10 rue des Ursulines
Toponymie — rue des Ursulines
Événements à cette adresse
4 événements · 1848 — 1940L’histoire mouvementée du chef-d’œuvre de Jean Vigo, disparu en 1934 peu après avoir achevé le film, connaît un tournant essentiel avec la tentative de reconstitution d’une version fidèle de L’Atalante. En 1940, Henri Beauvais, nouveau détenteur des droits et ancien actionnaire de la Gaumont, propose une version qu’il estime la plus complète possible, projetée en première au Studio des Ursulines : il s’agit d’une reconstitution partielle, réalisée selon ses moyens, sous le titre et la musique originaux, bien que Beauvais ait lui-même contribué aux mutilations antérieures du film. Malheureusement, le négatif de cette copie est détruit pendant la guerre.
En 1950, Henri Langlois et la Cinémathèque française s’appuient sur la version Beauvais, qu’ils corrigent à partir de copies diverses retrouvées çà et là et grâce à des échanges avec l’entourage de Vigo. La qualité technique de cette restauration reste toutefois médiocre. Des versions successives sont publiées au fil des décennies, chaque fois enrichies de nouveaux éléments retrouvés ou restaurés, jusqu’à la version numérique 4K de 2017, présentée comme la plus aboutie et fidèle à l’esprit original de l’œuvre.
Le 21 janvier 1926, le Studio des Ursulines est inauguré au 10 rue des Ursulines, dans le Quartier Latin à Paris. Ce cinéma, fondé par Armand Tallier et Laurence Myrga, se distingue comme l’un des premiers lieux parisiens dédiés à la projection de films d’avant-garde et à la défense d’un cinéma artistique, en rupture avec le cinéma commercial dominant de l’époque. Dès son ouverture, il attire l’attention des milieux intellectuels et artistiques, comme André Breton, Fernand Léger, Man Ray, Robert Desnos et René Clair. Le premier films projetés dans la salle sont Entr'acte, de René Clair et Die freudlose Gasse (La Rue sans joie) de Georg Wilhelm Pabst. Le Studio des Ursulines devient rapidement un espace de rencontre et d’expérimentation pour les artistes et les amateurs de cinéma novateur, préfigurant le mouvement des cinémas d’Art et d’Essai qui se développera en France. Ce lieu joue un rôle important dans la diffusion de films expérimentaux et étrangers, contribuant à l’émergence d’une cinéphilie exigeante à Paris.
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