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Au cœur du Marais, au 60 de la rue des Francs-Bourgeois, se dresse l'un des plus beaux ensembles aristocratiques de Paris. Avant de devenir l'Hôtel de Soubise, le site est connu sous le nom d'Hôtel de Guise — et c'est là, en 1572, que se trame l'une des décisions les plus funestes de l'histoire de France : le déclenchement du massacre de la Saint-Barthélemy. La famille de Guise, au cœur des guerres de Religion, y tient conseil dans ce qui ressemble alors à une forteresse aristocratique en plein Paris.

Deux siècles plus tard, la Révolution s'empare du lieu. En 1789, le bâtiment sert de dépôt de munitions : pas moins de vingt-cinq tonnes de poudre, récupérées à la Bastille après sa prise, y sont stockées — une bombe au cœur de la ville. La Convention y installe ensuite les Archives nationales, officiellement inaugurées ici en 1808, faisant de ce palais la mémoire de la nation.

La Commune de 1871 faillit réduire tout cela en cendres. Un ordre est donné aux citoyens Debock (directeur de l'Imprimerie nationale) et Alavoine (son délégué) d'empêcher par tous les moyens toute tentative d'incendie. Alavoine s'exécute et sauve ainsi quelque trente millions de documents irremplaçables. En 1943, le bâtiment abrite l'un des premiers services centraux de la Résistance, lié à la gestion des dossiers de près de 1 900 000 prisonniers de guerre.

Noms successifs du lieu

  • 1572 Hôtel de Guise — résidence de la famille de Guise, lieu de la décision du massacre de la Saint-Barthélemy
  • XVIIe — XVIIIe siècle Hôtel de Soubise — propriété de la famille de Soubise, grand remaniement architectural
  • 1789 Dépôt de poudre — 25 tonnes de munitions prises à la Bastille y sont entreposées
  • 1794 — 1808 Archives nationales — instituées par la Convention, installées dans l'hôtel en 1808

Toponymie — rue des Francs Bourgeois

rue des Francs Bourgeois
Maison d'aumône destinée à accueillir des bourgeois francs d'impôts du fait de leur pauvreté (emplacement des nos 32-36).
Anciens noms : rue des Poulies · rue de l'Écharpe · rue Henri IV · rue des Viez Poulies · rue Ferri des Poulies · rue des Francs Citoyens · rue des Vieilles Poulies · rue de l'Écharpe Blanche
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Événements à cette adresse

7 événements · 1572 — 1943
Archives nationales — Fichier central des prisonniers de guerre
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Personnage(s) : Jacqueline Chaumier
60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.
60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.
60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.
60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.
Bâtiment remarquable (hôtel de Soubise)
En 1705, François de Rohan-Soubise et sa femme confient la refonte de l'ancien hôtel de Guise au jeune Pierre-Alexis Delamair, qui élève de 1705 à 1709 une nouvelle façade et une cour d'honneur entourée d'un péristyle de colonnes jumelées. Dans les années 1730, leur fils Hercule Mériadec charge Germain Boffrand de moderniser les appartements, dans le goût rocaille ; le salon ovale de la princesse, orné de toiles de Charles Natoire, en est le chef-d'œuvre. Le 24 mai 1871, le délégué de la Commune André Alavoine empêche l'incendie des Archives nationales, installées dans l'hôtel depuis 1808.
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60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.
Hôtel de Guise — Hôtel de Soubise — Quartier général de la Ligue — Massacre de la St Barthélemy
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Personnage(s) : Famille de Guise
60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.
60 rue des Francs-Bourgeois — 3e arr.

Aujourd'hui

L'Hôtel de Soubise abrite toujours les Archives nationales, accessibles au public pour la recherche historique. Ses somptueuses salles du XVIIIe siècle — notamment les appartements de la princesse de Soubise — sont classées et visitables. Un repère de nivellement de la Ville de Paris est encore visible sur l'un de ses murs.

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