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13e arr.
Voie · 13e arrondissement

Rue du Château des Rentiers

De boulevard Masséna, 52. à boulevard Vincent Auriol, 171.
Quartier Gare · Longueur ≈ 1415 m
≈ 1415 m
Longueur
1
Quartier
I

Histoire de la rue

La rue du Château-des-Rentiers suit, pour l'essentiel, le tracé d'un vieux chemin d'Ivry, l'une de ces voies paysannes qui reliaient Paris aux villages du sud avant que le 13e arrondissement ne les absorbe. Son nom vient d'un lieu-dit : un château érigé au XVIIe siècle par un riche rentier d'Ivry, un certain Viellard selon la tradition locale, qui y fit construire sa demeure de plaisance. La rue est déjà indiquée sur des plans du XVIIe siècle, et son existence précède largement l'urbanisation du quartier de la Gare.

Le château lui-même connaît plusieurs vies. On rapporte que Mlle Contat, la célèbre comédienne de la Comédie-Française, aurait séjourné dans ces murs. Sur ses ruines s'élève, vers 1840, un petit théâtre de banlieue dit du Belvédère — une de ces salles populaires qui fleurissaient alors en lisière de Paris. L'âge industriel balaye bientôt cette parenthèse : en 1848, une fabrique de céruse prend la place, signe que le quartier bascule vers son destin ouvrier. Sous la chaussée, la géologie rappelle son droit : la rue est percée de puits traversant les carrières souterraines qui creusent tout ce secteur du 13e, visibles encore depuis les galeries de l'Inspection générale des carrières.

La rue dans la guerre d'Algérie

C'est entre 1959 et 1962 que la rue du Château-des-Rentiers entre dans l'histoire contemporaine de façon saisissante. Raymond Montaner, responsable de la Force de police auxiliaire (FPA) — les fameux calots bleus, supplétifs d'origine nord-africaine enrôlés contre le FLN — installe ici plusieurs postes de commandement, réquisitionnant de force des hôtels meublés après expulsion de leurs locataires. Les numéros 139, 179, 191, 206 et 208 deviennent autant de positions militarisées au cœur d'un quartier à forte population immigrée algérienne, placé sous l'autorité de Maurice Papon, alors préfet de police. Le FLN riposte : des commandos attaquent les postes au pistolet automatique, à la grenade, à bord de voitures lancées dans la rue. Des supplétifs sont tués ou blessés ; des militants FLN périssent dans les fusillades qui s'ensuivent. Un membre hors-cadre de la FPA est exécuté et abandonné dans un terrain vague au n° 159. Cette rue de faubourg tranquille, bordée de cours typiques et des derniers jardins ouvriers de Paris côté impasse, aura été, le temps d'une guerre coloniale, une ligne de front invisible au cœur de la capitale.

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II

Fiches

19 fiches · 12 adresses
41–43
41–43 rue du Château des Rentiers
Passage Bourgoin/Passage remarquable/Jardins ouvriers
1 fiche
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Passage typique du 13ème arrondissement. Derniers jardins ouvriers de Paris ; impasse Nationale au 54
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70
70 rue du Château des Rentiers
Cour remarquable
1 fiche
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139
139 rue du Château des Rentiers
Café Nicod/Poste de la 3ème section de la FPA (1/2 section)
1 fiche
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La Force de police auxiliaire (FPA, dite "les calots bleus) prend possession de 6 hôtels après avoir fait évacuer les locataires par la police municipale. Ici, 90 locataires sont expulsés
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Personnage(s) : Raymond Montaner
159
159 rue du Château des Rentiers
Rue du Château des Rentiers
1 fiche
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Membre hors-cadre de la Force de police auxiliaire, dite "les calots bleus", exécuté par un commando du FLN et déposé dans un terrain vague
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Personnage(s) : Flambeau
179
179 rue du Château des Rentiers
Poste de la FPA (Force de police auxiliaire, dite "les calots bleus")
3 fiches
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Un supplétif FPA est blessé par une grenade alors qu'il était en faction devant le poste. S'ensuit une fusillade qui fera 2 morts du côté du FLN ; 2 morts et 5 blessés chez les policiers auxiliaires de la FPA
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Montaner exige la réquisition de deux nouveaux hôtels appartenant à des sympathisants ou militants FLN. Il loge ici la 3ème section de la FPA
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Personnage(s) : Raymond Montaner
191
191 rue du Château des Rentiers
Poste de la FPA (Force de police auxiliaire, dite "les calots bleus")
2 fiches
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Le 191 rue du Château des Rentiers, qui avait été réquisitionné, est rendu à son propriétaire en échange de la collaboration du patron. La FPA s'installe au 208, qui était un relais pour les renseignements et les "choquistes" du FLN
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206
206 rue du Château des Rentiers
Réfectoire de la FPA (Force de police auxiliaire, dite "les calots bleus")
3 fiches
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La Force de police auxiliaire (FPA, dite "les calots bleus) prend possession de 6 hôtels après avoir fait évacuer les locataires par la police municipale et y installent 4 sections. Le 13ème arrondissement est la région 1221 du FLN
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Personnage(s) : Raymond Montaner
Poste de commandement et siège d'une demi-section de la FPA dite "les calots bleus", unité de supplétifs de police d'origine étrangère, principalement algérienne, constituée pour lutter contre l'influence du FLN à Paris et en banlieue
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208
208 rue du Château des Rentiers
Poste de la 2ème section de la FPA (1/2 section)
1 fiche
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Montaner exige la réquisition de deux nouveaux hôtels appartenant à des sympathisants ou militants FLN. Il loge ici la 3ème section de la FPA
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Personnage(s) : Raymond Montaner
Sans numéro
Sur la voie, sans adresse précise
2 fiches
Un commando FLN composé en partie de jeunes appelés algériens du contingent est intercepté avant l'attaque des postes FPA par des policiers métropolitains. LE FLN comptera 9 morts, 3 blessés et 13 prisonniers
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Personnage(s) : Combattants FLN
Sérizier s'échappe de la place Jeanne d'Arc pendant la Semaine sanglante ; il écrit au général Chanzy qu'il avait sauvé du lynchage quelques temps auparavant
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III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution