En cours de développement. Les faits sont récents et se poursuivent : cette page est complétée au fil des événements.
Parti de la banlieue, le mouvement lycéen gagne Paris à la fin de septembre 2026. Il prend d'abord dans les lycées de l'Est et du Sud de la ville, puis, par solidarité, dans les plus favorisés du centre.
Le mouvement naît le 17 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, où les professeurs débrayent contre le manque de personnel ; le lendemain, des élèves bloquent l'établissement. Les blocus gagnent la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, puis Paris : le 29 septembre, une trentaine d'élèves du lycée Arago, place de la Nation, font face aux policiers. Les revendications tiennent en peu de mots : des professeurs remplacés, des bâtiments réparés, des toilettes dignes de ce nom, des emplois du temps vivables, la fin de Parcoursup.
La carte parisienne du mouvement se lit dans un arrêté. Le 2 octobre, le préfet de police Patrice Faure interdit cortèges et rassemblements non déclarés aux abords de vingt-cinq lycées, du 3 au 5 octobre, et y défend de porter artifices et équipements de protection. Vingt-deux de ces lycées sont situés du 10e au 20e arrondissement, parmi lesquels Voltaire, Turquetil et Caroline-Dorian dans le 11e, Arago et Élisa-Lemonnier dans le 12e, Gaston-Bachelard, Gabriel-Fauré, Galilée et Jean-Lurçat dans le 13e, Hélène-Boucher, Étienne-Dolet, Martin-Nadaud et Maurice-Ravel dans le 20e. D'autres arrêtés autorisent la préfecture à filmer par drone les abords de Voltaire et d'Hélène-Boucher. Le 2 octobre, des feux de poubelles et de vélos noircissent les grilles de Gaston-Bachelard et de Léonard-de-Vinci, dans le 15e. Le 5, au lycée Vauquelin, une centaine d'élèves et leurs professeurs restent enfermés une heure et demie pendant qu'un groupe de jeunes cagoulés tente d'entrer.
Le 6 octobre, jour de la grande manifestation, le mouvement atteint les lycées du centre, réputés peu mobilisés. Les élèves de Louis-le-Grand et d'Henri-IV disent agir par solidarité avec ceux de Seine-Saint-Denis ; Sophie-Germain reste bloqué près de deux semaines ; le lycée privé Massillon, que Le Monde dit le plus favorisé du pays, se couvre de pancartes : « Privés et publics, tous enfants de la République ». Devant Condorcet, des parents viennent « protéger » les élèves de la police.
La réponse est d'abord policière et judiciaire. Le 12 octobre, la procureure de Paris, Laure Beccuau, compte 273 gardes à vue à Paris depuis le début du mouvement, dont 63 % de mineurs, la plupart âgés de 15 ou 16 ans ; aucun mineur n'a été condamné, et le parquet, assure-t-elle, n'a jamais déféré de simples bloqueurs. Huit enquêtes parisiennes sont confiées à l'IGPN. Les fermetures administratives, avec cours à distance, deviennent l'autre arme : le 13 octobre, la Région compte en Île-de-France 90 lycées perturbés et 70 passés « en distanciel ». Le 14, Voltaire, Hélène-Boucher et la cité scolaire Balzac sont encore bloqués. Les vacances de la Toussaint commencent le 17.