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Rue du Fbg Saint Honoré
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rue du Fbg Saint Honoré
📍 3 rue du Fbg Saint Honoré, 75008 Paris 📋 1 événement répertorié 📅 1851
Événements à cette adresse
1 événement · 1851
Demeure du Nicolas Changarnier (général)
Le coup d’État commence par des arrestations au saut du lit. Parmi les premiers visés : l’ancien chef de l’armée de Paris. Le complot se prépare depuis la fin de l’été 1851 à Saint-Cloud, autour de Morny, le demi-frère…

Le coup d’État commence par des arrestations au saut du lit. Parmi les premiers visés : l’ancien chef de l’armée de Paris.

Le complot se prépare depuis la fin de l’été 1851 à Saint-Cloud, autour de Morny, le demi-frère du prince-président, dans le plus grand secret : moins d’une dizaine de personnes en connaissent les détails. L’Assemblée vient de refuser la révision de la Constitution, qui interdit à Louis-Napoléon Bonaparte de se représenter ; faute de solution légale, il a choisi la force. Il a baptisé l’opération « Rubicon », en souvenir de César, et fixé la date au 2 décembre, anniversaire du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz.

Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, le nouveau préfet de police, Maupas, reçoit un à un les quarante-huit commissaires de Paris et leur remet des ordres d’arrestation contre les chefs de l’opposition, sous prétexte de complot. Quarante-sept acceptent ; celui qui refuse est arrêté. À l’aube, les commissaires frappent aux portes. L’un d’eux se présente rue du Faubourg-Saint-Honoré, chez le général Nicolas Changarnier.

L’homme est un symbole. Fils d’une famille royaliste, sorti de Saint-Cyr, il a gagné ses grades en Algérie pendant la conquête, jusqu’à en devenir gouverneur général en 1848. Élu député, il a été le candidat des légitimistes à l’élection présidentielle de décembre 1848, avec un score dérisoire : 4 975 voix. Nommé à la tête de la division de Paris et de la Garde nationale, il a tenu la capitale le 29 janvier et le 13 juin 1849, deux journées où l’on craignait une nouvelle révolution. Monarchiste déclaré, il a d’abord soutenu le président, puis s’est opposé à sa politique ; en janvier 1851, il a perdu ses commandements. À l’Assemblée, il mène avec Adolphe Thiers l’opposition au prince-président.

Il est arrêté en même temps que les généraux Cavaignac et Lamoricière, que Thiers et que des Montagnards comme Martin Nadaud : soixante-dix-huit personnes dans la première vague, dont quatorze élus. Au même moment, soixante mille soldats et plus de cent canons prennent position dans Paris. Les imprimeries sont occupées, les cafés, où l’on parle politique, et les loueurs de chevaux, qui permettraient de fuir, sont fermés ; dès six heures du matin, des affiches annoncent aux Parisiens la dissolution de l’Assemblée. On conduit Changarnier à la prison Mazas, où il reste quelques jours. Le décret du 9 janvier 1852 le bannit de France ; il s’installe à Malines, en Belgique, et ne rentre qu’avec l’amnistie générale.

Sa carrière n’est pas finie pour autant. En 1870, il rejoint Bazaine à Metz et y est fait prisonnier. En 1871, quatre départements l’élisent à l’Assemblée nationale, où il travaille à une restauration monarchique ; en 1875, il devient sénateur inamovible. À sa mort, en 1877, ses obsèques sont célébrées aux Invalides.

Un an jour pour jour après le coup d’État, le 2 décembre 1852, Louis-Napoléon était devenu Napoléon III. Une rue du 12e arrondissement, près des boulevards des Maréchaux, porte le nom de Changarnier.

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3 rue du Fbg Saint Honoré — 8e arr.
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