268
Rencontre de Natalia Sedova et de Trotski, dans la popote russe d'un groupe de l'Iskra
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Événement
1920
28 décembre 1920 — Prison de la Santé
p 268
Souvarine, emprisonné à la Santé, envoie au congrès de Tours une motion d'adhésion à l'Internationale Communiste, improprement appelée "Cachin-Frossard"
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Événement
Événement
1927
4 juillet 1927 — Prison de la Santé
p 269
Marcel Cachin est incarcéré ; il sera libéré aussitôt, suite à un vote de la Chambre
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Événement
1927
mai 1927 — Prison de la Santé
p 269
Pierre Sémard est incarcéré pour "provocation à la désobéissance", en rapport à l'opposition du PCF à la guerre du Rif
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Événement
1941
23 septembre 1941 — Prison de la Santé
p 269
La loi de Vichy du 14 août 1941 est en vigueur depuis six semaines quand la guillotine de la Santé la met en pratique : trois hommes meurent pour avoir diffusé des tracts. Le 14 août 1941, le gouvernement de Vichy promul …

La loi de Vichy du 14 août 1941 est en vigueur depuis six semaines quand la guillotine de la Santé la met en pratique : trois hommes meurent pour avoir diffusé des tracts.

Le 14 août 1941, le gouvernement de Vichy promulgue une loi sur "l'activité communiste et anarchiste" qui institue des peines allant jusqu'à la mort pour tout militant pris en flagrant délit de propagande. Les tribunaux sont spéciaux, les procédures accélérées, les droits de la défense réduits au minimum. L'occupant allemand avait demandé à Vichy un instrument juridique pour réprimer la résistance communiste sans avoir à se salir directement les mains ; Vichy s'exécute.

Le Tribunal spécial de la Seine est la juridiction d'exception qui applique cette loi dans la capitale. Il siège au Palais de Justice. Ses jugements sont rapides. La peine de mort pour un tract, une réunion clandestine, la possession d'un journal interdit, est prononcée avec une régularité bureaucratique.

Le 23 septembre 1941, trois militants sont guillotinés à la prison de la Santé, 42 rue de la Santé, dans le 14e arrondissement, en application de condamnations de ce tribunal. Leur crime officiel : "propagande communiste." Ils font partie du flux continu de militants que la répression vichyste exécute cet automne 1941, au moment même où les Bataillons de la Jeunesse mènent leurs premières actions armées dans Paris, et où l'occupant commence à fusiller des otages en représailles.

La prison de la Santé est en cela un lieu d'une cohérence sinistre : construite en 1867, elle a servi à enfermer les Communards, les anarchistes, les militants ouvriers de toutes tendances. Sous l'Occupation, elle est le terminus d'une chaîne d'arrestations, de tortures, de jugements expéditifs. Les exécutions y ont lieu à l'aube, dans la cour, à l'abri des regards.

La loi du 14 août 1941 sera l'un des textes retenus comme preuves de la collaboration active de Vichy avec la politique répressive nazie lors des procès de l'épuration. Elle avait pour objet officiel de "protéger l'État" ; elle eut pour résultat de livrer des centaines de résistants à la guillotine.

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Événement
1941
28 août 1941 — Prison de la Santé
p 269
Trois personnes guillotinées pour "propagande communiste" par le Tribunal spécial de la Seine, en application de la loi de Vichy du 14 août 1941. Le 28 août 1941, puis d'autres le 23 septembre 1941
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Événement
1934
2 juillet 1934 — Gymnase Huyghens
p 270-271
Dédoublement, pour cause d'affluence, du meeting qui se tient au bal Bullier, organisé par la Fédération de la Seine du PS en soutien à Ernst Thälmann ; meeting unitaire contre le fascisme ; prémices du Front populaire
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Événement
1942
17 avril 1942 — Prison de la Santé
p 270
Lors de leur transfert vers le Mont Valérien pour être exécutés, les 23 condamnés du procès de la Maison de la Chimie entonnent la Marseillaise en quittant la Santé
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Événement
1919
18 janvier 1919 — Gymnase Huyghens
p 270
Meeting de l'Union des Coopératives contre la vie chère, réunissant environ 4 000 personnes
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Événement
1934
2 juillet 1934 — Bal Bullier
p 270-271
Cinq mois après le 6 février, socialistes et communistes se retrouvent dans la même salle pour la première fois. Le 2 juillet 1934, la Salle Bullier, avenue de l'Observatoire, affiche complet bien avant vingt heures tren …

Cinq mois après le 6 février, socialistes et communistes se retrouvent dans la même salle pour la première fois.

Le 2 juillet 1934, la Salle Bullier, avenue de l'Observatoire, affiche complet bien avant vingt heures trente. Ce grand bal montparnassien converti en salle de meetings accueille un rassemblement inédit : la région parisienne du Parti communiste et la Fédération de la Seine de la SFIO ont appelé leurs militants ensemble, le même soir, au même endroit. La salle Huyghens, toute proche, ouvre en parallèle pour le débordement.

Le contexte explique l'urgence. En février, les ligues d'extrême droite ont failli renverser le gouvernement place de la Concorde. Depuis, le cabinet Doumergue gouverne par décrets-lois, contournant le Parlement. En Allemagne, Hitler a liquidé les partis ouvriers ; en Autriche, Dollfuss a écrasé les socialistes de Vienne dans le sang. La question n'est plus théorique.

À Bullier ce soir, le service d'ordre est assuré conjointement par des jeunes communistes et des jeunes socialistes — mêmes chemises, même cravate rouge. Les banderoles sur les murs réclament « l'unité d'action ». Les orateurs dénoncent les décrets-lois, le fascisme, la guerre. Ils exigent la libération d'Ernst Thälmann, chef du KPD arrêté par les nazis depuis mars 1933, et de Paula Wallisch, veuve d'un dirigeant socialiste autrichien exécuté en février.

À la tribune, deux figures de la SFIO incarnent ce moment. Jean Zyromski, chef de la tendance Bataille socialiste, milite depuis des mois pour le rapprochement avec le PCF — c'est en grande partie grâce à lui que la SFIO accepte ce meeting commun. Marceau Pivert, de la Gauche révolutionnaire, est plus méfiant envers Moscou, mais partage l'urgence : il monte à la tribune et appelle cette soirée « le premier tressaillement de la révolution prolétarienne ». En face, pour le PCF, Marcel Cachin et Jacques Duclos. Quatre hommes, deux partis, une salle qui déborde.

Vingt-cinq jours plus tard, le 27 juillet, la PCF et la SFIO signent leur pacte d'unité d'action. Le Front populaire n'a pas encore de nom — il en aura un en 1935 — mais la soirée de Bullier en est le premier acte visible.

Thälmann, lui, ne sera jamais libéré. Le 18 août 1944, au moment même où Paris s'insurge, il est fusillé à Buchenwald sur ordre personnel de Hitler. Les travailleurs de Bullier avaient réclamé sa liberté dix ans plus tôt, dans la même semaine.

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Événement
1913
1913 — Imprimerie Russe/Imprimerie Union
p 270
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Événement
1950
28 avril 1950 — Gymnase Huyghens
p 271
Meeting pour les 50 ans de Maurice Thorez ; apothéose du culte de la personnalité autour de Maurice Thorez
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Événement
1937
7 octobre 1937 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 276
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Événement
1953
10 mars 1953 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 276
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Événement
1944
4 novembre 1944 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 276
Premier meeting, très ferme, des milices patriotiques du PCF, contre le désarmement des milices
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Événement
1942
16 juillet 1942 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 276
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
1935
2 janvier 1935 — Café À l'Autobus/Comité d'unité d'action du 15ème
p 279
Meeting pour la mise sous séquestre de l'entreprise Citroën, sous contrôle ouvrier
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Événement
1958
28 août 1958 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 279
Rafle de 2 000 militants algériens, conduits au Vel' d'Hiv', suite à l'attaque d'un dépôt et du garage de la préfecture par le FLN
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Événement
Date imprécise — Siège des mouvements de jeunesse du PCF (après la Seconde guerre mondiale)
p 279
Siège de l'Union de la jeunesse républicaine de France/Siège de l'Union des Jeunesses communistes de France/Siège de l'Union des jeunes filles de France/Siège du journal "L'Avant-Garde". L'UJRF deviendra l'UJCF, et l'UJF …

Siège de l'Union de la jeunesse républicaine de France/Siège de l'Union des Jeunesses communistes de France/Siège de l'Union des jeunes filles de France/Siège du journal "L'Avant-Garde". L'UJRF deviendra l'UJCF, et l'UJFF

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Événement
1913
17 août 1913 — Maison des syndiqués/Congrès de la Fédération communiste-anarchiste
p 280
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Événement
1885
27 mai 1885 — Salle Clément/Réunions de "La Solidarité des Trimardeurs"
p 280
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Événement
Date imprécise — Maison des syndiqués/Réunions de l'Étoile Nord-africaine
p 280
Lieu de réunions des militants algériens de l'Étoile Nord-africaine, puis du PPA après mars 1937, nombreux chez Citroën
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Événement
1915
1915 — Salle Clément/Comité des Femmes de la rue Fondary
p 280
Lieu de réunions du noyau de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté
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Événement
Date imprécise — Société coopérative communiste de consommation et de production
p 281
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Événement
Événement
1914
11 décembre 1914 — Usine de compteurs à gaz Michel
p 282
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Événement
1950
21 avril 1950 — Gare de marchandises de Vaugirard
p 283
Camions militaires renversés des wagons par un commando de militants du PCF, contre les fabrications militaires et le matériel américain
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Événement
Événement
Événement
1871
13 avril 1871 — Première église St Lambert (de 1341)/Club de Vaugirard/Comité de Vaugirard
p 283
Le Club de Vaugirard, animé par des syndicats de mécaniciens et l'Association métallurgique, publie un "appel à la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme" pendant la Commune
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Événement
1933
18 mars 1933 — Bal Bullier
p 285
Représentation par le Groupe Octobre d'un spectacle sur la grève des usines Citröen
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Événement
1927
juin 1927 — Casino de Grenelle/Société Spartacus/Banque ouvrière et paysanne
p 287
Centre socioculturel créé par Georges Marrane, comprenant un ciné-club révolutionnaire ; salle de 2 000 places
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Événement
1776
10 août 1776
p 287
Première entreprise d'eau forte, dite eau de javel, à Épinay puis à Javel ; d'où son nom
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Événement
1928
11 octobre 1928 — Casino de Grenelle (salle de 2 000 places)/Société Spartacus
p 287
Deux mille places réservées, une salle pleine, un film sur la prise du Palais d'Hiver : la préfecture de police estime que Paris ne peut pas voir cela. Sergueï Eisenstein a trente ans en 1928. Il a déjà réalisé "La Grève …

Deux mille places réservées, une salle pleine, un film sur la prise du Palais d'Hiver : la préfecture de police estime que Paris ne peut pas voir cela.

Sergueï Eisenstein a trente ans en 1928. Il a déjà réalisé "La Grève" et "Le Cuirassé Potemkine," qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier et ont bouleversé la grammaire du cinéma : montage des attractions, foule comme personnage collectif, absence de héros individuel. "Octobre," commandé pour le dixième anniversaire de la révolution de 1917, reconstitue les journées de Petrograd avec des milliers de figurants, sur les lieux mêmes.

Le film porte déjà les traces des luttes internes soviétiques : Trotsky, organisateur effectif de l'insurrection d'Octobre, en a été effacé au montage sur ordre, après son exclusion du Parti en 1927. Le cinéma stalinien commence à réécrire l'histoire dans les images avant de la réécrire dans les livres.

En France, la censure cinématographique est étroitement politique. La commission de contrôle interdit systématiquement les films soviétiques à l'exploitation commerciale. "Le Cuirassé Potemkine" est interdit en France jusqu'en 1953. Pour contourner l'interdiction, les organisations ouvrières et les ciné-clubs organisent des projections privées : les Amis de Spartacus, association fondée en 1928 par Léon Moussinac, critique communiste, proposent des séances réservées aux adhérents dans des salles louées. Le procédé est légal ; il rassemble des dizaines de milliers de spectateurs en quelques mois.

Le 11 octobre 1928, la Société Spartacus organise une projection d'"Octobre" au Casino de Grenelle, 86 avenue Émile-Zola dans le 15e arrondissement, salle de deux mille places, en plein quartier ouvrier. La police interdit la séance.

Cette interdiction s'inscrit dans l'offensive du préfet Chiappe contre les Amis de Spartacus, qui seront contraints à la dissolution la même année après des mois de harcèlement administratif. L'argument officiel est le trouble à l'ordre public. L'argument réel est qu'une salle ouvrière de deux mille personnes regardant une insurrection victorieuse constitue en soi un fait politique.

Le cinéma soviétique restera longtemps invisible en France, sauf dans les ciné-clubs et les fêtes du Parti.

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Événement
1901
1901 — Usine Mors (fabrique à l'origine des signaux de chemins de fer)
p 288
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Événement
1848
1848 — Usine Derosne (future entreprise Derosne et Cail)
p 294
Un important conflit est tranché par l'intervention de Louis Blanc, au nom de la Commission du Luxembourg ; l'usine est transformée en association ouvrière
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Événement
Date imprécise — Coopérative de consommation "L'Abeille de Passy"/Coopérative ouvrière
p 295
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Événement
1846
1846 — Fabrique de boutons Bapterosses/Lieu de travail de l'ouvrier Albert
p 295
Lieu de travail de l'un des chefs de la Société des Saisons
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Événement
1948
9 septembre 1948 — Quai de Passy
p 295
Manifestation des ouvriers de Renault pour un gouvernement démocratique ; elle donnera lieu à des échauffourées
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Événement
1938
16 février 1938 — Clinique Mirabeau
p 295
Le 16 février 1938, Léon Sédov meurt à la clinique Mirabeau, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, officiellement des suites d’une opération pour une appendicite supposée bénigne. Fils aîné de Léon Trotski et l’un de ses …

Le 16 février 1938, Léon Sédov meurt à la clinique Mirabeau, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, officiellement des suites d’une opération pour une appendicite supposée bénigne. Fils aîné de Léon Trotski et l’un de ses principaux collaborateurs, il est au cœur du dispositif trotskyste en exil : organisation des liaisons clandestines avec l’URSS, rédaction du Bulletin de l’opposition, dénonciation des procès de Moscou.

Son admission à la clinique s’est faite sous une fausse identité, dans un établissement où opère un médecin lié aux milieux soviétiques, ce qui nourrit dès l’origine les soupçons. Les complications post‑opératoires, la mise à l’écart de ses proches, la disparition ou la rétention d’éléments médicaux renforcent l’idée d’un assassinat maquillé en décès naturel. Pour Trotski et pour de nombreux historiens, Sédov a été victime d’une opération du GPU, la police politique de Staline, qui traque systématiquement les opposants en exil.

Depuis plusieurs années, le jeune homme vivait sous pression permanente. Des agents staliniens infiltrent les groupes trotskystes parisiens, dont l’un des plus connus, Mark Zborowski (« Étienne »), parvient à se rapprocher de lui et à surveiller ses faits et gestes. Des projets d’attentat contre Sédov avaient déjà été déjoués, notamment une tentative de guet‑apens à Mulhouse.

La mort de Sédov frappe Trotski en plein cœur : au‑delà du deuil d’un fils, c’est la perte de son collaborateur le plus proche, celui qui assurait une grande partie des liaisons, de la logistique et de la production politique du courant trotskyste européen. L’épisode de la clinique Mirabeau illustre jusqu’où Staline est prêt à aller pour éliminer ses adversaires : après les grandes purges en URSS, la chasse aux opposants se joue aussi dans les couloirs feutrés d’un établissement parisien.

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Événement
1937
septembre 1937 — Siège du Parti ouvrier d'unification marxiste (le POUM)
p 304-305
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Événement
1848
6 mars 1848 — Salle du manège de Monceaux/Bureau central des Ateliers nationaux
p 304
Création des Ateliers nationaux le 27 février 1848, suite à la proclamation du droit au travail le 25 ; leur suppression déclenchera l'insurrection de Juin. Ils auront alors incorporé 107 000 hommes
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Événement
Événement
1921
juillet 1921 — Demeure de Nguyên Ai Quôc, futur Hô Chi Minh
p 304
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Événement
1871
21 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 304
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Événement
1871
1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite de La Fourche)
p 304
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Événement
Événement
Événement
1848
1848
p 306
Cantine coopérative fondée par les ouvriers de chez Gouin, fabricant de matériel ferroviaire des Batignolles
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Événement
1846
1846 — Usine Gouin et Cie (fabrication de matériel ferroviaire et ponts, future société SPIE-Batignolles)
p 306
Construction du premier pont métallique français à Asnières en 1852 ; l'usine emploie 2 300 ouvriers
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Événement
Événement
Événement
1944
août 1944 — Pont de chemin de fer du boulevard des Batignolles (entre rue de Rome et rue Boursault)
p 308
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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
p 308
Manifestation violente à laquelle participent Lénine et Nadejda Constantinovna Kroupskaïa ; 1 policier tué
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Événement
1909
17 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Seconde manifestation pour Francisco Ferrer
p 308
Seconde manifestation de protestation contre l'exécution de Francisco Ferrer en Espagne, très encadrée par la police ; 500 000 personne y participent, dont Jean Jaurès
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Événement
1876
1876 — Maison Gaget Gauthier & Cie (de 1825)/Statue de la Liberté (93 m de haut)/Bureau d'études d'Auguste Bartholdi
p 309
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Événement
1948
28 octobre 1948 — Salle Wagram
p 311
La guerre froide n'a pas un an et Paris règle ses comptes à coups de barres de fer devant une salle de l'avenue de Wagram. L'automne 1948 est l'un des moments les plus tendus de l'après-guerre français. Les ministres com …

La guerre froide n'a pas un an et Paris règle ses comptes à coups de barres de fer devant une salle de l'avenue de Wagram.

L'automne 1948 est l'un des moments les plus tendus de l'après-guerre français. Les ministres communistes ont été chassés du gouvernement en mai 1947. Les grandes grèves insurrectionnelles de novembre-décembre 1947 et d'octobre-novembre 1948 dans les mines ont été réprimées par Jules Moch, ministre socialiste de l'Intérieur, avec l'armée et les CRS. Le blocus de Berlin dure depuis juin. La CGT s'est scindée : Force ouvrière est née en décembre 1947, avec des financements américains qu'on ne connaîtra que plus tard.

Dans ce climat, un meeting est organisé le 28 octobre 1948 à la salle Wagram, 37 avenue de Wagram dans le 17e arrondissement, en faveur des "peuples opprimés par les bolcheviks." Les organisateurs relèvent de la droite anticommuniste et de milieux d'extrême droite ; parmi les participants figurent des émigrés d'Europe de l'Est. Pour le PCF, un tel meeting est une provocation fasciste, d'autant que certains organisateurs ont un passé collaborationniste.

Le Parti communiste appelle à la contre-manifestation. Douze mille personnes convergent vers l'avenue de Wagram. L'affrontement est d'une extrême violence. Le bilan officiel fait état de trois cents blessés et d'un mort.

L'épisode a une portée durable. Il installe l'idée, dans une partie de l'opinion, que le PCF constitue un parti de guerre civile. Il conforte le gouvernement dans sa politique d'exclusion des communistes de tous les leviers de l'État. Il inaugure une décennie d'affrontements de rue entre communistes, gaullistes du RPF et groupes d'extrême droite.

La salle Wagram, construite en 1865, aura accueilli au cours du siècle les congrès socialistes, les meetings du Front populaire, les réunions boulangistes et les rassemblements anticommunistes. Elle est aujourd'hui un espace événementiel privé.

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Événement
1900
1900 — Salle Wagram
p 311
Congrès international de la condition et des droits de la femme
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Événement
Événement
1950
13 juin 1950 — Salle Wagram
p 311
Meeting commun du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, le MTLD algérien, et du Secours Populaire
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Événement
1950
1 septembre 1950 — Salle Wagram
p 311
Meeting de soutien à la lutte de libération du Viêt Nam
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Événement
1951
5 mai 1951 — Salle Wagram
p 311
Meeting du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, le MTLD algérien, contre les violences policières du 1er mai
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Événement
1933
1933 — Salle Wagram
p 311
Meeting du PCF pour la libération d'Ernst Thälmann ; accusé dans l'affaire de l'incendie du Reichstag
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Événement
1840
22 juillet 1840
p 311
Meeting rassemblant 3 000 ouvriers tailleurs, contre le marchandage et la durée du travail
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Événement
1936
30 juillet 1936 — Salle Wagram
p 311
Le 18 juillet 1936, les généraux franquistes se soulevaient contre la République espagnole. Treize jours plus tard, Paris avait son premier grand meeting de solidarité. André Malraux y prit la parole. Il était déjà en tr …

Le 18 juillet 1936, les généraux franquistes se soulevaient contre la République espagnole. Treize jours plus tard, Paris avait son premier grand meeting de solidarité. André Malraux y prit la parole. Il était déjà en train d'organiser son départ pour Madrid.

L'insurrection militaire du 17-18 juillet 1936 en Espagne avait pris de court la gauche française. Le Front Populaire, arrivé au pouvoir en mai, était confronté à un dilemme : aider la République espagnole légale, ou céder aux pressions britanniques qui dessinaient une politique de non-intervention.

Le 30 juillet, à la salle Wagram (37 avenue de Wagram), le premier grand rassemblement parisien de solidarité réunit plusieurs milliers de personnes. André Malraux y prit la parole. L'auteur de La Condition humaine (1933) ne se contenta pas de discours : en quelques semaines, avec l'accord tacite du gouvernement Blum, il organisa une escadrille de volontaires — l'Escuadrilla España — pour appuyer l'aviation républicaine espagnole, qui ne disposait d'aucun appareil. Il se rendit lui-même en Espagne et participa aux opérations aériennes pendant tout l'automne 1936.

Le gouvernement Blum, soumis aux pressions de Londres et à la fragilité de sa propre coalition, signa l'accord de non-intervention en août 1936. La France officielle abandonnait la République espagnole à son sort.

La salle Wagram, ce soir du 30 juillet 1936, fut le premier acte public du refus de cette passivité. Malraux en fut la voix. Son roman L'Espoir, écrit au retour d'Espagne, en resta le témoignage.

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Événement
1955
7 octobre 1955 — Salle Wagram
p 311
Protestation de la SFIO et du Mouvement pour la justice et les libertés outre-mer, contre l'envoi du contingent en Algérie
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Événement
1840
24 juillet 1840
p 311
Le 24 juillet 1840, les ouvriers cordonniers et bottiers de Paris se rassemblèrent à la barrière du Roule, place des Ternes. Deux jours plus tôt, les tailleurs avaient fait de même au même endroit. La barrière du Roule, …

Le 24 juillet 1840, les ouvriers cordonniers et bottiers de Paris se rassemblèrent à la barrière du Roule, place des Ternes. Deux jours plus tôt, les tailleurs avaient fait de même au même endroit.

La barrière du Roule, à la limite de la ville, était le lieu de réunion habituel des ouvriers qui voulaient s'organiser hors d'atteinte de la police parisienne. En cet été 1840, plusieurs corps de métiers y convergèrent successivement pour protester contre deux pratiques que les travailleurs regardaient comme leurs ennemis principaux : le marchandage et la durée excessive du travail.

Le marchandage consistait à sous-traiter le travail par l'intermédiaire d'un entrepreneur qui prenait sa part avant de payer l'ouvrier — un système qui permettait de réduire les salaires réels sans en avoir l'air. Les cordonniers et bottiers — qui travaillaient souvent à domicile ou dans de petits ateliers de quartier — y étaient particulièrement exposés.

Cette grande agitation de l'été 1840 fut l'une des premières actions ouvrières coordonnées de l'histoire sociale française : plusieurs métiers, plusieurs jours de rassemblement, un mot d'ordre commun contre le marchandage. Elle annonçait les journées de juin 1848 et, plus loin, les grandes grèves de la IIIe République.

Le gouvernement Thiers finit par disperser les rassemblements et arrêter plusieurs meneurs. La barrière du Roule retrouva son calme. La question du marchandage resta entière encore des décennies.

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Événement
1936
6 septembre 1936
p 313
Il y a des décisions qui brisent l'homme qui les prend avant de briser ceux qu'elles abandonnent. Le Luna Park, au carrefour des Sablons dans le 16e arrondissement, est ce soir-là le cadre d'une fête-meeting de la Fédéra …

Il y a des décisions qui brisent l'homme qui les prend avant de briser ceux qu'elles abandonnent.

Le Luna Park, au carrefour des Sablons dans le 16e arrondissement, est ce soir-là le cadre d'une fête-meeting de la Fédération de la Seine du Parti socialiste. Plusieurs milliers de militants et de sympathisants sont venus entendre Léon Blum, président du Conseil depuis le 4 juin 1936, chef du gouvernement de Front populaire. La guerre civile espagnole a commencé le 18 juillet. Les républicains espagnols réclament des armes à la France; les phalangistes de Franco en reçoivent d'Allemagne et d'Italie. Blum doit expliquer pourquoi il ne livre pas.

L'explication est douloureuse. Blum est socialiste, internationaliste, soutien naturel de la République espagnole. Mais la Grande-Bretagne de Baldwin refuse toute intervention qui pourrait élargir le conflit; une livraison d'armes sans accord britannique risque de fracturer l'entente franco-britannique au moment où Hitler réarme. Le gouvernement français, partagé entre Radicaux prudents et Socialistes divisés, s'est rallié à la politique de non-intervention proposée à l'ensemble des puissances européennes: un accord signé en août 1936 par vingt-sept États, que l'Allemagne et l'Italie s'empresseront de violer.

Blum monte à la tribune. Sa voix est calme, son discours pesé. Il sait qu'une partie de la salle lui en veut. Le PCF, converti depuis 1935 à la politique de Front populaire, réclame une aide ouverte aux républicains; une fraction du PS partage cette exigence. Blum ne se dérobe pas: "Jusqu'à la dernière limite de mon pouvoir, et jusqu'au dernier souffle de ma vie, s'il le faut, je ferai tout pour détourner la guerre de ce pays."

La formule est belle. Elle ne convainc pas tout le monde. Dans les mois qui suivent, Madrid tient grâce aux Brigades internationales et aux armes soviétiques, pendant que la non-intervention laisse les républicains en infériorité matérielle face à une coalition fasciste que personne ne sanctionne. Blum laissera passer quelques convois clandestins par les Pyrénées, tardivement. Ce ne sera pas suffisant.

La défaite de la République espagnole en 1939 hantera durablement la gauche française. Elle posait une question que le Luna Park n'avait pas résolue: peut-on défendre la démocratie sans prendre les risques qu'elle exige?

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Événement
1843
20 octobre 1843
p 313
Une lampe à arc voltaïque installée sur les genoux d'une allégorie de pierre : c'est ainsi que l'électricité entre dans les rues de Paris. En 1843, Paris est éclairée au gaz depuis une vingtaine d'années. Les réverbères …

Une lampe à arc voltaïque installée sur les genoux d'une allégorie de pierre : c'est ainsi que l'électricité entre dans les rues de Paris.

En 1843, Paris est éclairée au gaz depuis une vingtaine d'années. Les réverbères à huile ont été progressivement remplacés à partir des années 1820, et l'éclairage au gaz de houille a transformé la vie nocturne : les théâtres, les passages couverts, les grands boulevards s'illuminent, la ville prolonge son activité dans la nuit. Ce gaz produit une lumière jaune et vacillante, dégage une odeur, exige un allumeur qui passe chaque soir.

L'arc électrique est connu depuis les expériences de Humphry Davy au début du siècle. Deux baguettes de charbon reliées à une pile, légèrement écartées, produisent entre elles un arc lumineux d'une intensité éblouissante. Le problème est double : les piles voltaïques disponibles sont coûteuses et s'épuisent vite, et les charbons se consument, ce qui exige de les rapprocher continuellement à la main.

Le 20 octobre 1843, un essai d'éclairage public par arc voltaïque est conduit place de la Concorde. L'appareil est installé sur les genoux de la statue représentant la ville de Lille, l'une des huit allégories des grandes villes de France disposées aux angles de la place par Hittorff quelques années plus tôt.

L'essai est spectaculaire et sans lendemain immédiat. Il faudra attendre l'invention de la dynamo par Gramme en 1871, puis la bougie électrique de Paul Jablochkoff en 1876, pour que l'éclairage public électrique devienne praticable. Les "bougies Jablochkoff" illumineront l'avenue de l'Opéra et la place de l'Étoile à partir de 1878, et l'Exposition universelle de 1881 consacrera l'électricité.

La place de la Concorde a alors une charge historique lourde. C'est là qu'ont été guillotinés Louis XVI, Marie-Antoinette, Danton et Robespierre, quand elle s'appelait place de la Révolution. L'obélisque de Louxor y a été érigé en 1836 précisément pour occuper ce sol d'un monument sans signification politique française.

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Événement
1848
28 juin 1848 — Demeure de la famille Guérin
p 316
Deux jours après la chute de la dernière barricade, les soldats de Cavaignac sont encore au 26 boulevard Saint-Ange. Le 21 juin 1848, l'Assemblée constituante décrète la fermeture des Ateliers nationaux. Cent quinze mill …

Deux jours après la chute de la dernière barricade, les soldats de Cavaignac sont encore au 26 boulevard Saint-Ange.

Le 21 juin 1848, l'Assemblée constituante décrète la fermeture des Ateliers nationaux. Cent quinze mille chômeurs parisiens y étaient inscrits. Les décrets prévoient que les hommes valides seront envoyés creuser le canal de la Sauldre en Sologne, ou enrôlés de force dans l'armée. Le 22 juin, l'agitation gagne les faubourgs. Le 23, les premières barricades sont dressées. L'insurrection s'étend sur tout le quart est et nord-est de Paris : du Panthéon au faubourg Saint-Antoine, de la porte Saint-Denis à La Villette. Friedrich Engels décrit la ligne de partage : de Montmartre à la porte Saint-Denis, puis rue Saint-Denis jusqu'à la Seine, puis rue Saint-Jacques jusqu'aux barrières. À l'est : les ouvriers. À l'ouest : la bourgeoisie et ses renforts.

Le 24 juin, l'Assemblée délègue tous les pouvoirs exécutifs au général Cavaignac. Il dispose de 25 000 soldats, 17 000 gardes nationaux de province, 15 000 gardes mobiles. En face : des dizaines de milliers d'insurgés armés de fusils, de vieux mousquets, de piques et de ce que les uns et les autres ont pu trouver ou fabriquer. La poudre est précieuse. Des réseaux de soutien s'organisent dans les faubourgs, parfois dans les maisons les plus ordinaires.

Au 26 boulevard Saint-Ange — aujourd'hui boulevard de la Chapelle — vivent Guérin et sa femme. La Chapelle n'est pas encore Paris : c'est une commune ouvrière au nord de la barrière, peuplée de tanneurs, de tisserands, de maçons, de journaliers. Le couple fabrique de la poudre pour les insurgés. Ils la font passer dans Paris.

Le 26 juin, la dernière barricade du faubourg Saint-Antoine tombe. L'insurrection est écrasée. Les estimations divergent : entre trois mille et cinq mille insurgés tués pendant les combats, environ 1 500 fusillés sans jugement dans les jours qui suivent. Vingt-cinq mille arrestations. Onze mille condamnations à la prison ou à la déportation en Algérie. L'état de siège ne sera levé que le 19 octobre 1848.

Le 28 juin, deux jours après la capitulation, les soldats se présentent au 26 boulevard Saint-Ange. Guérin et sa femme sont arrêtés.

Karl Marx analyse les journées de Juin dans Les Luttes de classes en France (1850) comme « l'événement le plus formidable dans l'histoire des guerres civiles en Europe » — le premier affrontement ouvert où le prolétariat apparaît en face de la bourgeoisie non plus comme allié mais comme ennemi de classe. Ce n'est plus une révolution pour la République : c'est une révolution contre l'ordre bourgeois que la République vient d'installer. Les Guérin, leur atelier de fortune, leur poudre — c'est l'infrastructure anonyme de cette guerre-là.

La base de données des 11 662 inculpés de juin 1848, établie par Jean-Claude Farcy, comprennent des couples comme les Guérin.

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Événement
1810
1810 — Centre d'éducation libertaire l''Enseignement mutuel/École lancastérienne
p 316
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Événement
1935
7 septembre 1935
p 317
Henri Barbusse est mort le 30 août 1935 à Moscou, d'une pneumonie, à soixante et un ans. Son corps est rapatrié en France; le 6 septembre, il est exposé au cimetière du Père-Lachaise, non loin du mur des Fédérés. Le lend …

Henri Barbusse est mort le 30 août 1935 à Moscou, d'une pneumonie, à soixante et un ans. Son corps est rapatrié en France; le 6 septembre, il est exposé au cimetière du Père-Lachaise, non loin du mur des Fédérés. Le lendemain, 7 septembre, son cercueil est chargé dans le corbillard des pauvres, comme il l'avait demandé, et le cortège prend son départ au rond-point de la Chapelle, porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement.

Il est entouré de cinq cents drapeaux rouges. Des délégations syndicales, des associations d'anciens combattants, des groupes d'immigrés espagnols et de réfugiés politiques, des écrivains, des artistes, des ouvriers de banlieue: Paris n'a pas vu une telle foule depuis les funérailles de Jaurès en 1914. Les estimations parlent de plusieurs centaines de milliers de personnes sur le parcours. Le cortège traverse la ville lentement, dans un silence que rompent parfois les premiers couplets de l'Internationale repris à mi-voix.

Henri Barbusse avait publié "Le Feu" en 1916, roman de tranchées qui lui valut le prix Goncourt et rendit la guerre irreprésentable pour ceux qui refusaient de la glorifier. Il avait fondé le mouvement Clarté, rapproché les intellectuels de gauche européens, adhéré au Parti communiste français en 1923. Son engagement l'avait conduit jusqu'à Moscou, et l'on peut dire que c'est Moscou qui l'avait tué: épuisé par les voyages et les conférences, il était venu assister à un congrès international et n'en était pas revenu.

André Malraux prend la parole au Père-Lachaise au nom de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Il dit l'écrivain, le combattant, le témoin. Il ne dit pas tout: la biographie de Staline que Barbusse avait publiée quelques semaines avant sa mort était une oeuvre de propagande, et l'homme qui avait rendu la guerre irreprésentable avait fini par célébrer un régime qui en préparait d'autres.

Cette contradiction n'efface pas "Le Feu". Elle dit seulement que l'histoire du siècle ne laissait pas beaucoup d'espace entre la capitulation et l'aveuglement. Les cinq cents drapeaux rouges de la porte de la Chapelle saluaient le premier livre; ils n'avaient pas lu le dernier.

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Événement
1900
1900 — Université populaire "L'Éducation sociale de Montmartre"
p 319
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Événement
1941
septembre 1941 — Imprimerie Gutenberg/Imprimerie clandestine du journal "France d'abord"
p 319
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Événement
1904
1904 — Premier immeuble HLM en béton à Paris/Bâtiment remarquable
p 319
HLM d'avant garde, équipée d'une salle de réunions et d'un jardin en terrasse, construit par la "Société anonyme des logements hygiéniques à bon marché"
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Événement
1900
1900 — Salle Maurer/Théâtre Social
p 319
Lieu de représentations du Théâtre Social au début du 20ème siècle
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Événement
Date imprécise — Salle des fêtes de l'Indépendance/Union des femmes
p 319
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Événement
Date imprécise — Salle des fêtes de l'Indépendance
p 319
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Événement
1911
21 décembre 1911 — Succursale de la Société Générale
p 319-320
Premier hold-up en automobile, une luxueuse limousine Delaunay-Belleville, de la bande à Bonnot. Le garçon de recette Caby, caissier de la Société générale, est blessé. Le butin est maigre : 5 000 francs
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Événement
1904
1904 — Université populaire "L'Éducation sociale de Montmartre" (second local)
p 319
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Événement
1904
1904 — Université populaire "L'Éducation sociale de Montmartre" (second local)
p 319
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Événement
1954
1 mars 1954 — Demeure de l'abbé Godin/Réunions de la Mission de Paris
p 320
Refus de l'interdiction par le pape des prêtres-ouvriers ; 120 prêtres réfractaires sur 200 ; ils apporteront un soutien FLN pendant la guerre d'Algérie
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Événement
1944
16 janvier 1944 — Demeure de l'abbé Godin/Réunions de la Mission de Paris
p 320
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Événement
1871
23 mai 1871 — Cimetière Montmartre (5ème division)/Tombe d'Henri Murger
p 320
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Événement
1888
Événement
Événement
1885
1885 — Demeure de Jean Baptiste Clément
p 321
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Événement
1883
septembre 1883 — Cabaret La Taverne du Bagne (le premier, qui dût déménager après quelques mois)
p 321
Ouverture par le Citoyen Lisbonne de la Taverne du Bagne, avec un bail précaire de 6 mois
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "Le Père Peinard"
p 321
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Événement
1895
4 mai 1895 — Siège de la revue "Les Temps Nouveaux"
p 323
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Événement
1892
8 novembre 1892 — Commissariat de Police de la rue des Bons Enfants
p 323
Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enf …

Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enfants

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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 323-324
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1883
9 mars 1883
p 323
Manifestation des Sans-travail, menée par des anarchistes, qui verra le pillage de trois boulangeries ; Louise Michel brandit son voile du deuil de la Commune qui deviendra le drapeau anarchiste ; elle sera arrêtée comme …

Manifestation des Sans-travail, menée par des anarchistes, qui verra le pillage de trois boulangeries ; Louise Michel brandit son voile du deuil de la Commune qui deviendra le drapeau anarchiste ; elle sera arrêtée comme meneuse

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Événement
1895
12 mai 1895 — Siège de la revue "La Sociale"
p 323
Le 12 mai 1895, le siège de la revue anarchiste La Sociale, fondée par Émile Pouget, se trouvait au 23 rue des Trois Frères, à Paris. Cette publication hebdomadaire, lancée à la suite de l’amnistie permettant le retour d …

Le 12 mai 1895, le siège de la revue anarchiste La Sociale, fondée par Émile Pouget, se trouvait au 23 rue des Trois Frères, à Paris. Cette publication hebdomadaire, lancée à la suite de l’amnistie permettant le retour de Pouget en France, joua un rôle central dans la diffusion des idées anarchistes et syndicalistes révolutionnaires. La Sociale fut le lieu d’une collaboration étroite entre Pouget, Fernand Pelloutier et Bernard Lazare, visant à rapprocher anarchistes et socialistes antiparlementaires pour contrer l’influence croissante de la social-démocratie dans le mouvement ouvrier. L’activité de la revue s’inscrivait dans un contexte de surveillance policière accrue, le local étant identifié comme un foyer de reconstitution de l’anarchisme à Montmartre. La Sociale parut jusqu’en octobre 1896, marquant une période d’intense militantisme et d’innovation tactique, notamment avec la première formulation du sabotage comme outil de lutte ouvrière.

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Événement
Événement
1905
13 avril 1905 — Siège du journal "L'Anarchie"
p 324
Au 4 bis, rue d'Orsel (XVIIIe arr.), un homme sur des béquilles lance un journal qui va secouer le mouvement libertaire français pendant près de dix ans. Albert Libertad est un personnage hors norme. Abandonné à la naiss …

Au 4 bis, rue d'Orsel (XVIIIe arr.), un homme sur des béquilles lance un journal qui va secouer le mouvement libertaire français pendant près de dix ans.

Albert Libertad est un personnage hors norme. Abandonné à la naissance à Bordeaux en 1875, handicapé des deux jambes, il traverse la vie sur ses béquilles avec une énergie qui désarçonne tout le monde — y compris la police. Installé à Montmartre depuis 1896, il est devenu une figure incontournable du milieu anarchiste parisien, un orateur redoutable qui harangue les foules dans la rue et n'hésite pas à se battre à coups de béquille quand l'occasion l'exige.

Ce 13 avril 1905, il lance L'Anarchie, journal individualiste qui paraîtra chaque semaine pendant 484 numéros, jusqu'en juillet 1914. Le programme est radical : ni Dieu, ni maître, ni patron — mais surtout, pas de parti. Libertad se méfie autant des organisations anarchistes que de l'État. Ce qu'il veut, c'est l'émancipation individuelle, ici et maintenant.

Autour du journal gravitent les « Causeries populaires », ces réunions de quartier où l'on débat de tout — amour libre, végétarisme, refus du salariat, éducation nouvelle. Le 4 bis rue d'Orsel devient un foyer d'agitation intellectuelle où passent des figures comme Émile Armand, André Lorulot, et plus tard un jeune Victor Serge, encore connu sous le nom de Kibaltchich.

Libertad ne verra pas la fin de son journal. Il meurt en 1908, à 33 ans, des suites d'une rixe. Mais L'Anarchie lui survivra — pour le meilleur et pour le pire, quand certains de ses lecteurs passeront de la théorie à l'acte.

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Événement
1902
1 octobre 1902 — Siège du journal "L'Anarchie"/Causeries populaires de Libertad
p 324
Sans statuts, sans cotisation, sans inscription : dans une maison de la Butte, un anarchiste boiteux invente une école du peuple où chacun entre et parle. Albert Joseph, dit Libertad, est né à Bordeaux en 1875. Enfant tr …

Sans statuts, sans cotisation, sans inscription : dans une maison de la Butte, un anarchiste boiteux invente une école du peuple où chacun entre et parle.

Albert Joseph, dit Libertad, est né à Bordeaux en 1875. Enfant trouvé, infirme des deux jambes, il se déplace avec des béquilles dont il se sert aussi, dit-on, dans les bagarres avec la police. Il arrive à Paris à la fin des années 1890 et devient l'une des figures les plus reconnaissables de l'anarchisme individualiste français : orateur d'une véhémence redoutée, il tient des réunions dans les cafés, interrompt les meetings des partis, insulte les électeurs, prêche l'abstention.

En 1902, avec Georges Paraf-Javal, il fonde les Causeries populaires. Le modèle vient des Universités populaires, ces institutions d'éducation ouvrière nées après l'Affaire Dreyfus. Mais Libertad en retire tout ce qui ressemble à une organisation : pas de statuts, pas d'adhésion, pas de cotisation, pas de bureau. On vient, on parle, on écoute, on repart. La causerie est ouverte à quiconque entre.

Les thèmes sont ceux de l'anarchisme individualiste : la critique de l'État, du travail salarié, de la famille, de l'école, du vote, de l'armée, de l'alcool, de la viande. On y discute de néo-malthusianisme et de contraception, sujets alors passibles de poursuites. On y forme une génération entière de militants libertaires.

Le local principal s'installe au 22 rue du Chevalier de la Barre, dans le 18e arrondissement, maison de deux étages avec l'imprimerie au sous-sol et la rédaction au rez-de-chaussée, où les causeries se tiennent deux fois par semaine. En avril 1905, Libertad et sa compagne Anna Mahé y fondent le journal l'anarchie, écrit avec une minuscule initiale à la demande d'Anna Mahé, partisane d'une réforme de l'orthographe.

L'adresse est ironique. La rue du Chevalier de la Barre porte le nom du jeune homme supplicié en 1766 pour blasphème, symbole de la lutte anticléricale. Elle mène droit au chantier de la basilique du Sacré-Cœur, monument expiatoire édifié pour racheter les "crimes" de la Commune. Libertad et ses camarades tiennent leurs réunions antireligieuses à cent mètres du plus grand chantier catholique de France.

Libertad meurt en 1908, à trente-trois ans, des suites de coups reçus. Le journal lui survivra jusqu'en 1914.

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Événement
1871
28 mai 1871
p 324
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
p 325
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
1867
16 novembre 1867 — Demeure du docteur Dupas/Réunions d'un groupe de l'A.I.T.
p 325
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Événement
1925
1925 — Demeure de Godonnèche/Siège de la revue "La Révolution prolétarienne"
p 325
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Événement
1971
Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
p 331
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
Événement
1931
16 octobre 1931 — Maison de la CGTU/Maison des Syndicats
p 332
Compte-rendu du plénum de l'Union internationale du théâtre ouvrier, l'UGTO, à laquelle participe la Fédération des théâtres ouvriers de France, la FTOF
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Événement
Date imprécise — Maison de la CGTU/Maison des syndiqués/Réunions de l'Étoile Nord-africaine/Réunions du Parti du Peuple Algérien (à partir de mars 1937)
p 332
Lieu de réunions du Parti du Peuple Algérien, le PPA, avant la seconde guerre mondiale ; l'Étoile Nord-africaine comptait environ 3 000 militants
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Événement
1952
28 mai 1952
p 332
Mort par balle d'un militant algérien lors de la manifestation anti-américaine organisée à l'occasion de la venue du général Ridgway
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Événement
1932
1932 — Maison de la CGTU
p 332
Première rencontre de Prévert avec les futurs membres du Groupe Octobre, lors d'une répétition d'une troupe de Théâtre ouvrier
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Événement
Date imprécise — Raffinerie sucrière Lebaudy/Lieu de travail de Roger Rey
p 332-333
Premiers contacts entre la Voie Communiste et des militants du FLN
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Événement
1840
3 septembre 1840
p 332
Rassemblement des ouvriers lors des grandes grèves de 1840 ; 10 000 grévistes
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Événement
1932
décembre 1932 — Siège de l'université populaire fondée par Henri Barbusse et Romain Rolland
p 332
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Événement
Événement
1844
1844 — Cayenne des Compagnons du Devoir (appelée "le Berryer")
p 335-336
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Événement
1936
11 juin 1936 — Gymnase Jean Jaurès
p 335
Maurice Thorez lance la formule "il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue"
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Événement
1948
27 septembre 1948 — Gymnase Jean Jaurès
p 335
Meeting du RPF, 2 jours après celui de Japy ; pas de heurts mais un important déploiement policier, une vingtaine de jeunes militants du RPF condamnés pour port d'arme
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Événement
1871
20 mai 1871
p 335
Recensement des ateliers vacants par une association solidaires à capital collectif et inaliénable, suite au décret du 16 avril
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Événement
1895
1895 — Ateliers cinématographiques Gaumont (location de matériel)
p 336
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Événement
1913
25 mai 1913 — Butte du Chapeau Rouge
p 336
Meeting au Pré St Gervais, suite à l'interdiction de la commémoration de la Commune au Père Lachaise, dans le cadre de la "campagne contre les 3 ans" de service militaire
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Événement
1927
1927 — Butte du Chapeau Rouge/Meeting pour Sacco et Vanzetti
p 336
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Événement
1941
1941 — Appartement d'Henriette et Gricha
p 336
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Événement
1941
novembre 1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 336
Planque improvisée en urgence de Gilbert Brustlein, rescapé du groupe de la Roquette. Origine de la chute du réseau dit du Chapeau Rouge
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Événement
1942
24 août 1942 — Square de la Butte du Chapeau rouge/Groupe de jardiniers de la Butte du Chapeau Rouge
p 336
Réseau de Résistance de la Butte du Chapeau Rouge, jugé au procès de l'hôtel Continental
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Événement
1942
24 août 1942 — Loge de concierge du 5 avenue Debidour
p 336
Réseau de Résistance de la Butte du Chapeau Rouge, jugé au procès de l'hôtel Continental
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Événement
1942
24 août 1942 — Aquarium-bar (restaurant ouvrier de la Butte du Chapeau Rouge)
p 336
Réseau de Résistance jugé au procès de l'hôtel Continental. Ils se réunissent là en infraction à toutes les règles de sécurité
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Événement
1912
31 janvier 1912 — Demeure de Victor Serge chez Rirette Maîtrejean
p 337
Arrestation de Victor Serge comme inspirateur de la bande à Bonnot
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Événement
Événement
1932
5 mars 1932 — Demeure de Rémy Zéphirin Camélinat
p 337
Mort de Zéphirin Camélinat ; un des fondateurs du PCF en 1920 ; "l'orgueil du Parti" dans la chanson du "Grand métinge"
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Événement
1911
1911 — Siège et imprimerie de la revue "l'Anarchie"
p 337
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Événement
1871
1871 — Salle du Bal Favié/Folies de Belleville/Palais du Travail/Club Favié
p 340
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Événement
Date imprécise — Coopérative de consommation "La Solidarité"/Coopérative ouvrière
p 340
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Événement
Date imprécise — Salle Favié/Folies de Belleville/Palais du Travail
p 340
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Événement
1888
5 août 1888 — Salle Favié/Folies de Belleville
p 340
Il avait pris la parole à la salle Favié pour dire honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi... Il tomba. C'était sa dernière tribune. Émile Eudes était né en 1843 à Roncey dans la Manche. Il avait fait d …

Il avait pris la parole à la salle Favié pour dire honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi... Il tomba. C'était sa dernière tribune.

Émile Eudes était né en 1843 à Roncey dans la Manche. Il avait fait des études de pharmacie à Paris et s'était entièrement consacré à la politique blanquiste, ce courant révolutionnaire qui voyait dans l'insurrection armée et organisée le seul chemin vers l'émancipation ouvrière.

Pendant la Commune de Paris, il avait joué un rôle militaire décisif. Dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, avec Ranvier, il commandait les bataillons de Belleville qui rejoignirent ceux de Montmartre pour s'emparer de l'Hôtel de Ville et y hisser le drapeau rouge. Il fut l'un des généraux de la Commune.

Après la Semaine sanglante, l'exil, la condamnation à mort par contumace, puis la déportation, l'amnistie de 1880 lui permit de rentrer en France. Il fut l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire central en 1881, aux côtés d'Édouard Vaillant et d'Ernest Granger, pour perpétuer l'héritage de Blanqui.

Le 5 août 1888, lors d'une réunion des blanquistes à la salle Favié, au 13 rue de Belleville dans le 19e arrondissement, il prit la parole. Il dit : "honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi..." et s'effondra. Il était mort à quarante-quatre ans, à la tribune de Belleville, le quartier qui avait été le sien depuis toujours.

Auguste Blanqui était mort en 1881, quelques semaines après avoir été libéré de prison. Eudes mourut en plein discours, sept ans plus tard, dans la même salle où il avait appris la politique de la révolte. Il ne finit pas sa phrase.

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Événement
Date imprécise — Théâtre de Belleville/Cour Lesage
p 344
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Événement
1869
1869 — Taverne Dénoyez (à l'enseigne du Grand St Martin)/Club des Travailleurs
p 344
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Événement
1908
janvier 1908
p 345
Coopérative de production "Les Abeilles" ; créée par la Fédération des travailleurs de l'habillement
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Événement
Événement
1932
1932 — Siège de la revue "La Vérité"
p 345
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Événement
1924
Événement
Événement
Événement
1944
1 mars 1944 — Plaque en mémoire du placardage de "l'Affiche rouge"
p 346
Plaque apposée en l'honneur du dit improprement "groupe Manouchian" des FTP-M.O.I. le 21 février 1999
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Événement
Date imprécise — Siège de la revue "Génération consciente"
p 346
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Événement
Événement
1832
6 juin 1832 — Maison des saint-simoniens (communauté exclusivement masculine)
p 347
Installation de la communauté saint-simonienne composée de 40 "fils", détournement de la pensée de Saint-Simon ; elle sera vite dissoute pour atteinte aux bonnes mœurs
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Événement
1906
Événement
1910
Événement
1910
1910 — Maison du peuple de La Bellevilloise
p 350
Maison du peuple comprenant café et salles de réunions : salle Babeuf, salle Jean Jaurès
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Événement
1918
6 octobre 1918 — La Bellevilloise (salle Jaurès)
p 350
Cinq semaines avant l'armistice, les socialistes français rassemblés dans une coopérative de Ménilmontant désavouent quatre ans de soutien à la guerre. En août 1914, la SFIO avait voté les crédits de guerre. Jaurès venai …

Cinq semaines avant l'armistice, les socialistes français rassemblés dans une coopérative de Ménilmontant désavouent quatre ans de soutien à la guerre.

En août 1914, la SFIO avait voté les crédits de guerre. Jaurès venait d'être assassiné ; le parti était entré dans l'union sacrée, et des ministres socialistes avaient siégé au gouvernement. La minorité qui refusait cette orientation était infime : quelques dizaines de militants, quelques délégués à Zimmerwald en 1915 et à Kienthal en 1916.

Quatre ans de tranchées ont changé cela. Les mutineries de 1917, les grèves ouvrières, la lassitude générale, la révolution russe de février puis d'octobre 1917 ont retourné la base du parti. Les minoritaires progressent congrès après congrès : la commission administrative permanente élue en décembre 1916 ne compte déjà plus que treize majoritaires contre onze minoritaires.

Le quinzième congrès national du Parti socialiste s'ouvre le 6 octobre 1918 à la Bellevilloise, coopérative ouvrière du 19-21 rue Boyer, dans le 20e arrondissement. La Bellevilloise est un lieu emblématique : fondée en 1877 par d'anciens communards, elle est à la fois épicerie coopérative, université populaire, salle de spectacles et maison du peuple de Belleville et Ménilmontant. Sa salle porte le nom de Jaurès.

Le congrès dure jusqu'au 10 octobre. La motion internationaliste de Jean Longuet, petit-fils de Karl Marx, l'emporte. Les minoritaires prennent le contrôle de la commission administrative permanente. L'union sacrée est désavouée, cinq semaines avant l'armistice du 11 novembre. Le parti retrouve une position de principe contre la guerre au moment où celle-ci s'achève.

Ce basculement ouvre la crise qui aboutira au congrès de Tours en décembre 1920. La question sera alors l'adhésion à l'Internationale communiste fondée par Lénine et l'acceptation de ses vingt et une conditions. La majorité du congrès de Tours votera l'adhésion et fondera le Parti communiste ; la minorité, autour de Léon Blum, gardera la "vieille maison" socialiste. La Bellevilloise, elle, existe toujours au 19-21 rue Boyer, devenue salle de concerts.

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Événement
1932
11 mars 1932 — La Bellevilloise (salle Jaurès)
p 351
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Événement
Date imprécise — La Bellevilloise
p 351
Le Rassemblement National Populaire (RNP) était un parti politique français fondé en 1941 par Marcel Déat, figure du collaborationnisme sous l’Occupation allemande. Le RNP s’est installé à La Bellevilloise, située au 19– …

Le Rassemblement National Populaire (RNP) était un parti politique français fondé en 1941 par Marcel Déat, figure du collaborationnisme sous l’Occupation allemande. Le RNP s’est installé à La Bellevilloise, située au 19–21 rue Boyer à Paris, pendant la période de l’Occupation. Ce lieu, auparavant coopérative ouvrière, a servi de siège au parti, qui prônait une politique de collaboration active avec l’Allemagne nazie et regroupait des militants issus principalement de la gauche pacifiste et socialiste. Marcel Déat, ancien socialiste, dirigeait le RNP et joua un rôle central dans la propagande et l’organisation du parti. L’installation du RNP à La Bellevilloise illustre la réquisition de lieux emblématiques par des organisations collaborationnistes durant la Seconde Guerre mondiale à Paris.

Sources

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Événement
Date imprécise — Patronage de La Bellevilloise (aujourd'hui la Maroquinerie)
p 351
Patronage communiste fréquenté par Henri Krasucki enfant ; elle animait l'Entente des pupilles communistes, et l'Orphéon rouge
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Événement
Date imprécise — Pharmacie de la Solidarité mutuelle de La Bellevilloise
p 352
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Événement
Date imprécise — Pharmacie de la Solidarité mutuelle de La Bellevilloise
p 352
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Événement
1936
7 avril 1936 — Cinéma de La Bellevilloise (salle Lénine)
p 352
Première projection de "La Vie est à nous" de Marcel Carné ; par l'association "Ciné Liberté". Le 7 avril 1936, salle Lénine de La Bellevilloise, rue Boyer dans le 20e, l'association Ciné Liberté projette pour la premièr …

Première projection de "La Vie est à nous" de Marcel Carné ; par l'association "Ciné Liberté".

Le 7 avril 1936, salle Lénine de La Bellevilloise, rue Boyer dans le 20e, l'association Ciné Liberté projette pour la première fois La Vie est à nous. Le film a été commandé par le PCF pour les élections législatives de mai 1936. Il est signé Jean Renoir — et non Marcel Carné, comme l'indique la fiche, erreur à corriger.

Renoir n'est pas seul. Le film est une œuvre collective — Jean-Paul Le Chanois, Jacques Becker, Henri Cartier-Bresson participent à la réalisation, des dizaines de techniciens et d'acteurs travaillent bénévolement ou pour des cachets symboliques. C'est le cinéma militant dans sa forme la plus aboutie : une démonstration que l'art peut être une arme électorale.

Le film mêle documentaire et fiction — scènes de chômage, d'expulsion, de misère ouvrière, alternant avec des séquences reconstituées montrant des militants communistes en action, des réunions politiques, des moments de solidarité. Il se termine sur l'Internationale et un appel au vote.

Interdit par la censure, il ne sera diffusé qu'en séances privées jusqu'à la Libération. Sa sortie publique en France n'aura lieu qu'en 1969 — trente-trois ans après sa création rue Boyer, devant un public de militants qui savaient exactement pourquoi ils étaient là.

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Événement
1934
20 décembre 1934 — Cinéma de La Bellevilloise (salle Lénine)
p 352
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Événement
1905
1905 — Dispensaire de la Solidarité mutuelle de La Bellevilloise
p 352
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Événement
Événement
1903
1903 — Répartition de La Bellevilloise
p 353
Magasin d'alimentation générale de La Bellevilloise ; elle affichait sur sa façade la devise : "Chacun pour tous, tous pour chacun"
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Événement
Événement
1930
12 janvier 1930 — Brasserie-restaurant de La Bellevilloise "La Chope" (transformée en permanence électorale de Maurice Thorez)
p 353
Permanence de Maurice Thorez saccagée par les flics, remise en état par souscription
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Événement
1880
1880 — Répartition de La Bellevilloise/Siège de l'Agence générale des docks
p 353
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Événement
1869
1869 — Coopérative de consommation "L'Économie ouvrière"/Coopérative ouvrière
p 353
Premières coopératives de consommation du 20ème arrondissement ; elle deviendra "l'Union ouvrière" en 1872
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Événement
1910
1910 — Fédération communiste révolutionnaire (puis communiste-anarchiste, en 1912)
p 353
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Événement
1909
1909 — Siège du Club athlétique socialiste de La Bellevilloise
p 353
Un des premiers clubs sportifs ouvriers de la capitale ; fusion du Club athlétique socialiste de Ménilmontant et du Cercle sportif de La Bellevilloise
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Événement
1942
mai 1942 — Monument "Aux Victimes des révolutions"/Faux mur des Fédérés
p 354
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Événement
Date imprécise — Maison de nouveautés de La Bellevilloise
p 354
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Événement
1909
1909 — Monument "Aux Victimes des révolutions"/Faux mur des Fédérés
p 354
Monument ambigu "Aux Victimes des Révolutions", à "toutes" les victimes, de "toutes" les révolutions ; souvent confondu avec le vrai "Mur des Fédérés", situé lui à l'intérieur du cimetière du Père Lachaise
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Événement
1889
Événement
1896
1896 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe d'Onésime Prudent-Dervillers
p 355
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Événement
1853
1853 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Mme Raspail
p 355
Les obsèques de Mme Raspail se transforment en manifestation contre l'emprisonnement de son mari ; 20 000 personnes y participent
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Événement
1876
18 décembre 1876 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Mlle Raspail
p 355
Lors d'une manifestation réunissant plusieurs milliers de personnes pour réclamer l'amnistie, la Commune est acclamée
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Événement
1890
24 mai 1890 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Charles-Edmé Chabert
p 355
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Événement
1890
septembre 1890 — Cimetière du Père Lachaise (95ème division)/Tombe de Jules Joffrin
p 355
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Événement
1934
17 février 1934 — Cimetière du Père Lachaise
p 356
Obsèques de 5 des 6 victimes de février 1934, les 9 et 12 février
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Événement
1919
mai 1919 — Cimetière du Père Lachaise
p 356
Obsèques de Charles Lorne, tué par la police le 1er mai 1919 ; elles rassemblent 100 000 personnes
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Événement
Événement
1926
1926 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 357
Les "groupes de défense antifascistes", les GDA, encadrés par l'ARAC, défilent en uniforme et reçoivent leur drapeau
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Événement
1937
16 octobre 1937 — Cimetière du Père Lachaise (97ème division, 1ère ligne)/Tombe de Paul Vaillant-Couturier
p 357
Un demi-million de Parisiens accompagnent au Père-Lachaise le rédacteur en chef de L'Humanité, mort à quarante-cinq ans en pleine année du Front populaire. Paul Vaillant-Couturier est mort le 10 octobre 1937, à quarante- …

Un demi-million de Parisiens accompagnent au Père-Lachaise le rédacteur en chef de L'Humanité, mort à quarante-cinq ans en pleine année du Front populaire.

Paul Vaillant-Couturier est mort le 10 octobre 1937, à quarante-cinq ans, d'une crise cardiaque. Sa vie tient en quelques ruptures.

Né en 1892 dans une famille d'artistes lyriques, avocat de formation, il part à la guerre en 1914 en jeune bourgeois patriote. Il en revient trois fois blessé, deux fois cité, et définitivement révolté. Il fonde en 1917 avec Henri Barbusse et Raymond Lefebvre l'Association républicaine des anciens combattants, qui refuse le bourrage de crâne et l'union sacrée. Il publie "La Guerre de trente ans," recueil de nouvelles sur les tranchées.

Au congrès de Tours en décembre 1920, il est parmi ceux qui votent l'adhésion à l'Internationale communiste et fondent le Parti communiste. Il en sera pendant dix-sept ans l'une des voix les plus écoutées : député de la Seine, maire de Villejuif à partir de 1929, rédacteur en chef de L'Humanité de 1926 à 1929 puis de 1935 à sa mort.

Il est aussi écrivain, poète, chansonnier. Il écrit pour les enfants, il défend les colonies scolaires, il fait construire à Villejuif par Karl Marx un groupe scolaire qui est un manifeste d'architecture moderne. Il a créé en 1932 l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Sa fidélité à la ligne du Komintern, y compris pendant les procès de Moscou, est sans faille et fait partie du personnage.

Ses obsèques, le 16 octobre 1937, sont une démonstration de force du Front populaire au moment où celui-ci se défait. Cinq cent mille personnes défilent du siège de L'Humanité au cimetière du Père-Lachaise, où il est inhumé à la 97e division, à quelques centaines de mètres du mur des Fédérés.

Sa veuve, Marie-Claude Vaillant-Couturier, entrera dans la Résistance, sera déportée à Auschwitz et à Ravensbrück, témoignera au procès de Nuremberg et siégera à l'Assemblée nationale.

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Événement
1880
23 mai 1880 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 357
Première manifestation au Mur des Fédérés depuis la Commune de Paris, interdite bien sûr ; elle rassembla entre 25 et 50 000 personnes
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Événement
Date imprécise — Cimetière du Père Lachaise (66ème division, 1ère ligne)/Tombe de Gustave Flourens
p 357
Premiers hommages aux morts de la Commune dans les années 70 ; seule tombe de Communard répertoriée à l'époque
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Événement
1924
25 mai 1924 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 357
Remise d'un drapeau de la Commune aux gardes du Soviet de Moscou, décidée par 2 000 militants du 20ème arrondissement
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Événement
1931
1931 — Dispensaire de la Solidarité mutuelle de La Bellevilloise
p 357
Un poste de secours est aménagé en prévision des affrontements qui ont lieu chaque année avec la police, pour la commémoration de la Commune de 1871 au Père Lachaise
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Événement
Date imprécise — Dispensaire de la Solidarité mutuelle de La Bellevilloise (annexe)
p 362
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Événement
Date imprécise — Boulangerie coopérative "La Gerbe parisienne"/Coopérative ouvrière
p 363
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Événement
Date imprécise — Demeure de la famille Francotte
p 363
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Événement
Événement
1910
2 juillet 1910 — Guillotine à l'angle de la prison de la Santé (à partir de 1899)
Rustenholz
Jean-Jacques Liabeuf a vingt-trois ans quand la police des mœurs l'arrête, en 1909. Chef d'accusation : proxénétisme. Il nie — il n'a jamais touché à ça. Mais dans le Paris de la Belle Époque, la police des mœurs fonctio …

Jean-Jacques Liabeuf a vingt-trois ans quand la police des mœurs l'arrête, en 1909. Chef d'accusation : proxénétisme. Il nie — il n'a jamais touché à ça. Mais dans le Paris de la Belle Époque, la police des mœurs fonctionne à la prime : les agents sont intéressés aux interpellations, les travailleurs sans appui font de bons dossiers. Liabeuf, cordonnier du faubourg, est condamné à trois mois de prison. À sa sortie, son nom figure sur le registre des souteneurs — une marque indélébile qui ferme les portes et colle à la peau.

Il prépare sa réponse en silence. Des brassards de cuir, garnis de lames métalliques fixées aux avant-bras. Une armure artisanale, conçue pour une seule occasion.

Le 8 janvier 1910, dans le Marais, il surgit sur un groupe d'agents. Deux policiers meurent. Plusieurs autres sont grièvement blessés. Liabeuf est maîtrisé à coups de crosse, le corps en sang.

Son procès dure deux jours. Condamné à mort. L'affaire a entre-temps débordé les colonnes des journaux ouvriers : pour les anarchistes et une partie du mouvement socialiste, Liabeuf est moins un meurtrier qu'un homme que l'État a d'abord brisé sur une accusation fabriquée, puis condamné à mort pour s'en être vengé. Octave Mirbeau prend sa défense dans la presse. La CGT appelle à manifester. Le cas illustre ce que Marx désignait dans les Luttes de classes en France : une justice qui protège l'ordre bourgeois sous couvert de neutralité.

Le 2 juillet 1910, à l'aube, la guillotine est dressée boulevard Arago, devant la prison de la Santé. Des dizaines de milliers de personnes sont massées dans la nuit — certains pour assister, d'autres pour protester. La police charge à plusieurs reprises avant et après l'exécution. Liabeuf monte à l'échafaud sans prononcer un mot.

Il avait vingt-quatre ans. Sur les registres de la préfecture, il était toujours inscrit comme souteneur.

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