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Couverture — La Révolution française
Bibliographie

La Révolution française

MATHIEZ Albert
Bartillat, 2012.
221 Fiches citant cet ouvrage
2012 Édition

Fiches citant cet ouvrage

221 fiches
Événement
1784
1784 — Demeure d'Adrien Duport
p 50
Duport organise à son domicile des réunion regroupant des "libéraux" qui réclament l'établissement d'une constitution et la réunion des états généraux. Les frères Lameth, Mirabeau père, Étienne Clavière (banquier), Isaac …

Duport organise à son domicile des réunion regroupant des "libéraux" qui réclament l'établissement d'une constitution et la réunion des états généraux. Les frères Lameth, Mirabeau père, Étienne Clavière (banquier), Isaac Panchaud (banquier)

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Événement
1788
septembre 1788
p 53
Loménie de Brienne, qui vient d'être renvoyé par Louis XVI, est brûlé en effigie lors des émeutes qui ont lieu des 16 au 28 septembre autour de la basoche. Lamoignon subit le même sort quelques jours pls tard
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Événement
1789
25 juin 1789 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris
p 73
Les 400 électeurs parisiens qui avaient nommé les députés aux États généraux se réunissent pour surveiller les menées aristocratiques et se tenir en rapport étroit avec l'Assemblée nationale. Le 29, ils jettent les bases …

Les 400 électeurs parisiens qui avaient nommé les députés aux États généraux se réunissent pour surveiller les menées aristocratiques et se tenir en rapport étroit avec l'Assemblée nationale. Le 29, ils jettent les bases d'une garde bourgeoise

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Événement
1789
30 juin 1789 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Prison militaire (à l'extérieur de l'enceinte)
p 73
Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer. Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes frança …

Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer.

Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes françaises, fait emprisonner onze de ses soldats à l'Abbaye Saint-Germain. Leur crime : insubordination. Ces hommes ont fraternisé avec la foule du Palais-Royal, refusé de se tenir prêts à charger les civils, participé aux discussions politiques qui remplissent chaque soir les cafés du jardin depuis que l'Assemblée nationale s'est constituée contre la volonté du roi.

Le Palais-Royal est en juin 1789 le centre nerveux de la contestation parisienne. Propriété du duc d'Orléans — cousin du roi, libéral, en rupture avec la Cour — son jardin est le seul espace de Paris où la police royale ne peut intervenir. Les soldats qui y circulent, qui y écoutent les orateurs, qui boivent avec des bourgeois et des artisans, violent le code militaire. Du Châtelet tranche : la prison.

Parmi les soldats emprisonnés se trouvent des noms que l'histoire retiendra. Lazare Hoche a vingt et un ans : grenadier entré dans les Gardes françaises à quinze ans, il est incarcéré pour avoir fraternisé avec le peuple du Palais-Royal. François-Joseph Lefebvre est sous-officier au même régiment. Pierre-Augustin Hulin, ancien sergent aux Gardes suisses reconverti en bonnetier, est l'un de ceux qui vont organiser la libération depuis le jardin.

Le 30 juin au soir, la foule quitte le Palais-Royal et marche sur la prison de l'Abbaye — le bâtiment pénitentiaire attenant au couvent de Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement de l'actuel boulevard Saint-Germain. Les portes cèdent. Les onze soldats sont libérés, promenés en triomphe dans les rues, escortés sous les acclamations jusqu'au Palais-Royal.

C'est le premier coup de force populaire de la Révolution. Du Châtelet n'ose pas reprendre ses hommes. Quatorze jours plus tard, ce sont ces mêmes soldats — Hoche, Lefebvre, et d'autres du régiment — qui rejoindront la colonne de Hulin devant la Bastille. La prison qui symbolise l'arbitraire royal tombera le 14 juillet ; l'Abbaye aura été la répétition générale.

Les Gardes françaises sont dissoutes en juillet 1789. Leurs hommes forment le noyau de la future Garde nationale. Lazare Hoche mourra général de division en 1797, à vingt-neuf ans. François-Joseph Lefebvre deviendra duc de Danzig sous l'Empire. Du Châtelet sera guillotiné en 1793, condamné par ce même peuple qu'il avait voulu faire charger.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Demeure et cabinet des figures de cire de Curtius
p 74
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 74
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Hôtel de Nevers/Palais Mazarin/Bourse des valeurs
p 74
Fermeture de la bourse des valeurs, en même temps que 40 barrières sont incendiées. Les banquiers s'enrôlent avec leur personnel dans la garde bourgeoise ; cette révolution est évidemment la leur
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Événement
1789
12 juillet 1789
p 74
Manifestation contre le renvoi de Necker, violemment réprimée par le prince de Lambesc sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne (salle des armes)
p 74
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Place Louis XV
p 74
Le dimanche 12 juillet 1789, Paris apprend que le roi a renvoyé Necker. Une charge de cavalerie aux Tuileries, grossie par la rumeur, fait basculer la ville : deux jours plus tard, la Bastille tombe. À Versailles, les ét …

Le dimanche 12 juillet 1789, Paris apprend que le roi a renvoyé Necker. Une charge de cavalerie aux Tuileries, grossie par la rumeur, fait basculer la ville : deux jours plus tard, la Bastille tombe.

À Versailles, les états généraux sont devenus l’Assemblée nationale, et Louis XVI s’apprête à reprendre les choses en main. Il a fait appel à la troupe. Parmi les régiments venus à Paris, le Royal-Allemand, un régiment de cavalerie qui appartient à son colonel, Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, cousin de la reine Marie-Antoinette : parti de Valenciennes sur ordre du roi, il campe depuis le 7 juillet dans les jardins de la Muette. Le 11, le roi congédie son ministre des Finances, Jacques Necker, coupable à ses yeux d’une « condescendance extrême » envers les états généraux. Le banquier genevois quitte aussitôt la France. Or ce « ministre patriote » est adulé des Parisiens, qui achètent son portrait, ses médailles, ses bustes.

La nouvelle se répand dans Paris le dimanche 12. Dans le jardin du Palais-Royal, devant le café de Foy, un avocat encore peu connu, Camille Desmoulins, monte sur une table, un pistolet dans chaque main : « M. Necker est renvoyé ; ce renvoi est le tocsin d’une Saint-Barthélemy des patriotes. » Il appelle la foule aux armes ; on convient d’un signe de ralliement, une cocarde verte, « couleur de l’espérance ». Des cortèges promènent dans les rues les bustes de Necker et du duc d’Orléans. La foule se masse sur la place Louis-XV, l’actuelle place de la Concorde, et à l’entrée du jardin des Tuileries. Lambesc reçoit l’ordre de la disperser. Le baron de Besenval, qui commande la garnison de Paris et craint les reproches de la cour, lui fait mettre sabre au clair.

Formé à la guerre, pas au maintien de l’ordre, le prince lance ses cavaliers vers les Tuileries. Du haut de la terrasse, on leur jette des bouteilles, des chaises, des pierres ; des cavaliers tombent, les autres frappent du plat du sabre. Dans la bousculade, Lambesc renverse un jeune instituteur ; une femme qui tient un enfant par la main tombe, et se relève sans mal. Le pont tournant dégagé, il ramène sa troupe sur la place. Il y a des blessés, peut-être des morts.

Petite gravure : sous les arbres d’un jardin, un cavalier fond sur un homme à terre ; au premier plan, une femme et un enfant s’enfuient

La rumeur fait le reste : on raconte que les soldats ont tiré sur les passants, on montre le prince égorgeant un vieillard qui demandait grâce à genoux. À l’appel d’un agitateur orléaniste, Gonchon, des émeutiers et des gardes françaises accourent sur la place pour en chasser ces soldats « étrangers ». Vers sept heures du soir, les gardes françaises ouvrent le feu et blessent trois cavaliers. À huit heures, Lambesc se replie par les Champs-Élysées vers le Champ-de-Mars. Besenval, ulcéré par la passivité de la cour, retire ses troupes de Paris.

La ville est livrée à elle-même. Du 9 au 17 juillet, quarante des cinquante-quatre barrières de l’octroi sont incendiées. Le 13, les électeurs de Paris, réunis à l’Hôtel de ville, créent une milice bourgeoise, qui portera la cocarde aux couleurs de la ville, le rouge et le bleu. Pour s’armer, la foule pille le Garde-Meuble de la Couronne, l’actuel hôtel de la Marine, au nord de la place ; il n’y trouve que des armes anciennes. Le 14, elle prend les Invalides, puis la Bastille.

Portrait en miniature, dans un cadre rond doré : un homme aux cheveux poudrés, en habit rouge à revers bleus

Louis XVI rappelle Necker dès le 16 juillet. Le soir même, Lambesc reçoit l’ordre de gagner Metz. Il émigre avant la fin de l’année, servira dans l’armée autrichienne et mourra à Vienne en 1825. Mis en accusation pour sa charge, il sera déféré au tribunal du Châtelet, où deux témoins assureront que la foule avait attaqué la première. Besenval, arrêté près de Provins, ne devra la vie qu’à l’intervention de Necker ; jugé pour crime de lèse-nation, il sera acquitté.

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Événement
1789
22 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
p 75
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Événement
1789
22 juillet 1789
p 75
Le 22 juillet 1789, à la lanterne de la place de Grève, la Révolution découvrit ce qu'elle était capable de faire de ses propres mains. Joseph Foullon de Doué avait soixante-quatorze ans et toute une vie de mépris derriè …

Le 22 juillet 1789, à la lanterne de la place de Grève, la Révolution découvrit ce qu'elle était capable de faire de ses propres mains.

Joseph Foullon de Doué avait soixante-quatorze ans et toute une vie de mépris derrière lui. Ancien intendant, brièvement contrôleur général des finances après le renvoi de Necker le 11 juillet, il passait à Paris pour l'homme qui avait dit, en parlant du peuple affamé : « Qu'il mange du foin. » La phrase était peut-être apocryphe. En juillet 1789, elle était vraie.

Foullon avait tenté de fuir, feint sa propre mort. Il fut reconnu, arrêté, traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville. La foule ne laissa pas le temps à personne de le juger. On le pendit à la lanterne du coin de la place de Grève. Quand le corps tomba — la corde avait cassé plusieurs fois — on lui coupa la tête et on l'embrocha sur une pique avec une botte de foin dans la bouche.

Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny, intendant de Paris et gendre de Foullon, avait été arrêté à Compiègne et conduit vers la capitale sous escorte. Au 129 de la rue Saint-Martin, près de la fontaine Maubuée, la foule lui présenta la tête de son beau-père. Il pâlit. Il fut ensuite conduit à l'Hôtel de Ville et massacré à son tour devant l'entrée.

C'était huit jours après la prise de la Bastille. La Révolution avait conquis une forteresse royale ; elle venait d'inventer autre chose — une forme de justice populaire expéditive qui n'avait besoin ni de tribunal ni de loi. La lanterne de la place de Grève entra dans la chanson révolutionnaire : Ah ça ira, ça ira, ça ira / Les aristocrates à la lanterne.

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Hôtel de Ville
p 75
Les grands électeurs aux États généraux rassemblés au Musée de Paris se joignent à l'ancienne municipalité de Paris pour former un "Comité permanent" qui enjoint au gouverneur de la Bastille de livrer des armes et de ret …

Les grands électeurs aux États généraux rassemblés au Musée de Paris se joignent à l'ancienne municipalité de Paris pour former un "Comité permanent" qui enjoint au gouverneur de la Bastille de livrer des armes et de retirer ses canons

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille (cour du Gouverneur)
p 75
Lieu des combats pour la prise de la Bastille, où il restait 7 prisonniers ; il y eut 98 morts et 662 "Vainqueurs de la Bastille" ; 863 ou 954 selon certains
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Événement
1789
22 juillet 1789 — Fontaine Maubué ou Maubuée
p 75
On montre à Bertier de Sauvigny la tête de Foullon sur une pique avec du foin dans la bouche avant de l'emmener à l'Hôtel de Ville où il sera lui-même exécuté
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Événement
1789
15 juillet 1789 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 76
L'archevêque de Paris fait chanter un Te Deum à Notre-Dame, en présence des délégués de l'Assemblée nationale, pour le retour de la pais après la prise de la Bastille. Il fait un don de 20 000 livres pour les ouvriers du …

L'archevêque de Paris fait chanter un Te Deum à Notre-Dame, en présence des délégués de l'Assemblée nationale, pour le retour de la pais après la prise de la Bastille. Il fait un don de 20 000 livres pour les ouvriers du Fbg St Antoine

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Événement
1789
17 juillet 1789 — Hôtel de Ville
p 76
Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois. Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. …

Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois.

Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. Ce n'est pas une visite de triomphe — c'est une capitulation soigneusement enveloppée dans un protocole. Au quai de la Seine, près de la barrière de la Conférence (l'actuel quai de la Conférence, dans l'axe de l'avenue de New York), vingt-cinq membres du Conseil municipal l'accueillent et lui remettent les clefs de la capitale. Geste millénaire — mais pour la première fois, le roi des Français les reçoit d'une ville en armes.

Le cortège remonte vers l'Hôtel de Ville. Jean-Sylvain Bailly — astronome, maire tout juste élu — attend sur le parvis. Il présente au roi la cocarde tricolore : le bleu et le rouge de la ville de Paris encadrant le blanc des Bourbon. Louis XVI la prend, la pique sur son chapeau. La foule exulte.

Le roi a mis la cocarde. Il a reconnu — en apparence du moins — la révolution qui l'a pris par surprise. Rentré à Versailles le soir même, il continuera à tergiverser, à jouer sur tous les tableaux, à espérer un retournement. Ce que le geste du 17 juillet signifiait réellement, chacun pouvait l'interpréter à sa guise.

Pendant que Louis XVI coiffait sa cocarde à l'Hôtel de Ville, son frère cadet Charles-Philippe, comte d'Artois — futur Charles X, ennemi déclaré de toute idée de constitution — quittait Paris pour ne plus y revenir de sitôt. Il prit la route de Turin avec les princes de Condé et quelques fidèles. Premier grand émigré de la Révolution, il ne remit les pieds en France qu'en 1814, derrière les armées alliées, une Restauration dans les bagages.

Elle dura seize ans. En juillet 1830, son entêtement ultra-royaliste provoqua les Trois Glorieuses qui l'expulsèrent du trône. Paris, le 17 juillet 1789, avait imposé sa cocarde à Louis XVI. En 1830, il enlèverait la couronne à son frère.

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Événement
1789
30 août 1789
p 92
Une manifestation contre le maintien du véto royal, menée par Saint-Huruge, est arrêtée alors qu'elle partait de nuit pour Versailles. Camiiel Desmoulins appuie cette action
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Événement
1789
5 octobre 1789 — Place de Grève / Maison commune
p 95
Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin. À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’as …

Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin.

À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’assaut, alors que la récolte a été bonne : La Fayette parlera d’une « disette moitié réelle, moitié factice ». À Versailles, l’Assemblée piétine et le roi refuse toujours de sanctionner la Déclaration des droits de l’homme. Louis XVI a fait venir le régiment de Flandre, et le 1er octobre, au banquet que lui offrent les gardes du corps dans l’opéra du château, en présence de la famille royale, on a arraché des cocardes tricolores pour les remplacer par la cocarde blanche. À Paris, on crie à la provocation.

Le 5 octobre, dès sept heures du matin, des femmes se rassemblent sur la place de Grève, devant l’Hôtel de Ville. Beaucoup sont des Dames de la Halle — marchandes de poisson, de grain, de fruits ou de fripes, comme Reine Audu —, habituées à s’organiser, et persuadées que l’approvisionnement de la ville est leur affaire. Elles réclament le maire, Bailly, et le commandant de la Garde nationale, La Fayette ; aucun n’est là. Elles forcent alors les portes de la Maison commune, où l’on pille quelque six cents armes, et sonnent le tocsin. Un boulanger, accusé de vendre trop cher, est traîné jusque-là.

Vers dix heures, sous la pluie, un premier cortège de plusieurs milliers de femmes part demander du pain au roi lui-même. Elles tirent à mains nues des canons pris sur la place de Grève, suivent les quais jusqu’à la place Louis-XV, puis prennent la route de Sèvres, où elles trouvent portes closes. Un homme leur sert de porte-parole : Stanislas Maillard, un vainqueur de la Bastille, qui se présentera ensuite comme le chef de toute la marche. Six heures de route dans la boue : elles arrivent épuisées à Versailles vers seize heures.

Certaines envahissent la salle de l’Assemblée et vont jusqu’à s’asseoir dans le fauteuil du président. Une délégation est reçue par le roi ; Louison Chabry, une ouvrière de dix-sept ans chargée de parler pour les autres, ne peut que murmurer « du pain » avant de s’évanouir. Louis XVI promet de faire venir du grain, signe un décret sur les subsistances et, tard dans la soirée, accepte enfin la Déclaration des droits.

À Paris, La Fayette n’arrive à l’Hôtel de Ville qu’à quatorze heures et refuse de faire marcher la Garde nationale sans ordre de la Commune ; ses hommes ne partent qu’à dix-sept heures et atteignent Versailles vers minuit. Le général, épuisé, va se coucher sans vérifier les postes. À l’aube du 6 octobre, des émeutiers envahissent le château ; deux gardes du corps sont tués, et leurs têtes promenées au bout de piques. La reine s’enfuit chez le roi. La Fayette, enfin réveillé, calme les esprits ; la foule exige de voir le roi, et Louis XVI paraît au balcon avec la reine, qui porte le dauphin dans ses bras. Dans la cour, on crie : « À Paris ! »

À treize heures, le roi quitte Versailles. Un immense cortège de plus de trente mille hommes l’escorte ; les gardes nationaux portent chacun un pain piqué au bout de la baïonnette, et l’on crie qu’on ramène « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». À vingt heures, Bailly remet au roi les clés de Paris à l’Hôtel de Ville ; à vingt-deux heures, la famille royale arrive aux Tuileries, où rien n’est prêt pour la recevoir. L’Assemblée la suit quelques jours plus tard.

C’est le retour définitif, et contraint, de la monarchie dans sa capitale. Quand Louis XVI en sortira, en juin 1791, ce sera pour fuir.

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Événement
1789
5 octobre 1789
p 95
Rassemblement du cortège des femmes se rendant à Versailles pour réclamer du pain ; Théroigne de Méricourt est accusée à tort de vouloir tuer la reine
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Événement
1789
1789 — Hôtel Delahaye/Hôtel Radix de Sainte Foy/Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau
p 102
Demeure d'Honoré-Gabriel-Riqueti de Mirabeau, surnommé "l'Orateur du peuple" ; il touche une pension pour son soutien secret à la royauté : 200 000 livres pour payer ses dettes, 6 000 livres par mois et 1 millon à la fer …

Demeure d'Honoré-Gabriel-Riqueti de Mirabeau, surnommé "l'Orateur du peuple" ; il touche une pension pour son soutien secret à la royauté : 200 000 livres pour payer ses dettes, 6 000 livres par mois et 1 millon à la fermeture de l'Assemblée

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Événement
1790
19 septembre 1790
p 108-109
Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République. En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régime …

Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République.

En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régiment suisse de Châteauvieux, mal payé et gagné par l'esprit révolutionnaire, se soulève contre ses officiers, s'empare de la caisse régimentaire et emprisonne ses commandants. Deux autres régiments rejoignent le mouvement. Mais le Gouvernement constitutionnel tremble : permettre l'insubordination militaire serait reconnaître que la Révolution peut remettre en cause la hiérarchie de l'armée. Le marquis de Bouillé reçoit ordre d'intervenir. La Fayette, commandant de la Garde nationale, cautionne.

La répression est sévère. Vingt-deux soldats sont pendus. Quarante et un autres sont condamnés aux galères : trente ans de bagne à Brest, enchaînés parmi les forçats de droit commun, astreints au bonnet rouge distinctif des galériens du roi. Pour les Jacobins de gauche, les Cordeliers, les clubs populaires de Paris, ce verdict est un scandale : ce sont des soldats révolutionnaires que l'on traite comme des criminels.

Le 19 septembre 1790, une cérémonie funèbre se tient au Champ de Mars pour honorer les condamnés. La solennité est politique autant que symbolique. Dans la foule des sections et des clubs, un geste s'accomplit : par solidarité avec les galériens de Châteauvieux, des militants parisiens commencent à arborer le bonnet rouge. Ce bonnet de bagnard, coiffure infamante aux yeux de l'Ancien Régime, devient ce jour-là le bonnet de la liberté.

Le détour par l'Antiquité viendra ensuite. Les érudits de la Révolution reconnaissent dans ce bonnet l'héritier du pileus des affranchis romains, coiffure des esclaves libérés dans le monde gréco-romain. Le rapprochement avec le bonnet phrygien des représentations allégoriques s'impose. L'objet populaire et subversif se charge d'un prestige antique, qui en fait un symbole acceptable jusque dans les allégories officielles. En 1792, quand les galériens de Châteauvieux survivants arrivent à Paris après vingt-cinq jours de marche depuis Brest, graciés après la chute des Feuillants, la ville entière les accueille en triomphe avec leur bonnet rouge. Ce symbole coiffera désormais les bustes de Marianne.

Le déclin de La Fayette commence ici. L'homme de la Fête de la Fédération perd progressivement crédit auprès des sections. Il commandait la Garde nationale qui cautionnait la répression de Nancy ; il commandera la Garde nationale qui tirera sur le peuple au Champ-de-Mars en juillet 1791. Entre ces deux dates, une continuité politique que les sans-culottes ne lui pardonneront pas.

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Événement
1792
30 avril 1792 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Législative
p 108-109
Les gardes-suisses de Châteauvieux, libérés du bagne de Brest, viennent remercier l'Assemblée qui hésite à les recevoir
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Événement
1790
20 juillet 1790
p 108-109
Reconstitution de la Bastille par une rangée de peupliers, pour la Fête de la Fédération ; symbolisée par un énorme bonnet phrygien rappelant l'épisode des Suisses de Châteauvieux
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Événement
1789
1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (entrée en 1789)/Club des Jacobins
p 110
Entrée par laquelle on accédait à la chapelle où se tenaient les réunions de la "société des Amis de la Constitution", qui prendra de ce fait le nom de "Club des Jacobins"
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Événement
Événement
1789
Événement
1789
1789 — Imprimerie du "Patriote français"/Imprimerie du "Courrier français"
p 111 & 375
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Événement
1789
1789 — Imprimerie du journal "Les Annales patriotiques"
p 111
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Événement
1789
23 novembre 1789
p 111
Imrprimerie du journal de Pierre-Jean Audouin, le "Journal universel, ou Révolutions des Royaumes", qui paraît du 23 novembre 1789 au 14 prairial an III
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Événement
1789
juillet 1789 — Imprimerie du journal "Les Révolutions de Paris"
p 111
Périodique qui compta 223 numéros et qui tira jusqu'à 200 000 exemplaires ; auquel participèrent Fabre d'Églantine et Chaumette
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Événement
1789
novembre 1789 — Imprimerie GarnérySiège de la revue "Les Révolutions de France et de Brabant"
p 111
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Événement
Événement
1789
5 octobre 1789 — Siège du journal "Les Annales patriotiques" (chez le libraire Buisson)
p 111
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Événement
1789
1789 — Palais Royal/Siège de la "Société patriotique de 1789"
p 111
Sorte d'académie politique créée par La Fayette au début de la Révolution, appelée aussi "Club de 1789", bien qu'il s'agisse plutôt d'un salon ou d'une académie politique non ouverte au public
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Événement
1790
novembre 1790 — Local dit "le Panthéon"
p 112-113
Réunions du club des Amis de la Constitution monarchique, survivance du club des Impartiaux, c'est-à-dire de l'ancien parti monarchien. Il publie un journal dirigé par Louis de Fontanes
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Événement
1790
avril 1790 — Premier siège du club "Le Salon français" (club monarchiste à l'origine de l'initiative des "chevaliers du poignard")
p 113
Club archi-royaliste qui éclata entre partisans de Louis XVI, partisans du comte de Provence futur Louis XVIII, et partisans d'une monarchie dirigée par la noblesse. Certains voulaient sauver Louis XVI, d'autres dont son …

Club archi-royaliste qui éclata entre partisans de Louis XVI, partisans du comte de Provence futur Louis XVIII, et partisans d'une monarchie dirigée par la noblesse. Certains voulaient sauver Louis XVI, d'autres dont son frère, s'en débarrasser

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Événement
1789
1789 — Palais Royal/Second siège du club du Salon français/Groupe des "Noirs" ou "Aristocrates"
p 113
Club où se réunissent les membres les plus droitiers de l'Assemblée
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Événement
1790
1790 — Couvent des Capucins St Honoré (devenu bien national par décret du 2 novembre 1789)
p 113
Lieu de réunion des aristocrates archi-réactionnaires qui r^vent d'une reprise du pouvoir par les armes
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Événement
1789
2 novembre 1789 — Librairie Gattey (diffusion du périodique "Les Actes des apôtres")
p 113
Parution d'un périodique archi-royaliste et contre-révolutionnaire intitulé sans doute par dérision "Les Actes des Apôtres"
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Événement
1789
29 août 1789 — Hôtel de Ville (siège de la Commune de 1789)
p 121
Considérés comme des citoyens passifs, 400 ouvriers parisiens viennent réclamer à la Commune la qualité de citoyens actifs, le droit de participer aux assemblées des divers districts et l'honneur de faire partie de la ga …

Considérés comme des citoyens passifs, 400 ouvriers parisiens viennent réclamer à la Commune la qualité de citoyens actifs, le droit de participer aux assemblées des divers districts et l'honneur de faire partie de la garde nationale

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Événement
1791
avril 1791 — Église du couvent des Théatins (archevêque de Théate)
p 156
Église que l'on soupçonne d'être tenue par des prêtres "non-jureurs", ou "insermentés" ; les Jacobins apposent sur le portail des verges et un "Avis aux dévotes aristocrates, médecine purgative distribuée gratis le diman …

Église que l'on soupçonne d'être tenue par des prêtres "non-jureurs", ou "insermentés" ; les Jacobins apposent sur le portail des verges et un "Avis aux dévotes aristocrates, médecine purgative distribuée gratis le dimanche"

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Événement
1790
janvier 1790 — Imprimerie du Cercle social/Siège du journal "La Bouche de Fer"
p 163
Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cerc …

Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cercle social

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Événement
Événement
1790
21 février 1790 — Cirque du Palais Royal/Cercle social/Club des Amis de la Vérité
p 163 & 267
Fondation du Cercle social, mélange de club politique révolutionnaire, de loge maçonnique et de salon littéraire. Bonneville publie après Varennes, et de nouveau après le 10 août "De l'esprit des religions", qui prône la …

Fondation du Cercle social, mélange de club politique révolutionnaire, de loge maçonnique et de salon littéraire. Bonneville publie après Varennes, et de nouveau après le 10 août "De l'esprit des religions", qui prône la loi agraire

Le 21 février 1790 est fondé à Paris le Cercle social, également connu sous le nom de Club des Amis de la Vérité. Installé au cirque du Palais-Royal, ce lieu singulier se situe à la croisée de plusieurs traditions : club politique révolutionnaire, loge maçonnique et salon littéraire. Il incarne l’un des espaces les plus originaux de la sociabilité révolutionnaire des premières années de 1789-1791.

Le Cercle social se veut un lieu de réflexion et de diffusion des idées nouvelles, ouvert à un public élargi. On y débat de souveraineté populaire, de droits naturels, d’éducation, de religion et de réforme sociale. Parmi ses animateurs figurent Claude Fauchet, prédicateur et futur évêque constitutionnel, Nicolas de Bonneville, écrivain et éditeur, ainsi que Jean-Baptiste Charles Chabroud, juriste et député. Tous partagent l’ambition de lier la Révolution française à une transformation morale et universelle de l’humanité.

Contrairement aux clubs plus strictement politiques, le Cercle social revendique une dimension philosophique et presque mystique. Bonneville y joue un rôle central, notamment par ses publications. Après la fuite de Varennes, puis de nouveau après le 10 août 1792, il publie De l’esprit des religions, texte radical qui prône une régénération sociale profonde et évoque la loi agraire, inscrivant le Cercle dans une critique frontale des inégalités économiques.

Le Cercle social apparaît ainsi comme un laboratoire d’idées avancées, parfois en décalage avec la Révolution institutionnelle. Il témoigne de la richesse, mais aussi des tensions, d’un moment où Paris est le foyer d’expérimentations politiques, sociales et intellectuelles dont certaines annoncent les radicalités à venir.

Le Cirque du Palais Royal en 1794, BnF

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Événement
1791
1791 — Second siège du journal "Le Mercure national" (de Louise de Kéralio)
p 163
Premier journal ayant prôné le républicanisme, le tutoiement et l'usage du terme citoyen ou citoyenne en place de monsieur et madame
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Événement
1791
1791 — Troisième siège du journal "Le Mercure national" (de Louise de Kéralio)
p 163
Premier journal ayant prôné le républicanisme, le tutoiement et l'usage du terme citoyen ou citoyenne en place de monsieur et madame
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Événement
1789
1789 — Librairie de Louise de Kéralio/Premier Siège du journal "Le Mercure national" (chez les parents de Louise, au 2ème étage)
p 163
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Événement
1795
28 mai 1795
p 163
Un des précurseurs du républicanisme pendant la Révolution française, décrété d'arrestation et gardé à vue à son domicile pour soupçon d'avoir participé à l'Insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795). Il sera amni …

Un des précurseurs du républicanisme pendant la Révolution française, décrété d'arrestation et gardé à vue à son domicile pour soupçon d'avoir participé à l'Insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795). Il sera amnistié

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Événement
1791
22 octobre 1791 — Demeure de Jean-Lambert Tallien/Siège du journal "L'Ami des citoyens"
p 164
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Événement
1790
1790 — Couvent des Jacobins St Honoré (dans le réfectoire puis dans la bibliothèque)
p 164
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Événement
1791
14 juin 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
p 165 & 621
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Événement
1791
24 février 1791 — Palais des Tuileries
p 166
Le palais des Tuileries sont assiégées par le peuple une première fois après le départ d'Adélaïde et Victoire, les deux filles de Louis XV, tantes de Louis XVI. Les dames de la Halle demandent à son frère sa parole de ne …

Le palais des Tuileries sont assiégées par le peuple une première fois après le départ d'Adélaïde et Victoire, les deux filles de Louis XV, tantes de Louis XVI. Les dames de la Halle demandent à son frère sa parole de ne pas quitter la capitale

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Événement
1791
28 février 1791 — Palais des Tuileries
p 167
Rassemblement de 400 nobles qui tentent de désarmer la Garde nationale pour "libérer" Louis XVI ; on leur donnera le nom de "chevaliers du poignard". Le 28 février 1791, le château des Tuileries devient le théâtre d’un c …

Rassemblement de 400 nobles qui tentent de désarmer la Garde nationale pour "libérer" Louis XVI ; on leur donnera le nom de "chevaliers du poignard".

Le 28 février 1791, le château des Tuileries devient le théâtre d’un coup de force royaliste avorté, passé à la postérité sous le nom de « journée des poignards ». Tandis qu’un mouvement populaire se dirige vers Vincennes pour démolir le donjon, plusieurs centaines de gentilshommes, alertés par la rumeur d’un danger pesant sur le roi, convergent vers les appartements de Louis XVI, cartes d’entrée en poche. Beaucoup sont officiers, anciens attachés de la Maison du Roi ou membres de cercles monarchiques : ils ont transformé armoires et placards en arsenaux, d’où sortent pistolets, épées courtes et poignards, qu’ils portent parfois sans même chercher à les dissimuler.

Leur projet est flou, mais leur intention claire : se placer en garde rapprochée du roi pour le « protéger » de la Garde nationale et, si l’occasion se présente, l’emmener hors de Paris, au besoin en désarmant les gardes postés dans le palais. Dans les couloirs, on croise notamment Alexandre de Rougeville, futur protagoniste des tentatives d’évasion de Marie‑Antoinette, et d’autres nobles restés fidèles à la monarchie. Rapidement, la rumeur enfle dans les rangs de la Garde nationale : les Tuileries seraient remplies de gens armés, prêts à tirer. Le major‑général Gouvion, puis La Fayette lui‑même, arrivent au château avec des renforts.

La scène qui suit est restée célèbre. La Fayette fait encercler les appartements, admoneste vertement les nobles et exige la remise des armes. Louis XVI, inquiet d’un affrontement sanglant entre ses partisans et la Garde nationale, ordonne aux gentilshommes de se retirer. Ceux‑ci résistent d’abord, arguant de leur zèle à défendre le roi, puis doivent céder : ils sont désarmés par les grenadiers, fouillés, et contraints de sortir entre deux haies de gardes nationaux, sous les huées et les insultes des soldats‑citoyens.

C’est de cette journée que leur vient le surnom de « chevaliers du poignard », titre à la fois moqueur et inquiétant qui souligne le contraste entre leur prétention chevaleresque et le caractère maladroit, presque complotiste, de leur intervention. L’épisode montre un roi pris entre deux feux : d’un côté des soutiens nobles prêts à la violence, de l’autre une Garde nationale qui se veut garante de la Révolution. En faisant désarmer ses propres partisans, Louis XVI tente d’éviter le pire, mais il révèle aussi à quel point la monarchie est désormais dépendante d’une force armée devenue, elle, profondément révolutionnaire.

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Événement
1791
4 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 168
Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries. Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la …

Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries.

Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la Chaussée d'Antin, Mirabeau est inhumé au Panthéon. Il en est le premier occupant — le temple républicain vient d'être créé pour lui. Les obsèques sont nationales. Paris entier est dans la rue.

Il y reste deux ans et demi. Le 27 novembre 1793, en pleine Terreur, les sans-culottes font irruption dans le Panthéon et exigent son expulsion. La raison : on vient de découvrir dans "l'armoire de fer" des Tuileries — une cache secrète murée dans les appartements royaux — des centaines de lettres compromettantes. Mirabeau y apparaît comme un conseiller rémunéré de Louis XVI, percevant une pension mensuelle en échange de ses avis politiques. Le tribun de la Révolution était en réalité un agent double.

La Convention vote l'expulsion à l'unanimité. On sort le cercueil du Panthéon sans cérémonie. Mirabeau est réinhumé au cimetière Sainte-Catherine, dans une fosse commune avec d'autres victimes de disgrâce révolutionnaire. Sa famille ne réussit jamais à retrouver ses restes avec certitude.

La fiche de Philippe note que ses lettres étaient adressées à "Louis XIV" — c'est Louis XVI bien sûr, coquille à corriger sur le site.

Ce que le Panthéon avait donné en deux jours, il le reprit en un après-midi. Le premier "grand homme" de la République avait été le premier à en être chassé. L'histoire, parfois, a le sens du symbole.

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Événement
1791
1791 — Salle du Manège
p 168
L'Assemblée autorise le journal "Le Logographe", créé par Charles de Lameth et Adrien Duport après la mort de Mirabeau afin de supplanter "Le Moniteur" la fayettiste, à s'installer à la tribune de l'Assemblée
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Événement
1791
2 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Temple de la Mémoire
p 168
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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
p 168
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
1791
18 avril 1791 — Palais des Tuileries
p 168-169
Deux heures et quart dans une voiture immobile, entouré par ceux qu'il est censé gouverner. Le 18 avril 1791, lundi de Pâques, Louis XVI fait atteler son carrosse dans la cour des Tuileries. La destination officielle est …

Deux heures et quart dans une voiture immobile, entouré par ceux qu'il est censé gouverner.

Le 18 avril 1791, lundi de Pâques, Louis XVI fait atteler son carrosse dans la cour des Tuileries. La destination officielle est le château de Saint-Cloud, où la famille royale avait l'habitude de passer la Semaine sainte. Rien d'extraordinaire en apparence. Mais Paris est en ébullition depuis des mois autour de la question religieuse — la Constitution civile du clergé, votée en juillet 1790, a divisé le pays entre prêtres assermentés et prêtres réfractaires. Le roi, catholique fervent, veut recevoir la communion d'un prêtre non assermenté. Tout le monde le sait. Et tout le monde comprend ce que ce départ signifie : le roi cherche à se soustraire, même brièvement, au regard de Paris.

La foule se masse place du Carrousel. Elle n'est pas là par hasard — les clubs, les sections, le bouche-à-oreille ont fait leur travail. Les gardes nationaux de la deuxième division, ceux du faubourg Saint-Antoine et du faubourg Saint-Marcel, refusent de dégager le passage. Le carrosse est bloqué, portières fermées, le roi et Marie-Antoinette à l'intérieur.

La Fayette arrive avec Bailly, le maire de Paris. Pendant plus de deux heures, il tente de rétablir l'ordre constitutionnel — c'est-à-dire de permettre au roi d'exercer sa liberté de mouvement, garantie par la loi. Il harangue les gardes. Ils ne bougent pas. Il menace. Ils restent. La Fayette propose alors au roi la seule issue qui reste : proclamer la loi martiale et faire intervenir la troupe. Louis XVI refuse. « Je ne veux pas qu'on verse du sang pour moi. » Après deux heures et quart, le roi ordonne qu'on dételle. Il descend du carrosse avec la reine et rentre aux Tuileries, seul, son entourage dispersé par la foule.

L'humiliation est triple. Pour le roi, qui se découvre prisonnier de fait — non plus seulement ramené de Versailles en octobre 1789, mais désormais empêché de quitter Paris pour une résidence à dix kilomètres. Pour La Fayette, dont l'autorité sur sa propre Garde nationale vient de s'effondrer publiquement — les soldats citoyens ont obéi au peuple, pas à leur commandant. Pour la Constitution elle-même, qui prétend concilier la monarchie et la souveraineté populaire et qui, ce jour-là, révèle son impasse.

Au Club des Cordeliers, Danton et les orateurs les plus radicaux exploitent l'épisode. Si le roi veut fuir, c'est qu'il n'accepte pas la Révolution. Si La Fayette veut le laisser partir, c'est qu'il est son complice. Le raisonnement est simple, efficace, et pour l'essentiel juste.

Deux mois plus tard, dans la nuit du 20 au 21 juin, Louis XVI tente à nouveau de quitter Paris — cette fois en secret, déguisé, par la porte Saint-Martin, en direction de Montmédy et de la frontière. Il sera arrêté à Varennes. Le 18 avril lui avait montré qu'il ne partirait pas par la grande porte ; le 21 juin lui montrera qu'il ne partirait pas du tout.

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Événement
1791
20 juin 1791
p 169
Cour par laquelle la famille royale sortit des Tuileries pour s'enfuir vers... non pas Varennes, comme l'a retenu l'Histoire, mais Montmédy, forteresse Vauban à 7 Km de la frontière, position stratégique pour revenir, ou …

Cour par laquelle la famille royale sortit des Tuileries pour s'enfuir vers... non pas Varennes, comme l'a retenu l'Histoire, mais Montmédy, forteresse Vauban à 7 Km de la frontière, position stratégique pour revenir, ou s'enfuir...

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Événement
1791
20 juin 1791 — Guichet de l'Échelle du palais du Louvre
p 169
Lieu où attend la voiture avec laquelle la famille royale s'enfuit des Tuileries ; une "citadine" qui permettra de rejoindre discrètement la berline qui attend rue de Clichy pour le voyage vers... Montmédy ; arrêt à Vare …

Lieu où attend la voiture avec laquelle la famille royale s'enfuit des Tuileries ; une "citadine" qui permettra de rejoindre discrètement la berline qui attend rue de Clichy pour le voyage vers... Montmédy ; arrêt à Varennes

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Événement
1772
29 août 1772 — Brasserie d'Antoine-Joseph Santerre ("À l'Hortensia")
p 171
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Événement
1792
14 août 1792 — Ministère de la Justice/Demeure de Georges Jacques Danton
p 173 & 228
Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", fau …

Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", faute de mieux

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Événement
1791
17 juillet 1791
p 174
Le matin du 17 juillet, les Cordeliers proposent une pétition alternative, plus radicale, à celle des Jacobins
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Événement
1791
17 juillet 1791
p 174 & 206
Un dimanche de juillet 1791, des milliers de Parisiens signent sur l’autel de la patrie une pétition contre le roi fugitif. La garde nationale entre au Champ-de-Mars, drapeau rouge en tête, et ouvre le feu : la Révolutio …

Un dimanche de juillet 1791, des milliers de Parisiens signent sur l’autel de la patrie une pétition contre le roi fugitif. La garde nationale entre au Champ-de-Mars, drapeau rouge en tête, et ouvre le feu : la Révolution se déchire.

Le 21 juin 1791, Louis XVI, qui fuyait Paris avec sa famille, est arrêté à Varennes. Pour une partie de l’opinion, c’est un traître, un parjure : sur l’autel de la patrie du Champ-de-Mars, où l’on a célébré en 1790 la fête de la Fédération, on efface le mot « roi ». L’Assemblée constituante, qui veut sauver la monarchie constitutionnelle, préfère parler d’un « enlèvement », et le mot même de « république » est banni de ses débats. Elle suspend le roi, puis, le 16 juillet au soir, le met hors de cause : l’affaire de Varennes est close.

Dans les clubs, on réclame la déchéance. Le 15 juillet, le club des Cordeliers, radical et populaire, réunit trois à quatre mille personnes au Champ-de-Mars pour rédiger une pétition sur l’autel de la patrie ; le cortège qui la porte à l’Assemblée est dispersé par la cavalerie. Les Jacobins en préparent une autre, confiée entre autres à Danton et à Brissot ; Robespierre, qui craint qu’elle ne serve de prétexte à la répression, s’y oppose. Rendez-vous est pris pour le dimanche 17, en cortège pacifique : les appels demandent de ne prendre ni bâton ni couteau.

Le 17 au matin, la Commune de Paris interdit tout rassemblement et ordonne à La Fayette de proclamer la loi martiale. Les Jacobins retirent leur pétition, trop tard. Trouvant fermée la place de la Bastille, point de ralliement, les manifestants gagnent le Champ-de-Mars. Dans la matinée, la foule y découvre deux hommes cachés sous l’autel ; conduits au comité du Gros-Caillou, ils sont lynchés. Les pétitionnaires affluent pourtant : quelques centaines vers onze heures, plusieurs milliers l’après-midi, peut-être vingt mille. Des Cordeliers rédigent un nouveau texte, qui réclame un nouveau pouvoir constituant sans prononcer le mot de république ; six mille personnes le signent aussitôt. On danse autour de l’autel. Les envoyés de la municipalité constatent le calme de la foule.

Gravure : dans la fumée des coups de feu, la garde nationale tire sur la foule massée autour de l’autel de la patrie, au milieu du Champ-de-Mars

Mais l’Assemblée a invité la municipalité à rétablir l’ordre par tous les moyens. Vers quinze heures, des pierres sont lancées sur deux cavaliers de la garde nationale. À l’Hôtel de ville, le conseil municipal proclame la loi martiale. Le maire, l’astronome Jean-Sylvain Bailly, part à dix-huit heures trente avec un fort détachement, précédé du drapeau rouge, qui est alors celui de la loi martiale. Entouré de talus depuis la Fédération, le Champ-de-Mars forme une arène fermée. La garde y entre au pas de charge, tambours battants, sans faire les sommations légales. Un coup de feu part, on ne sait d’où ; la garde ouvre un feu nourri. La foule fuit vers la Seine, où l’attend la cavalerie, et vers l’École militaire, par où entre un second détachement. Il n’y aura pas de bilan officiel : dix morts selon la presse favorable à La Fayette, douze selon Bailly, quatre cents selon Marat ; la plupart des estimations parlent d’une cinquantaine.

Le soir même, le club des Cordeliers est fermé, des canons postés devant son entrée. On arrête des manifestants, des journalistes. Les Jacobins se déchirent : la plupart des députés les quittent pour le club des Feuillants. Pour les sans-culottes, le 17 juillet restera la « Saint-Barthélemy des patriotes ». En septembre, une même loi amnistie le roi, les pétitionnaires et les auteurs de la répression.

La Fayette quitte son commandement en octobre. Bailly, lui, n’est pas pardonné. Condamné par le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné en novembre 1793, au Champ-de-Mars, mais pas sur l’esplanade : on ne veut pas que son sang se mêle à celui des victimes de 1791, et l’échafaud est dressé dans le fossé qui entoure l’enceinte. Sous la pluie glacée, il tremble. « Tu trembles, Bailly ? », lui lance un spectateur. « Oui, mais c’est seulement de froid. » Une plaque, au 2 avenue de La Bourdonnais, marque l’emplacement de l’échafaud.

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Événement
1791
16 juillet 1791 — Couvent des Feuillants
p 174
Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent …

Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent aux Jacobins

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Événement
1792
3 juin 1792 — Église de la Madeleine
p 180
Cérémonie funèbre en l'honneur de Jacques-Guillaume Simonneau ; combattue par Robespierre et la Montagne contre la Gironde
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Événement
1833
14 septembre 1833 — Demeure d'Antoine Merlin de Thionville
p 183
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Événement
1792
1792
p 183
Demeure de Maximin Isnard, un des plus droitiers des Girondins. Il échappera à l'arrestation de ceux-ci et reviendra aux affaires après Thermidor pour organiser la chasse aux Jacobins
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Événement
Événement
1793
1793
p 183
Député à la Législative puis à la Convention, membre du Comité de sûreté générale à plusieurs reprises, mouillé dans l’affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes orientales, il sera guillotiné avec les Dantonist …

Député à la Législative puis à la Convention, membre du Comité de sûreté générale à plusieurs reprises, mouillé dans l’affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes orientales, il sera guillotiné avec les Dantonistes

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Événement
1793
30 octobre 1793 — Conciergerie/Chapelle des Girondins
p 183-184
Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir. Les Girondins …

Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir.

Les Girondins ont été arrêtés le 2 juin 1793, quand les sections parisiennes en armes ont encerclé la Convention et exigé leur exclusion. Le conflit qui les oppose aux Montagnards porte sur la place de Paris dans la Révolution, sur la guerre, sur la Terreur, sur le contrôle de l'économie. Le procès s'ouvre le 24 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Il est écourté par décret quand la Convention constate que les accusés se défendent trop bien.

Le verdict tombe le 30 octobre : mort pour vingt et un d'entre eux. Parmi eux Brissot, Vergniaud, l'un des plus grands orateurs de la Révolution, Gensonné, Ducos, Carra, l'abbé Fauchet, Boilleau, Lacaze. Dufriche-Valazé se poignarde à l'énoncé de la sentence dans la salle même du tribunal.

La nuit du 30 au 31, ils sont réunis à la Conciergerie, quai de l'Horloge, dans une salle qui était l'ancienne chapelle de la prison, utilisée comme cellule collective en raison de la surpopulation. Elle porte depuis le nom de chapelle des Girondins.

La tradition rapporte qu'ils y tinrent un banquet, buvant, chantant, discutant de l'immortalité de l'âme jusqu'à l'aube. Cette scène est l'un des morceaux les plus célèbres de l'histoire républicaine. Elle a été fixée par Lamartine dans son "Histoire des Girondins" en 1847.

Les historiens sont réservés. Les sources contemporaines ne confirment pas l'existence d'un festin. Le contexte de pénurie alimentaire et de surveillance stricte rend l'épisode improbable dans les termes où on le raconte. Ce qui est certain, c'est qu'ils passèrent la nuit ensemble et qu'ils furent nombreux à écrire.

Le 31 octobre, ils sont guillotinés place de la Révolution. Le cadavre de Valazé est conduit avec eux dans une charrette et décapité aussi. L'exécution dure trente-six minutes.

La scène du dernier repas a servi à toutes les époques. La République bourgeoise du XIXe siècle y a vu la dignité des modérés face aux fanatiques. C'était une manière de choisir son camp dans la Révolution.

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Événement
1790
1790 — Demeure de Nicolas de Condorcet
p 184
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Événement
1789
24 août 1789 — Premier siège du journal "La Chronique de Paris"
p 184
Siège du journal auquel collaborait Condorcet, membre du Cercle social, un des premiers à prôner la République, après avoir défendu la monarchie et les provilèges et s'être opposé à la Déclaration des Droits de l'Homme.. …

Siège du journal auquel collaborait Condorcet, membre du Cercle social, un des premiers à prôner la République, après avoir défendu la monarchie et les provilèges et s'être opposé à la Déclaration des Droits de l'Homme...

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Événement
1792
20 juin 1792
p 201
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1792
20 juin 1792 — Guichet des Tuileries
p 201
Les émeutiers du 20 juin pénètrent dans le Carrousel par le guichet des Tuileries
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Événement
1792
20 juin 1792 — Hôtel de la Reine Blanche/Château de la Reine Blanche/Club Jacobin (en 1790)
p 201
Dans une vieille maison des bords de la Bièvre, devenue club jacobin, le faubourg Saint-Marcel prépare sa marche sur les Tuileries. Au printemps 1792, la France est en guerre contre l’Autriche et la Prusse, et les nouvel …

Dans une vieille maison des bords de la Bièvre, devenue club jacobin, le faubourg Saint-Marcel prépare sa marche sur les Tuileries.

Au printemps 1792, la France est en guerre contre l’Autriche et la Prusse, et les nouvelles du front sont mauvaises. À Paris, on soupçonne la cour de trahison. Louis XVI oppose son veto à deux décrets de l’Assemblée législative, l’un contre les prêtres réfractaires, l’autre appelant des fédérés des départements à camper sous Paris ; le 13 juin, il renvoie les ministres girondins Roland, Servan et Clavière. Les Girondins décident alors de mobiliser les faubourgs pour faire plier le roi, contre l’avis de Robespierre, qui juge l’entreprise prématurée.

Au faubourg Saint-Marcel, c’est à l’hôtel de la Reine Blanche, aux n°s 17-19 de la rue des Gobelins, que l’on prépare la journée. Ce logis gothique à tourelles, bâti au début du XVIe siècle par les teinturiers des bords de la Bièvre sur l’emplacement d’un manoir de la veuve de Saint Louis, est devenu une brasserie, puis un club jacobin en 1790. Les meneurs du quartier s’y retrouvent, comme Poinsot, Ducroquet ou Jullian de Carentan, avec le boucher Louis Legendre, cofondateur du club des Cordeliers, et Charles-Alexis Alexandre, le commandant des canonniers de la Garde nationale.

Le 20 juin, jour anniversaire du serment du Jeu de paume, dix à vingt mille manifestants des faubourgs, encadrés par des gardes nationaux et par le brasseur Santerre, défilent dans la salle de l’Assemblée, où Sulpice Huguenin lit une pétition, puis envahissent les Tuileries. Pendant deux heures, le roi voit passer la foule. Il accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation, tandis que Legendre lui lance : « Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore. » Mais il ne cède sur rien : il maintient son veto et refuse de rappeler ses ministres, au nom de la loi et de la Constitution. Vers dix heures du soir, le maire Pétion fait évacuer le château.

La journée est un échec. Le calme obstiné du roi lui vaut même un regain de sympathie ; des départements affluent des adresses indignées, et Pétion est suspendu de ses fonctions. La leçon ne sera pas perdue pour autant : le 10 août suivant, les faubourgs reviendront aux Tuileries, en armes cette fois, et la monarchie n’y survivra pas.

Rue des Gobelins, l’îlot de la Reine Blanche a traversé les siècles. Ses deux maisons des n°s 17 et 19 comptent parmi les plus anciennes de Paris ; détruit pendant la Commune, le pavillon à tour a été reconstruit à l’identique.

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Événement
1791
29 juin 1791
p 202
Il avait quitté son armée pour sauver la constitution — la constitution ne l'attendait plus. Le 28 juin 1792, La Fayette monte à la tribune de l'Assemblée nationale. Il a abandonné son quartier général de l'Armée du Cent …

Il avait quitté son armée pour sauver la constitution — la constitution ne l'attendait plus.

Le 28 juin 1792, La Fayette monte à la tribune de l'Assemblée nationale. Il a abandonné son quartier général de l'Armée du Centre — l'une des trois armées françaises engagées sur le front austro-prussien — et pris la route de Paris sans ordre, sans congé, en pleine guerre. C'est une insubordination militaire. Mais La Fayette a calculé : la journée du 20 juin vient de créer son moment.

Ce 20 juin, le peuple des faubourgs avait envahi le palais des Tuileries. Louis XVI avait subi deux heures de défilé, coiffé le bonnet phrygien, bu à la santé de la Nation — et refusé de retirer son veto contre les décrets sur les prêtres réfractaires. L'humiliation du roi avait produit un frémissement dans les quartiers bourgeois de l'Ouest parisien. La Fayette avait écrit à l'Assemblée quelques jours plus tôt pour dénoncer « la constitution française menacée par les factieux de l'intérieur ». Il entend désormais passer aux actes.

À la tribune, il réclame des mesures contre les Jacobins. La gauche tente de lui faire infliger un blâme pour insubordination : elle n'a pas les voix. La droite constitutionnelle l'acclame mais ne l'aide pas. La Cour refuse de s'appuyer sur lui — Louis XVI se méfie de cet homme depuis 1789. La Fayette propose au roi de se placer sous sa protection à Compiègne, où ses troupes sont massées. Louis refuse. Il espère mieux des puissances étrangères.

Le 29 juin, La Fayette convoque ses partisans avenue des Champs-Élysées pour « passer à l'acte ». L'avenue — longtemps lieu des revues de la garde nationale bourgeoise — doit servir de théâtre à une démonstration de force. Il ne viendra presque personne. Les sections du Marais et du faubourg Saint-Antoine ne se déplacent pas. La garde nationale des arrondissements bourgeois de l'Ouest, qu'il commandait encore un an plus tôt, reste chez elle.

Ce qui se passe aux Champs-Élysées est une démonstration d'impuissance : ni la révolution ne veut de lui, ni la contre-révolution ne peut s'en servir. La Fayette incarne ce que Marx analysera dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte comme la frange constitutionnelle de la bourgeoisie — trop avancée pour la Cour, trop effrayée par le peuple pour tenir sa position. Il n'y a pas de troisième camp.

Il regagne son armée les mains vides. Le 10 août 1792, la monarchie tombe. Le 19 août, accusé de trahison par la nouvelle Assemblée, La Fayette passe les lignes austro-prussiennes depuis Sedan avec quelques officiers. Il sera emprisonné cinq ans — d'abord par les Prussiens, puis par les Autrichiens, à Olmütz. L'homme qui voulait sauver la monarchie constitutionnelle finit geôlier des cours qu'il croyait tenir à distance.

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Événement
1791
juillet 1791 — Palais des Tuileries
p 205
Après l'émeute du 20 juin, les Girondins se mettent au service de la monarchie. Vergniaud et Gensonné écrivent à Louis XVI par l'intermédiaire de Boze et Thierry. Guadet va même jusqu'à le rencontrer avec Marie-Antoinett …

Après l'émeute du 20 juin, les Girondins se mettent au service de la monarchie. Vergniaud et Gensonné écrivent à Louis XVI par l'intermédiaire de Boze et Thierry. Guadet va même jusqu'à le rencontrer avec Marie-Antoinette et le dauphin

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Événement
1792
9 août 1792 — Hôtel de Ville
p 208
À minuit, le tocsin sonne. Avant de marcher sur le roi, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville. L’été 1792 est brûlant. La patrie a été déclarée en danger, les fédérés des départements affluent à Paris — cinq cents Marse …

À minuit, le tocsin sonne. Avant de marcher sur le roi, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville.

L’été 1792 est brûlant. La patrie a été déclarée en danger, les fédérés des départements affluent à Paris — cinq cents Marseillais parmi eux —, et les clubs réclament ouvertement la déchéance de Louis XVI. Le 9 août, la section des Quinze-Vingts, au faubourg Saint-Antoine, lance un ultimatum : si le roi n’est pas détrôné le jour même, elle sonnera le tocsin à minuit et attaquera les Tuileries. Quarante-sept sections sur quarante-huit se rangent derrière elle.

À minuit, le tocsin sonne. Dans la nuit, les commissaires des sections s’installent à l’Hôtel de Ville, en chassent la municipalité légale et forment une Commune insurrectionnelle. Elle se donne pour président Sulpice Huguenin, une figure du faubourg Saint-Antoine. Le maire, Jérôme Pétion, que le roi avait fait venir aux Tuileries, est ramené à l’Hôtel de Ville et placé sous la garde de trois cents hommes : il ne peut plus ni aider le roi ni gêner l’insurrection.

Reste l’homme qui peut tout faire échouer : le marquis de Mandat, commandant de la Garde nationale, chargé de défendre le château. Il a posté les Suisses dans les cours, des gardes nationaux dans le jardin, et placé des canons au Pont-Neuf et à l’arcade Saint-Jean, derrière l’Hôtel de Ville, pour barrer la route aux faubourgs. Sur le conseil de Danton, la nouvelle Commune le convoque. C’est un piège : ignorant que le pouvoir a changé de mains, Mandat obéit. On l’arrête, on l’accuse d’avoir autorisé la troupe à tirer sur le peuple, on l’envoie à la prison de l’Abbaye. Il n’y arrivera pas : à peine sorti de l’Hôtel de Ville, sur la place de Grève, il est abattu par la foule. La Commune confie aussitôt la Garde nationale au brasseur Santerre, et Manuel fait replier les canonniers du Pont-Neuf. La route des Tuileries est ouverte.

Au matin du 10 août, deux colonnes marchent sur les Tuileries : quinze mille hommes du faubourg Saint-Antoine par la rive droite, cinq mille du faubourg Saint-Marceau par la rive gauche. En avant-garde, les fédérés marseillais et bretons braquent leurs canons sur le château depuis le Carrousel. Privés de chef, beaucoup de gardes nationaux censés défendre le roi fraternisent avec les assaillants ; il ne reste guère que les quelque neuf cents Gardes suisses et une poignée de gentilshommes. « Sire, Votre Majesté n’a pas cinq minutes à perdre », presse Roederer au nom du département : la famille royale traverse le jardin et va se réfugier à l’Assemblée, où elle passe la journée dans la loge du greffier.

Au château, le feu éclate sans qu’on sache qui a tiré le premier. Les Suisses ont d’abord l’avantage, et les Marseillais et les Brestois perdent beaucoup des leurs. Puis arrive un billet du roi — il est conservé — qui leur ordonne de cesser le feu et de se retirer : en pleine bataille, l’ordre les condamne. Pris à revers, taillés en pièces dans le jardin, pourchassés dans le palais, environ trois cents d’entre eux sont tués ; les insurgés comptent, eux aussi, quelque trois cents victimes. L’Assemblée suspend le roi et convoque une Convention, et la Commune fait enfermer Louis XVI et les siens à la tour du Temple.

Pendant six semaines, jusqu’à la première séance de la Convention, le 21 septembre, la Commune insurrectionnelle sera le vrai pouvoir de Paris. C’est sous son règne qu’éclatent les massacres de Septembre.

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Événement
1792
23 août 1792
p 221 & 234
Exécution de La Porte, confident de Louis XVI, accusé d'avoir distribué des fonds secrets le sa liste civile, d'avoir financé journaux et pamphlets monarchistes et d'avoir entretenu des liens avec les émigrés
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Événement
1792
10 août 1792 — Cimetière de l'église St Paul des Champs/Cimetière St Paul
p 222
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Événement
1791
25 août 1791
p 234
Exécution de Barnabé Farmian Durosoy, fondateur de la "Gazette de Paris", journal royaliste très hostile aus Jacobins ; premier journaliste guillotiné pour motif politique
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Événement
1792
21 août 1792
p 234
Exécution du chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux. Il avait constitué une importante organisation de provocateurs qui infiltraient les manifestations publiques révolutionnaires pour les faire dérape …

Exécution du chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux. Il avait constitué une importante organisation de provocateurs qui infiltraient les manifestations publiques révolutionnaires pour les faire déraper

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Événement
1792
2 septembre 1792 — Parvis de l'église St Germain des Prés/Massacres de Septembre
p 235-240
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Événement
1792
Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Massacres de Septembre
p 235-240
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force (à partir de 1780)/Massacres de Septembre
p 235-240
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Prison pour prêtres réfractaires/Massacres de Septembre
p 235-240
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Événement
Événement
Événement
1792
2 septembre 1792 — Conciergerie/Massacres de Septembre
p 235-240
Les prisonniers de la Conciergerie, dont des officiers de gardes suisses, sont massacrés
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Événement
1792
2 septembre 1792
p 235-240
Lors des Massacres de Septembre, 160 prisonniers de droit commun sont exécutés sur les 200 enfermés alors ici
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Couvent des Carmes déchaussés/Massacres de Septembre
p 235-240
Massacres de 115 Prêtres réfractaires au couvent des Carmes Déchaux, transformé en prison
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force/Massacres de Septembre
p 235-240
À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées. Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longw …

À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées.

Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longwy a capitulé sans combattre, Verdun est assiégée. Dans la capitale, où la monarchie a été renversée le 10 août, une rumeur court : les prisons, pleines de prêtres réfractaires et de suspects royalistes, cacheraient des armes pour une contre-révolution. Le 2 septembre, un convoi de prêtres est assailli devant la prison de l’Abbaye ; c’est le début de cinq jours de tueries. Des bandes armées vont de prison en prison — l’Abbaye, les Carmes, le Châtelet — et massacrent les détenus après un simulacre de jugement.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre, la tuerie gagne la prison de la Force, rue du Roi-de-Sicile. La prison occupe un grand hôtel particulier bâti à partir de 1533 sur les ruines de celui de Charles d’Anjou, roi de Sicile et frère de Saint Louis ; on y enferme des détenus depuis 1780. À la Grande-Force, la prison des hommes, un tribunal improvisé s’installe ; le matin du 3, il est présidé par Jacques-René Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Cent soixante-huit des quatre cent six détenus sont tués.

La Petite-Force, réservée aux femmes, ne compte qu’une victime : la princesse de Lamballe. Née à Turin, mariée au fils du richissime duc de Penthièvre et veuve un an plus tard, elle est depuis plus de vingt ans l’amie de Marie-Antoinette, qui l’a faite surintendante de sa maison. Supplantée ensuite dans le cœur de la reine par la duchesse de Polignac, elle lui est restée fidèle : après le 10 août, elle l’a suivie à la tour du Temple, d’où on l’a transférée à la Force le 19 août, avec la gouvernante des enfants royaux, Mme de Tourzel. Conduite devant le tribunal vers huit heures, interrogée, elle est déclarée libre ; mais à peine a-t-elle franchi la porte qu’elle est frappée d’une pique, puis d’une bûche, et massacrée par la foule. Son corps dénudé est exposé, puis traîné jusqu’à la borne qui fait l’angle des rues du Roi-de-Sicile et des Ballets ; sa tête, plantée sur une pique, est promenée jusqu’au Temple, sous les fenêtres de la reine.

Les autres femmes sont sauvées : la plupart sortent dans la nuit avec l’aide du personnel de la prison, et le lendemain, des commissaires envoyés par le procureur Manuel, dont Nicolas Truchon, font libérer les dernières, parmi lesquelles Mme de Tourzel. À la Grande-Force, les exécutions durent plus longtemps : le tribunal de la Force est le dernier à siéger, jusqu’au 6 septembre, peut-être jusqu’au matin du 7. Dans tout Paris, les massacres de Septembre ont fait sans doute plus de 1 300 morts. Les responsabilités restent discutées : la Commune et son comité de surveillance, Marat, qui appelait à la violence dans son journal, mais aussi l’inaction des ministres, Roland comme Danton.

La prison a été démolie en 1845. Il en reste un pan de mur, rue Malher, contre la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, et une fenêtre murée, avec sa grille, dans la cour de la caserne de pompiers de la rue de Sévigné.

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Événement
1792
4 septembre 1792 — Hôpital de la Salpêtrière/Maison de la Force/Cour des massacres/Massacres de Septembre
p 235-240
Massacres de Septembre à la prison de la Salpêtrière ; 35 femmes détenues de droit commun sont exécutées. Les massacres continueront à Bicêtre, faisant 166 victimes
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Église St Paul-St Louis
p 235-240
Plaque aux "glorieuses victimes massacrées en haine de la foi", commémorant les massacres de septembre
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Événement
1792
2 septembre 1792
p 235-240
Prise à parti de prêtres réfractaires que l'on transférait à la prison de l'Abbaye, devant le bureau de recrutement des volontaires du carrefour de Bucy, épisode initial des massacres de septembre. Seul l'abbé Sicard est …

Prise à parti de prêtres réfractaires que l'on transférait à la prison de l'Abbaye, devant le bureau de recrutement des volontaires du carrefour de Bucy, épisode initial des massacres de septembre. Seul l'abbé Sicard est épargné

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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force (à partir de 1780)/Massacres de Septembre
p 235-240
Prison pour dettes puis prison politique ; une de celles où se produisirent les massacres de septembre
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Sacristie de l'église St Paul-St Louis/Dépôt des innocents/Massacres de Septembre
p 235-240
Refuge des personnes sortant acquittées de la prison de la Force, rescapées des Massacres de Septembre
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Logement du Maire de Paris (annexe de la Maison Commune transformée en prison)/Massacres de Septembre
p 235-240
Ce ne sont pas des tueurs mais des patriotes, du moins c'est ce qu'ils se disent sur le chemin des prisons. Le 2 septembre 1792, en début d'après-midi, une charrette transportant vingt-quatre prêtres réfractaires quitte …

Ce ne sont pas des tueurs mais des patriotes, du moins c'est ce qu'ils se disent sur le chemin des prisons.

Le 2 septembre 1792, en début d'après-midi, une charrette transportant vingt-quatre prêtres réfractaires quitte le logement du maire de Paris pour gagner la prison de l'Abbaye. Au carrefour de Buci, où s'est installé un bureau de recrutement pour les volontaires partant à la frontière, la foule arrête le convoi. Les gardes qui escortent les prisonniers s'écartent ou n'interviennent pas. Les prêtres sont massacrés sur place. L'abbé Sicard, reconnu par un artisan qui était son élève, sera le seul à être épargné. C'est le début des Massacres de Septembre.

Le contexte qui produit cette explosion est d'une intensité extrême. Les armées austro-prussiennes envahissent le nord-est de la France depuis août. Longwy est tombée le 23, Verdun est sur le point de tomber. La rumeur d'une trahison intérieure court partout : les prisons de Paris, dit-on, seraient remplies de conspirateurs royalistes prêts à livrer la ville dès que les armées de défense auraient quitté la capitale. Des milliers de volontaires s'apprêtent à partir le lendemain pour le front. Certains entendent s'assurer que les ennemis de l'intérieur ne frapperont pas dans leur dos.

Le Comité de surveillance de la Commune insurrectionnelle, où siège Marat, a diffusé des circulaires appelant les provinces à imiter Paris. Maillard, héros de la marche sur Versailles en 1789, organise à la prison de l'Abbaye un simulacre de tribunal populaire : les prisonniers défilent un par un, acquittés ou condamnés sur-le-champ, précipités vers les sabres qui attendent dans la cour. Le même procédé s'installe aux Carmes, à la Force, à la Conciergerie, à la Salpêtrière, à Bicêtre.

Les massacres dureront quatre jours. Entre 1 100 et 1 400 personnes périssent, parmi lesquelles des prêtres réfractaires, des nobles, des gardes suisses et des prisonniers de droit commun. Les victimes ne sont pas toutes des contre-révolutionnaires : beaucoup n'ont commis aucun crime, sinon d'être enfermées au mauvais moment dans les mauvaises prisons. La princesse de Lamballe, ancienne amie de Marie-Antoinette, est tuée le 3 septembre à la prison de la Force et sa tête promenée sur une pique.

Ni légitimés par la loi ni planifiés par un seul comité, les massacres de Septembre furent le produit d'une terreur populaire spontanée qu'aucun des chefs révolutionnaires en vue n'osa arrêter : chacun craignait d'être accusé de défendre les traîtres, chacun préféra se taire. L'histoire de la Révolution française porte cette tache, et les historiens la portent avec elle.

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Événement
1792
2 septembre 1792 — Abbaye de St Germain des Prés/Galerie Delpire/Massacres de Septembre
p 235-240
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Massacres de Septembre
p 235-240
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Événement
1791
31 août 1791 — Sainte-Chapelle (basse)/Club de la Sainte-Chapelle
p 248
Siège du Club de la Sainte-Chapelle, scission royaliste de l'Assemblée électorale. La liste de ses membres sera publiée l'année suivante, après le 10 août, par la Commune insurrectionnelle
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Événement
1796
1796
p 264-270
Demeure d'un des premiers curés constitutionnels mariés ; un des précurseur du Communisme, auteur d'une pétition contre Simoneau, lynché par le pauple pour s'être opposé à la taxation des grains, traité en martyr par les …

Demeure d'un des premiers curés constitutionnels mariés ; un des précurseur du Communisme, auteur d'une pétition contre Simoneau, lynché par le pauple pour s'être opposé à la taxation des grains, traité en martyr par les Giroondins

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Événement
1793
juillet 1793
p 264-265
Impression de l'Essai sur la justice primitive de Dolivier, précurseur du communisme. Appuyé par Robespierre dans son journal, le "Défenseur de la Constitution"
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Événement
Événement
1792
1 août 1792 — Salle du Club des Indigents/Lieu de réunion du Club des Allobroges
p 277-279
Le Club des Allobroges obtient la création d'une "légion franche" formée de compatriotes, comptant 1680 hommes de troupe, 300 cavaliers et 160 artilleurs
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Événement
1792
1 mai 1792 — Librairie de François Buisson/Lieu de réunion du Club des Allobroges
p 277-279
Le Club des Allobroges publie un journal intitulé "Correspondance des nations, journal politique et littéraire, par la société des Amis du Genre-Humain". Leurs textes sont publiés par Jean-Louis Carra
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Événement
1792
janvier 1792 — Couvent des Jacobins/Lieu de réunion du Club des Allobroges
p 277-279
Le Club des Allobroges regroupe autour des "savoisiens", des genevois, des valaisans, des vaudois et des fribourgeois anciens du Club helvétique. Leur objectif est de créer une République des Allobroges
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Événement
1790
1790 — Café Corrazza/Club des Allobroges
p 277-279
Siège du Club des Allobroges, constitué de réfugiés savoyards en exil. Fondé sous le nom de "La Propagande des Alpes", il prit ensuite celui de "Club des Patriotes étrangers" Le Club des Allobroges, foyer de la Révolutio …

Siège du Club des Allobroges, constitué de réfugiés savoyards en exil. Fondé sous le nom de "La Propagande des Alpes", il prit ensuite celui de "Club des Patriotes étrangers"

Le Club des Allobroges, foyer de la Révolution savoyarde à Paris

Au début des années 1790, Paris accueille un mouvement politique d'envergure : le Club des Allobroges, fondé par des réfugiés savoyards en exil. Ce club, établi à la galerie de Montpensier, devient le centre névralgique de la propagande révolutionnaire savoyarde.

Le club naît de l'agitation politique qui traverse la Savoie, alors intégrée au royaume de Piémont-Sardaigne. Dès 1791, un journal intitulé Premier Cri de la Savoie vers la Liberté paraît à Paris, exprimant l'aspiration de la majorité de la population savoyarde au rattachement à la France. Au début de 1792, Amédée Doppet, médecin originaire de Chambéry, fonde le Club des patriotes étrangers, qui se rebaptise ensuite Club des Allobroges. Ce club se rebaptise Club des Allobroges et devient un vecteur majeur de mobilisation politique.

Les membres du club, constitués de Savoisiens, de Piémontais et de Suisses exilés, collectent des fonds qu'ils adressent à l'Assemblée nationale. Le 31 juillet 1792, Doppet monte à la tribune de l'Assemblée nationale pour proposer la formation d'une Légion des Allobroges Cette proposition aboutit à la création officielle de la Légion le 1er août 1792.

La Légion des Allobroges, composée de volontaires recrutés en Savoie et à Paris, participe à la conquête de la Savoie à l'automne 1792. Elle combat ensuite la révolte royaliste et fédéraliste dans le sud de la France, notamment à Toulon. Parallèlement, une Assemblée nationale de Savoie, élue à Chambéry, demande l'union de la Savoie à la République française le 27 novembre 1792. La région devient alors le département du Mont-Blanc.

Le Club des Allobroges incarne ainsi un moment clé de l'histoire révolutionnaire : celui où les aspirations régionales se cristallisent en action politique et militaire, transformant la carte politique de l'Europe.

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Événement
1792
26 août 1792 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Législative
p 277-278
Suivant la proposition de Chénier et le rapport de Guadet, la Législative vote pour les étrangers "alliés du peuple français" le droit de cité et celui d'être élu à la Convention nationale. Paine, Cloots et Priestley ser …

Suivant la proposition de Chénier et le rapport de Guadet, la Législative vote pour les étrangers "alliés du peuple français" le droit de cité et celui d'être élu à la Convention nationale. Paine, Cloots et Priestley seront élus ; ce dernier refusera

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Événement
1792
1792 — Demeure de Pierre Victurnien Vergniaud (chez Mme Dodun)/Salon de Mme Dodun (où Pierre Victurnien Vergniaud réunit les Girondins)
p 299-300
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Événement
1792
1792 — Demeure de Charles Éléonor Dufriche de Valazé
p 299-300
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Événement
1776
1776 — Demeure de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
p 299-300
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Événement
1776
1776 — Demeure de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
p 299-300
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Événement
1792
20 novembre 1792 — Palais des Tuileries/Armoire de fer (dans la chambre Louis XVI, au 1er étage, côté Seine et jardin)
p 326
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Événement
1793
25 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 343-344
La Constitution n'a pas vingt-quatre heures : un prêtre de la section des Gravilliers vient déjà dire aux députés qu'elle ne vaut rien pour ceux qui ont faim. La Constitution montagnarde a été votée la veille, 24 juin 17 …

La Constitution n'a pas vingt-quatre heures : un prêtre de la section des Gravilliers vient déjà dire aux députés qu'elle ne vaut rien pour ceux qui ont faim.

La Constitution montagnarde a été votée la veille, 24 juin 1793. Suffrage universel masculin, droit à l'insurrection, droit au travail et à l'assistance — c'est le texte le plus démocratique que la France ait produit. La Convention peut s'estimer satisfaite. Mais le 25 juin, à la barre de l'Assemblée, un homme vient troubler la célébration.

Jacques Roux est prêtre, vicaire de Saint-Nicolas-des-Champs, dans la section des Gravilliers — le cœur du Paris artisan et ouvrier, entre le Temple et les Halles. Il se présente au nom de sa section et avec l'appui du club des Cordeliers, qui a approuvé son texte deux jours plus tôt. Derrière lui, une délégation. Dans ses mains, une adresse qui passera à la postérité sous le nom de Manifeste des Enragés.

Le ton est donné dès les premières lignes : « Cent fois cette enceinte sacrée a retenti des crimes des égoïstes et des fripons ; vous nous avez toujours promis de frapper les sangsues du peuple. L'acte constitutionnel va être présenté à la sanction du souverain ; y avez-vous proscrit l'agiotage ? Non. Avez-vous prononcé la peine de mort contre les accapareurs ? Non. Eh bien ! nous vous déclarons que vous n'avez pas tout fait pour le bonheur du peuple. »

Roux ne discute pas : il accuse. La liberté, dit-il, « n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément ». Il exige la peine de mort contre les accapareurs, la taxation des denrées de première nécessité, l'interdiction du commerce du numéraire, le cours forcé de l'assignat. Autrement dit : le droit à la subsistance prime le droit de propriété. C'est la ligne que la révolution bourgeoise refuse de franchir.

La Convention réagit avec une violence unanime. Montagnards, Plaine — tout le monde se retrouve contre le curé des Gravilliers. Robespierre, puis Billaud-Varenne et Legendre, demandent qu'il soit chassé de la barre. La proposition est adoptée. Tous les pétitionnaires sont admis aux honneurs de la séance — sauf Jacques Roux, qui sort sous les huées.

Le 28 juin, aux Jacobins, Robespierre prononce contre lui un réquisitoire cinglant : Roux est un « homme ignare », un « intrigant qui veut s'élever sur les débris des puissances que nous avons abattues », un « prêtre digne émule des fanatiques de la Vendée ». Le 30, les Cordeliers eux-mêmes l'excluent, sous la pression jacobine. Le mouvement des Enragés est brisé. Roux sera arrêté en septembre et se donnera la mort en prison le 10 février 1794, en se poignardant.

Le Manifeste des Enragés pose une question que la Révolution ne résoudra pas : à quoi servent les droits politiques quand la misère les rend inaccessibles ? C'est exactement la question que Marx reprendra un demi-siècle plus tard dans La Question juive (1843), en opposant l'émancipation politique — les droits formels du citoyen — à l'émancipation humaine réelle, toujours entravée par l'inégalité matérielle. Ce que Roux crie à la barre de la Convention, Marx le formulera en système : les droits de l'homme ne sont que les droits du propriétaire égoïste, séparé de la communauté.

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Événement
1792
1792 — Hôtel Chantereine/Demeure de François-Joseph Talma et Julie Careau
p 354
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Événement
1793
9 mars 1793 — Imprimerie Fiévée/Demeure de Jean-Baptiste Garnéry/Premier siège du journal "La Chronique de Paris"
p 375-376
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Événement
1793
9 mars 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 375-376
Le drapeau noir est hissé sur les tours de Notre-Dame, signal de l'appel à l'insurrection. Elle est menée contre les Girondins par des personnages louches comme Desfieux et Proli et ne sera pas suivie par les sans-culott …

Le drapeau noir est hissé sur les tours de Notre-Dame, signal de l'appel à l'insurrection. Elle est menée contre les Girondins par des personnages louches comme Desfieux et Proli et ne sera pas suivie par les sans-culottes

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Événement
1793
10 mars 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 392
Un mouvement déclenché par le Comité insurrectionnel de l'Évêché contre les Girondins aboutit à la création par la Convention du Tribunal révolutionnaire
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Événement
1793
24 avril 1793 — Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)
p 395
La Convention avait voulu l'abattre. Le Tribunal le renvoie libre. Le peuple le porte sur ses épaules — couronné de lauriers, comme un César des faubourgs. Le 24 avril 1793, Jean-Paul Marat entre dans la Grand'Chambre du …

La Convention avait voulu l'abattre. Le Tribunal le renvoie libre. Le peuple le porte sur ses épaules — couronné de lauriers, comme un César des faubourgs.

Le 24 avril 1793, Jean-Paul Marat entre dans la Grand'Chambre du Palais de Justice, reconvertie en Salle de la Liberté depuis que le Tribunal révolutionnaire y siège. Il est accusé d'incitation au meurtre, au pillage et à la dissolution de la Convention nationale. Onze jours plus tôt, le 13 avril, les Girondins ont obtenu son décret d'accusation — leur coup le plus audacieux contre la Montagne. Marat s'est d'abord caché, puis s'est constitué prisonnier la veille, le 23. Il se présente devant ses juges avec le calme de celui qui sait que le vent souffle dans son dos.

Le procès est expédié. Fouquier-Tinville, l'accusateur public, ne charge pas. Les juges acquittent à l'unanimité. La salle éclate. Les tribunes, remplies de sans-culottes, envahissent le prétoire. On hisse Marat sur un fauteuil, on le couronne de lauriers, on le porte sur les épaules à travers les rues de la Cité jusqu'aux Tuileries, où siège la Convention.

La Gironde piégée L'acquittement de Marat est un désastre pour les Girondins. En demandant sa mise en accusation, ils pensaient l'éliminer de la scène politique — ils l'ont au contraire transformé en martyr vivant. Le cortège triomphal qui traverse Paris ce 24 avril est une démonstration de force des sections populaires : les faubourgs montrent à la Convention qui tient la rue.

Marat entre dans la salle des séances porté par la foule, couronné, acclamé. Les Montagnards applaudissent. Les Girondins se taisent. Le président de séance est contraint de saluer l'acquitté. La scène est d'une violence symbolique considérable : un homme que l'Assemblée a décrété d'accusation y revient en triomphateur, porté par le peuple souverain par-dessus la tête des législateurs.

Six semaines plus tard, le 2 juin, les sections parisiennes encerclent la Convention et obtiennent l'arrestation de vingt-neuf députés girondins. Le triomphe de Marat en était la répétition générale.

Marat lui-même ne profitera pas longtemps de sa victoire. Le 13 juillet, Charlotte Corday le poignarde dans sa baignoire, rue des Cordeliers. Mais le 24 avril reste l'un des moments les plus théâtraux de la Révolution — le jour où la souveraineté populaire s'est imposée physiquement dans l'enceinte de la représentation nationale.

Le triomphe de Marat

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Événement
1793
13 avril 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 395
Le 13 avril 1793, dans la salle du Manège des Tuileries, rue de Rivoli, la Convention nationale met en accusation Jean-Paul Marat pour appel à la guerre civile. Deux cent vingt-six députés votent pour, quatre-vingt-treiz …

Le 13 avril 1793, dans la salle du Manège des Tuileries, rue de Rivoli, la Convention nationale met en accusation Jean-Paul Marat pour appel à la guerre civile. Deux cent vingt-six députés votent pour, quatre-vingt-treize contre. L'Ami du peuple sera traduit devant le Tribunal révolutionnaire, celui-là même qu'il a contribué à créer.

L'affaire est politique. Marat, élu de Paris, hérisse la Gironde depuis des mois. Il appelle dans son journal à l'insurrection contre les « complices de Dumouriez », réclame qu'on purge la Convention de ses traîtres, signe comme président des Jacobins une circulaire appelant les départements à se soulever. Pour les Girondins, c'est l'occasion de faire tomber l'homme qui incarne tout ce qu'ils détestent — la violence populaire, la rue qui dicte sa loi à l'Assemblée, la Montagne qui ne recule devant rien.

Marat se cache quelques jours, puis se constitue prisonnier le 23 avril. Le procès tourne au triomphe. Le Tribunal révolutionnaire l'acquitte le 24 avril. Il est porté en cortège depuis le Palais de Justice jusqu'à la Convention, couronné de lauriers, acclamé par la foule. La gravure de l'époque montre le peuple portant Marat sur ses épaules, traversant les rues de Paris comme un César plébéien.

Pour les Girondins, c'est une défaite irréversible. Six semaines plus tard, le 2 juin, la Convention les proscrit. Marat, lui, n'en profitera guère — Charlotte Corday l'assassine dans sa baignoire le 13 juillet, trois mois jour pour jour après sa mise en accusation.

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Événement
1793
15 avril 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 395
Suite à la mise en accusation de Marat, une délégation de 35 sections vient présenter une pétitiion contre 22 députés Girondins. Jérôme Pétion, Dufriche-Valazé, Jean-Baptiste Louvet, Marc Lasource, Louis-Gustave Doulcet …

Suite à la mise en accusation de Marat, une délégation de 35 sections vient présenter une pétitiion contre 22 députés Girondins. Jérôme Pétion, Dufriche-Valazé, Jean-Baptiste Louvet, Marc Lasource, Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant

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Événement
1793
2 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 401-409
Quatre-vingt mille hommes en armes cernent les Tuileries. Quand les députés veulent sortir, les canons se tournent vers eux. Au printemps 1793, la Convention se déchire. D’un côté, les Montagnards, soutenus par la Commun …

Quatre-vingt mille hommes en armes cernent les Tuileries. Quand les députés veulent sortir, les canons se tournent vers eux.

Au printemps 1793, la Convention se déchire. D’un côté, les Montagnards, soutenus par la Commune de Paris, les Jacobins et les sans-culottes des sections ; de l’autre, les Girondins, qui ont voulu en janvier soumettre le sort du roi à un appel au peuple et que Paris accuse de paralyser la Révolution. Le 15 avril, trente-cinq sections sur quarante-huit réclament l’exclusion de vingt-deux d’entre eux. Les Girondins répondent par une commission de douze membres chargée d’enquêter sur les menées de la Commune ; elle fait arrêter Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Le président de l’Assemblée, le girondin Isnard, va jusqu’à menacer Paris d’anéantissement si de nouvelles insurrections éclatent.

Une première insurrection, le 31 mai, n’obtient que la dissolution de la commission des Douze. Le dimanche 2 juin, le comité insurrectionnel recommence. Quatre-vingt mille gardes nationaux et citoyens en armes, commandés par François Hanriot, cernent les Tuileries, où la Convention siège depuis le 10 mai dans l’ancienne salle des Machines, et braquent leurs canons sur le palais. Une députation vient exiger l’arrestation immédiate des chefs girondins. Après un débat confus, les députés décident de sortir en corps, derrière leur président Hérault de Séchelles, pour forcer le passage. Hanriot leur répond d’un ordre bref : « Canonniers, à vos pièces ! » Les représentants du peuple regagnent leur salle.

Sur la proposition de Couthon, la Convention décrète alors l’arrestation, à leur domicile, de dix-neuf députés girondins — parmi eux Brissot, Vergniaud, Pétion, Buzot et Lanjuinais —, de dix membres de la commission des Douze, dont Kervélégan, Boilleau, Henry-Larivière et Rabaut-Saint-Étienne, et de deux ministres, Clavière et Lebrun-Tondu. Membre des Douze, Boyer-Fonfrède est excepté du décret à la demande de Legendre, pour s’être opposé à l’arrestation d’Hébert.

Mal gardés, plusieurs proscrits s’enfuient et vont soulever la Normandie, la Bretagne, le Sud-Ouest et le Midi : c’est l’insurrection fédéraliste. Soixante-quinze députés signent des protestations contre la journée. La répression frappe à l’automne : jugés par le Tribunal révolutionnaire, Brissot, Vergniaud et leurs compagnons sont guillotinés le 31 octobre 1793. Épargné en juin, Boyer-Fonfrède est du nombre.

Le palais des Tuileries a brûlé en mai 1871 et ses ruines ont été rasées en 1883. De la salle des Machines, qui occupait l’aile nord, il ne reste rien ; le pavillon de Marsan, lui, est toujours debout.

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Événement
1793
21 mai 1793 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
p 401
Une Commission extraordinaire est créée au sein de la Convention pour tenter de contrer la contestation émanant des Sections et de la Commune ; constituée de 12 membres, essentiellement des Girondins. Ils seront arrêtés …

Une Commission extraordinaire est créée au sein de la Convention pour tenter de contrer la contestation émanant des Sections et de la Commune ; constituée de 12 membres, essentiellement des Girondins. Ils seront arrêtés le 2 juin

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Événement
1793
22 février 1793 — Couvent des Cordeliers/Société des Citoyennes républicaines et révolutionnaires
p 402
Origine de la Société des citoyennes républicaines et révolutionnaires ; club constitué uniquement de femmes
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Événement
1793
29 mai 1793
p 403-404
Au siège de la Section de la Cité se réunissent 33 Sections, qui forment un Comité insurrectionnel de 9 membres pour préparer la journée du 31 mai 1793, dirigée contre les Girondins ; elle se soldera par un échec
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Événement
1793
31 mai 1793 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
p 404-406
La Convention est envahie par des Jacobins qui profitent de l'instabilité de la situation pour tenter d'éliminer les Girondins les 13 et 14 prairial an I : 1er et 2 juin 1793
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Événement
1793
2 juin 1793
p 406
Les Girondins, réunis chez Meillan renoncent à se rendre à la Convention, mis à part Buzot que les autres retiennent, et Barbaroux qui y parvient malgré les menaces qui pèsent sur lui
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
p 428-429
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
1793
16 juillet 1793 — Jardin du couvent des Cordeliers/Tombe de Jean-Paul Marat
p 429
Enterré comme un saint, hissé au Panthéon, jeté dehors quatre mois plus tard : peu de morts ont autant voyagé que Marat. Dans la nuit du 16 juillet 1793, au terme d'un cortège de plusieurs heures, on descend Marat sous l …

Enterré comme un saint, hissé au Panthéon, jeté dehors quatre mois plus tard : peu de morts ont autant voyagé que Marat.

Dans la nuit du 16 juillet 1793, au terme d'un cortège de plusieurs heures, on descend Marat sous les arbres du jardin des Cordeliers — à deux pas de la maison de la rue des Cordeliers où Charlotte Corday l'a frappé trois jours plus tôt. Pas de marbre : une roche brute, surmontée d'une urne. Le cœur du tribun, embaumé, est déposé à part, dans une urne que le club des Cordeliers suspend, dit-on, à sa voûte. Le culte de l'Ami du peuple est à son zénith ; son nom gagne les rues, les places, les discours.

Ce culte lui survit une année entière. Le 21 septembre 1794 — Thermidor est passé, mais l'élan jacobin n'est pas encore retombé —, la Convention le fait entrer au Panthéon. Ses restes y prennent, ce jour même, la place que l'on retire à ceux de Mirabeau, tombé en disgrâce : une idole en chasse une autre.

Le vent, pourtant, a tourné. La réaction thermidorienne s'accélère ; la jeunesse dorée brise les bustes de Marat, on efface son nom des carrefours. Le 8 février 1795, la Convention décrète son expulsion. On tire ses restes du Panthéon pour les jeter dans un cimetière voisin, du côté de Sainte-Geneviève — à peine quatre mois et demi après son entrée. Nul n'aura fait passage plus bref, ni plus orageux, sous la coupole. Où reposent aujourd'hui ses ossements, on ne le sait plus au juste.

Quant au jardin où tout avait commencé, il a disparu avec le couvent. La faculté de médecine couvre désormais l'ancien enclos des Cordeliers, quelque part entre les actuels 15 et 21 de la rue de l'École-de-Médecine. Sous les amphithéâtres dort l'emplacement où, une nuit de juillet, Paris avait couché son Ami du peuple sous une pierre nue — et que plus rien, aujourd'hui, ne signale.

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Événement
1793
31 juillet 1793
p 439-442
Les représentants de 39 Sections sur 48 se réunissent à l'Évêché et font pression sur le Comité de Salut public pour qu'il décrète la taxation des grains. Ils seront dispercés le 25 août
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Événement
1792
1792 — Demeure de Claire Lacombe et de Justine Thibaut
p 454
Demeure de la révolutionnaire féministe Claire Lacombe, proche des Enragés, fondatrice de la Société des républicaines révolutionnaires, qui intégrera le club des Jacobins le 2 septembre 1793
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Événement
1793
4 septembre 1793
p 454-460
Les Hébertistes se rassemblent pour aller exiger de la Commune des augmentations de salaire. L'émeute reprendra le lendemain et investira la Convention pour l'obliger à prendre des mesures qui aboutiront à l'instauration …

Les Hébertistes se rassemblent pour aller exiger de la Commune des augmentations de salaire. L'émeute reprendra le lendemain et investira la Convention pour l'obliger à prendre des mesures qui aboutiront à l'instauration de la Terreur

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Événement
1793
août 1793 — Fabrique de boutons de Gérantel/Manufacture d'armes de Paris
p 463-464
L'ancienne fabrique de boutons de Gérantel, possédant une des rares machines à vapeur de paris à l'époque, est transformée en manufacture d'armes, comme de multiples ateliers dans la capitale
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Événement
1793
août 1793 — Hôpital des Quinze-Vingts/Manufacture d'armes de Paris
p 463-464
Principal atelier de la Manufacture d'armes de Paris pendant la Révolution ; les fabications étant disséminées dans toute la capitale et en banlieue, par exemple à Meudon
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Événement
1790
1790
p 496
Membre de "l'Agence royaliste de Paris", dite "la Manufacture", officine contre-révolutionnaire d'espionnage créée par le comte d'Antraigues, au service des comtes de Provence et d'Artois, frères indignes de Louis XVI, a …

Membre de "l'Agence royaliste de Paris", dite "la Manufacture", officine contre-révolutionnaire d'espionnage créée par le comte d'Antraigues, au service des comtes de Provence et d'Artois, frères indignes de Louis XVI, ainsi que des coalisés

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Événement
1790
1790 — Siège du "Journal général" de l'abbé de Fontenai/L'Agence royaliste/Les Amis de Paris/La Manufacture/L'agence de Venise
p 496
Réunions des membres de l'Agence royaliste de Paris, dite aussi "Alliance royaliste", "Comité de Paris" ou plus couramment "la Manufacture", officine d'espionnage au service des comtes d'Artois et de Provence, ainsi que …

Réunions des membres de l'Agence royaliste de Paris, dite aussi "Alliance royaliste", "Comité de Paris" ou plus couramment "la Manufacture", officine d'espionnage au service des comtes d'Artois et de Provence, ainsi que des coalisés

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Événement
1792
1792
p 496
Siège de l'agence secrète contre-révolutionnaire liée à Charles X (alors comte d'Artois) et à Louis XVIII (alors comte de Provence) ; espionnant entre autres pour le compte de l'Espagne, avec pour but le retour de la roy …

Siège de l'agence secrète contre-révolutionnaire liée à Charles X (alors comte d'Artois) et à Louis XVIII (alors comte de Provence) ; espionnant entre autres pour le compte de l'Espagne, avec pour but le retour de la royauté

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Événement
1793
8 septembre 1793 — Banque anglaise Boyd, Ker & Cie
p 498
Les scellés sont mis sur la banque anglaise, officine de corruption et de sabotage de l'économie de la France révolutionnaire. Chabot fait lever ces scellés et procure un passeport à Boyd pour fuire son arrestation
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Événement
1793
1793 — Demeure de Berthold Proly
p 499
Demeure de l'espion autrichien Proly, membre du groupe dit des "Exagérés", qui se vantait d'avoir fait tomber les Girondins et travaillait à saper l'influence de Robespierre. Il sera guillotiné avec les Hébertistes
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Événement
1793
1793 — Demeure de François Desfieux
p 499
Membre du club des Cordeliers, un de ces personnages louches qui se lièrent aux "Exagérés" pour mieux magouiller. Il était protégé par Collot d'Herbois. Il participa à la chute des Girondins et fut guillotiné avec les Hé …

Membre du club des Cordeliers, un de ces personnages louches qui se lièrent aux "Exagérés" pour mieux magouiller. Il était protégé par Collot d'Herbois. Il participa à la chute des Girondins et fut guillotiné avec les Hébertistes

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Événement
1793
1793 — Demeure de Jean-Frédéric Perregaux
p 499
Perregaux distribue les fonds britanniques à des agents français, dans le but de déstabiliser la Révolution en dressant les Jacobins les uns contre les autres
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Événement
1793
1793 — Demeure des frères Dobruska/Séjour de François Chabot
p 500 & 505
Hôtel loué par Mme de Mun aux frères Dobruska qui hébergent Chabot ; ce dernier fait blanchir les fruits de sa corruption par les frères Frey, escrocs autrichiens. Berthold Proly, autre espion-escroc autrichien, fréquent …

Hôtel loué par Mme de Mun aux frères Dobruska qui hébergent Chabot ; ce dernier fait blanchir les fruits de sa corruption par les frères Frey, escrocs autrichiens. Berthold Proly, autre espion-escroc autrichien, fréquente assidûment l'Hôtel

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Événement
Événement
1791
1791 — Hôtel de Modène/Demeure d'Anacharsis Cloots
p 501
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Événement
1793
janvier 1793 — Demeure d'Anacharsis Cloots
p 501
Demeure de Cloots, auto-proclamé "l'orateur du genre humain", athée militant, acclamé français par la Législative, élu député à la Convention dont il sera chassé avant d'être guillotiné avec les Hébertiste. Possible agen …

Demeure de Cloots, auto-proclamé "l'orateur du genre humain", athée militant, acclamé français par la Législative, élu député à la Convention dont il sera chassé avant d'être guillotiné avec les Hébertiste. Possible agent du duc de Brunswick

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Événement
1793
1793
p 501
Relations aussi étroites qu'étranges entre Hébert et des banquiers pour le moins suspects liés à Londres. Trahison franche ou liens opportunistes destinés à financer une action politique radicale ? La question reste posé …

Relations aussi étroites qu'étranges entre Hébert et des banquiers pour le moins suspects liés à Londres. Trahison franche ou liens opportunistes destinés à financer une action politique radicale ? La question reste posée

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Événement
1793
10 novembre 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de la Raison
p 504
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Événement
Événement
1789
1789
p 505 & 517
Demeure du conventionnel François Chabot ; il trempe dans plusieurs scandales, de mise à l'écart de suspects et de spéculation sur la liquidation de la Compagnie des Indes
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Événement
1793
1793 — Hôtel Le Franc de Pompignan/Demeure de la comtesse de Beaufort/Séjour de Jean Julien de Toulouse
p 505-512
La comtesse de Beaufort héberge son amant Julien de Toulouse, deux personnages impliqués dans la conspiration du baron de Batz visant à corrompre et discréditer certains conventionnels afin d'affaiblir le mouvement révol …

La comtesse de Beaufort héberge son amant Julien de Toulouse, deux personnages impliqués dans la conspiration du baron de Batz visant à corrompre et discréditer certains conventionnels afin d'affaiblir le mouvement révolutionnaire

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Événement
1793
8 octobre 1793 — Siège de la Compagnie des Indes orientales
p 505-512
Un décret voté par la Convention, discrètement falsifié après le vote, transforme une liquidation d'État en pillage privé : plusieurs députés y gagnent une fortune et la guillotine. La Compagnie des Indes orientales est …

Un décret voté par la Convention, discrètement falsifié après le vote, transforme une liquidation d'État en pillage privé : plusieurs députés y gagnent une fortune et la guillotine.

La Compagnie des Indes orientales est l'un des grands monopoles coloniaux de l'Ancien Régime, recréée en 1785 sous Calonne. La Révolution la supprime. Reste à la liquider, c'est-à-dire à répartir son actif : navires, comptoirs, marchandises, créances. Deux méthodes s'opposent. Soit l'État liquide lui-même et encaisse le produit. Soit la Compagnie se liquide elle-même sous simple surveillance publique, ce qui laisse à ses actionnaires et à ses administrateurs la maîtrise de l'opération.

Le 8 octobre 1793, la Convention vote un décret de liquidation dans un sens favorable à l'État. Puis le texte est modifié après le vote, dans le dos de l'assemblée, au profit de la liquidation privée. Des députés ont été achetés. Le siège de la Compagnie, 7 rue de Gramont dans le 2e arrondissement, est le lieu où se nouent les tractations.

Les noms qui apparaissent sont ceux de figures notoires de la Montagne. François Chabot, ancien capucin devenu député de gauche, qui vient d'épouser la sœur des banquiers Frey. Claude Basire, Joseph Delaunay d'Angers, Jean Julien de Toulouse. Et Fabre d'Églantine, poète, auteur du calendrier républicain, ami de Danton, qui aurait matériellement falsifié le décret.

Le scandale éclate en novembre 1793 quand Chabot, pris de panique, va lui-même dénoncer une prétendue conspiration à Robespierre en apportant cent mille livres. L'affaire empoisonne tout. Elle donne aux robespierristes la démonstration qu'ils cherchaient : les "indulgents," ceux qui réclament la modération de la Terreur, sont mêlés à la corruption financière. Elle permet d'englober Danton, dont la probité est douteuse, dans un dossier d'affairisme.

Le 5 avril 1794, Danton, Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, Chabot, Delaunay, Basire et Jean Julien sont guillotinés ensemble. Le procès a mêlé des accusés d'escroquerie avérée et des opposants politiques : c'est précisément l'effet recherché.

La spéculation sur les biens publics, dans une Révolution qui a nationalisé une part immense du pays, restera l'un de ses poisons les plus durables.

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Événement
1790
novembre 1790 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
p 505-506
Participation de François Robert au Club des Cordeliers ; un des premiers à prôner la République. Secrétaire de Danton, il sera compromis dans une affaire d'accaparement
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Événement
1793
9 janvier 1793
p 506-512
Batz rentre de Londres incognito, accompagné de Benoist d'Angers, avec le projet de faire évader Louis XVI. Ils seront tous deux, avec La Guiche, les instigateurs de "l'affaire de la Compagnie des Indes", destinée à disc …

Batz rentre de Londres incognito, accompagné de Benoist d'Angers, avec le projet de faire évader Louis XVI. Ils seront tous deux, avec La Guiche, les instigateurs de "l'affaire de la Compagnie des Indes", destinée à discréditer des députés

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Événement
1794
5 avril 1794 — Demeure de François Chabot
p 506-512
Conventionnel impliqué dans le scandale de mise à l'écart de suspects et de spéculation sur la liquidation de la Compagnie des Indes
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Événement
Événement
1794
5 avril 1794
p 506-512
Exécution, place de la Révolution, des “Indulgents”, dits aussi les "citra", mêlés à des fripons compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes. Le 5 avril 1794, dix hommes montent sur l'échafaud pl …

Exécution, place de la Révolution, des “Indulgents”, dits aussi les "citra", mêlés à des fripons compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes.

Le 5 avril 1794, dix hommes montent sur l'échafaud place de la Révolution. Parmi eux : Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles, Westermann, Fabre d'Églantine. On les appelle les Indulgents — les citra, ceux qui sont allés trop loin dans la modération. Robespierre et Saint-Just ont décidé de leur mort.

Le tour de force de l'accusation fut de mélanger dans le même procès des hommes politiques qui réclamaient la fin de la Terreur et des corrompus compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes — Chabot, Basire, Delaunay, qui avaient touché des pots-de-vin pour truquer une loi financière. L'amalgame était délibéré : il permettait de salir les Indulgents par association et d'interdire toute défense cohérente.

Le procès avait été une mascarade — Danton rugissait si fort que le Comité de salut public avait fait voter un décret autorisant l'exclusion des accusés perturbateurs. Desmoulins avait déchiré ses actes d'accusation devant les juges. Rien n'y fit.

Danton monta le dernier. Sa dernière parole au bourreau : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine." Il avait quarante-quatre ans.

Desmoulins, qui avait lancé la Révolution au Palais-Royal en juillet 1789, qui avait réclamé la clémence dans son journal Le Vieux Cordelier, mourut à trente-trois ans. Sa femme Lucile, arrêtée peu après pour avoir tenté de le sauver, fut guillotinée huit jours plus tard.

Dix semaines après, Robespierre passait à son tour sous la lame.

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Événement
1792
mars 1792 — Maison de jeu dite "le 50"
p 506-512
Ouverture d'un salon de jeu très en vogue pendant la Révolution, fréquenté par la réaction, des escrocs et certains "Exagérés" ; centre d'un traffic de faux assignats et du scandale de la Compagnie des Indes qui déstabil …

Ouverture d'un salon de jeu très en vogue pendant la Révolution, fréquenté par la réaction, des escrocs et certains "Exagérés" ; centre d'un traffic de faux assignats et du scandale de la Compagnie des Indes qui déstabilisa Robespierre

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Événement
1793
août 1793 — Château de Bagnolet/Pavillon de l'Ermitage (appartenant à Batz depuis 1787)
p 507-510
Batz réunit autour d'un festin le gratin de la conspiration, dans le double objectif d'organiser l'évasion de Marie-Antoinette et d'utiliser Chabot, membre du Comité de sûreté générale, qu'il sait éminemment corruptible
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Événement
Événement
1793
1793 — Demeure de Paul-Marie et Suzanne Griois/Cachette du baron de Batz
p 507-510
Demeure du conspirateur ayant tenté d'enlever Louis XVI sur le trajet de son exécution, mais sourtout financier de la réaction royaliste et corrupteur de nombre de "représentants du peuple" afin de déstabiliser le gouver …

Demeure du conspirateur ayant tenté d'enlever Louis XVI sur le trajet de son exécution, mais sourtout financier de la réaction royaliste et corrupteur de nombre de "représentants du peuple" afin de déstabiliser le gouvernement révolutionnaire

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Événement
1795
5 octobre 1795
p 507-510
L'insurrection du 13 Vendémiaire est fomentée à partir de la Section Le Peletier, noyautée par des royalistes dont le baron de Batz qui, profitant du rejet de la Convention, s'appuie sur un certain de Lallot pour rallier …

L'insurrection du 13 Vendémiaire est fomentée à partir de la Section Le Peletier, noyautée par des royalistes dont le baron de Batz qui, profitant du rejet de la Convention, s'appuie sur un certain de Lallot pour rallier les autres Sections

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Événement
1793
1793
p 507-510
Une des nombreuses planques du Baron de Batz, ancien Constituant, spéculateur et aventurier, réactionnaire royaliste, ayant tenté de faire évader Louis XVI pendant son transfert du Temple à l'échafaud
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Événement
1792
10 août 1792 — Hôtel de la Liberté
p 510-512
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Événement
1793
1793
p 514
Demeure d'un des rédacteurs de la Déclaration des droits ; guillotiné avec Danton. Il correspondait ave l'Autriche et la Prusse entre autres par l'intermédiaire de Mallet du Pan et la Suisse
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Événement
1796
31 août 1796 — Couvent des Capucins St Honoré/Seconde imprimerie du journal "Rougyff ou le Franc en vedette"
p 526
Expulsion, suite à une plainte des grenadiers du Corps législatif, du Journal de Guffroy. Ce dernier sera arrêté et expulsé de Paris le 3 décembre 1796. Malgré ce parcours, il réussira à obtenir plus tard un poste au min …

Expulsion, suite à une plainte des grenadiers du Corps législatif, du Journal de Guffroy. Ce dernier sera arrêté et expulsé de Paris le 3 décembre 1796. Malgré ce parcours, il réussira à obtenir plus tard un poste au ministère de la Justice

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Événement
1793
21 juillet 1793
p 526
Journal "Exagéré" de Guffroy tendant à imiter le Père Duchesne. Il sera plusieurs fois accusé de diffamation, ce qui vaudra à son auteur d'être exclu des Jacobins et d'être arrêté et expulsé de Paris le 3 décembre 1796
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Événement
1794
24 mars 1794
p 557
Exécution dite abusivement des Hébertistes le 4 germinal an II. Michel Laumier, Jean-Charles Bourgeois, Albert Mazuel, Jean-Baptiste Ancard, Armand Hubert Leclerc, Jean Antoine Florent Armand. Le 24 mars 1794 — 4 germina …

Exécution dite abusivement des Hébertistes le 4 germinal an II. Michel Laumier, Jean-Charles Bourgeois, Albert Mazuel, Jean-Baptiste Ancard, Armand Hubert Leclerc, Jean Antoine Florent Armand.

Le 24 mars 1794 — 4 germinal an II — dix-neuf hommes montent à l'échafaud place de la Révolution. On les appelle les hébertistes. Philippe notait dans sa fiche : abusivement. Il avait raison.

Hébert est là — le patron du Père Duchesne, journaliste populaire, tribun des sans-culottes, dénonciateur professionnel. Avec lui montent Ronsin, général des armées révolutionnaires, Vincent, secrétaire général du ministère de la Guerre, Momoro, imprimeur et théoricien de la déchristianisation. Mais aussi Anacharsis Cloots, le "citoyen de l'univers", aristocrate prussien devenu révolutionnaire cosmopolite, et d'autres encore dont le seul point commun est d'avoir été désignés par Robespierre comme une faction à abattre.

C'est précisément le problème du terme "hébertistes" : ce groupe n'a jamais formé un parti cohérent, ni un courant unifié. Robespierre et Saint-Just les ont regroupés artificiellement pour frapper d'un seul coup la gauche révolutionnaire — ceux qui poussaient à radicaliser la Terreur, à déchristianiser plus vite, à défendre plus âprement les sans-culottes. En les présentant comme une faction conspirante, le Comité de salut public éliminait des concurrents gênants plutôt qu'un complot réel.

Dix jours plus tard, ce sera au tour des indulgents — Danton, Desmoulins — d'être guillotinés. Robespierre élimine simultanément sa gauche et sa droite. Il lui reste quatre mois à vivre.

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Événement
1794
1 juin 1794
p 574
École militaire créée par la Convention pour de jeunes citoyens, âgés de 16 à 17 ans, fils de cultivateurs ou d'artisans et de volontaires blessés, à raison de 6 par district de la République, soit 3 500 hommes
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Événement
1794
1794 — Palais de l'Élysée/Demeure de la duchesse de Bourbon
p 576
Centre d'une tentative de manipulation mystique de la Convention qui fit un flop mais fut utilisée pour combattre le culte de l'Être Suprême promu par Robespierre
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Club des Jacobins
p 590-617
Au petit matin du 10 thermidor, Louis Legendre se rendit rue du Marché Saint-Honoré et fit fermer le Club des Jacobins. Dix-sept mois plus tôt, il avait assisté, impuissant, à l'arrestation de son ami Danton. Il attendai …

Au petit matin du 10 thermidor, Louis Legendre se rendit rue du Marché Saint-Honoré et fit fermer le Club des Jacobins. Dix-sept mois plus tôt, il avait assisté, impuissant, à l'arrestation de son ami Danton. Il attendait ce moment.

Louis Legendre était boucher de métier et député montagnard, compagnon de longue date de Danton. Quand Danton avait été arrêté le 30 mars 1794, Legendre avait tenté de le défendre à la tribune — puis s'était tu, comprenant que sa tête en dépendait. Il avait survécu à la Grande Terreur en se taisant.

Le Club des Jacobins, rue du Marché Saint-Honoré, avait été pendant des années le centre nerveux de la vie politique révolutionnaire : la tribune depuis laquelle les accusations avaient fusé, le lieu où Robespierre avait exercé une autorité qui dépassait ses fonctions officielles, l'espace où les sections venaient prendre leurs ordres. Fermer ce local, dès l'aube du 10 thermidor, était un geste autant symbolique que politique.

Le Club rouvrît quelques jours plus tard, mais l'époque était révolue. Il fut harcelé par les « muscadins » — les jeunes réactionnaires qui perturbaient ses réunions — et par un gouvernement désormais hostile. Le 9 novembre 1794, après une nuit d'émeute, il fut définitivement fermé par ordre des autorités.

La fermeture du matin du 10 thermidor était un acte de vengeance personnelle. Celle de novembre 1794 fut l'acte de décès d'une tradition politique.

Legendre siégea au Conseil des Cinq-Cents jusqu'en 1797, année de sa mort. Il n'avait eu qu'un seul geste historique — et il l'avait accompli sur un coup de rancœur.

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Auberge du Cygne Rouge/Cachette de Jean-Baptiste Coffinhal-Dubail
p 590-617
Coffinhal, qui a réussi à s'enfuit de l'Hôtel de Ville par une fenêtre, vient se réfugier dans une auberge après Thermidor ; mais il sera trahi, arrêté et exécuté le 5 août
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
p 590-617
La Convention vote à 22 heures le 9 thermidor la création d'une Commission de défense. Barras est nommé général. Robespierre est mis nominativement hors la loi
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 590-617
Le 9 thermidor, la Section de la Cité refuse de sonner le tocsin de l'insurrection de la Commune au Grand bourdon : les robespierristes doivent se contenter de la cloche de l'Hôtel de Ville
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Conciergerie
p 590-617
Les robespierristes arrêtés le 10 thermidor sont transférés du Pavillon de Flore à la Conciergerie
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
p 590-617
Le soir du 9 thermidor, Paris a deux pouvoirs : la Convention aux Tuileries, la Commune à l’Hôtel de Ville. Au petit matin, il n’en restera qu’un. Le 27 juillet 1794 — 9 thermidor an II —, la Convention décrète l’arresta …

Le soir du 9 thermidor, Paris a deux pouvoirs : la Convention aux Tuileries, la Commune à l’Hôtel de Ville. Au petit matin, il n’en restera qu’un.

Le 27 juillet 1794 — 9 thermidor an II —, la Convention décrète l’arrestation de Robespierre, de son frère Augustin, de Saint-Just, de Couthon et de Le Bas. La nouvelle parvient vers cinq heures du soir à l’Hôtel de Ville, alors appelé Maison commune. La Commune de Paris est tenue par des fidèles de l’Incorruptible, le maire Fleuriot-Lescot et l’agent national Claude-François de Payan. Elle réagit aussitôt : elle convoque son conseil général, vote l’insurrection, fait sonner le tocsin et interdit aux concierges des prisons d’accepter de nouveaux détenus. Pour diriger le soulèvement, elle forme un comité d’exécution où siègent notamment Payan, le juge Jean-Baptiste Coffinhal, Arthur, Louvet, Legrand et Lerebours.

Tout se joue dans la nuit, et tout va de travers. Le commandant de la Garde nationale, François Hanriot, parti délivrer les députés, se fait arrêter lui-même aux Tuileries. Les proscrits parviennent à sortir des prisons où on les a dispersés et rejoignent l’Hôtel de Ville ; mais en s’évadant, ils se sont mis hors la loi. Sur la place de Grève, deux à trois mille sans-culottes et une trentaine de canons attendent des ordres. Seules seize sections sur quarante-huit ont répondu à l’appel. On presse Robespierre de monter à cheval, de haranguer les sections, de marcher sur la Convention ; il préfère rédiger une proclamation. Au bas de l’appel adressé à la section des Piques, la sienne, sa signature s’arrête à deux lettres : « Ro… ». Les heures passent, et la place se vide.

Vers deux heures du matin, les gendarmes de la Convention, menés par Merda, forcent l’entrée. Au premier étage, dans le secrétariat, Robespierre a la mâchoire fracassée d’une balle — tirée par le gendarme, selon Merda, par lui-même, selon la tradition thermidorienne. Le Bas se tue d’une balle dans la tête ; Augustin Robespierre se jette par une fenêtre ; Couthon, infirme, roule dans l’escalier. Coffinhal, excédé par l’ivresse d’Hanriot, l’a précipité par une fenêtre avant de s’enfuir par les berges de la Seine.

Robespierre et vingt et un de ses partisans, dont Payan, sont guillotinés le soir même, 10 thermidor. Arthur les suit le 12. Coffinhal, caché par des bateliers sur l’île des Cygnes puis dénoncé, monte à l’échafaud le 6 août.

L’Hôtel de Ville de cette nuit-là n’existe plus : incendié pendant la Semaine sanglante, en mai 1871, il a été rebâti entre 1874 et 1882, avec une façade largement inspirée de l’ancienne.

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Événement
1794
27 juillet 1794
p 590-617
Dans la nuit du 9 thermidor an II, Robespierre gisait à l'Hôtel de Ville avec une balle dans la mâchoire. Quelques heures plus tôt, la Convention l'avait acclamé depuis ces mêmes tribunes où il ne put plus parler. La séa …

Dans la nuit du 9 thermidor an II, Robespierre gisait à l'Hôtel de Ville avec une balle dans la mâchoire. Quelques heures plus tôt, la Convention l'avait acclamé depuis ces mêmes tribunes où il ne put plus parler.

La séance du 9 thermidor — 27 juillet 1794 — commença par un coup de force. Saint-Just monta à la tribune pour défendre Robespierre. Tallien l'interrompit. La salle se retourna. Chaque fois que Robespierre voulut prendre la parole, les cris l'en empêchèrent. Vers quinze heures, la Convention décréta l'arrestation de Robespierre, de son frère Augustin, de Saint-Just, de Couthon, de Le Bas et du général Hanriot.

Robespierre fut conduit au Comité de Sûreté générale, place du Carrousel, puis dirigé vers la prison du Luxembourg. Le directeur Wiltcheritz refusa de le recevoir sans ordre régulier. Robespierre demanda à être conduit au siège de la police municipale, quai des Orfèvres.

À l'Hôtel de Ville, la Commune robespierriste constituait entre-temps un comité d'insurrection : Coffinhal, Payan, Lerebours. On sonna la cloche de l'Hôtel de Ville. Mais la Section de la Cité refusa de faire sonner le Grand bourdon de Notre-Dame — le signal d'alarme que tout Paris aurait entendu. Les sections armées rassemblées place de Grève commencèrent à se disperser. La Section Bonne-Nouvelle, l'une des plus avancées de la Révolution, ne bougea pas.

Vers vingt et une heures, Coffinhal libéra Robespierre de la police municipale et l'emmena de force à l'Hôtel de Ville. C'était une erreur fatale : ses adversaires présentèrent aussitôt cet acte comme une rébellion contre la représentation nationale. À vingt-deux heures, la Convention créa une Commission de défense ; Barras fut nommé général ; Robespierre fut mis nominativement hors la loi — ce qui signifiait la guillotine sans procès en cas d'arrestation.

Les forces de Barras investirent l'Hôtel de Ville avant l'aube. Robespierre avait une balle dans la mâchoire — le gendarme Merda dit l'avoir tiré, d'autres ont soupçonné une tentative de suicide. Le lendemain matin, sans jugement, il fut guillotiné place de la Révolution avec vingt et un de ses compagnons.

La journée du 9 thermidor porta un nom. Ce nom allait traverser les siècles et désigner, bien au-delà de la France, tout retournement conservateur après une révolution.

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Événement
1794
27 juillet 1794 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 590-617
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Palais du Luxembourg/Prison du Luxembourg
p 590-617
Wiltcheritz et Faro refusent d'interner Robespierre à la prison du Luxembourg le 9 thermidor. Il demande à être conduit au siège de la police municipale rue de Jérusalem
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Événement
1794
22 mai 1794 — Demeure de Jean-Marie Collot d'Herbois/Demeure d'Henri Admirat (au 5ème étage)
p 594
Attentat manqué, sans doute truqué, d'Admirat contre Collot d'Herbois, manipulé par Barère, destiné à alimenter les menées contre Robespierre en justifiant la création d'une garde personnelle qui le ferait apparaître com …

Attentat manqué, sans doute truqué, d'Admirat contre Collot d'Herbois, manipulé par Barère, destiné à alimenter les menées contre Robespierre en justifiant la création d'une garde personnelle qui le ferait apparaître comme un apprenti dictateur

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Événement
1794
22 mai 1794
p 594
Henri Admirat, n'ayant pas réussi à trouver Robespierre qu'il devait assassiner, passe voir Madame de Lamartinière qui le manipule, lui propose, déjà passablement éméché, de se tuer avec elle, et se rabat finalement sur …

Henri Admirat, n'ayant pas réussi à trouver Robespierre qu'il devait assassiner, passe voir Madame de Lamartinière qui le manipule, lui propose, déjà passablement éméché, de se tuer avec elle, et se rabat finalement sur Collot d'Herbois

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Événement
1793
1793
p 594
Les futurs Thermidoriens, craignant pour leur vie sous la menace des Hébertistes, se rencontrent à l'auberge Doyen, origine du restaurant aujourd'hui situé de l'autre côté de l'avenue des Champs Élysées
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Événement
1789
1789 — Café Corrazza (de 1887)/Quartier général des Jacobins puis des Enragés/Bal du Pince-cul
p 594
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Événement
1794
15 juin 1794 — Demeure de Catherine Théot
p 601
Machination contre Robespierre, utilisant les prophéties mystiques de Catherine Théot pour ridiculiser l'Incorruptible et le culte de l'Être suprême, dans le but de l'affaiblir. Vadier interpelle la Convention, portant u …

Machination contre Robespierre, utilisant les prophéties mystiques de Catherine Théot pour ridiculiser l'Incorruptible et le culte de l'Être suprême, dans le but de l'affaiblir. Vadier interpelle la Convention, portant un coup à l'Incorruptible

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Événement
1794
14 juin 1794 — Itinéraire de la guillotine au cimetière de Picpus
p 604
Itinéraire des tombereaux menant les corps des suppliciés depuis la place du Trône renversé vers les fosses communes de Picpus ; 1306 guillotinés sur 2627 en tout à Paris
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Mairie de Paris/Siège de la police municipale
p 614
Décrété d'arrestation par la Convention le 9 thermidor, Robespierre refuse dans un premier temps de se rendre à l'Hôtel de Ville où siège la Commune. Entraîné finalement à le faire, c'est ce qui permettra de l'accuser de …

Décrété d'arrestation par la Convention le 9 thermidor, Robespierre refuse dans un premier temps de se rendre à l'Hôtel de Ville où siège la Commune. Entraîné finalement à le faire, c'est ce qui permettra de l'accuser de rébellion

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Événement
1794
27 juillet 1794 — Ancienne préfecture de police (locaux administratifs)
p 614
Vers 21 heures le 9 thermidor, Coffinhal libère Robespierre, arrêté sur décret de la Convention, pour l'emmener à l'Hôtel de Ville, à la Commune, semble-t-il contre son gré ; et c'est effectivement ce qui va permettre de …

Vers 21 heures le 9 thermidor, Coffinhal libère Robespierre, arrêté sur décret de la Convention, pour l'emmener à l'Hôtel de Ville, à la Commune, semble-t-il contre son gré ; et c'est effectivement ce qui va permettre de l'accuser de rébellion

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Événement
1794
4 février 1794 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 626
La Convention nationale abolit l'esclavage le 16 pluviôse an II ; les colons de St Domingue refusent d'appliquer ; Napoléon le rétablira le 20 mai 1802
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Événement
1793
5 octobre 1793 — Demeure de Fabre d'Églantine
p 628-629
Adoption du calendrier révolutionnaire. Il sera utilisé jusqu'en décembre 1805, Napoléon rétablissant le calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806
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Événement
1794
9 novembre 1794 — Chapelle du couvent des Jacobins/Bibliothèque du couvent des Jacobins
p 628
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