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6 octobre 2026
Événement

Acte III du mouvement lycéen : de la République à la Nation

Place de la République
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Place de la République, au départ du cortège du 6 octobre 2026. FreCha · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

En cours de développement. Les faits sont récents et se poursuivent : cette page est complétée au fil des événements.

Le mardi 6 octobre 2026, l'« acte III » du mouvement lycéen donne à Paris sa première grande manifestation. Trois organisations lycéennes, reçues le 2 octobre par le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, en sont ressorties sans engagement concret. La veille, l'Union syndicale lycéenne, l'Union étudiante, l'UNEF, Solidaires étudiant-e-s et la FAGE ont publié « dix mesures d'urgence pour la jeunesse », chiffrées à 10 milliards d'euros. L'intersyndicale de l'éducation appelle à la grève ; la CGT, la FSU, Solidaires et FO, la FCPE et la Confédération paysanne appellent à rejoindre les lycéens.

Graffiti au feutre noir sur une sanisette : « Les criminels sont en uniforme »
« Les criminels sont en uniforme », sur une sanisette au passage du cortège, le 6 octobre 2026 — FreCha · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Le cortège part à 14 heures de la place de la République et descend le boulevard Voltaire jusqu'à la Nation ; six stations de métro du parcours sont fermées. La préfecture attendait de 20 000 à 40 000 personnes : le ministère de l'Intérieur en compte 56 000, les organisateurs 100 000. La journée est nationale : plus de 250 000 manifestants en France selon le ministère, 450 000 selon les organisateurs, et 891 lycées sur 3 700 ont suspendu tout ou partie de leurs cours. Les banderoles des lycées de Seine-Saint-Denis, Paul-Éluard de Saint-Denis ou Olympe-de-Gouges de Noisy-le-Sec, côtoient celles de Sophie-Germain ou du lycée privé Saint-Michel-de-Picpus. Quelques centaines de lycéens et d'étudiants sont venus en cortège du Quartier latin, où des élèves d'Henri-IV, de Louis-le-Grand, de Saint-Louis et de Fénelon ont tenu la veille au soir une assemblée générale avec des étudiants de la Sorbonne. Des parents et des élus font la chaîne autour des jeunes manifestants, et le cortège défile souvent aux cris de « Tout le monde déteste la police » : depuis la fin de septembre, la colère contre la réponse policière aux blocus s'ajoute à celle contre le manque de moyens.

« 1312 ! » peint en orange sur une vitrine, derrière laquelle passe le cortège
« 1312 ! », ACAB en chiffres, peint sur une vitrine pendant le passage du cortège, le 6 octobre 2026 — FreCha · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

À la Nation, en fin d'après-midi, la préfecture fait tirer des gaz lacrymogènes contre ce qu'elle appelle un groupe de « 300 individus hostiles » ; projectiles et grenades assourdissantes se répondent, et douze personnes sont interpellées à Paris. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est atteint par les gaz. Dans les universités, la journée se joue surtout portes closes : les campus de Clignancourt (Sorbonne Université) et de La Chapelle (Paris-I), bloqués depuis la fin de septembre, sont fermés, la Sorbonne et Sciences Po passent en cours à distance ; l'université Paris-Dauphine, peu coutumière des blocages, est bloquée.

Inscription au feutre sur un panneau blanc : « Photo pas floutée = colabo »
« Photo pas floutée = colabo » : un avertissement à ceux qui publient des visages de manifestants, le 6 octobre 2026 — FreCha · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Le même jour, à l'Assemblée nationale, après une semaine de discours sécuritaire, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, juge « réels » le « mécontentement » et l'« angoisse » des lycéens et promet une « réponse politique ». Le ministre de l'Éducation annonce une « demi-journée banalisée » de dialogue dans les lycées, qu'un syndicat de proviseurs juge « hors sol ». Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à continuer.