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Au 228 de la rue de Rivoli, face aux jardins des Tuileries, l'Hôtel Meurice s'impose comme l'une des adresses les plus chargées d'histoire de Paris. Fondé au début du XIXe siècle pour accueillir les voyageurs britanniques débarquant de Calais, il devient rapidement la halte de prestige de tout ce que l'Europe compte de grands noms — on le surnomme alors « l'hôtel des rois ».

Les literati s'y bousculent sous la Monarchie de Juillet. En 1840, William Makepeace Thackeray y pose ses bagages, lui qui s'apprête à écrire Barry Lyndon. Quatre ans plus tard, en 1844, c'est Charles Dickens qui traverse Paris et choisit le Meurice pour étape. Entre ces deux visites illustres, une intrigue plus sulfureuse : en 1848, Elisabeth-Ann Haryett, dite Miss Howard, comédienne anglaise devenue la maîtresse et le banquier du futur Napoléon III, s'y installe. C'est elle qui finance le retour politique de « Badinguet » — surnom moqueur de Louis-Napoléon Bonaparte — et lui ouvrira encore sa cassette pour le coup d'État de décembre 1851. Le prétendant lui-même loge alors à l'hôtel du Rhin, tout proche.

Le chapitre le plus sombre s'ouvre en 1940 : l'état-major allemand réquisitionne l'hôtel et en fait son quartier général pour toute la durée de l'Occupation. Les généraux Alfred von Vollard-Bockelberg puis Ernst von Schaumburg y règnent successivement, avant que le général Dietrich von Choltitz, dernier commandant de Paris, n'y installe son bureau. C'est ici, en août 1944, que les combats de la Libération trouvent leur épilogue : cerné, Choltitz signe sa capitulation dans cet hôtel qu'il avait reçu l'ordre — et refusé — de faire sauter avec la ville.

Noms successifs du lieu
  • début XIXe siècle Ouverture de l'hôtel Meurice, destiné notamment à la clientèle britannique de passage
  • 1840 — 1848 Halte de célébrités littéraires et politiques (Thackeray, Dickens, Miss Howard)
  • 1940 — 1944 Quartier général de l'état-major allemand d'occupation
  • 25 août 1944 Lieu de la capitulation du général von Choltitz lors de la Libération de Paris
  • Aujourd'hui Palace parisien de luxe en activité, classé parmi les plus grands hôtels du monde
Toponymie — rue de Rivoli
rue de Rivoli
Victoire remportée par l'armée française, commandée par Bonaparte, sur les Autrichiens, les 14 et 15 janvier 1797.
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Événements à cette adresse
5 événements · 1840 — 1944
Hôtel Meurice/Résidence du commandant du Gross Paris (Grand Paris)/Siège de la Kommandantur
Combats pendant la Libération de Paris aboutissant à la capitulation de Dietrich von Choltitz
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Personnage(s) : Dietrich von Choltitz
228 rue de Rivoli — 1er arr.
Hôtel Meurice/Résidence du commandant du Gross Paris (Grand Paris)/Siège de la Kommandantur
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228 rue de Rivoli — 1er arr.
Hôtel Meurice/Demeure de Miss Howard
Séjour de Miss Howard, qui finance le retour politique de Badinguet et fera de-même pour son coup d'État ; le futur "prince-président" est installé à l'hôtel du Rhin tout proche
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Personnage(s) : Elisabeth-Ann Haryett
228 rue de Rivoli — 1er arr.
228 rue de Rivoli — 1er arr.
Hôtel Meurice/Séjour de William Makepeace Thackeray
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Personnage(s) : William Makepeace Thackeray
228 rue de Rivoli — 1er arr.
Aujourd'hui

L'Hôtel Meurice est toujours en activité au 228 rue de Rivoli, palace cinq étoiles rattaché au groupe Dorchester Collection. Le décor Belle Époque de ses salons — notamment la salle à manger inspirée du salon de la Paix de Versailles — est en grande partie préservé. La suite 108, occupée par Choltitz en 1944, reste l'une des plus demandées.

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