Fils de deux résistants juifs polonais des FTP-MOI, Pierre Goldman milite dans les services d’ordre de l’extrême gauche étudiante, puis tente de rejoindre la guérilla au Venezuela. En décembre 1974, au terme d’une de « ces instructions mal bâties, bâclées » que dénonce le chroniqueur du Monde Philippe Boucher, il est condamné à perpétuité pour le meurtre de deux pharmaciennes, qu’il a toujours nié ; le jugement est cassé pour vice de forme, et il est acquitté de ce double meurtre à Amiens le 4 mai 1976, mais condamné à douze ans pour trois vols. Le 20 septembre 1979, à 35 ans, il est abattu en pleine rue dans le 13e arrondissement ; l’assassinat est revendiqué au nom d’« Honneur de la police », puis, en 2010 et dans un livre posthume en 2015, par un ancien parachutiste d’extrême droite, René Resciniti de Says ; l’enquête n’a jamais abouti. Plus de 10 000 personnes suivent ses obsèques. Il repose dans la 4e division, avenue Principale, sous une tombe qui porte : « Pierre Goldman, 22.6.1944 – 20.9.1979 ».