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📖 Précis d'histoire de la Révolution française SOBOUL Albert
Bibliographie

Précis d'histoire de la Révolution française

SOBOUL Albert
Éditions Sociales, 1962.
150 Fiches citant cet ouvrage
1962 Édition

Fiches citant cet ouvrage

150 fiches
Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 38 & 229
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Demeure de Philippe Le Bas
p 38
Philippe Le Bas, arrêté avec Robespierre, se suicide à l'Hôtel de Ville
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
p 43
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1787
1 octobre 1787
p 82-83
Le ministre Calonne, contrôleur général des finances, condamné symboliquement par la Basoche, est brûlé en effigie
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Événement
1788
1788 — Hôtel de Brienne
p 82-83
Loménie de Brienne, ministre des finances depuis 1787, manque d'être lynché par le peuple
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Événement
1788
28 août 1788
p 82-83
Manifestation contre le ministre Brienne, qui est brûlé en effigie ; Biron fait ouvrir le feu ; Louis XVI doit rappeler Necker
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Événement
1794
1794 — Demeure de Pierre Choderlos de Laclos
p 103
Auteur des "Liaisons dangereuses" en 1782 ; partisan de Philippe Égalité, auteur des "Instructions" pour les cahiers de doléances
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 113
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Hôtel de Nevers/Palais Mazarin/Bourse des valeurs
p 113
Fermeture de la bourse des valeurs, en même temps que 40 barrières sont incendiées. Les banquiers s'enrôlent avec leur personnel dans la garde bourgeoise ; cette révolution est évidemment la leur
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Événement
1789
12 juillet 1789
p 113
Manifestation contre le renvoi de Necker, violemment réprimée par le prince de Lambesc sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Place Louis XV
p 113
Une manifestation contre le renvoi de Necker est violemment réprimée par le prince de Lambesc, à la tête du royal-allemand, sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1789
septembre 1789
p 125
Rassemblement des ouvriers cordonniers, pour les salaires, l'emploi et fixation des cotisations chômage
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Événement
1789
1789 — Imprimerie du "Patriote français"/Imprimerie du "Courrier français"
p 126 & 487
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Événement
1789
juillet 1789 — Imprimerie du journal "Les Révolutions de Paris"
p 126 & 487
Périodique qui compta 223 numéros et qui tira jusqu'à 200 000 exemplaires ; auquel participèrent Fabre d'Églantine et Chaumette
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Événement
1789
6 octobre 1789 — Palais des Tuileries (de 1564)
p 128
Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi. Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les …

Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi.

Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les Champs-Élysées sous la pluie, armées de piques, de couteaux de cuisine et de quelques canons traînés à bras. Reine Audu marche en tête, Stanislas Maillard négocie, Théroigne de Méricourt est de la partie. La Garde nationale de La Fayette a suivi, contrainte par ses propres soldats.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, la foule force les grilles du château de Versailles. Des gardes du corps sont tués. Marie-Antoinette fuit ses appartements par un passage dérobé. Au matin, la foule réclame le roi au balcon. Louis XVI paraît. Puis la reine, seule, sous les huées, qui s'incline longuement. La Fayette lui baise la main : le geste calme la place.

Puis vient la demande de fond : que le roi vienne à Paris. Louis XVI accepte. Le 6 octobre 1789, dans l'après-midi, le cortège reprend la route en sens inverse. Devant, les femmes portent des pains au bout de leurs piques et chantent qu'elles ramènent "le boulanger, la boulangère et le petit mitron." Derrière suivent les carrosses royaux, la Garde nationale, cent chariots de blé pris aux réserves de Versailles.

À l'Hôtel de Ville, Bailly, maire de Paris, accueille la famille royale. La réception est enthousiaste. On croit encore possible une monarchie constitutionnelle réconciliée avec son peuple. Le roi prononce quelques mots aimables.

Puis la famille royale gagne le palais des Tuileries, inhabité depuis Louis XIV, poussiéreux, mal chauffé. Elle y sera de fait assignée à résidence. Le roi ne quittera plus Paris que pour la fuite manquée de Varennes en juin 1791, qui achèvera de ruiner sa crédibilité.

Le pouvoir a changé de lieu. Versailles était le château où le roi convoquait la France ; les Tuileries sont le palais où Paris surveille le roi. En un jour et une nuit, des femmes qui réclamaient du pain ont déplacé le centre politique du royaume. L'Assemblée constituante suivra le mouvement et s'installera à Paris quelques jours plus tard.

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Événement
1789
1789 — Club des Amis de la Constitution monarchique/Club des Monarchiens
p 134
Club des défenseurs de la prérogative royale à l'Assemblée, appelés les Monarchiens, ancien Club des Impartiaux ; union de la droite
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Événement
1789
1789 — Palais Royal/Second siège du club du Salon français/Groupe des "Noirs" ou "Aristocrates"
p 134
Club où se réunissent les membres les plus droitiers de l'Assemblée
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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
p 135
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1791
16 juillet 1791 — Couvent des Feuillants
p 136 & 185
Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent …

Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent aux Jacobins

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Événement
1792
30 juillet 1792 — Hôtel de Ville/Comité central des Sections parisiennes (à partir de mai 1791)
p 175 & 203
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Événement
1792
20 novembre 1792 — Palais des Tuileries/Armoire de fer (dans la chambre Louis XVI, au 1er étage, côté Seine et jardin)
p 176
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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
p 176
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
1791
14 juin 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
p 176
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Événement
1790
6 juin 1790 — Club Helvétique (qui se nomme encore "Club des patriotes helvétiques")
p 178
Club constitué de réfugiés politiques fribourgeois réunis au départ pour obtenir de l'Assemblée Constituante la libération de deux compatriotes condamnés aux galère et effectuant leur peine à Brest. Momoro imprime leur a …

Club constitué de réfugiés politiques fribourgeois réunis au départ pour obtenir de l'Assemblée Constituante la libération de deux compatriotes condamnés aux galère et effectuant leur peine à Brest. Momoro imprime leur appel

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Événement
1791
20 juin 1791 — Guichet de l'Échelle du palais du Louvre
p 182-183
Lieu où attend la voiture avec laquelle la famille royale s'enfuit des Tuileries ; une "citadine" qui permettra de rejoindre discrètement la berline qui attend rue de Clichy pour le voyage vers... Montmédy ; arrêt à Vare …

Lieu où attend la voiture avec laquelle la famille royale s'enfuit des Tuileries ; une "citadine" qui permettra de rejoindre discrètement la berline qui attend rue de Clichy pour le voyage vers... Montmédy ; arrêt à Varennes

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Événement
1791
21 juin 1791 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
p 183
Premier club à demander à l'Assemblée Constituante de proclamer la République
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Événement
1791
17 juillet 1791
p 184-185
Répression de la manifestation des Cordeliers par une fusillade qui fait 50 morts ; le drapeau rouge est alors celui de la loi martiale
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Événement
1791
1791 — Ambassade de Suède/Demeure de Mme de Staël
p 189
Le salon de Mme de Staël devient le foyer du parti Fayettiste, une fraction des Feuillants
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Événement
1792
1792 — Demeure de Pierre Victurnien Vergniaud (chez Mme Dodun)/Salon de Mme Dodun (où Pierre Victurnien Vergniaud réunit les Girondins)
p 189
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Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
p 189
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Événement
1792
20 juin 1792
p 201
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1792
4 août 1792 — Église St Jacques l'Hôpital/Section de Mauconseil/Section de Bon-Conseil
p 202
Vergniaud défendit la Constitution. Il avait raison, constitutionnellement. Six jours plus tard, les Tuileries tombèrent. Il fut guillotiné l'année suivante. L'Église Saint-Jacques-l'Hôpital, au 133 bis de la rue Saint-D …

Vergniaud défendit la Constitution. Il avait raison, constitutionnellement. Six jours plus tard, les Tuileries tombèrent. Il fut guillotiné l'année suivante.

L'Église Saint-Jacques-l'Hôpital, au 133 bis de la rue Saint-Denis, servait d'assemblée à la section de Mauconseil, l'une des quarante-huit sections révolutionnaires de Paris. Ce quartier des Halles n'était pas le plus tranquille de la capitale en cet été 1792. La guerre contre l'Europe coalisée avait commencé en avril ; la patrie était en danger ; dans les sections, on débattait chaque soir si Louis XVI était encore le roi qu'il fallait défendre ou le traître qu'il fallait renverser.

Le 4 août 1792, la section de Mauconseil trancha. Elle délibéra et déclara formellement qu'elle ne reconnaissait plus Louis XVI comme roi des Français. Ce n'était pas une simple pétition, ni une motion de protestation : c'était une récusation, un acte de souveraineté par lequel une section entendait disposer elle-même de la couronne. Dans les circonstances du moment, l'acte était sans précédent.

La nouvelle parvint à l'Assemblée législative. Pierre Vergniaud, le grand orateur girondin de Bordeaux, fit remarquer que seule l'Assemblée avait le pouvoir constitutionnel de prononcer la déchéance du roi. Une section de Paris ne pouvait s'arroger ce droit. La Commission des Vingt-et-Un rappela le même principe. L'Assemblée annula la délibération de Mauconseil.

C'était légalement correct. C'était politiquement une impasse. D'autres sections commençaient à voter des délibérations analogues. Le mouvement venait de toutes les rues à la fois, et l'Assemblée ne pouvait pas annuler Paris entier.

Dans la nuit du 9 au 10 août, la Commune insurrectionnelle se constitua. Le lendemain matin, les Tuileries étaient prises d'assaut. Louis XVI fut suspendu puis emprisonné au Temple. L'Assemblée législative, débordée, ratifiait ce que les sections avaient fait.

Vergniaud fut guillotiné le 31 octobre 1793, avec vingt autres Girondins. Il avait cherché à freiner la révolution populaire par la légalité constitutionnelle. La révolution populaire n'attendit pas.

La section de Mauconseil fut rebaptisée section du Bon-Conseil après le 10 août 1792. Elle avait, la première, dit tout haut ce que Paris pensait.

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Événement
1792
30 juillet 1792
p 203
Les Marseillais arrivent à Paris en chantant l'hymne composé à Strasbourg par Rouget de Lisle, le "Chant de marche pour l'armée du Rhin"
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Événement
1792
29 juillet 1792 — Couvent des Cordeliers/Section du Théâtre Français
p 203
Le 29 juillet 1792, douze jours avant la chute de Louis XVI, la Section du Théâtre Français décida que tous les hommes de sa juridiction, qu'ils payassent ou non le cens électoral, pourraient participer à ses assemblées …

Le 29 juillet 1792, douze jours avant la chute de Louis XVI, la Section du Théâtre Français décida que tous les hommes de sa juridiction, qu'ils payassent ou non le cens électoral, pourraient participer à ses assemblées générales. La Constitution ne prévoyait pas cela. Les sections de Paris n'attendirent pas la Constitution.

La Constitution de 1791 avait divisé les citoyens en deux catégories : les « actifs », qui payaient assez d'impôt pour voter, et les « passifs », qui en étaient exclus. À Paris, où les ouvriers, les artisans et les domestiques formaient la majorité des hommes adultes, une grande partie de la population était ainsi maintenue hors du jeu politique.

La Section du Théâtre Français, réunie au Couvent des Cordeliers, rue de l'École de Médecine, décida de ne plus appliquer cette distinction dans ses propres assemblées. Tout homme habitant sa juridiction pourrait désormais délibérer — sans condition de fortune. Ce vote n'avait pas de valeur nationale ; il valait pour la section seule. Mais il fut bientôt imité par d'autres sections parisiennes.

L'assemblée se réunissait dans l'ancien couvent des Franciscains, où le Club des Cordeliers — fondé en 1790 par Danton, Marat et Desmoulins — avait tenu ses séances. La rue de l'École de Médecine était l'un des centres du radicalisme démocratique parisien.

Douze jours après ce vote, les sections de Paris — actifs et passifs confondus — prenaient les Tuileries.

En juin 1793, la Convention montagnarde adopta le suffrage universel masculin dans la Constitution de l'an I. La Section du Théâtre Français l'avait pratiqué un an avant, à l'échelle d'un quartier.

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Événement
1790
21 mai 1790 — Église de l'hospice des Enfants Trouvés/Section des Quinze-Vingts/Société des Défenseurs des droits de l'homme
p 204
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Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries (péristyle du pavillon central au pied du grand escalier)
p 204
Les Marseillais entrent les premiers aux Tuileries ; la prise du palais marque la fin de la monarchie
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Événement
1792
9 août 1792 — Hôtel de Ville
p 204
Proclamation de la Commune Insurrectionnelle. Pétion est assigné à résidence. Mandat, chargé de défendre les Tuileries, est abattu place de Grève alors qu'on l'emmenait en prison
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Événement
1792
10 août 1792
p 205
À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister. Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h …

À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister.

Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h 45 le signal convenu. Les colonnes insurgées et les fédérés venus de province s'assemblèrent place de Grève dans les premières heures du matin.

Un premier groupe, un millier d'hommes mal armés accompagnés de quelques Marseillais, s'élança spontanément vers les Tuileries dès 8 h 30. Les Gardes suisses leur ouvrirent la porte de la cour du Carrousel puis les mitraillèrent : beaucoup furent massacrés dans la cour même.

Mais la famille royale avait déjà fui. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants avaient quitté le palais par l'escalier des jardins et rejoint la salle du Manège, siège de l'Assemblée législative, rue de Rivoli. Ils y furent cachés dans la loge du logotachygraphe, derrière la tribune. Mandat de Grancey, commandant royaliste de la garde nationale qui avait conçu un plan pour écraser les insurgés, avait été tué place de Grève la nuit même. La défense du palais était sans chef.

Les colonnes organisées de Santerre arrivèrent et brisèrent la résistance. Les Marseillais furent les premiers à franchir le péristyle du pavillon central. Les Gardes suisses qui tentèrent de fuir furent massacrés : une centaine rue de l'Échelle, d'autres sur les Champs-Élysées à la hauteur du Garde-Meuble. Trois cents d'entre eux parvinrent à s'échapper par le passage de l'Orangerie vers la place de la Concorde. Environ sept cents périrent. Du côté des insurgés, on dénombrait plus d'un millier de morts.

Le palais prit feu. Les insurgés empêchèrent les pompiers d'intervenir tant que l'Assemblée n'aurait pas prononcé la déchéance de la royauté. Elle la prononça. Louis XVI fut suspendu, puis arrêté et transféré au Temple.

La journée du 10 août ouvre la seconde phase de la Révolution : la République sera proclamée six semaines plus tard.

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Événement
1791
1791 — Demeure de Charles Barbaroux
p 228
Demeure du député Girondin, leader des Marseillais, élu à la l'Assemblée Législative, qui inspira le geste de Charlotte Corday ; il s'opposait aux "lois attentatoires à la propriété"
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Événement
Date imprécise — Hôtel meublé d'Aligre/Hôtel de Rennes/Demeure de Pierre Victurnien Vergniaud
p 228
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Événement
1793
25 février 1793
p 241
Émeute provoquée par les Enragés, contre la liberté absolue du commerce des grains, partie d'une pétition des femmes qui fixaient elles-mêmes le prix des marchandises
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Événement
Événement
1793
29 mai 1793
p 255
Au siège de la Section de la Cité se réunissent 33 Sections, qui forment un Comité insurrectionnel de 9 membres pour préparer la journée du 31 mai 1793, dirigée contre les Girondins ; elle se soldera par un échec
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Événement
1793
2 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 255
La Convention est assiégée par 80 000 hommes. Les émeutiers obtiennent l'arrestation de 22 députés Girondins, de membres de la Commission des Douze et des ministres Clavière et Lebrun-Tondu
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Événement
1793
10 août 1793
p 260
Célébration de la Constitution de l'An I ; mais son application est reportée à l'établissement de la paix
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Événement
1793
4 septembre 1793
p 275-276
Manifestation auprès de la Commune ; rassemblement d'ouvriers du bâtiment et des fabrications de guerre pour réclamer du pain
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Événement
1793
5 septembre 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 276-277
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Événement
1793
10 novembre 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de la Raison
p 288
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Événement
1793
14 mars 1793 — Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)
p 311-312
Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, le Comité de salut public frappe vite et fort. Hébert, Ronsin, Vincent, Momoro sont arrêtés. Le lendemain, leur mise en accusation est annoncée depuis la Grand'Chambre du Palais de Jus …

Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, le Comité de salut public frappe vite et fort. Hébert, Ronsin, Vincent, Momoro sont arrêtés. Le lendemain, leur mise en accusation est annoncée depuis la Grand'Chambre du Palais de Justice, 4 boulevard du Palais — là même où siège le Tribunal révolutionnaire.

Dix jours plus tôt, au club des Cordeliers, l'insurrection avait été proclamée. Le tableau de la Déclaration des droits de l'homme voilé d'un crêpe noir, Ronsin réclamait le renversement des « endormeurs » — Robespierre en tête. Mais Paris n'avait pas bougé. La Commune n'avait pas suivi. Les Comités, qui attendaient ce faux pas, avaient saisi l'occasion.

L'acte d'accusation rédigé par Fouquier-Tinville est un chef-d'œuvre d'amalgame. Aux chefs cordeliers — imprimeur Momoro, général Ronsin, secrétaire Vincent, pamphlétaire Hébert — on adjoint des militants de sections parisiennes (Ancard, Ducroquet, Descombes, Mazuel) et des étrangers suspects de liens avec l'ennemi : le baron prussien Anacharsis Cloots, « orateur du genre humain », le banquier hollandais de Kock. Vingt accusés au total, présentés comme les agents d'un « complot de l'étranger » ourdi par Pitt et les puissances coalisées.

Le procès s'ouvre le 21 mars. Il dure quatre jours. Le 24, à 17h30, trois charrettes traversent Paris vers la place de la Révolution. Hébert, dit-on, hurle et doit être traîné à l'échafaud — lui qui réclamait si souvent que les têtes tombent. La foule se moque. Dix jours plus tard, Danton suivra le même chemin.

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Événement
1794
8 juin 1794
p 331-332
Célébration de la Fête de l'Être Suprême, apothéose de Robespierre ; les bancs de marbre en sont des vestiges
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Événement
1794
1 juin 1794
p 333
École militaire créée par la Convention pour de jeunes citoyens, âgés de 16 à 17 ans, fils de cultivateurs ou d'artisans et de volontaires blessés, à raison de 6 par district de la République, soit 3 500 hommes
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Événement
1794
octobre 1794 — Église St Germain l'Auxerrois/Section du Muséum (tenue par le Club électoral)
p 351
Campagne contre le Robespierrisme, appelé le "système de l'an II", organisée par le Club électoral
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Événement
1794
21 septembre 1794 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 352
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Événement
1791
22 octobre 1791 — Demeure de Jean-Lambert Tallien/Siège du journal "L'Ami des citoyens"
p 353
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Événement
1794
septembre 1794 — Café de Chartres/Palais Égalité/Quartier général des Muscadins
p 353
Premières rixes provoquées contre les Jacobins en fructidor par les muscadins, dont les mots d'ordres de ralliement étaient "à bas les Jacobins" et le chant "le Réveil des peuples"
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Événement
1794
11 septembre 1794
p 353
Reprise du journal réactionnaire l'Orateur du peuple de Stanislas Fréron, devenu ouvertement anti-jacobin
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Événement
Date imprécise — Librairie Cérioux/Siège du journal "Le Messager du soir ou Gazette générale de l’Europe"
p 353
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Événement
1794
9 novembre 1794 — Chapelle du couvent des Jacobins/Bibliothèque du couvent des Jacobins
p 354
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Événement
1794
novembre 1794 — Église St Germain l'Auxerrois/Section du Muséum (tenue par le Club électoral)
p 354
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Événement
1792
5 septembre 1792 — Église des Capucines/Section de la place Vendôme/Section des Piques
p 355
L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre. À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des …

L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre.

À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des Piques, anciennement section de la place Vendôme, dont elle vient de changer le nom en hommage à l'arme des sans-culottes. C'est l'une des sections révolutionnaires de Paris qui compte parmi ses membres le citoyen Robespierre. Sade sera élu président de la section en juillet 1793.

Le Marquis de Sade, né en 1740, avait passé une grande partie de sa vie en prison ou à l'asile : à Vincennes et à la Bastille, où il avait composé ses œuvres les plus scandaleuses, dont "Les 120 journées de Sodome", rédigées sur un rouleau de papier caché dans les murs de sa cellule. Libéré en 1789, peu avant la prise de la Bastille, il se retrouva dans une République naissante qui confondait liberté des mœurs et liberté politique, et il s'y engagea avec un zèle que ses biographes n'ont pas toujours su comment qualifier.

À la Section des Piques, Sade rédige des discours, des adresses, des pétitions. On connaît huit textes imprimés et un manuscrit de sa main. Le 15 novembre 1793, il est l'auteur d'une pétition anti-religieuse adressée aux représentants du peuple, demandant l'établissement d'un culte de la Raison en remplacement du "charlatanisme religieux" : le texte, conservé à Gallica, révèle un Sade parfaitement intégré au vocabulaire révolutionnaire de l'époque, plus proche des hébertistes que des robespiérristes sur la question de la religion.

Le paradoxe est vertigineux. L'homme dont les œuvres célébraient la violence, la domination et l'avilissement des corps se retrouve à rédiger des pétitions humanistes et à administrer les affaires d'une section populaire. Un paradoxe qui a sa logique : Sade avait haï la monarchie et l'Église autant que quiconque, et la Révolution lui offrait pour la première fois la possibilité d'exister comme citoyen ordinaire plutôt que comme prisonnier ou scandale de salon.

En décembre 1793, la Terreur le rattrape. Appelé à siéger dans un tribunal révolutionnaire, il refuse de signer des actes de condamnation. La chose lui sera reprochée : arrêté comme "modéré" par les robespiérristes, il est incarcéré et faillit périr sur l'échafaud. Il ne fut sauvé que par la chute de Robespierre au 9 thermidor. Il mourut en 1814 dans l'asile de Charenton, où il continuait à écrire des pièces de théâtre jouées par les pensionnaires de l'établissement.

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Événement
1790
21 mai 1790 — Église du couvent des Capucines/Section des Piques
p 355
Siège de la Section de la Place Vendôme puis des Piques. Elle ne bouge pas le 9 thermidor et se montre même hostile à Robespierre dont elle est pourtant la Section
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Événement
1794
1794 — Hôtel d'Augny ou d'Ogny/Salon des Étrangers/Bal des victimes
p 358
Lieu de rendez-vous élégant où se tenaient des bals réservés à ceux qui avaient perdu un parent sur l'échafaud pendant la Terreur
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Événement
1794
26 décembre 1794 — La Chaumière/Demeure de Jean-Lambert et Thérésa Tallien
p 358-359
Mariage de Tallien avec Thérésa Cabarrus ; la Chaumière devint guinguette en 1817
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Événement
1795
28 janvier 1795 — Demeure de Gracchus Babeuf/Bureaux du journal "Le Tribun du Peuple"
p 367
Arrestation de Gracchus Babeuf suite à son appel à l'insurrection dans le Tribun du Peuple ; il y opposait deux partis en présence : le "peuple doré" et le "peuple Sans-culotte"
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Événement
1794
1794 — Église de l'hospice des Enfants Trouvés/Section des Quinze-Vingts/Société des Défenseurs des droits de l'homme
p 367
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Événement
1792
1792 — Église Ste Marguerite
p 367 & 371
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Événement
1794
1794 — Église du couvent des Récollets ("recueillis")/Section de Bondy
p 367
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Martin des Champs/Section des Gravilliers/Société des Amis de la liberté et de l'humanité
p 367
Siège de la Section des Gravilliers dans la ci-devant église Martin des Champs. Elle ne bougea pas le 9 thermidor et se mobilisa au contraire contre la Commune
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Événement
Événement
Événement
1790
1790 — Section de Montreuil//Société des Défenseurs des droits de l'homme
p 367 & 371
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Événement
1795
1 avril 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 369
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Événement
1795
17 mars 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 369
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Événement
1795
21 mars 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 369
Manifestation des Sans-culottes des trois sections du Faubourg St Antoine à la Convention pour le pain
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Événement
1795
31 mars 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 369
Présentation à la Convention d'un programme populaire par les Sans-culottes de la Section des Quinze-Vingts
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Événement
1795
30 avril 1795 — Église des Prémontrés/Section du Bonnet de la Liberté
p 371
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Événement
1795
20 mai 1795
p 372
Émeutes de Prairial ; dernière insurrection des Sans-culottes qui occupent, avec le soutien des derniers députés Montagnards de "le Crête", la Convention et l'Hôtel de Ville
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Événement
1795
20 mai 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 372
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Événement
1795
21 mai 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 372-373
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Événement
1795
21 mai 1795 — Hôtel de Ville/Maison Commune
p 372-373
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Événement
1795
17 juin 1795 — Commission militaire chargée de juger les émeutiers de Prairial
p 373-374
Les six conventionnels compromis avec le peuple se poignardent ; on les appellera les "martyrs de prairial"
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Amboise de Popincourt/Section de Popincourt
p 373
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Événement
1795
23 juin 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 379-380
Projet de constitution ; discours préliminaire du 5 messidor an III devant la Convention
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Événement
1794
8 septembre 1794 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 381
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Événement
1795
5 octobre 1795
p 398-399
Parc où Joachim Murat vient chercher les canons qui vont permettre à Bonaparte de réprimer l'insurrection soi-disant royaliste du 13 Vendémiaire
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Événement
1795
4 novembre 1795 — Palais du Luxembourg
p 404-405
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Événement
1795
1795 — Siège du journal "Le Journal des hommes libres" (dit le Journal des Tigres)
p 406
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Événement
1795
16 novembre 1795 — Réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève (puis dans un des caveaux)/Club du Panthéon
p 406
Ouverture du club du Panthéon, dit aussi club des Panthéonistes, foyer de la future Conjuration des Égaux
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Événement
Événement
1795
5 décembre 1795 — Demeure de Gracchus Babeuf/Bureaux du journal "Le Tribun du Peuple"
p 407
Perquisition des locaux du Tribun du Peuple ; tentative d'arrestation de Babeuf, qui parvient cette fois à s'échapper
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Événement
1795
Événement
1796
Événement
1796
8 mai 1796 — Cachette de Gracchus Babeuf (chez le tailleur Tissot et sous ce faux nom)
p 415
Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltr …

Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltration de Grisel, un indicateur

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Événement
1796
10 octobre 1796 — Barrière de Grenelle/Lieu d'exécutions militaires/Conjuration du camp de Grenelle/Conjuration des Égaux
p 415
Ils venaient sans armes rallier des soldats qu'ils croyaient acquis ; on les attendait, et ceux qui survécurent au massacre furent fusillés un mois plus tard contre le mur de la barrière. La Conjuration des Égaux est le …

Ils venaient sans armes rallier des soldats qu'ils croyaient acquis ; on les attendait, et ceux qui survécurent au massacre furent fusillés un mois plus tard contre le mur de la barrière.

La Conjuration des Égaux est le premier projet communiste de l'histoire moderne. Gracchus Babeuf, ancien commissaire à terrier devenu journaliste du Tribun du Peuple, réunit autour de lui d'anciens Montagnards et des militants sectionnaires : Buonarroti, Darthé, Sylvain Maréchal. Leur programme dépasse tout ce que la Révolution avait osé formuler : abolition de la propriété privée, mise en commun des terres et des produits, égalité réelle et non plus seulement égalité devant la loi. "La Révolution française n'est que l'avant-courrière d'une autre révolution bien plus grande, bien plus solennelle, et qui sera la dernière."

Le complot est éventé en mai 1796 sur dénonciation de Grisel, officier infiltré. Babeuf, Buonarroti et Darthé sont arrêtés. Mais des militants restés libres tentent une dernière action.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre 1796, plusieurs centaines de démocrates se dirigent vers le camp militaire de Grenelle, à l'ouest de Paris. Leur plan est de rallier la garnison, composée de soldats supposés acquis aux idées républicaines avancées. Ils viennent désarmés, comptant sur la persuasion. Le Directoire est informé. La troupe les attend. La cavalerie charge. Des dizaines d'hommes sont sabrés sur place. Les survivants sont arrêtés.

Une commission militaire les juge, en violation des garanties légales. En octobre 1796, le conseil siégeant au Temple prononce trente-trois condamnations à mort. Le 10 octobre 1796, trente et un condamnés sont fusillés à la barrière de Grenelle, sur l'actuel boulevard de Grenelle dans le 15e arrondissement, lieu ordinaire des exécutions militaires. Parmi eux trois anciens conventionnels : Claude Javogues, Joseph Cusset, Marc-Antoine Huguet.

Babeuf et Darthé seront guillotinés à Vendôme en mai 1797. Buonarroti, condamné à la déportation, survivra et publiera en 1828 "La Conspiration pour l'Égalité dite de Babeuf," livre qui transmettra le babouvisme aux révolutionnaires du XIXe siècle, à Blanqui, puis à Marx et Engels, qui verront dans les Égaux les premiers communistes modernes.

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Événement
1796
9 septembre 1796
p 415
Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite. Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapit …

Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite.

Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapitée: ses cadres sont sous les verrous au Temple, en attente du procès de Vendôme. Mais des cellules survivent, des militants épars refusent de se soumettre. Le Directoire, régime de bourgeois enrichis par la Révolution, leur semble une trahison permanente.

Le 9 septembre 1796, dans la soirée, des conjurés partent de deux lieux: l'Auberge du Soleil d'Or, 226 rue de Vaugirard, et le Cabaret du Canon ci-devant royal, 81 rue Saint-Dominique. Leur plan: marcher sur le camp de Grenelle, à l'emplacement de l'actuelle place Dupleix dans le 15e arrondissement, rallier le 21e régiment d'infanterie qui y cantonne, convaincre les soldats de se mutiner contre le gouvernement directoriel. Jean-Baptiste Drouet est parmi eux: le même Drouet qui, à Varennes en juin 1791, avait reconnu Louis XVI dans sa berline et déclenché son arrestation. Cinq ans plus tard, l'ancien relayeur de poste est devenu babouviste.

La trahison s'est faite en amont. Grisel, agent double qui avait déjà livré la Conjuration principale en mai, a alerté les autorités. Les soldats du 21e régiment n'attendent pas des frères d'armes : ils reçoivent les insurgés par un feu nourri. La troupe gouvernementale encercle les abords du camp. Cent trente-deux personnes sont arrêtées dans la nuit; d'autres tombent sur place. Plusieurs dizaines reçoivent des peines de déportation ou d'emprisonnement; une trentaine seront fusillés par une commission militaire. Drouet parvient à s'enfuir; il sera condamné par contumace avant d'être amnistié sous Napoléon.

Babeuf apprend la nouvelle dans sa cellule. Son procès s'ouvrira à Vendôme en février 1797. Il sera condamné à mort et guillotiné le 27 mai 1797, avec Augustin Darthé. Jusqu'au bout, il tenta de se poignarder pour échapper à la honte du bourreau; il monta à l'échafaud blessé.

L'échec du camp de Grenelle marque la fin de la Conjuration des Égaux comme force active. Mais ses idées survivent: Philippe Buonarroti en publie l'histoire en 1828, et ce livre sera lu par Marx, Engels et tous ceux qui, au XIXe siècle, chercheront à comprendre comment une révolution peut trahir ses propres promesses d'égalité.

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Événement
1797
30 janvier 1797
p 416-417
Réunions de l'association des "Amis de l'ordre", agence royaliste créée par les "Fils légitimes", conspiration légitimiste trahie par Malo ; arrestation de Brottier et Lavilleheurnois
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Événement
1797
4 septembre 1797
p 429-430
Coup d'État antiroyaliste du 18 fructidor ; Augereau arrête le général Ramel, soupçonné de sympathies royalistes
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Événement
1797
4 septembre 1797 — Palais du Luxembourg/Conseil des Cinq-Cents
p 429-430
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Événement
1797
4 septembre 1797
p 429-430
Proclamation du coup d'État du 18 Fructidor an V dans le théâtre de la Nation, qui abrite alors le Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1796
1796 — Siège de la Société Théophilanthropique
p 436
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Événement
1798
27 février 1798 — Palais Royal/Cercle constitutionnel du Palais Égalité/Club de Salm (dit des Salmistes)
p 437
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Événement
1798
18 septembre 1798
p 441
Première exposition en France des produits de l'industrie et des arts et de l'agriculture ; sans-culottide du génie (jour complémentaire de l'an VI)
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Événement
1799
6 juillet 1799 — Salle du Manège/Club du Manège/Cercle du Manège/Société des Amis de l'égalité et de la liberté
p 454
Le Directoire autorise la réouverture du principal club Jacobin, sous la présidence de Drouet ; mais il sera vite interdit de nouveau
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Événement
1799
26 juillet 1799 — Club du Manège/Société des Amis de l'égalité et de la liberté
p 456
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Événement
1799
9 novembre 1799 — Palais National (palais des Tuileries rebaptisé, salle des Machines)/Conseil des Anciens
p 462-465
Les Anciens votent leur transfert à St Cloud, sous prétexte d'une rumeur de complot Jacobin ; manœuvre de préparation du coup d'État du 18 Brumaire an VIII
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Événement
1799
9 novembre 1799
p 462-465
Rassemblement de troupes en préparation du coup d'État du 18 Brumaire an VIII ; le Conseil des Cinq-Cents est transféré à Saint-Cloud
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Événement
1793
5 décembre 1793 — Bureaux de l'éditeur du journal "le Vieux Cordelier"
p 487
Libraire éditeur du Vieux Cordeleir de Camille Desmoulins, qui connaîtra 7 numéros dont le dernier sera saisi. Camille accusera Desenne d'avoir été la cause de son échec du fait de son prix prohibitif pour les sans-culot …

Libraire éditeur du Vieux Cordeleir de Camille Desmoulins, qui connaîtra 7 numéros dont le dernier sera saisi. Camille accusera Desenne d'avoir été la cause de son échec du fait de son prix prohibitif pour les sans-culottes

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Événement
1789
12 septembre 1789 — Imprimerie de Marat/Imprimerie du journal "Le Publiciste parisien"/Imprimerie du journal "L'Ami du Peuple"
p 487
Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre …

Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre initial: "Le Publiciste parisien", qui deviendra dès le quatrième numéro "L'Ami du Peuple, ou le Publiciste parisien". Ce titre sera celui du journal jusqu'à la mort de Marat, le 13 juillet 1793.

Marat a quarante-six ans. Médecin de formation, physicien contesté dont les théories sur la lumière ont été rejetées par l'Académie des sciences, pamphlétaire depuis les années 1770, il entre dans la Révolution avec la conviction que la trahison et la corruption sont au coeur du système: la Cour, les parlements, les ministres, les généraux, les aristocrates déguisés en patriotes. Son journal sera l'organe de cette conviction.

"L'Ami du Peuple" paraît en moyenne cinq fois par semaine, à deux mille exemplaires. Il est lu à voix haute dans les carrefours, les cafés, les assemblées de section. Marat dénonce, nomme, accuse: Lafayette qui surveille le roi sous prétexte de le protéger; les Girondins qui modèrent la Révolution quand elle devrait s'accélérer; les spéculateurs qui profitent de la pénurie de pain. Il exige des têtes, au sens littéral: il fixe des chiffres, propose des listes, et ses lecteurs le croient.

Il est forcé de fuir à plusieurs reprises pour échapper aux mandats d'arrêt: en Angleterre en 1790, dans les égouts et les caves de Paris dont il ressort la santé brisée. Sa dermatite chronique, aggravée par des années de clandestinité dans des endroits humides, le ronge. À la fin de sa vie, il travaille dans son bain.

Un détail: le futur maréchal d'Empire Guillaume Brune travaille à l'imprimerie de la cour du Commerce Saint-André au moment de la fondation du journal. Il y est typographe. Le même atelier abrite l'imprimerie de Marat et le début de carrière d'un futur maréchal: la Révolution a ses coïncidences.

Marat est assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, dans sa baignoire, au 30 rue des Cordeliers. "L'Ami du Peuple" cesse le jour de sa mort. Il avait publié son journal pendant près de quatre ans, sans interruption ou presque.

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Événement
1789
24 juillet 1789
p 487
Le 24 juillet 1789, dix jours après la prise de la Bastille, Mirabeau ouvrait les bureaux de son journal rue de l'Échelle — à deux pas du Palais-Royal où la Révolution s'était tramée. Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mir …

Le 24 juillet 1789, dix jours après la prise de la Bastille, Mirabeau ouvrait les bureaux de son journal rue de l'Échelle — à deux pas du Palais-Royal où la Révolution s'était tramée.

Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, était l'homme le plus célèbre de l'Assemblée nationale. Orateur hors pair, tribun populaire malgré son titre de noblesse, élu aux États généraux par le tiers état d'Aix-en-Provence, il avait porté les formules les plus mémorables des premières semaines révolutionnaires.

Le Courrier de Provence était à la fois un compte rendu des débats parlementaires et un organe d'opinion. Mirabeau y rédigeait des commentaires, des analyses, des discours remaniés. C'était une formule nouvelle : le journal politique moderne, né dans l'explosion de la presse libre que permettait la fin de la censure royale.

Il ne cacha pas ses contradictions longtemps. Depuis l'automne 1790, Mirabeau négociait secrètement avec la cour : Louis XVI le payait pour défendre une monarchie constitutionnelle contre les républicains les plus avancés. Le journal continuait de paraître ; les discours sonnaient juste ; mais leur auteur était acheté. Il mourut en avril 1791, avant que la vérité n'éclate — le public apprit la trahison plus tard, quand on trouva ses lettres dans l'armoire de fer aux Tuileries.

Le Courrier de Provence cessa de paraître en octobre 1791. Mirabeau avait été porté au Panthéon en fanfare ; ses lettres l'en firent chasser en 1794.

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Événement
1789
novembre 1789 — Imprimerie GarnérySiège de la revue "Les Révolutions de France et de Brabant"
p 487
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Événement
1789
24 août 1789 — Premier siège du journal "La Chronique de Paris"
p 487
Siège du journal auquel collaborait Condorcet, membre du Cercle social, un des premiers à prôner la République, après avoir défendu la monarchie et les provilèges et s'être opposé à la Déclaration des Droits de l'Homme.. …

Siège du journal auquel collaborait Condorcet, membre du Cercle social, un des premiers à prôner la République, après avoir défendu la monarchie et les provilèges et s'être opposé à la Déclaration des Droits de l'Homme...

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Événement
1793
novembre 1793 — Palais du Louvre/Muséum Français (futur musée du Louvre)
p 488
La Convention Montagnarde crée par décret le Muséum Français ; 537 tableaux, 124 bronzes ; l'abbé Grégoire crée le mot "vandalisme" à propos des destructions survenues dans le cadre de la Révolution
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Événement
1795
21 octobre 1795 — Musée des Monuments français/École des Beaux-Arts
p 488
Lenoir crée un musée lapidaire dans l'ancien couvent, en 1792 ; il deviendra le "Musée des Monuments français", institué le 1er septembre 1794 par la Convention
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Événement
1791
11 juillet 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Première fête philosophique
p 507
On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore. Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le l …

On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore.

Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le long cortège qui a remonté tout Paris s'arrête devant le nouveau bâtiment. L'Assemblée constituante avait décidé, trois mois plus tôt, que l'église Sainte-Geneviève recevrait les cendres des grands hommes. Sur le fronton, on grave la formule : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. » Mirabeau y était entré le premier ; expulsé après la révélation de ses accords avec la cour, il laisse Voltaire le plus ancien habitant des lieux.

Il faut goûter le paradoxe. Ce temple laïque, la Révolution l'invente en empruntant tout à la religion qu'elle combat : on exhume des restes, on les promène en procession, on les translate d'un tombeau à l'autre comme on faisait jadis des reliques de saints. Le char est tiré par douze chevaux blancs, la fête réglée par Jacques-Louis David. L'homme qu'on encense ainsi est pourtant celui-là même qui avait passé sa vie à railler prêtres et dévots, et signait ses lettres d'un « Écrasez l'infâme ». La patrie reconnaissante offrait au vieux railleur de Ferney une résurrection de plâtre et de granit.

L'histoire aurait pu s'arrêter à cette apothéose. Elle rebondit sous la Restauration. Une nuit de mai 1814, murmure-t-on bientôt, des fanatiques seraient descendus forcer les cercueils de plomb de Voltaire et de Rousseau, auraient mêlé leurs ossements dans un sac et les auraient jetés dans une fosse sur un lit de chaux vive. La rumeur s'impose peu à peu, et Victor Hugo lui-même y ajoute foi. Le Panthéon, croyait-on désormais, ne gardait plus que des tombeaux vides.

Pour en avoir le cœur net, on finit par ouvrir les cercueils. Le 18 décembre 1897, une commission officielle descend dans la crypte. Sous les yeux des savants — le chimiste Marcellin Berthelot en tête —, on soulève les couvercles : les ossements sont là. On brandit le crâne de Voltaire, la mâchoire remboîtée, et l'on croit reconnaître son profil par Pigalle. Le rapport conclut à « la présence dûment reconnue des restes de Voltaire et de Rousseau » — mais la commission n'avait mené aucune expertise. On avait vu des os ; on n'avait pas prouvé que c'étaient les siens.

Aujourd'hui, au bout de l'allée centrale de la crypte, deux tombeaux se font face : Voltaire et Rousseau. Devant celui de Voltaire veille une statue due à Houdon, le sourire mince et l'œil aigu. Le philosophe du doute repose ainsi sous un doute qu'aucune commission n'a tout à fait levé — ce qui, au fond, ne lui aurait pas déplu.

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Événement
1795
30 mars 1795 — École des Langues orientales/Local dans la Bibliothèque nationale
p 515
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Événement
1794
10 octobre 1794 — Conservatoire des Arts et Métiers
p 515
Un abbé janséniste convainc la Convention que les savoirs techniques ne doivent pas rester le secret des corporations et des élites, et fonde un musée pour les mettre sous les yeux de tous. Henri Grégoire est prêtre, évê …

Un abbé janséniste convainc la Convention que les savoirs techniques ne doivent pas rester le secret des corporations et des élites, et fonde un musée pour les mettre sous les yeux de tous.

Henri Grégoire est prêtre, évêque constitutionnel de Blois, député à la Convention. Il est l'un des rares hommes de la Révolution dont chaque combat a été gagné par la postérité : abolition des privilèges, émancipation des Juifs de France, abolition de l'esclavage, sauvegarde du patrimoine contre le vandalisme, dont il forgea le mot. C'est aussi un obsédé de l'instruction publique et des "arts utiles."

Sa conviction est politique autant que pédagogique. Sous l'Ancien Régime, les savoir-faire techniques appartiennent aux corporations, transmis par le compagnonnage, protégés comme des secrets de métier. Les machines des manufactures sont des propriétés privées inaccessibles. L'ingénierie savante est réservée aux écoles militaires nobiliaires. La Révolution a supprimé les corporations par la loi Le Chapelier en 1791 ; il faut maintenant rendre la technique publique.

Le 19 vendémiaire an III, soit le 10 octobre 1794, Grégoire présente à la Convention nationale, au nom des comités d'Agriculture, des Arts et d'Instruction publique, le rapport instituant le Conservatoire des Arts et Métiers. Le décret est adopté. L'établissement doit conserver "les machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d'arts et métiers," et les exposer publiquement.

L'idée est neuve : un musée où l'on ne vient pas admirer mais comprendre, où les objets sont exposés pour être copiés, améliorés, diffusés. Le Conservatoire recueille les collections confisquées, dont celles de Vaucanson, l'inventeur des automates.

Il s'installe en 1798 dans l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, 270-292 rue Saint-Martin dans le 3e arrondissement, monastère clunisien du XIe siècle nationalisé par la Révolution. Nicolas-Jacques Conté, inventeur du crayon graphite, en organise les collections avec Molard.

Le Conservatoire national des arts et métiers existe toujours au même endroit. Il est à la fois musée, grande école et centre de formation continue pour adultes salariés, ce qui est encore, deux siècles plus tard, exactement le programme de Grégoire.

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Événement
1795
1795 — Observatoire de Paris/Bureau des Longitudes
p 515
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