L’histoire mouvementée du chef-d’œuvre de Jean Vigo, disparu en 1934 peu après avoir achevé le film, connaît un tournant essentiel avec la tentative de reconstitution d’une version fidèle de L’Atalante. En 1940, Henri Beauvais, nouveau détenteur des droits et ancien actionnaire de la Gaumont, propose une version qu’il estime la plus complète possible, projetée en première au Studio des Ursulines : il s’agit d’une reconstitution partielle, réalisée selon ses moyens, sous le titre et la musique originaux, bien que Beauvais ait lui-même contribué aux mutilations antérieures du film. Malheureusement, le négatif de cette copie est détruit pendant la guerre.
En 1950, Henri Langlois et la Cinémathèque française s’appuient sur la version Beauvais, qu’ils corrigent à partir de copies diverses retrouvées çà et là et grâce à des échanges avec l’entourage de Vigo. La qualité technique de cette restauration reste toutefois médiocre. Des versions successives sont publiées au fil des décennies, chaque fois enrichies de nouveaux éléments retrouvés ou restaurés, jusqu’à la version numérique 4K de 2017, présentée comme la plus aboutie et fidèle à l’esprit original de l’œuvre.![[Affiche du film L'Atalante|L'Atalante.jpg]]
Affiche du film L'Atalante