Olympe de Gouges arrêtée devant le Palais de Justice

Palais de Justice

 4 boulevard du Palais - 1er arr. (devant les grilles du Palais de Justice)

Portrait présumé de Marie-Olympe Aubry de Gouges.

Musée Carnavalet.

Elle avait réclamé pour les femmes le droit de monter à la Tribune ; la Révolution lui accorda celui de monter sur l'échafaud.

Olympe de Gouges — née Marie Gouze à Montauban en 1748, venue à Paris dans les années 1770, dramaturge et pamphlétaire — avait répondu en 1791 à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen par sa propre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle adressait ce texte à Marie-Antoinette et y proclamait que « la femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits ». L'Assemblée n'en fit rien.

Elle continua d'écrire, de plus en plus dangereusement. Sympathisante des Girondins, elle proposa en 1793 un référendum sur la forme du gouvernement — royauté, fédéralisme ou régime unitaire. En pleine Terreur, c'était un texte séditieux.

Le 20 juillet 1793, on l'arrête devant les grilles du Palais de Justice, boulevard du Palais. Elle est conduite à l'Abbaye puis à la Conciergerie. Le 2 novembre 1793, le Tribunal révolutionnaire la juge. Elle n'a pas l'assistance d'un avocat. Le 3 novembre, elle est guillotinée place de la Révolution.

Elle tenta à l'audience de plaider sa grossesse pour retarder l'exécution. Le tribunal n'en tint pas compte.

Son texte fut ignoré pendant près de deux siècles, redécouvert dans les années 1970 par les historien·nes du féminisme. La Révolution qui la guillotina lui éleva finalement des statues. Reste sa formule, écrite deux ans avant son arrestation : « La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également le droit de monter à la Tribune. »