La section de Mauconseil récuse Louis XVI ; Vergniaud fait annuler la délibération à l'Assemblée

Église St Jacques l'Hôpital/Section de Mauconseil/Section de Bon-Conseil

Portrait du conventionnel Vergniaud chef des girondins par Adélaïde Labille-Guiard.

Vergniaud défendit la Constitution. Il avait raison, constitutionnellement. Six jours plus tard, les Tuileries tombèrent. Il fut guillotiné l'année suivante.

L'Église Saint-Jacques-l'Hôpital, au 133 bis de la rue Saint-Denis, servait d'assemblée à la section de Mauconseil, l'une des quarante-huit sections révolutionnaires de Paris. Ce quartier des Halles n'était pas le plus tranquille de la capitale en cet été 1792. La guerre contre l'Europe coalisée avait commencé en avril ; la patrie était en danger ; dans les sections, on débattait chaque soir si Louis XVI était encore le roi qu'il fallait défendre ou le traître qu'il fallait renverser.

Le 4 août 1792, la section de Mauconseil trancha. Elle délibéra et déclara formellement qu'elle ne reconnaissait plus Louis XVI comme roi des Français. Ce n'était pas une simple pétition, ni une motion de protestation : c'était une récusation, un acte de souveraineté par lequel une section entendait disposer elle-même de la couronne. Dans les circonstances du moment, l'acte était sans précédent.

La nouvelle parvint à l'Assemblée législative. Pierre Vergniaud, le grand orateur girondin de Bordeaux, fit remarquer que seule l'Assemblée avait le pouvoir constitutionnel de prononcer la déchéance du roi. Une section de Paris ne pouvait s'arroger ce droit. La Commission des Vingt-et-Un rappela le même principe. L'Assemblée annula la délibération de Mauconseil.

C'était légalement correct. C'était politiquement une impasse. D'autres sections commençaient à voter des délibérations analogues. Le mouvement venait de toutes les rues à la fois, et l'Assemblée ne pouvait pas annuler Paris entier.

Dans la nuit du 9 au 10 août, la Commune insurrectionnelle se constitua. Le lendemain matin, les Tuileries étaient prises d'assaut. Louis XVI fut suspendu puis emprisonné au Temple. L'Assemblée législative, débordée, ratifiait ce que les sections avaient fait.

Vergniaud fut guillotiné le 31 octobre 1793, avec vingt autres Girondins. Il avait cherché à freiner la révolution populaire par la légalité constitutionnelle. La révolution populaire n'attendit pas.

La section de Mauconseil fut rebaptisée section du Bon-Conseil après le 10 août 1792. Elle avait, la première, dit tout haut ce que Paris pensait.

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