Diligence du Grand Bureau ou Messageries Royales. Voiture de la Direction Générale des Postes, dite des Facteurs.
Estampe de Victor Adam (entre 1841 et 1844).
Musée Carnavalet.
Sous l'Ancien Régime, deux compagnies se partageaient la poste et les diligences. La Révolution en fit d'abord deux républiques concurrentes, puis le Directoire une seule entreprise.
Les Messageries de l'Ancien Régime assuraient le transport des voyageurs, des colis et du courrier entre Paris et les provinces. Il en existait deux grandes : les Messageries royales, créées au XVIIe siècle avec monopole d'État, et les Messageries générales, compagnie privée qui leur disputait les routes depuis la fin du XVIIIe siècle. Leur siège parisien était à deux pas l'un de l'autre, rue du Bouloi et rue du Louvre, dans le quartier des Halles.
La Révolution rebaptisa les Messageries royales en Messageries nationales, sans changer fondamentalement leur fonctionnement. Les deux réseaux continuèrent à opérer en parallèle, avec leurs coches, leurs relais de chevaux et leurs tarifs distincts. Voyager de Paris en province en 1795 prenait toujours plusieurs jours ; les routes n'avaient pas changé.
Le 7 août 1798 (20 thermidor an VI), sous le Directoire, les deux compagnies fusionnèrent. La nouvelle entité prit le contrôle de l'ensemble du réseau de diligences reliant Paris aux grandes villes. C'était une rationalisation administrative dans la tradition révolutionnaire : unifier, centraliser, normaliser.
L'hôtel des Fermes qui abritait ces bureaux, au croisement des rues du Bouloi et du Louvre, avait été sous l'Ancien Régime le siège de la ferme générale : l'institution privée qui collectait les impôts indirects pour le compte du roi, honnie par le peuple et décapitée — au sens propre — pendant la Révolution (Lavoisier, fermier général, fut guillotiné en 1794). Ce bâtiment avait changé de locataire. Les diligences partaient toujours à l'heure.