Hubertine Auclert meurt sans avoir vu les femmes voter

Cimetière du Père Lachaise (49ème division)/Tombe d'Hubertine Auclert

Hubertine Auclert (1848-1914).

Photo Agence Rol.

Elle avait obtenu que les vendeuses puissent s'asseoir, que les femmes mariées gardent leur salaire, que les ouvrières votent aux prud'hommes. Ce qu'elle avait voulu avant tout : le suffrage universel. Elle mourut sans l'avoir vu.

Hubertine Auclert était née en 1848 dans l'Allier. Elle avait vingt-huit ans quand elle fonda, en 1876, la première organisation suffragiste française : la Société le Droit des femmes. Elle fut l'une des premières à employer publiquement le mot "féministe" et lança en 1881 le journal "La Citoyenne", organe du mouvement pour le droit de vote des femmes.

Elle comprit vite que la revendication politique devait s'appuyer sur des victoires concrètes et immédiates. Elle mena des campagnes pour le droit des femmes à s'asseoir : vendeuses dans les grands magasins, ouvrières dans les ateliers, elles étaient contraintes de travailler debout toute la journée. Ces campagnes aboutirent. Elle obtint aussi, par pétitions et recours successifs, que les femmes mariées conservent le contrôle de leur propre salaire, droit acquis en 1908. La même année, elle envahit un bureau de vote lors d'élections législatives et renversa une urne, geste qui lui valut une notoriété nationale.

En 1907, une victoire partielle et symbolique : les femmes devinrent électrices puis éligibles au conseil des prud'hommes, la juridiction chargée des conflits du travail. Ce n'était pas le suffrage universel. C'était un début.

Hubertine Auclert mourut le 8 avril 1914, à Paris. Elle fut inhumée au cimetière du Père Lachaise, dans la 49e division. Les femmes françaises obtinrent le droit de vote le 21 avril 1944 : trente ans après sa mort, et cent quarante-six ans après la naissance de la République qui les avait exclues du suffrage depuis son premier jour.

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