Siège du Club des Allobroges, constitué de réfugiés savoyards en exil. Fondé sous le nom de "La Propagande des Alpes", il prit ensuite celui de "Club des Patriotes étrangers"
Le Club des Allobroges, foyer de la Révolution savoyarde à Paris
Au début des années 1790, Paris accueille un mouvement politique d'envergure : le Club des Allobroges, fondé par des réfugiés savoyards en exil. Ce club, établi à la galerie de Montpensier, devient le centre névralgique de la propagande révolutionnaire savoyarde.
Le club naît de l'agitation politique qui traverse la Savoie, alors intégrée au royaume de Piémont-Sardaigne. Dès 1791, un journal intitulé Premier Cri de la Savoie vers la Liberté paraît à Paris, exprimant l'aspiration de la majorité de la population savoyarde au rattachement à la France. Au début de 1792, Amédée Doppet, médecin originaire de Chambéry, fonde le Club des patriotes étrangers, qui se rebaptise ensuite Club des Allobroges. Ce club se rebaptise Club des Allobroges et devient un vecteur majeur de mobilisation politique.
Les membres du club, constitués de Savoisiens, de Piémontais et de Suisses exilés, collectent des fonds qu'ils adressent à l'Assemblée nationale. Le 31 juillet 1792, Doppet monte à la tribune de l'Assemblée nationale pour proposer la formation d'une Légion des Allobroges Cette proposition aboutit à la création officielle de la Légion le 1er août 1792.
La Légion des Allobroges, composée de volontaires recrutés en Savoie et à Paris, participe à la conquête de la Savoie à l'automne 1792. Elle combat ensuite la révolte royaliste et fédéraliste dans le sud de la France, notamment à Toulon. Parallèlement, une Assemblée nationale de Savoie, élue à Chambéry, demande l'union de la Savoie à la République française le 27 novembre 1792. La région devient alors le département du Mont-Blanc.
Le Club des Allobroges incarne ainsi un moment clé de l'histoire révolutionnaire : celui où les aspirations régionales se cristallisent en action politique et militaire, transformant la carte politique de l'Europe.