Le samedi 17 novembre 2018, un mouvement né sur les réseaux sociaux contre la hausse de la taxe carbone sur les carburants prend corps dans toute la France. À Paris, les premiers rassemblements ont lieu dès l'aube à la porte Maillot, où quelques centaines de manifestants en gilet de haute visibilité bloquent le boulevard périphérique. En début d'après-midi, plusieurs dizaines d'entre eux gagnent la place Charles-de-Gaulle et descendent l'avenue des Champs-Élysées.
La journée reste relativement contenue dans la capitale au regard de ce qui adviendra les semaines suivantes, mais le choix symbolique des Champs-Élysées — artère du pouvoir, vitrine du luxe, lieu des défilés nationaux — signe d'emblée la géographie du conflit. Partout en France, près de 290 000 personnes participent à cette première journée, et un manifestant est tué en Savoie par une automobiliste paniquée devant un barrage. À Paris, les forces de l'ordre tentent de contenir la foule autour de l'Étoile sans parvenir à empêcher les premiers heurts.
L'acte I marque l'entrée sur la scène politique d'une contestation sans leader ni structure, fédérée par un vêtement obligatoire dans les voitures depuis 2008. Dans les jours qui suivent, la décision du gouvernement de maintenir la hausse de taxes prévue pour janvier 2019 transforme ces premiers rendez-vous en cycle hebdomadaire.